14 mars 2009

C'est qui qui ? (Cinderela)

Le samedi, soit c'est garderie, soit c'est raviolis, voire les deux. Or ce samedi-ci, Anna et Lila sont en voyage, donc je suis "libre". Pendant que Chat-Limar s'ennuie, j'ai décidé de nettoyer vite fait ma salle de bain avant d'aller faire du shopping.
J'étais en train de vider la moitié de la bouteille de Javelif dans la baignoire quand BOING ! un grand nuage de fumée jaune et piquante est sorti de la bouteille et j'ai entendu un cri de joie :
- Tadammmm !!!! C'est qui qui ?

Pendant que je retournais la bouteille dans tous les sens en me demandant où la mention "farces et attrapes" était notée, un espèce de lutin mauve était en train de faire du trapèze sur le tuyau de la douche en s'exclamant :
- Ohé du bateau ! Je répète : c'est qui qui ?
- Qu'est-ce que c'est que ce bazar ?
- Non mais soyez polie ma ptite dame ! Ici c'est le grand génie Ziphy-Génie, génie à tout faire pour votre service. Alors c'est qui qui ?
- J'ai besoin de rien.
- Trop taaaaaard, je suis là ! C'est qui qui ?
- J'ai déjà donné.
- Menteuse. C'est qui qui ?
- J'ai pas le temps.
- M'en fiche. C'est qui qui ?

J'attrape le génie par son bonnet pointu et j'essaie de le remettre manu-militari dans la bouteille.
- Chat-Limar ! Viens voir : j'ai trouvé une souris qui parle !!!!
- On se calme... OK puisque c'est comme ça, je vous fais une faveur : je vous offre 4 voeux, 2 gentils et 2 "moins gentils". C'est qui qui ?
- C'est pas 3 voeux d'habitude ?
- Elle m'énerve... nan, je te dis que c'est 4 voeux pour cette fois et je ne m'en irai pas avant. C'est qui qui ?
- Désolée mais je ne suis pas intéressée : vous allez déformer mes propos et quoi que je fasse, ça va se transformer en plan loose.
- ...
- Ben oui, cékiki Ziphy je ne sais quoi, on est au XXIème siècle ici et on a la télé : les génies, on sait ce que c'est.
- Che peux le manger, dis cheuplé Chinedy ?
- Ma foi...
- Allez, soyez sympa quoi : 4 voeux, c'est quand même pas la mer à boire. Alors, c'est qui qui ?
- Premièrement : je veux que tu arrêtes de dire "c'est qui qui".
- Ma ptite dame, c'est comme si c'était fait. Alors, c'est biiiiiiip ?

Le génie s'arrête interloqué. Il reprend :
- C'est biiiip ?
- Mais ça marche ! Et un voeu gentil. Ensuite : je veux que tu retournes dans la bouteille et que tu disparaisses pour toujours. On va dire un gentil et un "moins gentil".

Le génie ouvre la bouche pour dire quelque chose :
- Et je veux que tu fasses tout ça en silence !!! Hop, un "moins gentil" pour la route.

BOING ! Le génie disparaît.
- Trop forte ! dis le chat. C'est qui qui ?

Je le menace avec la bouteille de Javelif. Il part de la salle de bain en poussant des chats-moi retentissants. Il faudra que je pense à changer de marque de produit nettoyant...

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Un petit conte - Janeczka

Et soudain, le genie apparut devant la petite fille qui etait occupee a examiner des fleurs.
C'etait un tout petit genie bleu qui se materialisa dans un faible bruit de clochettes.
La petite fille ne dit rien. Elle le regarda longuement.

"Je suis un genie", finit-il par lui dire. "Dans mon infinie generosite, je peux t'offrir quatre voeux. Qu'en dis-tu?"
"Quatre!" s'exclama la petite fille. Elle etendit quatre doigts devant elle, comme pour s'assurer de la veracite des faits. Puis elle ajouta: "Je vais reflechir un peu."

Et le genie attendit. Patiemment. La petite fille s'etendit parmi les fleurs et regarda le ciel, longtemps. Lorsqu'enfin le genie se demanda si on l'avait pas oublie, elle se redressa et lui dit:
"Moi aussi, je veux etre un genie, pour pouvoir realiser les voeux des gens."
"Je peux t'accorder cela, mais ca te coutera tes quatre voeux."
"Ce n'est pas grave."
"Si ceci est ton souhait... qu'il devienne realite!"

Et le genie disparut comme il etait venu, dans un faible bruit de clochettes.

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Gueule de bois - Pandora

J’avais une gueule de bois carabinée et m’étais levé en retard parce que j’avais oublié de régler mon putain de réveil. Enfin plutôt parce que je n’étais pas en état de le régler quand je me suis couché hier. Tout à l’heure…

J’avais la nausée et mal aux cheveux – je me promettais mentalement de ne plus programmer de fête avec les potes en milieu de semaine - et une réunion importante en début d’après-midi, il fallait absolument que j’essaie de reprendre forme humaine.

Alors que je me battais avec mon robinet qui coulait en pointillé, en réprimant difficilement une forte envie de vomir, un truc bizarre sortit du siphon. Je n’en étais pas à ma première cuite mais je n’avais encore jamais eu ce genre d’hallucination. Fallait vraiment que je me calme, je n’avais plus l’âge de ces excès. C’était un petit bonhomme de la taille d’une bouteille de bière (on a les références qu’on mérite) et il était torse nu avec un mini pantalon sarouel bleu. Il avait la bouille de Monsieur propre (ça me rappelait qu’il fallait absolument que je nettoie le lavabo…). Et en plus il parlait :

- Bonjour, je suis le génie de la salle de bains, je vais exaucer 4 de tes vœux ; tu as droit à deux vœux gentils et deux vœux méchants. Réfléchis bien…

- Ecoute minus, c’est vraiment pas le moment. J’ai trop envie de vomir pour m’amuser avec mes hallucinations…

- D’accord, voilà…

Je fus pris d’un haut le cœur tellement violent que je vidai aussitôt le contenu de mon estomac dans le lavabo

- Mais ça va pas, je vais t’exploser la tête

- Aussitôt dit, aussitôt fait…

Je fus éclaboussé d’une bouillie rouge tandis que mon hallucination perdait sa tête dans un remake gore de la maladie d’Alzheimer, qu’avais-je fait ?

- Merde, pardon, excuse-moi, je ne voulais pas te faire du mal. Je ne voulais pas vraiment que ta tête explose

- …………………………………………..

Je n’ai rien entendu, mais je pense que c’est parce que la bouche de mon génie avait explosé avec sa tête, par contre mon hallucination a retrouvé sa tête dans une sorte de blop.

A ce stade de l’histoire, j’aurais probablement réfléchi avant de parler si je n’avais pas descendu la veille 4 Margaritas, 7 whiskies et une demi-bouteille d’un alcool fort qui tenait beaucoup du désinfectant. J’aurais compris qu’il me restait encore un vœu et que ce génie pouvait changer ma vie de merde. J’aurais fermé ma grande gueule. Mais je n’étais pas dans mon état normal…

- Mamma mia, c’est pas possible ! Pince moi je rêve…

Et là, je pense que vous devinez la suite. Ma pauvre mamma qui avait malencontreusement été renversée par une voiture il y a près de 5 ans est sortie de sa tombe pour se matérialiser à côté de moi et m’a pincé l’avant bras de ses doigts osseux. Le génie a dit « Voilà, vos 4 vœux sont exaucés » et il s’est évaporé dans un nuage de fumée et ma mère m’a dit d’une voix d’outre tombe : « Maman est de retour carlito mio»

Je crois que c’est à ce moment que j’ai décidé de ne plus jamais boire une goutte d’alcool.

Juste avant de perdre la raison en hurlant…

 

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Le génie Colog (Tiphaine)

Encore une sale journée… Le téléphone vient de sonner, six heures du matin, c’est pas une heure pour réveiller les honnêtes gens… Un minet avec une voix tonitruante me demande quelle est ma radio préférée. Je sais bien qu’il attend Skyrock, ce con… Avec ma gueule enfarinée, je grommelle : « France-Inter ». « Oh ! Quel dommage madame ! Vous venez de perdre 10 000 euros ! Bonne journée ! ». Et il raccroche avec un rire infernal… Connard… Si tu crois que je vais vendre mon âme pour ta radio de merde, tu te trompes… Tiens, ça me rappelle les patients de la clinique, quand j’étais internée. Tous les soirs, ils regardaient la roue de la fortune. Ils avaient décidé qu’il fallait m’inscrire d’urgence parce que je sais jouer beaucoup plus vite que la plupart des candidats. Hors de question que j’ai répondu ! J’irai pas m’protistuer à la télé ! Et eux d’insister : « Mais vas-y, tu pourrais te faire plein de blé… ».

J’irai quand ce sera José Bové qui présentera. Et Arlette Laguiller qui tournera les lettres.

Encore une sale journée…

Je me lève, puisque je suis réveillée… Faut bien… Je me demande bien pourquoi, quand même… A quoi ça sert ? Je suis en arrêt maladie depuis plus de six mois. Pas de boulot. Plus d’enfants. Plus de mari. A quoi ça sert de faire le lit puisque je vais le défaire ce soir ? A quoi ça sert de me laver puisque je vais me salir ? J’ai jamais compris ça… On s’essuie dans des serviettes, elles deviennent sales, on continue quand même à s’en servir, non ? Elles sont pas censées être propres vu qu’on s’est lavé avant ? Déjà que je comprends pas ça, je vois pas comment je pourrais comprendre le reste.

Ce monde est trop compliqué pour moi…

Pas le temps d’y réfléchir, dans une heure j’ai rendez-vous avec mon psy…

Je vais sous la douche. C’est mon quart d’heure quotidien de gloire. Mon pommeau, c’est mon micro. Je suis belle, je suis aimée et ma voix les subjugue…

Bordel de merde ! Qu’est ce que c’est que ce truc qui sort de la cuvette des toilettes ?

- Bonjour belle madame ! Je suis Colog, le génie des eaux, pour vous servir !

- Ouais… c’est ça… Casse-toi génie des zoos, tu trouves pas que je suis assez cintrée comme ça sans avoir besoin de subir ces hallucinations ?

- Permettez-moi d’insister, gente dame, vous n’hallucinez point !

Voilà-t-y pas que l’apparition s’approche de moi… Dis-donc… c’est fort quand même… Je peux toucher, ça sent, ça bouge, ça parle, c’est super crédible…

Je vais de plus en plus mal moi…

- Ma chère, que diriez-vous de commencer par votre premier vœu ? Demandez ce qu’il vous plaira, je suis à votre service !

Je vais lui répondre, peut-être qu’il me foutra la paix après ça… Qu’est-ce que je pourrais bien vouloir moi qui ne veux plus rien ? C’est pénible ces foutues déprimes, ça vous enlève le goût à tout…

- Tiens le génie ! Voyons voir si tu peux faire ça ! Voilà six mois que je me traîne une dépression sévère, ras-le bol, je voudrais vivre dans l’euphorie !

- Vos désirs sont des ordres ma tendre amie ! répond le Colog des lavabos.

Putain c’est pas vrai ! Qu’est-ce qui m’arrive ? !

- Hé ? Le génie ! C’est quoi ce bordel dans ma salle d’eau, tu veux me noyer ou quoi ? Mais… c’est du riz… et ces trucs là ? C’est de l’œuf ! J’y crois pas…

Tu sais que t’as un problème, toi ? que je lui dis, au génie.

- Madame, je vous prie de m’excuser mais nous sommes pressés par le temps, auriez-vous l’amabilité de passer à votre second vœu je vous prie ?

M’est avis qu’il a un grain, le génie, en même temps, si c’est une hallucination tout droit issue de mon cerveau débile, ça devrait pas m’étonner plus que ça…

- Ouais… Voyons… Tiens, je voudrais bien avoir du blé, ça me ferait pas de mal !

- Rien de plus facile ma belle ! Et voilà le travail !

Bordel de merde ! Mais pourquoi je n’ai pas réfléchi avant de parler ?… Comique le gars…

- Hé ! Le génie ! Tu portes bien mal ton nom ! Qu’est-ce que tu crois que je vais faire avec tout ce blé ? A ce rythme là je vais pouvoir ouvrir une épicerie ! Le riz et l’œuf, ça suffisait pas peut-être ?

- Ma douce, ne me gratifiez pas de votre courroux, il est parfaitement injustifié, je ne fais qu’accomplir vos désirs à la lettre ! Me feriez-vous l’extrême honneur de m’indiquer votre troisième souhait ?

Là, faut faire gaffe… De l’or ? Ouais… Il est capable de faire apparaître Jacques Delors dans ma baignoire, c’est pas une bonne idée…Un corps beau ? Non, pas envie de me transformer en volatile… Voyons… qu’est-ce qui me manque ?…

- Bon, le génie, tu déconnes pas cette fois-ci. Je voudrais juste un petit ami, je me sens trop seule…

- Délicieuse damoiselle, je m’exécute avec grand plaisir, vous avez des désirs si simples !

O.K…. J’ai pas l’air con, moi, avec mon petit tamis… Je sens que je vais craquer…

- Tiens le génie ! ça fait quoi un tamis dans la gueule ? ça fait mal ?

- Ne vous emportez pas belle enfant ! Je suis déçu que mes services n’aient pas l’air de vous convenir, je fais pourtant tout mon possible pour vous être agréable, je ne comprends guère votre hostilité ! Auriez-vous l’obligeance de prononcer votre dernier vœu, que je puisse regagner mon univers aqueux ?

La génie Colog veut regagner son univers à queues… Mon esprit est drôlement pervers ce matin … Quand je vais raconter ça à mon psy, il va vouloir m’interner à nouveau… Mauvaise idée, faut pas que je lui en parle… Cette hallucination est tout bonnement incroyable… On dirait un vrai, quand même… Et puis ce tamis dans mes mains, je ne l’avais pas avant… Je ne peux tout de même pas…. Non, j’peux pas… Qu’est-ce qui m’arrive ?… Je crois bien que je suis en train de perdre complètement la boule…

- Je vous prie de m’excuser mon cher ange, je m’en voudrais d’insister mais il est temps de vous décider !

- Si je te le dis, ce dernier vœu, tu vas t’en aller, tu vas me laisser tranquille, hein ?

- Hélas oui ! C’est le cruel destin des génies que de s’évaporer après avoir apporté joie et bonheur dans les demeures qu’ils visitent… Jamais nous ne récoltons de lauriers, toujours nous agissons dans la discrétion… Mais, revenons à vous, ma jolie fleur des villes, que souhaitez-vous ?

Vite… Trouver un vœu que ce sagouin ne va pas mal interpréter… Si je me débrouille bien, j’en serai débarrassée et je n’arriverai pas en retard à mon rendez-vous…Tiens, un super pouvoir, en v’là une idée qu’elle est bonne !

- Génie, y’a un truc dont j’ai toujours rêvé… Je voudrais voyager à travers le temps !

- Votre choix est original, je n’en attendais pas moins de vous ! Adieu ! Soyez heureuse !

Pfiout ! Il est parti ! Hé merde… Il a pas rembarqué son tamis et sa bouffe… Y’a quelque chose qui cloche… Mais…. Qu’est-ce qui se passe ? Mon dieu ! Je suis en train de rétrécir ! Haaaaaa ! Au-secours ! Je… Je suis minuscule… Je… Bordel de merde ! Qu’est ce que c’est que ce truc ? On dirait une grosse mouche grise ! Mais… ça vient vers moi ! A l’aide ! C’est en train de me bouffer ! Ce truc vient de m’avaler !

Il fait noir…

Cette bestiole doit avoir un estomac d’au moins douze kilomètres, à l’allure où je vais, j’suis pas prête d’en voir le bout…

Il fait noir…J’crois bien que j’suis dans une veine maintenant… c’est mon jour de chance…

Je savais bien que c’était une sale journée…

Pourquoi j’ai pas dit Skyrock ? Mais pourquoi j’ai pas dit Skyrock ? ! ! !

Il fait noir…

Je commence à trouver le taon long…

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Paul est un génie (Val)

 

Constance et Paul, jeunes mariés toujours pressés, ont l’habitude, en semaine, de faire leur toilette en même temps le matin. La salle de bain est un peu étroite pour eux deux, ils s’y bousculent sans cesse, mais il leur semble qu’ils gagnent de précieuses minutes. Evidement, il y a plus glamour que de voir son partenaire s’épiler les sourcils ou se nettoyer les oreilles, mais après sept années de vie commune on ne prends plus vraiment garde à ces petits détails-là.

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Constance avait froid, ce matin-là. La chaudière était en panne depuis quelques jours, et Paul, malgré des efforts incroyables et toute sa bonne volonté, n’avait pas encore réussi à identifier la panne. Constance lui avait demandé pourquoi il n’avait pas appelé un plombier, mais Paul avait répondu qu’il n’y avait tout bonnement pas songé.

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C’est à ce moment-là que Constance, aigrie par le froid, et tout en se maquillant les yeux devant le miroir, pensa :

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- Ah quelle nouille ! Ah non, mais quel con, ce mec ! Si seulement j’avais pu épouser un génie…

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Aussitôt, Paul disparut dans un nuage de fumée, et réapparut quelques secondes après, vêtu d’un accoutrement bleu ciel digne d’un personnage de la parade d’Eurodisney. Constance poussa un petit cri de surprise, et son mari lui dit :

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- Ah, ça, ma chérie, c’est pas gentil ! Mais soit ! Tu es exaucée !

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Incrédule, la bouche grande ouverte, Constance semblait vouloir dire quelque chose mais aucun son ne sortait de sa bouche.

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Paul reprit :

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- Il te reste encore trois vœux : deux gentils, et un autre moins gentil. Tu as la journée pour y réfléchir, mon amour. Tu peux m’appeler au bureau comme d’habitude si une idée te vient. Tu sais, même les génies travaillent, mon ange. Bisous, et à ce soir, mon adorée.

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Paul partit au travail dans son attirail de carnaval, et Constance, après avoir repris ses esprits non sans mal, commença à réfléchir à ses trois vœux.

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Sur le trajet en voiture, elle se dit que c’était le moment ou jamais qu’il exauce son premier vœux. C’était trop bête, ce malentendu. Après tout, qu’il soit un peu plus intelligent, c’était ce qu’elle avait toujours souhaité. Oui, elle avait en effet voulu que son mari devienne un génie, mais d’un autre genre.

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Arrivée au bureau, elle l’appela aussitôt.

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- Chéri, tu sais pour les vœux, j’ai réfléchi…

- Ah ! C’est toi ! Je t’écoute, mon amour !

- Eh bien, on s’est mal compris, ce matin… Lorsque j’ai pensé que j’aurais voulu épouser une génie, je ne pensais pas à ce génie-là…

- Ah ? Et à quoi pensais-tu donc?

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Décidément, pensa-t-elle, il n’avait vraiment aucune jugeote !

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- En fait, ce que j’aurais voulu, c’est plutôt… un cerveau !

- Que ta volonté soit faite, mon amour ! Mais, tu sais, tu es bien dure envers toi-même… T’était pas si bête que ça, tu sais ! Faut pas se dévaloriser ainsi, ma chérie… Allez, tu as fait le plus dur ! Il te reste maintenant les deux vœux gentils !

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Constance, devenue en quelques secondes très intelligente, comprit immédiatement la méprise, mais il était trop tard. Mince, elle avait encore gâché un vœu, et son mari était toujours aussi bête !

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Elle n’avait pas eu la tête au travail de la journée. Elle n’avait fait que réfléchir à ses deux prochains vœux. Il fallait vraiment qu’elle trouve le moyen d’utiliser ses deux derniers vœux à rendre son époux un peu plus intelligent. Surtout maintenant que ses capacités intellectuelles à elle avaient décuplé. Le soucis était que ce vœux devait être gentil…

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Comme elle était devenue très astucieuse, l’idée ne tarda pas à venir.

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Au soir, elle rentra chez elle et déclara à son époux qu’elle avait trouvé pour son troisième vœux.

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- Mon amour, j’aimerais que tu aies le même cerveau que moi, afin que l’on se comprenne mieux, toi et moi.

- Oh, ça, c’est gentil, ma chérie ! Exaucée !!

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Effectivement, ils passèrent tous les deux une excellente soirée. Il s’entendirent sur tout, plaisantèrent et firent l’amour furieusement, comme au début de leur relation.

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Grisée par quelques verres de champagne, les bons mots de son époux et l’orgasme qu’elle venait d’avoir, Constance lui susurra amoureusement, au creux de l’oreille :

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- Chéri c’était parfait. Je t’aime encore plus qu’au premier jour. Mais je t’aimerais encore un tout petit peu plus si tu voulais bien ne plus porter ce costume ridicule. Il ne sied pas aux hommes aussi brillants que toi, tu sais. Bonne nuit.

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Et elle s’endormit.

Le lendemain matin, ils prirent ensemble une douche brulante, aussi longue que terriblement érotique. Ils en sortirent un peu engourdis, mais terriblement comblés, et de très bonne humeur.

Paul, qui avait froid en s’essuyant, s’exclama :

- Oh, mince, mon amour ! Sais-tu ce que tu aurais dû me demander hier ?

- Non ? Quoi ?

- Eh bien de réparer la chaudière ! Cela aurait été si simple avec les vœux..

- C’est inutile, Paul, maintenant que tu es si intelligent, tu vas pouvoir le faire, non ?

- Je ne pense pas. Tu oublies que dorénavant, j’ai un cerveau de femme…

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Le discours d’Hippolyte (Joe Krapov)

A cette époque-là, je vivais tout seul. Tout seul de chez tout seul comme on dit maintenant. Une période noire, si noire que je devais tenir toutes les lampes allumées et ce même en pleine journée. Un jour que je nettoyais l’une d’elle, le coup est parti tout seul. Un coup de génie.

Je pourrais bien essayer de vous le décrire mais ce serait très dur car je n’en avais jamais vu auparavant et je n’ai jamais eu beaucoup d’imagination ni de talent pour l’écriture. Ce drôle de numéro n’était pas prévu au programme, et sachez-le d’ores et déjà, comme un vulgaire captcha tout riant, il dansait dangereusement, agitant son sabre comme d’autres leur goupillon. D’un autre côté, pour être un bon gestionnaire, il vaut mieux s’en tenir aux faits, aux réalités, aux chiffres.

Ce fut donc le chiffre 4. A entendre cet escroc, j’avais droit à quatre vœux dont deux moins gentils que les autres.

Oui, je l’ai appelé escroc. Quelqu’un qui prétend être enfermé depuis la nuit des temps dans une lampe ne pouvait pas être, à mon humble avis, ce qu’on appelle un esprit éclairé. Je l’aurais su d’ailleurs, ayant dans mes fichiers la description de tout. Classer, ordonner, organiser, archiver, voilà ce pour quoi je suis né.

4 vœux ? Mais que choisir ? Qu’aurais-je pu vouloir à l’époque ? N’étais-je pas heureux, tranquille comme Baptiste dans ma divine solitude ? Ouvert cependant à toute expérience, je décidai de m’en remettre à lui et lui prétendis que je m’ennuyais ferme à tourner dans mon jardin, à classer des concepts, à faire mon job souterrain mal payé et mal reconnu.

- J’ai ce qu’il vous faut, me déclara E.F. car il s’appelait ainsi, je vais vous donner le pouvoir de changer le monde. Mais sur une petite échelle.

- Ca tombe bien, je suis sujet au vertige et je n’ai pas la folie des grandeurs.

- Ils disent tous ça au début. Prenez cette baguette magique et allez arranger votre jardin comme vous l’entendez. Quand vous aurez besoin de moi pour votre deuxième vœu, vous n’aurez qu’à toquer à nouveau à la lampe.

Au début je me suis bien amusé, c’est vrai. Tous les éléments m’obéissaient. Je pouvais mélanger les couleurs, créer de fabuleux spectacles en croisant les essences, juxtaposant les contraires. Il faut bien que genèse se passe. Mais la pâte à modeler, ça va un temps. C’est à partir du moment où j’ai retiré sa côte au petit gars avec une pomme d’Adam proéminente que les choses se sont compliquées. C’était amusant de voir sa tête effarée devant sa compagne, ça a été rigolo de les voir découvrir le monde, leurs petits jeux dans les buissons étaient très surprenants mais bon. Ces petits animaux deviennent très vite envahissants en grandissant.

Quand ils ont commencé à ne plus s’entendre je leur ai fourni du tabac, de l’alcool et des magazines de presse people afin qu’ils oubliassent leurs ressentiments réciproques. Puis il s’est mis à pleuvoir. Cela a tombé longtemps, très longtemps alors j’ai laissé là mes jouets – après moi le déluge ! – et je suis rentré à la maison toquer à la lampe.

- E.F. ?

- Déjà ?

E.F. avait un casque de pilote sur la tête et était en train de faire du gimkhana avec une voiture de course rouge à l’intérieur de la lampe.

- Ne m’appelle plus E.F. mais Hi-Fi 1, a-t-il répondu. Depuis la dernière fois j’ai appris l’anglais commercial afin d’améliorer mon chiffre d’affaires. Qu’est-ce que tu veux, cette fois-ci ?

- Je m’ennuie. Ces petits prétentieux m’insupportent. En même temps j’aimerais bien pratiquer ce qu’ils font dans les buissons. N’aurais-tu pas quelque chose de plus drôle en guise de second vœu ?

- Je crois que tu regardes encore tout cela de trop haut. Je vais t’apprendre trois choses en une seule expérience : l’humilité, la réalité et le théâtre. Es-tu prêt à te dépouiller de tout ?

J’ai répondu oui. C’est comme ça que je me suis retrouvé au sein-même de l’univers que j’avais créé. Ca n’a pas duré bien longtemps cette fois. Je me suis démené comme un beau diable dans cet enfer mais au bout de 33 ans je me suis retrouvé par terre, les bras en croix avec des stigmates aux mains. Après ma mise au tombeau, j’ai attendu que tout le monde soit parti, je me suis relevé, j’ai dit « Pouce, je ne joue plus ! » et je suis revenu chez moi. J’ai toqué de nouveau à la lampe.

- Hi-Fi ! Hi-Fi ! J’ai fini de jouer !

- Alors ? C’était plus drôle cette fois ? Ne m’appelle plus Hi-FI car entre temps je suis devenu l’émir Hassan Bouyir2, un des plus puissants rois du pétrole des Emirats. C’est quoi ton troisième vœu ?

- Je me suis moins amusé, c’est vrai. Ce que je voudrais en fait, c’est un truc sans personne avec lequel je puisse m’occuper tranquillement.

- Ah je vois ! qu’il a fait. J’ai ce qu’il te faut.

Il m’a refilé des grilles de sudoku démoniaques. Alors ça, c’était bien ! Très bien même ! La meilleure période de ma vie. Mais à un moment donné j’ai eu la nostalgie des petits personnages que j’avais inventés, surtout ceux qui lisaient la presse people et qui avaient des rondeurs partout partout. Je suis allé voir le génie grand dadais et j’ai demandé à retourner près d’eux, près d’elles.

- Ah ça, non, tu ne peux plus ! m’a répondu Oussama Levy-Strauss-Gengis-Khan-Kervielmadoff en surveillant les cours de la bourse de son commerce de djinns et en remontant le slip en chachlik mercerisé qui contenait les siennes. T’es devenu quelqu’un d’important là-bas. Ils attendent après toi comme après le Messie mais certains c’est pour te faire la peau et définitivement cette fois !

- Bon alors si c’est comme ça, je veux que tout redevienne comme au début mais en plus clair !

- Le néant ? Ah non, pas possible non plus. C’est que j’ai mon petit commerce de canons qui est né de tous tes voeux, moi, vois-tu ! Mais j’ai une solution qui va arranger tout le monde. Je vais t’offrir l’éternité même si c’est un peu long vers la fin.

C’est depuis ce jour-là que je gère le paradis avec Saint-Pierre. J’ai retrouvé des fichiers Excel bien rangés, des listes de noms, Edvige, Stic, Mathstic, Cristina, et des biographies à la pelle. Les humains, une fois qu’ils sont arrivés ici, sont sages comme des anges. Quand on leur enlève les raisons de se chamailler pour des considérations de sexe, finalement, c’est une belle invention.

Deux choses cependant m’ennuient. C’est que de mes quatre vœux, je ne sais lesquels étaient gentils et lesquels ne l’étaient pas. Le génie Gmatik est parti définitivement de la lampe. Ce sera à vous, les philosophes du samedi, d’y réfléchir.

Le deuxième souci c’est qu’on n’a pas Internet ici. Il paraît qu’il y a sur Terre d’autres démiurges qui prennent leur pied bien plus que moi avec ce joujou-là. Surtout le samedi m’a-t-on dit mais bon , les rumeurs, c’est comme le génie de mon p’tit Joe, je m’en défie.

DDS_51_Dieu

Notes :

1 Parce Hi-Fi, génie en bolide

2 Parce que le génie Hassan Bouyir

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Génie sans frotter (Caro_Carito)

 

Je viens de refermer la porte de la salle de bain. Habits jetés pêle-mêle. Evier où s’incrustent des trainées de dentifrice rose.

Si je pouvais ne pas les entendre pendant une minute, si leurs cris cessaient.

« Les clés ! Où as-tu rangé les clefs ? Ton cartable ! Quoi tu n’as plus d’effaceur ! Tu vas me rendre fou… »

J’empoigne le shampoing-douche.

Pour une fois, le mitigeur n’est pas complètement déréglé.

Grelotter une seconde avant que la tuyauterie semble se distendre et mugir comme si elle allait éclater. A chaque fois, ce boucan me rappelle l’envol d’un avion de ligne.

Sauf qu’en prenant ma douche, ça me tape sur les nerfs. Je pars pas en vacances, moi ! Je dois me dépêcher pour aller au boulot.

Ici, même se laver à la bonne température est devenu un enfer.

P…. ce savon est vraiment visqueux. Ca m’apprendra à essayer un vague truc bio. Pas de mousse. L’odeur est âcre et en plus, ça ne glisse pas sur la peau.

Je rêve où j’entends des voix ? N’importe quoi. Il faut que je dorme. J’entends même les gamins sous cette douche qui beugle. A croire qu’elle voudrait participer à la star Ac.

Mais si, j’entends bien une voix.

Un truc de ouf ça. On dirait un couinement.

Argh j’espère que c’est pas une souris.

C’est quoi ce truc coincé dans ma bouteille de gel douche ?!

Un génie !...

En tout cas, il est moche et il m’a pas l’air très malin, vu l’endroit où il a débarqué.

Je me doute bien qu’il ne voit rien et qu’il n’entend rien. Quelle andouille ! Et c’est quoi cette histoire de vœux.

Avant, il faut que je le sauve ? Ca pue l’arnaque tout ça. Quoi ! En plus, il y a une gradation dans les vœux ; ça me rappelle une histoire dans le même genre avec vœux et tout le toutim. Le truc finissait en eau de boudin.

Et d’abord qu’est-ce qui me prouve que c’est un génie.

Je l’entends à peine, si cette douche pouvait faire moins de boucan….

Ah pas mal, le coup de la douche.

Et mon autoradio, il ne pourrait pas, le génie embouteillé ?

Si !

Cool…

Ah oui,  les deux autres, les trucs au rabais. Ben… J’ai pas le temps. Tu comprends, il faut que je me grouille : les enfants à déposer… Et puis tu sais peut-être pas mais c’est la crise, ça n’a pas dû arriver au pays des génies, cette histoire de conjoncture économique mondiale. Mais les patrons, en ce moment, ça les rend nerveux, cette histoire de conjoncture économique mondiale. Alors les retards j’évite. Mais t’inquiète, dans deux minutes, ma belle-doche rapplique et juste avant, je te délivre. Tu te débrouilleras avec elle.

Si, elle est sympa ? Oui, bien sûr… (Enfin c’est mon mari qui le dit.)

Allez, j’ôte le bouchon plastique, tu te débrouilleras bien pour sortir tout seul.

En attendant, je file. Ce fut un plaisir…

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Flocon de coton blanc… un génie ? (Captain Lili)

Je me lève et je me bouscule… et je reste accrochée à mes rêves de funambule, comme d’habitude.

Dans le vague, j’ai bu mon thé d’agrume. Savouré les tartines mielleuses et moelleuses qui l’accompagnent chaque matin. J’en suis à l’étape maquillage et, bien sûr, je suis en retard. J’ai perdu les minutes sous l’eau brûlante de la douche… Un doux reflet cuivré sur les paupières, la bataille avec le mascara pour le poser sur les cils et non me l’enfoncer dans l’œil, le rose à lèvres… et zip, je déraille !

Un gros flocon de coton blanc s’échappe de la bonde de la baignoire  avec des « blops », des « ouch », des « ziiiiiiiiiiiii » et j’entends une voix bonhomme de gros nounours s’exclamer : « aaaaah, ça fait du bien ! Ils sont vraiment crades ces tuyaux, je n’en pouvais plus ! Je suis sûr que j’ai des tâches grises sur mon bel habit blanc maintenant… Ah, j’aime bien ce boulot mais alors les conséquences… et personne ne nous plaint jamais… Enfin, occupons-nous de vous ! » Et je me retrouve face-à-face avec une grande bouche, fendue d’un sourire qui va d’une oreille à l’autre (si cette forme a des oreilles…). Je cligne des yeux trois fois, puis trois autres fois, les frotte comme une lampe magique… le flocon de coton blanc m’attend, sagement installé dans mon lavabo.

« Bonjour, je suis un génie, alors, c’est quoi tes vœux Mamzelle ? » m’assène-t-il sans sourciller ! « Euh mes vœux quoi ? » balbutie-je… Il s’esclaffe gentiment : « tu habites dans la lune, Mamzelle ? Tu es encore dans les brumes du sommeil ? Je suis un génie, donc j’exauce des vœux. Quatre, pour être précis. Et pour être encore plus précis, c’est deux gentils, et deux moins gentils. » Je me surprends à rétorquer « c’est quoi, des vœux moins gentils ? » Et le flocon de coton blanc, génie de son état donc, se lance dans une longue dissertation sur les vertus comparées des vœux, exemples tirés de son expérience à l’appui… Je suis toujours avec mon maquillage raté et les minutes s’échappent de l’horloge à une vitesse !

« Et si on reparlait de tout ça ce soir ? » est la seule phrase sensée qui me vienne, si tant est que ce soit sensé de parler avec un génie… « Là, il faut que je file, j’ai un rendez-vous important ! » « Plus important que des vœux, Mamzelle ? Impossible ! Mais plus tu tardes à me faire tes vœux, plus je reste à l’air libre, alors ça me va ! On va où ? » On ???!!! « Ben Mamzelle, tu ne sais pas que les génies, enfin surtout moi, c’est ma spécialité, ils ne disparaissent que lorsque tu as fait tous tes vœux ? J’ai apparu, t’as gagné, et tu ne veux pas jouer ? » Gagné, gagné… pour le moment, j’ai surtout un gros flocon de coton blanc qui veut me suivre partout…

« D’abord, je n’ai pas frotté de lampe à huile alors qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne te serais pas trompé de route par hasard ? »

Le génie reprend son air sérieux de professeur et je réprime un rire tellement il en rajoute : « Je vois qu’on connaît ses classiques, Mamzelle … Aladin version Disney ou version littéraire ? Moi pour que j’apparaisse, c’est beaucoup plus complexe. C’est un peu technique, c’est une conjonction précise entre le choix du rouge à lèvres, le geste de la main, et l’heure… »

Bon, ben je crois que mon premier vœu moins gentil, ça va être de reporter mon rendez-vous important… « Une grève générale surprise, c’est possible ? Ça fera les pieds au prési-prince pendant qu’on y est ! »

« Tope-la Mamzelle, j’adore mettre la pagaille ! (il y a un POP dans une poussière poudrée) C’est quoi, ton deuxième vœu ? »

Ouh la, il est rapide… Il y a trois choses que je veux dans ma vie. Mais le monde aurait bien besoin de mes vœux aussi…

«  J’ai oublié de te dire, j’exauce les vœux personnels : la paix dans le monde, la vie douce pour tous, tout ça, ce n’est pas mon rayon. C’est beaucoup trop difficile pour un simple flocon de coton blanc de mon espèce ! »

Je m’affale sur le canapé, et le génie aussi. « Alors, alors, c’est quoi tes vœux ? On n’est pas obligé de les faire tout de suite mais tu comprends, je suis curieux ! Ca tourne souvent autour des mêmes choses, les vœux : amour, travail, vengeance… Je fais la liste de ceux qu’on me demande, tu veux que je te la lise ? » Et il sort un long, très long ruban bleu de ce qui doit être une poche-portefeuille. « Euh, ça fait longtemps que tu es génie ? »

Il se met à compter sur ses doigts boudinés comme des cumulo-nimbus… « 10803 vœux exaucés, Mamzelle, et aucune réclamation ! » Hum… pendant qu’il lit, je trouverai peut-être les vœux 10804, 10805 et 10806… Je veux un amoureux, une santé du tonnerre et vivre de mes écrits… Mais dans quel ordre de priorité ? Refiler mes douleurs à quelqu’un d’autre, ce n’est pas un vœu moins gentil, c’est un vœu très méchant ! A moins que je choisisse un dictateur ou un violeur d’enfant ? Demander des douleurs à jours fixes, un quota pour une année ? Ce que je voudrais le plus, c’est… « Dis, on peut faire un vœu pour l’avenir ? »

Epouser machin-chouette… avoir un lave-vaisselle… conduire une Porsche…

Le flocon de coton blanc lève la tête de sa liste, sourit : « oui, mais par contre, je ne peux pas faire tomber amoureux, c’est Cupidon qui a le monopole ! »

… savoir chanter… posséder une Rolex…

Bon, qu’est-ce qu’il me reste ? Ecrire en sachant que je vendrai quoi que je fasse, bof… Etre écrivain, c’est autre chose…

« Oh je voudrais passer mon automne au Canada ! »

«  C’est noté Mamzelle ! »

Oups, il ne me reste plus qu’un vœu gentil et un vœu moins gentil… Une rupture de stock régulière pour de nombreux livres un peu trop exposés, histoire que ça laisse de la place dans les librairies pour ceux qui restent invisibles, que chacun ait une chance sans battage médiatique ? Et puis, ce vœu pour l’avenir… « Je veux une belle histoire heureuse », c’est une formule qui résume un peu tout ?

… avoir tous les bisounours… que je disparaisse parce que je suis vraiment collant…

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Je veux tout connaitre. (tilleul)‏

Ce matin, comme d’habitude, c’est la course contre la montre… J’ai dix minutes pour me doucher, allumer le feu dans le poêle à bois, grignoter une tartine et filer chercher mon petit-fils pour le conduire à l’école… J’ouvre l’armoire pour attraper le pain et là,  assis sur le pot de confiture, un drôle de petit bonhomme me regarde en souriant…  J’en renverse ma tasse de café qui se répand sur le carrelage en éclaboussant tout sur son passage ! M….e !  

« C’est pas joli de dire des gros mots ! »… Je rêve sans doute, j’ai oublié de me réveiller…

« En plus ce n’est même pas poli ! » Cette fois, j’ai clairement entendu…

« Qui es-tu toi ? Et qu’est-ce que tu fabriques là ? C’est P’tit Loup qui t’a enfermé là ? D’ailleurs, je me demande pourquoi je t’adresse la parole. Il faut être complètement folle pour parler à une peluche ! » Je referme précipitamment la porte du placard… puis la rouvre aussi vite.

« Viens ici toi, puisque tu peux parler, tu serais bien capable de grignoter mon chocolat ! » J’ouvre la porte du garage et le lance près de la poubelle… Deux minutes, il me reste deux minutes pour nettoyer les traces de café, avant de partir sans avoir manger ! Et tout cela à cause d’une hallucination… Suis-je bête quand même ! Un petit coup d’œil jeté du côté du « duobac » me prouve que j’ai raison… Il n’y a rien sur le sol…

Je m’installe au volant de l’auto puis je tourne la clef pour démarrer… « Un moteur diesel, ça se préchauffe !... » Je sursaute évidemment…

« Mais, j’en ai marre ! Comment as-tu fait pour entrer dans ma voiture ? Et qu’est-ce que tu me veux à la fin ? A la sortie du village, je te jette par la fenêtre ! Tu iras faire la connaissance des renards qui ont mangé mes poules ! »

« Je suis envoyé par mes deux  maitres Pé et Wé. Ils t’aiment bien, même s’ils en ont assez de recevoir tes mails remplis de questions stupides… Tu es nulle en informatique… tu le sais ? » La vitre de la voiture est ouverte. Je m’en débarrasse à l’entrée du bois de sapins… J’espère que personne ne m’a vue, je n’ai nulle envie de passer pour une pollueuse… Ouf! Bon débarras!

En arrivant à l’école, je l’aperçois tout de suite. Il est installé sur le mur de la cour et il me fait des grimaces… Discrètement, je le mets dans ma poche… Il commence à m'énerver!

De retour à la maison, je le dépose sur la table de la cuisine. Le feu ronronne… « Maintenant, je te préviens, tu me dis pourquoi tu es ici, sinon, je te mets dans le poêle à bois… »

«  Fais quatre vœux et ils seront exaucés »

«  Quatre vœux ? Mais je suis heureuse comme je suis ! »

«  Tu peux souhaiter d’être championne en informatique ? Je te laisse choisir, deux gentils vœux et deux autres moins… »

«  Des vœux pas gentils ? A quoi ça sert ? Je ne souhaite de mal à personne ! Pour les deux autres, je suis d’accord. Le premier, je veux tout connaitre sur le maniement de mon ordinateur, et le deuxième, je veux que tu disparaisses à jamais de ma vue ! »

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SHAZAMMM (Papistache)

P’tit Riton, quinze ans, s’astiquait d’importance,  concentré par l’analyse sémantique du discours politique sous-jacent dans une copie pirate du dernier DVD de Zoli-Zola, star montante du X au Venezuela, quand,  “SHAZAMMMM”, surgi d’entre ses doigts, apparut un génie de carnaval.

— Bonne zoirée. Ze souis le zénie Dadi, tou peux, zeune hidalgo, faire quatre vœux avant minouit. Deux zentils et deux zautres, oun pou moins.

A peine remontée la fermeture zip de son baggy, P’tit Riton, s’étant fait répéter le message, disparut dans la cage d’escalier, abandonnant, sur la moquette souillée, le génie Dadi et une foultitude de kleenex sales.

—  Des gentils, ça va pas être facile dans l’quartier, mais des graves, faudra faire un tri.

*****

P’tit Riton se morfondait dans sa cellule quand Dadi — génie propulsé et, sinon collant, du moins un peu poisseux— se matérialisa à ses côtés.

— Oh, bouffon ! Pourquoi tu m’as j’té dans c’te galère. J’m’a fait pécho par les keufs. J’y ai fait tout comm’ tu m’as dit.
— Tou as fait tes quatre vœux ?
— Oui, j’m suis fait quat’ vieux comme tu m’as dit. Deux gentils, j’les ai soulagés d’leurs économies au distributeur en bas d’la gare et deux pas gentils, les deux clodos qui crèchent sous l’pont d’l'entrepôt. J’les ai fracassés d’la vie d’ta mère, y s‘auront besoin d‘un décodeur tout’ leur vie pour voir la lumière, eux, les zombis.
— Mais, Riton, qu’as-tou compris ? Yé né t’ai pas demandé de té faire des vieux, mais dé formouler des souhaits... faire quatre vœux.
— Oh, l’autre... l’empaffé. J’avais pas compris qu’tu parlais verlan. Quat’vœux ? Quat’ vœux ? VEU’CAT, alors ?  Ben, c’est maintenant qu’j’en aurais besoin d’la veucate.
SHAZAMMMM !

*****

Maryse, avocate émérite au barreau de Rémalard, ouvrit des yeux étonnés.
— Eh ! Dadi, t’aurais pas sa fille ou sa p’tite fille à la vioque ?
SHAZAMMMM !

*****

Léa, béate avocate stagiaire, se retrouva un brin écrasée entre un guignol en partance pour le carnaval de Rio et un adolescent boutonneux à l'odeur aigre.
— Wow, on dirait la frangine à Zoli-Zola. J’voudrais qu’é’ soye ma copine, là, su’l’tarmac d‘la zonzon !
SHAZAMMMM !

*****

— Eh, M’dame attention, fourrez pas vos paluches par là. Eh, mais c’est trop brutal. Y’a qu’ma mère quand j’étais p’tit et moi qui touche à mon joystick. Non, faisez pas ça.... C’est dégueulass'...  Pas avec la ... DADI ! ! ! Débarrasse-moi de c’te chaudass'...
SHAZAMMMM !

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