08 décembre 2018

Ont pris un bon démarrage

pas cons

5362

Laura ; Emma ; Walrus ; Venise ; Vegas sur sarthe ;

Nana Fafo ; petitmoulin ; bongopinot ; joye ; Pascal ;

 

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Incipit (Pascal)

 

Les chaussures à Maurice 

 

Six heures du mat. La jugulaire au menton, le gros ceinturon à la taille, celui avec les deux crochets pour attraper les deux œilletons, et le pantalon bien rentré dans les guêtres, pas franchement les yeux en face des trous, j’assumais la faction nocturne, dans le dortoir endormi. D’aller en retours, le long des lits, je surveillais les ensommeillés et je faisais gaffe à ne surtout pas les réveiller. Aux ronflements des uns, j’avais une cadence ensuquée, aux toussotements des autres, j’en adoptais une nouvelle, un peu plus saccadée…  

Parfois, un gémissement s’élevait ; parfois, une phrase entière se confessait dans le noir ; parfois, un cri d’épouvante transperçait le silence. Ha, si leurs rêves avaient fait jaillir dans ce présent nuiteux toutes les chimères qu’ils combattaient, je me serais retrouvé dans un zoo rempli de monstres, et du mauvais côté des barreaux…

 

 

L’Ecole de Danse 

 

Degas, comme à son habitude, avait disposé son chevalet au bord de la piste de danse. Il était comme un pêcheur attentif aux moindres frémissements du miroir de l’étang. Aux pas chassés des petites nymphes s’exécutant sur l’onde, il reproduisait les moindres reflets, en laissant batifoler ses pinceaux les plus fins sur sa toile. D’abord spectateur, tel un apprenti voyeur constatant ses premiers émois, il s’était doucement immiscé dans le jeu de la séduction réciproque. Sur le chemin de l’École de danse, s’il baignait dans l’enthousiasme général, il se mouvait dans l’euphorie personnelle… 

 

Les hirondelles 

 

Quand arrivait le milieu de l’automne, il aimait bien me raconter les hirondelles, mon pote, celles qui se posaient sur les fils du téléphone, devant chez lui. Au baromètre de la Nature, pour lui, c’était l’étiolement de l’année, l’augure du repli, le début de l’hivernage ; il fallait ranger les chaises, plier les transats, rentrer les tuyaux d’arrosage, couvrir la piscine, refermer soigneusement le petit cabanon. Je crois que je suis le seul à qui, au travers de ces petits oiseaux, il expliquait humainement sa vision du déclin de l’année. Sans chichi, sans tralala, il avait rangé son ego et sa faconde de m’as-tu vu exubérant ; il me parlait à cœur ouvert, sans la crainte que je le juge sur ses intimes sensations bucoliques et sur le vague à l’âme latent qu’il laissait planer avec les hirondelles. Ses mots sonnaient juste, il y mettait la chaleur, la couleur, la profondeur et, quand il se taisait, au bout du téléphone, j’avais l’impression d’être avec lui en train de contempler les circonvolutions des hirondelles au rassemblement du départ…  

 

 

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Trois heures de colle (joye)

trois heures de colle

NDLR : L'illustration est basée sur une photo de Robert Doisneau, retrouvée sur Pinterest.

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Son roman par bongopinot

b


Elle veut écrire un roman
Alors elle y réfléchit
Et tranquillement calmement
Elle amorce dans sa tête un récit

Assise sur un fauteuil
Devant sa page blanche
Elle pose enfin sa phrase-seuil
Une tirade de mots riches

Ouvrant sa porte à l’imaginaire
Instant essentiel et précieux
Pour accrocher et plaire
Un incipit clair et audacieux

Pour tendre la main aux lecteurs
En prolongeant l’envie de lire
Elle a choisi ses mots avec lenteur
Pour amuser pour séduire

Une ouverture simple et digne
Des lieux des personnages
Une histoire qui cogne
Avec de nombreux messages

Elle a ficelé son roman
Le premier livre de sa vie
Tranquillement calmement
Et son manuscrit est réussi

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Ses premiers mots (petitmoulin)


Le commencement pleurait déjà
Sur mon âme...

Ses premiers mots
Tranchent le tapage
Des autres bruits de la ville


Grand corps
Vêtu de l'ombre
Des jours éteints
Visage griffé
De risque et de fatigue
Un arriéré de misère
Dans une main
Dans l'autre
Le prix de l'espérance
D'un vendeur d'illusion

Au bord du regard
Des restes d'enfance
Le commencement
Qui pleurait déjà sur son âme
Et toute l'étendue
D'un indicible voyage

Ses premiers mots
Se perdent dans le silence

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Cette semaine ça fourre pas ! ça défouraille ... (Nana fafo)

Ronchonchon-Yoda

Ronchonchon il aime pas la bible en latin, c’est insipide !

 

L’Incipit Prologus proposé par Walrus est vraiment très obscur.

Ronchonchon pense tout haut : "C'est sur-moi j'vou'l dit ça va être la Guerre"

Immédiatement La Guerre des Etoiles, lui revient en mémoire...

N'irait-il pas interviewer son vieux pote Yoda, pour savoir ce qu'il en pense du côté obscur de ce texte ?

 

Maître Yoda, par le biais de l'image

tente d'expliquer à Ronchonchon pourquoi ça frite dans la famille Vadehors :

 

(bon là il faut imaginer le générique du film qui défile... car je n'ai pas le talent de Joye)

 

... Il y a très longtemps, dans une "Proximité" lointaine

Un verset de la Bible les oppose...

 

FAMILY WARS

 

EPISODE 1 : THE Obscure filiation

 

« Je suis ton père... » Ici commence le livre I du mystère de l'obéissance filiale selon Luc, façon dark side.

« T'as plutôt intérêt à me croire, je suis ton père ! De ce seul acte de foi forcée dépendra ton salut ! »

« Ouhais c'est ça, salut, j'me casse ! » Renoncer à mes volontés, mais il rêve le vieux ! La force est avec moi...

Ainsi débute la quête de Luc : « Je suis moi et toi tais-toi ! C’est encore sur-moi que ça tombe ! »

 (fin du générique)

 

A l'écoute de ces éclaircissements,

Ronchonchon est bien content de ne pas avoir eu des petits gorets à qui réciter la bible en latin !

Tu m'étonnes que les gamins se rebellent ! On comprend rien quand y causent les vieux...

avec leur phrases insipides !

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

 

Défi 536: Incipid Prologus

 

Pour : http://samedidefi.canalblog.com/

 

 

 

 

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Péché original (Vegas sur sarthe)

 

« Au commencement Dieu créa le ciel et la ter... »
Adam tomba de son hamac : « Tu vas pas remettre ça !»
Pour la douzième fois, Eve reprenait son livre de chevet en quête d'une réponse : « Je le lirai tant que je n'aurai pas trouvé l'adresse pour mes escarpins ! »
« Quels escarpins ? »
« IL a créé les loups et les bouquetins... mais je ne vois rien sur l'histoire des loup-bouquetins »
« Quels loups bouquetins ? »
« Je parle de ces jolis escarpins que j'ai vu dans Genèse Magazine et qui iraient si bien à mes petits pieds parce que je le vaux bien »
Adam remonta dans son hamac : «Et c'est pour des godasses que tu me ruines ma sieste ? »
Eve reprit sa lecture en chantonnant : « Eve lève-toi et danse avec la vie

L´écho de ta voix est venu jusqu´à moi... »
Adam bougonnait : « T'as pas encore pigé que le loup a bouffé le bouquetin ? »
La soirée à l'Eden approchait et elle n'allait tout de même pas y aller pieds nus.
Il y avait bien ce Nahash, un serpent qui vendait tout et n'importe quoi ; c'était bien le diable s'il ne lui dénichait pas une jolie paire de chaussures à talons aiguilles et semelle de cuir rouge pomme …

 

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Incipit (Venise)

Quand j’ai vu l’incipit de ma feuille d’impôt, j’ai pris mon gilet jaune

 

Le mot redressement était surligné

Quand on perd l’équilibre, on tombe. Ça arrive souvent aux enfants qui apprennent à marcher, mais ce n’est pas grave : à cet âge-là, on pleure, on demande un bisou à papa ou à maman, et on repart. À 12 mois, on n’a pas encore de bons réflexes, mais un corps élastique qui permet d’encaisser les bobos. Quelques bonnes dizaines d’années plus tard, ce n’est plus le cas. On choit souvent et on se fait très mal c’est cet incipit qui est la cause de  ma fameuse fracture du col du fémur, mais aussi de ma dissidence . Depuis je milite pour la gratuité de l’essence et l’instauration d’une nouvelle pompe distribuant dans chaque station-service du champagne à l’œil. Je suis remontée comme un coucou et mon mouvement est, selon les pythies sondagières, plus populaire que jamais. C’était bien la peine de se casser la nénette pour vieillir sans faire de bruit pendant que Lui serre des louches.

Mais qu’est-ce qu’il a un sonotone ou quoi ?

De mon côté depuis cet incipit j’ai un bruit dans la tête, un bruit de machine à laver qui se serait mise en mode essorage rapide pour étouffer sa parole

Avec mes yeux bleu océan dépollué de ses hydrocarbures je voudrais lui dire de descendre de son porte-avion le Charles de Gaulle

Au rythme  où ça va, la fin du monde est pour le 31§§§§

v1

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In principio erat verbum ((Walrus)

 

En dépit du fait que le sujet de mon billet ait été dévoilé, défloré peut-être même, par Vegas sur sarthe dans un de ses commentaires, je persiste et signe !

Le titre de ce billet est un des incipit (non, je n'ai pas oublié le "s", incipit est invariable comme bien des mots empruntés par le français à un langue étrangère (et même morte, en l'espèce)) les plus connus : celui de l'évangile selon Saint Jean (un de mes patrons).

Je le traduis dans notre langue (loin de moi la pensée que vous pourriez ne rien entraver au latin, mais il y a peut-être des lecteurs cachés) : "Au commencement était le verbe". On comprend pouquoi on ne l'a pas écrit en allemand.

Le verbe !

C'est là que je me suis retrouvé aiguillé sur un autre d'incipit, parodié par mon neveu, lui aussi dans un de ses commentaires,  celui écrit par un verbeux majuscule :

"Longtemps, je me suis couché de bonne heure"

le plus insipide de tous les incipit (pour le pluriel, voir remarque plus haut), merci Vegas !

Il débute le grand œuvre de Marcel, une quarantaine de pages avant la tristement célèbre Madeleine, tout aussi insipide puisque marinée dans un peu de tisane au fond d'une cuiller. (Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.)

J'avais l'intention de malmener un peu cette phrase immortelle mais là aussi, un oulipien cette fois, m'avait coupé l'herbe sous le pied :

 

00 Texte-souche
Longtemps je me suis couché de bonne heure

01 Réorganisation alphabétique
B CC EEEEEEEE G HH I J L MM NNN OOO P R SSS T UUU

02 Anagramme
Hé, Jules, ce môme chenu de Proust songe bien !

03 Anagramme (autre)
Je cherche le temps bougé ou semé d’un sinon…

04 Lipogramme en A
Longtemps je me suis couché de bonne heure

05 Lipogramme en I
Longtemps nous nous couchâmes de bonne heure

06 Lipogramme en E
Durant un grand laps on m’alitât tôt

07 Translation
Lugubrement je me suis couronné : honteusement

08  Palindrome strict
Eru, eh ! En no bed ! Eh cu oc si usé me j s.p. met gnol…

09 Bourdon
Longtemps je me suis coché de bonne heure

10 Double bourdon
Longtemps je me suis coché de bonne hure

11 Épenthèse
Longtemps je me suis coluché de bonne heure

12 Négation
Longtemps je ne me suis pas couché de bonne heure

13 Insistance
Pendant longtemps, pendant très longtemps, pendant très très très longtemps, oui, moi,  je me suis couché, je suis allé au lit quoi, de très bonne heure, de très très très bonne heure, vraiment de très très très bonne heure…

14 Ablation
Je me suis couché de bonne heure

15 Ablation (autre)
Longtemps je me suis couché

16 Double ablation
Je me suis couché

16 bis Triple ablation

17 Triple contresens
Jadis, j’acceptai de perdre le match à l’aube

18 Autre point de vue
Marcel, au lit !!!

19 Variations minimales
Longtemps je me suis bouché de bonne heure
Longtemps je me suis douché de bonne heure
Longtemps je me suis mouché de bonne heure
Longtemps je me suis touché de bonne heure

20 Antonymie
Une fois, l’autre fit la grasse matinée

21 Amplification
Éternellement, je me recouche de plus en plus tôt

22 Diminution
Parfois, je m’étendais pas trop tard

23 Permutation
De bonne heure, je me suis couché longtemps

24 Contamination croisée
a) Le 15 mai 1796, je me suis couché de bonne heure
b) Longtemps, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles, César et Alexandre avaient un successeur

25 Isomorphismes
Une fois sur deux le confiteor se chante a capella
Généralement le peroxydase de potassium s’évapore vite

26 Synonymie
Pendant plusieurs années j’allai au lit tôt

27 Fine déduction
Dès mon plus jeune âge, je me suis intéressé à des histoires de plume

28 Contamination (autre)
Comme il faisait une chaleur de 33°,  je me suis couché de bonne heure

29 Isoconsonnantisme
L’art toujours mou se cachait dans Ben Hur

30 Isovocalisme
Qu’on rende le fruit fourré cher aux veuves

31 Isophonisme
L’honte en germe, est-ce huis ? Coup chez deux bons heurts !

32 Boule de neige clinamenoïde
J’
ai
été
long
temps
couché
dorloté
embrassé
rondement
diablement
suprêmement
debonneheure
marcel proust

33 Hétérosyntaxisme
De nombreuses années me connurent couche-tôt

34 Alexandrin
Fort longtemps je me suis / couché de très bonne heure

35 Interrogation
Je me serai longtemps couché de bonne heure ?

 

 Merci M'sieur Perec !

Bon, ben, puisque le boulot est fait, je ne vais pas me fatiguer !

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