09 mars 2019

Les vernes à Culaire (Vegas sur sarthe)


En pays de Chambertin on parle comme on déguste, en clappant de la langue et en roulant les «'r' pour s'oxygéner le palais, un peu comme si on voulait aérer un jeune millésime un peu trop carré …

Le matin on met le nez à la borgnotte pour voir le temps qu'y fera : un grand et chaud sulot ou bien une rabasse à vous gauger jusqu'aux os.
Quand on aura migé la potée et les treuffes jusqu'à en être gueudé, on ira nadouiller dans la gouyasse et les flaques d'eau avec les p'tiotes avant que nononque ne vienne nous flanquer une tisane.
Alors on jartera à la cave pour s'enfiler des galopins d'aligoté jusqu'à en avoir le virot, cheurtés sur une barrique au risque de déniaper nos culottes.

À la rivière on grimpera dans les aulnes – les vernes à Culaire – et comme Culaire aura cafté et qu'on va viauner le crottin et la bouse de vache en rentrant à la maison, on ira se coucher sans souper en chouinant
comme des beusenots.
On est comme ça en pays de Chambertin ! C'est quand même pas difficile à comprendre.

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Au pays de Vernassal... (Lecrilibriste)


Dans le petit pays de Vernassal -  non pas que le pays Verna, fut sale, mais il s'appelait ainsi... Allez donc savoir pourquoi !
Donc, au pays de Vernassal il y avait deux familles qui se haïssaient, les Vernas (de verna vernae = esclave né dans la maison du maître) et les Vernis qui posssèdaient le château de Vernassal.

Les Vernis  avaient un blason tout vernissé de vert,  ils se prélassaient à longueur de journée-  et embauchaient tous les Vernas du coin pour faire leur travail – ce qui est dans l'ordre des choses lorsque l'on connait l'étymologie du mot et que l'on sait qu'au temps jadis, les Vernas naissaient, pauvres hères, dans le château des Vernis qui les utilisaient sans vergogne à toutes les tâches qu'ils ne voulaient pas faire et surtout débiter les vernes,  arbres de la famille des Bétulacées qui poussent sur des terrains humides où ils s'enfonçaient dans la vase avec leurs bottres,  sans pouvoir se dégager.

Balivernes me direz-vous  Mais non !  Pas tant que ça !

Toute grandeur a sa part d'ombre et les Vernis - qui se la coulaient douce - étaient loin d'avoir la force et la beauté des Vernas qui avaient développé une silhouette fine et magnifiquement musclée à force de s'atteler à toutes les tâches commandées par les Vernis, hantant plutôt les tavernes et vautrés dans leur fainéantise.

En outre,  il existait une légende chez les Vernas qui contait qu'un certain Spartacus, venu se perdre, on ne sait à quelle occassion dans le pays de Vernassal avait laissé sa Thrace dans la tribu des Vernas et engendré une belle descendance de rebelles esclaves - filles et garçons. Ce qui devait un jour changer la donne, disait la légende... Et tous les Vernas y croyaient dur comme fer !

Or, il était né chez les Vernas, sous les influences vernales, une petite fille, que l'on nomma  Julie Vernas, qui de jour en jour, plus fine et intelligente, devenait une beauté.
Elle n'avait guère la langue dans sa poche et, toujours très créative, elle avait inventé, ce qu'elle appellerait plus tard, le vernier, sorte de  pied à coulisse, pour mesurer les dimensions de la caverne des anciens qu'elle avait découverte inopinément

. Et toujours sous les influences vernales, était né, le même jour, à la même heure, à la même seconde,  du même mois un jeune gars chez les Vernis, nommé fort à propos, Jules Vernis, qui, loin de ressembler à ses ancêtres, écrivait dès le plus jeune âge  des vers magnifiques et des histoires incroyables avec une envergure poétique et imaginative hors de portée.

Ces deux là, bien sûr,  étaient faits pour se rencontrer …

Ce fut par un mois hivernal où les routes étaient verglacées que les jeunes gens se retrouvèrent à la cavernes vernissée, l'une pour mesurer les vertigineuses stalactites,  l'autre pour écrire  loin de tout vertige de ce monde, son roman inédit., ce qui faisait tordre de rire et moquer  ses ascendants, lorsqu'il écrivait chez lui.

En voyant Julie, le vertige le prit et son roman prit un tour sentimental immédiat, totalement fou et  inattendu qui eut par la suite un vif succès. Ce qui était normal pour un Vernis...

De son côté, en voyant Jules, le vertige la prit et elle confondit stalactites et stalagmites pour la thèse qu'elle devait présenter à la rentrée. Elle faillit échouer, mais, rebelle, et ne s'en laissant pas compter, son bagout et sa beauté firent merveille et elle réussit d'emblée.

Mais comme les stalactites et les stalamites arrivent à se rejoindre un jour, à force, les uns de descendre et les autres de monter, Jules et Julie tombèrent follement amoureux l'un de l'autre et se retrouvèrent tous deux au point de fusion.

C'est ainsi que les Vernas et les Vernis mirent fin au conflit éternel, en supprimant les « as » et les « is » de leur nom de famille,  en allant à l'état civil  pour le remplacer par un « e » muet et devinrent ainsi, cités dans le JO,  Julie et Jules Verne.  

Ils s'épousèrent, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants, les uns mathématiciens et les autres poètes.  

Et le petit pays de Vernassal existe toujours,  avec son château comme vestige vernaculaire.

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02 mars 2019

Défi #549

 

Un petit truc bien local ?

Vernaculaire

 

5491

 

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