27 mars 2010

Merveilles (Berthoise)

Humbles merveilles que je traque, cherche et chine.
Boutons de nacre qui m'émerveillent.
J'aime leurs reflets et leur poli.
Les manipuler m'enchante.

berthoise99

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Merveilleuse merveille (Fred Cokenpat)

Sur invitation de Papistache, je me permets d'envoyer ma merveilleuse merveille.
J'ai particulièrement soigné l'emballage : il ne faudrait surtout pas qu'elle s'abime...


Merveilleuse_Merveille_Fred_Cokenpat

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Deux toiles qui font pleurer Virgibri

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Quatre photos prises à Venise (Joe Krapov)

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Si vous désirez les imprimer, les encadrer,
en faire des cartes postales pour envoyer à vos ami(e)s,
illustrer votre blog, vous pouvez, c'est cadeau !
Les fichiers images non réduits sont téléchargeables ici :
http://dl.free.fr/ohbOdVS9e

Bon potlatch !

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Trésor (Caro_Carito)

En aparté : ma merveilleuse merveille pour les défis du samedi s’enracine dans la rencontre de l’amitié, la musique et la réconciliation. Elle s’appelle Gaspard de la Nuit de Ravel.

Collusion

Elle m’a tendu les billets qu’elle avait récupérés à l’entrée. Je les prends, les yeux perdus dans le vaste hall. Une éternité depuis que je suis brouillée avec les robes pincées qui s’étalent et les cravates impeccablement nouées. En froid avec les arpèges et les mouvements en mi mineur ou d’autres. Les fauteuils cramoisis et les mesures qui s’envolent sans assauts de basse et de guitare électrique me semblent autant étrangers que les lancinantes harmoniques indiennes. Elle me sourit, consciente de m’avoir traînée de force dans la fosse aux lions, engoncée que je suis dans ma jupe droite et mes escarpins douloureux.

Je m’assois sans jeter un coup d’œil au programme, je fixe le piano luisant. Depuis combien de temps, n’ai-je pas écouté quelques mesures de Chopin, ou même Schubert. Un vieux livret aux pages fragiles et odorantes, trônait sur le bureau, une mélodie, un souvenir de cordes pincées. Un nom, Anna Magdalena Bach, des pièces pour clavecins. Des touches jaunies, une note toujours fausse au bout de mon petit doigt. Le feutre et sa frange perlée avec laquelle je jouais machinalement avant de rabattre le lourd couvercle vernis. Je prenais au passage ma dîme d’un bonbon au sucre fondant, mon préféré, celui au glacis vert tendre, j’embrassais mes voisins qui me donnaient gentiment asile pour une demi-heure de notes vives ou écorchées. Un piano à demeure, c’était trop cher. Et puis, plus rien, le silence qui s’installe, mes visites de moins en moins fréquentes. Cette angoisse, presque haine, au creux du ventre chaque mardi dans la salle Mozart. Les propos en ricochet acérés, cette main sèche, lourde d’une bague de fiançailles vieillotte et d’un anneau, s’abattant cette fois-là sur mes doigts maladroits. Plus jamais les touches blanches et noires, plus jamais faire retentir les notes argentines, juste des larmes avalées jusqu’à la lie et le silence.

J’écoute l’accent flûté d’Adelina me raconter les premières lignes du programme, le passage décrit comme diabolique techniquement. Ravel, oui, pourquoi pas, cela présage une touche mélancolique. Elle m’indique le nom de l’œuvre, Gaspard de la nuit. Je tressaille, le titre sonne comme un tableau de Caspar Friedrich. Il est trop tard pour m’éclipser, j’avais accepté l’invitation pour le plaisir d’une soirée entre amies, sans penser à un traquenard innocemment mis en place. Il me faut rester.

Les rangées se taisent dans un frissonnement de tissus et de velours rouge. Un homme en frac noir s’installe devant le clavier.

Je n’entendrai bientôt plus que ses mains.

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Trésor (Jaqlin)

Défi du samedi, est-ce que ça me dit ?

Aujourd’hui, ça m’dit pas plus que ça, mais essayons quand même ; voyons…

Vous présenter un objet auquel je tiens :

· L’abécédaire de mon grand-père ? Il n’en est pas question, je suis bien trop égoïste pour le partager !

· Mon vieux Teppaz que je viens de ressortir pour l’opération «  Chanson réaliste ? » Qui peut bien encore s’intéresser à ce genre d’objet hormis quelques «  piqués du casque » tels que mes compères et moi-même ?

· Mes vieilles diapos de Djibouti  et d’Ethiopie ? Elles n’ont de valeur que pour moi … et le vieux complice  qui partage ma vie (et qui la partageait déjà à l’époque..)

· Une de mes aquarelles ? Voyons, ce ne sont pas des trésors, ces tableautins qui font parfois la joie des copains ? Je suis certaine que ça ne vous dirait rien !

Alors ?  Peut-être mon dernier cadeau d’anniversaire ?

jaqlin99

Ça vous dit ? Moi, ça m’dit bien !

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Et la mer veille… (Captaine Lili)

Val, MAP, Walrus, Papistache,
chers défiants,

J’aurais aimé vous offrir la merveille des merveilles, quelque chose comme un morceau de la citrouille qui fit le carrosse de Cendrillon, les cailloux blancs du Petit Poucet, ou même le dragon jovial et doux qui aide Bastien dans l’Histoire sans fin… Mais je n’ai rien de tout ça !
En vérité, j’ai une lampe qui n’est pas d’Aladin. Mais qui est d’un pays où je n’ai jamais posé les pieds. Elle parle d’une petite fille aimée de sa grand-mère, car il fût un temps où la vieille dame encore jeune visita la Tunisie. Une lampe qui me voyage et m’enracine. Du bleu et du blanc sur porcelaine et ça n’a l’air de rien.
Je possède encore un animal fabuleux, transparent et coloré, sans nom et sans fiche signalétique.  Il est ce que mon cœur dessine. Il a les couleurs de mes frères. Fragile.  Etrange, non ?
Il y a peut-être quelque chose qui… mais chut, cela pourrait faire peur. Une sorcière habite chez moi. L’accepteriez-vous ? Elle est plutôt souriante et je ne crois pas qu’elle jette de mauvais sort.
Mais tout ceci, on ne peut vraiment pas dire que ça brille de mille feux !
C’est que… mon navire n’a découvert que des îles aux trésors sans flamboyance, vous comprenez ? Je suis une capitaine de l’ombre, qui récolte les étoiles qu’elle peut.
J’ai une tétine grignotée, arrachée de haute lutte à une petite fille prête à grandir mais qui ne le savait pas. Etre là pour lui faire franchir le pas… Moi, j’y vois une merveille.
J’ai un livre abîmé, et jamais déchiffré – je ne connais pas la langue – un livre d’enfance comme une berceuse d’imaginaire, venu de je-ne-sais-où, je ne sais comment : « Màm koníčka bielho » et un cheval blond à bascule… Il y a là assez de mystère, peut-être, pour entrer dans votre collection des merveilles de merveilles.
Enfin, pour clore, je peux vous proposer, en prêt, un petit coffre. Précieux. Dedans, il y a des clefs orphelines et un grelot. Pourquoi ? Pourquoi pas.

lili99

Poétiquement vôtre, captaine Lili


Lettre envoyée dans une bouteille de limonade à l’ancienne, vide. Sableuse et entourée d’un collier de coquillage.

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Rosalie... (Zigmund)

C'est mon patron qui m'a nommée  Rosalie. 

Classique règle en bois de 45 cm, j’étais crainte et respectée dans cette classe de CE2. Mon propriétaire avait passé presque toute sa vie à l’école, ce qui est normal pour un instituteur  ;   avant qu’on dise « professeur des écoles », on disait « maître d’école ».

On imagine difficilement que cet homme vieillissant, vêtu de son éternelle blouse grise démodée, avait pu être un petit garçon qui jouait aux billes dans cette même école publique devenue mixte après avoir été « de garçons ».

Il arpentait les rangs en rythmant ses dictées, il me balançait pour insister sur un mot  ou  une terminaison   difficile : « les genoux –« kssss » -», ou pour  suivre le cours d’un fleuve  sur la carte.

Dans ces moments, j’aimais déceler son sourire débonnaire derrière sa moustache à la Brassens.

J’ai parfois effleuré les doigts  ou les épaules d’élèves récalcitrants, ou somnolents, mais c’était rare, car mon propriétaire, plutôt calme, ne se mettait jamais en colère. Pour marquer son agacement il faisait sursauter toute la classe en  me tapant à plat sur son bureau : les chuchotements des garnements tétanisés cessaient immédiatement (pour reprendre un peu plus tard...) les dos se redressaient, et  on entendait le silence pendant les quelques secondes suivantes.

Bien sûr, il m’utilisait  aussi pour tirer des traits sur son cahier, mais il me délaissait fièrement pour tracer  à main levée des traits impeccables sur le tableau noir. J’étais un peu jalouse.

A la fin de cette année 1987, mon maître, avant de partir à la retraite, m’a offert à un des  élèves de cette classe.

Si vous m’acceptez dans votre musée, je serai heureuse de revoir des enfants, qui viendront  s’agglutiner devant ma vitrine et j’espère que vous leur raconterez mon histoire.

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MONTMORENCY (Joye)

Montmorency. Fabrice Jacques-Michel Montmorency. Ancien chef du Département d'Acquisitions du Musée des Merveilles Merveilleuses. À votre service.

Pendant trente ans, six mois, quarante-sept jours, sept heures, neuf minutes et vingt-deux secondes, fidèle au poste, je reçus chaque jour des centaines de personnes de toute sorte imaginable : des grands, des petits, des ronds, des maigres, des vieux, des jeunes, des riches, des pauvres, des beaux, des laids. Des gens de partout sur la planète peuplant six jours sur sept la salle d'attente hors de mon bureau.

Naturellement, chacun portait sur lui un trésor qu'il voulait confier au musée.

Pendant trente ans, six mois et presque quarante-huit jours, j'étais chargé par la direction de les recevoir, d' écouter leurs narrations, d'examiner le trésor en question, de les remercier vivement pour leur contribution, de les raccompagner à la porte, et puis de leur serrer la main fermement et avec une gratitude qu'ils croiraient sincère. Une fois la porte fermée derrière eux, je terminai rapidement la documentation, collant une étiquette d'identification sur l'objet et le remettant sur la courroie transporteuse qui menait à l'entrepôt vaste du musée.

Mon efficacité ne connut pas de pareil, je vous assure.

J'imagine bien que j'aurais continué, si, lors de ce quarantième jour de ma trente-et-unièmetrente-et-unième année de service, je n'avais pas ouvert ma porte vers 16 h 09 afin de recevoir une petite blonde, d' un certain âge, pas grande, pas petite, pas ronde, pas maigre, pas vieux, pas jeune, pas riche, pas pauvre, pas belle, pas laide. Je me souviens maintenant qu'elle portait un manteau beige quelconque et que j'avais remarqué qu'elle ne répondit rien lorsque je me présentai. En principe, c'était le contraire, les gens voulaient faire la meilleure impression possible afin que j'apprécie la vraie importance dudit trésor. Mais de cette femme-là, rien, pas un mot. Rapidement installée sur la chaise devant mon bureau, elle y plaça soigneusement une petite boîte.

Au début, je la croyais incrustée de perles - j'avais tout vu, bien sûr, des émeraudes, des diamants, des trucs pitoyables en carton - et je me rendis vite compte que la petite boîte fut composée d'ivoire gravée. Je ne me souviens plus comment je compris que la dame voulait que je place ma main sur la boîte, je ne me souviens plus comment je compris qu'elle voulait que je ferme les yeux.mais sans qu'une syllabe ne passe entre nous, j'exécutai, efficace, comme fut mon habitude.

En quelques secondes, toutes les couleurs de l'univers passèrent devant mes yeux, maintes mélodies envoûtantes caressèrent mes oreilles. Des parfums savoureux taquinaient mes narines tremblantes. La boîte vibrait sous mes doigts. Je riais, je pleurais, je hurlais de joie. J'avais peur, j'avais chaud, j'avais froid, tout à la fois. Un maelström irrésistible m'nveloppa. Je sais que j'y serais resté jusqu'à la fin de mes jours, mais je ne sais toujours pas, même aujourd'hui, combien de temps je restai là, cloué, immobilisé, transi, liquide, heureux.c'était six secondes, c'était six millénaires.

Quand j'ouvris enfin les yeux, je vis la dame en train de repartir.

- Attendez, madame ! Il faudra que.

Elle se retourna, souriante. Un léger filet cramoisi suintait d'un coin de sa bouche. Ses yeux bleus scintillaient, je sus qu'ils me commandaient d'ouvrir la boîte. Comme fut mon habitude, j' exécutai, automatiquement. Efficace, comme fut mon habitude, je vous assure.

Dans la boîte, je vis un organe charnu, musculaire, rougeâtre, violacé, pointillé.

- Mais, m-m-madame, balbutiai-je, lentement, difficilement. M-madame, c'est votre langue ?

De nouveau, la musique m'enveloppa, l'univers m'appelait et je me sentis très exactement sur le point de m'évader ; je vis son sourire luisant juste au-dessus du bord du précipice et j'entendis, de loin, dans le tourbillon de l'éternité, des clochettes d'ailleurs qui retentissaient :

- Oh, ne vous inquiétez surtout pas, monsieur Montmorency ! me sourit-elle. Ma langue est bien une merveille merveilleuse, mais j'en ai d'autres.

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Ton regard (MAP)

Ton_regard

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