09 janvier 2010

Monsieur Gring (Oncle Dan)

Monsieur Gring est mort durant son transport à l’hôpital malgré une intervention particulièrement rapide du SAMU. Le cercle des joailliers lui offrira certainement un enterrement de première classe.

 

Le choc au carrefour avait été d’une violence inouïe.

 

Au point qu’il avait fallu désincarcérer les voleurs de la fourgonnette dans laquelle ils s’enfuyaient, pour les placer dans celle de la police et les incarcérer à nouveau. Pas de doute possible, le gang des braqueurs de bijouteries avait été appréhendé et démantelé, grâce à Monsieur Gring.

 

Pourtant, Monsieur Gring était dans son tort. Il n’avait pas respecté le feu rouge alors que les malfrats s’étaient montrés très respectueux du code de la route.

 

L’inspecteur Colombo qui avait du temps libre, sa femme étant en vacances, s’est demandé pourquoi Monsieur Gring, qui ignorait le casse de la place Vendôme, s’était jeté sur les fuyards pour stopper leur fuite.

 

L’enquête qu’il mena dans l’entourage de la victime lui fit découvrir un personnage au comportement assez bizarre.

 

Monsieur Gring avait la décontraction de quelqu’un qui est toujours en vacances. Généralement hilare, il était amateur de blagues assez crues et était toujours en forme.

 

Il se disait jardinier en prétendant avoir la main verte mais ne récoltait jamais les fruits et les légumes au bon moment.

 

D’une manière générale, Monsieur Gring était totalement insensible aux sentiments de ses congénères qu’il traitait tous d’extraterrestres et de martiens, et pour lui, Hulk était un homme comme les autres.

 

Enfin, il ne respectait jamais les feux rouges et il avait toujours pris sa carte verte pour un permis de conduire.

 

Oui, vraiment, Monsieur Gring était un drôle de personnage.

 

Constatant que depuis ses plus vertes années Monsieur Gring était resté un homme vert, toujours au vert, amateur d’histoires vertes et considérant tous ses congénères comme des petits hommes verts, Colombo demanda une autopsie qui permit de découvrir qu’il était atteint d’une maladie sans père ni mère.

 

Monsieur Gring voyait tout en vert.

 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :


VERS, PÂTURES, ÂGES (Tiniak)

1379419356.JPGEt, d'aussi loin que souhaitable
me rengaine un soupir
les mains bien à plat sur la table
je m'entends dire

Enfant, ce terrain gras souillait
du talon au genou - crottés
souliers, pantalons, manches !
les habits guindés du dimanche

Bonne Mère ! Tout ce vert !
Qué faire ! ...comment le ravoir ?
peste peste et bave au lavoir
gorge, battoir et vaste hanche
Fantine à sa lessive blanche

A bout de sente, fatigue
la prairie se fait garrigue

Garrigue, garrigou, garriguette
Chênes verts, genêts et bluettes
Jeunesse en génèse, amours fous
Garrigue, garriguette, garrigou

Fatchede, la mignonne
au cheveu court garçonne
un giron doux

A bout de souffle, castagne
la combe se fait montagne

Verts pâturages dominant
la vallée verte et rouge et or
qu'embrasse un fleuve à bras le corps
en lui promettant l'océan

Foutaises !
ironise un soleil de braise
enrubanné dans le ponant

A bout de rêve, un ciel
où frétille un battement d'ailes

En exil dans les Mascareignes
où j'aime autant que mon coeur saigne
L'oracle et l'Oiseau Vert se gardent
de connaître qui les regardent

La nuit qui vient m'est grand ouverte
Lève donc ton verre à ma perte

 

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un défi du samedi
[#88]

val_pix0.jpg

illustré d'après une photographie de Val Tilu

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

Vert ... ou blanc? (Val)

defi1

defi2

defi3

Posté par valecrit à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

Vert (Teb)

vert

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags :

vert, vert (Moon)

VERT

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :


Les yeux d’Elsa (Zigmund)

    1988

Déjà  deux ans que son bel amour avait fui pour d’autres bras.

Tout allait changer, à commencer par ses yeux : noisette,  comment attirer un mâle avec une couleur aussi   commune ?  Elle aurait bien échangé ses cheveux bruns contre une tignasse de blonde platine, mais c’est le genre de coup de tête difficile à assumer. Par contre, pour les yeux ,elle était privilégiée : via un  copain ophtalmo et une opticienne,  elle avait pu, quelque temps auparavant,  essayer les premières lentilles  « qui changent la couleur des yeux »  à un prix abordable.

Le résultat du premier test avait été  pitoyable  :  ces  lentilles-test d’un beau  bleu  ressemblaient, une fois installées sur la cornée,  à  un  vieux confetti percé d'un trou,  le regard était terne et artificiel, limite bovin.(prise de test !)

Mais la commerçante vient  de  recevoir une nouvelle fournée de lentilles,  et la sachant motivée,  lui propose un nouvel  essai.  Elle a renoncé au bleu rêvé, et accepté  le vert,  plus en accord avec la couleur noisette qui apparait  entre les  stries vertes  radiaires. OK pour essayer ces lentilles prototype sur un week end, à une condition : dès le lundi, matin,  telle  Cendrillon elle  devra les rendre dans  leur étui.

Fière de ses nouveaux yeux, Elsa  se rend  à un diner entre amis. Malgré ses clignements incessants,  personne ne remarque rien, même pas sa copine de toujours.

« Tu ne remarques donc  rien ? finit elle par lui demander », « non ! » dit la copine  après un regard plus soutenu…(zut !!! grrr !!) »

mes yeux ?... »

"tes yeux ?  ben quoi,  t’as raté ton maquillage ?! "(ayez des copines !)

Elsa avoue  alors son test  et  déclare qu’elle va sans doute s’offrir ces lentilles.

Tout le monde regarde de près  (c’est pas trop tôt !) et s’extasie.

Sauf un copain qui lance joyeusement cette petite perfidie : « ben moi je n’aimerais pas rencontrer une fille aux yeux verts  qui, le soir venu,  enlève ses lentilles …et pourquoi pas des faux seins pendant qu’on y est ? » (re-grrr !!)

Le lendemain, dernier jour du test,  Elsa erre seule  dans sa petite ville de province. Elle va encore réfléchir ….mais avant de rendre  l’étui elle veut au moins s’offrir des photos  d’identité d’elle avec ces yeux verts provisoires.  Or le seul photomaton de la ville se trouve à la gare* et pire, l’appareil couleur est en panne, le seul qui fonctionne dans toute la ville c’est le photomaton  noir et blanc. … enfer de damnation !

Verte de rage, Elsa est rentrée chez elle, a installé son appareil photo sur le pied  télescopique, réglé le retardateur , et tiré une pellicule (argentique-et couleur bien sûr) entière (36 poses) d’elle-même   avec  ses yeux verts  éphémères .. le lendemain matin, elle a rendu les cache noisettes dans leur étui...

*A la gare comme à la gare -of course)

cette histoire (vraie) est ancienne forcément puisque toutes les lentilles d'essai sont actuellement détruites, qu'elles sont proportionnellement  bien meilleur marché et bien sûr  à cette époque  la photo numérique n'est pas encore née.   

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

L'habit vert (MAP)

A l’Académie
cet après-midi
j’avais revêtu
comme il est prévu
mon bel habit vert
avec tous mes frères.

Nous devions œuvrer
au grand dictionnaire
à la lettre « P »
du mot « potager ».

Ce fut vite fait
car sans nous vanter
comment se tromper
sur un mot de choix
qui fait notre joie …

nous … les petits pois !

* * *

Projet0_Petits_pois

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags :

Un carnet vert (PHIL)

Il aurait pu arborer une autre couleur. Mais il était vert.

Ce carnet, je l’ai rangé dans un des alvéoles de mon sac photo. En compagnie d’un stylo bille orné de marguerites qu’une de mes filles m’avait offert. Ainsi serais-je en mesure de prendre des notes lors de mes déambulations. Ou de noter les idées qui me passeraient par la tête à la suite de telle ou telle impression, et qui voudraient bien s’organiser sous forme de textes. Je noterais seulement l’idée, quitte à rédiger le texte ultérieurement. Ou je rédigerais une note brève ou un poème directement sur le carnet. Tout était possible. Avec un carnet en poche, je me sentais en sécurité. Je me sentais habillé.

Un jour, plus tard, on m’a fait présent d’un sac photo plus pratique. Le carnet vert y a trouvé sa place, ainsi que le stylo aux marguerites.

La couverture verte du carnet vert a légèrement terni avec le temps. C’est un carnet qui a voyagé. Pas très loin, mais il a voyagé.

Le carnet vert est vierge. Je peux compter les pages. Elles sont toutes là. Vierges.

Le carnet vierge serait-il inutile ? Non. Il est une sorte d’assurance. Ou de vêtement. Il m’habille.

J’exagère, mais à peine. Toutes les pages du carnet sont vierges. Mais il en manque deux.

Ces deux pages, je les ai déchirées le même jour.

A Cognac.

Cela aurait pu être ailleurs. Mais c’était à Cognac. Je m’appropriais la ville tandis que ma fille passait un examen. Au lieu d’attendre bêtement. A un moment je me suis assis sur un banc, dans un jardin public, et j’ai voulu écrire sur la part des anges. Ça n’a pas réussi. J’ai déchiré la page.

Et puis j’ai voulu gloser sur une idiotie que j’avais lue sur un panneau d’affichage, devant la maison de la presse. Ça n’a pas réussi. J’ai déchiré la page.

Quelle était l’idiotie en question ? Hum. C’est quelque chose que j’aurais volontiers intitulé « poids et mesures ». Le panneau d’affichage disposé devant la maison de la presse vantait une feuille de chou que j’imaginais destinée à des lecteurs plus qu’à des lectrices, puisqu’on devait y découvrir le classement des 100 stars féminines les plus sexys, c’était le gros titre de la chose. Cela laissait augurer d’un contenu d’une grande richesse, voire d’une qualité rédactionnelle exceptionnelle. Il était d’ailleurs précisé en plus petit, à côté de la photo d’une pin-up quelconque, que la pin-up en question, une certaine Paris Hilton (je ne sais pas où les américains vont chercher leurs prénoms, mais quelle idée…), que je ne connaissais ni des lèvres ni des dents, comme disait Bérurier, s’y trouvait nue à 99,3%. Dans la revue. Dont je n’ai pas mémorisé le titre, ce qui est peut-être dommage. N’empêche que ça me plongeait dans un abîme de perplexité. Comment pouvait-elle être nue à 99,3% ? Comment avaient-ils mesuré ? En quoi pouvaient bien consister les 0,7% restant ?

Je me suis dit, tandis que j’arpentais les rues de Cognac, que ce serait idiot de noircir les pages de mon carnet avec de telles inepties. Comme je l’ai dit, j’ai donc déchiré la page et j’ai décidé de n’utiliser le carnet qu’à bon escient.

Je ne sais pas si l’escient était bon lorsque j’ai photographié le carnet vert.

Oui, je l’ai photographié.

J’aurais pu tout aussi bien photographier le stylo aux marguerites ou la sacoche photo elle-même. Mais non. J’ai préféré immortaliser le carnet vert.

Que pouvais-je donc faire d’une telle image ? S’étonnera-t-on. Et bien la réponse, la voici : je l’ai postée en conclusion d’un blogue défunt. Il suffisait au visiteur de cliquer sur l’image du carnet vert pour accéder au blogue naissant. Le titre de ce nouveau blogue ? Le carnet vert, évidemment.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :

Diners d'enfance (Papistache)

Maman n’entrait pas dans la cuisine : elle vivait dans la cuisine. Son tablier écossais noué dans le dos, elle présidait à la composition des repas. Certains soirs, elle sortait la poêle du placard sous l’évier.

Culottée, la poêle, comme chaudron du diable ! Une poêle en fer, pas en inox, en fer noirci à la flamme. Maman y laissait tomber, de son couteau, un fort copeau de margarine. La margarine Astra, conditionnée en cubes de 10 cm sur 10 cm. La flamme bleue du gaz sautait ; la margarine grésillait. Maman jetait les restes du repas de midi dans la graisse liquide ; parfois c’étaient des pâtes, des pommes de terre ou des carottes,  mais aussi, parfois, c’étaient des haricots. Ces haricots mis en conserve ou en saumure qui revenaient régulièrement sur la table.

Les haricots rissolaient. Sûrement Papa devait aimer les haricots saisis, ou Maman, ou mes sœurs, enfin quelqu’un, certainement. Cinq enfants ! Maman devait avoir vingt bras ! Il ne devait manquer que le vingt-et-unième pour touiller les haricots ou alors la poêle était-elle en cause. La tambouille attachait. Autant le petit Papistache se régalait des haricots cuits à l’eau et servis au déjeuner, autant sa langue et son palais se contractaient au contact des légumes desséchés, les bons soirs, charbonneux plus souvent.

Assez vite, il envisagea de terminer le plat à midi pour éviter qu’il en restât pour le dîner :
— Ils sont bien bons, tes haricots, Maman, je peux en avoir encore un peu ?
Regard dans la casserole :
— Non, mon grand, il en reste juste assez pour ce soir. Mange donc un morceau de pain si tu as encore faim.

De même qu’il était inconcevable de quitter la table en laissant un morceau de pain à côté de son assiette, chez nous, il était inenvisageable de vider le contenu de son assiette ailleurs que dans son estomac.

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Verre en vers verts (Captaine Lili)

Un verre de vers,

Ceux qu’on pêche à la ligne des mots

Dans le vert d’après l’hiver

Lorsque le jour se lève un peu plus tôt

Mieux qu’une émeraude, une pantoufle de vair,

Un verre de vers, ça offre tout :

Un belvédère,

Une forêt de bambou,

 

L’iode océan,

Un kiwi translucide,

L’âpreté sans l’acide,

Des roulades dans les champs

Un verre de vers à

L’herbe coupée

Parfumée,

Ca vaut une vodka, un marsala

C’est le trèfle dont

On rêve les quatre feuilles,

Un verre de vers, ça se cueille

Comme la chanson

Mentholée

D’une grenouille égarée

Dans une tasse de thé

Un peu fêlée

verre_en_vers_verts_signe

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :