16 janvier 2010

Le quatuor d'Alex Zampieri (Joe Krapov)

bouton_lion_et_moutonCe matin-là, l’homme de pouvoir était encore venu nous chercher des poux dans la tête.
Ce matin là, je m’étais mis en tête de changer de peau-sition.
Ce matin-là j’avais décidé de rendre mon tablier. Il fallait absolument que quelque chose changeât par ici !
Ce matin-là le vieux était encore venu les sermonner à coups de « Fais pas ci, fais pas ça !».

bouton_DieuCette fois-ci encore, il revenait à la charge à propos de notre nudité
Cette fois-ci encore le vieillard cacochyme qui ne se déplaçait qu’en compagnie des anges était venu jouer la charge de la brigade légère.
Cette fois-ci je devais faire quelque chose. Cet univers de stérilité et de débilité allait coûter cher à ma notation annuelle. Je sentais déjà se pointer l’accusation de gestion à la légère.
Cette-fois-ci encore il leur reprochait de ne pas consacrer assez d’énergie au temps de l’amour.

bouton_slipCe n’était pas faute d’avoir fait des efforts mais allez vous faire un slip, vous, avec des feuilles de platane !
Ce n’était pas supportable d’entendre ce vieux sabot chaque jour dégoiser contre les tourtereaux. Bon, OK, leur ménage c’était peut-être un peu la fête du slip.
Ce n’était pas juste que cet univers-là m’ait été attribué. Passe encore que le mouton et le lion n’aient pas lu La Fontaine, on ne pouvait pas exiger des animaux qu’ils fussent gros lecteurs et affables de surcroît, que le cheval n’ait pas de sabots et ne veuille pas tirer la charrue…
Ce n’était pas très sympa d’appeler Eve « l’hôtesse de l’air » sous prétexte qu’elle en brassait beaucoup.

bouton_nombril

Sans compter qu’il aurait pu y penser avant à inventer le petit bateau ou le Wonderbra !
Sans compter qu’il s’en passait de drôles dans leur bosquet une fois que le vioque s’était esquivé sur son bateau flottant.
Sans compter que La Fontaine, c’est un autre monde parallèle qui en a hérité. Une drôle de planète, là aussi !
Sans compter qu’Adam ne semblait pas être le responsable, le gentleman-cambrioleur, tout juste un effet l’Arsène !


bouton_AdamPendant qu’il y était, à régenter la vérole du bas-monde, il aurait pu apprendre à Eve à me tricoter un Marcel si ça le gênait tant de voir mon nombril !
Pendant qu’il s’éloignait, Marcel, avec son cortège d’anges, j’ai écouté un peu ce que le sar Pèle-Adam racontait à sa croqueuse de pommes.
Pendant qu’il en était encore temps, je devais contacter le syndicat. J’ai allumé l’ordinateur.
Pendant qu’il se faisait engueuler à cause de son slip mini mini mini, j’ai fouillé dans ma mémoire.


bouton_troncJe n’ai pas pu m’empêcher de lui dire son fait en retour.
Je n’ai pas pu tout entendre parce qu’il y avait du retour d’écho dans les baffles.
Je n’ai pas pu m’empêcher tout d’abord d’aller lire « L’Echo du Divin ». C’est là que je suis tombé sur l’offre de stage « Prendre son temps » :
Je n’ai pas pu trouver tout de suite la façon de procéder. J’ai tout lu, tout vu, tout bu mais j’ai un mal fou à organiser les connaissances que j’ai gardées en mémoire.


bouton_Zampieri_2- D’abord, si tu veux pas qu’on se balade à poil, le barbu, ce serait bien que tu baisses le thermostat !
D’abord ça s’est mis à siffler puis j’ai carrément le ciboulot qui est parti en balade.
«  D’abord donner une formation philosophique de base ; aider à s’interroger sur sa propre pratique ; favoriser l’attention au présent »
D’abord, j’ai farfouillé à toute berzingue parmi mes feuilles.


bouton2_angesIl faut dire les choses comme caleçon : la boule de feu qui nous tourne autour dans le ciel, sur le coup de midi, elle nous chauffe tellement la bedaine qu’on est obligés de se foutre à loilpé, ma bergère et moi !
Il faut dire que de temps en temps j’ai ce feu en moi, cette fièvre qui me pousse à m’isoler du monde qui m’entoure.
- Il faut dire les choses plus clairement, Bon Dieu ! » éructai-je devant ce gros foutage de gueule du monde.
- Il faut dire qu’ils seraient tous un peu perdus sans moi dans le petit jardin !


bouton_paysageEt moi non plus je n’aime pas que les animaux et les gens qui passent dans le patelin lui voient la canicule !
Et moi, je dois le dire, j’aime assez ce que j’entends au-dessus de mon crâne !
- Et moi je te demande de te calmer ! » intervint l’Ordi. Mets-toi bien dans le crâne que tu représentes un type de divinité trop colérique pour l’Organisation. Lis le programme et tais-toi ! »
Et moi et moi et moi je ne peux pas noter les trucs dont je dois me souvenir sur une nappe de restaurant !

bouton__ve_2Bonjour l’ingratitude !  qu’il a fait comme ça. Je me casse le tronc pendant sept siècles de long pour vous mitonner un paradis aux petits oignons et voilà ce que vous me retournez comme image ! Des voleurs de pommes mal nippés qui font rien qu’à se promener à poil sans jamais rien glander ! Vous ne pourriez pas travailler plus pour gagner plus, rien qu’un peu, une fois ?
Bonjour le trip ! Cette musique c’est un peu le Paradis ! Dommage que je ne puisse la partager ni avec le mouton, ni avec le lion, ni avec Adam. Sans parler du cheval qui n’a même pas le téléphone sous la queue !
Bonjour le programme : « Analyse philosophique de la différence entre temps et durée ; réflexion sur le sens d’expressions communes comme « perdre son temps, prendre son temps, gagner du temps ». Redécouvrir les trois instances du temps : passé (mémoire), présent (attention), futur (attente) ; Lecture de quelques textes philosophiques sur le temps (Augustin, Plotin, Bergson). » Et ça avait lieu sur l’île de Bailleron, un endroit que je ne connaissais pas . Et ce stage durait… deux siècles ?
Bonjour le mode d’emploi ! Mais le plus difficile est fait : la pomme s’est décrochée.

bouton_vous_l__bas_2Eve, je l’ai bien senti en entendant ça, a failli lui balancer son trognon de pomme à la tête. Elle n’aime pas qu’on se moque de son léger accent de Belge d’honneur !
Eve m’écoute parfois mais cette fille me semble un peu demeurée, toujours à bouffer des pommes et à me regarder d’un air bête comme si on n’avait jamais fait connaissance au pied de l’arbre. Déshespéride-errante, la fille !
Eve et Adam, ça leur laissait suffisamment de temps pour accomplir un maximum de conneries ! Mais vraiment, tout leur cirque de la piscine, le midi, ça me bouffait vraiment !
Eve l’a reçue sur la tête. Elle l’a ramassée et l’a balancée avec force à la tête du vieux qui l’a reçue en pleine poire, la pomme.

Je ne savais plus quoi répondre alors j’ai éclaté de rire, trouvant que sa haine de nous deux était ridicule. Le pauvre vieux à voix d’hélicon s’est cassé. Il fallait le comprendre aussi. Dans cet univers-ci, qu’il avait bien raté, du reste, Eve n’avait pas plus de sexe qu’une poupée Barbie ! D’ailleurs, personne n’en avait et surtout pas les trois anges sans corps au-dessus de sa tête ! Va t’en croire, croître et multiplier avec ça, toi !
Je ne savais plus quoi lui dire, l’autre jour, alors je lui ai posé la question de manière un peu abrupte et peut-être ai-je été ridicule :
- Eve, toi qui es promise à un grand destin, toi qui sais t’occuper des petits de l’homme et des animaux blessés, peux-tu me dire pour qui sont ces sifflements qui serpentent dans ma tête ? ».

Je ne savais plus si je devais l’accepter ce stage ou aller poser une demande de mutation auprès du syndicat. Finalement, comme il y avait un an de délai avant la date limite de dépôt des candidatures, je suis retourné dans mon atelier pour y réfléchir en travaillant à mon projet de Kärcher pour nettoyer les cochonneries des deux autres dans le quartier de la piscine.
Je ne savais plus pourquoi j’avais été planté là. Avec tout ce temps, j’avais oublié. Mais bon, ça y est, Eve a compris. Il est cinq heures, le pari pascalien s’éveille, pas dans le meme sens à vrai dire que celui de Blaise de Clermont. C’est du tronc qu’est parti l’ordre de faire tomber la pomme de la discorde. Le plus difficile reste à faire. Je ne sais ce qu’en retiendra l’histoire mais le fond de l’air est frais désormais : le vieux est parti plus fâché que jamais, le gentleman-cabrioleur et l’hôtesse de l’air viennent de découvrir la liberté grâce à ma pomme !

boutonZampieri___Dieu_r_primandant_Adam_et__ve


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Beuglante divine (Poupoune)


avec par ordre d’apparition : Dieu (D), Adam (A), Eve (E), Brigitte (B), Pénélope (P)

 

D : Je peux savoir lequel de vous deux a fait ça ?

A : …

E : …

D : J’attends !

A : … gromeuleuh…

D : Je n’ai rien entendu !

A : … gromeuleuh meuleuh…

D : Adam ! Arrête de ronchonner !

A : …

D : Alors ?

A : C’est pas moi.

 

B : T’as vu, y a Adam qu’est encore en train de se faire remonter les bretelles !

P : Quelles bretelles ?

B : Ah Ah Ah ! Oui, j’suis sotte !

P : Et qu’est-ce qu’il a fait cette fois ?

B : Pffrrt… va savoir ! Sans doute que ça a à voir avec son slip ridicule…

P : Il a piqué celui d’Eve tu crois ? Ah non ! Elle a son string…

B : Oui mais si tu te tais pas un peu on pourra pas savoir, hein !

 

D : Bon, Adam, Eve… J’attends toujours !

A : Méééééé c’est pas moi euh !

E : Couille molle.

D : Oui, Eve ? Quelque chose à nous dire ?

E : …

A : C’est elle !

E : C’est la faute au serpent !

D : DU serpent !

E : Hein ?

D : C’est la faute DU serpent, pas AU…

E : Ah…

D : Bon, de toute façon c’est n’importe quoi !

 

P : Ah ça, pour être n’importe quoi…

B : Tu m’étonnes !

 

A : Eh ! On vous a pas sonné les mégères !!

D : Non mais oh ! Tu te crois où, Adam ? Comment tu causes là ?

A : … gromeuleuh…

E : Alors ça tu l’as pas volée celle-là !

D : Bon ! Assez de bavardages, nom de dieu ! Dites-moi qui diable a décapité ces enfants !

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Dis, Dieu, tu crois pas qu't'en fais un peu trop, là ? (Papistache)

Réprimander (v.)

admonester,
arranger,
assaisonner,
attraper,
avertir,
blâmer,
catéchiser,
censurer,
chanter pouilles,
chapitrer,
chicaner,
condamner,
corriger,
crier,
désavouer,
dire son fait,
disputer,
donner un avertissement,
emballer,
engueuler,
enguirlander,
enlever,
faire la guerre,
faire une remontrance,
flageller,
flétrir,
fustiger,
gourmander,
gourmer,
improuver,
incriminer,
laver la tête,
mercurialiser,
mettre au pas,
moraliser,
morigéner,
moucher,
quereller,
ramoner,
redresser,
relever,
remettre à sa place,
reprendre,
reprocher,
réprouver,
sabouler,
savonner,
secouer,
secouer les puces,
semoncer,
semondre,
sermonner,
sonner les cloches,
stigmatiser,
tancer,
tirer les oreilles,
trouver à redire,
vitupérer,
critiquer  (V+qqn, figuré),
désapprouver  (V+comp),
donner une avoine  (V+à+qqn, familier),
donner une danse  (V, familier),
donner un galop  (V, familier),
donner un savon  (V+à+comp, familier),
faire la critique  (V+de+comp),
faire une réprimande  (V+à+comp),
gloser  (vieux, V+comp),
gronder  (V+qqn),
houspiller  (V+qqn),
infliger une réprimande  (V+à+comp),
passer une danse  (V+à+qqn, familier),
passer un galop  (V+à+qqn, familier),
passer un savon  (V+à+comp, figuré)

Dis, Vieux, ça n'aurait pas été plus simple ?
gifle1

Et on n'en parlerait plus !

Merci à Marcel Gotlib pour sa participation iconographique.

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Eve a des soucis (L'auteure mystère)

Visitez le blog d'où fut extraite (avec l'accord de l'auteure) la consigne du jour : ici

Ce matin, ma copine Eve n’était pas en grande forme. Il ne lui a pas fallu longtemps pour raconter ses déboires avec la maréchaussée et pour pleurer ses derniers points de permis qui sont en train de s’envoler.

ève

« Cette fois-ci, a-t-elle dit, je roulais tranquillement en ville en écoutant la radio, l’émission était passionnante. J’ai suivi machinalement la voiture qui tournait à droite. Et bingo ! Un doigt accusateur s’est tendu vers moi : j’avais grillé un feu rouge sans m’en apercevoir ! »

vous là-bas!

« Ce n’était pas le moment de discuter, le gendarme était là pour faire du chiffre et bien sûr, ma cause était encore une fois indéfendable. »

Dieu

« Sans compter qu’il était accompagné d’une escouade de jeunes recrues en formation. J’étais le cobaye idéal : il a pu leur montrer comment ne pas se laisser influencer par les soupirs et les excuses d’une femme désolée de s’être fait prendre la main dans le sac… »

jeunes recrues en formation

« Pendant qu’il me verbalisait, des jeunes gendarmes bien trop z’ailés s’entraînaient à arrêter tout ce qui roulait. Tu aurais vu le massacre ! «

les zélés

Je n’ai pas pu m’empêcher de dire à Eve qu’elle devait bien regretter le Paradis. « Bof, m’a-t-elle répondu, au contraire, cela m’a plutôt rappelé comment on s’en est fait virer. »

« D’abord ce que tout le monde a oublié, au Paradis tout était interdit. Dieu avait tellement peur qu’on prenne sa place ou qu’on fasse des saletés qu’il nous surveillait sans cesse. Et puis un jour avec Adam on s’est fait coincer bêtement pour une histoire de poire ou de banane, je ne sais plus. »

surveillance divine

« Il faut dire qu’on n’a pas fait très fort ce jour-là : Adam a prétendu mordicus que c’était de ma faute »

Adam accuse Eve

« Et moi, j’en ai rajouté dans la mauvaise foi, j’ai dit que c’était celle du serpent. »

Eve accuse le serpent

« Bonjour la solidarité ! » j’ai dit trop vite, et je me suis reprise aussitôt.  « Excuse-moi Eve, ça m’a échappé. »

c'est pas moi

Eve a repris : « Tu peux le dire. Nous avons été minables sur ce coup. Et un crétin qui passait par là en a profité pour garder un souvenir de cette scène lamentable, et tu connais la suite, on en a fait tout un plat. »

Dieu réprimandant Adam et Eve

Je ne savais plus quoi dire à ma copine pour lui remonter le moral. Je n’ai rien trouvé d’autre que lui demander combien de points elle avait encore perdu : 4 points ! Et il ne lui en reste que 2 petits…

Le tableau se trouve au Musée de Grenoble. Il est dû à Domenico Zampieri dit le Dominiquin (vers 1623) et s’appelle Dieu réprimandant Adam et Eve.

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Sélection de la raideur des gestes (Zigmund)


Extraite  du journal l'Epique,  voici une illustration de la règle du pénalty au foot. Le célèbre arbitre Papistak  entouré de ses juges de touche et de quelques déviants     du samedi  indique qu'il y a eu main.
Joe Karpov, le célèbre joueur venu  du froid, proteste de son innocence  en signalant que Poupoune, la joueuse de l'équipe adverse a tendu la main vers sa feuille de vigne de façon     à provoquer la faute.(et pas que...)
L'arbitre s'exclame : « inutile ! me suis déjà fait avoir pour une autre main célèbre... veux pas le savoir, y'a  eu main, y'a peno...
Apéro ? c'est pas l'heure, pense le goal sourd déguisé en cheval qui observe la scène.
Poupoune, (à peine sortie d'un séjour en cave d'où son teint pâlot)     scandalisée signale qu'en la bousculant, Joe a bien failli la faire tomber sur un serpent , d'ailleurs que fait ce serpent sur un terrain de foot ? et il est où le ballon maintenant ?
Çà suffit,c'est moi qui ai confisqué le ballon, râle Papistak, je vous préviens, le prochain coup c'est direct la mise à l'index !Dieu_r_primandant_Adam_et_Eve

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Défi 89 (Anthom)

les zélés


Devant la Cour en ces lieux réunie,
Afin de juger une affaire inouïe,


vous là-bas!


Le Président, lentement, se redressa
Et ces mots prononça:
"Accusée, levez-vous!
Vous devez affronter vos actes debout!"

les zélés

Le procureur déjà s'enflammant
S'écriait: "Voyez ces innocents…
A peine leurs yeux ouverts à la vie
Dans l'obscurité d'un congélateur
Ils furent plongés! Quelle horreur!
Ce sont là âmes qui gagnent le Paradis!


ève


L'Avocat de la défense
Avait tâche bien difficile, je pense!
"Mesdames, messieurs les jurés,
regardez cette femme bouleversée,
cette créature fragile et désemparée!


Eve accuse le serpent


C'est le diable, par sa faiblesse attiré,
qui lui souffla ce déni! Oui, le Diable!
C'est une société toute entière coupable
Qui, au crime, l'a acculée!


Dieu


Mais, alors que, du début jusqu'au soir,
Les débats entre experts
Enflammaient le prétoire
Le Président s'adressa au mari:
"Deux... n'étiez-vous pas deux, dans cette affaire ?
Pourquoi jamais n'avoir rien dit?"


Adam accuse Eve


Et le mari, fort gêné, prenant une mine lasse:
"Que vouliez-vous que j'y fasse?
Comment aurais-je pu comprendre
Et savoir à quoi m'attendre?
......................................
Mon épouse, de tout temps, fut fort enveloppée,
Hélas! Cette fois-là, encore,
-J'en resterai accablé de remords-
Ses formes opulentes m'ont berné!"


c'est pas moi

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Attraction (Moon)

 

   Elle lui tendit la pomme qu'elle venait de cueillir sur l'arbre défendu dont les fruits accrochaient les rayons du soleil.

   Il allait la saisir quand il porta une main à sa poitrine, brusquement. Une douleur vive écrasait son cœur et hachait son souffle. Eve lâcha le fruit qui roula sous un buisson d'aubépine. Elle se précipita vers Adam.

   " Encore une de ses crises d'angoisse, pensait-elle. C'est tout de même la troisième de la semaine, il faut absolument qu'on trouve ces clés... "

En effet, Adam supportait mal de devoir avouer à Dieu, quand il rentrerait, qu'ils avaient égaré les clés du Paradis. Il les leur avait confiées avec un sourire empreint de sa bonté habituelle, en leur disant :

   -  Voilà, pendant quinze jours vous serez les maitres ici ! Nous partons tous visiter un de nos chantiers. Je vous confie la boutique, vous fermerez derrière moi.

    -  Attention au pommier, avait-il ajouté de loin, sans que le moindre doute n'ait l'air de troubler sa confiance éclairée.


   Ils avaient tourné les sept clés dans les sept serrures et avaient attaché le trousseau à la queue d'une créature bondissante qui passait par là... pour rire, juste pour entendre le bruit et suivre sa réaction. Elle avait d'ailleurs été vive la réaction ! La bestiole avait sauté un peu plus haut, un peu plus loin et, en quelques bonds, avait disparu.

   Depuis, ils avaient exploré le moindre recoin, retrouvé  la bête qui n'avait plus rien sur la queue, un peu déplumée par ailleurs, et qui ignorait le moment et l'endroit où elle avait perdu son trophée. Vexée par cette plaisanterie puérile, elle ne se montrait  guère coopérative.

 

   Dès le premier soir Adam eut sa première crise. Il pâlit et s'écroula. Eve dut trouver une méthode pour lui redonner vie. Elle en essaya plusieurs mais la seule qui se montra efficace consistait en quelques contacts assez vifs de la paume de sa main sur les joues de son compagnon, ce qu'elle trouva amusant.  Il ouvrit un œil , puis l'autre et exprima sa surprise concernant la situation. Il ne se souvenait plus de rien. Eve retraça l'histoire en quelques mots mais le soir tombé interrompit les recherches.

 

   La deuxième crise eut lieu après l'inspection minutieuse par les rampants de chaque brin d'herbe, et plaque de mousse, par les volants  de chaque arbre et colline, par les nageants de chaque ruisseau et lac, bref de chaque parcelle du Paradis par les créatures vivantes qui avaient toutes été mises en alerte et avaient gentiment offert leur aide.

Le plaisir qu'Eve prenait à expérimenter  les méthodes de réanimation fut alors terni par l'inquiétude qu'elle commençait à partager avec Adam. Elle ne se faisait pas vraiment de souci pour Dieu et les anges -ce n'était pas une porte qui allait les arrêter - mais l'événement n'allait-il pas entamer la confiance inconditionnelle que Dieu leur accordait ?

 

   Ils avaient ensuite attendu, impuissants, jusqu'à ce moment où Eve, pour tenter de distraire Adam de sa morosité avait eu l'idée de tester l'arbre défendu...

La connaissance qu'apportaient ses fruits ( Dieu leur avait expliqué qu'elle rendait les choses et les phénomènes comme transparents ) ne leur permettrait-elle pas de retrouver les clés ?

 

   Elle réussit à rattraper Adam avant qu'il ne touche le sol et lui caressa délicatement le visage, ayant oublié toute autre méthode. Ils en étaient là quand une clé tourna dans la première serrure, puis dans la suivante, et ainsi de suite jusqu'à ce que Dieu apparaisse, un pansement sur son beau front ridé. Il avait le trousseau à la main.

 

   -  Mes enfants, mes pauvres enfants... J'étais sur une nouvelle planète en train de mettre au point un mélange de gaz et j'utilisais comme d'habitude ma grande pince toute puissante quand un objet m'est tombé dessus. Gabriel l'a ramassé : c'étaient les clés du Paradis !

Il m'a soigné et nous sommes vite rentrés. Je crois qu'il s'en est fallu de peu que vous ne commettiez une bêtise irréparable...

   -  Mon Dieu, attendez, je vais tout vous expliquer, bafouilla Adam.

  Dieu -  Non mon fils, tout est de ma faute ! Sur ma pince, j'expérimentais un nouvel aimant qui devait faire en sorte que tous les êtres animés soient attirés par moi, enfin, vous voyez ? intéressés par moi... Ce n'est pas très concluant puisque seule les clés ont répondu à l'appel, mais un jour, j'y arriverai !"

 

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Le doigt dans l’œil de l’histoire (Caro Carito)

Le doigt dans l’œil de l’histoire.

le_doigtAu commencement : 

Le doigt de Dieu n’a jamais pu être fiché car, malgré une publicité ininterrompue à travers l’Ancien Testament, les tables de la loi sont restées introuvables jusqu’à ce jour. Cette empreinte digitale fameuse n’a donc pas laissé de trace. D’aucuns ont voulu se faire dieu à la place de Dieu et en ont profité pour mettre à l’index les bouquins qui pressentaient le roussi.

Epoque romaine : pouce

De la difficulté du gladiateur à terre, les yeux plein de poussière, à estimer la positioncommode du pouce impérial. Alors une devinette : vous choisissez quoi, haut ou bas, pour avoir la vie sauve ? Ou murmurerez-vous pouce …

Epoque victorienne : le petit doigt

En l’air. Avec un thé Darjeeling, un nuage de lait accompagné de deux scones. tea_in_art_mary_cassat_afternoon_teaEt vous pourrez dire à votre voisine :   mon petit doigt m’a dit que… Victoria n’est pas avec nous parce qu’elle devait absolument trouver des rideaux pour le petit salon. Il est vrai qu’elle a des doigts de fée. Enfin, il faudrait surtout interroger son jardinier ; il travaille autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des communs si mes sources sont bonnes. Entre nous, espérons qu’elle ne s’en mordra pas les doigts.

Epoque révolutionnaire:

La bague au doigt….. Une coutume du fond des âges au contraire de la dinde ou duPèreles_dalton_se_marient Noël. Avec de timides évolutions. La main droite est devenue parfois la main gauche, y on été inscrits des graffitis verso ou des diamants recto, tous deux gages d’éternité. Néanmoins, il a été enfin possible de s’en séparer à la révolution quand les divorces ont eu droit à leur registre. … la corde au cou contre la carmagnole et la guillotine.

Epoque contemporaine :

On le dégaine pour un oui ou pour un non. Il s’élève droit comme un i au détour d’un feu orangé, d’un propos hargneux. Quoi ! Il faut que je vous fasse un dessin. A tout âge, sans le mondre respect, le moindre honneur, il a autorité pour vous insulter: le majeur.

Et en 2010 ? Vous méconnaissez la tendance ! sachez que le combat de pouces est totally hype.

http://burkiblog.blog.canalplus.fr/archive/2010/01/12/la-chronique-du-mardi-12-janvier.html


Résumé : Après s’être décrotté le nez avec l’index et l’oreille avec le petit doigt, Marcel se tourna les pouces. Marcel, c’est pas le genre à boire sa kro avec le petit doigt en l’air non. Croisez les doigts et il vous autorisera peut être à partager le même rade. Vous échangerez quelques brèves de comptoir. Deviendraient potes, unis comme les deux doigts de la main, l’alcool aidant et si vous ne lui mettez pas les cornes. Mais ne vous fourrez pas le doigt dans l’œil, en cas d’embrouille, il ne lèvera pas le petit doigt pour vous. Au contraire, seul le majeur s’élèvera au cas où vous lui demanderiez un petit coup de pouce. Mais si vous levez le coude, avec les autres habitués, vous serez unis comme les cinq doigts de la main et le taulier sortira de derrière le bar un ring de pouces.

ring_pour_combats_de_doigts

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Tableau (Martine27)

Mademoiselle Eve a décidé de traîner aujourd'hui sa classe dans un musée. On ne peut pas dire que les enfants sont follement enthousiastes, encore que louper les leçons de grammaire et de calcul ne soit pas négligeable. Ils errent dans les allées jusqu'à ce qu'ils tombent sur un tableau qui porte le nom de leur institutrice (pardon professeure des écoles). Eve, c'est écrit en toutes lettres.

Les élèves jettent quelques regards en coin à Mademoiselle Eve mais comme elle semble ravie qu'ils s'intéressent enfin à quelque chose, elle les incite à donner leur avis sur le tableau.

Voilà une erreur qu'elle ne répètera pas, mais la pauvrette débarque et elle est encore pleine d'illusions sur les bambins.

A ses "Que pensez-vous de ce tableau ?", les réponses se mettent fuser et la laissent fort déroutée.

"Euuuuh, t'as vu, y a un ange qui montre du doigt, moi j'ai pas le droit !"

"C'est un ange ça"

"Ben oui, il a des ailes"

"C'est des anges aussi les machins beurk ?"

"Quels machins beurk ?"

"Ben les têtes avec des ailes, c'est moche non ? Et pis ça existe pas ! Ca existe les anges ?"

"A ton avis, il est où le reste de leur corps ?"

"Et comment ils font pour faire pipi et caca ?"

"Et les anges par où ils passent leurs ailes, tu crois qu'il y a des trous dans leurs sacs à patates ?"

"Mon papa en voiture, c'est pas le doigt du monsieur qu'il montre, c'est celui du milieu !"

"Et pis t'as vu y a des gamins avec lui, y en a même des tout nus et c'est que des garçons ! Pourquoi y a pas de filles d'abord ?"

"Ouais, j'ai vu, c'est sûrement ce que mes parents appellent un péquelquechose, paraît que c'est mal ce qu'ils font"

"Ils font quoi les péquelquechose ?"

"Ben il y en a qui n'aiment que les enfants, d'autres qui n'aiment que les garçons et même certains les deux en même temps ! Mais c'est pas les mêmes pé"

"Ah et c'est pas bien ?"

"Chais pas, mes parents ont pas voulu me dire, mais il paraît qu'il y a des péquelquechose pas gênants et d'autres, les pébidules on va dire vraiment beurk, va savoir !"

"C'est marrant le hamac volant dans lequel ils sont, comment ça peut voler ce truc là ?"

"C'est sûrement en rapport avec la grativité !"

"C'est quoi ça la grativité ?"

"Sais pas trop, c'est une histoire de pomme je crois"

"Je me demande bien pourquoi il est fâché, comment y mettent sous le tableau, à oui Dieu, et c'est quoi réprimandant ?"

"Tu sais les grands des fois c'est fâché tu sais même pas pourquoi et puis à voir sa tête c'est sûrement un mot cochon réprimandant ! En tout cas ça plait pas au lion et le cheval il se marre !"

"Eh, t'as vu la tronche à Adam !"

"Et son slip de bain il est drôlement moche, je suis sûr qu'à la piscine ils en voudraient pas"

"Pourquoi il montre la dame ?"

"A mon avis, c'est un cafteur, y a qu'à voir sa tête ! Il doit dire au barbu que tout il est de sa faute à la dame !"

"Qu'est ce qu'elle a fait comme bêtise à ton avis pour qu'il soit pas content Dieu ?"

"Chais pas, elle montre le serpent, peut-être qu'elle a voulu lui faire un câlin et que ça a pas plu à Dieu"

"Et alors, c'est sympa les serpents, j'en ai vu au cirque qui jouaient avec une dame"

"Ca mord paraît"

"Seulement si tu l'embêtes sûrement, mais je trouve que c'est super beau"

"Ouais peut-être, en tout cas Dieu il a l'air drôlement en pétard, on dirait Papa quand ma grande sœur elle dit qu'elle sortir avec son copain"

"C'est du grand n'importe quoi les grands de toute manière !"

"Moi, je trouve que notre Mademoiselle Eve à nous elle est drôlement plus jolie que celle du tableau"

"Oui et en plus elle est habillée la nôtre, tu crois qu'elle est comme ça en dessous ?"

"Sais pas faudrait lui demander !"

Mademoiselle Eve, ayant viré au violet depuis déjà un bon moment, arrive péniblement à reprendre son souffle, se dit qu'elle va avoir beaucoup, mais alors beaucoup de choses à apprendre à ses jeunes élèves et les pousse vite, vite, vite vers la sortie sous le regard bienveillant et un tantinet goguenard du gardien de la salle qui en a déjà entendu bien d'autres !

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
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toute en rondeurs (rsylvie)

""toute en rondeurs" " par rsylvie

gui......nous fait songer à un autre et
c'est à partir de ce dernier que nous donnons notre texte.


A peine habillée d’un éventail joli, elle se promène la poitrine accueillante, se délectant de la chaleur de temps. Dévoilant à la ronde, toutes les générosités dont dame nature lui a fait offrande depuis la nuit des temps, elle s’amuse tout le jour et n’a que faire, d’une couture qui lâche ici ou là… d’un regard scandalisé ou d’un doigt accusateur

ganacheElle aime la vie et tous ses plaisirs. Et,
n’en déplaise aux langues de vipères.
Oui, elle est gironde et l'admet sans honte.
Belle époque que celle-ci, où la femme s’acceptait comme elle est.
Triste époque que la notre, où la femme n’accepte pas ce qu’elle est…

-ganache_au_chocolat« Pst. Tu crois ,qu’on t’as pas vu v’nir avec tes arabesques .

Se s’rait pas une façon de te dis culpabiliser ?

 Pour peu, tu vas nous filer l’adresse de ta pétition contre l’anorexie

qui se défile sur tous les podiums de la haute couture » !

 Non, PAS du tout !
enfin… juste un peu, le temps de reprendre un tranche de vie
et m’insurger contre notre époque. Où « la barbie de luxe »
n’a d’autre obsession que de s’affamer alors que tant d’autres
se contenteraient des miettes !

tatidani_leet ben nous v’la r’parti dans du rsylvieBIENpensant !
Moâ qui croyait qu’on allait parler volutes
et peintures aux couleurs jolies, courbures du trait…
En fait, même si t’aime pas cette couleur,
en vert s’eut été plus bucolique
 !

-"voilà... voilà ... j'arrive" :

tatidani_lePastorale
voyez comme cette femme est belle à
regarder.De la tête aux pieds, ses courbes
sont parfaites. Tout n'est que rondeurs pour la main
qui s'apprête à cueillir le fruit défendu.


 

-« Alors heureux » ?

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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