18 mars 2017

L'ont bien descendu !

pas cons

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Vegas sur sarthe ; Laura ; Thérèse ; Pascal ; Joe

Krapov ; Walrus ; JAK ; bongopinot ; Venise ; joye ;

Jaqlin ;

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Participation de Jaqlin

 

Toute petite enfant, quand j’entendais prononcer «  Montbazillac » par mon père, je savais qu’il y avait un évènement marquant à la clé. Je savais bien qu’il était question d’un vin. Qu’avait-il donc de si différent des autres, pour que mon père le prononçât avec un accent de pure délectation ?

Je ne crois pas qu’il fut jamais un grand connaisseur, ni un grand amateur, mais ce vin, moelleux  à souhait, convenait tout à fait à son palais essentiellement sensible aux pâtisseries et sucreries en tout genre.

Aucun évènement jugé important, aucune fête familiale n’échappait au partage d’un Montbazillac dont il surveillait scrupuleusement l’approvisionnement régulier.

J’ai eu droit, sûrement encore plus jeune que dans mon souvenir( !), au biscuit trempé dans un verre de  ce vin liquoreux à la robe mordorée.

J’y ai sans doute goûté trop jeune, j’apprécie guère le Montbazillac, je consens juste à sa consommation avec un bon foie gras.

 

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La Caisse de Monbazaillac (joye)

J’avais supporté du mieux que j’avais pu les mille injustices de Nanardo ; mais, quand il en vint à l’insulte, je jurai de me venger. Vous cependant, qui connaissez bien la nature de mon âme, vous ne supposerez pas que j’aie articulé une seule menace. À la longue, je devais être vengé ; c’était un point définitivement arrêté ; — mais la perfection même de ma résolution excluait toute idée de péril. Je devais non seulement punir, mais punir impunément. Une injure n’est pas redressée quand le châtiment atteint le redresseur ; elle n’est pas non plus redressée quand le vengeur n’a soin de se faire connaître à celui qui a commis l’injure.

Certes, ce Nanardo, ivrogne et goinfre, fut une cible facile, je vous le concède, volontiers. Toutefois, l’énormité de son crime méritait une correction sévère, une correction que seulement moi, sa victime, saurait réaliser, alors, je pris toutes les précautions : il ne soupçonnait rien. Je devins son meilleur ami, un camarade de la coupe, comme on disait. Et un beau jour après plein de nuits bourrées, je lui fis savoir que je venais de recevoir une superbe bouteille de Monbazillac.

Je me souviens de ses yeux quand je le lui racontai. Ils luisaient comme une flaque d’eau de vie versée sur un comptoir par un barman paresseux. La bave imperceptible montait à ses lèvres, et ses bajoues de porc rougeâtres tremblaient d’anticipation.

- Vous et moi, on se le goûtera ensemble, n’est-ce pas, Nanardo ? lui fis-je dans une voix moelleuse.

- Euh oui, oui, oui, il faudra se le goûter, très certainement, bredouilla-t-il.

- Mais vous, vous êtes déjà éméché, Nanardo, ce serait peut-être une erreur de boire ce vin exquis quand vous ne savez pas l’apprécier. Revenez demain, à jeun, et puis on se fera des gâteries…

Le feu s’éteint immédiatement dans ses yeux de porc. Mais il me connaissait assez pour savoir que j’étais formel. Alors, le lendemain, il revint, tellement sobre que je le regrettais presque. Malheureusement, sa cohérence était fondamentale à sa punition. Alors, j’étouffai ce petit lancement moral. J’aurais ma vengeance…

Le lendemain, il parut à l’heure convenue. Je l’invitai à s’asseoir. Je notai qu’il le fit difficilement. Je savais qu’il voulait vraiment m’arracher la bouteille afin de la porter à sa bouche et la vider d’un trait. Je vis, non sans plaisir, ses mains qui tremblaient d’envie. Il avait raison. Un bon verre de Monbazillac, douce comme une demoiselle timide, est un des plus grands plaisirs de la vie, mais pas plus que celui dont joui un vengeur.

Je pris pitié sur mon compagnon, et je lui versai un petit verre, de taille correcte, afin qu’il ne se doute de rien.

Il le prit et attendait que je remplisse mon propre verre. Je refusai. « Non, non, mon ami, cette dégustation est pour vous et pour vous seul. Je me retins simplement le plaisir de vous contempler en train de boire. »

Tout comme prévu, il le but avidement et tendit son verre pour en reprendre. Je me demandais s’il l’avait même goûté dans sa hâte.

Et puis, son visage me dit que ses papilles sevrées ne le trompaient pas.

- Comment est-ce que vous le trouvez, cher ami ? lui murmurai-je ?

- Euh, à vrai dire, eh ben…

- Eh ben ?

-Eh ben, votre Monbazaillac, j’hésite à vous le dire, cher ami, mais votre Monbazillac, euh…ça a un sacré goût d’urine.

- Un goût d’urine ?

-  Bah oui, d’urine…mais sucré, quoi.

- Ah. D’urine ! Mais parfaitement, mon ami ! C’est normal !

- Normal ? Comment ça, normal ?

- Bah, vous savez bien, cher Nanardo, vous avez dû oublier…vous savez bien que je suis diabétique.

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Participation de Venise


L’autre jour , je me suis levée , j’ai saisi une flûte enchantée

J’y ai déposé  une cuillère à café de pétale de rose  et deux dés à coudre de monbazillac et je suis partie .

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Mais suis-je assez loin  de cette potion magique ?
Suis-je assez loin pour qu’il me cherche sans fin  ?

Là bas il y avait trop de miroirs , qui me souriaient indéfiniment .

Atterrir sur cette terre un verre de monbazillac à la main n’est pas facile .
Mais c’est le sort que je lui réserve .
Parfois j’essaie de me persuader que je me suis trompée d’époque

C’était pas comme ça que j’avais rêvé ma vie .
Il arrivera j’en suis convaincue  nu de la voix lactée ivre des arôme de ce vin
Parlant de l’été qui ne viendra pas , de ces vignobles généreux qui courbent leur chevelure dorée dès le passage de la rosée .

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Mais on ne quitte pas un enfant me dit la pluie
Décidément tu n’y comprends rien répéta le vent dans les branches des peupliers .
Reviens alors qu’il en est encore temps bois ce verre de Monballizac et cours lui murmurer ton amour fille ingrate .!!

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À la vôtre par bongopinot


Après quelques mois de repos
Bientôt la vigne va s’éveiller
Et suivre gentiment son tempo
Pour tous nous émerveiller

Salon des vins, de la cuisine élaborée
Pour les amoureux de la table
Rencontre avec des gens passionnés
Pour un temps bien agréable

Une fête, un anniversaire
En famille ou entre amis
Un verre rend moins austère
Et nous offre un doux répit

On se réunit autour d’un verre
Pour un moment de convivialité
Avec bien sûr le sang de la terre
Tous installés à la terrasse d’un café

Un petit verre de monbazillac
Après une balade autour d’un lac
A la fin de la soirée un cognac
Allongé dans son hamac

Et pourquoi pas un petit pineau
En admirant le paysage
L’herbe verte et les moineaux
Qui sont toujours de bons présages

Après quelques mois de repos
En avril la vigne va s’éveiller
Et suivre gentiment son tempo
Pour que l’on puisse l’admirer

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Participation de JAK

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Ah, Paris ! (Walrus)

 

Lorsque j'étais en rhétorique (c'est à ce genre d'expression qu'on comprend que mon âge est déjà bien avancé), j'ai participé à un concours organisé par une fondation de défense (et illustration) de la langue française et, bien sûr, j'ai figuré parmi les lauréats, ce qui prouve que j'écrivais vachement mieux alors qu'aujourd'hui.

Le prix consistait en un séjour d'une semaine à Paris.

Comme la chose avait été organisée entre des Belges et des Français, il y avait forcément eu un twist linguistique quelque part et les Français chargés de nous recevoir et de nous piloter et qui s'attendaient à voir débarquer un groupe de profs de français sont tombés sur une bande d'ados ce qui n'a pas manqué de les surprendre.

Mais tout était déjà (parfaitement je dois le souligner) organisé et nous avons eu droit à la totale, je cite dans le désordre et en en omettant beaucoup : le musée de l'Homme, le palais de la découverte, le planétarium, la tour Eiffel, Henri IV de Pirandello au TNP de Vilar encore logé à l'époque dans le Palais de Chaillot, les installations du Figaro (bélinographe, linotype, marbre, rotatives), le musée Grévin, les Archives nationales, les toits de Notre-Dame, les usines Renault encore sur leur île Seguin à Boulogne-Billancourt, Henri Tisot imitant de Gaulle dans l'autocirculation au Caveau de la République, du théâtre avant-gardiste dans un bistro rive gauche, des chansonniers, la cafeteria du Lido, des lentilles (les premières de ma vie) au restaurant universitaire, le Louvre (désert), Claude Luter à la Huchette, les flics avec mitraillette (déjà) sur les quais du dernier métro à Levallois (nous logions à la Maison des Jeunes de Courbevoie), le Sacré-cœur et son funiculaire, le Clairon des Chasseurs de la place du Tertre...

Et le Monbazillac dans tout cela? M'apostropherez-vous brutalement...

Sur le zinc d'un bistro de Versailles, en descendant de la plate-forme arrière d'un autobus brinquebalant (vous savez avec le contrôleur et sa chaîne avec poignée pour chasse d'eau...), avant la galerie des glaces, la chambre du Roi et les grandes eaux (les fallait bien pour éliminer le sucre...)

 

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Une aventure d'Alois et Pétula (Joe Krapov)

 

- Pétula chérie, n’aurais-tu pas vu mon bazillac ? Je le cherche partout !

- Ca commence à devenir énervant, Alois, ta manie de tout oublier tout le temps ! Un jour tu égares khangelsk, le lendemain tu perds nambouc… As-tu regardé sous ton bouctou ?

- Oui mais il n’y est pas.


- Et dans ta nanarive ?


- Non plus.


- Je ne sais pas, moi ! Où tu le ranges, d’habitude, ton bazillac ?


- Entre mes rignacs et mon télimar. A moins que ce soit entre ma zamet et mon talembert ?


- Ecoute, Alois, c’est à chacun de gérer sa marcande et son derborg, tu ne crois pas ?


- En même temps, si tu ne laissais pas traîner partout tes saloniques, ta rascon et tes gucigalpas, on s’y retrouverait un peu plus, tu ne crois pas ?


- Je t’en prie, ne te mêle pas de ma lakoff, de mes roberts ou de mes idoncanons ! Parce que ton quédec à toi, il faut voir !


- Voyons, Pétula, calmons-nous et réfléchissons posément. Je suis sûr de l’avoir laissé ici hier soir. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais te lever un instant ?


(Elle se lève de son siège)


- Mais enfin Pétula ! Tu es assise sur Mon cuq en quercy blanc ! Ca faisait trois jours que je le cherchais !


- Désolé, Aloys, je ne l’avais pas vu. J’espère qu’il n’est pas trop froissé ?


- Lui pas, mais moi si !


(Il sort en claquant la porte)


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***

Un peu plus tard.

- Dis donc, Alois, ton bazillac… C’était bien ce liquide jaune extrait de la pourriture noble du raisin et il se trouvait bien dans une jolie bouteille ?


- Ben… Oui, évidemment !


- Alors je l’ai retrouvé ! Enfin, je sais où il est ! Ou plutôt, où il n’est plus ! On a sifflé le litre hier soir avec ma lataverne et ma licorne pendant que tu étais à ta manrasette !

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Le Monbazillac (Pascal)


Tout a commencé du côté de Rouffignac-de-Sigoulès, en Dordogne. Comme chacun le sait, cette jolie commune se situe entre le Bergeracois et le Périgord pourpre. Elle est cernée, à l’ouest, par la rivière Gardonnette, juste après le lieu-dit Pissegasse et, à l’est, par le ruisseau de Fontindoule qui prend sa source au lieu-dit Tabardine, derrière le château de Bridoire. Au nord, s’étendent de vastes champs de vigne, tandis qu’au sud, par temps clair, on peut voir jusqu’à Marmande-le-Haut.

Au XIVe siècle, après quelques sièges et quelques pendaisons, c’est le seigneur Balintran de Zillac qui détrôna le seigneur de Flaugeac et qui prit sa place au château de Bridoire. Les terres alentour lui revinrent ainsi que tous les habitants des contrées sous sa coupe.    

Entre deux batailles, sans son armure de guerroyeur, il aimait se balader seul, le long du ruisseau de Fontindoule ; à l’abri des regards, il cueillait quelques fleurs, il les respirait longuement pendant des soupirs de poète énamouré. Dans l’immense sérénité de la Nature, il regardait les truites se précipiter sur les éphémères inconscients, les libellules posées sur les roseaux pensifs, les nuages boursouflés se réfléchissant dans l’onde et il brouillait leurs grimaces monstrueuses avec des ricochets adroits…

Madeleine la Queyrille, la fille aînée d’un vigneron, ne tarda pas à tomber sous le charme de ce fier chevalier à la côte de maille si friable. Elle s’arrangeait toujours pour se retrouver dans le champ de promenade du jeune seigneur. Avec des sifflements de merlette, des chansons de mésange et des refrains de fauvette, elle sut l’apprivoiser. Chenu comme un cep de vigne, bon comme le vin, parfumé telle une grappe tiède, le teint liquoreux, il ne tarda pas à tomber dans la hotte de la belle vendangeuse ; sous les petits pieds de son pressoir, bien vite, il lui avoua tous ses arômes…

Dans l’intimité de la cave, entre « sarments » d’Amour, ils trinquaient à bouche que veux-tu ! Aux degrés de son ivresse, elle l’appelait Bazillac, la contraction de Balintran et de Zillac, et quand elle gueulait tout son plaisir, on entendait des « Vas-y, mon Bazillac !... Vas-y, mon Bazillac !... » des « Essore-moi la grappe, mon chevalier téton !... » des « Ma vigne est crépue !... Refends-moi de ton cep, mon « pieu » viti-cul-buteur !... » ou encore des « Remplis ma dame-jeanne ; que tes efforts ne soient pas « vin !... ». Le Monbazillac, l’heureux susnommé en question, en pleine ascension de son orgasme, prononçait des « Millo-dioùs* !... » nerveux, en tentant de ne pas déjanter dans les virages…

On entendait tout ça, des meurtrières aux échauguettes, des chemins de ronde au donjon, et jusqu’aux oubliettes ! C’était soûlant, tout ce bonheur des corps, sans un seul pépin ! Les délaissés des culs de basses-fosses faisaient la grève de la soif !... Les tonneliers avaient des chansons de matelassiers !... Ses musiciens ne jouaient plus que du branle !... Cépage, non… ses pages avaient tous les yeux cernés !... On bouchait même les oreilles des enfants pour ne pas les corrompre avec leurs cris de Sauvignon !...  

A force d’entendre ses exploits de galanterie, en clins d’yeux connaisseurs, ses vieux vendangeurs, ceux qui avaient de la bouteille, appelèrent la future récolte, toutes les suivantes, et jusqu’à nos jours, le vin de sa treille : le Monbazillac. Inutile de vous dire qu’on n’en fit pas du vin de messe…


Millo-dioùs : Mille Dieux en Occitan. Ne pas confondre avec mildiou (Plasmopara Viticola), maladie de la vigne…  

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Illusion (Thérèse)


Viens, ma belle, jusqu'à la tonnelle où nous boirons un peu de ce vin capiteux.
Amour, écoute dans le soir ces douces notes de musique qui s'égrènent et nous appellent.
Entends-tu le violon qui déchire la nuit ?

Nos mains se cherchent, tremblantes, dans l'ombre complice,
nos pas nous mènent jusqu'à la plage déserte tandis que l'océan respire en de vagues soupirs.
Nos rires sont éclats de cristal qui s'élèvent jusqu'aux étoiles,
nos lèvres s'effleurent dans une avide caresse,
nos corps fiévreux se mèlent dans un ultime combat,
et puis, le coeur empli d'ivresse, nous dansons sous le sourire de la lune.

Amour, pardonne-moi pour ces nuages de rêve qui viennent se tendre sur mon esprit en déroute.
Amour, laisse-moi reprendre un peu de ce vin au goût suave et à la robe de miel.
Allez, un dernier verre pour éloigner cette chimère...

Dans la nuit lancinante au clair de lune moqueur, Rêve s'effiloche douloureusement.

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