Les lampadaires par bongopinot


Le long de mes parcours
Ils accompagnent mes pas
Avec lui moins de peur de tracas
Et ça jusqu’au lever du jour

Un autre est là dans ma maison
Auprès de nous il éclaire nos vies
Et diffuse une lumière de génie
Pour être tous à l’unisson

Il enveloppait aussi ma mère
Dans son halo elle tricotait
Cette image me restera à jamais
Comme tous ces moments ordinaires

Il a vu aussi grandir mes enfants
Allongées près de lui elles dessinaient
Elles jouaient ou bien lisaient
Et aujourd’hui il est toujours présent

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Lampadaire, l'autre pas (joye)

Un dromadaire

dromedary

Milliardaire

Tomba amoureux de

Son frigidaire.

fridgidaire

Luminaire,

Le frigo aimait sa bosse

Colosse

hump

Et lui aimait son ampoule

Cool.

ampoule 

Ils s’épousèrent,

Et, tant qu’à faire,

 hearts

Leur enfant naquit

Lampadaire.

lampadaire rouge

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

Conseil d'amie (Joe Krapov)

L’amiral ou l’adjoint au maire
Si jamais tu voulais leur plaire… ;

Si tu rêves de les emplir,
L’un ou l’autre de ces malades,
L’un aride et l’autre impala,
Du désir d’être ton mari ;

Si tu souhaites qu’on t’admire,
Si tu désires te faire aimer
Si tu veux te pâmer en prime
- Pardi, c’est humain après tout
Et tout le monde est bien pareil ! -
Change d’allure sans délai !

 

2019 06 28 - Isaure en robe à damier pour DDS 565

Quitte l’ample robe à damier,
Ton plaid à l’allure mariale
De paria de la séduction
Et cette armada de bijoux,
- Palme d’or, violettes de Parme -
Sous lesquels, oiseau de parade,
Prima donna de mardi gras,
Tu sembles un palmier du Mali
Atteint d’une maladie rare !

De ce look « trop » on médira,
Sois en sûre, et rira aux larmes
Et toi cela te déplaira
Tu t’en feras un nouveau drame.

Ton naturel parle pour toi.
Nul besoin d’un cœur en alarme.
Sans ces drapés tu n’es pas laide
Et si tu permets que je t’aide
L’idéal serait que tu sois
Simplement nue sous un imper !

Madre mia ! Qu’on t’aimera !
Comme ton corps seul plaidera
Pour que sur le dernier palier,
Je le parie, rapide raide,
L’élu de ton cœur, en péril,
Accroché la main à la rampe,
Derrière ton look à pâlir
Soit proche de l’apoplexie !

Sûr, la simplicité paiera
Ta beauté seule gagnera
Pour ton triomphe sans péril
En toute gloire.

Et surtout, surtout, c’est plié,
Pas de maquillage outrancier !
C’est la plaie : ça t’ fait ressembler
A un lampadaire de Noël !

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

La fille du bar (Pascal)


Tous les matins, quand elle se gare devant la vitrine du bar-presse-tabac, sa grosse bagnole frotte contre une haie d’épineux et cela ne semble pas la déranger. Pourtant, la carrosserie morfle ; de ma place, j’entends distinctement les griffures geindre et s’allonger sur la peinture de l’aile…  

La quarantaine ? Sans doute. Le dos voûté, sa démarche est usée, ses traits sont tirés comme si elle était déjà fatiguée de sa journée qui n’a pas encore commencé. Quand elle rentre, un instant, c’est un peu la vedette du spectacle, la diva.
Ici, comme dans un théâtre, chacun est à sa place. Le pochtron tient son pilier, le livreur de bière recompte ses fûts, la tenancière ses sous, et des retraités à vélo parlent toujours de leur itinéraire montagneux sans jamais s’en aller. Italiens, turcs, maghrébins, arméniens, il y a aussi les gratteurs de Millionnaire ; à la place de leurs cartons, si on leur mettait des instruments de musique sous les doigts, ce serait un grand orchestre international révisant la symphonie de la Française des Jeux…   
Elle bise les habitués, serre quelques mains et jette négligemment son sac à ses pieds. Sans le montrer, elle cherche sa silhouette dans les reflets des glaces du bar et elle y arrange sa chevelure d’un geste machinal. Parce qu’elle n’a pas encore bu son café, je la sens plutôt prête à rentrer dans le lard à quiconque pourrait la contrarier ; elle n’est pas le genre de personnage qu’on a envie d’approcher.
Un peu voyeur, un peu moqueur, je la regarde plutôt comme un animal de foire ; on dirait qu’elle porte son sac d’emmerdes comme un fardeau quotidien ; aller au boulot, ce n’est pas son truc…

Il y a des femmes qui s’assument en tant que femmes ; féminité, charme, séduction, c’est dans la panoplie naturelle de leur condition. Vêtements, coiffure, parfum, maquillage, talons, etc., en sont les atours, les outils d’ensorcellement qu’elles portent au quotidien. La mienne (celle qui vient d’entrer dans le bar) a de la peine à s’assumer en tant que femme. Sans être hommasse, elle a quelques difficultés avec son arsenal vestimentaire. Un peu ronde, elle n’a pas la taille pour être à la mode, alors elle a adapté son style à sa convenance et le goût n’est pas au rendez-vous.
Comme il est malséant à un ouvrier d’entrer dans un lieu public avec sa combinaison de travail toute dégueulasse, je lui trouve l’inconvenance de ne pas être à la hauteur de sa qualité de femme. Mais elle s’en fout ; la considération des autres, c’est un sujet qui ne l’effleure pas. La femme libérée a le laisser-aller des hommes.
Après tout, peut-être que les mâles, ce n’est pas son truc ; peut-être que les canons de la séduction actuelle ne sont plus ce qu’ils étaient hier ; peut-être qu’elle ne cherche pas à séduire. Pourtant, elle porte quelques affiquets multicolores qui brillent, qui brinquebalent ou pendent comme des trophées de bazar, autour de son cou et de ses poignets.   
Un instant, elle attire l’œil, elle soulève l’intérêt mais il est de courte durée. Quand elle fait des efforts de déguisement, c’est d’une élégance plus que relative ; le haut et le bas sont dépareillés, le ventre dépasse, les chaussures sont inadaptées. Je me dis qu’elle n’a peut-être pas eu le temps de choisir dans sa garde-robe le vêtement le plus approprié à sa journée ; je crois plutôt qu’elle attrape ce qui lui tombe sous la main pour s’habiller en vitesse…  

Récemment, elle avait endossé un chemisier avec un décolleté largement échancré ; le soutien-gorge trop petit qu’elle portait faisait déborder sa poitrine dans une ampleur grassouillette et moche, à mille lieues de ce qu’il aurait dû laisser entrevoir.
Un jour, elle avait enfilé un jean tellement serré qu’on voyait l’empreinte de son sexe saucissonné entre les coutures du tissu. Une autre fois encore, la robe blanche et vaporeuse qu’elle portait laissait facilement entrevoir un minuscule string noir, perdu dans le mouvement ondulatoire des fesses de sa détentrice. Non, elle, ce n’est pas le charme qui l’enveloppe ; si elle crée le silence sur son passage, ce n’est qu’au prix de la vulgarité et elle en détient la palme du bar.
Aussi, en mode licencieux, les hommes la regardent, non pas pour ce qu’elle de beau mais plutôt comme une suggestion équivoque, un interlude à fantasmes lubriques, dans l’environnement matinal.
Sur la scène, le teint couperosé, malgré son blanc, le pochtron vire au rouge, le livreur de bière a les yeux qui piquent, la patronne intègre recompte encore ses sous, et les cyclistes parlent de montagnes et de vallées en enroulant, du bout de leurs doigts, une moustache en guidon de vélo qu’ils n’ont plus. Il y a même des soupirs sur la partition des joueurs invétérés…  
 
Elle prend ses jeux à gratter, son paquet de clopes au tabac et, plan-plan, elle file s’installer à une table, à l’extérieur ; quelques minutes plus tard, le serveur lui apporte sa tasse. Ce matin, un bandeau en faux léopard ceignait de guingois son front, en retenant ses cheveux dans un ordre imaginaire ; son tee-shirt, abandonnant les impressions racoleuses du fabricant, avait imprimé toutes les formes de sa maîtresse ; boudinée dans un pantalon trop serré, elle arrivait pourtant à marcher en se déhanchant sur la pointe de ses souliers à fines semelles. Dans son safari matinal, était-elle le tendre gibier ou la terrible chasseresse ?...  
Et si son charme, c’était justement de ne pas en avoir ! Les femmes ont tellement de sortilèges pour arriver à leurs fins ! Sans avoir l’air d’y toucher, elles nous jettent leur poudre aux yeux ! Un jour de faiblesse, sans avoir rien compris, on se retrouve au pilori, piégés, attachés par leurs tentacules ! Brûlés par leurs yeux de braise ! Hypnotisés par leurs formes captivantes ! Bagués comme des vulgaires oiseaux sans envergure ! Et un soir, un soir, entre le froid et les courants d’air, la crève qui couve et les pieds glacés, tu te retrouves comme un c… à attendre que son petit chien pisse contre un lampadaire de la rue !... Moi, je ne supporterais pas de voir les estafilades sur les ailes de la bagnole ! Parce que du consommable à trente-cinq mille euros, je n’en ai pas les moyens !...

Quand elle a rejoint la terrasse, il ne reste derrière elle qu’une vague odeur de sueur mélangée à un parfum qui devait être délicat… avant de rencontrer sa peau…  

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,


Je ne m'y retrouve plus (Walrus)


J'ai toujours eu tendance à me laisser porter par mes impulsions, aussi ai-je lâché "Lampadaire" sur le blog sans trop y réfléchir.

Et là, subitement, je me demande si le sujet n'a pas déjà été traité.

Comme vous le savez, ou pas, nous disposons sur ce blog d'un lien pointant vers la liste des sujets déjà proposés aux participants.

w565

(Ouais, depuis que j'ai des problèmes articulaires à la main droite, j'utilise la souris de la main gauche, comme le yoga du même nom)

J'ai donc consulté la liste et... je n'ai rien trouvé !

Pourtant, j'avais le souvenir vague d'une photo où la lanterne d'un lampadaire émergeait de la ramure aux branches retombantes d'un arbre. Je me suis donc mis à descendre le fil monotone de mes participations.

Lorsque vous n'avez plus la moindre idée de quand vous pouvez bien avoir pondu le texte que vous pensez, peut-être à tort, avoir commis, un angoissant dilemme se pose à vous : arriverez-vous à le retrouver plus rapidement en remontant ou descendant le flux de vos billets ?

Comme je l'ai signalé, j'ai choisi de procéder en descendant depuis la source et j'ai fini par mettre les yeux dessus (il s'agissait d'un sujet où l'on devait se transformer en un objet) :

Pour un simple regard (Walrus)

Sachant :

  • que cette connerie concernait le défi 188
  • que je n'ai commencé à participer, poussé dans le dos par la bande à Val, qu'à partir du 24ème défi
  • que le nombre total de mes participations est actuellement de 430
  • que quand j'ai omis de jouer c'était surtout lorsque je n'étais pas responsable du blog
  • que nous en sommes au 565ème sujet

Pouvez-vous éclairer ma lanterne et confirmer, chiffres à l'appui, que j'ai choisi la bonne option de recherche ?

Merci beaucoup !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,

La jarretière (Vegas sur sarthe)

 

Mais qu'est-ce qui m'a pris d'accepter la clope de ce gros endimanché?

Suite à une sérieuse baisse de mes revenus j'avais depuis trente ans tiré un trait et un dernier cigarillo sur vingt ans de cotisation assidue à la Seita.


Je viens de rendre avec ma bile toute cette bouffe qui a dû leur coûter un bras, un vrai gâchis sur cette plage de sable immaculée ; ça doit se voir du ciel pour un oeil exercé et surtout pour les mouettes!

Oui sur les îles désertes les mouettes ricanent et voient clair, sur les îles désertes le sable est toujours immaculé, les cocotiers toujours penchés du même côté sous le vent  et parfois même sur l'horizon un paquebot vient droit vers toi au cas où t'en aurais marre de jouer les Robinson.

Ici y'a rien que moi, du sable souillé et un seul cocotier raide et dur comme du métal qu'on croirait un lampadaire.

Y a que moi pour tomber sur une île déserte avec un lampadaire !
Qu'est-ce qui m'a pris de fumer cette daube ?

A ma place, un vrai Robinson aurait déjà fait l'inventaire de ses poches, fait douze fois le tour de l'île à cloche-pied et construit un casino avec hammam et tout le toutim.
Dans une de mes poches j'ai la note du loueur de costume, enfin ... du déguisement de pingouin, un pingouin sur une île déserte c'est plausible.
Dans l'autre poche il y a une sorte de dentelle élastique que je tripatouille depuis un moment – ça y est, ça me revient – c'est la jarretière que cette vicelarde avait remontée en haut de sa cuisse.
Ah ça la faisait marrer que je la pelote sous le fatras de ses jupons et lui aussi ricanait, son gros endimanché de mari qui savait bien qu'elle avait été ma meuf et que c'était la toute toute dernière fois que je la tripotais.

J'ai l'estomac – du moins ce qu'il en reste – qui refait des siennes rien que d'y repenser; on devrait obliger les mariées à porter une culotte.
Les mouettes reviennent comme au self. Allez-y les filles, c'est gratos, c'est l'endimanché qui régale.
D'abord qu'est-ce qu'il a de mieux que moi ce bâtard? Une très grosse 'situation' comme disent ses vieux? Comme si on mesurait les sentiments à la taille de son job! (Voilà que je zozote maintenant)

Mais qu'est-ce qui m'avait pris de la tirer? On vous l'offre sournoisement avec un petit sourire complice, qu'elle soit brune ou blonde – on n'est jamais vraiment sûr de la teinte sous l'emballage – en vous affirmant qu'une petite ça compte pour du beurre, alors vous la tétez, vous la cramez jusqu'au bout entre deux choux à la crème, dans la moiteur d'un costume de pingouin, les tristes bulles d'un mousseux pas frais et les canards de 'Riquita' que l'oncle Alfred fait jaillir de son piano à bretelles... et pour finir en apothéose vous voilà à cracher vos tripes sur une île déserte.
Avec le pot que j'ai toujours eu, cette île est foutue d'abriter un Vendredi; j'imagine qu'il sera collant et du genre phoque mais je n'ose imaginer le fruit d'un croisement avec un pingouin!
J'avais rêvé ça autrement... j'me dis que j'aurais pu avoir le dessus sur le gros endimanché, j'aurais esquivé sa méchante droite à la Cassius Clay, j'aurais récupéré ma Fiat Panda qui aurait peut-être tenu le coup jusqu'à mon mobile-home, j'aurai enlevé la mariée vicelarde et on aurait fini le mousseux pas frais, elle et moi tranquilos loin des convives.
Des convives... Mort aux cons et aux convives!!

Le lampadaire a perdu de sa raideur, celui-là a comme deux bras musclés qui me remettent sur mes guiboles et il me dit en langage lampadaire :"ça va mieux?"
Des réverbères qui parlent, j'en avais pas vu depuis ma mémorable cuite de France-Brésil en 98 et c'est marrant parce que cette nuit-là on s'était juré de plus s'quitter elle et moi.

Y'a bien longtemps que j'm'étais pas entendu rigoler comme ça, j'entends plus les vagues ni les mouettes, juste mon estomac.
Le lampadaire insiste : "Vous avez pas l'air dans votre assiette. Y'a un hosto pas très loin"
Il aurait jamais dû parler d'assiette avec des chaussures de location à ce prix-là! C'est fou c'que ça peut contenir un estomac.
Dégoûté, mon lampadaire s'est tiré et je reste comme un con de pingouin qui aurait trouvé une jarretière et qui ne sait pas d'où ça vient ni à quoi ça peut servir.
Maintenant que j'y pense, à quoi ça sert une jarretière à part foutre la merde ?
Un hosto sur une île déserte? Y s'est bien foutu d'ma gueule, ce lampadaire.
 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Le LAMPADAIRE (Venise)


Au pied du lampadaire je n’avais pas trouvé une Licorne, pas de pomme d’or non plus.
Mais j’ai ramassé un étrange billet de train.

PARIS VALPARAISO en première classe/ départ immédiat.
 J’étais amusée car une gare au pied de ce lampadaire était une aberration ..
Un train pouvant faire un trajet Paris Valparaiso était si improbable que j’ai souri, amusée.
Une blague sans doute de la SNCF ou d’un cercle de poètes disparus sans doute.

Le lendemain sous ce même lampadaire un autre billet de train était vaguement éclairé.
Celui-ci affichait   Paris Moscou arrêt 10mn à Mexico .
Cette fois-ci le destin insiste me suis-je dit.
Ce questionnement déplaça sans doute mon centre de gravité car je perçus vaguement dans la brume un train qui arrivait et qui effectuait un arrêt sous le lampadaire.
Puis ma raison ayant pris le dessus le train s’évapora comme par magie et le lampadaire imperturbable s’éteignit
Je vous passe le remue-ménage dans ma tête qu’avait provoqué cette apparition.
Ce matin je saisis le billet de train qui était à nouveau sous le lampadaire.Le train apparut aussitôt et une allée de lampadaires accueillaient celui-ci dès son entrée en gare.

v

Des passagers souriants disparurent dans la brume et je fus emportée par une nuée d’ados tous inquiets de rater le départ du train.
Assises avec eux je tendis le billet de train trouvé sous le lampadaire et je lus tout étonnée la destination.
‘Vers les étoiles ‘ tiens dit le contrôleur en se saisissant du billet Madame a de la chance s’est -elle qui décide de notre direction aujourd’hui.
Les enfants impatients de connaitre le voyage tournèrent leur regard vers moi.
 La lune dis- je en riant.
J’ai alors vu le train se soulever dans l’air alors que la Lune nous souriait impatiente de notre visite.

v2

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

Ombres et lumière (Lecrilibriste)

 

C'était la nuit de Noël. Louisette avait voulu aller à tout prix à la messe de minuit avec sa Mère et sa Grand-Mère , malgré leurs essais de dissuasions car ce soir là, elles avaient droit aux « trois messes basses » comme dans le conte d'Alphonse Daudet que la Maman de Louisette lui avait lu .

C'était une histoire de diable qui faisait un peu peur et Louisette n'aimait pas le diable. Elle avait bien déjà cru remarquer ses oreilles en haut de la grande armoire de la cuisine, dans le bouquet de la mariée qui ornait le fronton sculpté  et elle en détournait les yeux croyant qu'il la regardait. Et sur le livre de « La Miche de Pain », elle avait tellement gratté l'image du diable à côté de l'ange gardien qu'elle avait fait un trou dans la page... Mais là, aux trois messes basses, protégée par sa Mère et sa Grand-Mère, elle voulait en avoir le cœur net et voir ce qui allait se passer avec cette histoire de diable qui tentait Dom Balaguère parce qu'il était trop gourmand.

Elle avait lutté contre le sommeil pour guetter avec beaucoup d'inquiétude et une grande curiosité l'enfant de choeur qui était Garrigou, sans aucun doute, ainsi que le curé qui officiait pour voir s'il n'allait pas trop vite pour dire la messe. Du coup, elle avait été sage pendant les trois messes trop occupée à remarquer toute marque de précipitation de la part du curé ou de tentative de corruption de la part de Garrigou . Sûr que le diable était encore dans l'air ce soir là ! Louisette en frissonnait, dans un mélange de désir et d'effroi, imaginant qu'il allait apparaître d'un moment à l'autre.

Pourtant rien ne se passa comme elle l'avait prévu...

Mais quand elles furent toutes trois dans la rue Florent, où Louisette, selon sa chère habitude sautait sur les bordures du trottoir sans mettre le pied sur les séparations de la bordure- c'était un rituel dont il ne fallait pas déroger - si elle voulait par exemple - avoir une tasse de chocolat en rentrant - ou que son frère lui prête ses billes – ou qu'on ne l'envoie pas ramasser les doryphores dans une bouteille d'eau – ou que son escargot allait gagner la course - Bref ! Toutes ces petites choses qui devaient marcher, à condition qu' elle ne pose pas les pieds sur les rainures des bordures du trottoir.

C'était la nuit de Noël, donc, ce soir là, sa demande expresse aux bordures du trottoir était - si je ne marche pas sur les séparations, le Père Noël aura déjà posé les cadeaux -

Mais en passant sous un réverbère, alors qu'il n'y avait pas d'ombre, son ombre apparut soudain devant elle, puis alors qu' elle avançait, se mit à rétrécir, rétrécir , rétrécir et plouf, elle disparut. Elle se retourna, l'ombre était derrière. Elle continua à marcher, cette fois sans faire attention aux bordures et incroyable, l'ombre réapparut devant, se mit à rétrécir, rétrécir, rétrécir et plouf, repassa derrière. Alors là, c'était Sûr ! le diable lui faisait une farce , il était là.

Délaissant la bordure, elle vint se réfugier entre Mère et Grand-Mère et leur prit la main, mais elle vit le phénomène se répéter avec cette fois, trois ombres qui apparaissaient, diminuaient et plouf, passaient derrière et revenaient. Et Maman lui dit, « Regarde Louisette comme c'est drôle, nos ombres qui dansent et qui passent tout d'un coup derrière quand on passe devant la lumière d'un réverbère ! »

C'était donc ça ? C'était seulement la lumière du réverbère qui faisait ça ? quand on passait dessous ?… Et pas le diable ?

Rassérénée, Louisette lâcha les mains et repartit sauter sur les bordures du trottoir en regardant fascinée son ombre danser devant puis disparaître et revenir soudain chaque fois qu'elle passait sous un réverbère dans cette belle nuit de Noël.

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,

celle qui fait déborder le vase (Emma)

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,