2017 : L'Année du cancre et son dico des rimes (par joye)

- Le Grenier des Anges

C’est là où tu manges ?

- L'Encrier

Est fendillé.

- Les Orangers

Fleurissent à Angers.

- Grandeur Nature

Nuit à l’écriture.

- Hémisphère Sud

Ma gnagnanitude.

- La Maison Bleue.

De Forestieux.

- Passion

Mon ablaquéation.

- La Plume d'Oie

Vient de l’Iowa.

- Couleurs du Temps

Peintes par Satan.

- Vie Privée

A besoin d’IV.

- Bleu Ardoise

D’une Abathudoise.

(eh oh, je ne moque pas, c’est son Lot)

 

-D'après une idée proposée par Joe Krapov

Et mon making-of.

 

reversed

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Des anges au grenier ? (Joe Krapov)

Qu’ai-je fait de ma vie privée ?
Je l’ai gardée pour moi, pour nous.

Une partie est au grenier,
Tout le reste aujourd’hui se joue

Car nous n’avons rien achevé :
Nous continuons d’être fous !

Chaque jour, c’est à l’encrier
Que je trempais ma plume d’oie ;

Sur le déclencheur, j’appuyais :
Je n'eus jamais d'ampoule au doigt !

Ah j’en ai rempli, des cahiers !
J’en ai pris, des photographies !

Avoir la passion du passé
A ce point, c’est de la folie !

Sous ce toit pentu, bleu ardoise,
Le grenier des anges fourmille

Des couleurs du Temps qui nous toise
Mais que malgré tout j’entortille

Dans mon lasso. Je les capture,
Je les enferme dans des boîtes.

De cette vie grandeur nature
J’ai fait une planète coite :

Tout est en ordre, bien rangé,
Pas de bordel – je suis trop prude ! -.

Traces d’étrange voyager :
Rien n’y vient d’hémisphère Sud,

Rien d’Irlandais, pas d’oranger
- Le climat là-bas est trop rude –

Ce sont des trésors tempérés :
Rien qui mérite qu’on le brûle,

Rien qui vaille d’être publié.
C’est notre vie, dans notre bulle :

Jamais nous n’avons habité
De maison bleue peuplée de fous ;

Une vie simple, en vérité,
Un « toi », un « moi » et voilà « nous ».

Ces morceaux de réalité,
A vous confiés, qu’en feriez-vous ?

Que vous dirait-il, ce viager,
Qui ne soit déjà obsolète ?

Ce sont des moments partagés
D’un bonheur tranquille et honnête,

Du théâtre jamais joué
Et nombre d’images de fêtes,

Des mots écrits en atelier :
Avec ça, on joue au poète !

On l’est peut-être bien, qui sait ?
Personne ne vient le dénier !

D’ailleurs, les anges archivistes
Qui farfouillent dans nos cartons

Si nous n’étions un peu artistes
Que feraient-ils à la maison ?

Et pourquoi sèmeraient-ils donc
Sur mes rimes, et ce, sans raison,

Ces Pénélopes sans galons,
Ces innombrables araignées

Qui tissent des toiles à foison
Par-dessus nos jeunes années ?

DDS 436 enseignes poétiques rennaises

 
P.S. Je suis ravi que ces enseignes rennaises photographiées autrefois aient pu servir de support à cet atelier d'écriture. J'en remercie Miss Map et je souhaite une excellente année 2017 avec plein de bonheurs d'écriture, de réussite et de santé à toutes et à tous !

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Plume d'oie (petitmoulin)

 

La brume bleu ardoise
Est soudain traversée
Par une plume d'oie sauvage
En vol vers l'hémisphère sud
Tu n'entends plus
Que le souffle odorant
Du vent
Dans les orangers
Tu voudrais retenir les couleurs
Du temps
de la passion
Déjà enfouie
Dans le grenier
Des anges
ou des démons
Tu cherches des mots
Dans l'encrier du poète
Pour questionner la vie
Privée
pour un temps
De ses chimères grandeur nature

La maison bleue ferme ses portes
Sur l'été

 

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Le grenier des anges par bongopinot

 

Dans le Grenier des Anges
Mes mots grandeur nature
Que l'encrier capture
Et l’hémisphère sud mélange

Aux douces Couleurs du Temps
Et la plume d'oie bleu ardoise
Arrose de son encre turquoise
Tous mes mots à chaque instant

Puis le vent léger les dépose
Sur l’herbe tendre de mes souvenirs
Pour ne jamais les laisser mourir
Et les couvre de pétales de rose

Tout à côté de la Maison Bleue
Sous les Orangers de ma passion
Et ces mots comme une tradition
Se rassemblent formant des vœux

Et sans trahir ma vie privée
L’un de mes vœux les plus chers
Dans ce monde parfois austère
Est, que vous puissiez tous passer une belle année

    

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Il écrivait comme un pied (Walrus)

 

Il habitait une maison bleue, d'un bleu ardoise, un peu sombre, bien dans les couleurs du temps.

Installé dans le grenier des anges (l'endroit s'appelait ainsi parce que de pauvres créatures en gestation s'y étaient vues de vie privées par une précédente occupante, discrète faiseuse d'anges), il avait pensé qu'il viendrait à bout du pensum les doigts dans le nez.

Aussi,

Trempant dans l'encrier sa belle plume d'oie,
(Ce n'est pas ce qui manque par ces temps de foie gras)
Il entama ses vers comme on entre au combat :

"Les orangers de l'hémisphère sud poussent la tête en bas..."

Hélas, son deal tournait à la déconfiture
Et se révélait être un clash grandeur nature.
Jamais il n'avait eu passion pour la métrique
Et son alexandrin en jambes pléthorique
Défiait le vieux Boileau et son art poétique.

 

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L‘ancrage indélébile (JAK)

 

Hamelia est écrivaine, poète à ses heures.

 Elle trempe journellement sa plume d’oie dans l’encrier maniant la parodie et la satire pour enchanter ses lecteurs, les porter à la réflexion au-delà de l’intrigue qu’elle développe dans ses Bestsellers.

La passion qui l’anime alors active son hémisphère sud. C’est ainsi qu’en riant elle désigne la partie cognitive de son cerveau. Le sud par analogie à l’allègre chaleur qui l’envahit dans ce moment-là.

Ce matin, le givre, tétanise ses pas dans le jardin. La rue n’est pas épargnée. Elle craint une escarmouche avec le sol, alors prudente pour ses os fragiles, elle se cantonnera dans son nid protecteur, hérité de son aïeule, où désormais elle coule des jours d’écrivaine, loin des mondanités

Présentement, La couleur du temps ne l'incite pas au travail, ce ciel chargé lui fait voir la vie en bleu ardoise, ceci, ajouté au scandale relatif à sa vie privée qui s’est étalée hier dans les médias, font que sa mélancolie s’accentue.

Elle est mal dans sa peau.

Pour tromper cette morosité, et pratiquer quelque peu d’exercice, elle emprunte les marches qui mènent au grenier des anges, ainsi nommé par son aïeule,  collectionneuse de figurines d’angelots sculptés, d’archanges et autres chérubins. Certains anges sont impressionnants, grandeur nature si tant est que l’on puisse connaitre la taille exacte des anges

 

Ignorant ces sculptures qui pour l’heure ne l’intéressent guère, elle se dirige vers la tour, curieux arrangement de cette construction pseudo moyenâgeuse dont les fenêtrons offrent une vue élargie sur le paysage.

Le nez collé au carreau elle s'engouffre dans ses rêveries habituelles propices à sa créativité.

Des nuages palpables planent au-dessus du paysage tout blanc de dentelle.

Elle découvre au loin une maison poudrée à frimas.

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Il lui semble à ce moment, revoir la belle maison bleue entourée d’arbres majestueux de sa Provence natale.

Autour de la maisonnée, elle distingue les plaqueminiers; leurs  fruits, sous le givre, ont pris l’apparence des oranges de sa jeunesse.

 

Trop d’émotions la submergent, ses yeux se voilent, des larmes coulent comme pour chasser cette sombre nostalgie qui s’est incrustée en elle. Il lui revient trop de souvenirs…

Exaspérée,  à l’instant même  elle prend une décision, ferme et définitive, -lui semble-t-il -: dorénavant elle fera fi   des perceptions destructrices du passé qui l’habite. Ne plus s’appesantir sur son égo,  c’est la solution pour ne plus souffrir…

Mais hélas cette souffrance est justement la moelle qui l’irrigue, substance oh combien nécessaire à sa créativité, sa sensibilité en est imprégnée

Alors, elle descend de ses nuages et de son grenier  retombe dans sa dépression, sorte de bipolarité  qui lui permet d’exacerber son inventivité débordante d’idées.

Elle va exorciser cette souffrance.

Elle trempe sa plume dans l’encrier et ardemment,  ébauche un nouveau roman sur son enfance, dont le titre   est révélateur:

L’ANCRAGE INDELEBILE

 

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La rivière (Thérèse)

 

Dans le soir qui commençait à ourler d'ombres la campagne environnante, il avait d'abord cru à un mirage qui dansait dans les lumières du couchant. Une fille aux longs cheveux d'or s'avançait dans une robe aux couleurs du temps sous les hauts arbres de la forêt.

"Viens !", lui dit-elle.

Et sans plus réfléchir ni poser de questions, il lui prit la main et la suivit sans un mot.

Ils arrivèrent au milieu d'une clairière devant une maison bleue qui semblait flotter hors du temps. Et là, bien à l'abri des regards indiscrets, durant toute une saison ils s'aimèrent d'une passion dévorante tandis que des orangers au parfum sucré semblaient monter la garde devant leur porte, protégeant ainsi leur vie privée. Pendant qu'ils apprenaient ainsi à se connaître, des rosiers odorants s'élevaient vers le ciel, des glycines, rivalisant avec le lierre, s'enroulaient amoureusement sur les murs. Et la rivière chantait...

Dans le matin naissant, ils partaient à la découverte de leur royaume. Elle lui apprit le nom des fleurs qui poussent sur les talus, les timides qui se cachent sous les brindilles, elle lui expliqua le nom des plantes qui soignent, elle lui montra la force paisible qui émane des grands arbres, et jusqu'au moindre des cailloux qui roulent dans l'eau claire. Et la rivière riait...

Puis un soir, à l'heure incertaine où le couchant magnifiait le ciel dans une farandole de couleurs extraordinaires, un soir funeste où les nuages se déchiraient en longues traînées bleu ardoise, mêlées de pourpre et d'argent, elle lui dit : "Le temps est venu pour moi de partir mais il ne faut pas que tu sois triste. Tu dois me promettre de ne pas pleurer. Dès demain, monte jusqu'au grenier de cette maison et tu y trouveras de quoi écrire. Alors, pour ne pas oublier notre histoire, je veux que tu l'inscrives sur le papier : ce sera notre souvenir à tous les deux. Et il n'en sera que plus beau."

Malgré son chagrin, il écouta la belle mystérieuse et, à l'aube, il monta les marches qui le conduisirent dans un endroit secret. Les yeux écarquillés, il découvrit avec surprise un sol jonché de plumes immaculées. Il s'avança d'un pas incertain avant de comprendre enfin qu'il se trouvait devant des ailes : des ailes d'anges, grandeur nature, des ailes perdues par des êtres qui avaient trop aimé sans doute et n'avaient pu les revêtir à temps, des ailes abandonnées là, le temps d'une pause sur terre. Toutes les suppositions les plus saugrenues lui passaient par la tête. Soudain, un courant d'air fit voltiger à ses pieds un fin duvet, telle une plume d'oie qui se mit à briller dès qu'il la ramassa. La caressant doucement, c'est alors qu'il remarqua, au centre de la pièce, un encrier aux couleurs arc-en-ciel. Etaient-ce les larmes des anges, déversées en ce réceptacle !?
Au loin, on entendait la rivière qui pleurait...

Malgré lui, il sourit à la pensée d'avoir aimé un être aussi pur, aussi beau, aussi parfait. Se souvenant de sa promesse, il trempa sa plume dans l'encrier et se mit à écrire... Dans sa tête, il entendait clairement la fille aux cheveux clairs : "Dis-leur que l'amour est plus fort que tout, apprends-leur ce que je t'ai dévoilé !"

Dès qu'il eut terminé, son esprit libéré, il referma en soupirant le grenier des anges.
C'était une maison bleue, aux confins de l'hémisphère sud, dans le parfum sucré des orangers des anges... Tout près de la maison, la rivière chuchotait...

 

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Participation de Tilleul


Comme chaque été, nous nous retrouvions mes frères et moi, en vacances chez mes grands-parents. Ce n'était pas l'hémisphère sud, parfois le soleil boudait mais nous adorions ces jours où le ciel montrait grise mine. Après un copieux petit déjeuner, nous nous enfermions au « grenier des anges », une mansarde surnommée ainsi par mon grand-père – sans doute nous trouvait-il bien sages... Là, étaient stockés de véritables trésors. Chiner était la passion de ma grand-mère. Sur un vieux secrétaire, la plume d'oie, ramassée lors d'une balade à la ferme voisine, trempait dans un vieil encrier de  bronze. L'encre bleue ardoise avait séché depuis bien longtemps mais nous aimions jouer à faire semblant, tantôt j'étais marquise, tantôt j'étais reine et prenait plaisir à diriger mes valets...
Dans un coin, une Marianne grandeur nature, donnait l'impression de surveiller nos moindres faits et gestes. Elle avait longtemps trôné au milieu d'un parc, au temps où mes aïeux, jeunes mariés, habitaient une petite maison bleue. Ils avaient emporté la statue en changeant de demeure. Elle était dans le grenier provisoirement avant de retrouver une place dans le nouveau jardin... Le provisoire était devenu définitif...
Sous la toiture, à l'endroit où il fallait se baisser pour avancer, il y avait un grand coffre noir. Nous aimions fouiller  ses secrets... Des vieux chapeaux, des photos jaunies, couleur du temps qui passe, montraient bon-papa et bonne-maman tout jeunets... A l'arrière d'un cliché, on pouvait lire « promenade d'un dimanche dans l'allée des orangers »... Il y avait un paquet de lettres aussi, serrées par un ruban de satin bleu. C'était sans doute le courrier échangé par mes grands-parents au temps de leurs fiançailles mais nous n'avons jamais lu ces missives, par respect pour leur vie privée. Pour des enfants, les grands-parents ont toujours été vieux. Il était dès lors difficile d'imaginer que papy et mamie aient pu être de jeunes amoureux...
La rentrée des classes approchant, nous repartions le cœur gros mais la tête remplie de doux souvenirs en attendant les vacances suivantes...

N.B Je n'ai pas connu mes grands-parents... Aujourd'hui, je suis mamie et j'aimerais que mes petits-enfants gardent de tels beaux souvenirs de leurs vacances chez moi...
 

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Lointaine Argentine (Vegas sur sarthe)


Dans le grenier des anges habite un encrier
où viennent s'abreuver d'étranges plume d'oies
empruntées aux oiseaux émigrants québecquois
par quelque écrivaillon, troubadour oublié

Il rêve aux maisons bleues, à ses chers orangers
qui ont au fil des nuits pris les couleurs du temps
comme ses yeux rougis, fatigués, cécitants
rongés par la passion  et le rhum arrangé.

De cet hémisphère Sud il ne lui reste rien
que des bouts de pampa, de rios bleu ardoise
les parfums entêtants de cette argentinoise

peinte grandeur nature, traces à main levée
Sur le coeur il a mis ces deux mots: Vie privée
dans ce grenier des anges où rêve un écrivain.

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