14 février 2009

Défi de Cinderela

Samedi midi. Pas de Lila-sitting aujourd'hui, Anna est en vacances. J'ai donc passé une matinée tranquille et sur la fin de cette matinée, justement, je suis allée chercher le courrier. Je tiens encore la lettre à la main quand Kant franchit la   porte de la maison. Je me jette à son cou :
- Les   fleurs hier plus cette lettre aujourd'hui... vraiment c'est trooooop, jamais je ne me serais attendue à tout ça !!!!
(Ndlr : l'histoire des fleurs est racontée   chez les Equipières)
 
  Kant sourit.
  - Je t'ai envoyé une lettre Cindy ?
  - Oh oui et elle est vraiment vraiment très romantique.
  - Je peux voir, s'il te plaît ?
  - Bien sûr.
 
  Kant commence à lire la lettre.
  - Dis-moi Cindy, il n'y a rien qui te choque dans cette lettre ?
  - Non pourquoi ?
  - La demande en mariage par exemple...
  - Et alors ? demandai-je, très étonnée. Tu ne m'aimes pas ?
  - Si bien sûr.
  - Et donc tu ne veux pas te marier avec moi ?
  - On est déjà mariés. Ensemble. Au cas où tu ne t'en souviendrais pas...
  - Ca n'empêche pas !!!
 
  Kant est maintenant franchement hilare.
  - Cindy... comment dire ? Tu as vu à qui la lettre est adressée ?
 
  Je reprends la lettre : "Mon cher Charles".
  - Ah euh oui... j'ai cru que c'était l'émotion ?
- Emotion ou pas, répond Kant qui n'arrive plus à garder son sérieux, rien ni personne ne pourra m'obliger à signer une lettre "Charlotte".
  - Tant pis, ai-je soupiré avec fatalité. C'était pourtant une si jolie lettre...

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Bis et Pépita (Tiphaine)

Je ne sais pas si vous connaissez la petite ville de Forges-Les-Os. Elle n’est pas très connue, à vrai dire. Quelconque est l’adjectif qui me vient à l’esprit. Une église qui n’a rien de particulier, une petite supérette à côté de la mairie, il y eut une poste avant l’époque de la décentralisation à outrance mais c’était il y a bien longtemps… Aujourd’hui, il ne reste guère que quelques rues sans âme véritable et une petite centaine de personnes qui attendent que le temps passe. Essentiellement des personnes âgées, les jeunes sont partis depuis longtemps à la capitale dans l’espoir parfois illusoire de trouver là-bas qui un travail, qui un amour, qui un semblant de vie. Forges-Les-Os végète et seuls quelques historiens se souviennent qu’elle fut la ville natale d’un inventeur de génie qui exporta sa science dans les contrées reculées de l’ancien empire Ottoman. Aucune plaque ne le signale d’ailleurs, Forges-Les-Os n’a ni passé ni futur. A peine un présent.

Que vous dire d’autre sur cet endroit oublié des dépliants touristiques ? Le maire est un homme sans histoire, depuis des générations on exerce ici cette fonction de père en fils et personne ne trouve rien à y redire. C’est dans l’ordre des choses. Le curé ? Cela fait bien longtemps qu’il n’y en a plus, les âmes ferventes prennent leur auto chaque dimanche pour la grande ville voisine. Le docteur ? Quel docteur ?

Non, Forges-Les-Os est une petite ville quelconque sans grand intérêt ni personnage particulièrement saillant.

A la réflexion, il y aurait peut-être bien ce Valentin Noli…

Valentin Noli n’est pas un facteur comme les autres. Non, ce n’est vraiment pas un facteur comme les autres… Pour commencer, c’est le seul facteur. Ah ! Vous devriez voir son vélo, vraiment ! Il est rose, comme son cœur. Valentin Noli est un doux rêveur comme on n’en fait plus. C’est miracle s’il fait une tournée sans une seule erreur de distribution. Mais Valentin est un gentil garçon, personne ne s’en est jamais plaint à la direction générale. Il faut dire que c’est le chéri de ces dames, plus d’une pense à lui en s’apprêtant le matin, choisissant avec soin le délicat déshabillé qui la mettra le mieux en valeur quand elle ira d’un pas négligent à sa rencontre. Ensuite, il ne leur reste plus qu’à entendre avec impatience que midi arrive enfin. Mais Valentin n’a jamais le temps de glisser ses délicates mains dans la moindre boîte aux lettres, ses admiratrices, dès « poltron miné », guettent sa silhouette gracile derrière les rideaux légers des maisons. Seuls quelques grincheux demeurent insensibles à son charme. Jean-Pierre Bachi-Bouzouk en est un. Réfractaire au plus haut point. A peine entend-il la joyeuse sonnette du vélo rose qu’il se précipite sur sa zapette et monte le son de sa télévision…  

Mais Valentin ne s’en chagrine pas. Il est d’un naturel heureux et confiant. Son voisin ne peut pas avoir un cœur de pierre, il est juste un peu… bougon. Un ours grognon à qui la vie n’a pas encore offert la chance d’être touché par la grâce de l’amour. D’ailleurs, il est un signe qui ne trompe pas, c’est un « bis » qui sépare leurs maisons et, chaque fois qu’il fait sa tournée, Valentin sourit tendrement en espérant qu’un jour ce bis se transformera en bise… et c’est avec entrain qu’il appuie allégrement sur les pédales de son engin, songeant avec délice comme il est bon d’aimer.

Car Valentin est amoureux. Amoureux fou. Ah ! La belle Pépita, la délicate, la mignonnette, la pucinette coquette de son cœur… Chaque jour, il lui conte fleurette et les yeux de la demoiselle s’allument, toute la rue des Mimosas s’embrase soudain de son sourire à couper le souffle. Et les dames de Forges-Les-Os se pâment d’envie derrière leurs fenêtres fleuries…

14 février. Aujourd’hui, c’est la saint Valentin. Notre facteur, comme tous les matins, se rend à la ville voisine pour chercher le courrier qu’il doit distribuer. 78 missives l’attendent avec impatience. Notre Valentin constate avec surprise que 77 lui sont adressées. La 78ème, il la connaît bien, c’est celle qu’il a adressée lui-même à la belle Pépita.

Enfer et stupéfaction ! Valentin revient à vive allure chez lui, étale brusquement son butin sur le petit bureau et l’examine avec un peu plus d’attention. 24 cartes, la plupart signées, envoyées par les quelques veuves et célibataires de la ville. Au hasard, il ouvre quelques lettres, les mêmes tournures enflammées reviennent, les cœurs brisés, les espoirs, les je t’aime absolus… Celles-là ne sont pas toujours signées, elles portent parfois un petit prénom féminin ou un indice sensé guidé notre facteur vers l’élue de son cœur. Les « je t’attendrai à minuit rue des Capucines » côtoient les « j’aurai ma petite robe bleue » et plus rarement les « je serai entièrement nue ».

Valentin n’en revient pas. Fébrilement, il recherche l’éventuelle lettre que sa dulcinée pourrait lui avoir adressée. Il trouve enfin. Elle ne l’a pas oublié. Juste trois petits mots au dos d’une carte. Il respire enfin. Il reprend ses esprits.

Il est bientôt dix heures, Valentin devrait déjà avoir entamé sa tournée. A quoi bon se presser, pense-t-il soudain. Il n’a qu’une seule maison à visiter.

Il entend soudain le son d’une télévision dans la maison voisine. C’est alors qu’une idée lumineuse traverse le cerveau du gentil facteur.

Puisque tout le monde s’accorde à dire qu’il est un étourdi notoire, pourquoi ne pas profiter de l’occasion ? Elle est si belle ! Il suffirait qu’il dise qu’il a égaré la tournée du jour, tout simplement…

Dans la salle à manger de monsieur Bachi-Bouzouk, le générique d’Amour Gloire et beauté retentit à tue-tête.

Il y a mieux à faire, songe Valentin Noli en regardant toutes ces lettres éparpillées devant lui, bien mieux… Il commence par faire le tri des adresses et ne retient que celles qui pourront convenir à la réalisation de son plan. Par chance, toute la ville l’appelle Valentin, très peu de personnes connaissent son nom de famille et 69 missives contiennent simplement l’adresse « A mon Valentin, 38 bis rue Saint-Eusèbe, Forges-Les-Os ». Décidément, la chance est avec lui ce matin. Il s’empare ensuite d’un blanco et d’un effaceur et, scrupuleusement, il élimine tous les « bis ».

Il est presque midi. Valentin enfourche son vélo rose et fait retentir sa sonnerie joyeuse. Aussitôt, son voisin se précipite sur sa télécommande et, les yeux rivés sur l’écran, il ne sait rien des 69 lettres que le facteur dépose dans sa boîte.

A midi 5, la rue des Mimosas s’enflamme et les dames de Forges-Les-Os enragent derrière leurs fenêtres fleuries.

A ses supérieurs, le lundi suivant, Valentin déclare le rouge aux joues : « Je suis vraiment désolé, je n’avais pas la tête à mon travail ce samedi... Quelques erreurs ont peut-être été commises... Quelques lettres égarées ? ». Aucune réclamation n’a pourtant jamais été faite depuis, pas la moindre plainte et Valentin est toujours le facteur bien aimé de sa ville.

A chaque saint Valentin, les dames de Forges Les Os rivalisent d’imagination, elles espèrent en secret être celle qui détournera le gentil facteur des bras de l’odieuse Pépita. En vain.

Cette année, Valentin et Pépita ont décidé de se marier, les hommes de la ville se réjouissent.

En secret.

Et monsieur Bachi-Bouzouk, me direz-vous ?

On murmure qu’il est amoureux et que, chaque nuit, une demoiselle l’attend « entièrement nue »…

En secret.

 

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Ce fut le jour où, en aval du moulin, il se pêcha, dit-on, des truites saumonées à la chair bleutée (Papistache)

Paulo, facteur amoureux,
Effeuille sa sacoche de cuir
Sans vraiment penser à nuire
Par dessus le pont vieux.

Un peu, beaucoup, Souade m’aime
Passionnément, à la folie,
Pas du tout ? Moi, je l’ai-aime.
Souade aux lèvres jolies.

Jamais la rivière Amour
Ne porta mieux son nom,
Cent petits navires s’en vont,
Affranchis, suivent son cours.

Au village, on se désespère,
Déjà onze heures, la boite est vide,
Mille cœurs se brisent, quelle misère,
Les larmes coulent amères, acides.

La rivière charrie les cœurs
Brisés. Navires perdus
A la dérive, sous les pleurs
De mille amants éperdus.

Mais l’boulanger, le Gros Pierre,
Qui lutinait la belle meunière
Près du moulin, dans l’eau glacée
Sans hésiter, a tout r’pêché.

Gros Pierre, dans son fournil,
Introduit cœurs en morceaux,
Et courriers  mis en péril,
Par Paulo, l’facteur puceau.

Masques de cire, mines déconfites
Les villageois, âmes en peine,
Entendent les cris de Madeleine,
La belle meunière : “Vite, venez, vite !”

Aujourd’hui, Saint Valentin,
Approchez, distribution
Gratuite, pas que du pain,
Baume au cœur, recette maison.

Mais en février, l’eau est glacée,
les encres bleues  et puis les noires,
les rouges aussi s’étaient diluées,
Sur la grand’place, quelle histoire,

S’est tenue bourse aux amours
Comme jamais village ne vit.
Chacun prit, sorti du four,
Au hasard, un courrier cuit,

L’ouvrit, le lut : “Ma dulcinée,
Mon tendre amour, trésor de l’âme...”
“A moi, à moi, dit la Renée.”
“Mon doux pertuis, ma douce femme...”

A Jeannette, bonne du curé.
“Mon obélisque, mon sceptre, viens ...”
Monsieur Luc ? L’garçon d’café ?
Mon secret contre le tien,

Jusqu’à très tard, dans la nuit froide.
Pendant ce temps, à bicyclette,
Le beau Paulo, l’ami de Souade,
Rêva sa belle amie fluette.

Par dessus le pont vieux
Sans vraiment penser à nuire
Paulo, facteur amoureux,
Effeuilla sa sacoche de cuir.

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Le jour où elle a quitté le facteur‏ (Violette7)

Elle lui a donné son courrier à poster......
Normal, il est facteur......
Elle a tenté le diable......
Normal, elle vient d'avoir un coup de foudre.......
Il risque d'ouvrir la lettre......
Normal, il est jaloux.........
Il a découvert la lettre......
Normal, il était prévenu........
Mon amour, je quitte le facteur
Normal, je t'aime......

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« Et si vous me disiez que je vous aime ? » (Captaine Lili)


Et si vous me disiez « je vous aime » ?

Je vous ouvrirais grand les bras et pour un baiser amant, je vous donnerais mes lèvres.

Je rêve de votre main posée sur mes hanches, de votre corps tout près du mien.

Je voudrais entendre votre voix qui rend sexy mon petit nom, lire votre désir de moi dans vos regards qui n’osent pas.

Et si vous me disiez « je vous aime » ? Je le croirais parce que j’en ai l’envie qui se taisait. Parce que votre air de petit garçon dans votre assurance d’homme sait faire battre mon cœur intimidé. Parce que je me souviens de votre bouche sur ma joue pour une bise que vous m’avez demandée comme une faveur. Je le croirais pour le sourire entre nous, pour nos yeux qui s’accrochent parfois comme si rien d’autre n’existait.

Et si vous me disiez « je vous aime » ? J’aimerais que l’on s’apprenne cela, aussi.

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Le facteur, amoureux, n’avait pas attendu que la petite aiguille dépasse 16h. Il était parti tôt du centre de tri pour ne pas rater son train. Il ne voulait pas perdre une minute pour rejoindre sa belle aujourd’hui, puisque quelqu’un avait décidé que c’était une journée spéciale pour l’amour. Tout à ses désirs d’elle, à ses suppositions de ce qu’elle avait pu préparer (depuis 7 ans qu’ils étaient ensemble, elle lui sortait toujours le grand jeu, ces jours-là), tout à son impatience de découvrir sa joie enfantine devant le cadeau qu’il avait cherché depuis des mois, il n’avait pas vu la lettre glisser dans le sac plastique qui contenait ses achats de dernière minute pour être au diapason de sa douce romantique.

En grimpant dans le wagon aux vitres sales, une bande d’adolescents sauvages, excités de la soirée qu’ils espéraient passer à emballer les filles et aguicher les garçons, le bouscula sans ménagement. Bien trop occupés à parler SMS et codes vestimentaires et plans drague, ils ne virent même pas le facteur amoureux, lui aussi pris dans le filet de ses pensées. Il lâcha son paquet qui glissa jusqu’à l’autre porte en face où il échoua lamentablement.

La lettre que la jeune femme avait osée pour donner suite à cette étrange question posée, « et si je vous disais que je vous aime ? », tomba du sac plastique où elle n’aurait jamais dû se trouver. Elle resta dans ce train de 16h16 jusqu’au soir où il fut nettoyé. Un courant d’air l’emporta et les mots d’amour hésitant s’effacèrent sous les larmes d’une pluie neigeuse.

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Vous avez un nouveau message (Val)

…ou quand les boites mail déraillent.

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Boite de Tilu :

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Vous avez 1 nouveau message. 

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Message de Papistache, reçu le 14 à 9h00 :

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Tendre-Maitresse-à-la-voix-qui-chante, Jolie-Muse-née-en-décembre, Amour-venue-du-sud, et mille autres doux noms pour toi inventés,

En cette Saint Valentin, , je voulais te répéter ce que t’ai mille fois dit.

Ton Papistache émotif

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Boite de Papistache

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Vous avez 2 nouveaux messages.

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Message de Teb, reçu le 14 à 7h00 :


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Mon grand Chêne dégarni,

Tes branches me protègent ,tes feuilles me caressent

Ton tronc me soutient...

Serrée contre toi, je t'entoure de mes bras pour partager ta force.

Le doux ramage de ton feuillage m'enchante et m'apaise.

Trouveras-tu une couple d’heure aujourd’hui pour venir me retrouver ? Dis à ta femme que tu as du travail…

Ton amireuse coquine.

Teb.

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Message de Aude, reçu le 14 à 9h00 :

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Mon Phil Amant qui m’embrase,

Je n’ai pas trouvé le sommeil cette nuit. Je n’ai pensé qu’à toi, et à un bain de mer, tous les deux nus sous le soleil couchant.

Viens vite…

Ton « Aude » à l’amour…

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Boite de Kloelle

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Vous avez 1 nouveau message.

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Message de Val, reçu le 14 à 8h00 :

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Mon amour,

Couchons les enfants tôt ce soir. On prendra un bain ensemble, je sais que toi aussi tu aimes…

Dis, si je suis sage, tu me feras des crêpes, après le bain ?

Bisous, mon cœur.

PS : Dis, tu m’aimes, hein ?

Ta Valérie.

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Boite de Walrus

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Vous avez reçu 2 nouveaux messages.

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Message de Janeczka, reçu le 14 à 7h30 :

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Mon crouton,

Je me perche sur ton epaule
Te fais des bisous dans le cou
Et te murmure des mots doux au creux de l'oreille

Nan, j’deconne !

ma vieille branche, mon sotichon, mon enflure, mon pequenot,

tu es pas tres bavard,
 embetant, sourd, lourdingue, chauve,
vieux, surtout

mais malgre toutes ces qualites (et bien d'autres)
oui, je t'adore (t'es mon amour, mon tresor)

alors bonne saint valentin, mon chou!!

Jessie

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Message de Martine27, reçu le 14 à 5h00 :

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Mon Pépé, mon marin, mon Zorro,

Je profite du sommeil de ma petite-fille Martine pour t’écrire ces quelques mots avec sa boite email.

Remets ton béret ce soir, que je touche ton pompon, ça nous rappellera des souvenirs.

Ta Mémé Célestine.

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Boite de Adi :

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Vous avez 1 nouveau message.

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Message de Janeczka, reçu le 14 à 8h.

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Ma chérie,

J’ai déjà écrit un mail à Crouton, mais y’a pas de raisons, la Sant Valentin c’est aussi notre fête à toute les deux. (Bon, je préfère tout de même la fête des paires !).

On pourrait faire une vidéo, non ? Pour fêter ça ? Tu me dis ! J’ai acheté des pamplemousses pour l’occasion.

Sinon, j’avais pensé : si Crouton va au lit de bonne heure, on pourrait se donner rendez-vous et squatter sur un blog ce soir.

Vivement que je vienne en vacances chez toi. On se baladera, et puis surtout j’ai trop hâte de savoir si t’es un vraie brune, si tu vois ce que je veux dire !

Bisous.

Ta chipie.

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Boite de Cartoonita

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Vous avez 1 nouveau message.

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Message de Val reçu le 14 à 9h00 :

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Ma petite fée,

On se parle ce soir ? Même lieu, même heure que d’hab ?

J’attendrai que Manu soit couché. On pourra même faire une visio. Peut-être même que tu auras enfin la vidéo que tu me réclames depuis des mois ; on verra si t’es sage !

Dis, t’as acheté des pamplemousses ?

Vivement les vacances, j’ai trop hâte de te revoir.

Je t’aime.

Valérie

PS : j’suis aussi brune que toi, tu t’en rendras compte ce soir !

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Ca ne fait pas un pli (Joe Krapov)

« Cher monsieur Shiva

Votre réputation de touche-à-tout ne laisse personne de marbre et votre divine beauté ne peut inspirer que de l’amour à tout individu normalement constitué. Je suis un peu gonflée d’écrire « normalement constitué » si je considère le nombre de vos bras. Et moi-même qui suis une pauvre victime des vertiges de l’amour, je suis aussi un cas très particulier : l’Amour m’a rendue aveugle, il m’a fait perdre la tête mais il est aussi celui qui m’a donné des ailes et de l’audace.

C’est pourquoi je profite de la large ouverture d’esprit du site de rencontres désormais meethique « Le deep fix du samedi » où d’autres amoureux-amoureuses de partout et d’ailleurs viennent évoquer leurs nuits d’amour, parler des effets secondaires plus ou moins priapiques des médicaments antihypertenseurs ou narrer les joies très particulières de l’épreuve orale de « promotion canapé » pour vous déclarer ma flamme, vous proposer la botte et même plus si affinités et j’espère que cette phrase beaucoup trop longue ne vous aura pas rebuté. C’est que voyez-vous, je suis folle de vous l’avouer, mais je rêve déjà chaque nuit de vos six mains parcourant mon corps lascivement offert, je frémis par avance de vos avances et avancées en mes contrées, de vos explorations de mes replis. Je sais que vous me volerez comme il faut dans les plumes et que ma conquête amoureuse sera votre plus belle victoire.

Athéna Niké, de Samothrace, en résidence temporaire dans un musée parisien. »

***

Le facteur du Louvre est un plaisantin. C’est un petit amour du XVIIIe siècle, un Cupidon joufflu qui distribue le courrier soit en soufflant sur les lettres, soit en attachant les missives à l’empennage de ses flèches. Et c’est un paresseux de surcroît. Il n’a pas voulu, bien qu’il connaisse Shiva car il est cultivé, pousser jusqu’aux Indes galantes l’indexation Rameau de cette drôle d’épître. Il a déposé le courrier aux pieds de… la Vénus de Milo ! Celle-ci a répondu ceci :

« Ma chère amie

J’ai lu votre déclaration et découvert avec stupeur votre façon bien directe de draguer. Les bras m’en sont tombés, positivement. Vous n’avez donc aucune retenue, aucune pudeur ? Vous avez réellement perdu la tête, mon amie, et vos ailes de géante vous empêchent de marcher droit ! Sachez d’abord que je ne suis plus celle que vous croyez . Les dames dans mon genre ont de l’éducation et on ne propose pas la botte, même aux Italiennes, sans leur avoir au préalable baisé la main.

Je vous répondrais bien d’aller vous faire voir chez les Grecs mais vous en venez comme moi. Je vous appelle donc, ma chère Athéna Niké, a un peu plus de décence dans vos propos. Soyez plus marmoréenne face au flot de vos émotions. Il y va de la réputation de notre pays et de notre musée.

Bien à vous

Vénus »

***

Le facteur, bien évidemment, ne retourne pas cette réponse à la Victoire de Samothrace. Il dépose l’enveloppe entre les mains d’Aline pour qu’elle revienne et d’Adèle pour qu’elle fasse pleurer son amoureux à la fin de la chanson (car elle est morte, Adèle). Aline et Adèle crèchent dans un tableau où leur frère préféré, le célèbre peintre Théodore Chassériau, les a représentées un peu comme des jumelles mais sans la courroie ni l’étui.

- Voici, dit Aline, qui amuserait beaucoup notre cousine Isaure !

- Elle en ferait peut-être une chronique pour son journal internautique !

- Je crois qu’elle fait plutôt des interviews truffées, en ce moment !

- Et toi, truffé quoi, ce soir ? On va la voir ?

- Si tu veux. Je lui envoie un SMS pour la prévenir.

***

Pas facile de joindre Isaure Chassériau en ce moment. Le Musée des Beaux-Arts de Rennes est en réfection et les toiles du 1er étage ne sont pas visibles. Peu importe à vrai dire puisque Isaure a quitté son tableau le 1er avril 1999 afin de vivre sa énième vie en nos deux siècles à nous. Le SMS est donc bien arrivé chez M. Krapov où elle a sa résidence rennaise, le rendez-vous avec les cousines a eu lieu. Il fut fort arrosé, si bien que toute l’équipe du « Défi du samedi », au sortir du restaurant, s’est rendue complice du hold-up nocturne des trois malhonnêtes.

Tout le monde a bien ri en imaginant la tête effarée du conservateur du Musée du Louvre quand il recevrait ce cadeau un peu spécial. Et cela fit scandale à Rennes quand on découvrit le lendemain la fontaine de Parmiggiani, place de Coëtquen, dépourvue de son ornement central, une très jolie tête d’Athéna qui trônait jusque là au milieu d’une flaque d’eau circulaire. La joyeuse équipe l’avait adressée à « Dame Victoire qui a perdu la tête par amour du dieu Bachi-Bouzouk, Musée du Louvre, 99, rue de Rivoli 75001 Paris ».

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Evidemment c’était sans compter sur le facteur joufflu qui déposa cette fois-ci l’objet aux pieds de la Joconde. Celle-ci ne fit aucun commentaire, ne jeta même pas un œil à la tête qu’elle avait aux pieds. Mona Lisa, sortir du cadre étroit de son travail, esquisser un sourire autre que professionnel, c’est trop lui demander. Elle est là pour faire le job, elle fait le job. Mais ceci n’est pas la moralité, que vous avez déjà devinée, bien entendu car vous êtes comme moi des Brassensophiles avisé(e)s : qu’on trouve chaussure à notre pied, que la marmite rencontre son couvercle, que les creux épousent les bosses ou les bons les rosses, que l’on regarde ensemble dans la même direction ou pas, Cupidon s’en fout !

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LE FACTEUR (Joye)


Le facteur, ce malfaiteur, est amoureux encore,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve sous le gros sycamore !

 

Le dessin, un talent fin que j’avais commandé

A fait l’étape chez la belle MAP. Elle en a profité

Pour nous faire des choses à plaire, qui nous font tant sourire

Par leur esprit, oh, si joli ! Chaque fois, c’est le délire.

 

Le facteur, ce malfaiteur, est frappe-dingue d’amour,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve, même dans le petit bourg !

 

Voilà pourquoi le don d’histoire que je voulais pour moi

Est arrivé chez la Poupoune qui s’en sert à cœur joie.

Ma BAL reste vide, elle est perfide, et je verse une larme

Car la Tilleul, comme une glaïeul, a reçu tout mon charme !

 

Le facteur, ce malfaiteur, est à nouveau mordu,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve, c’est bien du jamais vu !

 

Walrus a eu ma concision, Martine, mes allusions,

Et Tiniak, comme ça, clic clac, a eu mes profusions !

Papistache, oui, mon panache, et Val, encore mon cœur,

Yanetch, droite, a eu la boîte remplie de mon bonheur.

 

Le facteur, ce malfaiteur, épris comme un poète,

Et moi, je crève pendant qu’il rêve en passant : Bip ! Pouet-pouet !

 

Violette, oui, je regrette, a eu ma fantaisie

Et Adi, jeune, a tout le fun que je voulais, ah oui !

Rsylvie, un peu hippie, a reçu toutes mes lignes !

Cartoonita et Caro querida, mes lumières de consigne.

 

Le facteur, ce malfaiteur, est pincé comme un bec !

Et moi, je crève pendant qu’il rêve d’amour, ah oui, sans dec’ !

 

Mes rythmes sont chez Pandora, ma grâce chez Fabeli,

Brigou (coucou) a mes bijoux de mots que chacun lit.

Et même Tiphaine qui n’a besoin de rien d’une hors-la-loi

A eu des textes sans prétextes et tant souhaités par moi !

 

Le facteur, ce malfaiteur, est soupirant affreux

Et moi, je crève pendant qu’il rêve de son amour fructueux.

 

Ainsi finit mon triste récit des erreurs du facteur

Qui vous a livré mes commandes à moi, j’en ai bien peur !

Ne reste la chose enfin déclose pour moi, ce jour de love :

Les mots qui riment, classieux, sans frime, et dignes de Joe Krapov.

 

Le facteur, ce malfaiteur, auteur de cette mêlée

A fait des siennes, surtout les miennes…et je lui en sais gré.

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/92/11/96/Le-facteur.mp3

 

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Be my Valentine (Walrus)

Saint Valentin, seize heures. Je rentre chez moi tout guilleret. Je me demande quelle sera la réaction de ma bien-aimée à mon invitation. Elle doit m'attendre, car la porte de l'appartement du rez-de chaussée est entr'ouverte.

Elle m'attend en effet car elle sort comme une furie et me balance une claque magistrale en hurlant : "Salaud, oublier la Saint Valentin !"

Je reste interdit tandis qu'elle rentre chez elle en claquant la porte.

J'emprunte l'escalier pour aller réfléchir chez moi à cet étrange événement. Sur le palier, la dame du second m'attend. Elle me tend une lettre et me balance, en même temps qu'une gifle : "Sale petit morveux, faire des propositions indécentes à un honnête femme !"

Je reconnais mon enveloppe et son intitulé :

À ma Valentine
clos des Amants, 14 Boîte 1
39160  SAINT-AMOUR


Je connais un facteur qui va se prendre une baffe....

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Charles Bourraing (tiniak)

Charles Bourraing, employé zélé des P&T riait sous cape, seul dans le bureau de poste devant la rangée de casiers d’où il puiserait sa tournée du lendemain. Le nez penché sur un dernier paquet de missives de particuliers, il gloussait savourant par avance les commentaires qu’il recueillerait bientôt en commençant par le bistrot de Dudule, patron bonasse et franchouillard comme son surnom l’indique.

Eclairé de sa seule lanterne d’appoint, Le Charlot laissa s’échapper un nuage de vapeur avant de poursuivre son œuvre au moyen du fer à repasser de sa défunte mère. Il se félicitait intérieurement de sa dextérité : Charles Bourraing décollait les enveloppes comme pas deux. Dans deux jours, ce serait la Saint Valentin, patron des cœurs amoureux. Et le bougre était seul maître à bord, cupidon bardé de bleu et de jaune, redistribuant les cartes du bonheur courbé sur son pupitre, flottant dans le secret des dieux.

Enfant malingre, souffre-douleur de ses congénères à la communale, fils unique d’une fille-mère qu’on disait avoir été engrossée par un Prussien, jamais marié, soupçonné d’être toujours puceau, Le Charlot n’avait obtenu le respect forcé de la communauté villageoise qu’en passant brillamment le concours administratif qui lui valut d’officier en qualité de receveur des postes, cumulant depuis le remembrement la fonction de facteur local.

Or Charles Bourraing était bel et bien amoureux, depuis trois ans déjà, de la fille d’une sommité reconnue dans le canton. Il lui avait fait une cour aussi secrètement assidue que véritable et sincère, et depuis hier, elle s’était rendue à cette évidence : elle ne trouverait pas mieux. La moustache du Charlot frémissait encore des douceurs que lui avait naguère accordées sa dulcinée.

Le lendemain, il acheva sa tournée comme à l’accoutumée à 12h45, au comptoir de Dudule en déposant un paquet pour la patronne.

« - T’es bien sûr que c’est pour Hortense, ce bidule-là ? inquisita le bistrot, tandis que ses mains ne savaient quelle position donner au-dit paquet sur son zinc.

« - Adresse, destinataire et cachet de la poste faisant foi, je réponds : oui, triompha le facteur. »

Le sourcil logé haut dans le front du patron trahissait son étonnement devant tant d’assurance, un rien goguenarde même, lui avait-il semblé.

Tout démarra avec la remarque, lâchée comme un revers de fond de court, par l’Anicet déjà passablement entamé à l’anis (d’où il tirait pour partie son nom de baptême populaire) :

« - Eh Dudule ! ′gade voir des fois que ça soye pas un jambon ou un énoooorme sauciflard… ça ferait bien notre affaire à c’t’heure, railla l’embrumé en distribuant des œillades à ses partenaires de coinche. »

Au début de l’été dernier, on avait murmuré que la Hortense à Dudule et le commis boucher s’étaient éclipsés un joli bout de temps durant les feux de la Saint-Jean. On murmura un peu fort, d’ailleurs. Le commis boucher en fut d’une escalope plaquée sur son œil au beurre noir.

Saluant distraitement le coiffeur qui prenait place à son guéridon habituel, Dudule renifla le paquet et, tournant les talons, fila vers la cour intérieure au bout de laquelle il avait son meublé. Il claqua la porte derrière lui en beuglant : « Horteeense ! Horteeen-seu ! »

On s’attendait à ce que le coiffeur, homme précieux, s’offusquât à sa façon de ce qu’on ne l’ait point accueilli avec son cognac.

Mais l’homme avait planté son regard juste en dessous de la toile d’araignée de la baie vitrée. A croire qu’il dévorait des yeux Madame Veuve Besnière, sextuagénaire qui se chauffait l’arthrite au timide soleil de mai inondant la chaise longue dépliée au bout de sa terrasse.

L’Anicet ne résista pas longtemps à l’envie de remettre le couvert et commença par siffloter une mélodie aussi sirupeuse et surannée que bien connue de tous pour avoir en son temps imprégné nombre d’amours secrètes. Comme il allait se mettre à railler le doux rêveur, Le Charlot abattit alors sa dernière carte, son chef-d’œuvre pour ainsi dire :

« - Tenez Bouzigues, pensant bien vous trouver là et vu le caractère impérieux de ce courrier, je vous le remets en main propre… C’est un recommandé… ′faut signer là, pérora le préposé. »

L’Anicet s’interrompit aussi sec, craignant un nouveau courrier d’huissiers, il se dirigea prestement vers le zinc. Quand il découvrit qu’il s’agissait de tout autre chose.

« - Ben, c’est pas pour moi, c’est pour ma Lolotte ! réproba-t-il.

« - Je le sais bien, dit le facteur ; puis il ajouta en clignant de l’œil, mais on est entre nous… Je te la remets donc. »

L’Anicet alla se placer dans la lumière de la baie vitrée, décacheta l’enveloppe, lut son contenu et réduisit le papier dans son poing, le regard affolé. Il happait l’air comme un poisson qui suffoque. Soudain, il se rua au-dehors en jurant et blasphémant tout ce qu’il savait, ponctuant ses interjections de « salope ! » retentissants.

Les clients du bar en restèrent interdits.

De la cour intérieure, traversant le silence devenu pesant, parvenait les bruits d’une fameuse dispute entre le Dudule et son Hortense qui braillait des « méchteujuuure » à fendre l’âme.

C’est le moment que Le Charlot choisit pour faire à rebours le parcours de sa tournée dévastatrice.

Il croisa d’abord la silhouette soucieuse de Monsieur Le Maire qui tournait vers le sol poussiéreux sa mine des jours de grande crue. Il filait vers la Mairie où sa fille occupait le poste de secrétaire-adjointe.

Dans la Montée des Tanneries, il vit atterrir au milieu de la rue un pot de chambre, suivi d’une paire de bottes, suivie de la veste de cuir du grand Gégé – lequel ne rentrerait que tard dans la soirée, ce jour-là. Depuis l’étage d’où provenaient les éléments disparates de ce ballet aérien, aucun son… une rage sourde était à l’œuvre.

Le facteur faillit pouffer en rendant son salut au Capitaine (« de mes deux ! ») qui se tenait au portail de Mademoiselle Jehanne, institutrice retraitée, dame patronnesse et présidente du comité des Fêtes.

Son œil avisé crut bien reconnaître son ennemi de toujours, Le Michou, dont la silhouette piétinait nerveusement sous les fenêtres du Beau Georges, dans l’ombre de la ruelle qui flanquait sa petite maison. La roue d’un vélo de femme massacré achevait en couinant les derniers tours sur son axe rompu.

La voiture du docteur Dubonc le dépassa en trombe, filant vers la sortie du village sur la route de l’est.

Lui-même, Charles Bourraing, parvenu à cette extrémité, chevaucha enfin sa pétrolette réglementaire et la lança, pétaradante, vers le domaine de sa dulcinée.


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