24 janvier 2009

ON TOURNE ! (MAP)

On tourne …

 

 

Si je vous dis : Action, on tourne … Silence ! CLAP !!!

Oh, my darling !! Olivia de Havilland, Errol Flynn

–quel play boy !!-

Basil Rathbone –spécialisé dans les rôles de traîtres-

Claude Rains – très smart-!!!

Alors, ça y est … ça fait « TILT » ?

Yes, yes : « ROBIN HOOD », notre cher Robin des Bois préféré !

Belle rencontre, n’est ce pas ! Très glamour !!!

Alors rien que pour le plaisir permettez-moi de vous résumer le film en quelques images jusqu’à la fin qui bien sûr est une « Happy end »…

Copie_de_Robin__UN 

Copie_de_ROBIN_DEUX

Copie_de_ROBON_TROIS

MAP
 

Posté par Walrus à 09:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :


Le signe du cormoran (Mariev)

Très tôt chaque matin elle fuit vers la belle eau,
Elle court à perdre haleine pour jouir du sable blanc,
Bondit dans le crachin fin, vif et gai des flots,
Boit le sel de sa peine et sort en défaillant.
Ce matin, elle a ouï le cri d'un cormoran.
Quand elle voit l'oiseau, il est déjà trop tard,
La fiente a chu sans bruit et git bien mollement
Sur son nez qu'elle a gros; voyez le traquenard !
Pas le temps de dire « ouf », surgit un beau gaillard,
Le cheveu dru et gris, la jambe souple et forte.
« Est-ce donc de la schnouffe? » s'enquiert-il goguenard.
« Oh, c'est drôle, je ris ... », elle voudrait être morte.
Un fou rire plus tard, sa main sur son poignet.
« Enchanté, moi c'est Paul! », « Et moi c'est Virginie ».
« Tiens, comme c'est bizarre ... » « … ah bon, vous y croyez ? »
Et sa main sur l'épaule … elle est toute étourdie.
A l'aube chaque jour, ils vont vers l'océan,
L'oeil vif et plein d'amour nourrir l'oiseau farceur.
Ils rient de tout, de rien, même de leurs tourments,
Parce qu'ils savent bien à quoi tient leur bonheur.

Posté par Walrus à 09:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

Derrière le bleu de mes yeux (Rsylvie)

"derrière le bleu de mes yeux

ou mes enfants m'apprennent la vie "par rsylvie


-"J’ai deux filles et un garçon qui sont tous trois,
de charmants enfants bien élevés, polis, propres sur eux et"...

normal, c’est tes enfants »

-"bon je reprends. J’ai deux filles et un garçon, qui sont comme tous les jeunes de leur âge, espiègles et bien dans leur vie d’adolescents."

c’est beaucoup plus réaliste comme ça » !

-"Ils pratiquent chacun un sport par équipe ou individuel. Sébastien est comme CADET France en basket, Justine est gymnaste en équipe niveau national, et Juliette tout en faisant de la gymnastique loisirs est une fidèle de l’équitation. Ils aiment ce qu’ils font, et surtout ils s’y donnent à fond depuis déjà plusieurs années"…

hé ! on dirait que t’es pas dans le sujet aujourd’hui ! »

ha ! c’que t’es pénible toi.

Tu vas m’interrompre  chaque fois que tu comprends rien ?

…......

bon c’est bien tu dis rien. Alors je continue.

Justine car c’est d’elle qu’il est question, s’ennuyait dans le club de gymnastique où elle était, faute de concurrente en compétition. Car notre cadette est une sportive qui aime faire de la compétition, pour le plaisir du dépassement personnel, dans le respect de l’adversaire".

-« WahOU c’est C000L!

mais vas-tu taire ! j’ai pas fini

.

Donc après réflexion, il est décidé que notre sportive quitterait le club, pour rejoindre celui de la ville voisine. Où elle espère trouver un niveau plus haut. Seulement voilà, après une saison sportive plutôt insipide, notre fille s’est trouvée prise en grippe par l’entraîneur qui n’a pas supporté les réussites de cette jeune qui venait d’un autre club et grimpait les marches des podiums devant ses petites protégées..«

ben c’est pas jolijoli pour un éducateur,d’avoir un comportement pareil ! »

attends, c'est pas tout.Tu vas voir, jusqu’où peut aller la méchanceté. Car cette femme ( je ne vous l’avais pas dit que l’entraîneur était une femme ? bon ben, c’est fait !) s’est mise en tête de pourrir la vie sportive de Justine. Ainsi, à chaque veille de compétition elle imposait des reprises, et encore et encore, d’exercices aux barres asymétriques de façon à ce qu’elle ait les mains tellement abîmées, qu’il fallait lui bander avec une protection spéciale ampoule du talon, afin de protéger la paume des mains meurtries par les ampoules d’ampoules. Pas besoin de vous dire dans quel état physique, et surtout mental, elle était au moment même de la compétition. Tout était prétexte à ne pas s’occuper d’elle, ou la rabaisser à tel point qu’elle a perdu confiance en elle, allait aux entraînements à regret, et s’appeurait au moindre saute d’humeur de l’adulte…

En tant que parents nous étions plus que boull'versés de cela, mais à sa demande nous n’interveniions pas. Jusqu’au jour où lors d’une réunion de famille. Les oncles et tantes nous ont mis la puce à l’oreille en s’étonnant de la « p’tite mine de justine, vous êtes sure que tout va bien ? ».

Alors là, ni une ni deux, prise de rendez vous avec le président du club et la dite personne, pour faire le point et lui demander des explications. Ce à quoi elle nous a affirmé qu'elle l'aimait bien, et ne faisait aucune différence entre les filles, que la notre n’en fait qu’à sa tête, s'isolait, et le président de s’époumoner à nous expliquer que les filles sont toutes des comédiennes,  ont bien souvent deux personnalités et qu’en dehors de leur famille, ils sont souvent différents de ce qu’ils paraissent être avec eux…

Hé toi, la voix, t’imagines dans quel état nous étions ?

parc’que nos enfants on les connaît, et chez nous personne n’a de double face. l'on échange, parle sur tout et rien. Que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises l’on se dit tout.  ces insinuations ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous lui avons simplement dit, qu'il nous faisait bien de la peine car chez lui cela devait être bien triste, pour qu'il pense cela de la jeunesse.
Ainsi en raison de la prestation de service payée au club, les incompétences relationnelles et  l’incompatibilité d’humeur avec l'éducatrice, nous lui avons interdit de s’occuper de notre fille jusqu’à la fin de la saison. Ce qu’elle a respecté à la lettre, en refusant de porter secours à notre fille lors d’une mauvaise réception…..j'étais tellement choquée de cette réaction que j'ai fait une crise de nerf de retour à la maison, d'une telle violence que je me suis fait peur.

bref la saison terminée, Elle a changé de club, pour tout doucement retrouver le sourire et les joies de la gymnastique.

OUF, tout est bien qui finit bien »

-«  et bien n’en croit rien, la voix….. car c'est pas terminé. j’explique..

J’espère que t’en n’as plus pour long parc’que j’ai pas qu’toi à écouter moi ! »

hou lala, ma p’tite voix fait sa commandeuse. Ecoutes voir à quel point l’inconscient peut emmagasiner 

à notre insu, et rejaillir quand on n’y pense plus.

Deux années plus tard, lors de la fête du sport les deux clubs se sont trouvés à partager le même espace. Et là, toute la haine que je contenais depuis ces temps refoulés est remontée à la surface en envi de tordre le cou à cette femme qui avait fait tant de mal ma fille. Cauchemard, peur de devoir croiser son regard et Un sentiment de haine si fort que j’en arrivais à comprendre les personnes qui passaient à l’acte. Tu te rends contre, la honte d’un tel ressenti. Moi qui moralise les autres, qui conseille au mieux,

je constate que la ligne de dérive est si petite qu’un rien peut nous pousser à la franchir. Et que, le temps d’une fraction de seconde j’ai eu en moi, une telle envie de détruire, de faire mal comme elle avait fait mal à notre fille.

de rendre coup pour coup, dent pour dent, oeil pour oiel !!!

Sentiment si violent et  terrifiant à la fois.

Je me suis sentie si sale et monstrueuse, que j’avais honte de moi.

Honte,

honte à mourir de chagrin...

quand je vois le comportement exemplaire de Justine, qui ce jour là a fait une prestation plus que réussie !

-«  et ben tu vois personne n’est parfait. Tiens, moi aussi l’autre soir j'ai sucombé à la tentation

alors que je devais prendre soin d'…. »

-« eh la voix, j’viens d’te dire que c’était pas moi l’ange. d'ailleurs mes yeux

sont pas bleus non plus ! pst............. .si vous voulez plus d'illustrations suivez mon vol sur blog.


Posté par valecrit à 09:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Rencontre (Tilu)

Elle était du sud. Elle venait du désert et du bord de la mer, d’un pays de sable et de sel où l’eau douce est aussi précieuse que la vie, d’un pays de roches blanches et d’arbres tordus de soif.

Elle vivait de chaleur, de lumière et de vent, elle aimait les fragrances fortes et volatiles qu’il transporte, les cailloux sous ses pas, la chanson des cigales. L’ombre était son amie, mais le soleil son maître. Quelque part dans son cœur, elle rêvait d’un ailleurs.

Il était du nord. Il venait de la forêt et des grands fleuves, d’un pays de terres grasses et de coteaux fertiles où la lumière est attendue tout au long de l’hiver, d’un pays de rivières et d’herbe émeraude.

Il vivait de ciels tourmentés, d’averses et d’orages. Il aimait l’odeur de la mousse et la fraîcheur des grands bois où l’on pouvait se perdre. Le soleil était son ami, mais la pluie sa maîtresse. Et tout au fond de lui il cherchait un ailleurs.

Quand ils se sont croisés, au hasard de leur vie sur une terre qui n’était ni à l’un ni à l’autre, ils ne se sont pas vus mais ils se sont sentis. Ils ont échangé et se sont mélangés.  Si différents mais tellement semblables, qu’ils se sont reconnus. Ils avaient tous les deux malgré leurs différences, la même façon de regarder le monde, ce même émerveillement, ce même regard d’enfant qui leur était resté … et ils se sont aimés.

Ils savaient bien pourtant qu’ils rentreraient chacun dans leurs pays où se trouvaient leurs vies. Mais ils avaient créé, l’espace d’un instant un monde de forêts sur des collines blanches, un pays de ruisseaux sous un soleil brulant,  de prairies toujours vertes qui sentaient la lavande, de criques bleu lagon sous des averses tièdes.

L’amour est toujours un mystère, une réalité qui dépasse la raison sans la contredire.

Posté par Old_Papistache à 09:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

La Pause du Midi (Brigou)

Claire l’avait rencontré dans le bar « des Amis » voilà quelques mois. Elle travaillait dans le coin et elle venait comme d’habitude à midi boire son thé.

Elle le voyait rentrer dans ce bistrot, s’installer près de la fenêtre et commander son café noir.

Leurs regards s’étaient souvent croisés. Un jour, il lui avait proposé de venir s’asseoir à côté de lui. Elle n’avait pas hésité.

Ainsi la semaine ils partageaient ensemble la pause de midi.

Ils s’installaient à une table légèrement à l’écart des clients. Ils parlaient de plein de choses. Ils riaient de leurs anecdotes de travail, de leurs histoires drôles. Ils s’amusaient à observer les autres clients ou les passants dans la rue. Ils évoquaient le dernier film qu’ils avaient vu au ciné ou le dernier bouquin qu’ils avaient acheté. Ils échangeaient sur l’actualité.

Ils avaient un vrai feeling !

Ensemble, ils n’ont jamais abordé leur vie personnelle, il semblait nécessaire de ne pas mélanger le privé à cette rencontre d’amitié.

.

lesangessontparmisnous


Même si tu ne me vois pas.. je suis là à chaque instant de ta vie…

Profites simplement de l’instant présent.

Remplis ton cœur de tous ces petits bonheurs.

Posté par valecrit à 09:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :


Merci Oscar! (Adi)

J’avais rendez vous avec le plus émérite de mes professeurs : Oscar Langlois.

Le professeur Langlois enseignait la littérature à l’université où j’avais été inscrite par mes parents.

Je n’aimais pas l’enseignement de la littérature. Les cours étaient longs, les œuvres à lire étaient selon moi insipides. Je n’éprouvais aucun plaisir à étudier pendant la première année.

Mais lors de la seconde année, j’avais pour professeur Oscar Langlois. Il avait écrit bon nombre de livres sur la littérature français à l’époque médiévale.

Je ne connaissais pas cette période. J’ai découvert, j’ai aimé. J’ai aimé surtout sa façon de nous la présenter. Je buvais ses paroles. Chacun de ses cours était un ravissement.

Le professeur souhaitait me rencontrer pour m’entretenir d’un projet original.

Je ne lui avais jamais parlé directement. Ce « tête à tête » me troublait. Je ne savais pas si je serais à la hauteur. Quand il arriva, avec son grand manteau noir jeté négligemment sur une épaule, ses petites lunettes sur le bout du nez et son attaché case à la main, je fus pris de vertige. Il m’impressionnait !

Nous nous sommes assis, nous étions dans un café proche de l’université. Je commandais un café lorsqu’il m’interrompit brusquement : « Mademoiselle prendra un thé. Un thé « Bonté ». Le thé « Bonté » transformera votre vie. Tout va pour vous avec le thé « Bonté ». »

Je me suis résolue à prendre un thé. Puisque le professeur en vantait les vertus. Cependant je n’avais pas apprécié qu’il choisisse à ma place. Un mauvais point pour lui.

Si Oscar Langlois avait voulu me voir c’était parce qu’il souhaitait écrire un nouvel ouvrage. Non pas sur la littérature pendant le moyen-âge, mais sur les Eddas. Il voulait que je fasse des recherches. Je n’étais franchement pas emballée. J’avais entendu parler des Eddas pendant la première année. Mon intérêt les concernant flirtait avec le zéro.

Le professeur Langlois ajouta, sans doute à cause de ma mine déconfite, que je serai rémunérée et plutôt correctement car je devais me rendre sur site.

J’essayais de peser le pour et le contre rapidement. Je fus à nouveau stoppée net.

Oscar Langlois m’invita à déjeuner dans un restaurant, dont la gastronomie ressemblerait fort à ce que je pourrai gouter une fois installée dans le pays dont il m’avait parlé pour y faire des recherches. 

Tout en parlant avec lui, j’essayai de réfléchir. Je m’étais résolu à accepter son offre parce qu’il m’avait annoncé que la participation à son ouvrage me permettrait de valider la fin de mon année scolaire.

Je le laissais choisir mon plat, et le vin. « Un bon vin, le vin de Höfn sera parfait. Höfn est une très belle ville, mais son vin est encore meilleur ! Buvez le vin de Höfn ! Buvez bien ! ».

Je lui annonçais mon intention d’accepter son offre. Il était ravi.

Nous avons mangé, bu un peu. Un mois plus tard je partais pour faire ces recherches.

Je ne suis jamais rentrée en France. La rencontre du professeur Langlois a changé ma vie. Grâce à son intention d’écrire un livre, j’ai quitté ma mère patrie et j’ai rencontré mon mari. Qui m’a donné de beaux enfants. Qui m’a permis de créer ma propre société.

Je vis heureuse à Höfn, et souvent je repense au professeur Langlois, rencontré 15 ans plus tôt, qui m’avait fait gouter le vin que je produis aujourd’hui.

Posté par valecrit à 09:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Une véritable histoire d’amour (Teb)


Nous nous sommes rencontrés un soir en admirant le ciel.

Immédiatement, en le voyant,  j’ai eu envie de lui.

Notre amour pour les belles images nous a vite rapprochés.

Depuis quelques quatre années, il est toujours à mes côtés.

Ensemble, nous partageons des moments toujours très agréables.

A chaque rencontre son regard affuté fait écho au mien.

Il est témoin et fournisseur d’émotions si souvent partagées.

D’ailleurs, il me semble que vous l’aimez aussi ;-)

Enfin, vous appréciez tout ce que je fais avec lui !!

Alors… allez vous deviner de qui diable je veux parler ???

 

monappareilphoto


       

Posté par valecrit à 09:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

En quelques mots... - Janeczka

Une rencontre qui n’aurait peut-être pas dû avoir lieu.

Une rencontre qui s’était avérée au final un peu décevante.

Une rencontre à laquelle elle avait pensé, repensé, rêvé, angoissé.

Une rencontre, enfin, qui n’aurait sans doute plus jamais lieu.

Posté par Janeczka à 09:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :

Retrouvailles manquées (Val)

Minuit. Service des urgences. Nous sortons de la chambre d’hôpital en silence. Les autres (qui étaient les autres ? Je ne m’en souviens plus) suivent l’urgentiste vers un bureau, et moi, on me dit d’attendre là, près d’une machine à café. Ils en ont pas pour longtemps. J’attends.

.

La dame est encore là. Je trouve ça étrange. Elle s’en allait, apparemment, quand nous sommes arrivés. On s’est croisées. Il était peut-être vingt-deux heures. Elle a regardé longuement en notre direction. Elle ne nous a pas lâchés du regard. Elle est là, toute seule, près de la machine à café. Il est si tard… qu’attend-t-elle ? Elle me regarde encore. Elle me fixe tellement que j’ai peur de m’approcher du distributeur, mais j’ai si envie d’un café que j’avance en faisant semblant de l’ignorer.

.

Je glisse les pièces. Le café coule dans le gobelet. Je sens le regard de la dame derrière moi. Je sens qu’elle me fixe. Je me sens presque agressée. Peut-être veut-elle me demander quelques centimes pour un café ?

.

Je me souviens que j’ai une cigarette dans ma poche. Au bout du couloir, il y a une porte qui donne sur un parking, je m’en souviens. J’attrape mon gobelet de café chaud et me retourne, cherchant la sortie.

Je croise son regard. Un quart de seconde. C’est une dame qui a environ cinquante ans. Elle aurait une tête presque sympathique si elle ne me regardait pas comme ça. Je me demande si elle n’a pas un trouble mental.

Je vois le couloir. Je m’avance vers le couloir.

.

- Mademoiselle ?

- Oui ?

.

Je n’ai pas le choix, elle me parle. Que me veut-elle ?

.

- Est-ce que c’est votre papa qui est entré ce soir ?

.

Je lui lâche un « oui » à peine audible, et j’accélère le pas. Décidément, elle me fait peur. Je me dis que c’est peut-être une dame d’une secte, ou un truc du genre, qui récupère les gens malheureux. Je sors à vive allure avant qu’elle ne me parle encore.

.

Je reste dos à la porte, près d’un gros cendrier en béton. Il fait froid. Je suis gelée. Il fait noir. Un réverbère éclaire le parking, mais il fait bien noir. J’allume la cigarette. Je ne pense à rien. Je suis trop chamboulée pour penser à quoi que ce soit. Je ne sais même pas ou je vais dormir cette nuit. Je m’en moque. Je sais qu’à l’âge que j’ai, on me laissera pas dormir dehors.

.

Je sens un peu de chaleur passer dans mon dos. La porte s’est ouverte. Je me retourne. La dame est là. Elle m’a suivie. J’ai un peu peur. Je regarde autour de moi, mais il n’y a personne d’autre. Je suis inquiète. Je ne sais pas quoi faire.

.

- La maison de retraite m’a appelée en fin de journée. Ma maman est entrée ici ce soir. Je suis venue la voir, mais elle ne me reconnaît pas. J’allais partir lorsque j’ai vu votre papa entrer. J’ai cru le reconnaître. J’ai attendu pour en avoir le cœur net.

.

La dame me demande si c’est bien la personne qu’elle croit avoir reconnue. Je lui confirme, un peu intriguée. Je la scrute… non, je n’ai jamais vu cette dame. Je n’aurais pas oublié son visage. J’écrase ma cigarette, et j’attends qu’elle m’en dise plus. Elle est timide. J’ai le sentiment qu’elle veut me parler, mais qu’elle n’ose pas. Elle ouvre enfin la bouche :

.

- On rentre ?

- Oui.

.

Je la suis dans le couloir. Là, je réalise qu’elle est sortie uniquement pour me parler. Je suis un peu brouillée. Je ne sais pas quoi penser. Je la suis machinalement. Je ne sais pas si j’ai envie qu’elle me parle.

.

Nous arrivons dans la petite salle d’attente déserte. Elle me demande si ma Maman est parmi les gens qui sont partis avec le médecin. Je lui dit que non, je n’ai plus de maman. Elle me demande si je vis seule avec mon papa, et je lui dit que oui.

.

Tout est un peu embrouillé. Je n’ai pas envie de parler, ni de répondre à ses questions, mais je n’ai pas le courage de le lui dire. Pendant une fraction de seconde, j’ai eu l’impression qu’elle s’était efforcée de retenir une lueur de satisfaction suite à mes réponses, et ça m’a agacée. Je lui dit que je n’ai pas de frères et sœurs non plus. Je suis fatiguée. J’ai envie que ma famille sorte du bureau et vienne me chercher.

.

- J’ai connu ton papa il y a trente ans. On s’entendait bien. On s’est perdus de vue quand il est parti à Paris. Je ne savais pas qu’il était revenu. Moi, je me suis mariée juste après. Mon mari et moi avons perdu notre bébé, puis nous avons divorcé. Ensuite je suis restée seule et je n’ai pas eu d’enfants. Je n’ai que Maman, et là elle va très mal, elle ne me reconnaît même pas.

.

Je ne sais pas pourquoi elle me raconte tout ça et je ne veux pas savoir. Je veux m’en aller. Elle sort un papier et un crayon de son sac à main, et écrit quelque chose, le papier appuyé sur son genou. Elle me tend le morceau de papier. Je le prends et y lis un nom, une adresse et un numéro de téléphone.

.

- Tu pourras donner ça à ton papa ?

.

Je lui dis que oui, je le ferai. Une porte s’ouvre. Ma mamie vient me chercher. On rentre. Je vais dormir chez elle. Dans la voiture, je cache le morceau de papier et je ne parle pas de la dame.

.

Le lendemain, j’ai donné le morceau de papier à Papa. Il m’a fait signe de le poser sur sa table et je l’ai posé. Il était trop faible pour le lire, je pense.

.

Elle n’a pas eu de chance, la dame. Mon papa est mort une semaine plus tard. Je n’ai jamais su ni demandé ce qu’était devenu ce morceau de papier. J’ai maintes fois tenté de me souvenir du nom de la dame, pour la prévenir, ou lui parler… je n’ai jamais réussi à m’en souvenir.

.

Aujourd’hui –douze ans plus tard- je me demande simplement comment je vais pouvoir glisser une promotion pour le roquefort dans ce récit.

.

Posté par valecrit à 09:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags :

Une sacree rencontre - Joye

Les circonstances qui ont suscité notre rencontre sont bien connues. Il
n'y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres
l'amitié avec lui. Cela n'est possible que dans le contexte d'une
relation de grande familiarité, imprégnée par la chaleur d'une confiance
totale.


Mais le réel est ce qui se constate. J'ai déjà eu l'occasion de m'y
arrêter au cours de la semaine écoulée. Réveiller le courage d'oser des
décisions définitives, les seules en réalité qui permettent de grandir,
d'aller de l'avant et de parvenir à quelque chose de grand dans la vie,
les seules qui ne détruisent pas la liberté, mais qui lui offrent la
juste direction dans l'espace.


Il s'agit d'un grand mystère qui continue de s'accomplir, jusqu'à la fin
du monde, et qui requiert également notre collaboration.


La nature de la tentation comprend aussi un comportement moral : elle ne
nous invite pas directement au mal, ce serait trop grossier. Là où il y
a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises
actions. Les leçons du passé doivent donc nous aider à rechercher des
voies de réconciliation.


À la grandeur de sa fidélité s'ajouta ensuite l'appel divin à prendre la
place de Judas, comme pour compenser sa trahison. Signe de
malédiction.On comprend donc que le souvenir de ce qui eut alors lieu
continue de susciter des initiatives de réflexion et d'engagement.


Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais
les malades

.voilà ce que je serais heureux de pouvoir communiquer.

Posté par Janeczka à 09:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags :