31 juillet 2010

She's Not There (Joye)

N° 8 Consigne de Kloelle

Vous voulez bien me raconter ce que vous feriez de surprenant ou de défendu si d'un coup de baguette magique je vous rendais invisible l'espace d'une petite heure


Ce pauvre St-Exup' l'avait un peu à l'envers : l'invisible est essentiel pour le coeur. Essentiel et invisible comme la pensée, invisible comme l'inspiration, invisible comme la bonté, l'amabilité, l'intelligence et encore.

Si j'étais invisible pour une petite heure, je prendrais une minute pour aller faire des chatouilles avec leurs propres plumes aux grands rigolos qui m'épatent ;

j'en prendrais une pour aller faire siffler le vent, trembler les ombres, et d'autres menaces sinistres pour inspirer les auteurs d'experts frissons littéraires ;

j'en prendrais une aussi pour filer chuchoter des idées aux oreilles des grands nounours qui essaient de se faire passer pour des ogres;

j'en prendrais une autre pour m'envoler et écouter les artistes qui fredonnent des mélodies, tout en mariant leurs jolis mots aux belles images ;

j'en prendrais une autre pour causer aux pinceaux des artistes qui peignent et dessinent comme des anges, et pour danser sur les clavier de ceux qui écrivent ainsi ;

Les autres minutes d'invisibilité, je les garderais pour d'autres plaisirs inespérés : passer plus facilement à l'aéroport en prenant de grosses bouteilles de liquides et de crèmes ; ne pas faire la queue ; admirer silencieusement l'enfant qui dort ; faire un bisou à mon papa qui est,  lui aussi, invisible...

Et puis je reprendrais ma forme et j'attendrais gentiment qu'on me dise « Ah tiens, te voici, amie Joye, qu'est-ce que nous sommes contents de te revoir ! »

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24 juillet 2010

consignes 8 - INVISIBLE‏ (rsylvie)

« pour mes filles chéries… ou ce que mère dit »

Je viens juste de croiser son regard, que tout m’est revenu en mémoire. J’avais été ensorcelé !

Ou plutôt non, j’avais été victime des menaces de ma mère !

Tu verras un jour, à force de faire des grimaces… un courant d’air et tu resteras ainsi » !

Ce jour-là, avec mon frère nous étions en peine d’idée. C’était un bel après-midi d’été. Tandis que nos parents et voisins étaient aux champs à préparer le matériel pour la journée de moisson du lendemain. Mon cadet d’à peine 2 ans de moins que moi, était venu me chercher, pour qu’ensemble, nous allions passer le temps au bord de l’Orne. Petite rivière qui coule au bas de la location de mes parents. Exploitants agricoles qui travaillaient dure afin de nourrir leur famille et pouvoir payer le fermage de l’humble cabane qui nous servait de logis.

Nos sandalettes en bandoulière autour du coup, assis sur un rocher, nous étions là à regarder passer des bancs de fritures argentées, quand je vis mon reflet dans le miroir bleuté de l’onde fraîche du courant. Mon visage, puis celui d’Arthur qui s’amusait à singer les poissons multicolores. Il avait mis ses mains en forme de nageoires derrière ses oreilles, tout en formant des va et vient rapides, la bouche comme un O, l’œil fixe…. Il mimait la carpe au fil de l’eau.

Je décidais de l’accompagner dans le jeu, et me mis à mimer une mouche. Une bien vivace, qui attirerait le regard du poisson, et l’inciterait, d’un bon, à sortir de l’eau pour l’avaler en plein vol. Accroupi sur le gros cailloux, je me hissais sur la pointe des pieds pour feindre l’envol de l’insecte. Les 2 bras recroquevillés sous les aisselles, je fixais mon frère du regard, caricaturant à merveille l’air absent de l’animal. Quand Eole amusé par nos grimaces, pouffa de rire avec tant de décontraction que les peupliers non loin de là, se mirent à danser sans que je n’y prenne garde.

De retour à la maison, je me dirigeais vers le grand évier blanc qui nous servait tout autant de lavoir que de bac pour la toilette, afin de me nettoyer les mains et rincer le visage avant de passer à table, quand j’eux le sentiment que quelque chose d’étrange était entrain de m’arriver. L’eau glissait au travers de mes doigts, que j’avais pourtant mis en croix les uns sur les autres, afin de faire un petit récipient dans lequel j’aurais trempé ma bouche. Seulement voilà, l’eau ne voulait pas y rester.

Aussi surprenant, quand je me suis approché de la table pour m’y asseoir en essayant d’enjamber la bancelle. Impossible de passer, il n’y avait pas de place sur le  banc. Et pire que tout, personne ne bougeait afin de m’aider. Je jouais des coudes, hurlais à qui voulait m’entendre… rien !

… Rien serait mentir, car je sentis comme une violente tape me frôler le ventre que j’en perdis l’équilibre et me retrouvais les 4 fers en l’air, à même la terre battue. Surpris, j’essayais à nouveau de m’approcher de la table, quand j’entendis la grosse voix de mon père vociférer, qu’une fois de plus j’étais en retard pour le souper, mais que cette fois-ci était bien la dernière. Car, j’allais recevoir une telle correction, que jamais plus je ne serais en retard pour le repas du soir !

-« Mais je suis là….. Hé le père, regardes donc par ici, je suis là » ! criais-je. Seulement personne ne semblait entendre mes cris désespérés. Pas un regard vers moi, pas un mouvement en ma direction… l’assistance se comportait comme si je n’existais pas.

Droit comme un I, les deux bras sur les hanches j’hurlais un « nom de dieu, j’suis tout d’même là…. devant vous…. Hé ! regardez-moi » ! Seul le bruit des cuillères dans les bols de soupe faisait résonance à mon appel.

.

I N V I S I B L E…. j’étais devenu invisible aux regards des autres. Mais qu’avait-il bien pu

se passer pour que je devienne imperceptible aux yeux des membres de ma famille ?Je me posais encore la question quand je m’aperçus de l’étrangeté d’être en équilibre sur la corniche de l’unique meuble de la pièce. Effectivement, j’avais bel et bien les 4 pattes ventousées sur le vaisselier. Et le plus drôle dans tout cela, c’est que je n’en ressentais aucun désagrément. Comme si cela m’était naturel, j’allais et venais d’un coin de la pièce à l’autre. Tel un funambule, j’avançais gracieusement d’une étagère à l’autre, d’un rabat du meuble à l’anneau du tiroir, avec une aisance qui aurait certainement fait plaisir à notre professeur d’éducation physique. Ce n’est qu’une fois sur pausé sur le revers du col de chemise de mon frère que j’eux un sursaut d’inquiétude. Un coup d’œil dessous, un coup d’œil derrière, j’étais une mouche ! Microscopique, parmi la cohorte d’insectes qui envahissent nos pièces en ces périodes de grande chaleur, je n’étais ni plus ni moins qu’un parasite bon à écraser d’un revers de main !

 Il me fallait alors redoubler de prudence et faire preuve d’une grande intelligence pour esquiver toutes tentatives malines n’ayant pour but que la destruction massive de toutes bestioles volantes, quelque soit leurs liens de parenté. Un coup d’aile à gauche, un coup d’aile à droite…. pas si simple tout de même. Surtout l’atterrissage... qui se doit d’être en douceur, si on ne veut pas attirer l’attention du prédateur. Quelques envolées plus tard, je suis devenu excellent au jeu du « manqué… encore raté… »

Je m’amuse tant, à taquiner mes frères d’une caresse d’aile chatouilleuse, que j’en oublie mon peu d’expérience et fonce droit sur le nez de ma mère. Qui, d'un revers de la main, esquive le projectile et me projette vers la fenêtre. Rétablissant la trajectoire après multiples roulés boulés, je viens juste de croiser son regard, que tout m’est revenu en mémoire. J’avais été ensorcelé ! Ou plutôt non, j’avais été victime des menaces de ma mère !

 tu verras un jour, à force de faire des grimaces.... un courant d'aire, et tu resteras ainsi !

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17 juillet 2010

trichette (Poupoune)

J’ai essayé de sous-traiter un peu, cette semaine, en soumettant à ma fille une consigne qui me paraissait à sa portée. « Chérie, dis-moi… qu’est-ce que tu ferais, si tu étais invisible ? ». Sa réponse a été immédiate : « Je ferais comme d’habitude, mais sauf invisible ».

Voilà.

Autant dire que ce soir, elle dort à la cave.

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L’inconnu(e) (défi #8) (Vanina)

Elle avait toujours tout fait pour essayer de passer inaperçue, être comme tout le monde, se noyer dans la masse, évoluer sans attirer l’attention, mais la vie en avait décidé autrement. Elle avait sans le vouloir un brin de fantaisie, une originalité innée qui la rendait remarquable malgré elle. De plus, elle était rousse flamboyante et sa peau très blanche était recouverte de taches de rousseur. Intelligente et humble depuis toujours, elle ne se mettait jamais en avant volontairement, elle avait même plutôt tendance à vouloir se faire oublier.
A force de vouloir être anonyme, transparente, un jour, plutôt une heure, elle devint invisible !
Et son drame commença.

Elle ne portait en elle pas la moindre once de voyeurisme et voilà que cette situation qu’elle avait désirée, passer inaperçue, la mettait mal à l’aise au plus haut point.
Elle avait bien pensé un court instant qu’aller « voir » son fils ou ses parents, de façon plus générale d’aller vérifier que ceux qu’elle aime sont heureux : cela lui aurait fait plaisir. Mais la simple idée de les surprendre dans un moment qui ne la concerne pas, même sans qu’il soit intime, la paralyse.

Le temps s’étire, n’en finit pas. Elle est assise chez elle, dans son fauteuil, n’osant bouger, perdue dans ses pensées, en attente de la fin de cette heure où, … elle se l’est promis : elle sera enfin elle.

Mais qui est-elle ?! Sait-on jamais qui l’on est ?

 

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Chapître 2 - Défi n°8, Si je suis invisible... (Fafa)

L’entrée des bureaux de B.N.G se trouvait juste en face de l’ascenseur, un grand hall vitré à double porte automatique avec un joli œil électronique en guise d’hôtesse d’accueil. La plaque située à droite du sas indiquait simplement :

 

Bioengineering for New Generations

Nous oeuvrons pour les générations futures

 

Un rien prétentieux peut-être...

 

Un haut-parleur accueillit le lieutenant Roste dès qu’il entra dans le champ de vision de la caméra.

 

 - Bonjour, que puis-je pour vous ? La voix était indéniablement artificielle mais d’une qualité assez rare.

 - Je suis le lieutenant Roste de la police nationale, je voudrais parler à Ernst Moritz Arndt, désolé pour la prononciation. C’est au sujet d’une voiture abandonnée.

 - Un instant s’il vous plaît... La voix synthétique resta silencieuse quelques minutes puis une autre cette fois bien humaine se fit entendre.

 - Veuillez entrer je vous prie, troisième porte sur votre droite, je vous attends.

 

Les portes du sas s’ouvrirent et se refermèrent sans un bruit au passage du lieutenant qui avançait d’un pas décidé pour ne pas paraître impressionné par les lieux et la technologie omniprésente, où qu’il pose son regard.

 

Un petit homme à moitié chauve avec de petites lunettes rondes lui ouvrit la porte et s’effaça pour le laisser entrer dans la pièce qui n’était pas comme s’y attendait le lieutenant un bureau mais plutôt un laboratoire emplit de microscopes, d’éprouvettes, et d’un tas d’appareils électroniques dont il ignorait totalement l’utilité.

 

 - Bonjour Lieutenant, je suis Ernst Arndt, que puis-je pour vous, c’est quoi cette histoire de voiture abandonnée, je n’ai pas de voiture, je n’ai même pas le permis pour tout vous dire ?

 - Bonjour Monsieur Arndt. En fait il s’agît d’un véhicule qu’on nous a signalé abandonné. A l’intérieur j’ai découvert un agenda sur lequel figure votre prénom à la date d’aujourd’hui. Une personne devait vous voir à dix heures au sujet d’incubateurs puis à quinze heures à propos d’un réacteur ?

 - Ah je vois, il doit s’agir de Max, Maxime Eloie, mais je ne devais pas la voir, elle devait juste me contacter pour faire le point sur une expérience en cours.

 - Elle ? Maxime ? C’est une femme ?

 - Oui, du moins c’est toujours ce qu’il m’a semblé, je ne l’ai jamais rencontré, nous échangeons uniquement par courriels ou sms, elle n’est jamais venue ici mais elle s’exprime toujours au féminin.

 - Elle ne travaille pas avec vous si je comprends bien ?

 - Non effectivement, nous travaillons sur un projet commun mais elle ne fait pas partie de B.N.G.

 - Avez-vous été en contact avec elle aujourd’hui, par mail ou autre ?

 - Oui, elle m’a envoyé un courriel ce matin pour s’assurer d’un détail d’une expérience en cours.

 - De quoi s’agît-il ?

 - Désolé Lieutenant mais ceci est confidentiel et si cette information n’est pas absolument essentielle à vos recherches... mais vous pensez que cette voiture abandonnée pourrait-être celle de Max, enfin de Madame Eloie, où l’a-t-on trouvé ?

 - Au sous-sol de cet immeuble.

 - Pardon ? C’est impossible, je vous assure que je n’ai jamais rencontré Maxime Eloie. Vous pouvez demander à qui vous voudrez.

 - Vu votre accueil, je crains fort de ne guère trouver de témoin pour corroborer vos dires.

 - Je vous assure qu’elle n’est jamais venue ici, je vais appeler mes collègues qui pourront vous le confirmer, je ne suis pas le seul à travailler avec elle.

 

Il appela par interphone quatre autres personnes qui vinrent chacune leur tour confirmer que jamais la disparue avec laquelle il travaillaient tous n’avait mis les pieds dans les locaux de B.N.G.

 

 - Bien Monsieur Arndt, force m’est de constater qu’effectivement vous ne connaissez pas physiquement la disparue, enfin pour l’instant elle ne l’est pas encore d’ailleurs, personne n’a signalé sa disparition. Auriez-vous son adresse par hasard, ou son téléphone ?

 - Non je suis navré, comme je vous l’ai dit, courriels ou SMS uniquement et c’est pareil avec mes collègues.

 - Bien, je vous remercie quand même de votre aide. Tenez, voici ma carte, prévenez moi tout de suite si elle vous contacte, ou mieux, demandez lui de le faire elle-même. Au revoir.

 

De retour au deuxième sous-sol, le lieutenant entreprit une fouille plus approfondie de la voiture mais à part l’agenda elle était totalement vide et elle lui paraissait toujours aussi inconnue tant pour le modèle que pour la marque ce qui ne cessait de l’étonner lui qui lisait AutoPlus chaque semaine.

 

Le lieutenant remonta voir le gardien.

 

 - Re.

 - Vous avez trouvé Ernst Lieutenant ?

 - Oui merci. Dîtes moi, connaissez-vous bien le quartier ?

 - Plutôt oui...

 - Je cherche un teinturier pas trop loin, disons pas plus de dix minutes à pied.

 - Y en a un à même pas dix minutes, rue Anne Fontaine, vous sortez, vous prenez le boulevard vers vot’ gauche pendant cinq cents mètres, la première à droite et vous filez, pouvez pas l’rater.

 - Merci bien.

 

Huit minutes plus tard tout juste, le lieutenant était devant la façade d’un pressing Cinq à Sec. L’homme à l’intérieur fût incapable de lui dire si oui ou non il avait vu Maxime Eloie, ce nom ne figurait pas sur son registre mais comme il l’expliqua au lieutenant, le système d’automate à l’extérieur permettait de déposer des vêtements sans avoir à rentrer dans le magasin, l’appareil délivrant un ticket avec une bande magnétique pour pouvoir récupérer ses affaires dès le lendemain même un dimanche.

Décidément c’est la femme invisible ma cliente soupira le lieutenant...

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10 juillet 2010

Adrienne est invisible (Adrienne)

« Qu’est-ce que vous feriez de surprenant ou de défendu si d'un coup de baguette magique je vous rendais invisible l'espace d'une petite heure ? » demandait Kloelle pour le défi n° 8, fin avril 2008.

Surprenant ? Défendu ? Ni l’un ni l’autre, il me semble.

Et puis d’ailleurs, mettez-moi à une table, dès qu’il y a une dizaine de convives, je suis déjà parfaitement invisible sans l’intervention d’aucune baguette magique.

J’écoute les autres parler. Il faut bien qu’il y en ait qui écoutent, non ? Voilà l’excuse que je me suis trouvée.

A l’époque pas si lointaine où j’avais une belle-famille, nous avions régulièrement des tablées d’une vingtaine de personnes et ça m’allait fort bien. Je servais, desservais, m’activais aux fourneaux et à la vaisselle, m’occupais des enfants des autres. Pendant ce temps, je laissais « les grandes personnes » parler de cravates, de football et de politique.

Dernièrement, j’étais à une tablée d’une douzaine de personnes. Parfois j’ai eu envie d’intervenir, mais ne savais comment faire. Fallait-il interrompre celui qui parle ? J’ai horreur de ça. Se glisser subrepticement à la fin de sa phrase ? Mais quand sa phrase se termine-t-elle ? De toute façon un ou deux autres prennent déjà la parole et tout est à recommencer.

Et quand chacun a dit son fait et qu’il y aurait une possibilité de glisser mon grain de sel, on est déjà passé à un autre sujet.

Parfois, un silence plane, tout à coup. Est-ce le moment ? Vais-je empêcher l’ange de passer ou vais-je au contraire goûter ce silence, en évaluer la qualité ?

Puis la conversation reprend, et moi ma table d’écoute. J’entends une dame enfiler des poncifs comme des perles. J’entends un monsieur parler de choses qu’il ne connaît pas. Ce sont des moments où j’ai moins que jamais envie d’intervenir. Péché d’orgueil, probablement  

« Si ta phrase, disait ma mère, commence par « Moi, je… », ravale-la tout de suite. »

Voilà pourquoi sans doute j’ai créé ce blog, sur lequel les « Moi, je… » ne se comptent plus. J’en ravale beaucoup, pourtant  

Alors pour en revenir à la baguette magique, chère Kloelle, donnez-m’en une qui me rende visible, la prochaine fois que je serai à une tablée d’une douzaine de personnes qui ne me sont pas assez familières pour que je sois à l’aise, décontractée et volubile.

Je vous en remercie d’avance.

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03 mai 2008

Tube cathodique - Caro_Carito

Avant de lire, regarder : http://fr.youtube.com/watch?v=1zJVYkX9r8w&feature=related
 

J’éteins la télé. C’est vraiment une sale manie que j’ai prise d’écouter M6 au saut du lit. Mais ça me donne là pêche. Et j’en ai besoin. Tous les jours de la semaine, congés, dimanche et jours fériés compris. Mais surtout quand je vais au boulot. Bon il est temps. Je pense à ce vidéo clip, ça doit être étrange de se retrouver autre. Bon le gars-là, Kamini y devient blanc. Qu’est-ce que je pourrais devenir. Tiens invisible. Il suffit que je me regarde dans la classe, un teint pâle et des cheveux courts d’une couleur indéfini. Un pull gris. Un jean. Un uniforme. De toute façon, on ne me remarque pas. Je ne parle pas, je bosse, corvéable à loisirs, avec un petit salaire et on me dit à peine merci.

Un dernier coup d’œil dans la glace. Mais j’ai la berlue. Il n’y a plus personne dans ce miroir. Me voilà invisible pour de bon. Je m’assois deux secondes. Heureusement même transparent, je peux avaler un peu de café. Bon, ce n’est pas la peine que je prenne mon vélo pour aller au taff. Il faut que je prenne le métro. Et d’ailleurs pourquoi je devrais aller bosser. Puisque l’on ne me voit pas. Soudain je regard mon tube cathodique et je vois ce mec black, enfin non, il est blanc maintenant, qui se marre. « Salut mon pote, t’as droit à une heure d’invisibilité, profites-en !» Dernier éclat de rire et ploff plus rien.

La porte vient de se fermer derrière moi. En profiter, pourquoi faire… Je pourrais aller au taff et leur faire payer par mille misères ce qu’ils me vont supporter chaque jour, cette insoutenable indifférence polie. Non. Trop facile. Devant moi, j’aperçois une blonde au lourd manteau de fourrure. Elle grimpe dans un taxi en demandant un péremptoire « les Champs Louis Vuitton », je l’y rejoins aussi sec. Là, confortablement engoncé dans les fauteuils de cuir, légèrement dans les vapes, son parfum c’est pas du truc pour jeune fille à l’extrait de rose et de magnolia. Ca dépote ! Je me laisse bercer par paris est ses berges, ses boulevards. Je suis béat. Et puis je le vois, comment l’avait-on surnommé lors de sa construction ? La verrue ! L’Opéra Garnier. Bingo Ca y est je sais, je sais que je vais faire, je vais courir après un autre invisible, un de ces êtres que l’on ne voit pas. Et qui sais-trouver le lac oublié. Je profite d’un feu rouge pour me glisser hors du taxi et je grimpe le cœur léger les marches de l’opéra Garnier. Au passage je chipe à un touriste distrait son Gaston Leroux ; une heure m’avait-il dit, une heure pour aller au-delà des pages, pour plonger à sec dans le réel derrière l’encre et le papier.

fantome

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Invisible - Kloelle

C’était écrit sur un de ces petits papiers satinés qui dorment au creux des papillotes.
«  Vous voilà invisible pour une heure »
J’adore ce genre de messages loufoques et un instant j’ai envié ce type dont le travail consistait à écrire les billets de papillotes.
Je me suis levé, le visage réjoui, pour jouer le jeu et mirer ma transparente personne dans la vitrine du libraire du coin de la place.
Devant la vitre, j’ai pali, des soubresauts glacés me parcouraient de la tête aux pieds, si j’avais pu les voir je crois que j’aurais vu mes jambes s’entrechoquer et fléchir brutalement : voilà qui défiait toute explication, j’étais invisible !
Le choc passé, j’ai bien vite réfléchi à optimiser cette incroyable fortune.
Dévaliser une banque ?
Me glisser dans les cabines d’essayages des « galeries bonne franquette » ?
M’asseoir dans le bureau du président de la république ?

Non, j’avais une idée bien plus délicieuse que ça…
Je suis entré par la cour de derrière, j’ai traversé l’arrière boutique et je me suis assis au beau milieu des cuisines, à deux respirations de sa table de travail. Et là, je l’ai regardée les travailler, les bichonner, les façonner et les mettre à cuire.
La mère Janeczka préparait les croquants aux amandes les plus divins qui soient, sa boutique ne désemplissait pas, les gens venaient de loin de très loin parfois pour assouvir leurs envies de ce délice doré. Elle conservait jalousement sa recette et personne n’avait à ce jour réussi à lui faire lâcher un mot des ingrédients et de la façon qu’elle employait.
Maintenant je savais.
L’heure touchait à sa fin…Je suis reparti sur la pointe des pieds.

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Un voeu - MAP

J’avais droit à un vœu !
Un vœu,
 un seul,
à exaucer
en ce jeudi 1er mai !

 

C’était un beau cadeau
de ma Marraine Fée. 

Je choisis sans tarder :
l’invisibilité !
« Pour une heure
une heure bien sonnée ! »
 

Que m’a t-il pris
d’éternuer
quand sa baguette
s’est levée …

 
C’est mon Boby,
chien si gentil
qui la reçut
et disparut … !!!

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Les toilettes du bureau - Brigou

Grâce à la fée Kloelle, je vais être invisible une petite heure. Je décide de m’installer dans les toilettes du bureau. Chaque jour ce lieu reçoit la visite de tous les employés, ils viennent faire une pause « pipi » mais aussi souffler un moment tranquille loin de l’agitation de l’agence.

Tiens, voilà Béatrice, la secrétaire qui vient faire une retouche à son rouge à lèvres, un peu de poudre sur les joues, un soupçon de parfum dans le cou et derrière les oreilles. A peine a-t-elle tourné les talons que voici, Céline, la stagiaire qui vient cloper en douce mais qui n’oublie pas d’ouvrir la fenêtre pour envoyer la fumée à l’extérieur. Il était temps qu’elle sorte, Monsieur Legrand, le chef du personnel, s’impatientait déjà.. Il vient se laver les dents et repart en se laissant un peu de dentifrice sur le coin des lèvres ! Mais voici ce cher comptable, Hugues, il procède à un tout autre rinçage, il sort sa flasque d’alcool fort et s’enfile une rasade.

Les minutes tournent, je vais bientôt redevenir visible, mais que vois-je ? c’est notre chère directrice.. oh mon dieu ! sa jupe est coincée dans son collant et on a une vue sur sa petite culotte… !!!!!

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