17 décembre 2016

Ont massacré le sujet

pas cons

433

Laura ; EnlumériA ; Vegas sur sarthe ; Walrus ;

Pascal ; JAK ; Marco Québec ; Emma ; Venise ;

joye ; Thérèse ; bongopinot ;

 

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Au théâtre ce soir par bongopinot


Assis dans le noir
Devant leur écran
Pour un moment charmant
« Au théâtre ce soir »

Ils attendaient chaque semaine
Que frappent les trois coups
Les mains sur leurs genoux
C’était leur belle rengaine

C’était leur instant sacré
Une coutume qui dura vingt ans
Avec des acteurs de premier plan
Ces jours ils ne voulaient les manquer

Le petit écran leur ouvrait les portes
De beaux théâtres et de chef-d’œuvre
C’était pour eux comme un hors-d’œuvre
Leurs douces minutes qui réconfortent

J’aimais retrouver leurs yeux d’enfants
Quand soudain commençait la pièce
Tout leur être n’était que liesse
Évanouissant tous leurs tourments

Si un jour résonnent les trois coups
De quelques vieux « au théâtre ce soir »
Comme j’adorerai encore croire
Dans mes rêves les plus fous

Revoir mes grands-parents
Et leurs frimousses de joie
Une toute dernière fois
Devant leur petit écran

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Rose (Thérèse)


Dans le fond d'une alcôve,
Deux chaises, toutes choses,
Rêvaient dans un sourire
Leurs lointains souvenirs.

Dans la touffeur enclose
D'une douce quiétude,
Le voilà à l'étude
D'une nouvelle rose.

Bouton de rose
Rose douceur
Tendre rose
Couleur de fleur
Rose bonbon
Dans une pause
Mais c'est si bon
Et c'est l'entracte
Rose profond
Au prochain acte
Rouge à son front
Rose fané
Dans un théâtre
C'est suranné.

Dans le fond d'une alcôve,
Délaissée, une rose
Rêvait dans un sourire
Ses lointains souvenirs.

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Claudel rembourré * (par joye)

 ma vie en rose« Le théâtre. Vous ne savez pas ce que c’est ? Peut-être dormiez-vous lors de vos cours de littérature, hein ? Il y a la scène et la salle. Et les fauteuils comme moi. Tout étant clos, les gens viennent là le soir, et ils sont assis, sur moi et mes collègues, par rangées les uns derrière les autres, regardant. Assis. Quoi ? Qu’est-ce qu’ils regardent, puisque tout est fermé ? Ils regardent le rideau de la scène. Et ce qu’il y a derrière quand il est levé. Et moi, je regarde le dos de mes collègues car j’ai déjà tout vu, mille fois. Et il arrive quelque chose sur la scène comme si c’était vrai. Ouais, bof. C’est comme les rêves que l’on fait quand on dort. Dormir, c’est une chose, mais il y en a qui ronflent aussi, croyez-moi ! C’est ainsi qu’ils viennent au théâtre la nuit. Je les regarde, et la salle n’est rien que de la chair vivante et habillée. Et heureusement ! Vous vous imaginez, toutes ces fesses nues ? Assises sur moi ? Ouille ! Mieux vaut qu’elles soient habillées, au moins ! Et ils garnissent les murs comme des mouches, jusqu’au plafond. Toutefois, je vous assure qu’ils sont plus grands que des mouches. Et lourds. Mondieu, qu’ils sont lourds ! Et je vois des centaines de visages blancs. Enfin, non, pas vraiment, mais je ressens leurs fesses, croyez-moi ! L’homme s’ennuie, est attachée depuis sa naissance. Ainsi qu’à ses fesses ! Et ne sachant de rien comment cela commence ou finit, cesor ne eiv am’est pour cela qu’il va au théâtre. Et il se regarde lui-même, les mains posées sur les genoux. Et ses fesses sur moi ! Et il pleure et il rit, il me mouille et il me bouscule, et il n’a point envie de s’en aller, afin que je me repose enfin, le salaud ! Je sais qu’il y a le caissier qui sait que demain on vérifiera ses livres, et la mère adultère dont l’enfant vient de tomber malade, et celui qui vient de voler pour la première fois, et il se remue, le bougre, sur moi, figurez-vous ! et l’ignorance lui et celui qui n’a rien fait de tout le jour. Vous voyez le genre de poids que je porte ? Hein ? Et ils regardent et écoutent comme s’ils dormaient. Mais pas moi, je travaille, moi. Chaque nuit ! »

 

Notices

* le texte en noir, extrait de « L'Échange » de Claudel

** l'avis en rose par l'ami Iam Fauteuil

***Causé fan tutte par joye

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Rideau

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Participation d'Emma

En attendant Igor

(Peinture de Taylor Campbell)

 

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La pièce, où le rouge sombre domine (tapis, grande banquette à gauche, lourdes tentures à franges encadrant la fenêtre du fond), respire le confort cossu. Des napperons blancs probablement faits main, posés sur le guéridon au centre, et le haut bahut sur la droite, cassent joliment la sévérité du décor. On voit luire çà et là dans la pénombre des objets de cuivre. Au-dessus du bahut on devine un grand tableau représentant semble-t-il une scène de bataille.
Par la haute fenêtre, qui diffuse une lumière froide, on aperçoit un paysage flou de collines boisées dans les tons gris bleu.

Irina et Elena  sont à la fenêtre. Ania est assise sur un fauteuil bas, devant le feu de bois. Elle tricote. De gros écheveaux de laine multicolores dépassent du panier posé sur un petit banc couvert de velours sombre.

- Irina. Elena, très chère, crois- tu qu'il viendra ?
- Elena. Il viendra. Il vient toujours.
- Irina. Voilà qu'il pleut.
- Elena. La pluie, encore, et mon âme est si grise...
- Ania. Musset ? ou Barkrief ?
- Elena. Barkief, odes à l'absente.
- Irina. Je voudrais qu'il soit là.
- Ania. Qu'il vienne, aujourd'hui ou demain, qu'importe, il viendra.
- Irina. (vivement) Tu en parles à ton aise, tu ne l'aimes pas, avoue…
- Ania. Et toi, l'aimes-tu ?
- Irina. (rêveusement). Je le revois encore, la première fois qu'il est venu… Le  petit bois était jaune de jonquilles, il en avait cueilli une pleine brassée.
- Elena. Je les ai mises dans le gros pot de grès, sur le bureau de père ; on aurait dit qu'il souriait dans son cadre d'argent.
- Ania. Sourire ? Père ? L'avez-vous  jamais vu sourire ? Une seule fois ?
- Irina. Alors c'était le soleil des jonquilles qui dansait sur le verre du portrait.
- Elena. En octobre il a amené des cèpes, les plus ronds, ceux du vallon derrière les bouleaux.
- Ania. Nous aurions dû peut-être le convier à les manger avec nous. C'eût été la moindre des choses, c'eût été élégant. Rappelez-vous la somptueuse omelette arrosée de cidre nouveau ! Ah quel diner de roi ! Oui nous aurions dû…
- Irina. Il aura été blessé par notre ingratitude, peut-être ne viendra-t-il plus…Il aura cru sans doute, que nous faisions peu de cas de son présent…Je ne peux le croire, il faut qu'il vienne, il ne peut pas me laisser...
- Ania. Te laisser ? Et moi donc, ne crois-tu pas que j'ai besoin qu'il vienne ?
- Elena. Il a promis, il doit passer avant la Sainte Catherine.

Elle pose son front sur la fenêtre ; son haleine fait un rond de buée sur la vitre. Elle resserre son châle sur ses frêles épaules.
Irina esquisse un geste vers elle, se reprend, et ajuste une mèche blanche échappée de son chignon.

Ania pose son tricot :

- Il sait qu'il faut bouger ces rosiers avant le froid, donc il viendra. Igor, c'est le jardinier le plus consciencieux que nous ayons jamais eu, depuis le vieux Paul, l'ordonnance de père.
Et savez- vous ? Nous lui ferons goûter le vin d'airelles ! 

 

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Pour rester dans l'ambiance... clic

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Participation de Marco Québec

Coup de théâtre

 

 

Il était arrivé un peu pompette
Et se produisit un incident
Un banal événement
Il manquait de cigarettes

Parti avec mon auto
Ses papiers sur le piano
Je fouillai pour vérifier
Si son permis il avait emporté

Puis voilà l’ennui
Je ne trouvai
Qu’un permis d’apprenti
Qui était expiré
Par-dessus le marché

Lorsque j’osai lui demander
S’il possédait le précieux papier
Ce fut la première levée du rideau
Et la belle affaire
Ce ne serait pas la dernière
Il me mena en bateau
« Tu es comme ma mère
Tu ne me fais pas confiance
Il vaudrait mieux que tu prennes tes affaires
Et qu’on oublie notre romance »

Le calme revint
Je rongeai mon frein

Quelques mois plus tard
Au volant de mon auto
Il fit une fausse manœuvre
Mais il n’y a pas de hasard
La police ayant vu l’œuvre
Intercepta le malheureux

Ce fut la seconde levée du rideau
Et il monta tout un bateau
Au policier soupçonneux
Fouillant énergiquement
Le dehors et le dedans
Le derrière et le devant
Afin de présenter
Le papier tant recherché
À l’officier impatienté

« Je fais une crise d’angoisse
Je ne peux continuer le voyage
Je prends le prochain bus qui passe
Avec tout mon bagage »

Le calme revint
Je rongeai mon frein

Au fil du temps
Au fil des ans
Il devint évident
Qu’il n’avait pas le dit papier
Mais un rapport à la vérité
Passablement étriqué

Jamais confiance trahie
Ne reprit vie
Ce qui eut finalement raison
De notre relation

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Libres Sont Les Papillons! (JAK)

 

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La pièce se déroule dans un petit Théâtre à l'italienne, avec les inévitables chaises rouges et la corbeille où l’on est coincé.

Acteurs: au choix & de choix, ...Dax Serrault Pacôme Poiret Blanche Balutin Piat Maillan….

 

Les 3 coups retentissent.


Le rideau s’ouvre sur un salon décontracté, couleur rouge, des amis, Jacques, Francis, Micheline, Jacqueline, Maria, Michel, deux Jean   réunis un verre à la main, devisent comme chaque samedi soir.


Jean, surnommé le Bon Numéro par ses potes,   entame la discussion :   Mes amis, J’ai Deux Mots A Vous Dire, ce soir je prends le Train Pour Venise, j’ai retenu une suite  à L’hôtel Du Libre Echange !


MichelineLa Coquine, riposte : j’espère qu’il y aura un Ciel De Lit et que tu couperas tes Belles Bacchantes pour plaire à La Vénus De Milo.

Michel, intervient: tu es un véritable Vison Voyageurun Tombeur, alors Attends Moi Pour Commencer 

 

Jacqueline  dépitée rajoute:

Mon Bichon tu es  chanceux, moi j'ai reçu La Claque, je reste avec Mon Bébé je suis dans une Mauvaise Passe actuellement, mon époux, un véritable Branquignole, m’a abandonnée et s’est installé dans le Jardin d’Eponine, qui est Interdit au Public. Il est devenu végétalien, s’offusque d’apprendre que les Escargots Meurent Debout, et se nourrit d’un Yaourt Pour Deux, jours, qu’il complète de céréales, un véritable Etouffe Chrétien.

MichelineLa Brune Que Voilà, et Maria éternelle élégante, Le Noir Te Va Si Bien, lui murmurent ses meilleures amies, pouffent en silence, elles imaginent le bonhomme…..

 
L’autre Jean  : Sacré Léonard, il ne changera pas !

 

Jacques le sceptique, Je t’avais prévenu, tu as fait un Mariage Forcé, je te l’ai pourtant averti A Cor et A Cris ; tu as maintenant Un Fil à la Patte, ce n’était pas le Mari Idéal  pour toi qui n’a jamais eu l’air d’une Potiche.


Jacqueline campée sur ses escarpins : Je l’Aimais Trop, et me voici maintenant jouant La Mamma et sans ressources, je tire la Queue du Diable, je suis dans La Purée.


Un Ange Passe... Tous sont contrits et cherchent une solution.

 

Francis s’écrie : Ô Mes Aïeux, On Croit Rêver

....Mais il n’est qu’en Liberté Provisoire on va le prendre en mains, lui tirer La Grande Oreille, et lui ficher La FrousseFaites-moi Confiance, on va lui présenter La Facture. Dès ce soir on Tire à la Courte Paille pour savoir qui le ramène à la raison.

 
Jacqueline, déterminée : Merci les amis, laissez-le dans son Coin Tranquille, ne jouez pas les Avocats du Diable, d’une trop Honnête Femme je deviens une Femme Ravie grâce à votre soutien moral, une Femme Libre enfin.

 

Quelqu’un Derrière La Porte…. Toc Toc toc

 

C’est le mari de Jacqueline


Il joue au Monsieur Qui A Perdu Ses Clefs


Sa future-ex lui clabaude…. hors de ses gonds :


                Monsieur Dehors !

 

Alors Monsieur Fait Silence, penaud constatant à ses dépens que Le Mari Ne Compte pas. !

Le Match est terminé il a perdu la partie et repars, Pieds Nus dans le Parc voir si Eponine l’attends toujours. 

 

On entend un bruit dans le fond : Les Portes Claquent.

 

Comme la Sainte Famille ils sont tous soudés, Amis-Amis, autour de Jacqueline, son enfant dans les bras, et lui proposent de tous s’envoler ensemble pour  aller  voir les Pigeons De Venise.

 

                              l e  r i d e a u   t o m b e

 

 Et là-haut dans le poulailler aux fauteuils rouges, Bobonne, se dit, il serait temps qu’elle agisse de même, elle en a assez d’être prise pour la Cruche, à elle désormais La Bagatelle ! Foi de Bobonne !

Elle va lui dire.... allez Tchao !

Il pourra lancer   un SOS Homme Seul et prendre son temps  pour courir La Prétentaine.

                      C’est ainsi que Libres Sont Les Papillons!

 

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La chaise la table et le lit Pièce en trois actes (Pascal)


…« Enfin, mesdames et messieurs, c’est le moment que vous attendiez tous. Nous voici devant le couronnement de cette vente aux enchères. Découvrez l’objet, Myriam…

Mesdames et messieurs, admirez cette chaise exceptionnelle, que dis-je, ce fauteuil extraordinaire ! Remarquez les quatre pieds finement ciselés, la courbure du dosseret en véritable bois d’arbre, cette ronde des clous aux têtes arrondies et mordorées, ajustée au millimètre !...  
Ce n’est pas une chaise de repos, un vulgaire stationnement pour entracte, non, c’est une invite à l’excursion contemplative ! Dans cette chaise, nous ne sommes pas assis, nous sommes détendus ! Vous saisissez la nuance ? C’est une invite à la rêverie, au voyage, à la décontraction ! Nous ne sommes plus assis, nous sommes posés ! En avant l’aventure !
Cette chaise propice deviendra l’amie de vos lectures, la confidente de vos secrets, l’alliée de vos gémissements…
Admirez ses couleurs ! Appréciez toutes ces déclinaisons pittoresques ! Ces grenats, ces lilas, ces vermeils ! Ce n’est plus une chaise, c’est une palette d’impressionniste ! La matière y est chahutée, comme une vague rubiconde insatiable, dessinant des projets d’avenir, supputant des attouchements délicieux ou enterrant des basses faveurs sans lendemain !

Si nous possédons la paire ?... Ha, madame est une connaisseuse… Oui, je comprends ; avoir le cul entre ces deux chaises, ce serait déjà ne plus savoir se décider entre l’excellence et la perfection…  
Oui, madame, cette chaise d’alcôve, c’est l’outil indispensable à la séduction ! Auprès de dames célèbres, dont je tairai le nom, on dit que Casanova s’est agenouillé devant cette chaise pour déclamer des avances, des poètes énamourés y ont murmuré des madrigaux de belle facture, des maris cocus ont reconquis leurs épouses !... Vous pourrez croiser et décroiser les jambes, laisser crisser vos bas en des plaintes insoutenables, soupirer avec ses grincements incessants, et tous les hommes seront à vos pieds !… Faites une démonstration, Myriam… Non ?... On en reparlera, Myriam…

Et vos flatuosités, madame, puisqu’il faut en parler aussi ! Elles seront anonymes ! Elles seront amorties dans le tissu, distillées dans la mousse contondante, évacuées en simples vesses silencieuses et odorantes puisque l’armature est en bois de rose ! Faites un essai, Myriam…

N’appréciez-vous pas l’aura trouble qui se dégage sournoisement de ce meuble ? Ne savourez-vous pas tous ces parfums corrupteurs se prélassant encore sur cette peluche accueillante ? Ne donne t-elle pas envie d’être caressée, de passer la main seulement pour froisser son velouté en de multiples et voluptueuses arabesques ?... Retournez l’objet, Myriam…

La partie pile est un peu la face cachée de cette fabuleuse chaise ! Le tissu est ajouré et c’est un peu le rideau entrouvert du spectacle de toute la machinerie cachée dedans. Les ressorts multispires en acier trempé sont astucieusement organisés sous le rembourrage ; ces fameux ressorts se positionnent exactement à la pression de votre séant ; n’était-ce pas une avancée technologique considérable pour ce siècle ?...  
Comment ? Oui, sans doute du dix-huitième ou du dix-neuvième ?... Mais non, madame, ce n’est pas l’arrondissement…
Comment ? Made in Taïwan ? Mais c’est le nom secret de l’artiste ébéniste qui a effectué cette œuvre, madame !...

Son bois craque ? Madame, c’est normal ! Le bois se régénère, il respire l’ambiance, il s’adapte à l’environnement, il appartient à l’espace !
Elle est bancale ? Mais non, madame : ayez une vision plus philosophique de la chose ! Elle se penche vers l’intemporalité du moment ; cette insignifiante bascule est un tremplin vers le passé, un pont entre l’ancien et le futur, un trajet aventureux sans fin !...
Tous ces petits trous noirs, ici et là ? Des vrillettes ? Des vrillettes, peut-être, madame, mais des vrillettes d’époque ! Cette chaise est dangereuse ? Mais non, madame ! Assoyez-vous, Myriam… Démontrez à madame comme toutes ses craintes sont injustifiées ! Vous n’osez pas ?... On en reparlera, Myriam…

Remarquez plutôt la sculpture minutieuse de l’assemblage, ce fin liseré qui se marie si bien avec le tissu, cet embonpoint accueillant aux effets grandissants, cette forme d’empathie que cette chaise apporte au fondement de qui la contemple et lui signifiant un temps de sérénité méritée ! Cette chaise repose le corps et apaise l’âme !...  

Êtes-vous intéressée, madame ? Madame ?... Madame Sanchez ?... Mais c’est le ciel qui vous envoie ! Elle sera pour vous une authentique chaise de notable ! Que dis-je ?! De prélat ! Non ! De reine ! Ne serait-elle pas un bon placement ? Â même de surveiller votre trésor, vous seriez, pour ainsi dire, assise dessus ! Remarquez encore ce velours patiné, ces clous de tapissier, ce dossier galbé, ces pieds cirés ! Elle n’est ni chaise haute, ni chaise longue, ni chaise roulante, elle sera la Rolls de votre postérieur ! Imaginez donc ! Deux bras, une ombrelle : vous avez une chaise à porteurs !...
L’installer dans une salle d’attente ? Mais bien sûr ! Rien de tel pour patienter dans l’antichambre d’un dentiste ! Elle sera parfaite pour écouter une sonate ! Oui, madame ! Une chaise musicale ! Ah, non madame, ce n’est pas une chaise électrique, à moins que vous l’accommodiez avec quelques guirlandes tapageuses, aux effets d’un sapin de Noël dignement décoré !...

Alors, combien m’en offrez-vous, madame Sanchez ? Quelques euros seulement ?!... Mais voulez-vous m’envoyer au père La Chaise ?... Myriam ! La tête me tourne ! Vite ! Il faut que je m’assoie !... »

L’ingénue pousse alors l’adjudicateur dans le siège et, patatras, ce qui devait arriver arrive : la chaise cède… Fin de l’acte un. Le rideau se baisse. Le rideau se lève. Acte deux, où il est question d’une table, d’une table en formica directement sortie des sixties et les trois protagonistes controversent sur ses qualités. Guéridon ou servante ou bureau, mais c’est une autre histoire…


Les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell, of corse…

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Au théâtre ? (Walrus)

 

Ça fait des lustres que j'y suis pas allé !

 

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Au théâtre che choir (Vegas sur sarthe)

 

Un salon rococo style Louis XV ou Louis XVI ou Louis la brocante... canapés à fleurs, fenêtres en trompe l'oeil et chaises torsadées (il est fou ce Roger Hart)

 

 

Le souffleur: Vous étiez où? On a dû chauter chinque de vos répliques! Cha va finir par che remarquer.

Moi alias moi: Allez trouver une place de stationnement le samedi soir sur les Champs-Elysées!

Le souffleur: On en était à... Ah cha Mon cher! Ch'est à chette heure que vous rentrez?”

Moi alias Loulou: Garrrglll...

Moi pour moi-même: Ce putain d'costume de Donald Cardwell me serre le kiki ! La costumière va m'entendre... quand j'aurai repris mon souffle

Caroline: C'est tout ce que vous trouvez à dire? C'est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire... Oh ! Dieu ! Bien des choses en somme”

Le souffleur: Qu'est-che qu'elle a chelle là? On n'est pas chez Edmond Rochtand”

Moi alias Loulou: J'étais à un enterrement... ça ne peux pas se remettre

 

Rires dans la salle

Le souffleur: D'où cha chort, cha?

Moi pour le souffleur: C'est tout c'que j'ai trouvé à répondre à cette poufiasse

La poufiasse alias Caroline: L'amour ça demande le plein feu. Ce n'est pas une chose qu'on entretient au bain-marie

 

Le pompier de service: C'est où qu'c'est qu'y a l'feu?

Le chouffleur: Laichez tomber. Je vais chouffler moi-même

Moi pour moi-même: Au bain-marie? Au fait, qu'est-ce qu'elle fout, Marie? Elle avait pourtant dit qu'elle serait au premier rang avec sa petite robe rouge... celle qui m'a coûté un bras

Moi alias Loulou: Comment voulez-vous que je vous comprenne! Vous me parlez à contre-jour.

L'éclairagiste de service: C'est où qu'y faut éclairer plus?

Le souffleur: Voyez cha avec l'ORTF. J'ai bien achez à faire avec ches deux-là

Moi pour le souffleur: C'est à qui de parler maintenant?

Le souffleur: Comment?

Moi pour moi-même: C'est encore avec les sourds qu'on s'entend le mieux

Caroline: Vous disiez, mon ami?

Moi alias Loulou: Rien, je vous écoute

Caroline: Venez-là. Embrassons-nous mon ami

Moi pour le souffleur: C'est dans la pièce, ça?

Le souffleur: Le metteur en chène a fait quelques ajuchtements

Moi alias Loulou, m'égosillant pour faire diversion (foutue costumière) : Au feu! Au feu!

Le souffleur: C'est où qu'y a l'feu?

Le pompier de service: C'est où qu'y a l'feu?

Moi au souffleur: Vous ne comprenez pas que je fais diversion?

Le souffleur: Une verchion, cha chuffit amplement

 

Rires crispés dans la salle

Moi pour moi-même: Marie est enfin arrivée. Mais c'est qui ce bellâtre qui l'accompagne?

 

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