23 juillet 2011

PAPIER (Lorraine)

L’évêque bleu-noir est un « gros-bec », je n’y suis pour rien. J’imaginais un ecclésiastique doré sur tranches, lisse, mitré, bagué, mais en y regardant de plus près pour écrire mon papier, je constate que c’est un oiseau. Un bel oiseau, d’ailleurs., pas du tout bling-bling comme ce vantard de faisan argenté ! Son cui-cui a du sens, alors que le frou-frou de la faisane, nul ne le contestera, la déhanche avec arrogance.

Je vous le dis tout net : je lui préfère le « troglodyte mignon », qui a pour frère jumeau le « troglodyte à sourcils roux ». Ils sont petits, discrets, leur glou-glou s’entend à peine quand ils se penchent à la margelle pour boire l’eau de la fontaine.

Vous les trouvez trop insignifiants pour votre journal ? Hum ! Je vous parlerai donc de l’autruche, grande, écarquillée et un peu sotte. Elle a le pied large, la jambe maigre, le cou affolé. Quant à l’aimable roitelet…

Comment, je me trompe de sujet ? Vous avez dit « PAPIER ». Le voici, il ne manque que la signature…

 

LORRAINE

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23 janvier 2010

Papier (Jaqlin)

jaqlinpapier

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Tous mes papiers (Virgibri)

Sur mes papiers virtuels, j’écris des mots de nuit, des mots d’orage, des mots de pluie.

Sur mes papiers de cœur, il y a des hirondelles, du miel, des odeurs de sapin, quelques grammes de cannelle et un grain de poivre. Ah, l’aigreur du piment…

Sur mes papiers calque, je dessine les contours de mes vides, comme un aigle dans le ciel.

Sur mes papiers buvard, j’attends que tout s’absorbe, aussi patiente que la buse le long de la route. Han, les taches restent.

Sur mes papiers à bonbons colorés, j’écris le vol rapide du colibri, les ailes du papillon, le rayon de lune ou de soleil, et pffft ! tout s’envole sous l’empressement du vent à jouer avec eux.

Sur mes papiers chiffon, j’essuie mes larmes, de joie ou de chagrin ; j’arbore certaines fleurs entre deux fils ténus ; je caresse l’épais feuillet et lui fais de l’œil, telle une pie prête à voler…

Mais j’endors mes plumes, les range au fond des trousses et des pots à crayons. Hum.

Garçon, du papier et de l’encre !


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Papier (Sebarjo)

Papier à musique,

la Chanson de Gainsbourg


gainsbarre_noir_et_blanc


SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !

La chanson des petits papiers s'envolaient ainsi dans la pièce enfumée. La combustion de divers papiers - arménie, cigarette, maïs et compagnie - enfumait sa chambre sous les toits, sans même une vue sur les autres gouttières de Paris. Seul, un oeil-de-boeuf aveugle, aussi petit qu'un trou de souris,  perçait le zinc ondulé de sa turne.

L'oeil chèvre, Monsieur Seguin tirait sur sa gitane et faisait danser le flamenco aux volutes bleutées qui s'échappaient de sa robe rougeoyante, dans les airs étouffés de ce réduit miniature. Il en avait plein le nez qui était long, en forme de bec, de ceux que portent élégamment les toucans. Ce grand noctambule avait également les yeux jaunes de la chouette harfang et ceux ébahis de l'effraie mais sans menace aucune. Une belle gueule d'ange Hydeux resculptée par le docteur J. Car il était plutôt séducteur, roulant des mécaniques de twister comme un paon spicifère - que l'on dit muet - déroule sa roue en silence. Il avait un peu de cette tronche à la Gainsbarre retouchée par Sfar.

Un air de jazz enchaîna. Une guitare déroulait des accords sur une ryhtmique assenée par une contrebasse. Un air violent et langoureux.

Il se laissait aller en claquant les doigts d'une main comme devant un bon vieux juke-box, et de l'autre, enserrant son glass de blended malt.

Puis, étendu sur son sofa au velours rubis, il pianotait dans la grisaille nicotinique sur un Pleyel imaginaire et noircissait de noires, de croches simples ou triplées et de soupirs alanguis, ses papiers à musique, immortalisant ainsi des symphonies raccourcies, chansonnettes mineures.

Piano crapaud, piano girafe ou piano trois-quart-de-queue (de pie par dépit), tout était bon pour écrire ses nocturnes à l'encre de Chine, sur des papiers Japon aussi précieux, que des velins raisinés.

Il devait se contenter de ce modeste grain, rester lisse sans même une seule vergeure et naître à nouveau pour n'être plus qu'un pondeur pondéré de variétés insipides.

Son rêve de peinturlurer des papiers jésus, coquille ou écolier, de les inciser à la pointe charbonneuse de ses fusains pour en faire d'exquises esquisses était déjà loin. Un point microscopique, qui s'est définitivement évaporé dans les brumes papivores de cette nuit et envolé dans l'air de la chanson des petits papiers...

Et c'est depuis ce jour-là que collé à son scotch, délaissant le papier pour le piano, Monsieur Seguin s'bourre et que les gains s' barrent...


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Une envolée d’oiseaux et de bois vert (Caro Carito)

 

Carajo ! Il attrapa de justesse un chiffon pour éponger le parquet et éviter la catastrophe. Qui se transforma en déroute car les lames de bois déteintes prirent des allures arc-en-ciel. En deux enjambées, il atteignit le coin gauche assigné à la kitchenette. Il vida le peu d’eau qui restait dans la bassine, passa un coup de serpillère et remis l’attirail en place sous la fuite. Le plic ploc de la pluie qui tombait du toit fissuré reprit sa marche militaire.

Il eut une pensée pour cet hijo de puta français qui lui louait ce galetas. L’odeur de moisi et les pannes de chauffage n’étaient agréables que dans un recueil de poèmes. Il n’avait décidément pas la désinvolture d’un Rimbaud, ni la démesure d’un Lautréamont. Ses pinceaux transis lui tombaient des mains au bout d’une heure. Près de la baie sale qui se gorgeait de tous les vents, se bousculaient esquisses et tubes de gouache, des photos voilées, des bouteilles en bataille et des assiettes de pâtes froides. Sur le chevalet, quelques traits de fusain présageaient d’un tableau hésitant. Presque malhabile tant les références à des Kandinsky, Miro, Dali s’alignaient sans rime ni raison.

Il remplit l’unique casserole de la mansarde et se promit d’attendre patiemment le gloussement de l’eau bouillante. Les tscchhh feutrés avaient la douceur des après-midi de Doña Laura, sa mère. Il pénétrait alors dans le salon d’été, étriqué dans son uniforme de collégien, pío pío la coupe de cheveux translucide. La Tia Maruja se tenait toujours à droite du piano français. Il embrassait quelques joues orangées qui laissait en bouche un goût de sucre éventé. Il dérobait un ou deux biscuits sous l’œil amusé des « «ladys ». Il aimait cet accent traînant, ridicule qui frisottait en un zzz grasseyant quand Asunción lui rappelait sur le chemin de la maison que c’était jour de thé, synonyme de gâteaux à l’orange et d’ongles propres et récurés.

L’eau trépignait. Les bulles s’éventraient contre les parois moussues de calcaire. Il posa sur le coin de l’évier les lettres qu’il avait en main depuis le matin. Dans l’une, Paolina lui signifiait la fin de leurs relations. Une âme bienveillante l’avait informé depuis quelques mois que sa fiancée fréquentait avec assiduité le tennis del Club Regata. Avec toutes les circonvolutions propres à la bonne société et à la troisième missive, il avait deviné quand, quoi, comment… et n’attendait plus que la touche ultime au tableau du cornudo. Il imaginait sans peine les gloussements de ses condisciples. Ja ja, sabes que, pobre Esteban… si, ella, con ese demonio de…  La deuxième enveloppe contenait une invitation officielle à exposer dans un Musée de cette désolante ville normande. Puta madre, pourquoi à ce moment précis ? L’hiver avait délavé ses illusions. Les cours d’histoire de l’art et les borborygmes d’artistes sur le retour lui abrutissaient l’esprit, martelant son imagination d’un tam tam pernicieux. Tout ce qui transpirait de son âme était aujourd’hui d’un tel convenu. Au mieux trois touches ocre bronze sur un grand vide. Il regarda flotter le sachet de mate de coca, ne sachant laquelle de ces deux nouvelles le désarmait le plus.

Oser s’avouer que l’été passé, il s’était réjoui de sa bourse, comme d’un Sésame vers un monde neuf, une élite qui n’étrillait pas ses meilleurs rejetons à la moindre audace artistique. Un bruit mat lui fit lever la tête. Sur le rebord de la fenêtre, un oiseau à la poitrine vermillonne picorait les débris de son petit déjeuner. Il se rappela avoir acheté à un bouquiniste un livre d’ornithologie avec force gravures. Il le dénicha sous une pile de livres. Il étudia attentivement les illustrations passées, hésita, rouge-gorge, pinson des arbres ? Ou alors bouvreuil pivoine ? Linotte mélodieuse ? Il se souvint avoir acheté ce guide parce qu’il avait été étonné des couleurs ternes des oiseaux européens. Même leurs  pio pio semblaient dérisoires. Il se souvint de cette expédition où il avait quitté Tarapoto à l’aube avec Jorge, son guide, pour plonger dans la forêt amazonienne et tracer quelque croquis de la faune locale. La pluie les avait surpris et ils avaient dû trouver refuge dans un village en bord de rivière. Il n’avait pu sauver de son sac à dos trempé que ses peintures et ses pinceaux. Mais le papier, lui,  était inutilisable. Ils étaient restés là quatre jours, une éternité pendant laquelle il avait déniché, cartons, documents fripés, pages maculées de graisse, vieux chiffons, pour reproduire ces oiseaux aux couleurs tapageuses. Il avait un souvenir très précis de cet ara qu’il avait peint sur un bout de bois, un Chloroptera aux coloris si vifs qu’ils semblaient irréels. En partant, il avait entassé dans un grand sac de toile ces œuvres insolites et les avait exposés ensuite dans un café de Tarapoto à la grande satisfaction des touristes et des locaux.

Son minuscule visiteur n’était plus là. Il s’approcha de la fenêtre. Après tout, pourquoi pas ? Il se saisit d’une feuille de papier de riz, lissa le grain délicat et décida de croquer au fusain, en vis-à-vis, le modeste serin qui avait picoré là, à la minute précédente, et l’exemplaire chatoyant qui voletait dans ses souvenirs. Puis changer ensuite de matière, un canson banal qu’il utilisait avec ses élèves. Ou même un buvard, et des pastels. De l’encre de chine sur un papyrus. Un papier calque appliqué sur un tissu… Jusqu’à l’œuvre finale où, abandonnant le papier, il coucherait sur le bois brut un envol de plumes brunes et colorées.

Lexique

 

Carajo                        merde

Hijo de puta               fils de pute

pío pío                        piou- piou en espagnol

Tia                              tante

Cornudo                     cocu

Club Regatas              Club chic de Lima, situé à Chorillos

Mate de coca              infusion de feuille de coca très courante au Pérou

Ja ja                            expression du rire

Puta madre                 expression de colère

Sabes que, pobre Esteban… si, ella con ese demonio de

Tu sais que, pauvre Esteban, elle, avec ce démon de…

 

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Défi papier (PIERRELINE)

BIP BIP BIBIP BIBIP BIIIIP BIIIIP

 

Zig lança une main au hasard, il l’aurait ce satané réveil et sa sonnerie insupportable !!!

 

BLING !

 

Il l’avait eu, il en serait simplement quitte pour en racheter un autre …

Se lever si tôt un dimanche pour cause de contrôle inopiné de l’URSSAF, il n’était pas prêt de s’en remettre !

 

Sa tendre moitié avait prudemment demandé l’asile politique chez leur fille aînée : « Tu comprends, il est en pleine crise, il a paumé ses papiers, c’est un vrai capharnaüm de toutes façons dans son gourbi, alors vaut mieux laisser passer l’orage, faire comme les pigeons et se planquer la tête sous l’aile en attendant que ça passe ! ».

 

Zig pestait : « J’ai vraiment une cervelle de moineau, c’est pas possible de ne pas se rappeler où je les ai mises ces satanées liasses ! »

Il avait fait l’autruche depuis des semaines, se disant qu’un miracle peut-être lui ferait retrouver les précieux documents, mais rien à faire et maintenant il payait sa tête de linotte et il devait faire face : Demain, à la première heure, l’inspectrice des contributions et spécialiste du recouvrement des impayés sociaux allait se précipiter sur lui comme l’aigle sur sa proie et n’en faire qu’une bouchée !

 

AAARRRGGHH !!

 

« Chéri ! Oh, Zig, !!!

 

« MMM ???

 

« Réveille-toi, t’entends pas le réveil ?

 

« HURMPH ;

 

« Que, Quoi, Comment ?

 

« Oh, toi, t’es encore en train de faire ton cauchemar annuel ! Elle est revenue, ta chère inspectrice de l’URSSAF ? Franchement, depuis le temps tu ne devrais plus arriver à te mettre dans des états pareils, chaque année c’est la même chose ! Tu sais bien que tes liasses tu les mets sur la table à la mi-décembre, et chaque année avant le réveillon tu balances tout dans un grand sac et tu le planques derrière le frigo ! Il n’a pas bougé, le sac, tu retrouveras tout dedans, les liasses, mais aussi le reste, la liste des courses du réveillon, l’ordonnance du véto pour les vers des chats, le programme du ciné, le plan des bus, quelques sachets de thé au jasmin, un bout de crayon mâché et tes grilles de sudoku, et même les papiers des papillotes avec leurs blagues que tu voulais lire au petit au repas de noël, tu te souviens ?

Allez, rendors-toi, on ira plus tard le dénicher ce satané sac aux cauchemars !!!

 

Zig soupira, ah oui, le cauchemar annuel, c’était comme ça, un truc de saison, un peu comme les cerises de juin, les colchiques en automne, janvier, c’était le mois du cauchemar URSSAF, y’avait des trucs comme ça, c’était immuable, on était bien obligé de faire avec.

 

Il cala sa tête dans le creux préféré de sa belle et se rendormit.

 

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La valise à Scherzos. 53, La cocotte en papier (Joe Krapov)

Dans la valise de Scherzos, Lemouton a laissé de côté les cahiers poussiéreux. Les trois autres locataires s’en occupent. Lui s’est emparé des chemises dans lesquelles il a trouvé des collages, des bouts de papier de toutes sortes, les cent mille milliards de poèmes (porqué no, Raymond ?) sur leurs feuilles à carreaux roses et la cocotte en papier faite avec une copie d’écolier à grands carreaux.

cocotte_photographii_e


Il la déplie et lit ceci : (ne vous abimez pas les yeux, cliquez sur l'image pour lire le texte ci-dessous ! Après ouverture, vous pouvez agrandir encore la taille d'affichage en cliquant sur ctrl et + plusieurs fois ; pour revenir à l'affichage normal faites ctrl et - ou ctrl et 0[zéro])

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cocotte_depliee_2

Sur une bande de papier séparée figurent la date, le nom de l’élève, sa classe, la nature du devoir et la correction en rouge du professeur. L’annotation de l’enseignant dit ceci :

«Elève Scherzos, vous avez une belle écriture mais vous êtes nul en ornithographe : vous n’avez compté ni les onomatopées, ni les noms d’oiseaux! Je mets 1 sur 20 pour l’encre et le papier».

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Le testament du calligraphe (Moon)

On a retrouvé dans une maison de Fès le testament du calligraphe Abd al Karim al Zahrani. Seules quelques parties de ce texte subsistent, le reste ayant été masqué par des taches d'encre répandue sur le papier.

 

12 Rajab de l'an 1122 de l'Hégire

 

Mon fils,

 

L'encre de ma vie disparait à présent. La page redeviendra bientôt blanche et le papier finira par retomber en poussière. Le royaume des lettres sacrées m'attend à présent.

Je peux partir puisque j'ai fini il y a deux mois le Mumyat al Abir que j'avais commencé il y a longtemps. L'interprétation des rêves par Ibn Jabir al Gassani, son auteur, a grandement stimulé mon imaginaire et les enluminures de ce texte sont, je crois, les plus belles que j'ai jamais faites.

Je veux avant de m'éteindre te donner quelques uns de mes secrets...

 

.... choisir ton papier.  Te souviens tu comment je le choisissais ? En le caressant, les yeux fermés, j'écoutais son bruit. Je crois que je peux reconnaitre l'origine de chaque papier à l'oreille. Comment te dire ?

Celui de Fès, la ville aux quatre cents moulins à papier, a le son le plus beau : fshssssshhht, comme un souffle de vierge endormie.

Celui de Sebta chante au crépuscule comme les martinets. Il dit : hisssssssshhhhhhhhhh

Celui des Andalous de Jativa accroche ton oreille au début mais donne sa douceur ensuite, femme vaincue : crefffffffffffffshhhhhhsh

Et celui de Fabriano, lisse mais sec, que je gardais pour les ouvrages mineurs, soupirait avant tout, comme une vieille lavandière : ffffffffffffffffffffffft

Les autres papiers ne sont qu'ombres et froissements aux mots de nos grands penseurs.

Les unis de Fès, au grain si velouté, aux fibres ordonnées siéent bien au regard de ton enluminure, ils apportent la lumière qui forcera ton or et tendra ton lapis.

Tu pourras y poser tes couleurs pierres, terres, bêtes et plantes sans que les contours ne fusent ou se mélangent.

Tes titres, ors ou blancs, s'y dresseront en toute majesté au cœur des ......

 

... le plaisir d'avoir dans ta main le qalam, roseau poussé au bord de l'oued.

Tu as appris à le préparer et le tailler mais n'oublie pas que tu dois choisir pour chaque texte si tu privilégies l'un ou l'autre de ses becs : le sauvage à droite, l'humain à gauche. Pour les textes sacrés équilibre-les, mais pour la philosophie insiste sur le bec gauche, pour la poésie sur le bec droit.

N'oublie pas l'adage qui dit "Mets souvent ton qalam sur ton oreille, il te dictera ce que tu dois écrire".

Sache aussi que, même si j'ai vénéré mes qalams, j'ai emprunté aux infidèles quelques unes de leurs plumes qui ont donné à mes livres un tour que n'avaient pas mes amis calligraphes.

C'est un lettré de France, voyageant en nos contrées, qui m'a appris que les plumes de corbeau, de coq de bruyère et de canard étaient utilisées pour les écritures fines alors que les plumes de vautour et d'aigle magnifiaient les écritures à traits épais.

Il me reste quelques exemplaires de chacune, qu'un marchand juif m'a rapportées et tu les trouveras...

 

 

...tes couleurs avec amour.

Comme soleil et lune alternent au ciel béni, place tes couleurs côte à côte car le bleu exalte l'orange, le vert soutient le pourpre.

Mais la couleur de l'ornement, la lumière sur les mots, c'est ton or que tu prépareras avec grand soin.

C'est la couleur du beau, du grand.

Rappelle toi que l'on disait du vizir Jafar El Barkami qu'il était beau comme l'or que le doreur étalait sur le livre.

Les arabesques soulignées d'or entraineront l'œil du lecteur dans leur tourbillon et ...

 

 

Son fils Al Majoub al Fasi fut l'un des meilleurs calligraphes du sultan Mohamed Ben Abdallah qui lui commanda sept versions du Coran.


enluminures


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ÇA CANARDE À BOULOGNE (Tiniak)

Si casser des œufs pour une omelette
n'est pas casser trois pattes à un canard
ça demeure être vilain merle
que tuer dans l’œuf une perle
qui sait ? qui eût été douée pour l'art

Pi que l'oiseau sur une branche
mon pauvre, que tu es serin !
de te croire à l'abri, serein
dans ton bel habit du dimanche;
ici, on plume le pigeon
quand il porte chapeau-melon
et ne sait pas trousser ses manches

C'est pas en trouvant pi au nid
qu'on évitera l'anarchie

Oh là !
Ton papier, ça déchire !
C'est pour la gazette à venir ?

Et pan !
Dans son cul, la bourgeoise !
Ah ça, j'aime quand ça dégoise !

Ah, nom de nom !
C'est quelque chose
t'avoir avec nous pour la cause

Tu penses !
On n'est pas des aigles, hein...
L'école on l'aura vue de loin

Et tah ! et toc !
Comment qu't'as dit...
... quand t'ça finit par "anarchie" ?

Et rlaan !
Dans son cul, la bourgeoise !
Je t'en foutrai moi, des framboises

Aux fraises
qu'ell' peut toujours aller courir;
on dira ce qu'on a à dire

et la gazette
elle irait se torcher avec
se serait qu'un bonheur de plus
de la savoir dans son joufflu

Ah, mon colon...
Adieu patron ! Adieu patronne !
Y a pas que des cons à Boulogne.

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Papier inutile (trainmusical)

<p>Papier inutile (trainmusical)</p>


Grrrrr ! Ce devoir me pause problème. Je ne vais jamais (not french) pas y arriver. Je suis tout angoissé devant ma feuille de papier blanc. Horrible et déconcertant la feuille vide, c’est la panique. Mais que voulez-vous que je mette en place comme mots ? Je n’y arrive pas. Je me suis fait avoir comme un pigeon d’avoir accepté ce défi. Un bout de papier inutile.

En plus mon chauffage est défectueux, j’ai froid, glaglagla… Je me crois en Sibérie entouré de grives à ailes rousses dans la neige ou de grues de Sibérie… qui sont également blancs… comme ma feuille de papier.

Je préfère être au chaud, en Afrique, encadré par des marabouts d’Afrique. Quoique ça ne change rien à mon papier insipide.

Il faut que je boive, car ma très grande concentration intellectuelle me donne soif. Pendant ce temps, j’entends un bruit :
- lap-lap… C’est mon chat sous la table qui boit du lait… Le lait blanc comme ma feuille de papier, j’enrage…

Oh ! Mais que vois-je ?... Ma feuille n’est plus si blanche que ça, à force d’évoquer mes pensées par écrit, j’y ai déposé des mots…

Un… deux… trois… quatre… noms d’oiseaux. N’en manque qu’un seul.
Et un… deux… trois… onomatopées. Je dois deviner le quatrième.

Si je les trouve, alors je peux envoyer mon texte. Et vu ma très haute intelligence, le problème sera vite résolu.

Silence ! Ne pas me déranger, je cogite…

Je ne repère rien…

Je ne discerne toujours pas… Pourtant je ne suis pas si idiot…

Je transpire tellement, que je dois prendre du papier WC (Pas blanc mais brun…) pour éponger les sueurs de mon front.

Tant pis. Je vais expédier cette feuille de papier qui n’est plus dénudée, car garnie d’expressions très personnelles et confidentielles. Cependant, c’est un grand malheur pour moi de rater le quatre-vingt-dixième (not french) nonantième défi, juste pour deux mots manquants. Dommage, car on va me traiter de canard boiteux qui fait couac…

©Les éditions du papier très utile

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