24 octobre 2009

à vau-l'origami (Poupoune)

à vau-l'origami

-          Chéri, t’as pas vu mon origami ?

-          Ton organigramme ?

-          Mon origami !

-          Hein ?

-          Mon bateau en papier…

-          Ah ! ben fallait l’dire…

-          Ça s’appelle un origami.

-          Quoi donc ?

-          Laisse tomber ! Tu l’as vu ?

-          Qui ?

-          Chéri…

-          Oui ?

-          Tu l’fais exprès ?

-         

-         

-          Je comprends rien de c’que tu m’racontes, mamour, là…

-          Je vois ça, ouais. Il est où Kévin ?

-          A la salle de bain.

-          Il se lave ?!

-          Non : il joue dans l’eau avec ton truc en papier, là, tu sais ?


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Défi 78 (Jo Centrifuge)

Assis au fond de son canot de secours gonflable, Kevin se remémorait le naufrage de la veille.

La tempête l'avait emporté au loin, le séparant des autres naufragés.

"Eh ben bonjour la nuit de merde! Mais, au fait..."

Il farfouilla dans ses poches et en sortit son téléphone portable.

"Pfff! Pas de réseau bien sûr. Oh j'en ai trop marre quoi"

Il balaya du regard l'océan qui demeurait désespérément vide jusqu'à l'horizon. Peut être que ses compagnons d'infortunes avait déjà été secourus. Il serait porté disparu.

"Non mais ça craint trop quoi!

Il fut soudainement tiré de ses sombres pensées par des ombres sous marines qui encerclaient son embarcation.

« Ouah le délire! des dauphins! »

En une fraction de seconde Kévin synthétisa ses 20 ans de culture télévisuelle : Les Fliipers c'est trop sympa, ça aide les naufragés... et en plus ça un cri trop marrant quoi!

L'un deux sortit la tête de l'eau présentant un objet qu'il tenait dans sa gueule. D'un grâcieux mais rapide mouvement de tête il l'envoya heurter violemment le crâne de Kévin, lequel tomba en arrière plus surpris que meurtri.

« Mais il est con lui! C'est complètement débile ces bestioles! Qu'est-ce que c'est que ce truc? Beurk... c'est un os? »

Hors de lui il hurla : Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de ça. C'est vous les Einstein de la mer? Ah! Eh ben bonjour quoi! »

Après une bonne dizaine de minutes à s'égosiller il se rassit épuisé au fond du canot. Il se releva   derechef car un homme en guenilles à bord lui faisait face en silence.

-Merde! Vous êtes qui vous?

-Ravi de vous revoir Monsieur Penwik.

-Ah, vous devez faire erreur...

-Faites le point sur nos réserves.

L'inconnu désignait du doigt une caisse plastique encastrée dans le fond du canot. Kevin qui ne l'avait pas remarqué jusque là se hâta d'en faire l'inventaire.

-Euh... Si vous voulez... Bon ben y a des rations de survie, de l'eau, des fusées de détresse et puis... C'est un petit moteur hors bord! Y a même le mode d'emploi! On est sauvé!

-A la barre Monsieur Penwik! Prestement!

-Je vais installer le moteur, mais vous devriez vous allonger un peu à l'ombre. Je crois que vous êtes un peu fatigué. Vous êtes tout pâle quoi.

Le moteur installé et démarré, Kevin demanda :

-Bon et maintenant on va où? 'Faudrait rejoindre les autres.

L'inconnu regarda au large.

-En avant Monsieur Fenwik, toute voile dehors!  Filons babord amure tout le jour et nous mouillerons avant la nuit tombée sur un îlot de ma connaissance.

-Vous connaissez le coin? Ah mais vous devez faire partie de l'équipage alors! Vous êtes le commandant ou truc comme ça?

L'inconnu se retourna soudainement furieux avançant vers Kevin.

-Capitaine! Monsieur Penwik, je suis votre Capitaine!

-D'accord, d'accord, vous énervez pas quoi! Par contre vous voulez pas vous éloigner un peu pour me parler parce que là vous puez, c'est une infection...

Le soleil était au couchant et Kevin exultait. Ils avaient atteint un petit atoll où l'on devinait plus loin une petite ville côtière.

-La terre enfin. P'tin jamais plus je ferais de croisière quoi!

Le Capitaine souriait lui aussi.

-Ne vous avais-je pas promis d'arriver à bon port, Monsieur Penwik? Le premier îlot est notre destination. J'y connais une petite crique où nous pourrons havrer. Je dois y retrouver de très vieux compagnons à la nuit tombée. Vous vous joindrez bien à nous.

-Euh ça a l'air d'être un peu la misère sur votre cailloux...Vous voulez pas plutôt aller dans le bled là bas. On doit un peu nous rechercher à l'heure qu'il est.

En guise de réponse le Capitaine arbora un regard si noir que dans la pénombre grandissante on aurait cru ses orbites aussi vides qu'un crâne de macchabée.

-Pfff d'accord! Mais je vous préviens je reste pas longtemps. On boit un coup avec vos potes et puis je me casse quoi.

La nuit tombée, Kevin et le Capitaine marchaient sur la plage en direction d'une vieille cabane délabrée.

-C'est là qu'ils crèchent vos amis? C'est une vraie ruine c'te bicoque. Et puis d'abord ils sont où? P'tin y fait nuit noire on y voit rien!

-Mes compagnons sont bien là, Monsieur Penwik. Ne les entendez-vous pas?

Et en effet, des voix gutturales, d'abord chuchottantes puis fortes et claires retentirent dans la pénombre.

-Capitaine Graant!

-Pourquoi nous avoir abandonné iciiii?

-Votre or maudit vous a perdu, Capitaiiine...

-Il vous retient ici bas comme nous retient notre soif de vengeaaance.

-Veneeez Capitaine, venez payer votre dûuu.

Kevin réalisa soudain la situation.

-Mais... Mais... Vous êtes venu ici pour vous maraver avec vos potes ou quoi? Vous vouliez que je vous porte main forte, c'est ça? Ben c'est dommage pour vous mais moi ça m'intéresse pas, j'me tire! Salut et merci pour tout.

C'est ainsi que Kevin rejoint en pleine nuit la petite ville côtière où il signala immédiatement aux autorités la présence sur un petit îlot de « clodos trop cheulou quoi ». Évidemment, on ne trouva rien d'autre qu'une vieille cabane abandonnée depuis des lustres. L'étrange histoire de Kevin rappela à certains quelques légendes du folklore locales évoquant des fantômes, un trésor  maudit et des pirates du temps jadis.

Mais Kevin s'en foutait pas mal.

« J'ai trop passé des vacances de merde quoi »

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Il était une fois ... (Captaine Lili)

Il était une fois une petite fille. Sa peau était de nacre et ses yeux d’océan. Elle aimait chanter mais ses chants restaient secrets, prisonniers des coquillages. Elle imaginait des femmes-fées, des fleurs musiciennes et des princes qui dorment au bois. Elle rêvait de navires corsaires pêchant les étoiles avec des filets à papillons.

Son histoire s’écrivait dans l’écume blanche d’une mer bleue.

Son cœur était aussi grand que l’horizon, elle s’y perdait un peu. Mais elle avait une boussole qu’elle ignorait : elle trouvait parfois des mots, qui faisaient comme un collier, une voile, un rire. Elle les semait aux quatre vents.

Plus tard, quand elle eut grandi, c’est un navigateur un peu fatigué qui les dénicha sous le corail.

Mais ceci est une autre histoire, il est temps de fermer les yeux, moussaillons et moussaillonnes.

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Once upon a time… (Borsolina)

Le chargement du bateau mettait tout le port en effervescence. L’expédition qui se préparait à larguer les amarres était signe d’espoir pour tout un peuple. Les esclaves noirs, entonnant des chants joyeux, faisaient rouler de gros tonneaux remplis de toutes sortes de denrées et les plaçaient à fond de cale. Le voyage allait être long, les hommes le savaient mais étaient enthousiastes à l’idée de rejoindre le nouveau monde prometteur de richesse et de réussite. Après avoir mis à bord les félins éradicateurs de rats, le vaisseau s’éloigna du quai sous l’applaudissement et les sifflements de la foule qui s’était donnée rendez-vous.

La mer était belle et calme quand le Bounty prit le large. L’équipage était commandé par le très célèbre capitaine Jack Sparrow, lui-même secondé par Clark Gable et son fils Télémaque. Le vent gonflait les voiles du lourd navire qui filait à vive allure, le soleil brillait, l’équipage se sentait en confiance et ne se doutait pas qu’il allait subir la colère de Poséidon. Ce qui arriva après trois semaines de voyages : le ciel s’assombrit subitement, la pluie commença à s’abattre sur le pont, les éclairs déchiraient les nuages ponctués par de fracassants coups de tonnerre. La mer était maintenant déchainée et formait des creux de plus de dix mètres. Les hommes, trempés jusqu’aux os, apeurés, continuaient de répondre aux ordres de leur capitaine qui essayait tant bien que mal de tenir la barre. Puis, une vague plus haute que les autres vint s’abattre sur le Bounty qui se brisa dans un craquement terrible. Les marins hurlaient, se débattaient, essayaient de s’agripper à une planche ou un bout de mât. La dernière chose que vit Jack tombé à l’eau, avant de couler emporté par le courant, fût son ami Clark et son fils accroché à un radeau de sauvetage.

Jack savait que ça ne servait à rien de se débattre, il connaissait bien les courants marins pour les avoir étudiés, et préférait voir arriver sa mort sereinement et avec dignité. Ce n’était qu’une question de secondes, son souffle retenu jusqu’au bout, il ouvrirait alors sa bouche machinalement pour chercher l’air et dans une grande aspiration, ses poumons se rempliraient d’eau, le faisant s’étouffer, et ainsi sombrer au fond des océans.

Mais tandis qu'il glissait lentement vers les abîmes, il se sentit enlacé par quelque chose de froid, flottant au milieu d'une épaisse chevelure, qui lui prit la bouche et lui injecta une grande bouffée d'oxygène. Jack qui reprit alors des couleurs écarquilla les yeux, et en resta presque bouche bée, faillant boire la tasse pour de bon cette fois-ci. Il se ressaisit et dévisagea sa sauveuse : une sirène! Jack en avait entendu parlé maintes fois, mais n'avait jamais crû à ces chimères. Elle lui prit à nouveau la bouche pour le faire respirer. A la place des jambes, elle avait une grande queue couverte d’écailles avec un voile magnifique, auréolé de vert et de bleu scintillants. Son buste était bien celui d'une femme, avec une belle poitrine, mais son visage était vraiment très ingrat. Jack, amateur de belles femmes, sembla décontenancé.

La sirène, dans un grand sourire qui dévoila toutes ses dents jaunies et cariées, prit Jack dans ses bras et se mit à nager telle une fusée. Elle fendait l'eau, à défaut d'air, croisant des petits poissons de toutes sortes qui se retrouvaient à faire des roulés-boulés à leur passage. Jack n'en croyait pas ses yeux devant la magnificence des fonds marins. Lui qui croyait que tout n'était qu'obscurité, au contraire, tout un petit monde existait et vivait sous ces millions de mètres cubes d'eau.

Ils arrivèrent enfin à destination et pénétrèrent dans une sorte de bulle qui semblait être le royaume des sirènes. Jack fut surpris de pouvoir respirer normalement, ce qui n’était pas un luxe ! La sirène s’adressa alors à lui : « Bonjour humain, je m’appelle Arielle ». Jack ne savait s’il devait répondre ou partir en courant, mais la seconde option n’était pas envisageable. Il répondit alors : « Je vais me réveiller, je suis mort, ou alors… », mais avant qu’il n’eut le temps de finir sa phrase, Arielle le rassura en lui disant qu’effectivement tout cela devait lui semblait très étrange mais qu’il n’avait rien à craindre. Elle le prit par la main et lui expliqua qu’elle allait le présenter à leur roi, son père. Arrivé à la cour, Jack se sentit dévisagé de toutes parts, mais ce qui le mettait le plus mal à l’aise est que toutes les sirènes qu’il croisait étaient plus affreuses et laides les unes que les autres. C’était un cauchemar pour Jack, il n’était pas question qu’il resta une minute de plus ici.

Le roi qui semblait très vieux au vu de sa longue barbe blanche s’approcha de Jack et lui dit : « Bienvenue humain, nous sommes ravis de t’accueillir parmi nous, cela est si rare d’avoir des visiteurs. Nous sommes tes hôtes, dis-nous ce qu’il te ferait plaisir ». Sans hésiter, Jack répondit qu’il voulait rentrer chez lui. Toutes les sirènes poussèrent un soupir en même temps, et baissèrent la tête. Le roi lui dit alors « Qu’il en soit ainsi humain, nous ne pouvons te retenir ici contre ton gré. » Il désigna une grosse bulle à Jack posée sur un gros coquillage en forme de cône et lui dit de s’asseoir dedans. Une fois assis, le coquillage se mit à vrombir très fortement, la bulle était secouée dans tous les sens et d’un coup sec fût propulsée à travers les eaux vers la surface.

Lorsque Jack se réveilla, il était allongé sur le sable, à moitié dans l’eau. Le soleil le chauffait lentement, tout était calme autour de lui. Se relevant, il aperçut au loin son vieil ami Clark et son fils Télémaque courant vers lui et criant : « C’est Jack, c’est Jack, il est vivant ! »

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Voyage maritime en haïku de vent et même que, parfois, il y a du tankage (Joe

C’est un vrai défi
De s’en aller naviguer
Sur ce frêle esquif

(Même les origamis
Recherchent des blogamis !)


bateaujk

La coque de noix
Qui part chasser la baleine !
Projet Ac(c)hablant

(La jeunesse est sans pareille
Qui croit aux monts et merveilles)


bateaujk

Bateau de papier,
La mer est un boulevard
Hostile au buvard !


bateaujk

Furies d’océans
N’empêchent pas que l’on rêve
Au chant des sirènes


bateaujk

Sur la feuille bleue
Un bateau en pointillés
Pour plier bagage


bateaujk

Jasons, moussaillons !
Jaspinons notre légende
Pour que l’argot note

Toisons l’univers qui dort
Sans plus rêver de trésors


bateaujk

S.O.S. Helpdesk !
Un enfant pisse au ruisseau !
Signé : Titanesk !

Bouillon : mer du vermicelle
(C’est une question d’échelle)


bateaujk

Chasser le requin
Dans le marais poitevin ?
T’es pas un peu vain ?

(Pour la chasse à la baleine
Remonter un peu la Seine)

 

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Et vogue la galère (Virgibri)

Si nos larmes rentraient dans toutes les bouteilles vides du monde

Le niveau de l’eau ne serait plus un problème

On les viderait progressivement

Dans l’eau salée

Si tous nos chagrins pouvaient voguer au gré des flots

On aurait de jolis petits bateaux

A la dérive

Dont personne ne voudrait

Ou alors

On se noierait

Ou alors

On embarquerait

Et puis c’est tout

Et puis c’est tout

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Tentative d'épuisement d'une consigne( Zigmund)

L’imagination … ils en ont des drôles les lanceurs de défis.

Côté imagination, je suis du genre handicapé.

Pourtant l’une de mes citations préférées  est celle-ci, extraite d’une chanson de François  Béranger « alors faites comme vous voudrez, dormez ou restez éveillés, agrandissez vos oreilles, enclenchez l’imagination » 

«Ouais, ben  çà  ne  m’avance pas des masses ! …

Je scrute le montage photo…

Petite excursion sur gougueule pour tenter de vous montrer le diagramme de ce pliage de serviette, immanquablement on se retrouve sur des sites de loisirs créatifs, assez « nana teux ».Le schéma doit bien trainer dans mes nombreux bouquins d’origami, mais où exactement ?

La chanson d’Hugues Aufray me trotte dans la tête, « c’est un fameux trois mats », mais je préférais « hastan huego » que je ne sais pas orthographier.

Vachement bleue, cette flotte, çà fait pas naturel ...

 Z’étes sûrs qu’y a pas du transgénique  là-dessous ?

Çà vous a un coté « bouteille à la mer « ce bateau…

Que d’eau que d’eau !  et moi qui sèche lamentablement.

Frère Zigmund,  ne vois tu rien venir ?

Je ne vois que la mer qui bleusoit, je ne vois que du bleu.

Et  vogue la galère …

 Je ne m’en sors pas, j’hésite à envoyer ce texte  aux défiants, ils ont beau être ouverts, vont me jeter par-dessus bord…



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LE BATEAU BLEU DE MAXIME (Martine 27)

C'est un bateau bleu

Perché sur la dune

On y vient à pied, on ne frappe pas

La passerelle est toujours en place

Il accueille les navigateurs solitaires

De toute son amitié

Tout le monde se presse

Autour du mât à 5 heures du matin

Quand Saint Malo s'embrume

Amis où êtes-vous ?

Amis attendez-moi !

Nageant dans le brouillard

Les sirènes et les tritons

S'installent sur la grève

Ils écoutent Tom à la guitare

Phil à la kena jusqu'à l'aube blanchissante

La baleine bleue viendra

Donner des nouvelles

De ceux qui rament au loin

Et près des dauphins

On s'endormira heureux

C'est un bateau bleu

Accroché à nos rêves

On y vient à la nage ou en volant

On entre simplement en chantant

Peuplé de rires et d'amour

Il sera le dernier à naviguer

Si Saint Malo est engloutie

Amis où êtes-vous ?

Amis attendez-moi !

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Navigue, flamme bleue (Tiniak)

Navigue, Flamme Bleue, navire au bout du monde
qui cherche après le monde encore un nouveau monde
et vogue sans retour possible sur les terres
quittées sans un regret pour y laisser naguère
des ventres grand ouverts les âmes moribondes

car les femmes aimées et les enfants chéris
qui nous accompagnaient de leurs chants, de leurs cris
de linges agités au moment du départ
ne sont plus que chiffons, sanguinolents, épars
dont la folie guerrière a massacré la vie

Navigue, Flamme Bleue, avec les réchappés
qui manœuvrent encor tes voiles rapiécées
à tirer des bordées pour conjurer le sort
ils récrivent l'histoire et rêvent leur essor
en partageant le quart et la viande séchée

de leurs gorges flétries montent des mélopées
avec les mots anciens qui disent les contrées
qui disent d'où l'on vient et comment on l'emporte
qui disent la magie de nos natures fortes
et tout ce qu'il est bon d'entendre, d'évoquer

Navigue, Flamme Bleue, navire aux lignes fières
nous sommes les Sans-Femme, Sans-Fille, Sans-Mère
n'ayant plus rien à perdre nous courons le monde
en nous en remettant aux caprices des ondes
des vents et des dieux fous qui peuvent nous défaire

mais aucun ouragan, aucun monstre marin
aucune féérie dont nous ne savons rien
ne sauraient entamer la résolution prise
nous mènerons à son terme notre entreprise :
atteindre au bout du monde un ultime destin

Navigue, Flamme Bleue, navire vent debout
la fin du monde est proche, étale devant nous
sa lisère inconnue

Navigue, Flamme Bleue, toutes voiles dehors
nous franchissons du monde le dernier rebord
et sombrons dans les nues

"- Ont-ils tous disparu ?
"- Oui, c'est ce qu'on rapporte ;
mais on raconte aussi qu'une main les emporte
et qu'aujourd'hui encore on peut apercevoir
passer sur le front noir quelque bleu météore
que c'est signe de vie, d'espoir
en quelque sorte qu'il nous plaise d'y croire
  fermée la porte
  bonsoir

Oh ! tes yeux !
Un chemin s'est ouvert dans leur ciel que partagent
bientôt et plus jamais hier et davantage

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