19 décembre 2009

EPICERIE (Tiniak)

adoucis mon ennui
jolie fleur de souci
que mon rire jauni s'en dégrise

je mâche tes fleurons
mais garde, lumignons
tes boutons d'or à la chemise

ses griffes indomptées
viendront les dégraffer
aussi sauvagement je l'espère

que bientôt dans la chambre
aux vapeurs de gingembre
l'emporte la sienne atmosphère

échappée de l'aisselle
l'armoise citronnelle
m'appellera tout contre son sein

pour que d'autres rapines
dansant la capucine
s'éveillent au creux de nos mains

viendras-tu jolie môme
troubler de cardamome
ma longue marinade ?

ma pauvre calendule
observe la pendule
et craint pour ses pétales

quand tout mon gris sourire
finira de jaunir
je serai bien malade

que je n'aie de nouveau
saisi, coquelicot
ta bouche cardinale

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :


Journal (Val)

Jeudi 8 février

J’ai encore attendu tout l’après-midi pour rien, hier. Je n’ai pas vu Pimprenelle. Je suis dégoûté. La semaine va être longue… Si seulement j’habitais pas loin, je viendrais le week-end, mais là, c’est mort ! J’ai même pas envie de rentrer chez mes vieux demain soir. Si j’pouvais me faire coller samedi, je resterais à l’internat ce week-end. Je crois bien que le dimanche aprem on a une perm.

Vendredi 9 février

Pff, j’suis chez moi, comme un con. Il est con, ce pion. Y’a pas eu moyen… C’est pas faute d’avoir essayé, pourtant. C’est long, jusqu’à mercredi, bordel ! J’en peux plus, moi…

Dimanche 11 février

Bon, demain matin, déjà, retour au lycée, je me rapproche de là-bas c’est toujours ça! Faudra attendre mercredi, mais bon déjà je serai pas loin, c’est déjà mieux que d’être là, dans ma chambre, chez mes parents comme un pauvre crétin.

Lundi 12 février

Je crois bien que je vais redoubler. M’en fous. Y’a plus important dans la vie que le lycée. Comme Pimprenelle, par exemple… Comme je sais pas son nom je l’appelle Pimprenelle.
Allez, courage, mon gars ! Mercredi, c’est dans pas longtemps, t’as fait le plus long !

Mardi 13 février

Cette nuit, j’ai rêvé d’elle. C’était trop bien. J’étais tout près d’elle, et elle était toute nue comme quand je l’ai vue à sa fenêtre. Je lui croquais les seins et ça faisait ressortir ses tétons, comme deux petites amandes. Et elle, elle gémissait un peu. Et elle gloussait. J’avais envie de la manger. Dommage, ce con de surveillant m’a réveillé, c’était l’heure d’aller en cours. J’en ai ma claque, de ce bahut !

Mercredi 14 février

C’est la Saint Valentin et je suis comme un galérien. J’ai attendu tout l’aprèm pour rien. J’ai les boules ! Je l’ai pas vue !

Vendredi 16 février

Tous mes potes me disent de lâcher l’affaire avec cette fille que je connais même pas. J’y arrive pas. Depuis que je l’ai vue ma vie a changé.
Ce jour là, je fumais ma clope peinard, sur un banc au square (on se fait chier, le mercredi aprèm), et je l’ai vue à sa fenêtre. Elle était toute nue. Trop bonne…
J’en dors plus, j’fous plus rien en cours depuis que je l’ai vue. Faut que je la revoies ! Toutes les nuits je rêve que je suis sur le même banc, que je la vois nue, qu’elle me voit, qu’elle me fait signe de monter chez elle,  qu'elle attend que ça, cette cochonne. Moi, dans mon rêve,  j’hésite pas, je fonce, je monte les marches de son immeuble quatre à quatre et une fois arrivé dans sa chambre je la plaque contre le rebord de sa fenêtre et je lui crie des saloperies. Et la suite c’est schichimitorgasmique. Et dans mon rêve, elle aime ça et elle en redemande ! C'est trop bon!
Faut que je la revoies, purée ! Vivement mercredi, bon sang…c’est long !!!

Lundi 19 février


Si mercredi arrive pas plus vite que ça, j'pete un câble!

Message personnel : Pardon! Mouarf!

Posté par valecrit à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

En attendant Cannelle (Teb)

Ce matin là, le téléphone me réveille de très bon matin…

Une seule personne peut appeler si tôt !!!

Un coup d’œil à l’affichage de l’appelant confirme …

La Tante Cannelle…

La Tante Cannelle et son haleine de clou de girofle (elle a toujours une réparation dentaire sur le feu ;-))

La Tante Cannelle et les incontournables pains d’épices qu’elle cuisine à longueur d’année, à grand renfort d’anis étoilé, de muscade, et de cardamone …

La tante Cannelle et sa vieille 2CV couleur vanille …

2cv

La tante Cannelle et ses cheveux couleur paprika …

tatidani_letatiedani_le

Ail ail ail… La tante Cannelle !!!

La tante Cannelle et ses oignons aux pieds…

- Allo … je serai là à midi… J’emmène Poivrésel… mon Chihuahua…

ChihuahuaYorkieTwins

- J’amène un pain d’épices et… n’oublie pas que je suis allergique au laurier …

Ben, croyez moi si vous voulez… je suis restée sans voix…

Vite, un bon thé au gingembre pour me donner du courage en attendant la Tante Cannelle ;-))

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

Epices et attente (Captaine Lili)

Girofle, cannelle, gingembre

Sais-tu ?

Je me tue

A t’attendre

Gingembre, girofle, cannelle

Sais-tu ?

Je porte le tutu

Dans lequel tu me dis « belle »

Cannelle, gingembre, girofle

Sais-tu ?

Je suis perdue

Si tu me mofles*

Muscade, anis, vanille

Sais-tu ?

Les minutes émues

Se déshabillent

Vanille, muscade, anis

Sais-tu ?

Mon cœur est nu

Et au supplice

Anis, vanille, muscade

Sais-tu ?

Je suis têtue

Mais là, tu m’laisses en rade

Réglisse, pavot bleu, sésame doré

Sais-tu ?

J’ai cru

A tes excuses répétées


Sésame, réglisse, pavot bleu

Sais-tu ?

Y a un couteau aigu

À deux doigts de tes yeux

Pavot bleu, sésame, réglisse

Sais-tu ?

Si tu…

Je te lance un maléfice !

*mofler : verbe familier belge pour dire « recaler à un examen »… (J’espère que Walrus confirmera !)

epices_et_attente

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

Oh, n'arrivez pas trop vite... (Virgibri)

Cela ne date pas d’hier. Et ça ne cessera pas, je le sais, malgré mes airs désabusés, mes déceptions, et le reste.

Il y a longtemps, bien avant internet et sa simultanéité, il y avait les lettres. De vraies lettres. Les enveloppes étaient enluminées, les timbres vivaient leur vie colorée et gracieuse, l’écriture emplissait mon regard et donnait souffle à ses pages souvent parcheminées, de vélin délicat, de grenat, de curry ou d’une tonalité quelconque.

Et la magie opérait : pour une lettre envoyée, il y avait un retour. Je comptais les jours : deux voire trois pour la réception de ma missive, autant pour recevoir un écho splendide à mes bafouillages. Il fallait donc une semaine au minimum. Généralement, l’attente fébrile n’était jamais déçue.

J’avais beau savoir que rien n’arriverait avant huit jours, dès le lendemain du petit cliquetis de la boîte qui avait avalé ma production épistolaire, je guettais. Je savais que le facteur passait vers onze heures. Parfois, je descendais pour une quelconque raison nos quatre étages, et je m’armais de cette petite clef sur le trousseau, bien tenue dans la main, pour ouvrir la boîte aux lettres magique. Le moment le plus délicieux était celui où, plantée là, devant les casiers du hall, je voyais un pli épais dépasser de la fente. Ou celui où j’imaginais que la boîte était remplie de surprises.

Plusieurs de mes amis fonctionnaient sur le même mode. J’avais donc aussi des chances de croiser les courriers, et d’en recevoir un alors que je venais d’en poster un autre.

Parmi ces amis, il y avait une danseuse, une calligraphe, une photographe, des camarades de colonies de vacances, des amis Sénégalais, d’anciens professeurs… Une multitude de possibilités et de merveilles à découvrir.

Et je rêvais de recevoir une lettre d’amour, un courrier extraordinaire de quelqu’un que je ne connaitrais pas et qui me dirait comme il m’aime… Parce que, de toute façon, les lettres sont toujours des lettres d’amour.

Il y a eu cette fois où mon amie V. a dû se faire opérer du genou pendant les vacances d’été, en 1997. Je partais trois semaines travailler en tant qu’animatrice de colonie de vacances : je savais que je n’aurais pas le temps de lui écrire. Alors j’ai anticipé : j’ai créé environ quinze courriers à l’avance, sur lesquels j’avais fixé des post-it. Ma mère avait les dates auxquelles il fallait les envoyer. Une lettre tous les deux jours. Quand V. a émergé après l’anesthésie il y avait une pile de courriers sur son chevet.

Ou encore, quand j’ai passé l’Agrégation en dilettante, et que j’ai écrit une lettre sur une copie, au lieu de composer en dissertation…

Copie_agreg

Aujourd’hui, on estime qu’internet, c’est de la communication. Mais rien ne vaudra jamais le bonheur de l’écriture reconnue, l’attente fébrile avant d’ouvrir délicatement une enveloppe, le bruit du papier frotté contre les doigts impatients…


Je ne me vois pas imprimer mes mails ou mes sms, aussi beaux fussent-ils. J’ai gardé des dizaines de courriers au goût de cannelle dans des boîtes d’archives.

Parfois, bien plus rarement qu’autrefois, je me fends de ce qui est un effort au lieu d’être seulement un plaisir, et j’écris. Une amie a survécu à cela, même si nos échanges sont de plus en plus sporadiques.

J’écris pour être lue, pour donner et pour recevoir. Pourtant, je ne descends plus au courrier juste pour cela. J’allume mon ordinateur…

Mais ça ne cessera pas, je le sais, malgré mes airs désabusés, mes déceptions, et le reste.

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :


attendre et pisser (Poupoune)

Sûr que l’patron avait toutes les raisons d’être un peu fâché. C’est vrai qu’la moutarde lui était drôlement montée au nez après c’t’histoire où j’avais malencontreusement dessoudé son rejeton, mais j’trouvais qu’il exagérait quand même un peu. Déjà, j’le soupçonnais sérieusement de pas être mécontent que quelqu’un l’ait débarrassé d’ce boulet et puis bon, la sanction était un peu sévère. D’une c’était un boulot d’débutant, de deux la planque était pourrie et mal équipée… et par-dessus l’marché Lucien me tenait évidemment pour responsable, ce qui achevait de rendre l’attente carrément pénible.
Moi je faisais d’mon mieux pour qu’ce soit pas trop désagréable, mais les deux autres, là… Lucien, c’est bien simple, à part compter les heures il faisait tout avec la pire des mauvaises volontés. Evidemment, coincés là tous les trois dans cette bicoque crasseuse, avec la môme qui boudait carrément alors que j’étais aux p’tits oignons avec elle, c’était pas une sinécure… mais avec un tout p’tit effort de leur part ça aurait très bien pu être vivable. Ou quasi.
Pas marrante, la p’tite… Avec ses cheveux tout courts et sa tunique safran, elle ressemblait à un bonze, mais il suffisait qu’elle ouvre la bouche pour que l’impression de zen disparaisse. Si y avait pas potentiellement un max d’oseille au bout, j’la foutrais dehors vite fait. Ça calmerait aussi Lucien parce qu’avec tout ça il avait l’air en souci. J’me faisais p’t’êt’ des idées, mais j’jurerais qu’ses cheveux avaient viré poivre et sel sur ces trois derniers jours.
N’empêche que c’boulot, c’était l’sésame pour retrouver les bonnes grâces du patron alors j’avais pas l’intention d’le foirer. L’était bien loin, l’temps où on pouvait s’reposer sur nos lauriers. Là, on était attendus au tournant. Et pour corser l’affaire, pimenter un peu plus la situation, il avait paumé l’adresse, Lucien. Fallait quand même pas avoir grand-chose dans l’citron ! Et vu comme il était vissé, au lieu d’faire amande honorable en remuant ciel et terre pour la r’trouver il restait là à suçoter ses bâtons d’réglisse en ronchonnant dans un coin. Et c’est moi qui me colletais la gamine en essayant d’la faire causer. Le problème c’est qu’le patron nous avait piqué nos flingues pour pas qu’on la tue par mégarde, alors pour lui faire peur, j’ai dû m’débrouiller avec c’qui traînait là… mais à part un presse-ail et un balai achiote, y avait rien qui soit susceptible de l’effrayer, la môme. Autant attendre épicé dans un violon.
Du coup, je sentais qu’ça allait durer une éternité, parce qu’on n’avait même pas encore envoyé la demande de rançon.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

L'attente de Livreville (Joe Krapov)

091217_011Les murs du couloir ont la couleur du safran et tranchent avec le curcuma vieillot du sol. C’est ici, dans la solitude des nombres premiers, dans un sous-sol austère qui évoque « Brazil » que j’aligne des chiffres et compte les années. Car j’attends. J’attends de m’en aller.

Vous, les heures souterraines que j’ai passées ici, peut-être bien qu’un jour j’irai cracher sur vos tombes ou pas. Dans le conte de la brodeuse les aiguilles ne comptent pas. Lait noir ou Paris-Brest, il est de mauvais goût de juger l’en arrière, de cracher dans la soupe avec l’estomac plein.

Mes compagnons et moi nous sommes les veilleurs du Désert des Tartares. De Monsieur Hajtyla, ce grand homme dont je suis comme une ombre plus pâle, une éminence grise, je ne sais que penser. Je ne suis pas doué dans l’interprétation des meurtres et de le voir courir après les petits sous tout en riant sous cape de réduire les portefeuilles m’oblige à le ranger dans les membres du club des incorrigibles optimistes. Je le suis moi aussi mais d’une autre manière. Simplement, je ne scie pas la branche sur laquelle je m’asseois. Ou si, mais contraint et forcé.

La femme de midi assure la permanence quand je vais déjeuner. C’est Stella Monétoile « que serais-je sans toi ? ». Chez elle se marient le silence des abeilles et la peine du menuisier. Dans son bureau on liste les trésors, on diffuse les accès aux œuvres des hommes de science. Avec Mlle Ronchonchon qui oeuvre à côté au service des réseaux, elles forment le chœur des femmes.

091217_013Sur la porte de ma cage est affiché un bonobo. C’est mademoiselle Zell, une artiste de ma famille, qui m’a fait cadeau de cette photo. A l’intérieur de ma cellule j’ai punaisé Venise, l’Iowa, la Bretagne. Il y a des barreaux aux fenêtres. Ils ne veulent pas que je m’échappe. Alors j’attends.

Car dehors, tous les autres, c’est rien que des sales types, dans le genre échappé d’un récit de Poupoune ! Ici, nous on fait tout pour eux, on achète des revues sous forme électronique pour que les éditeurs monopolistiques deviennent toujours plus riches et que le vaste monde poursuive sa course folle vers le nulmérique à tous les étages. Or le mandarinat est un mal sans remède ! Bonjour tristesse des ingrats qui, reclus aux labos, obsédés du bouton à expérimenter ignorent désormais la politesse humaine. La peste soit de leurs humeurs égocentriques !

091217_020Voilà pourquoi j’attends, j’attends, j’attends toujours. Dans mon placard doré de moine bénédictin, j’attends le temps béni d’Entière Liberté. Le soir je suis heureux comme l’aigle échappé de gagner mon logis, d’y faire une cuisine pour deux énamourés empressés d’oublier la blessure et la soif. Sur la terre des affranchis nous nous régalons d’exotique. Le ciel de Bay city se couvre de genièvre et pimente nos vies. Ma « Cinnamon girl » et moi-même nous amusons comme des cardamomes de ces frichtis poivrés puis, tandis qu’elle lit le roman de l’été, je rejoins l’océan des blogueurs attentifs et j’enquête auprès d’eux qui dispensent à foison l’écume de leurs jours à propos de cette ville fameuse et inconnue de tous, Livreville.

091217_016J’attends aussi l’été pour explorer le monde et la localiser. Souvenez-vous de moi si vous la repérez. C’est une ville magique dont un poète un jour m’a parlé longuement. Le prédicateur soûl m’a décrit un îlot de folle contrebande que les aventuriers de la mer eux-mêmes ne peuvent localiser dans leur hiver indien. C’est un peu comme l’énigme du dragon tempête.

Les rues y ont des noms de titres de poèmes : rue de la Pêche à la baleine, avenue des Grenouilles qui demandent un roi, place du Coffret de santal, impasse du Recueillement, boulevard des Effarés.
Les boutiques ont des noms de titre de romans et l’homme se souvenait du restaurant « Mangez-le si vous voulez », de l’agence de voyage du « Jeu de l’ange », du café Sépharade. « Le sari vert » satisfait au bonheur des dames. « Le grand quoi », on y trouve tout et « La rafale des tambours » vend des instruments de musiques de tous pays et de tous styles. On trouve même des arbres à palabre chez l’Arabe du coin !

091217_021


Livreville ! Un jour je vais quitter le monde pour de bon. Lorsque j’aurai fini ce contrat de misère, quand je pourrai enfin vivre d’autres vies que la mienne, dès que j’aurai trouvé ce lieu paradisiaque, mon épouse et moi partirons pour n’en plus jamais revenir. En attendant, le samedi, nous allons écumer notre bibliothèque. Tout ce que nous en ramenons est encore ce qui s’approche le plus de la ville de nos rêves.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

La Bougie de l'Avent (Anthom)

Lorsque j'étais enfant les calendriers de l'Avent n'étaient pas encore à la mode, mais il y avait la "bougie de l'Avent" décorée de 24 chiffres et que l'on faisait brûler chaque jour pour se rapprocher un peu plus de Noël.
Sur la bougie que je vous offre, chaque chiffre illustre une épice ou un aromate...Décembre est déjà bien entamé et les quinze premiers ont déjà été consumés mais il reste les neuf derniers à découvrir:

Le 16 est d'un blanc pâle qui coule en larmes de cire: l'ACHE, douce, odorante, dite des marais, cette "plante de la lune" réconfortait les parents affligés en parfumant le festin funèbre antique.
Le 17 dégage une saveur anisée: les ombelles blanches odorantes et les feuilles à la dentelle arachnéenne de l'ANETH parfument le chemin ombragé qui mène à l'océan.
Le 18 révèle un arôme chaud et un peu camphré, celui de la CARDAMOME dont les médecins du Moyen Age parfumaient l'hypocras.
Le 19 a le parfum musqué des contes orientaux, c'est celui de la TRIGONNELLE qui stimule l'appétit et qui accompagnait les mets servis aux femmes du harem.
Le 20 colore la cire de la bougie d'un bleu ardoise ocellé de noir, le GENIEVRE dégage une senteur de résine, un peu sucrée. Il évoque la marinade corsée, le gibier qui mijote doucement et le pâté de lapin qui embaume la cuisine à sa sortie du four.
Le 21 a la couleur jaune intense du crocus dont il est tiré et dont il ne faut pas moins de soixante-six fleurs pour obtenir un gramme du luxueux SAFRAN.
Le 22 est d'un chaud brun rouge, celui de l'oriental GALANGA qui associe les arômes piquants du gingembre et du camphre à la douceur de la rose et de la cannelle.
Le 23 a la couleur éclatante de l'orange dans laquelle, Noël venant, on pique des CLOUS DE GIROFLE pour en faire une odorante pomme d'ambre.
Le dernier chiffre, le 24 est décoré d'une étoile ligneuse dont chaque branche renferme une perle orangée, la BADIANE décore joliment le pôt-pourri et dégage une douce fragance d'anis.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Faire refroidir (Moon)

Pas encore !

Mon doigt nappé de brun emmène encore quelques gouttes jusqu'au bord de tes lèvres gourmandes.

 

Mon enfant, attends !

 

Encore un petite heure et ce sera une belle pommade avec son goût subtil d'agrumes.

Ton doigt trempé fera un petit sillon sur la surface brillante...

 

Dans deux ou trois heures, tu pourras mieux faire une petite boule à rouler dans le cacao...

Elle fondra  à nouveau dans tes paumes tièdes et impatientes.

Mais ce sera tout le plaisir de lécher tes doigts maculés.

 

Demain, elle aura pris tout son velouté, souple et odorante et quand je napperai la bûche, tu viendras encore voir si tu peux tracer les lignes du bois à la fourchette et surtout s'il n'y a pas une pointe de couteau enrobée à mettre prudemment sur la langue, et peut-être une dernière framboise oubliée.

 

Tu n'arrives pas à retenir le mot bergamote mais le mot ganache, tu le sais depuis que tu as trois ans et tu attends Noël, cette année encore...

ganache


Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :

Puzzle (MAP)

   

Copie_de_Epices

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :