16 mai 2009

Acidité (Martine 27)

"Assis" dit Thé la maîtresse (pardon la professeure des écoles) en entrant dans la classe des petits Défiants.

"Aujourd'hui rédaction"

"Ah non" s'exclament-ils tous en choeur.

"Ah si !" dit Thé "Le thème sera l'Acidité et vous êtes priés d'écrire en Arial taille 12, allez sortez vos feuilles et au travail"

Ca grommelle dans les rangs.

"Comment veux-tu arriver à faire des bons mots avec ça"

"Et puis moi j'aime pas Arial"

"Et d'abord comment veux-tu qu'on arrive à écrire en Arial, moi je sais écrire qu'en Script"

"J'aime pas le citron"

"J'aime pas le vinaigre"

"Je m'en vais retourner dans les grandes plaines du far-west"

"Et les montages photos comment on les fait en Arial je vous le demande"

"Et moi qui aime mettre des petites images partout ben je vois pas comment ça va passer inaperçu"

"Vous croyez que je vais arriver à caser Miss Chasseriaux là-dedans ?"

"Et les vidéos vous en avez vu beaucoup vous en Arial"

Bref, c'est la révolution dans la classe des Défiants, ils râlent après la 60ème consigne, faut dire que Thé la prof leur en donne à faire des rédacs, c'est de l'acharnement, au moins une toutes les semaines, comment voulez-vous ne pas être un peu acide après ça.

"Acidité, acidité est-ce que j'ai une gueule d'acidité"

"Ah si dit Te(b), il y a un truc auquel elle n'a pas pensé la prof, elle a pas dit s'il fallait écrire justifié, centré, à gauche ou à droite"

"Ouais pas bon jusqu'à maintenant on est pas des masses à avoir écrit en centré"

"T'es pas positif toi tiens !"

"Non, je suis acide voilà"

"Alors les enfants" dit assise Thé "ça avance ?"

"On réfléchit"

"De toutes façons nous on est pas acide on est tout doux et gentil"

"Je ramasse les copies" dit Thé à ses élèves "Mais c'est quoi ça, c'est la révolution ? Il n'y a rien d'écrit sur vos feuilles"

"Ah si" disent-ils "regardez en deuxième page"

Et Thé la prof voit écrit en Arial taille 12 bien appliquée le même mot sur toute les copies "Acidité".

Ca ne va pas être facile à noter ça !

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L’acidité met la Reine Divine aigre (Papistache)

L'As de pique dit : « Thé ! »
Et la Reine de cœur, que dit-elle ?
« Thé  aussi ! » fait la Reine Divine.
Le Roi se tait ; son amie Tiphaine
accroche des ailes aux carreaux.
Il rêve qu’elle enfante des fées.
Le valet — vas-y, coupe ; c’est à toi —
dresse sur le trèfle, — c’est l’été —
les thés de l’As et la Reine.
Divine, la Reine, suppe sa tisane de thé, la trouve basique.
Elle hurle : « Du vinaigre pour mon thé ! »

Moralité :
L’As i’dit « Thé » mais la Reine dit « Vinaigre ».

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Acidité (Joye)

Il faisait beau, ce jour-là, il y a quatre ans. Ce jour-là, Majid avait pris un seau rempli d’acide et il l’a versé sur la tête de la belle Amenah, la fière, celle qui avait refusé de l’épouser, la garce !

 

Ce jour-là, le corps d’Amenah s’est mis enfin à fondre devant les demandes de l’homme qui la désirait.

 

L’acide a rageusement rongé ses jolis yeux noirs. Il a fait liquéfier son beau visage. Il a transformé la jeune femme en noix de beurre amer – aveugle et cicatrisé.

 

Voilà comment Majid et l’acide ont cherché à l’embraser, enfin.

 

- Je n’ai rien fait de mal ! a-t-il protesté encore, tout en se moquant acerbement de la « hideuse » lors du procès.

 

Mais la loi du talion précise autrement.

 

La loi du talion dit un œil pour un œil, un corrosif pour un corrosif.


Et parce qu'un homme vaut deux femmes, Majid perdra ses deux yeux. Le tribunal l'a condamné à recevoir dix gouttes d'acide sulfurique dans chaque œil. 

Amenah, qui avait proposé cette punition, au lieu de l'argent, a demandé au tribunal : « Retirez-lui ses yeux pour qu'il devienne comme moi ». 

- Ne vous inquiétez pas. Je saurai lui faire la leçon, susurre l'acide.

 

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ACID ULRIK (shivaya-warduspor)

ACID ULRIK

- Ach, t'as payé le péhache ?
- Ya, zalé !!!
- Tu feux dire : acide !


ACID VICHIOUSSE

- Ah, Sid! Tou as viou le cancert ?
- ACDC ? Yeah d'enfeeerh !
- YEAAAAAH !


ASSID IBOUSSAID

- Ah Sidi, vini voir par ici.
- Oui, mon ami.
- Li pique om po ton picrate, Sidi, nan ?
- Bon, c'est du Sidi Brahim, aussi.


ACIDE BARRETTE

- 'tain, tu sais quoi ? chui lysergique !
- A quoi ?
- A l'acide !!
- Ah naaaaande !?!
- Ah siiiiide !!
- Ah naaaaande !?!
- Ah siiiiide !!
- Ah naaaaande !?!
- Ah siiiiide !!
- Ah naaaaande !?!
- Ah siiiiide !!
- Ah naaaaande !?!
- Ah siiiiide !!
- Ah naaaaande !?!
- Ah siiiiide !!
- Trop foooooort !
- Ouééééééééé !


ACIDE ANIME

- Eh eh ! Eeeeeeeeeeeeeh ! Eh dis, eh eh !
- Hm ?
- Dis, eh, dis, t'as quoi dans ton pif, dis ?
- Ben placid et muzo, tiens !

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Consigne 60 (titmuchou)

Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, j’ai mis un pied devant l’autre, sans me poser de question.
Ce matin, pour la première fois, je suis sortie de la salle de bain, en jetant un coup d’œil furtif au reflet de mon image dans le miroir. Et j’ai pleuré. Pas des larmes de colère, ni de désespoir ! Non, des larmes de joie.
Ce matin, pour la première fois, je n’ai pas mis de foulard. Malgré le froid, j’avais envi de sentir à nouveau la caresse du vent sur ma peau… et puis je n’avais plus rien à cacher.
Ce matin, pour la première fois, j’ai préparé les petits-déjeuners sans inquiétude. Sans vérifier une énième fois si les bols étaient bien disposés comme tu le désirais. Sur les lignes qui se croisent, en partant de la 5ème après la grosse ligne noire qui vient juste après la petite rouge.
Ce matin, pour la première fois, quand j’ai débarrassé la table, J’ai osé porter à mes lèvres la rondelle de citron que tu mets toujours de coté, pour une éventuelle deuxième tasse de thé. L’aigreur du fruit acide m’a glacé le sang. D’un geste, j’ai chassé toutes les idées noires qui pourrissaient ma vie.

 

Ce matin pour la première fois, je me suis surprise à fredonner un air d’autrefois… cela à bien fait rire petit Pierre. Après avoir habillé les garçons, je les ai conduit à l’école sans porter d’horribles lunettes noires. J’ai regardé le monde avec mes yeux. Ceux que tu voulais garder, rien que pour toi « tant les étoiles qui se reflétaient sont lumineuses » disais-tu la 1ère fois que tu m’as abordée.

Ce matin, pour la première fois depuis que je te connais, je n’ai pas de bleu au cœur. Seule la couleur azurée de mon pull-over, tranche avec le gris du ciel. Dehors rien ne semble avoir changé, et pourtant ! Cela fait maintenant 8 heures et 43 minutes exactement, que la police est entrée dans l’appartement, alertée par des voisins qui n’en pouvaient plus des nuisances sonores de notre poste de télévision et de tes éclats de voix toujours plus forts, toujours plus violents.

 

Ce matin pour la première fois, je suis sereine, fini l’angoisse de tes pas dans le couloir.
Ce matin pour la première fois, je suis libre de penser, de parler, d'avoir des projets.
Ce matin pour la première fois, je sais que plus rien ne pourra me faire changer d’avis.
Ce matin pour la première fois, après avoir accompagné les enfants, je ne vais pas rentrer directement, comme tu me l’ordonnais toujours. Quand tu sortiras de la cellule de dégrisement je serai partie avec les gosses.
Ce matin, au commissariat, je vais signer ma déposition ….

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Alcide (Zigmund)

Alcide était décidément une buse en orthographe. Tout le reste tenait la route honorablement, mais, malgré un entrainement intensif, il lui était impossible de descendre en dessous des cinq fautes fatidiques qui lui plomberaient sa note au brevet. C’est donc avec aigreur qu’il répétait : « las ! Si dictée n’était comptée ! »

Plus tard, nul ne sait ce qui poussa Alcide, à se lancer dans la fabrication d’un alcool à partir de sa vigne. Ceux qui avaient essayé avant lui, n’obtenaient qu’une chose innommable, imbuvable, sucrée, pétillante et rigoureusement invendable. Mais Alcide était du genre obstiné, et faisant fi des conseils de ses copains écolos, il s’enferma dans son labo, pour ajouter divers produits chimiques, issus de flacons marqués d’une tête de mort, et ne lésina pas sur les acides variés, dans l’espoir de fabriquer un alcool intéressant. Prudent, il chercha un cobaye, pour goûter la chose encore fumante, et fit appel à Igor, russe exilé, et grand buveur. Il lui remit donc sa première bouteille prototype, en lui demandant de tester avec ses compatriotes. Quelques jours plus tard, Igor rendit son verdict : « intérrressant, trrrès forrt, mais il y a  petit prrroblème : quand moi pisser, çà trrrouer bottes ! »

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La Clémence est la fille de la félicité et de la pl-Acidité..(Sebarjo).

L'action se déroule dans le salon de la famille Hitté. Le père, Placide (Hitté), lit le journal installé dans son fauteuil, avec son chien Al (Hitté) couché à ses pieds. La porte d'entrée qui donne directement sur la salle de séjour s'ouvre. C'est la mère, qui rentre, Félice (Hitté).

 

 

Félice : Bonsoir !

Placide : Bonsoir, chérie.

Félice : Clémence n'est pas rentrée ?

Placide : Ah non elle n'est pas là ce soir. Elle va à un concert avec un copain... Eric Khol je crois...

Félice : Khol Eric ??? Ce petit nerveux ? J'parie qu'il ne l'a pas emmené à la salle Pleyel !

Placide : C'est sûr ! Je crois qu'ils sont allé au Blaff' Hard

Félice : Je vois ! Et ils vont voir quoi ? Roll over Beethoven ?

Placide : Ah ah !!! Ouais un groupe de rock dans le style certainement... Acidité qu'elle m'a dit... Tu sais ceux qui chantent (il se met à chanter un peu à la Guetary) Ah ouais t'es belle... quelque chose comme ça...

Félice : En un peu plus rock à mon avis...

Placide : Ca... il y a des chances ! Chacun son style hein ! L'accordéon est resté au placard et je suis au placard...

 

La porte d'entrée s'ouvre. Entre Clémence.

 

Félice : Tiens Clémence c'est toi ? Je croyais que tu allais au concert...

Clémence : Pfff... j'suis véner' ils l'ont annulé au dernier moment...

Placide : Bon c'est pas grave, ne sois pas si amère même si tu as raté Acidité (il éclate de rire tout seul)

Clémence, effarée et regardant sa mère : Il est ouf' le pater ! Il a fumé quoi là ??? J''comprends rien d'c'qu'il dit...

Félice : Il essayait de faire une blague...

Placide : Ben oui quoi... l'amertume... Comme tu devais voir le groupe Acidité... Ceux qui chantent Ah ouais t'es belle..., ben voilà quoi... Tu vois...jeux de mots...

Clémence : Acidité !!! Nan mais n'importe nawaq ! C'est pas Acidité c'est AC/DC ! Et c'est Highway to hell qu'ils chantent. L'autre eh ! Faut arrêter de croire que tout le monde chante des niaiseries dans le style de ton Luis Parano ou de ton Dario Moribond... Ouah l'autre eh, comment qu'il confond tout... Grav' le dad'...

 

Sur ces bonnes paroles, Clémence monte les escaliers pour se rendre dans sa chambre.

 

Placide, admiratif : Ouah ! Comme elle est Goethique ma fille !

Félice : Et surtout un peut trop hardie-rock à mon goût.

Placide : Oui bon... Je ne sais pas ce que ça donne au niveau du QI, mais côté PH c'est clair que c'est pas neutre !

Félice : c'est clair...

Placide : Grav'...

 

Le rideau tombe sur les rires en cascade de Placide Hitté et de Félice Hitté

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Liste des participants consigne 60

Adi, Berthoise, Brigou, Caro Carito, Janeczka, Joe Krapov, Joye, Laura, MAP, Martine27, Pandora, Papistache, PHIL, Poupoune, rsylvie, Sebarjo, shivaya-warduspor, Stipe, Tilleul, Tilu, Tiniak, Tiphaine, titmuchou, Val, Vegas sur sarthe, Virgibri, Walrus, Zigmund

Cette liste étant publiée, vous comprendrez qu'il nous est dorénavant impossible d'accepter toute nouvelle contribution. Merci de votre compréhension.

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Camélia (PHIL)


J’ai appris quelque chose, ce midi, et ainsi je me coucherai moins bête ce soir. A dix-huit ans, tout le monde devrait savoir cela, vous croyez ? Et ben pas moi. Scientifiquement, je ne suis pas une lumière.  

Hier j’étais accoudée à la rambarde du balcon, occupée à ne rien faire et à alimenter mon spleen, quand mon père m’a proposé de l’accompagner sur la côte pour ses affaires. Fanny, demain on va à la mer, il a dit, ça te changera les idées. Il vend des maisons de schtroumpfs, mon père. J’ai horreur des schtroumpfs. Et j’ai horreur des lotissements. J’ai même horreur de la campagne. Je suis une fille de la ville, j’aime la rumeur de la ville, c’est pour ça que j’aime bien glander sur le balcon au lieu de réviser mon bac. Sans trop savoir pourquoi, j’ai dit OK à mon père, et j’ai ainsi passé la matinée à arpenter une plage de galets gris enchâssée au pied d’une falaise pendant qu’il vaquait à ses occupations professionnelles.

Présentement, nous sommes assis face à face dans la salle vieillotte d’un restaurant hors d’âge. On se croirait dans un film de Tati. Perso, j’ai choisi des maquereaux un peu au hasard, parce qu’on est à la mer et que ça m’a rappelé les groseilles à maquereaux que je boulottais autrefois, pas mûres, dans le fond du jardin de Mémère Henriette. Je grignote du bout des lèvres pour faire plaisir à mon père. C’est alors que la corne de brume de son téléphone mobile se met à retentir, et tu voulais de la rumeur, ma fille, te voilà servie, après le raffut du ressac sur les galets de la plage, c’est plutôt pas mal. Je l’ai entendu déblatérer avec son client sans trop y prêter attention, je ne suis pas du genre à écouter les conversations des autres, et voilà qu’une phrase s’est détachée du lot et s’est égarée du côté de mes tympans, sans doute parce qu’elle n’avait pas de rapport évident avec le commerce des maisonnettes. J’ai compris qu’il n’était pas possible de planter des camélias je ne sais où parce que vous comprenez, il faut un terrain acide et que voilà.

Un terrain acide. Merde. On était là à bouffer des maquereaux, et lui, il dégoisait sur l’acidité de la terre. Je me suis demandé si ça leur prenait souvent, l’idée de goûter de la terre, parce que ce n’est vraiment pas un truc d’adulte. Quand tu es gosse, à la rigueur, et encore, quand tu as essayé une fois (et je l’ai fait, évidemment, chez Mémère Henriette), je te garantis que tu ne récidive pas le lendemain. Surtout s’il y a des lombrics. J’ai vaguement pensé à aller vomir, mais je me suis abstenue. Il a coupé la communication et il s’est remis à jouer de la fourchette comme si de rien était. Je n’ai posé aucune question à propos de l’acidité du terrain et des camélias parce que j’ai craint d’avoir l’air plus cruche que nature. Bon je me doute bien qu’il ne s’agit pas de manger de la terre à pleines poignées, et qu’il y a là-dessous je ne sais quelle explication chimique ennuyeuse dont je me fous éperdument. N’empêche que je suis bien contente de savoir que les terrains peuvent être acides, que ça convient aux camélias, que je ne sais pas encore à quoi ça ressemble, un camélia, on pourrait peut-être faire un tour chez un fleuriste après manger, pour voir, et oui, je me coucherai moins bête ce soir.

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Pl’acide (Poupoune)

Sur ce coup-là, on a joué de malchance.

« Tout doit disparaître » qu’il avait dit, le patron… On s’est pas trop posé de questions, au départ, mais pour finir ça nous a donné bien du souci.

Déjà, il a fallu qu’on ramène le paquet. Lucien et moi on est du genre parigots pur jus, voyez, on n’est pas motorisé, comme y disent. Et c’est pas le genre de colis que tu trimbales en taxi ou en bus. Alors l’a fallu qu’on le charrie à pinces et vu le morceau… ben on a fait des lots. Rien que ça, découpage, empaquetage et trajet, ça nous a pris deux jours et ça nous a vidés. On s’est tout crotté, Lucien il a bousillé un costard tout neuf et moi j’y ai laissé une paire de pompes italiennes qui m’avait coûté une fortune.

On saura pour la prochaine fois.

Après, s’est posé le problème du stockage. Lucien, avec le dragon qui lui sert de bonne femme, il a tout de suite dit que chez lui c’était pas possible. Alors on a tout monté dans mon salon. Cinq étages sans ascenseur. Et l’a fallu embrouiller le gardien, qui croyait qu’on trafiquait du pas net. Avec ça, on a salopé mon tapis de laine qu’était du vrai gazon sous le pied.

Ensuite, on a dû décider comment faire disparaître le bazar. Vu que c’était en morceaux, on a pensé à une solution de type dissémination discrète, mais pour peu que quelqu’un tombe sur un bout et que ça revienne aux oreilles du patron, c’était des coups à en prendre encore pour notre grade. Et puis vu qu’on s’était bien embêté à tout ramener sans penser à semer en route, ça nous chagrinait un peu, finalement, d’y éparpiller n’importe où.

Lucien il a pensé à tout brûler, mais comme on avait déjà niqué mon tapis, j’ai refusé tout net le feu de joie dans mon salon. J’ai demandé à mon neveu à lunettes de faire des recherches sur le ’ternet et y nous a trouvé plein de tuyaux pour dissoudre notre marchandise dans l’acide.

On voulait pas trop le mettre au parfum, des fois qu’après l’aurait fallu l’empêcher de parler, alors on s’est débrouillé avec c’qu’y nous a donné et on a fait un mélange. On a tout mis dans la baignoire avec les paquets… Je saurais pas trop dire qui de Lucien avec son cloppe ou moi avec mon digeo a le plus déconné, mais y a eu un moment où ça a fait une fumée verte, qui nous a fait des démangeaisons partout et nous a attaqué sévère les muqueuses.

Avec ça, la baignoire et le carrelage ont eu l’air de se dissoudre aussi et la salle de bain entière est tombée dans celle de la voisine du dessous.

Ça va que je louais sous un nom d’emprunt… avec Lucien, on s’est carapaté fissa et on fait profil bas depuis. Le patron a pas été trop chien, il a pas mis de contrat sur nos têtes parce qu’il a dit comme ça qu’on lui sert p’t’être à rien, mais qu’au moins on le fait toujours bien marrer.

L’ironie de l’histoire c’est qu’avec tout ça notre macchabé, lui, y s’est pas dissous.

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