21 novembre 2009

Miroir aux alouettes (Oulipien)

Il me regardait au nez et à la barbe
A propos, ma barbe était de mauvais poil
Ma peau d'âne me grattait à fleur de peau
J'étais raide comme un passe-lacet, d'un calme olympien et laid comme un pou
Je lui lançai le coup de pied de l'âne : un « Toi même ! »
Regardant son nombril, il me faisait toujours la barbe
Mais maintenant ma barbe avait reprit du poil de la bête
N'ayant pas froid aux yeux, je fis l'âne pour avoir du son
Mais il faisait la fine bouche
Ayant compris que les yeux sont le miroir de l'âne, je fis demi-tour avec abandon
J'avais bon dos
Je me recouchai et ma barbe avait un poil dans la main
Mais on se regardait encore en chien de faïence
Je n'arrêtais pas de le regarder, en enculant les mouches
Je m'endormis alors ensuite sur mes lauriers
Mais voilà qu'il prit enfin mouche : il se moquait de moi en m'imitant
Au taquet, je me retrouvai face à lui d'un bond
Mais il ne bougeait pas d'un iota
La barbe !
Je ne croyais évidemment pas avoir eu la berlue
Je n'y avais vu que du bleu et avais l'air d'un âne bâté
Alors je fondis en larmes et pas lui, car
« le miroir est une glace qui ne fond pas, ce qui fond, c'est qui s'y mire »
(Paul Morand)


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Défi 81 (Joye)

Un miroir est un objet possédant une surface suffisamment polie...  - Wikipedia

Ah oui, moi, je suis poli, ce sont les autres qui m'agacent. Mais je commence par la fin, il vaudra mieux commencer par le commencement. Donc, je me présente : Rémi Oire, votre serviteur.

Ah, vous rigolez, vous aussi ! De vous, je m'attendais à mieux. Soupirs.

Mais bon, en dépit de tout, j'aime les gens. Ils sont impayables.

J'aime les tout petits bébés. Ça sent bon. J'aime les ados. Ils ne se croient pas mieux que moi. Les adultes, ça dépend. J'aime pas ceux qui affectent un air de supériorité, qui se croient trop élégants pour vous adresser la parole, ou qui répondent aux tutoiement en parlant de ne pas avoir gardé des cochons ensemble. Et pourtant, je pense que cela leur ferait le plus grand bien de voir un peu ce que c'est. Je les prends en grippe, ces ignares d'espèce de précieux. Pouah !

Mais j'aime surtout les scientifiques. Ils sont merveilleux. Ils me font jouer aux jeux. Qu'est-ce qu'on se marre lorsqu'on voit débarquer les scientifiques avec leurs manteaux blancs, leurs caméras, leurs portables. Et surtout, surtout, leurs bottes ridicules en caoutchouc. Terrible. Ahahahaha ! Une de mes copines - Fifine la Fine, on l'appelle - elle adore le goût de caoutchouc neuf. Dès qu'elle en flaire, elle mord ! Vous les verriez sauter dans l'air, ces savants, c'est à mourir de rire ! 

L'autre jour, on a rigolé comme pas possible. Une bande nombreuse est arrivée avec une grande glace. Et nous, on a fait comme si nous ne savions pas ce que c'était. François Truffo -  mon meilleur copain, on est copains comme des...on est de très bons copains - François a eu l'idée de l'attaquer, et donc, nous nous y sommes tous mis. Terrible ! Mais bon. on s'en est fatigués, après tout, tout passe, tout lasse, tout casse  - sauf les grands miroirs des scientifiques.

On a joué, c'était rigolo, mais après un moment, on a vu que les scientifiques voulaient autre chose, et nous, de bonne grâce, voulions bien jouer. On a tout de suite compris qu'ils voulaient jouer à cache-cache avec de la nourriture. Et ils se croyaient super futés :  ils ont mis des ventilateurs pour cacher l'odorat. Terrible ! Ils ne comprenaient pas bien que nous sommes des bestiaux curieux et hyperdoués pour l'odorat. Je n'ai pas pris le temps de leur expliquer que mon oncle Pierre Duroc est un des meilleurs truffiers de toute la France. Ils n'en auraient pas compris, ce sont des éthnocentristes éhontés. Mais bon, je divague...

Alors, comme je disais, ces scientifiques dans leurs bottes hilarantes cachaient de la bouffe, et l'on ne pouvait pas la voir, sauf dans le miroir. Or, comme nous sommes tous des bonnes pâtes, nous avons fait semblant de pouvoir repérer la bouffe en la zieutant dans leur stupide miroir. Quelqu'un aurait dû expliquer à ces érudits que l'oeil du cochon est presque de la même construction que celui des humains. Mais non, ils semblaient penser qu'ils avaient dégotté un truc super important, alors, on les laissait faire. Poilant !

Mais juste pour brouiller un tout petit leur piste, moi, j'ai décidé de faire preuve de mon intelligence supérieure. Au lieu de me ruer sur leurs Friskies-Cochon avec mes camarades, moi, j'ai regardé derrière la glace.

Juste au cas où.  Avec les scientifiques, on ne sait jamais.

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Et pour en savoir davantage, cliquez ici...


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Narcisse, Alter et Go (vegas sur sarthe)

Après avoir méticuleusement soigné son appât rance, Narcisse repousse un peu plus loin le bouchon sur le ruban miroitant du fleuve en se focalisant sur ses vibrations; il y a forcément du poisson sous la surface trop polie pour être nette!
Narcisse fredonne pour s'offrir du courage: "Allez brillez Mirror, vous asseoir à ma table. Il fait si froid dehors que je claque de dent..."
C'est vrai qu'il caille, un froid à faire pâlir un Berthillon et qui le glace jusqu'aux eaux, mais il résiste en verre et contre toux, parce qu'il le vaut bien.
"Psyché.. Psyché.. Psyché!" Le nez aux nues dans l'éther il éternue, par trois fois risquant malgré sa raideur et comme Vercingetorix de perdre sa gaule.
L'autre jour il avait même failli emmêler la ligne de partage des eaux sous le regard courroucé des Dieux :" Si tu nous brouille l'écoute, Narcisse... tu subiras cette contrepètrie".
Malgré la rime, il ne peut rentrer bredouille (sans poichon, point de chalut) alors que la partie s'éternise, longue comme un jour sans tain. 
Si ce froid mortel continue, à ne pas mettre un Conti nu, avant longtemps il laissera sa peau sur la berge et sans ses gants il gamberge: "on écrira plus tard ci-gît Narcisse, Reflets éternels".
Pourquoi gésir quand il serait si bien au chaud à vivre sa vie par procuration devant son poste de rétrovision, à regarder le patinage... Nelson et chandelle-au-rôt, ou à feuilleter son télescope.
Mais les Dieux, dans leur sagesse lui ôtent bien vite cette envie: "Méfie toi Narcisse, du miroir aux alouettes, tu finiras Desperate, gavé de cacahuètes!"
Narcisse se résigne, trépigne sur sa ligne, guettant le moindre signe... mais pourquoi tant de igne?
Et s'il baisse les bras d'autres viendront à sa place, les Dieux l'ont tonné d'une voix forte: "Qui va à la pêche perd son esche..." et la montagne glacée a renvoyé: "...et se retrouve avant leurre dans la dèche".
Narcisse en tombe sur sa berge, à une lettre près d'une catastrophe: d'habitude le glacier des Beaux Sons est plus futé dans ses renvois... Echo serait-elle devenue dure de la feuille? 
Grec bien avant Nikos, Narcisse en connait un rayon et n'a qu'un but dans la vie, aller se faire voir chez les siens.
Au diable le bouchon, la gaule et les poissons,
à quoi sert un beau nez transformé en glaçon?

Mais pour mieux réfléchir il faut d'abord fléchir...
c'est ce que fait la gaule traînée par un silure
entraînant le pêcheur et sa triste figure.
O fleuve, o beau miroir, veux-tu bien m'affranchir?
Est-ce moi le plus beau, malgré mes engelures?
Désolé Narcissus, c'est encore le silure.
Vaincu par un poisson, il disparait sous l'eau
dans le reflet béant de son alter-ego.

* Petit jeu: trouver la quinzaine de mots (parfois déformés) évoquant le thème du miroir *

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Ben quoi ? (Walrus)

Je réfléchis...

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14 novembre 2009

Consigne #81

Nous sommes redevables de la consigne* de la semaine à notre ami Zigmund :


MIROIR

envoyez vos textes à samedidefi@hotmail.fr



*Elle nous a plu dans sa sobriété et dans son pouvoir évocateur ; attendez-vous à en retrouver d'autres de sa plume, l'ami a été prolixe. Vous aussi vous souhaiteriez défier la communauté ? N'hésitez pas, envoyez vos suggestions (vous connaissez l'adresse ! ).

Posté par Old_Papistache à 17:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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