21 février 2009
LES COULISSES DU PALAIS (Caro Carito)
Les coulisses du Palais - version audio
Partie 1: avertissement aux lecteurs - La salle
Partie 2: la plaidoirie
Partie 3: les couloirs du Palais
Texte version écrite
http://lesheuresdecoton.canalblog.com/archives/2009/02/21/12647455.html#comments
Président, Directeur et Général (Tiphaine)
- Monsieur le Ju..., Monsieur le ju..., Monsieur le juge, Mesda..., Mesda..., Mesdames et Messe et Messe et Messieurs les ju..., les ju..., les ju..., les ju....
Tout à coup le silence se fait dans la salle, je dois être très très vieux, tout le monde me regarde avec de gros yeux en fronçant les sourcils. Je dois avoir fait quelque chose de très très mal. Je ne sais pas quoi.
Mon avocat ouvre à nouveau la bouche :
- Monsieur Sark..., Monsieur Sark..., Monsieur Sark..., Hum... Mon cli..., mon clicli..., mon clicli..., mon CLIENT est innocent.
Grondement de stupeur dans l’auditoire. Les jurés osent même quelques sifflets. Il me semble que ces gens ont été très mal choisis. Mon avocat a dit que c’étaient des humbles, que c’était bon pour nous, pour mon image, ce type est un incapable, je vais me faire laminer...
Il reprend péniblement et explique que le crime dont je suis accusé n’est pas abominable et qu’il demande mon acquittement. C’est si long. J’entends quelques ricanements, mais qui donc a pu inventer cette loi sur la discrimination positive ?, quelle connerie, un avocat bègue pour MOI, mais quelle connerie...
- Monsieur Sark..., Monsieur Sark..., Monsieur Sark..., mon CLIENT n’est pas un dicta..., dicta..., dictateur. Certes, il s’est peu à peu à peu à peu imposé comme... comme... comme empereur par la force MAIS il n’a pas zob..., zob..., zob..., zobligé qui que ce soit à à à à ...
Ce salopard va me flinguer, il faut que je l’oblige à se taire. Je me lève soudain et je hurle :
- Casse-toi pauvre con !
L’avocat et la cour me fusillent du regard, le juge appelle la garde impériale à son secours, ils veulent me ramener dans ma cellule à coup de Kärcher, je pisse dans mon froc, je crie, je hurle :
- Mère ! Mère ! Ils ne savent pas ce qu’ils font !
.
Dans le lit de ses parents, le petit surdoué est en larmes.
Sa mère le caresse tendrement :
- Ce n’est rien mon petit, c’est juste un vilain cauchemar...
Son père voudrait bien se rendormir :
- Ne t’inquiète pas, fils, plus tard, tu seras PDG comme papa .
L’enfant s’interroge à voix haute :
- Ça veut dire quoi, PDG ?
« Président Directeur Général », répond le père avec une pointe de fierté dans la voix.
Le petit sèche ses larmes d’un geste nerveux et retourne dans sa chambre.
La nuit est calme. Il aligne ses peluches autour de son lit, en rang. Il leur murmure des ordres invisibles, il les déplace ou les renverse en éclatant soudain de rire.
Président, Directeur et Général...
Il s’endort le sourire aux lèvres...
Naître ou ne pas naître!! - Violette7
Je m'adresse à vous, mères entre
toutes.......les mères.......Elle ne pouvait pas.......Non, elle ne pouvait pas,
elle ne pouvait plus.....Les cheveux collés au front par la sueur des efforts et
les yeux perdus dans un regard suppliant, un visage hurlant la crainte de
l'abandon et de l'irréversible, la peur de l'impossible et de l'inutile, elle a
crié "non, non, je ne peux plus, je n'en peux plus, je ne veux plus, je n'en
veux plus.......!" Qui parmi vous peut juger cette ultime faiblesse tandis qu'il
suffisait.......de donner encore et encore?.......Qui , peut être certain, qu'à
cette même place et à ce même instant il aurait pousser encore? Parce que depuis
la nuit des temps, il en est ainsi?
Je fais appel au plus profond de
vous.....au cri puissant d'une délivrance qui n'en finit pas, un cri qui d'elle
à moi, de moi vers vous retentit et.......vous demande de l'entendre.......Je
vous demande de l'entendre....de l'entendre et de lui
pardonner........
J'étais dans la salle....... d'accouchement.......
Affaire de famille - Pandora
- Ma cliente a commis un crime abominable, néanmoins je vais vous demander de l’acquitter. Votre honneur, je vous demande la plus grande indulgence pour ma cliente. Cliente, qui bien sûr, est très désolée de ce qu’elle a fait…
[Plus fort]Cliente, qui bien sûr, est très désolée de ce qu’elle a fait…
- Maitre, ce n’est pas la peine de répéter la même chose, la Cour n’est pas sourde
- La Cour non, mais MA CLIENTE peut-être!
[La cliente sursaute, interrompue dans ses pensées, et baisse enfin la tête devant le regard courroucé de son défenseur]
- Voyez d’ailleurs, comme elle est contrite. De plus, tous ici peuvent remarquer que son état n’est pas normal. Ce sourire niais dénote une grande perturbation mentale et je suis étonné que l’expertise psychiatrique ait conclu en sa responsabilité. Allons votre honneur, même mon cocker a l’air plus éveillé !
[Les personnes assises au premier rang peuvent voir le coup de pied discret sur le tibia de la cliente qui essayait de protester…]
- Pensez-vous qu’une incarcération soit justifiée dans cet état ? Tout ça pour quelques mots malheureux ?
- Maitre, il s’agit de plus que « quelques mots malheureux »
- Des insultes de cours de récréation
- « Espèce de sale Pute », « je vais te tuer Salope » et « Je vais t’exploser ta gueule de pétasse » ? Dites-moi de quelle école il s’agit pour que je n’y envoie pas mes enfants…
- Votre honneur, les mots ont dépassé la pensée (fort limitée) de ma cliente…
- Si ce n’étaient que les mots, Maitre…
- Vous voulez parler de la gifle peut-être ?
- Maitre, relisez l’acte d’accusation mais ne nous faites pas perdre notre temps !
- Excusez-moi Votre honneur, mais cette gifle n’est qu’un malentendu
- Je vous confirme que la plaignante entend mal depuis la gifle, mais je ne vois pas de malentendu
- Ma cliente ne voulait pas faire de mal à la plaignante
- Ah bon Maitre, que voulait-elle faire alors ?
- Ecraser un insecte.
- Ecraser un insecte ?
- Oui, une horrible araignée qui s’apprêtait à attaquer la plaignante
- Maitre, vous vous moquez de moi ? Savez-vous ce qu’il en coûte en cas d’outrages à la Cour ?
- Votre honneur, je vous garantis de la bonne fois de ma cliente et vous le répète : elle n’a pas toute sa tête. Vous voyez bien d’ailleurs qu’elle est blonde
- L’expert affirme pourtant le contraire…
- Le coiffeur de ma cliente peut pourtant l’attester
- Je ne parle pas de sa couleur de ses cheveux, Maitre
- Pardon votre honneur. C’est peut-être parce que ma cliente n’est pas malade.
- C’est ce que le psychiatre expert a conclu, oui….
- Elle n’est pas malade votre honneur, mais elle n’est pas dans son état normal. Elle est amoureuse…
[La cliente relève la tête et sourit béatement à son avocat]
- Maitre, parlez clairement et qu’on en finisse
- Votre honneur, ma cliente a cru que la plaignante jeune et ravissante, mais délinquante notoire, soit dit en passant, voulait s’en prendre à son mari et s’est défendue avec toute l’énergie d’une femme amoureuse. Mais elle ne recommencera plu, n’est-ce pas ?
[La cliente fait non énergiquement de la tête]
- Ne la mettez pas en prison je vous en prie, vous allez briser cette femme, vous allez briser un jeune couple…
- Très bien Maitre, je relâche votre cliente avec une amende et des indemnités pour la plaignante, mais seulement si vous vous engagez devant la Cour de ne plus défendre à l’avenir que des clients de sexe masculin ou apparenté. La Cour ne supportera plus ce genre de débordements, même de la part d’une femme jalouse. C’est clair ?
- Oui votre honneur. Merci beaucoup votre honneur. Mon épouse et moi-même vous sommes infiniment reconnaissants. N’est-ce pas chérie ?
[Et la cliente de remercier le juge d’une voix timide (qui ne ressemble plus du tout à celle qu’elle avait quelques jours plus tôt quand elle s’en était prise à la jeune cliente de son mari) et de se précipiter dans les bras de son époux et défenseur]
Moralité : On a toujours besoin d’un avocat. Tant qu’à l’avoir chez soi, autant l’avoir dans son lit
Instinct primaire (Papistache)
Mesdames et messieurs les jurés, ma cliente a commis un crime abominable, néanmoins je vais vous demander de l'acquitter pour les raisons suivantes :
Cette frêle créature, derrière ces vitres blindées qui la protègent tout en l’enfermant — d’ailleurs a-t-elle vraiment mérité ce traitement réservé d’ordinaire aux criminels de haute volée ? — a assassiné son mari. C’est exact. D’une manière qui vous a choqués au cours du procès.
Je vous rappelle qu’elle s’est présentée vierge au soir de ses noces et que précisément, c’est au petit matin que la parentèle abasourdie a découvert le forfait. Vierge, innocente. Chez ces gens-là, mesdames, messieurs, on ne connait du mariage que l’acte de procréation. Bestial.
Vierge. Innocente. Totalement remplie de son désir de maternité. Chez ces gens-là, que notre société trop souvent enferme, comme ce soir ma cliente en son bocal, on ne badine pas, mesdames, on copule pour l’avenir de l’espèce. Alors, cette jeune épousée, une fois ses ovaires comblés a ressenti une grande oppression. Un espace vital réduit, une chiche liberté... et là, offerte à ce mâle perforant, elle a mesuré, en une fraction de seconde, qu’il lui fallait impérativement éliminer celui qui allait lui disputer les maigres allocations que la société lui octroierait.
La société ? Vous, nous, mesdames, messieurs. Ma cliente a tué son époux parce qu’elle allait devenir mère et que le cri de ses entrailles le lui a enjoint.
Mais aussi songez que nous en sommes responsables et c’est pourquoi nous allons la libérer de cette cage de verre alors que son abdomen distendu montre à tous que la vie s’apprête à en sortir. Oui responsables, car qui, sinon, vous ou moi, l’avions soumise à cette ignoble alternative ? Assurer un avenir à sa progéniture ou risquer de le voir contrarié par la vorace attitude du mâle que nous avions introduit dans sa couche virginale.
Car, je soutiens que c’est nous, humains qu’on dit civilisés, qui avons —notre curiosité est si maladive et obscène — ourdi la situation qui a généré ce meurtre. Elever une vierge en la laissant tout ignorer de son milieu naturel et lui adjoindre de notre propre chef un géniteur à son côté, c’est nous qui devrions nous trouver sur le banc, à sa place.
Imaginons un état de grâce, loin du carcan de ce que la science a produit de pire. Croyez-vous que l’inimaginable se serait produit ? Non, mesdames, non messieurs, le galant aurait pris la fuite une fois son plaisir éprouvé, la belle se serait baissée pour cueillir à poignées son ordinaire et même son extra.
Mesdames, messieurs, nous avons voulu contraindre la jeunesse et la beauté et avons récolté le sang et l’horreur. Je vous assure que j’ai vu, de mes propres yeux, dans les buissons des sauvages garrigues de la Corse se perpétrer mille acrobaties copulatoires, et plus, sans que jamais la moindre victime ne soit à déplorer. Vierges ou presque, amants frénétiques ou patients, chacun repartait au soir vers de nouvelles aventures. Moi-même... mais ce n’est pas le sujet de ma plaidoirie.
Je vous demande d’acquitter ma cliente, mesdames et messieurs les jurés ; si la nature vous avait fait naître orthoptères plutôt que primates vous auriez agi comme elle. Ma cliente, Mantis religiosa, doit être acquittée et remise en liberté séance tenante. Comprenez-vous les enfants, que ce que vous avez pris pour un acte de cruauté n’était qu’un geste d’amour ? Relâchez cette mante religieuse et allongez-vous dans l’herbe — enduisez toutefois vos épaules de crème solaire — et prenez la loupe que je vous tends. Observez toujours les animaux dans leur milieu naturel. Croyez-vous que vous tireriez des enseignements sur les mœurs d’un lion encagé entre trois grilles et un mur de béton sale ?
Dévissez le couvercle et ouvrez vos yeux.
— Papa, pour la Corse, tout à l’heure, qu’est-ce que tu as voulu dire ?
— Une autre fois, mes enfants, une autre fois... je vous laisse à vos observations in naturalibus, je vous appellerai pour le goûter.
Propriété intellectuelle ® ? (Joe Krapov ®)
- La parole est à maître Sankoz ®, avocat de la défense.
- Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les jurés, jusques à quand enfin le ridicule en grève
refusera-t-il de tuer ceux qui viennent ici à l’instar de M. Nicolas Broutille ®, chef d’entreprise et ci-devant partie civile, encombrer
les tribunaux de leurs peccadilles ? Ce procès est une farce italienne,
une pantalonnade et je me fais fort, sans même faire dans la dentelle, de transformer
l’argumentation de la partie adverse en hachis de Parme entier. Car que
reproche-t-on à Monsieur Lamoule ®, mon
client, et que ne lui a-t-on pas reproché ?
Cet humble commerçant en
sex-toys, boules de geishas, pilules bleutées, accessoires et revues de la plus
basse pornographie n’est qu’une pauvre victime de la crise économique mondiale
qui sévit actuellement partout. M. Roger Lamoule ® a été contraint d’abandonner son emploi de gérant des
Portes du Paradis ®, un sex-shop situé
rue d’Echange à Rennes ®. Il s’est reconverti
dans l’aide informatisée aux candidats potentiels de la Staraque ® et autres pousseurs-pousseuses de chansonnettes. M.
Lamoule ® est devenu maître-chanteur
d’un genre particulier certes puisqu’il n’a pas craint d’exercer par
correspondance sa nouvelle activité de vendeur de corps beaux et de merlettes
chanteuses. »
(Rires dans la salle).
- M. et Mme Broutille ®
me font bien rigoler. Excusez-moi, Monsieur le
Président, mais consécutivement à leur lune de miel récente, ils ont de la
marmelade dans les yeux ! Comment ne pas voir en effet que les poupées
chantantes envoyées par M. Lamoule ®
à ses nouveaux clients n’étaient rien d’autre
en effet que des poupées gonflables à l’effigie de Mme Carla Broutille ®
au sein
desquelles un dispositif de lecture de fichiers MP3 ® se déclenchait lorsqu’on appuyait sur le téton
gauche, faisant entendre le voix de la Callas ®, de Céline Dion ®, de dame
Félicity Lott ® ou celles de Caruso ®, Jean Ferrat ®,
Serge Lama ®, ce en vue d’inciter les
jeunes talents à forcer un peu plus sur les cordes vocales que sur la cigarette
avant d’envisager une carrière musicale. »
- Mais, maître… ».
Roger Lamoule ®, entre deux de ses bâillements,
essaie d’interrompre l’avocat qui a visiblement la frite, bien lancé qu’il est
dans sa plaidoirie.
- Mon client est-il accusé d’atteinte au droit à l’image ? Pas du tout ! Il n’est pas responsable non plus du détournement d’usage qu’a subi l’objet du délit. La poupée Carla ®, puisqu’il faut l’appeler ainsi, s’est vendue comme des petits pains le mois dernier lorsque les employés de l’usine Broutille ® se sont mis en grève contre leur patron. Tout le monde garde encore en mémoire l’image de ces syndicalistes brandissant la poupée, scandant « Carla ® avec nous ! » et lui faisant chanter à pleins poumons « L’Internationale ® ». Mais sommes-nous ici pour une accusation de complicité de grève illicite, injure ou diffamation ? Pas plus ! Encore moins pour des faits de sorcellerie. Les quelques farceurs situationnistes qui croient que le veau d’or est toujours debout et que le vaudou est toujours Debord ® se trompent. Planter des aiguilles dans la poupée Carla ® n’aboutit à rien qu’à un grand « Pffff… ». Même pas une petite « clique » ou un grand « claque ». Autant marabouter des bouts de ficelle, envoûter des plafonds de cave, magnétiser des aimants à Vérone ®. »
- Abrégez, maître Sankoz ® », demande le Président, sinon on va encore devoir couper en deux votre contribution au « Défi du samedi juridique » ! »
- Mon client, Mesdames et Messieurs, a commis le crime abominable d’écrire sur l’emballage et les prospectus publicitaires vantant les mérites de sa Galatée ® à la voix dilatée cette accroche : « la poupée qui fait nom ».
Or monsieur Broutille ®, suite à une affaire juteuse réalisée par un de ses adjoints, commercialise en Chine des mannequins d’un genre un peu particulier. Comment appelez-vous, M. Broutille ® votre top-modèle pour l’export ? »
- La poupée qui fait nain ®. »
(Manifestations
d’étonnement dans la salle).
- On peut voir ici, Messieurs dames, reprend l’avocat en brandissant une photo, ce que produit désormais M. Broutille ® dans son usine de vêtements : un modèle de pin-up qui sert de nain de jardin sur les balcons des HLM ® en Chine ® ! Cela fait quatre pages que vous vous esquintez les yeux pour une vulgaire affaire de simili plagiat de slogan, pour une querelle de voisinage entre mercantis concernant la propriété intellectuelle des mots « la poupée qui fait » ! Avons-nous réellement du temps à perdre avec les appétits mesquins de ces marchands du temple ? Surtout, qui, de nos jours, à part un Ch’ti d’Arleux, de Dourges ou de Wahagnies peut se montrer incapable de faire la différence entre la poupée qui fait non et « cheul poupée qui fait nin » ? »
(Rumeurs de
stupéfaction dans la salle)
- Pour terminer et vous prouver qu’il n’est pas très difficile d’enfreindre la folie de telles lois et de telles moeurs, qu’il me soit permis de questionner le plaignant. Monsieur Broutille ®, quand votre épouse Carla ® se rend au supermarché pour faire ses courses, comment appelez-vous le chariot dans lequel elle entrepose les victuailles de la semaine ? »
- Un… Un caddie ® ? »
- Parfait ! Et quel est le nom de la danse nouvelle à laquelle s’adonnent des adolescents gominés sur les places publiques de nos cités ? »
- Le rockabilly ®? »
- Vos références culturelles datent un peu, M. Broutille ® ! Vous êtes carrément à côté de la plaque. Et en disant ça, je vous aide ! »
- La Tecktonik ® ? »
- Voilà, Mesdames et Messieurs ! La démonstration est faite. Le plaignant n’hésite pas lui-même à utiliser des termes qui sont des marques déposées dûment enregistrées auprès de l’INPI ®. Il vient de faire la preuve que nul ne peut survivre dans un monde où l’on privatise tout, y compris les noms et les mots. Je vous remercie de réfléchir à cela avant de délibérer. »
- Mais maître… » hasarde encore M. Lamoule ®.
- Ta gueule, Roger ®, répond l’avocat à voix basse. T’inquiète pas, c’est gagné. »
- C’est que… On ne risque pas d’avoir des ennuis avec Michel Polnareff ® ? »
***
Effectivement, à l’issue des délibérations, le diffuseur de la poupée qui fait nain ® a été débouté de sa plainte contre le fabriquant de la poupée qui fait nom. Le tribunal a condamné le couple Broutille ® à payer les frais de justice de Roger Lamoule ®. Madame Broutille ® ne décolère pas :
- Mais enfin, Nicolas ® ? Pourquoi as-tu répondu « Caddie ® » à cette question sur ces endroits où je ne vais jamais ? Tu sais très bien que je fais tout livrer par Fauchon ® directement à la maison ! ».
M. Broutille ® ne dit rien. Il sort piteusement du tribunal et s’enfuit rapidement, la queue entre les talonnettes ®.
NOT GUILTY BY REASON OF INSANITY!!! - Joye
L'avocat commence sa plaidoirie : « Ma cliente,
Iowagirl, a commis un crime abominable, néanmoins je vais vous
demander de l'acquitter parce que… Son acte n’était pas
condamnable. Elle a seulement pété un
câble ! Sa peine était bien
calculable, Mais c’est une dame
canonisable ! De crime, elle n’en est pas
capable ! Son cas est donc bien
comprenable ! Pourquoi ? C’est simplement
captable Qu’elle frappe avec sa grand’
cartable Un pinailleur de langue
curable ! Tant pis pour lui, sa tête
cassable ! Il faut être plus
charitable Envers ce coup
coagulable ! Et donc le crime est
commuable ! Son amour
communicable Est aussi assez
compactable : N’importe qui de
comparable Verra cet acte comme
compensable, Sans parler de
concevable ! Elle voulait être
conciliable ! Sa liberté ? Pas
confiscable ! Son débit est
conjugable ! Son français est
considérable ! Trouvons stupide le dur
constable Qui jugeait sa langue
méconnaissable ! Il était donc
contribuable, À sa propre mort bien
contraignable ! Vous croirez peut-être
contestable Qu’elle le tue,
inconsolable, Parce qu’il la trouvait
critiquable ! Chers amis, le
consommable Dans cette affaire est le
constable ! Et ma
cliente…incorrigeable ! Tournons la page. Tout con
vocable Profite d’un us
controversable ! Qu’elle parle notr’ langue,
cette non-coupable ! Je trouve ça, moi, bien
convenable ! » L’avocat
reprend sa place. Les membres du jury, au moins ceux qui n’avaient pas encore
perdu connaissance lors de ce discour effrayants, ont tout de suite voté un
non-lieu et la vilaine Iowagirl assassine incorrigible de la langue française, retrouve sa liberté.
Sainte Canette (Tilleul)
Je vous demande d’excuser mon client. Le jour où la femme de sa vie l’a quitté pour entrer au couvent, il est resté pendant des heures au pied du mur du monastère… Il gardait l’espoir de l’apercevoir encore une fois, ne fût-ce qu’une seconde au travers d’un vitrail… Pouvez-vous imaginer son chagrin ? Il n’était plus lui-même quand il a injurié les forces de l’ordre…Mais ce n’est pas sa faute si il a bu plus que de raison ! C’est la vue de cette statue, logée dans une niche, qui lui a donné soif...
Passion (Walrus)
Sa femme le trompait, il en était certain. L'ennui, c'est qu'il ignorait avec qui, mais au bout du compte, il s'en fichait...
Un beau soir, rentrant d'avoir promené le chien, il la trouve, étranglée !
Les flics lui trouvent, eux, d'excellents mobiles et un alibi... débile.
De fil en aiguille, il se retrouve inculpé de meurtre et on lui colle un avocat commis d'office.
Lui se contente de dire qu'il n'y comprend rien et que de toute façon, sans elle, sa vie n'a plus de sens.
Le procès arrive et son avocat n'a encore établi aucune stratégie de défense.
Vient le moment de la plaidoirie.
"Mon client a, selon l'accusation, commis un crime abominable,
néanmoins je vais vous demander de l'acquiter pour les raisons
suivantes : il est impossible qu'il ait pu assassiner sa femme.
En effet, j'étais l'amant de cette dernière. Tout se passait au mieux
jusqu'au jour où elle s'est mise dans la tête de me faire divorcer pour refaire ma vie avec elle. Comme de mon côté, je ne tenais
absolument pas à perdre mon épouse, cette riche héritière que vous
connaissez tous, elle m'a menacé de mettre celle-ci au courant de nos
ébats. Raison pour laquelle je l'ai étranglée. Si je n'avais pas été
commis d'office, je n'en aurais rien dit, mais mon serment d'avocat me
fait une obligation de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver
mon client, alors..."
Ouest-France - Normandie Matin - rsylvie
OUEST
FRANCE - Normandie matin
rubriques faits d'hiver. par
Rsylvie
ben
oui, j'étais dans la salle avec Ginette ma co-locatrice.
On est toutes deux
employées comme femme de ménage chez madame Éketoubrille.
On papotait
chiffons, en attendant notre tour au prétoire,
quand un journaliste pour le
très fameux magazine people « défiDUsamedi »,
s'est approché de nous avec son gros micro
alors…
-« alors moi l'avocat, j'le tiens fermement parc'qu'il est vivace.
j'lui nettoie son p’tit surplus de chaire verdâtre et
j'lui pique 3
cureDENT dans l'….
……… ………………………………………......................
afin de ne pas blesser les oreilles de nos auditeurs
-« et j'le fous à
l'eau..... Et oui….faut d’l’eau, beaucoup
d’eau. Enfin c’est c’que j’allais faire
quand … quand cette pauvre madame, qui rentrait tout
juste de ses vacances aux Seychelles, C’est sur, il manquait d’eau. Mais de là, à
l’noyer » !!
après y a plus qu'a maintenir la tête sous l'eau
et attendre
que ça passe !
Si si, j'vous assure ça passe toujours....
Bon j'avoue que
la tige n'est pas toujours bien droite
mais orientée vers la lumière avec
précision, elle retrouve sa fierté et
vous donne une magnifique plante
verte, au feuillage persistant .....
si vous n'oubliez pas de l'arroser
régulièrement.
a poussé un cri d’effroi….
L’avait plus une feuille
sur la tige !
….il n’y a qu’un pas,…………………………………………… ....…...
et
c’est ce que je vais m’empresser de vous démontrer.
Si l’on veut bien, enfin, me laisser la parole !.......................... ..............




