20 mars 2010

Le Temps (Lorraine)

Le Temps arrive de loin , il ne s’en souvient pas toujours  mais sa mémoire a brusquement de belles éclaircies : Oui, il était à Reims en 497 au baptême de Clovis, roi des Francs, mais aussi au mariage de Maximilien d’Autriche et de la Princesse Charlotte de Belgique en 1857. Il a ourdi l’union de Marguerite de Valois avec Henri IV en 1572 mais si huguenots et catholiques s’empoignèrent, il le jure, il n’y est pour rien.

 

Ce sont les hommes et leurs ambitions qui sont responsables des assassinats, des guerres, des massacres, depuis le début du monde.Peu après le Paradis Terrestre,  il a bien tenté de détourner la main de Caïn qui tua son frère Abel mais si le Temps est pacifique, l’humain l’est si peu !

 

La Temps, mais oui vous le connaissez ! Il était debout près de votre berceau et depuis il marche à vos côtés. Il lui arrive de courir, ou de traîner, ou de rêver, comme vous, comme moi. Mais bon an, mal an, il nous accompagne depuis notre naissance.

 

Il est un peu farceur, le Temps. On croit le diriger, le posséder mais ce funambule nous file entre les doigts pendant que nous vivons notre premier bal, notre premier amour, notre première déception. Il est tellement aérien, léger, il se transforme en bulle de savon, il flotte, il pèse, il réfléchit, il s’ennuie, il nous ennuie, il se souvient…

 

Ah ! comme il se souvient bien, le Temps, de ce que nous aimerions oublier, de ce que nous avons perdu. Il s’attarde quelquefois, il console, il guérit. Il pèse lourd à ses heures, il se fait discret, on l’oublie, on ne pense plus à lui…Et le revoilà, tellement présent, deux ans plus tard : « Cette ride, tu ne l’avais pas ? Ton ami, où est-il ? Tu ne vas pas pleurer, je suis là, moi… ». Il est toujours là, pour rappeler ce qui fut et n’est plus, ces années qui passent en silence, l’âge soudain bien présent.

 

Est-il un ami ? Cela lui arrive. Un ennemi ? Je ne pense pas. Il « est », tout simplement, impalpable et pourtant redoutable, allant son chemin jusqu’au bout. Jusqu’au bout du nôtre…Le Temps passe. Notre temps est passé…

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20 minutes (Brigou)

20 minutes devant moi…
Ouvrir ma boite email et lire mon courrier ?

NON

20 minutes devant moi…
Préparer ma liste de courses pour ce soir ?

NON

20 minutes devant moi…
Téléphoner à mon amie pour qu’elle me raconte son entretien ?

NON

20 minutes devant moi…
Commencer quelques chose ?

NON

M’asseoir, me poser enfin.
Laisser de côté les tâches rébarbatives.

20 minutes pour m’évader
20 minutes à savourer

20 minutes pour une pause douceur

Un thé à la mûre.
Un carré de chocolat amer.
Un bouquin.

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Walrus ? Présent !

Ainsi donc , le temps passe ?
Comme le café ?
C'est une intéressante hypothèse.

Car si le temps passe, le présent n'existe pas, ou si peu : il n'est alors que la limite intangible entre deux zones temporelles. Il n'est qu'une machine infinitésimale, insatiable, obstinée, dévorant nos rêves d'avenir radieux pour en faire le sombre passé. Pure immédiateté, mais sans consistance : toutes nos actions présentes appartiennent déjà au passé.

Pourtant, réfléchissez un peu, avez-vous jamais, sauf à être un incorrigible rêveur ou un indécrottable nostalgique, vécu ailleurs que dans le présent ? Non, n'est-ce pas ?

Le présent est permanent, le présent est éternel, le présent est cette éternité dont on nous rabâche les oreilles, où baigne l'univers et dont nous vivons notre infime part.

Ce n'est pas le temps qui passe, c'est nous qui passons.

cafe4

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l’égreneur a un grain ? (Poupoune)

Quand je l’ai rencontré je l’ai pris pour un farfelu, un doux dingue inoffensif. Il était assis, emmailloté dans une dizaine d’épaisseurs de gros pulls en laine qui s’effilochaient tous plus ou moins et, de ses gros doigts aux ongles noirs qui dépassaient d’épaisses mitaines, il transvasait, grain par grain, un petit tas de sable d’un pot à un autre. J’ai posé une pièce dans un de ses pots en lui souhaitant bonne soirée et il a gueulé :
- Eh ! Oh ! Ça va pas ?
- Pardon ?
- Ben virez-moi ça d’là !
- Ah… vous ne faites pas la manche ?
- Non ! Enfin… un peu, mais faut pas m’mettre des trucs dans mes bols !
Il continuait avec son sable, comme s’il comptait les grains. J’ai repris ma pièce.
- Vous ne la voulez pas alors ?
- Si, si… donnez. Merci.
Il a fourré ma pièce au fond de sa poche, tout en continuant à passer ses grains de sable d’un bol à l’autre de son autre main. Il était tellement absorbé par sa tâche, tellement minutieux et précautionneux dans ses gestes, que je n’ai pas pu m’empêcher de le questionner :
- Je peux vous demander ce que vous faites ?
- Ben ça s’voit pas ?
- Euh… vous comptez les grains de sable ?
Il est parti d’un grand rire étonnamment clair avant de me répondre :
- N’importe quoi ! Z’avez idée du nombre qu’il y a ?
- Euh… non. Beaucoup, j’imagine. Mais alors… que faites-vous ?
- J’égrène.
- Vous égrenez ?
- J’égrène.
- …
- Le temps, M’dame ! J’égrène le temps ! J’suis l’égreneur du temps !
- Ah... Je croyais que c’était du sable.
- Evidemment qu’c’en est ! Le sablier, le marchand de sable… Qu’est-ce que vous auriez voulu qu’ça soit d’autre ?
Ah ben oui. Forcément. Implacable. Il me plaisait bien, le bonhomme. Et il continuait de transvaser ses grains avec une régularité de… d’horloge.
- Et ça fait longtemps que vous faites ça ?
- J’en sais rien. J’vous ai dit, j’compte pas.
- Ah oui. Mais… vous n’arrêtez jamais ?
- Ah ben surtout pas !
- Qu’est-ce que ça ferait ?
- Ben ça arrêterait le temps !
Ben oui…
- Mais c’est un peu monotone, non ?
- C’est l’but !
- Pardon ?
- Ben c’est comme ça qu’ça doit être ! Régulier… monotone !
- Ah ?
- Ben oui, sinon le temps passerait n’importe comment ! Alors faut trouver l’bon rythme et surtout pas l’perdre, sinon c’est l’bordel.
- Et ben… pas simple, hein ?
- Ben non.
- C’est une grosse responsabilité.
- Ben oui.
Il me plaisait de plus en plus.
- Mais comment vous vous êtes retrouvé avec ce… euh… boulot ?
- Le destin, pardi, le destin !
- Ah oui. Le destin.
- …
- …
- Ecoutez, M’dame, j’veux pas vous désobliger, mais là, faudrait qu’j’puisse vidanger.
- Vidan… ah ! oh ! oui, bien sûr… euh… vous voulez que je vous remplace un moment ?
- Me remplacer ?
- Oui, le temps que vous alliez… vidanger.
- Ah… ben… j’sais pas trop, hein. Vous croyez qu’vous saurez faire ?
- Oh, peut-être pas si bien que vous, mais si c’est juste pour un moment…
- Hm… Ben r’marquez c’est pas d’refus, hein. J’pourrai m’dégourdir un peu en même temps, comme ça…
D’un coup je me suis dit que si ça se trouve, il faisait ça, presque immobile, depuis des jours. Pauvre gars ! Il prenait tout ça avec un tel sérieux ! Il m’a fait longuement observer son mouvement, puis m’a observée longuement pour s’assurer que je le faisais « à peu près correctement » et enfin il s’est éloigné, en se retournant plusieurs fois pour vérifier que je le faisais toujours bien. J’ai continué jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin et je guettais son retour pour reprendre dès qu’il réapparaitrait.
Il prenait son temps.
Il prenait tout son temps.
Je commençais à me dire que je voulais bien être gentille, mais que je n’allais pas l’attendre des heures pour autant. Et puis… je ne sais pas. Tout ça m’avait semblé rigolo, mais là, ça ne m’amusait plus. C’était… bizarre. Je n’aurais absolument pas su dire depuis combien de temps il était parti, mais ça me paraissait… je ne sais pas. Long. Et quelque chose clochait. Comme si… je ne sais pas. Je me suis secouée et, pour faire passer le temps et la mauvaise impression, j’ai pris un grain de sable que j’ai changé de bol et… non. Impossible. J’ai recommencé… Merde. Comme si la rumeur du vent dans les arbres et des voitures au loin s’était tue et reprenait quand je prenais un grain et… Merde. Et l’autre qui ne revenait pas ! J’ai repris un grain, puis un autre, puis… Pas possible, merde ! Une feuille qui tombait a semblé ralentir sa chute quand j’ai cessé. Elle restait là, comme suspendue dans l’air dans ce silence irréel… j’ai repris un grain, puis… Dingue ! La feuille est remontée ! J’avais pas pris le grain dans le bon bol ! Ah ben merde !
J’ai recommencé dans le bon sens et la feuille a tranquillement repris sa descente. Incroyable. J’ai pensé qu’il fallait que je continue pour donner à l’autre le temps de revenir.
Je saurais pas dire depuis combien de temps il est parti.
C’est que je compte pas, moi. J’égrène.

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Le temps‏ (Droufn)

C'est juste une petite pensée qui me vient là..

 

"La plus petite unité de temps est la seconde, mais que fait la première, elle recule ?"

 

 

Bonne journée, semaine, année..

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L’or loge dans le temps….. (enfolie)

Mon index tourne autour de mon pouce (ou mon pouce autour de mon index ?) pour faire passer le temps. Ils le trouvent si lent par moments… ouf moments qui naissent pour se tuer vite fait. Je tourne en rond mais pas le temps. Quoique ? Sur l’horloge, l’heure ne fait que ça. Pas le temps de tourner en rond sur ce sujet. Quoique …. Je commence ou je finis ? Si tu le lis, c’est que j’ai fini

Quoique….

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Le temps (Vegas sur Sarthe)

Tournant le dos au passé
Chronos retourna le sablier
Maintenant, il était temps

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J’ai gagné au loto (Val)

Dans ma commune il y a un CAT, qui accueille et emploie des personnes handicapées mentales. Chaque soir, à partir de 16h30, ils ont fini leur journée et alors ils viennent dans le bourg acheter leurs cigarettes, boire un café ou deux, ou faire quelques achats.
Il y a sept ou huit ans, je n’avais pas d’enfants, alors moi aussi, le soir, après le travail, j’allais boire un café ou deux au bar tabac quand j’allais acheter mes cigarettes.

Parmi les handicapés, il y avait un petit monsieur que je trouvais attachant. C’était un tout petit monsieur, très rond, qui venait toujours pour faire son loto. Ce petit monsieur n’avait pas d’âge. S’il est déjà difficile de donner un âge approximatif aux gens que l’on croise, c’était encore bien plus compliqué pour ce petit monsieur. Il était tout petit, très jovial, il riait tout le temps et on pouvait avoir avec lui les conversations que l’on a avec un enfant de sept ans. Ce petit monsieur avait des traits communs avec l’enfance, et pourtant ses cheveux grisonnants et quelques rides laissaient supposer qu’il avait au moins quarante cinq ans. 
Le temps n’avait que très peu de répercussions sur lui : il avait beau vieillir, les gens du village lui parlaient éternellement comme à un enfant.

Un jour –il y a sept ou huit ans, déjà- ce petit monsieur a gagné au loto. Il n’a pas gagné une grosse somme…si mes souvenirs sont bons son gain dépassait un peu les 700 euros. Mais il a gagné au loto ! Ce jour-là le patron lui a offert ses consommations, et quelques jours après le gain, il y avait une pancarte de la Française des jeux,  bien en vue dans le bar : « Ici, un gagnant de 700 euros ».
Il était tout fier, le petit monsieur. A chaque fois que quelqu’un levait les yeux sur la pancarte, il lui disait en riant : « C’est moi ! J’ai gagné au loto ! ». Et les clients le questionnaient : « Ah oui ? C’est vous ? Félicitations ! ». Parfois, la conversation s’engageait, et certains lui causaient un bon petit moment. Je pense que les gens étaient comme moi : ils avaient envie de s’attacher à ce petit homme qui riait tout le temps, ils étaient curieux de lui et aimaient le faire parler. Lui, il semblait très content. Avoir gagné au loto lui donnait de l’importance.

Les mois et les années se sont écoulés, la pancarte a été remplacée, et pourtant le petit monsieur a continué de se réjouir et de dire aux gens « J’ai gagné au loto ! ». La plupart lui répondait : « Quoi ? Encore ? Mais vous êtes un chanceux, c’est pas possible ! ». Le petit monsieur n’avait pas regagné un centime depuis, mais il se réjouissait toujours de son gain passé. Depuis le gain, il vivait chaque jour comme s’il avait gagné au loto la veille. Il souriait à la vie. Une minute d’éternité qui dure une éternité…

Chaque soir, au bar, il parvenait –à un moment ou à un autre- à placer sa phrase fétiche dans la conversation : « J’ai gagné au loto ! ». Peu à peu, les gens s’en sont gentiment amusés. Personne ne lui a jamais demandé de ne plus le dire, ou suggéré de passer à autre chose à présent. Je pense que son comportement émerveillait tout le monde. Savoir se réjouir, chaque jour encore, sans jamais se lasser,  d’un évènement aussi heureux que ponctuel, arrivé il y a longtemps, qui sait le faire ? Gagner au loto était pour lui la joie qui alimente toute une vie…

Il y a peu je suis revenue au village. Je n’ai plus le temps de boire des cafés au bar, mais je fume encore. L’autre jour, je l’ai reconnu, le petit monsieur. Il était devant moi dans la file d’attente, toujours avec son éternelle grille de loto.
Le temps n’a pas la mainmise sur tout son être : physiquement, il a vieilli bien sûr, il doit avoir plus de cinquante ans,  mais il rit toujours autant et s’exprime encore comme un enfant. Le temps passe sur lui comme le vent souffle sur les gens. Il le décoiffe à peine.
Je l’ai guetté, le petit monsieur. Et puis j’ai mentalement balayé mes attentes, en me disant : « Huit ans après, quand-même pas ! ».

Eh ben si ! Le bar tabac a changé de propriétaires. Au nouveau buraliste, il a dit, en riant :
«  Je prends un flash. Je m’en fiche de perdre : moi, un jour, j’avais gagné au loto ! ».

Et j’ai souri.

Le temps est désarmé, face à lui. Un jour, il y a huit ans, il a gagné 700 euros au loto. Il est plus que probable qu’il ait tout dépensé depuis longtemps. Là n’est pas l’important. Un jour il a gagné au loto, et ce gain a inondé de joie tout le reste de sa vie.

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L’horloge céleste (Venise)

Mattéo est né dans un cri d’oiseau.
Dehors l’aube est encore noire, l’étable encombrée de paille se dénude devant les mains de cette femme dont la souffrance célèbre toutes les mères qui enfantent dans ce pauvre monde.

Une nébuleuse rouge amas de vie et d’hydrogène  ballotte en son sein tout le destin de Mattéo  en germination.

C’est un beau paysan de France qui pousse son cri  dans la grande maison de Savoie.

Alors qu’au même instant Thomas premier comte de Savoie  perd son onzième enfant,
la famille Jacquard de par cette naissance sort victorieuse de huit deuils en couche.

Mattéo balaie par ses cris la noirceur de l’étable.
L’enfant est sale et frais comme une poire piquée de fientes de pigeon.
Il montre son cul au sinistre de ce monde, gorgé d’espoir il sera plus fort que la mort.
Un grand saladier de vin chaud rit sur la table.
Le père Jacquard le tient dans ses mains maintenant comme une flamme qui vacille, fragile et fort comme la vie.

L’enfant prend la parole sans demander la permission à la grande maison de Savoie.

Assis sur son tas d’ordures le père entonne un chant qui raconte la paix, la lumière, la frayeur des moineaux.

Mattéo dort maintenant.

A coté de son âne, sur un long sentier de terre le vieil homme marche pieds nus dans ses sandales. Ici il n’y a qu’une saison.
C’’est l’hiver.
Il y a des ours et des loups qui rodent dans la vallée.
Les fermes ont poussé un peu partout.
Mattéo appelle les vaches du haut de sa dix septième année. Alors que des femmes passent sans bruit Mattéo songe.

Il avait  été frappé par la découverte fortuite de deux marque-temps travaillés à la mode italienne  que détenait son Seigneur cousin de Béatrice de Genève.
Il avait fait ses classes d’écuyer dans cette seigneurie. Alors tel un enfant devant un jouet Mattéo s’était promis de s’instruire à l’art de l’horlogerie.
C’était sans connaitre la colère du père Jacquard qui ne l’entendait pas de cette oreille.

Mais le sublime, comme  les grandes œuvres qui dompteront le temps, réclament un enfant.
Jeanne la pucelle n’avait que 20 ans, Alençon 22 ans, le roi de France 24 ans, Gilles de Rais 19 ans en cette saison.

Le monde appartenait  à la jeunesse bouillonnante de sève et pour qui l’inaction est un hiver. Dans son tempérament de feu et dans sa chair qui était toute santé Mattéo passait ses nuits à construire son horloge astronomique.
Cette horloge céleste était inconcevable en cette période ; c’était comme frapper  monnaie,  installer une controverse en Dieu et les plans divins.

Sa maison natale était tournée vers l’éternel.
La bible grande ouverte enluminée de marguerites lui rappelait qu’il ne pesait pas plus que quatre grains de sable.
Il était écrit que si l’enfant se fâchait c’était l’hiver pour tous.
Pour le père Jacquard le bonheur était là à portée de main sur fond d’arbres et d’oiseaux, il tenait dans sa main tremblante comme l’eau claire un petit bonheur.

Mais voila que son fils s’entichait  pour une gâte-minutes. On arriverait tous ensemble au nouvel an, bon dieu !! s’entendait-il dire.

Son fils était en train de se faire avoir pour un monde carré bossu qui ne vaudrait pas pipette.
Il ferait bien de se décuchaiser avant qu’il y ait le feu au lac.

J’ai eu une rude journée Mattéo, dit le père en s’adressant au fils.
Je ne veux plus que tu me causes de ton horloge et que tu parles comme à Paris.
Voici de vieux outils faits à notre main, la berclure, la cradzette, le rongeon, j’voudrais pas qu’ils s’évanouissent comme la brume en mai.
Ça faisait pas rêver Mattéo qui avait renoncé à rejoindre son seigneur pour partir en terre sainte. Son père lui demandait de sacrifier ses rêves et de regarder ses ecaffes beuses de godasses infâmes, de parler de brises nouilles en parlant de dentier et choper la courante en buvant cette piquette.
Mattéo ne renoncerait plus à rien et tiendrait tête à son vieux.
Le néant ou l’inventivité sont de la même race.
Mattéo les avait chevillés au corps ; c’était son seul bien qui donne force et présence à sa vie.
Être vivant c’est être soi, seul dans son genre.
Alors Mattéo brise la roche bientôt du haut du clocher de ton village et du beffroi d’alentour. Ton horloge s’imposera aux riches comme aux pauvres en partage.
Même à ceux qui n’ont aucune raison personnelle de prêter attention aux heures. C’est peu de dire qu’il fait beau dans la tête de Mattéo ce matin.

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13 mars 2010

Défi #98

Le thème de ce 98ème défi :

Le TEMPS

(celui qui passe et non pas celui qu'il fait)

A vos aiguilles ...

Envoyez vos tours de cadran à samedidefi@hotmail.fr

A tantôt  !

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