26 juin 2009
texte de Caro Carito
5 h 58. Elle voit le soleil qui pointe, sang sur le sable et les pierres. L’enfant se fait lourd dans ses bras. Il est pourtant si frêle. Il ouvre et ferme ses yeux pâles. Devant elle, le groupe a grossi à chaque baraque, à chaque village. Le vent leur amène le bruit de la mer. La file de bus, de camions, de fourgonnettes cahote. La ville est proche. La ville et ce centre de soins dont le nom lui a été glissé dans la main par le Padre Lucio. Il lui a aussi indiqué le nom de son frère, qui a quitté le village pour conduire un taxi et qui habite une masure de terre dans les barriadas du haut de San Cristobal.
6 h 30. Alan est en maraude dans sa vieille Chrysler. Dernière course avant le retour à la maison Il entend la course des collectivos les plus matinaux qui arpentent encore silencieusement les grandes artères. Le soleil darde quelques rayons au dessus de la frange de montagnes. Mais déjà une barre jaune et épaisse se dresse au dessus des quartiers sud et des cheminées des fabriques. L’autoradio grésille une cumbia puis se tait. Il cherche distraitement une station. Sans succès. Il va rentrer bientôt, apercevoir Rosario et les jumeaux derrière son bol de café en poudre et le grand sommeil. Une ombre blanche sur l’esplanade debout devant l’hôpital central. Sa dernière course ? L’homme écrase une cigarette et s’éloigne.
Javier a franchi le sas translucide. Il a déjà chaud sous sa blouse d’infirmier. Les volutes de poussières qui décorent les parois forment une œuvre d’art mouvante et volatile. Il ne la voit pas, se dirigeant avec précipitation vers le bureau 12 A où on lui donnera son affectation pour la semaine. Les lampes crachotent dangereusement sans qu’il y prête attention. Ce n’est qu’au moment exact où Mme Lupe lui tend le papier bleu que les lumières s’éteignent définitivement. Ils attendent. Rien. Noir total. Il sent dans la pénombre le bruit métallique d’un briquet. Une flamme et la voix douce qui répond à son interrogation muette. « Le groupe électrogène, le fournisseur refuse de se déplacer tant que les factures ne sont pas payées.» La ville endormie tait encore l’écho des manifestations du mois passé, les morts laissés en tas sur les trottoirs et les blessés qui affluaient et encombraient le hall d’entrée. Sur le bureau, il entrevoit la Une du diario nacional. La photo est mauvaise mais il reconnaît sans peine le visage figé de Vincente Loyola, chef de l’opposition et disparu depuis trois semaines et demie.
6 h 31. L’homme remue à peine. La geôle est humide et obscure. Il entend les sons étouffés d’une conversation, des rires gras. Et des jurons soudains. Une heure après, le judas s’entrouvre. Il ne distingue pas le visage du garde, juste le faisceau puissant de sa torche qui furète dans tous les coins, caresse le fil électrique qui pend au plafond et finit par se poser sur son corps douloureux. Une pensée de haine le transperce. Le tyran a osé encore une fois ; priver la population de courant, condamnant bon nombre à la faim, à la ruine, à la mort peut-être. Le judas se referme dans un claquement. Il sent une larme couler sur sa joue recouverte de crasse. Qui ? Qui se lèvera maintenant qu’il n’est plus qu’un demi-mort. Un visage du passé s’esquisse sur les parois qui suintent la peur et la mort.
Armando a deviné depuis longtemps que la nuit recelait quelques complots. Le bruit a transpercé son sommeil léger aux environs de 2 heures. Il a gravi l’escalier en silence et observé l’agitation qui filtrait derrière les minces persiennes. Des gardes ceinturaient sa maison. Il sut instantanément que son téléphone était sur écoute. Depuis combien de jours déjà. 3, 4. Toute communication lui était désormais interdite, net, fax. Il ne pouvait même plus sortir. Il était devenu inutile pour la cause. C’est plus tard, dans son bureau, alors qui écrivait boulimiquement, que la lumière cessa. Vers 8 heures, le téléphone sonne. Sa mère sans doute. Il ne prend pas la peine de répondre, elle peut toujours joindre son frère. Lui, ne peut plus rien faire pour quiconque. Juste attendre que l’étau se resserre sur lui et qu’il rejoigne dans une prison inconnue le chef de file du syndicat. Dans l’oubli que le président et la junte ont creusé méthodiquement pour les opposants.
9h27.
Le capitaine Orlando a enfilé ses gants immaculés. La voix fatiguée de sa mère
l’assaille encore. Elle est inquiète et sans nouvelles de son frère. Il a tu ce
que le bon sens lui soufflait. Armando sera bientôt, à moins d’un miracle, un
homme mort. Il l’a laissée s’abandonner à un flot de paroles apaisant. Long
filet de gémissements, de plaintes qui apaise et draine tous les malheurs que la
rue rapporte. Derrière la tension et la vieillesse mêlées de cette voix, il
perçoit en sourdine un concert de sons mats ; les voisins sont aux fenêtres
tapant sur leurs casseroles. Il perçoit les portes qui claquent et le
rassemblement qui enfle et monte jusqu’au palais où va se tenir le discours
présidentiel. Ultime provocation pour saluer une victoire truquée. Les paroles
de sa mère semble ne plus se tarir, se gonflant des morts qui se déverse des
portes de l’hôpital, tabernacle des mots tus de ce peuple qui l’a vu grandir et
qu’il a quitté pour une solde, un travail, un repas. Cette voix l’enveloppe,
comme lors des jours d’enfance, sans répit. Il est l’heure de rejoindre son
poste, derrière l’homme fort, en deçà des gardes du corps. Son revolver
d’ordonnance ne bougera pas. Il caresse dans sa poche intérieure droite un
browning de femme, joujou qu’il a dérobé en vue d’un crime sans signature. Il ne
sent pas la morsure froide de l’acier. 9h45.
Devant un micro, un homme s’écroule. Juste avant le chaos, cet instant irréel.
Miracle ou délivrance. Dans la masse qui gronde au bas du balcon présidentiel,
au sein des gardes prêts à faire feu ou dans le maintien brusquement relâché des
officiels, tous sentent, en un moment fugitif, le poids du temps qui bat, qui
marche, qui obère. Sous l’épais brouillard sale, quelques rayons
percent.
Consigne 66 (Toltek)
Mardi, 9h50
« Merde, j'avais pas sauvegardé depuis au moins une heure ! Oh non ! »
Les néons se sont éteints, le moniteur a brusquement cessé d'afficher quoi que ce soit, et c'est mon collègue Lucien que je viens d'entendre beugler du bureau d'à côté. Les onduleurs ont commencé leur perfusion d'électrons dans les veines des serveurs sur lesquels ils veillent : leur bip-bip ressemble à une sérénade mélancolique.
« Oh, ne vous inquiétez pas, ça ne durera pas plus de 10 ou 15 minutes, comme d'habitude » entends-je la secrétaire tenter de rassurer ce pauvre Lucien.
Moi, je m'en fiche, j'ai un portable. Je viens de l'éjecter de son socle. J'ai encore 3 heures d'autonomie. Je peux continuer à bosser tranquille.
Mardi, 11h45
Plus que 1h et 8 minutes d'autonomie, me dit M. Windoz avec une précision imbécile. Le courant n'est pas revenu. Mes collègues ont promené leur désoeuvrement dans les couloirs. La pause, au début si bienvenue, commence à s'éterniser. Quasiment plus personne ne peut travailler. Les téléphones ne fonctionnent plus non plus, j'apprends donc que la fée électricité s'est aussi infiltrée là-dedans. Le café est froid. Par la fenêtre, je vois bien 6 ou 7 groupes de gens dehors, en train de fumer ou discuter. Apparemment la panne touche au moins tout le quartier. Les onduleurs se sont vidés de leur sang il y a déjà un moment et un silence étonnant règne maintenant en salle serveurs. Je crois que je vais aller déjeuner. Mais je vais éteindre mon PC avant.
Mardi, 23h30
Je profite des derniers soubresauts de ma batterie pour écrire ces quelques phrases. Plus de courant depuis ce matin. Quand je suis sorti ce midi, il n'y avait pas de métro. Les feux tricolores me fixaient de leurs trois yeux morts. Le restaurant où j'ai mes habitudes servait des sandwichs. Les gens en parlaient, se posaient des questions. Je suis rentré chez moi. Pas de télé, pas d'Internet. J'ai ressorti mon vieux radio-cassettes à piles. Aucune émission sur aucune fréquence. Ils ne sont pas censés avoir des générateurs de secours ? Aucune des personnes que j'ai appelées avec mon téléphone portable n'avait de courant. Je n'ai pas eu le coeur à bouquiner. Je suis resté à regarder le congélateur dégeler lentement et emporter mes victuailles dans la débâcle.
La nuit est tombée, j'ai déstocké des bougies et pu dégotter le briquet que j'avais quand même gardé après avoir arrêté de fumer.
Et me voilà, en train de tapoter sur ce clavier, à la lueur livide de l'écran, qui s'éteindra inexorablement dans quelques minutes (vous devriez enregistrer tout travail en cours, oui, merci M. Windoz).
Je me fais l'effet d'un homme préhistorique blotti près de son feu mourant dans sa caverne noire et froide.
Et si demain ce n'est pas revenu ?
Consigne 66 (Stipe)
Ca
c'est les six bières, je le savais que ça loupera jamais. C'est pas les trois
whiskys, le whisky ça donne la migraine, mais pas l'envie de pisser. Ou alors
les deux litres de rouge ? Non, ça ça donne envie de gerber. Nan c'est les
bières, sûr. Bon ben quoi qu'il en soit faut que je me relève si je veux pas
m'inonder. En pleine nuit. Quelle heure il est, au fait ? Ben il est passé où
le radio-réveil ? J'en tiens une, moi… Il est de l'autre côté, suis-je bête !!
Enfin j'espère… Ben !! Ben d'où qu'il est parti, c'est quoi ce bordel ? Bon
j'allume, tant pis si elle râle.
Clic.
…
Clic Clic
…… ???
Clic
Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic Clic
………
!!!!!! ???????
Comment
ça, "clic" mais pas de lumière ? COMMENT CA ?? Pas de radio-réveil,
pas de lumière, je suis pas électricien mais ça sentirait pas la panne de
courant ça ? Hum ?
Mais
en quel honneur une panne de courant ? Y'a pas eu d'orages, j'ai rien entendu. On
a réglé la facture EDF, j'en suis sûr. Chèque de 138.69€, merci bien, un peu qu'on
l'a réglée !! Ils ont pas le droit de nous couper le courant, ces fumiers là !
FUMIERS !!
Bon
faut que j'arrête de m'agiter, madame commence à grogner… Si ça se trouve c'est
de sa faute, elle a encore allumé le four thermostat 15 en même temps qu'elle a
mis une machine de serviettes à 90°, réglé tous les radiateurs sur 7 et laissé
la télé allumée sur toutes les chaines en même temps. Forcément que ça fait
plus de 15 mA et que ça disjoncte, forcément ! Si c'est pas pour me faire chier
alors c'est pour quoi qu'elle a fait ça, hum ?
Mouais…
Ou
alors… L'alarme. Le voyant de l'alarme ! Eteint, lui aussi ! Le voyant de
l'alarme éteint alors qu'en cas de panne de secteur il est censé clignoter,
alimenté par sa batterie interne ou je sais-pas-trop-quoi, pour signaler que
l'alarme n'est plus active. Quelle autonomie ?, j'en sais rien. Mais en
attendant, il ne clignote même pas. Elle est désactivée depuis combien de temps
?
Bon
faut que j'agisse, là.
Les
voleurs sont encore sûrement dans la maison. Ils ont dû garer un 38 tonnes
devant la porte et ils nous déménagent les meubles depuis plusieurs heures. Ils
doivent être au moins cent-cinquante, armés jusqu'aux dents du fond.
Si je
me lève pour aller les assommer par surprise, je vais me cogner partout et ils
vont m'entendre et me fracturer des os et je vais me pisser dessus et ils vont
violer ma femme et peut-être moi et foutre le feu pour pas qu'on retrouve leurs
traces. Mouais…
Bon,
on va plutôt favoriser le plan B.
Qui
est ?
Euh…
Ah
oui !
"
CHERIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !!!!! Au secours chérie c'est horrible
y'a des voleurs ils ont coupé le courant et ils sont en train de nous piquer
toutes les chaînes de la télé et tous les thermostats du four et toutes les
ampoules et ils vont te violer avec un 38 tonnes chérie c'est horrible vite
enfuis toi et en plus j'ai envie de pisser.
- Calme
toi, mon amour…
- Mais
chériiiiiiie !!!
- Mon
amour, tu as bu hier soir ?
- Oui,
un petit peu… Mais que de l'alcool, hein, pas de thé !! Je t'assure que si j'ai
envie de pisser c'est parce que…
- Mon
amour, tu es fin saoul ?
- Oh
chérie, fin saoul, fin saoul… Comme t'y vas ! Disons raide bourré, tout au mieux…
- Mon
amour, tu peux te rendormir tranquillement. Il n'y a pas de voleurs. Il n'y a
pas de panne de courant.
Mon amour, rappelle-toi : tu es aveugle depuis plus de 15 ans.
- Ah
mais oui c'est vrai !
- Tu
es rassuré ?
- Oui
chérie…
- Je
peux éteindre la lumière ?
- Non,
laisse allumé. J'ai peur dans le noir…
Le coup de la panne (Cartoonita)
1 instant de silence soudain.
2 garçons qui –innocemment– s’exclament : « Mais,
qu’est-ce que c’est ? ».
3 secondes pour que la donzelle comprenne que le courant a
–inopinément– sauté.
4 mains qui entament une excursion sur le corps de la belle.
5 gloussements excités de l’amie serrée au plus près.
6 degrés en plus au thermomètre dans la pièce.
7 doigts qui s’attèlent sur le zip d’une fine robe d’été.
8 vêtements divers qui s’amoncellent sur le parquet
O_o \(^o^)/ //CENSURÉ\\ °_° ^_^
Au sol, 9 produits manufacturés à base de latex
La promesse, 10 fois, d’une nouvelle soirée dans le noir
Après la tempête (tilleul)
Quel jour
sommes-nous ? Vendredi ? Vous êtes sûrs ? Il est grand temps que
j’envoie mon défi alors ? Pour le taper,
il n’y a pas de problème (tant que la batterie de mon portable est chargée…)
mais pour l’envoyer, si cette panne de courant dure, je me demande comment je
vais faire… Le soir, je m’éclaire avec des bougies, et pour me laver, je fais
chauffer de l’eau sur la gazinière… J’ai l’impression de vivre au début du
siècle dernier. Sans internet ni télé, j’ai perdu les contacts avec le monde
extérieur… L’habitude de
tourner le robinet pour avoir de l’eau chaude, de pousser sur le bouton de
l’aspirateur pour nettoyer, de se servir de robot, moulinette, mixer…Avez-vous
remarqué qu’il existe une machine électrique pour toutes les tâches
ménagères ? (Le voisin, se
rase dans sa voiture avec la prise de l’allume-cigare). Il est interdit d’ouvrir
le congélateur… Le matin, mon réveil radio ne marche pas… Heureusement que le
soleil se lève tôt… Cette panne
dure depuis deux jours… C’était la
nuit, un terrible orage a éclaté et les bourrasques de vent ont arraché les
câbles trop vieux. En un instant, toute la rue s’est retrouvée dans le noir… Le
dieu Eole s’en donnait à cœur joie, il faisait valser les tôles de l’étable
voisine, il déracinait les arbustes (le boule de neige et le merisier de mon
jardin se sont retrouvés dans une position oblique…) Je n’étais pas rassurée,
craignant à chaque instant que le toit de la maison
s’envole… Maintenant, le
calme est revenu… les ouvriers d’Electrabel s’affairent de tout côté pour réparer
les dégâts… Mais, qu’est-ce que j’entends ? Le frigo recommence à
ronronner, les spots de la cuisine sont allumés… Youpi ! C’est
réparé ! Je poste tout de
suite !
Why don’t we do it in the road ? (Joe Krapov)
Ce samedi-là, j’avais pris le bus n° 11 à 13 h 38 et je fredonnais « One after 909 » de l’album « Let it be » des regrettés Beatles. Le bus qui me mène au centre de la bonne ville de 35000 Rennes dessert, sur toute sa longueur, 38 stations aux noms plus ou moins poétiques : Petit pré, Trois marches, Vallée, Liberté, Place de Bretagne. Je suis descendu à Champs libres pour me rendre à la bibliothèque du même nom. J’ai fait quinze pas sur le boulevard Magenta, j’ai tourné à gauche et 50 mètres plus loin je suis entré dans le bâtiment en forme de pyramide renversée imaginé par M. Tatin de Portzamparc.
A Rennes, nous n’avons pas de pétrole mais nous avons du RFID. La restitution des six documents que j’avais empruntés est donc effectuée par une seule personne, en l’occurrence moi-même, sur une des deux plates-formes qui utilisent l’identification par radiofréquence. C’est nouveau, ça vient de sortir. Bientôt nous-mêmes serons équipés d’une puce identique et cela permettra au Système central de savoir toujours où nous sommes, alors que la question serait plutôt de savoir où il se croit, lui, le Système central.
Après avoir déposé délicatement mes livres, disques et dévédés dans une des six poubelles ad hoc, je me suis dirigé vers l’ascenseur. En effet les dévédés sont installés au cinquième étage et si j’ai le droit d’en emprunter deux, je n’ai pas toujours l’énergie suffisante pour « ne pas oublier de grimper là-haut » : ce n’est pas Rio et cinq étages ce n’est pas rien. J’ai donc attendu sagement en fredonnant « When i’m sixty four » que la flèche lumineuse cesse de clignoter, qu’un 0 s’affiche à sa place et que « Shazam ! » la cabine s’immobilise et les portes s’ouvrent.
Trois personnes sont sorties et je suis entré, seul. J’étais en train d’appuyer sur le bouton n° 5 quand une jeune femme blonde s’est infiltrée entre les portes coulissantes pour me rejoindre dans l’habitacle.
Comment vous dire la sensation de stupeur qui s’empara de moi à ce moment ? Qu’eussiez-vous ressenti vous-même, à ma place ? Le visage poupin, angélique de la jolie dame blonde, je venais de le voir un instant plus tôt encore sur la pochette du DVD « Troublez-moi ce soir » que je venais de restituer. Je zyeutai de plus belle : c’était bien Marilyn Monroe qui était là ! Le plus surprenant était qu’elle me regardait tout aussi effarée, comme si j’étais moi-même devenu d’un seul coup Yves Montand ou John Fitzgerald Kennedy !
Je restai silencieux, sifflotant tout juste « Eight days a week » pour me donner une contenance. Je n’osai même pas lui demander si elle voulait que j’appuie sur le bouton 3 ou 4. D’ailleurs, nous étions déjà presque rendus au 3e quand soudain, histoire d’ajouter un grain de piment à ce récit qui n’en manque pourtant pas, la cabine stoppa brutalement et le noir se fit.
Nous attendîmes un moment en silence, comme sur les bords d’un lac d’Irlande, que la cabine aux parois de laque qui déconnait redémarrât. Mais « Kill que nenni ! », comme on dit dans les pubs de Dublin ! Cela devenait gênant. C’était peut-être la fin du monde. Nous serions alors le dernier couple sur la Terre et soudain, au moment où nous ne nous y attendrions plus, quelqu’un frapperait à la porte, comme dans une nouvelle de Charlie Brown, ou un auteur avec un nom comme ça.
Je dois dire que jamais je ne connus de ma vie silence plus gênant. Je me rappelai un sketch de Pierre Desproges à propos d’ascenseur, lui aussi. Au bout de deux ou trois minutes qui me parurent plus longues que sept ans de réflexion, j’allais appuyer sur tous les boutons pour déclencher un signal d’alarme, appeler, nous manifester quand la célébrissime blonde platine balbutia la première :
- Excusez-moi… Je sais que je vais vous
demander quelque chose d’inattendu mais c’est cela ou trépigner et crier. Je
suis sujette à des crises d’a…1![]()
et dans des circonstances e…2![]()
j’ai besoin qu’on me … Comment vous dire
cela… Accepteriez-vous de me b…3![]()
![]()
Quoi ? Moi ? B…4![]()
Marilyn Monroe dans un ascenseur en
panne ? Jamais je n’eusse imaginé cela même en rêve ! Elle vint se
blottir dans mes bras et je lui caressai le dos. Elle sentait bon, elle avait
des rondeurs intéressantes et je regrettai bientôt qu’elle portât autant de
tissu par-dessus son Chanel n° 5. D’un seul coup elle é…5![]()
. Je sortis le plus élégamment possible ma b…6![]()
de mon p… 7
et lui tendis l’objet afin qu’elle se m…8![]()
avec. Elle le fit lentement, délicatement.
- Excusez-moi. Je suis très e…9![]()
![]()
- Reprenons, voulez-vous ? J’ai l’impression que ça vous fait du bien.
- Oui. Vos mains sont très douces, très réconfortantes. Ca me calme bien. Vous pourriez me chanter quelque chose en même temps ?
Qu’est-ce qu’on peut bien chanter en b…10![]()
Marilyn Monroe ? Quand même pas « Mélanie »
de Georges Brassens ! Quoique… Brassens ? La situation me rappelait
sa chanson « L’orage ». Je lui fredonnai donc, tout en pratiquant mes
massages, la chanson du grand Georges à propos du petit Benjamin Franklin qui
était un gars du tonnerre. Après cette première accalmie elle se remit à
s’agiter et cette fois, au finale, c’est moi qui é…11![]()
![]()
- Je crois que j’ai attrapé vos m…12![]()
! lui-dis-je un peu piteux.
A ce moment-là la lumière revint et l’ascenseur reprit sa montée. Nous nous rajustâmes, un peu gênés, et atteignîmes le cinquième étage. Les portes s’ouvrirent, je la laissai passer la première. Sur le palier, elle se tourna vers moi et me dit :
- Je vous remercie beaucoup, monsieur Depp. Vous avez été très bien, Johnny !
- Mais vous aussi, Miss Marilyn, répondis-je. Seulement… Je ne m’appelle pas Depp !
- Comment ? Vous n’êtes pas Johnny Depp ?
- Je suis désolé. Je m’appelle Joe Krapov. Ma carte de bibliothèque qui porte le n° 10501050 peut en faire foi !
A peine avais-je prononcé cette ineptie qu’il se passa quelque chose d’étonnant. Elle se métamorphosa proprement sous mes yeux et me regarda avec des yeux comme dessillés. Elle était devenue une lectrice des Champs libres, encore séduisante certes comme toutes les Rennaises , mais ce n’était plus Marilyn Monroe, donc c’était différent.
- Je ne suis pas Marilyn Monroe non plus. Je crois que je faisais une expérience pour un atelier d’écriture. Il fallait que je raconte ma rencontre avec une célébrité.
- C’est drôle ! Moi je devais raconter une panne de courant pour le Défi du samedi !
Je m’enhardis d’un seul coup.
- Nous pourrions peut-être nous revoir, ne serait-ce que pour écrire ensemble ou échanger sur les consignes… Entre écrivants…
- Je ne crois pas que ça va être possible. D’abord, on ne se mélange pas à Rennes, même si on agit dans le même secteur. Et puis… ça va bientôt sonner.
- Qu’est-ce qui va sonner ? Les Champs libres ? Mais il n’est que 14 h 15 !
- Non. Le réveil. Le réveil de Tiniak !
***
Au moment où le réveil a sonné, j’ai regretté d’avoir accepté ce voyage. A vrai dire, je n’ai pas accepté ce voyage au pays des rêves du Doctor Robert Tiniak dit aussi « The Fool on the hill ». C’est lui qui a rêvé de moi, m’a réinventé et j’ai comme ça un ou plusieurs avatars sur Internet qui font n’importe quoi dans trois ateliers d’écriture différents et dans la tête d’internautes plus ou moins inconnus. La semaine dernière j’étais un lampadaire se lamentant contre des clébards à la patte légère. Hier j’étais petit mitron vantant les possibilités érotiques du petit boudoir de Mademoiselle puis tout de suite après, Sancho Pança Enthoven, philosophe musicien. J’ai voyagé de Jersey aux îles grecques, je suis Néron parfois, vampire, détective privé et, dans les ascenseurs, je termine ma course dans le pays des rêves d’un autre avatar qui habite dans un sous-marin jaune sous les combles et m’imagine en Alexandre le bienheureux marié à Romy Schneider. Pourquoi dirais-je non à cette vie en Fantaisie qui me ravit ? Quand Tiniak se fait une sieste Kaléïdoplumiennes il m’envoie fricoter avec des créatures de cinéma au milieu de chansons des Beatles alors que les Champs libres, d’habitude, c’est plutôt « Repères contemporains » et « Ethnologie des bagadou expliquée aux bobos par une célébrité parisienne ayant reçu la bénédiction d’Ouest-France». Je vis une chouette vie, non ?
Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il a censuré au réveil les mots dont la liste suit :
1 angoisse
2 exceptionnelles
3 berce
4 bercer
5 éternua
6 boîte de mouchoirs
7 porte-documents
8 mouchât
9 enrhumée
10 berçant
11 éternuai
12 manières
Je serais lui, j’irais sans tarder demander une consultation à Zigmund Freud. Même à la bougie, ce devrait être éclairant !
25 juin 2009
Consigne 66 (rsylvie)
Votre participation à la consigne 66 tournera autour de la panne de courant. Ah ! Une contrainte !Votre récit comportera au moins dix nombres On en était à la 5ème partie de C’était
Doloresse, l’épousée de mon partenaire de jeu. Une charmante dame
originaire du Portugal, qui autrefois entretenait les sanitaires du
terrain de camping de notre village, en ayant plus particulièrement la
charge de la partie réservée par les salariés travaillant chez EDF.
D’où, à cet instant précis, cette familiarité envers eux, Agée
d’au moins 7 fois 10, voire pratiquement 4 par 20, elle déboule chez
nous, en moins de temps qu’il ne faut pour appuyer sur l’interrupteur. Seulement cette fois-ci, rien. Que NENI, NADA….. La panne de courant. Nerveusement je m’acharne 1 fois, 2 fois je recommence -« Dire que de mon temps un frottement et la lumière jaillissait Ha l’est beau votre monde moderne avec tous ces un jour, yé finira tous étouffer dans la toile m ‘rappelle la première Rappelles-toi la première fois que quand merveille du monde. Et puis, ils nous ont bien assuré qu’il n’y avait aucun danger, d’ailleurs, il n’y a qu’a Souviens-toi, d’nos balades improvisées au grés du vent, quand nous jouions à réver de la tour EIFFEL -« Yé ben vrai tout ça, mon Ramon » ! Allé vous deux, c'est d'circonstance yiennent nous réparer tout ça
(que d’ailleurs, je gagnais allégrement par 9 à 3), face à
mon rival de toujours, Ramon notre voisin, quand soudain tout à pété !
A peine le réflexe d’interrompre le smatch que j’étais entrain de réaliser que j’ai entendu comme un cri et 


-« voyons ma fleur, tou ne devrais pas parler ainsi du progrès.
qui fut installée. Au village tous se réjouissaient de la modernité et dou confort qui allait nous adoucir la vie.
trônait sur la table, comme si c’était la 8ème
léver les yeux.
mé rappelle les monstres d’autres fois, qué sont devenus
yé beaux zoiseaux dé maintenant .
y’avoue qué tou as réson.
clic (shivaya-warduspor)
Non, pas ça ! Non, dites-moi que c'est pas ce que je crois ! Pas le coup de la panne, non non ! Et justement pour clore ce week-end en solitaire... Où sont les allumettes ? A-t-on seulement des allumettes quelque part ? Nooon. Si ?
On peut pas ne pas en avoir, c'est pas possible. Oh noooooon. Où elle a bien pu les mettre ? Allez... respire. Schh... schh... schh.... ça va aller. Calme. Compte jusqu'à dix... Un... Schhhhhhh... Deux... Schhhhhhh...
Et si c'était pas une panne... Si c'était... si c'était... genre... une grève ! Une panne ça se répare, on intervient, on vole au secours du citoyen ; mais une grève ! On sait quand ça commence, mais pas quand ça finit. Comme celle du dix-huit, là... Oh non, les mecs, pas au coeur de l'hiver, merde ! Les nuits sont loooongues, chier ! Des allumettes !!!
Ou alors c'est une attaque terroriste ? C'est possib' ça que des terroriss' y nous terrorisent comme ça ? Sûr... c'est sûrement possible... oh la la. C'est quoi le numéro pour ça ? Le 15, le 112, ça d'accord, mais non... le 911, c'est pas chez nous. Oh nooooooon. Pourquoi c'est si noir, la nuit?! Où sont ces foutues allumettes ???
Attends, on est au vingt-et-unième siècle et pas moyen de trouver un allumette chez soi, c'est pas une vie !... roooh euh, et merde aussi, il est nul ce truc à plaques électriques ! Un bon vieux four à gaz, avec des brûleurs qui brûlent longtemps. Aïe ! putain, c'était quoi ça ?
Y a quelqu'un ? Sans déconner les mecs, arrêtez ! Allez, quoi ! Prenez tout c'que vous voulez, y a un billet de cinquante dans le tiroir... Juste pas les allumettes si vous en trouvez ! Aïe ! Putain mais c'est quoi ce chat ? Aaaah !... Tigrou ? Tigrou c'est toi ?
Con ce chat, aussi !
Bon, pas d'alloufs, d'accord. Panne secteur en plus, pas de lampadaires ? Ah si. Ah. Mais au quinzième les lampadaires.... bon... euh... quoi ?... hein, quoi ?... Qu'est-ce que je vais faire moi ?... Petit déjà, j'aimais pas être dans le noir... J'ai jamais joué dans les placards fermés, moi. Non. Non, non non... Oui ben, non, j'aime toujours pas... J'ai grandi, j'ai vieilli... mais non. Toujours pas. Là, lààà... je vais où moi ? Euh... dans la chambre ?
Aïe ! Merde ! C'est quoi cette porte ? Chuis où là ? Oh putain... Hein ? C'est quoi ce bruit ? Qui qui rentre chez moi ? Qu'est-ce qui s'passe ?
Putain, putain, putain !... Ah non, mais comment je fais, moi, s'ils sont armés, les gus ?... Non, mais COMMENT JE FAIS ?!... Putain, ça vient!... ça vient par ici, non ?
- Chéri ? Chéri ? T'es où ?... Ben qu'est-ce que tu fais dans le noir ?
CLIC
- M'enfin chéri, c'est quoi ce bordel ?
intérieurs nuit (tiniak)
Et puis ce fut le noir complet.
La lourde porte réputée inviolable avait cédé comme prévu. Il leur restait quinze bonnes minutes pour achever de boucler leurs trois sacs bourrés de coupures de dix, de vingt et de cent, puis déguerpir avant que le brouilleur de codes électroniques ne soit repéré pas la prochaine mise à jour du système.
Elle avait mis les petits plats dans les grands, c'était peu de le dire. Elle recevait quelques collègues et leur chef de département. Parmi ces huit invités, il y aurait le beau Sean. Tout était fin prêt, des petits encas au soufflet dans le four qui croûtait gentiment – thermostat six. Elle se résolut à passer sa dernière acquisition vestimentaire : une folie, bien sûr.
Ils s'embrassaient comme s'ils devaient mourir demain et leur baiser, parmi les tout premiers, leur promettait d'atteindre bientôt le septième ciel. D'ailleurs, ils s'élevaient en effet vers le cinquième étage, dans l'ascenseur cossu qui leur offrait enfin un peu d'intimité.
Il avait parié gros. Obligé. Ces gains lui rapporteraient de quoi se refaire et il était grand temps. Pour ainsi dire, il avait joué à quitte ou double. On approchait les toutes dernières minutes du match. Le score lui était favorable, mais de peu. Il tendit la main vers sa quatrième canette.
Elle refermait doucement la porte d'entrée en réprimant un gloussement de satisfaction. Mais le sourire qu'elle avait esquissé retomba devant le capharnaüm qui l'accueillait dans le couloir. Evidemment, ses mecs, mari et enfants s'en étaient donnés à cœur joie et lui laissaient le plaisir de remettre tout ça en ordre. Tenant du bout des doigts le bracelet que Pierre lui avait offert, elle se demandait si le mettre parmi ses autres bijoux constituait une cachette valable.
Elle enjamba un camion de pompier.
zip, poum, aïeeeeeeeuh !
ah nan, putain ! nan nan nan !
oh ? tsi hi.
et merde !
c'était qu... wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Le coût de la panne (Poupoune)
Lors d'une panne de courant ma mère, enceinte de sept mois, a chu dans les escaliers et a dévalé cul par-dessus tête soixante-douze marches et deux paliers. Après que trois chirurgiens et six infirmières se sont acharnés sur elles pendant treize heures, j'ai été sauvé mais elle non.
J'ai été placé en couveuse et sous respirateur, lequel a cessé de fonctionner pendant trente-sept minutes en raison d'une nouvelle panne de courant au terme de laquelle les médecins ont déclaré qu'ils ne seraient pas étonnés que j'en garde quelques séquelles.
Mon père, qui m'en a toujours un peu voulu pour le décès de ma mère, m'a néanmoins élevé quasiment de la même façon que mes cinq frères et soeurs, même si j'ai vite remarqué que j'étais de corvée de vaisselle cent-quatre-vingt-trois jours sur trois-cent-soixante-cinq alors que, si on compte bien, ç'aurait dû être beaucoup moins vu qu'on était six.
Un jour que, pour la huitième fois consécutive, c'était mon tour de débarrasser la table, j'ai été surpris par une coupure de courant alors que je m'acheminais, chargé d'une haute pile de quatorze assiettes, vers la cuisine. Le pied d'un de mes frères, à moins que ce ne fût celui de mon père, s'est malencontreusement glissé devant les miens, provoquant ma chute ainsi que celle de mes assiettes sales. Jouant de malchance, il a fallu que je les fasse tomber sur les douze verres posés sur la table et rien ne fut sauvé dans l'accident. Pas même mon oeil gauche.
J'avais espéré que cette nouvelle tare me vaudrait au moins un nouveau sobriquet, mais non. Toute la famille continua de m'appeler « tête d'ampoule » alors que, outre les circonstances amusantes dans lesquelles j'avais perdu une partie de mes facultés mentales, ce surnom me rappelait aussi douloureusement le décès de ma mère.
En revanche, l'incident me valut une nouvelle punition et je fus expédié en pension, à quatre-cent-cinquante kilomètres de la maison. Là, je suis vite devenu la tête de turc des cent-vingt-neuf autres pensionnaires, mais au moins ont-ils eu le bon sens de me surnommer « oeil de lynx ».
J'étais plutôt bien intégré, jusqu'au fameux jour de la boum. J'étais secrètement amoureux de la belle Margot, dont je m'amusais à compter les taches de rousseur en classe et, rien que sur le visage, elle en avait quatre-vingt-onze. A la boum, les copains m'ont dit qu'elle était d'accord pour que je l'embrasse alors, prenant mon courage à deux mains, je me suis dirigé vers elle, quand une panne de courant nous a plongés dans le noir. J'ai voulu profiter de l'obscurité pour mener à bien mon entreprise malgré ma gêne et mon embarras, mais, quand la lumière est revenue, je fus surpris tâtant les miches replètes de Madame Mongerin et je préfère ne pas évoquer l'endroit où ma langue s'agitait en quête d'un baiser de la jolie Margot.
On me surnomma alors « déviant sexuel juvénile » et je fus expédié dans un établissement spécialisé où, au terme de neuf séances avec un docteur, il fut décidé que je resterais enfermé pendant trente-six mois. Au cours du trente-quatrième survint une panne de courant pendant laquelle je voulus aider en brûlant quelques allumettes. Un mauvais courant d'air entraîna l'accident bête et l'ensemble du bâtiment brûla, ainsi qu'une poignée de pensionnaires et médecins, au nombre de vingt-trois. Il fut alors décidé que mon séjour serait prolongé jusqu'à ma majorité.
Il devait également m'être administré un nouveau traitement à base de chocs électriques dans mon cerveau, mais de nombreuses coupures de courant ont mis à mal cette tentative et pour finir je n'en ai bénéficié que seize fois au lieu des quarante-huit prévues initialement et je fus relâché, plus par dépit, je crois, que par bon sens.
A peine dehors je décidai de me prendre en main pour réussir ma vie et j'allai voir le travailleur social qui devait m'aider. Il m'offrit une boisson au distributeur et, alors qu'il attendait la sienne, une panne de courant stoppa net la machine. Désireux de bien faire j'essayai de lui obtenir néanmoins sa boisson et, alors que j'avais une main dans la machine et l'autre en appui sur son bras, le courant fut rétabli et je fus traversé d'une décharge qui ne me fit ni chaud ni froid mais le tua, lui, sur le coup.
J'ai été arrêté et jeté en prison. Mon procès dura vingt-deux jours au terme desquels je fus reconnu coupable à l'unanimité des douze jurés et condamné à mort. Le jour de mon exécution, alors que j'étais ficelé à la chaise électrique, une panne de courant me sauva la vie et j'obtins une grâce exceptionnelle.
Ce jour-là, j'ai décidé de mettre à profit la chance qui m'était donnée et d'apprendre le métier d'électricien.







