04 mai 2019

Sont sortis de leurs jantes

pas cons

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Laura ; maryline18 ; Lecrilibriste ; Venise ; Pascal ;

Vegas sur sarthe ; Walrus ; Val ; joye ;

bongopinot ; Adrienne ;

 

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D comme déjanté (Adrienne)

 

L’Adrienne roulait allègrement un vendredi soir en direction de la maison quand elle a senti comme un cahot inhabituel. Un pneu crevé, a-t-elle fini par deviner.

C’était la première fois que ça lui arrivait mais il faut dire aussi qu’elle ne conduisait que depuis quelques mois.

Le temps de trouver un endroit où se garer – elle était quelque part au milieu des champs, à deux kilomètres de son vert paradis, sur une route de campagne où il était impossible même de se croiser – l’Adrienne roulait sur la jante.

 

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Des inventeurs (bongopinot)

b


Loin d’être déjanté
Il a l’âme d’un artiste
Pedro création que je visite
Est là pour nous enchanter

Ils sont nombreux
Ils sont créatifs
Ouverts inventifs
Patients et curieux

b2


Leur découverte installée
Encadrée ou pendue au mur
Cultivant une belle culture
Ouvrant leurs ateliers
 
Pariant sur leur avenir
De récupérateur de tout
Recyclant à moindre coût
Ils aiment aussi se réunir

b3

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passer comme une corneille à la post-it (joye)

Madame, Monsieur,


Le 3 mai 2019, nous avons eu l’horrible regret de constater que le mot « déjanté » ne figure ni dans le TLFi, ni chez Littré, et que Larousse ne le recense qu’en infinitif. Et qui sait pour le Petit Robert parce que la partie de la première partie – nous-même – ne possède pas d’exemplaire électronique et qu’il est  tout simplement sinoque de devoir nous lever et aller fouiller les étagères afin de consulter le lourd volume sans courir des problèmes sérieux pour continuer à rédiger cette lettre d’avertissement sur notre clavier.

Nous vous rappelons qu’utiliser l’argot comme consigne peut nuire à la santé mentale, et bien qu’une anglophone un tantinet zinzin, bardée de vocabulaire inutile (c’est dingue, quoi), et munie de maintes diplômes de langue françoyse, risquât de – non – sût, sût -- reconnaître le mot sans recherche dictionnairesque, une telle négligence de la partie de la deuxième partie – vous -- pouvait la rendre maboule, sinon toquée, voire barge.

Nous vous adressons alors un avertissement afin que ces faits ne se reproduisent plus. En cas de nouvel incident siphonné, nous serions dans l'obligation de prendre des sanctions plus sévères à votre encontre.

Veuillez agréer, chère partie de la deuxième partie, mes sentiments les plus fêlés.

Je, soussignée,

signed

 

joye loufouque-loifils

🐲 Née une fête de septembre, de la maison L'Aure, première de son nom, reine de l’Iowa, l’imbrûlée et briseuse des chaînes de lettres, maman de personne, Khaleesi de l’Iowaboy, protectrice de mes dents et héritière légitime des sept royaumes d'honneur, sinon davantage 🐲

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Liberté (Val)

 

Elle roulait vers l’Ouest au volant d’une vieille Cadillac qu’elle avait achetée une bouchée de pain à sa sortie de l’aéroport. Elle voulait voir l’Ocean. Pacifique. Une fois dans sa vie. L’Ocean, c’est toujours la liberté. Voilà ce qu’elle était venue chercher aux États Unis: la liberté. 

Ça sentait le bitume fondu. Il faisait chaud. Bien plus chaud qu’en France. La route était toujours toute droite. Ça ne ressemblait pas aux routes françaises. Et puis, elle n’avait quasiment croisé aucune voiture depuis des heures. Son GPS lui indiquait qu’elle verrait l’océan le lendemain matin. Alors, elle fonçait. La liberté se trouvait au bout du chemin. 

Ce voyage, ça l’avait prise comme ça. Une dispute avec un collègue au travail, puis un mari qui ne semblait plus s’intéresser à elle. Rien n’allait bien, alors. Et cette impression d’étouffer... de ne pas tout à fait vivre, accablée de devoirs, suffoquée de responsabilités. Elle avait acheté un billet d’avion. Pour les États Unis. Son anglais était mauvais. Elle le savait. N’importe ! Elle verrait la côte ouest. Et seule. Et libre! 

Elle conduisait ainsi depuis des heures lorsqu’il apparut. Un type avec un sac à dos, qui faisait du stop sur le bord de la route. 

Elle hésitât une seconde. Puis pila au dernier moment. Pourquoi pas un peu de compagnie? Que risquait-elle, après tout? Un viol? Un meurtre? Bof, qu’avait-elle à perdre? Sa vie était-elle si intéressante qu’il faille la préserver? La réponse était claire!

Le gars ouvrit la portière, lui sourit, bredouilla un « Thank You » qui sonnait peu anglophone, et s’installa à ses côtés . Il semblait venir d’un pays de l’Est. S’ils parvenaient à communiquer dans un anglais approximatif, elle lui poserait la question. Un peu plus tard, songea-t-elle. 

Elle s’apprêtait à lui demander où il se rendait, lorsque la voiture vrilla subitement. Ça fit un boucan de tous les diables. De peur, elle freina sec. Et la cadillac stoppa net, au beau milieu de nulle part. Ils descendirent, en firent le tour avec désolation: elle avait déjanté. 

Le type se mit à rire nerveusement. Son rire était communicatif. Elle rit aussi. 

Ils cherchèrent un moyen, comme un miracle, en ouvrant le coffre de la vieille voiture. En vain. 

Il n’y avait rien à faire, à part attendre qu’un improbable véhicule passe. Et ils feraient du stop à deux. 

Le type alla s’asseoir sur le bas côté, avec un léger sourire de résignation. Elle l’imita. Elle ne serait pas sur la côte Ouest le lendemain matin. Elle en aurait presque pleuré, sans le regard doux et malicieux de l’étranger, que la situation semblait laisser de marbre. 

Ils commencèrent à discuter, dans un anglais basique, mêlant des mots de français et de... tchèque? Ils conversaient à peine. Ça n’avait aucune importance. Il existe d’autres langages plus explicites sans doute que la parole. Ils semblaient se comprendre autrement. Le langage des corps. 

La nuit tombait. Ils mangèrent les sandwiches qu’elle avait préparés en prévision. 

Au fil de cette étrange conversation, elle se retenait d’explorer le cou de son compagnon d’infortune. Il avait un cou comme on aime s’y blottir. Et des mains... elle se surprenait à vouloir qu’elles lui parcourent tout le corps. 

Elle fut d’autant plus troublée quand elle le vit, le regard fixé sur son buste, et se souvint, en rougissant, que son corsage blanc était assez transparent. 

La nuit les enveloppa tout à fait. Et ils s’enveloppèrent tout à fait dans l’unique sac de couchage dont elle disposait. Les nuits étaient froides, ici. Leurs corps s’unirent comme pour se réchauffer, presque par survie, presque par besoin, presque par instinct, presque pas fait exprès.

Au matin, elle se réveilla prisonnière de deux bras étrangers. Prise en otage par le sommeil de l’inconnu. Et pourtant, il lui semblait qu’elle n’avait jamais été aussi libre.

La liberté, la vraie, finalement, ce n’était pas l’océan.

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Constat (Walrus)


Au cours de ma (trop?) longue existence, j'en ai connu des déjantés !

Et force m'est bien de constater que c'étaient essentiellement des déjantées.

Bravo les filles !

je-suis-dejantee[1]

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Caoutchouc brûlé (Vegas sur sarthe)


Je venais de monter vivement les rapports
avant d'abandonner le manche à mon experte
dont j'ignorais le nom, Félicie ou Alberte ...
quand j'ai senti soudain fléchir sur mon bâbord

Les courbes étaient aisées, la conduite facile
Gilberte ronronnait tel un tigre repu
j'avais apprivoisé son triangle crépu
mais je me trouvais gauche, empoté, imbécile

Pas question de caler, je suis désorienté
je braque vivement, confiant dans ses airbags
sa cabine avancée équipée pour la drague

Je feins l'apothéose, tente de simuler
mais ça sent le vieux pneu, le caoutchouc brûlé
je sais qu'à cet instant je viens de déjanter

 

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La poignée dans le coin (Pascal)


Tout le petit monde de la moto vous le dira. En bécane, la longueur des frissons est proportionnelle à l’enroulement des câbles dans la poignée d’accélérateur. Les vibrations incessantes, le grondement des pots, l’incertain paysage qui défile, c’est notre quatrième dimension, à nous, les « Fangio » de la vitesse. Le ruban du macadam, l’avant délesté se soulevant si facilement, les effluves des échappements de la bécane de devant, c’est notre environnement. La transpiration d’adrénaline, la gorge sèche, les longues apnées, les intenses accélérations jusqu’aux rupteurs, les freinages tardifs, la fourche qui s’écrase, les pneus qui partent en glissade, c’est notre œuvre de domptage, à l’entrée des virages. La corde, le genou frottant le bitume, le regard sur le fil d’un angle impossible, c’est notre aventure funambulesque. Aller conquérir d’inaccessibles millièmes de seconde, maîtriser encore et encore la furia des chevaux, aménager l’équilibre précaire, tutoyer la faute sans jamais tomber dans ses pièges, c’est notre bonheur, notre façon de respirer…

L’aube pointait son nez de ce côté de la piste, et les nimbes de la nuit, poussés par un vent frisquet, se dégageaient lentement vers un autre horizon encore ténébreux. Couché sur la machine, dans une intime complicité proche de l’amour, j’avais pris mon relais. Sensation extraordinaire, osmose véritable, j’étais dans la bonne vibration ; les pulsations de mon cœur s’harmonisaient avec les aléas du circuit ; je ne faisais plus qu’un avec ma machine. Poursuivant ce chien et dressant ce loup, j’enquillais les tours tel un métronome cherchant à accélérer sa partition. Aussi, j’engrangeais des secondes précieuses, diminuant d’autant plus le futur ravitaillement aux stands…

Dans l’hallucinant tunnel de la vitesse, le cœur bat à dix mille tours minute : ce qui est loin est déjà là, ce qui est là n’existe plus, ce qui est derrière n’a jamais été. Sur les images qui défilent en accéléré, dans la visière, les illusions fugaces se matérialisent et les réalités sont des édifices chimériques ; entre les deux, il y a nous, marionnettes fantasques, pilotes acrobates, fragiles héros tout risque, fonçant outrageusement, et repoussant nos craintes immatérielles devant les spectateurs abrutis de boucan. Tout analyser, tout reconnaître, tout traduire, tout anticiper, ne serait que pure folie attentiste, tergiversations d’outsider, début de couardise…

Les dernières ombres nuiteuses, habillées des premières brillances de la piste, couraient devant mes phares blancs. Tantôt je les dépassais sans coup férir, tantôt elles m’accompagnaient sans jamais me lâcher ; dans les reflets de ma visière, je les voyais applaudir ou bien se pencher pour tenter de me voir sourire, ou bien encore, se coller à moi comme des midinettes exaltées…
Cherchant ostensiblement la meilleure trajectoire, je rattrapais les attardés, je les doublais avec des manœuvres savantes et des louvoiements de grande maestria. Dans la grande ligne droite, je me couchais encore un peu plus sur mon destrier et je fonçais à tombeau ouvert, rejetant l’inconnu invisible, apprivoisant le futur, repoussant l’inconscience aux devoirs des certitudes des livres. Panneauté par mon écurie, je maintenais une furieuse cadence, flirtant maintenant avec le record du tour, à chaque passage ; sur les tablettes du classement général, j’avais relégué mes poursuivants à de lointains figurants…
Je savais où freiner, où accélérer, où changer de rapport, où je pouvais dépasser les motos moins rapides, quelles aspirations je pouvais prendre pour augmenter mon allure, comme un tremplin de vitesse, et tous ces détails infimes qui font d’un pilote chevronné un potentiel vainqueur…

Tous les voyants du tableau de bord étaient au vert ; éclair vif argent, aux reflets émeraude, aux scintillations d’or, la poignée dans le coin, tour après tour, je poussais ma Kawa dans ses derniers retranchements…

Tout à coup, droit devant ma machine, stupéfait, je vis un concurrent se vautrer, en une longue glissade, à l’entrée du virage ! Ce pilote éjecté, ce panache d’étincelles, ces volutes de poussière, ces grincements de ferraille tordue, ces odeurs âcres de pneus brûlés, était-ce un cauchemar sensationnel, une vision dantesque qu’on crée à force de s’être adapté aux tournis de la route, une projection fugace de l’Abîme pervers, quand on roule depuis trop longtemps à un rythme d’enfer ?...

Réflexe de survie, plus qu’acte de virtuosité, en redressant ma bécane, je passai entre les débris éparpillés sur la route ! Malheur ! Lancé tel un ricochet aux confins de la route, je montai à la verticale en heurtant l’insidieux vibreur ! Brimbalé dans la tempête de l’inévitable chute, je ne maîtrisais plus rien ! La force centrifuge voulait jeter mon corps de ce côté, la vitesse voulait éjecter ma moto de l’autre côté ! Désarçonné, je n’étais plus retenu à ma bécane que par mes mains serrant désespérément le guidon !...

Simple fait de course, une banale gamelle d’un pilote attardé, au petit matin cruel, et c’en était fini de ces vingt-quatre heures d’endurance ; adieu la couronne de lauriers, la coupe, les flashs des journalistes et la notoriété dans les journaux spécialisés ; peut-être, adieu… ma vie…

Au rodéo de ma machine cabrée, miraculeusement, le choc avec la roue arrière sur la bordure me remit en selle ! Au prix d’une cabriole extraordinaire, magie de la course ou chance inouïe, mes bottes se réapproprièrent les cale-pieds, mes gestes retrouvèrent leurs automatismes conditionnés, mes mains s’emparèrent des commandes du levier d’embrayage et de la poignée de frein !…  
Soudain, comme si le calvaire n’était pas encore terminé, je fus projeté en avant par une force incommensurable qui retenait ma machine ! J’eus le temps de me retourner pour constater les dégâts. J’avais déjanté !...  
Sous l’impact contre le vibreur, le slick avait éclaté et quitté son logement ! Maintenant, complètement désintégré, il restait des morceaux de caoutchouc prisonniers entre la jante et le bras oscillant...
 
Accroupi, fébrile et maladroit, saucissonné dans mon cuir trop serré pour ce genre d’exercice, j’arrivai finalement à extraire les résidus de pneu qui entravaient la rotation de la jante, maintenant, nue. Tout près, malgré les drapeaux agités des commissaires de piste, d’autres bécanes passaient en laissant mugir leurs échappements rageurs. Enfin, libéré de ces entraves, péniblement, je poussai ma Kawa jusqu’aux stands. Impudentes, amusées, papillonnantes, les chimères perlaient de sueur, derrière ma visière ; tout était à refaire…

Kawa victorieuse Le Mans 2019

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DEJANTE (Venise)

 

Tu ne peux pas louper cette occasion, je te garderai ton fils !!

Je faisais le même rêve chaque nuit

Je collais mon fils à ma meilleure amie

Et je me tirais avec mon amant. Ils étaient chavirant ces rêves j’étais sans enfant et ne me connaissais aucune liaison extra-conjugale. Je le   vois dans vos yeux lecteurs vous aussi faîtes le même rêve. Je sais je suis un peu déjantée, mais avouez je suis géniale J’en ai encore la chair de poule, mon rêve était très explicite.

Nous étions coincés dans une télécabine et on se roulait une pelle.

Je ne peux avoir des rapports d’ascenseur avec mon patron

Car je suis Serdaigle et pas griffon d’or !!

Et d’ailleurs mon patron est un moldu

Je ne vais pas tromper mon mari avec un moldu Non d’un Serpentard !!

v

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Bad trip (Lecrilibriste)


Il faisait ses vocalises
sur les deux roues déjantées
d'une 2 chevaux surannée
des paroles corrosives
qu'il voulait inoculer
à cette foutue société
pour la fair' s'pâmer

ça ferait un joli clip
deux roues déjantées
dans une casse surbookée
de carcasses désossées
pour illuster le bad trip
où l'em'nait  l'adversité
des r'fus d'être managé

Il rêvait de faire un disque
dans la belle langue d'avant
mais  personne n'avait l'déclic
c'était plus dans l'air du temps
pour plaire au public
fallait des trucs déjantés
avant c'était plus l'moment

Fallait du hop et du hip
du bruit et des jeans troués
un filet d' voix asthmatique
des paroles sans paroles
gangsta-rap ou d' l'égotrip
du nu-jazz ou du hop-trip
et des allures de drogué
pour être enfin adulé

Et c'est ainsi que Jimmy
sur ses pneus désenchantés
esperait qu'viendrait l'déclic
avec son clip déjanté
ses paroles hallucinées
son vieux jean tout troué
et sa guitare électique
pour plaire au public

Savait pas encore Jimmy
que pour séduire le public
pour qu'il y ait le vrai déclic
fallait savoir patienter
manger d'la vache enragée
camper ton autorité
dir' ce que t'as dans les tripes
être authentique

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