17 juillet 2009

Amitié amoureuse (val)

Ils se sont assis en terrasse. Il a commandé un café. Elle aussi.
Elle est là, assise, face à lui. Enfin ! Un an qu’il attendait ça….
Elle est là, près de lui, depuis ce matin. Elle est là. Et ça n’a pas de prix.
Leur journée d’escapade clandestine, il l’a projetée mille fois en rêve, mais aucun fantasme ne lui a procuré l’ivresse de la réalité.

Elle est là, et elle lui sourit. Tout à l’heure, ils ont marché dans un square qu’ils ne connaissaient pas. Ils n’ont fait que marcher, et parler, parler, parler. Ils ont tant de choses à se dire…C’est si long, une année..
Plus tard, il iront visiter le vieux centre. Il paraît que les rues pavées sont pittoresques. Aucun des deux ne connaît cette ville. Ils l’ont choisie parce qu’elle était à mi-chemin, c’est pratique.

Elle est là, face à lui, et elle lui parle. Ses yeux brillent. Il aime quand ses yeux brillent. Dans le square, tout à l’heure, il a eu une irrésistible envie de lui prendre la main. Il s’est retenu. Il s’est contenté de frôler parfois ses hanches. Il aimerait qu’elle ait  froid ou bien qu’il pleuve un peu. Il pourrait lui frictionner le dos en marchant, ou encore ôter sa veste pour la lui déposer sur les épaules. Il aimerait poser ses deux mains sur sa nuque blanche, et plonger son nez dans ses cheveux pour les humer de près.

Quand ils parlaient, tout à l’heure, elle lui a  pris l’avant-bras. Il aime bien qu’elle le touche. C’est si rare, qu’elle le touche....

Combien de fois, en quelques heures, a-t-il senti cette chaleur délicieuse irradier son bas ventre ? Il lui semble que ça n’a fait que ça. Lorsqu’elle marche un peu devant lui, il ne songe qu’a poser ses mains sur ses hanches, et a venir sauvagement se coller à elle. Il lui embrasserait le cou, lui mordillerait les oreilles un peu violemment,  tandis que son sexe dressé viendrait se plaquer contre ses fesses. Il se dit qu’avec les vêtements, et dans un lieu public,  ça ne compterait pas, ce ne serait pas bien méchant…

Il sent bien qu’elle aussi, elle le désire. Cette lueur, dans ses yeux… ça se sent, ces choses-là.
Pourtant, tout à l’heure, et comme à chacune de leurs rencontres,  ils s’accorderont à dire, très convaincus, que leur communion n’est que spirituelle, et que c’est ça qui est beau.

Jamais ils  n’ont évoqué leur désir réciproque. Jamais ils ne le feront, probablement.

Il se dit que ce serait si facile, pourtant…
Sauter le pas, rien qu’une fois. Un hôtel, ce n’est pas ça qui manque, dans cette grande ville. Il suffirait de se l’avouer, de se ruer dans une chambre, de s’arracher tous les vêtements, et de régler la question physique une bonne fois pour toute ! Il suffirait…
Ce serait sauvage, pour sûr. C’est brutalement, qu’il a envie d’elle. Depuis le temps…

Aucun des deux n’avouera jamais, et il le sait. Il n’en est pas triste, ni même frustré…
Les jeux interdits sont des jeux dangereux. On peut jouer un peu, mais pas trop.


En fin de journée, tout à l’heure, à la gare, il l’embrassera d’abord sagement, avant de la prendre tendrement dans ses bras pour un adieu aux cœurs lourds. Il sentira, à travers ses vêtements, ses seins se plaquer contre sa poitrine, et il aura envie de les toucher, comme à chaque fois.

Seul dans le train, il revivra leur journée, puis il commencera déjà à fantasmer leur prochaine rencontre, qui n’aura pas lieu avant un an, probablement.  A moins de bien s’organiser..

Au terminus du train, la parenthèse sera fermée.

Ce soir, comme chaque soir,  il franchira le seuil de sa porte d’entrée, et il embrassera sa femme et ses enfants.


Merci à deux diaristes que j'aime lire et dont les confessions intimes titillent parfois mon...hem...heu... imagination!
Dommage, ils ne viennent pas lire ici. J'aurais pourtant aimé savoir si ce que je m'imagine est conforme à la réalité. Ou non...

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Les amants de la rue de Brest (Joe Krapov)

Je l'ai descendue des dizaines de fois, la rue de Brest, depuis que j'habite à Rennes. Tous les samedis matins, comme plein d'autre Rennais, je me rends à pied de mon quartier, Villejean, jusqu'au marché des Lices.

Finalement, il m'aura fallu plus d'un an pour m'apercevoir de leur manège, à ces deux-là. Et c'est, un peu bizarrement, le jour ensoleillé où je me suis rendu pour la première fois aux Tombées de la Nuit que je les ai vus, là, faire l'amour en pleine rue. Même encore maintenant, n'importe qui peut les voir ; il suffit de s'arrêter sur le trottoir et de les regarder : leur copulation, au n° 188 de la rue, est à ciel ouvert.

Lui a dû commencer à l'enlacer tendrement mais avec toute la verdeur, la rudesse et la fougue dont peuvent faire montre parfois les jeunes sauvageons. Elle, elle s'est laissé faire, digne, droite, un peu raide, apeurée mais séduite par sa soudaine audace.

Le temps s'est suspendu à ce vol de baisers.

Puis elle s'est sentie comme soulevée tandis qu'il la pénétrait en silence, tout en force et en douceur mêlées.

Et l'étreinte a duré jusqu'à cette fusion dans laquelle ni lui ni elle ne savent plus qui est l'un, qui est l'autre de l'une ou de l'autre. Et comme dans toute passion, le temps s'est arrêté sur elle à moitié chavirée et lui grandi de cet amour. Depuis ils sont restés ainsi et chacun peut les voir figés dans cette relation.

Désormais, comme pour Roméo et Juliette, seule la mort pourra séparer l'arbre et la grille du 188 de la rue de Brest.


dds69_amants_de_la_rue_de_brest_krapov

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16 juillet 2009

L'effleure du mâle (suite par Captaine Lili)

Elle

Lui tend sa bouche
D’une caresse d’aile

Le touche

D’une main s’en va
Cueillir
Les fleurs du gars

En un sourire

Sensuelle
Fille de l’eau
Sa peau étincelle

Sous ses mots

Sur l’envie masculine
Son corps glisse

Diablotine

Ses soupirs, ses délices
Sa chute de reins
Ses baisers et ses seins

Elle les livre
Et délivre

En son jardin

Coquin
Que s’exhale

L’effleure du mâle !

Merci à Tendreman Spice pour son expression « L’effleure du mâle » !

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Peut mieux faire (Papistache)

A l’école du jouir,
Le tout petit Benoît
N’a pas très bien compris :
Il lève haut... son doigt !

Ainsi petit Benoît
Se retrouve puni.
A l’école où l’on jouit,
Ce n’est pas de son doigt

Qu’on désigne la lune.
La maîtresse s’apitoie
Promet, encore une fois,
Deux heures de retenue

A l’indocile élève.
Gageons qu’elle saura
Obtenir de Benoît
Qu’il délaisse son index

Au profit de son ...*

* La solution, ledoigt seulement pour ceux qui n'auraient pas déjà trouvé, évidemment !

Les autres peuvent s'abstenir de cliquer.

Je sais, par rapport à solex, c'est un peu décevant...


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Sécurité, oui ... mais ... (MAP)

S_curit_

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15 juillet 2009

Hortense (Moon)

 

Avec sa plume, elle abordait mes rivages.

Son œil délicat observait mon ouvrage

Qu’elle allait bientôt attaquer de son ardeur,

De sa passion maligne à guetter mes erreurs.

 

Elle griffait alors la surface de mes mots

Et s’enfonçait dans mon histoire sans espoir de radeau,

Se noyait parfois dans mes allégories,

Ou traquait mes efforts de toute son euphorie.

 

Elle souriait délicatement à la venue d’un oubli,

D’une insuffisance, d’un élan interdit.

Mais elle rougissait de mes changements de taille,

De mes errements, de mes surcroîts de détails.

 

Elle s’affairait alors de sa douce main,

Œuvrant à ma réussite et mon entrain,

Jamais essoufflée par mes manques de ponctuation,

Elle m’offrait toujours la meilleure correction.

correction_1

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L'amour est dans le pré (Papistache)

Le jeune chevrier est content : pour la transhumance, Blanchette, la docile chevrette, sera du voyage.

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Souvenirs rouillés (MAP)

_tait

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par une chaleur pareille, ... rien de mieux qu'une p'tite consigne érotique ! (Rsylvie)

 

Maintenant que sœur Marie Rose de l’enfant Jésus, savait devoir passer le restant de sa vie derrière ces murs, rien n‘avait plus d’importance. Non vraiment rien ! Bien sur elle aurait pu se révolter, désobéir au choix familial qui envoyait son frère aux armées des Indes, la condamnait à la prière et la chasteté. Mais non, rien… pas un mot.

Pas même un soupir, non rien. Un soir d’été, elle avait connu le loup…

de mer alors, comme si le feu qui activait ses sens depuis ce rêve d’une nuit s’était soudainement éteint, elle garda les mains jointes sur sa poitrine et se remit à prier……

C’était un soir, sur le chemin qui mène à la crique.

Insouciante, Rose se dirige vers l’océan afin d’aller s’y baigner les pieds.

Il fait si chaud en ce mois de juillet que l’idée d’une promenade au bord de l’eau,

 loin de l’agitation de la maison familiale lui paru des plus rafraîchissante.

 L’esprit libre de tous ces projets d’avenir que l’on veut faire pour elle, Rose n’est plus qu’à un détour de la plage, quand ses yeux se posent sur une silhouette masculine au bord de l’eau.

L’homme, d’une vingtaine d’année ne semble pas porter d’importance à l’environnement. C’est ainsi qu’en moins qu’il ne faut pour l’écrire, il commence à se dévêtir et jeter négligemment sa chemise vers le sol. D’un geste rapide, il fait glisser le corde qui lui ceinture la taille et déboutonne d’une main habile les 3 boutons qui finissent de maintenir le jean sur les hanches.

Soucieuse de ne pas troubler l’instant, l’adolescente s’assoie sur un banc placé là, et en profite pour retirer les espadrilles qui enlacent ses chevilles. Rose d’émotion, elle lève à nouveau les yeux vers la plage, pour apercevoir le bel échassier, retirant la toile bleue faisant découvrir la partie charnue de son anatomie.

D’un pas assuré l’apollon, dont le hale de la peau laisse deviner qu’il est plus qu’un simple vacancier, s’est jeté dans les vagues pour disparaître dans le sillon d’un poisson argenté.

Happée par le sac, et le ressac… Rose avance silencieuse.

Le sable encore chaud des rayons du jour, lui caresse les pieds.

Les yeux rivés sur l’horizon, elle s’engage par delà les vagues.

Les ailes du vent soulèvent le voile d’une robe qu’éclaboussent des perles océanes.

Sirène d’un instant, elle se dirige vers le large et rejoint l’amant des eaux troubles.

Rose est jolie…

Les doigts se cherchent, les corps se frôlent. Au rythme des eaux bleues, les corps s’attirent et se repoussent.

L’homme est charmant…

Les yeux se cherchent, les mains se trouvent. Au rythme des eaux bleues, les bouchent s’appellent et s’enhardissent.

En cet instant, ils sont jeunes, beaux et Rose… insouciante et heureuse.

……les mains jointes sur la poitrine,

bien en dessus des draps de lit,

sœur Marie Rose de l’enfant Jésus ferment les yeux

« une nuit, j’ai fait l’amour avec la mer »

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Consigne #69Bis Consigne érotique... (Vegas sur Sarthe)

ELLE ne songea même pas à consulter le précieux guide qui ne quittait pas sa poche, elle sut aussitôt que c'était lui, vibrant et majestueux, dressé au ciel de San Francisco... Coit Tower !

Il était tel qu'elle l'avait vu sur tant de photos et de sites touristiques, si trapu à la base, émergeant d'un curieux fouillis végétal et si rond au sommet qu'elle en eut le souffle coupé.
Depuis les méandres vertigineux de Lombard Street son regard embrassait jusqu'à l'Embarcadero et l'océan ridé par le vent de longues trainées d'écume blanchâtre... mais ça, ce serait pour plus tard, bien plus tard.
Comme elle parvenait, à demi évanouie en haut de Telegraph Hill Boulevard, elle eut un sourire carnassier devant l'énorme cylindre de béton; dut-elle s'y cramponner bec et ongles, soixante quatre mètres de plaisir l'attendaient...

IL avait longtemps musardé entre les dunes blondes que caressaient les derniers rayons du soleil marocain. Pourquoi se précipiter? Il connaissait si bien les lieux tout comme les interminables caravanes dont les traces profondes s'effaçaient d'un coup de sirocco.
Dans deux heures, il aurait franchi l'immense replat encore tiède d'une journée d'intense chaleur, et au bout était la récompense suprême, l'explosion de tous les sens: passés les grands palmiers dattiers, il traverserait le sillon de l'ancien oued jusqu'à l'ourlet odorant de lauriers roses et de tamaris, puis il plongerait sur El Kela des M'Gouna, là où la rose a un parfum et un velouté incomparables, là où l'eau est si fraîche, là où s'offre un cadeau du ciel.

Posté par valecrit à 17:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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