19 novembre 2016

Ont écrit sans des rats pages

pas cons

429

Laura ; Marco Québec ; Vegas sur sarthe ; JAK ;

Venise ; Pascal ; Thérèse ; joye ; Joe Krapov ;

bongopinot ; Alain André ;

 

Posté par Walrus à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


RAZ LE BOL ! (Alain André)

 

Je ne supporte plus les propos des « gens biens » sur nos semblables genre  :

« Oui! y’en a marre de tous ces immigrés! tous  des terroristes en puissance », « ces arabes  qui viennent nous pomper notre fric ! » « Et nous, quand on a besoin d’aide, y a plus rien pour nous, c’est tout pour eux ! » « Il faut fermer nos frontières » Expulser, Etc. Etc. 

Quel rapport y a-t-il entre les injustices (réelles, je peux en témoigner !) que subissent certains de nos compatriotes et l’aide que nous apportons à des être humains qui fuient l’horreur ?

Faut-il les laisser croupir dans des « jungles » indignes comme à Calais et ailleurs? Peut-on les laisser sans soins médicaux sous prétexte qu’ils sont… illégaux, ou demandeurs d’asile ? Qui peut penser que ces migrants  viennent ici pour le plaisir ? Et « ON » croit vraiment que l’aide légitime qu’on apporte à ces malheureux prend la place d’éventuelles prestations que nous n’aurions pas, à cause d’eux : Ils le croient ça ?

Chiffres de l’insee :  La France compte en moyenne 10% d’étrangers ( en gros 6millions 500 000 dont 50% sont d’origine européenne !) Le RSA n’est accordé  à un immigrant qu’au bout de 5 ans de résidence en France (les étrangers ne représentent  que 13% des bénéficiaires du RSA). L’immigré ne perçoit pas d’allocation, contrairement à ce que l'ON dit, seuls les demandeurs d’asile (en conformité avec la convention de Genève et les lois européennes) perçoivent une aide, uniquement pendant l’instruction de leur dossier : 330 euros/mois pour un couple, un hébergement, et les soins gratuits. On est donc très loin des affirmations de certains, il est simplement normal de traiter dignement les êtres humains qui se trouvent sur notre territoire. On est très loin d’une vague de submersion, ni d’un risque de faillite de nos finances publiques. Il est parfaitement possible de mieux prendre en charge nos ressortissants sans jeter l’opprobre sur les étrangers. Beaucoup d’entre nous sommes des descendants d’immigrés (j’ai une grand-mère polonaise, par exemple), dois-je citer des noms d’immigrés français ? ( Sarkosi, Morano, Dati, Valau-Belcacem, El Komhry,  Hidalgo, Vals, et bien d’autres encore)  Nos parents ont fuit leurs pays pourchassés et/ou l’Algérie pour nos amis, frères et cousins, pieds noirs ou « harkis » ( comme je déteste ce mot, harkis, au lieu de français… parce qu’ils étaient et se voulaient français !) l’Espagne de Franco pour nos amis espagnols, l’Italie…Contre le fascisme ! Et qu’en est-il des combattants des 2 guerres, marocains, algériens, sénégalais, camerounais et maliens ?

Comment peut-on affirmer sans vergogne que tous les musulmans sont des délinquants ou des terroristes en puissance ? Parce que, par hasard, on aurait oublié que les terroristes d’un passé récent qui ont empoisonnés notre société, étaient des « français de souche » ? Les Jean Marc Rouillant et tous ces connards des brigades rouges et autres mouvements soi-disant d’extrême gauche dans tous les pays d'Europe ; Les fous furieux du Heisel? Et, plus récemment,  un certain Anton BREVIC, un superbe facho norvégien bien blanc ?  Et tous ces malades, qui, aux USA,  tirent sur leurs congénères étudiants, tous sont des bons chrétiens. Et que dire des extrémistes de tous bords : Parce que, des extrémistes il y en a chez les chrétiens et les nombreuses sectes d’obédience plus ou moins bibliques, les sectes Moon, Témoins de Jehova, du temple solaire, qui ont assassinées des dizaines d’adeptes ; chez les musulmans il y a bien sûr, aussi, des sectes : salafistes, wahhabites, chiites plus ou moins intégristes qui représentent un nombre important de membres, certes, mais qui ne sont pas, loin s’en faut, tous, des terroristes. Reconnaitre que certaines organisations prônent des idées inacceptables, lutter contre et combattre les idées liberticides ne pourra pas se faire en stigmatisant et en condamnant tous les membres d’une religion, mais au contraire, en intégrant et en aidant celles et ceux qui veulent lutter contre l’obscurantisme !

C’est vrai que beaucoup de psychopathes se réfèrent à des courants religieux, mais pas que : Tiens ! les curés et les instits pédophiles, et les violeurs tueurs en série comme les  Dutroux ou Fourniret !   Et nos glorieux soldats qui violent des enfants au Centrafrique ! : Si ce ne sont pas des enfoirés bien de chez nous, c’est quoi ?

Ce qui est vrai, c’est qu’il faut lutter contre tous les intégrismes sur le territoire européen et interdire les pratiques liberticides comme le port du voile, les mariages forcés, les mutilations diverses (excision), l’abattage rituel hallal qui est contraire à nos mœurs et amène une souffrance intolérable aux animaux : Oui, totalement ! De manière ferme, courageuse et efficace. Enseigner nos valeurs, imposer les droits de l’homme partout, oui, mais en intégrant plutôt qu’en excluant, sinon, je vous l’affirme, nous ne ferons qu’amplifier le problème.

Ne vous laissez pas contaminer, pour notre bien, pour celui de nos enfants, apprenons à vivre ensemble, apprenons l’humanité.

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,

Y a des jours comme ça par bongopinot

Ras le bol

 
Et oui ! Y a des jours comme ça
Où le ras-le-bol s’installe
Où ça ne va pas
Et tu n’as pas le moral

Y’a des jours comme ça
Où rien ne te sourit
Où rien pour toi ne va
Et tout te semble gris

Il y a ces matins
Où tu n’as envie de rien
Où tu restes dans ton coin
Où tout est chagrin

Il y a tous ces soirs
Où sans crier gare
Blotti dans le noir
Reviennent tes cauchemars

Il y a des jours comme ça
Tu ne comprends pas pourquoi
Quand tout le monde s’en va
Ton soleil est si froid

Il y a ces drôles d’instants
Où même tes plus grandes joies
S’enfuient en chuchotant
Te glissant entre les doigts

Et puis tous ces jours
Où tu ne vis pas
Où tu n’as plus d’humour
Et la tristesse s’abat

Eh oui y a des jours comme ça
Où tout va de guingois
Mais ça ne durera pas
Alors rassure-toi

Il y aura bien d’autres jours
Où sans savoir pourquoi
Ton cœur s’emplira d’amour
Et la joie tombera sur toi

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,

Paon-cartes revendic-hâtives (Joe Krapov)

Non seulement ce n’était pas ma semaine, cette semaine, mais en plus les écoliers français font de plus en plus de fautes d'orthographe !
Qu’ils se rassurent ! Tout le monde s’en fout et surtout personne n’est parfait !
La preuve avec ces paon-cartes revendic’hâtives pour lesquelles j’ai décidé de lâcher prise moi aussi.

RAT LE BOL !

DDS 429 Coccinelle de Gotlib avec pancarte

ÂNON, ALORS !
CA SUFFAT COMME CI !

CESSONS DE RENARD-CLÉ !

RAT LE BOL DU BOLÉRO DE RAVÊLE !
ON NE PEUT PLUS LE BLAIREAU !

CASSE TORT, PAUV’CON !

IS’N’T IT A WAPITI ?

ARRETEZ VOS COCCYX-GRUES !

A BAS ANNE D’AUTRUCHE !

UN AILÉ FAON,
ÇA TRUMPE ENORMEMENT !

QUAND C’EST FLOU
C’EST QU’IL N’Y A PAS AFF LE LOUP !

ON VOUS SCOLOPENDRA TOUS !

ET C’EST TAPIR POUR VOUS !

C’EST KOALA, CES CAPRICES ?

J’ÉCRIRAI « GIRAFFE »
COMME QUE ÇA ME PLAIT !

CAPRICES, C’EST PAS FINI !

FAISEZ LA MOUCHE PAS LA GUÊPE ! (Sttellla)


LE TIERS-COCHON DE PAYANT,

POUR L’OTO RHINO, C’EST ROSSE !

IL FAUT RECHIMPANZÉ LE MONDE !

HIPPO, DÉCAMPE !

NOUS SOMMES
LES NOUVEAUX THANK-HULOTTE !

HALTE A LA CHIEN-LIT !

REVOLUTION SANGLIER GARE !

PHOQUE THE PELISSE !

BERNIQUE LA BERNACHE !


HALTE A L’ANIMAUX ROSITÉ !


110017158_o


SOURIS, HÉ ! VOUS ETES VIVANTS !

C’EST FOURMIDABLE !

VIVE L’ALMANACH PIVERT-MOT ! 

sempe-ty

 Merci à Sempé et Gotlib pour leurs images !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

Carte postale des Himalayas (par joye)

carte postale des Himalayas

Et, pour vous faciliter la lecture, parce que "Sympa", c'est mon nom de famille...

A comme ras l’anus (bin quoi ? c’est un terme scientifique ! noméo !)

B comme ras le bol (ouaipe, car pas de bol….)

C comme ras le cucul praliné (afin qu’on ne revienne pas chocolat)

D comme ras le dossier (affaire classée sinon classieuse)

E comme ras l’euphémisme (pisque je suis trop polie, moi, pour dire merde)

F comme ras le flacon (merci Fugain)

G comme ras la gondole (pardon Venise)

H comme ras le haram (je vous l’expliquerais, mais c’est défendu)

I comme ras les iridées (c'est que...y’en a marre, ma fleur)

J comme ras les rabat-joye (vous savez qui vous êtes)

K comme ras le kif-kif (c'est la fin des bourricots)

L comme ras les ailes (faut suivre)

M comme ras la marée (y’en a qui vont gueuler, tant pis, y’en amarre)

N comme ras le neurone (celui qui me reste)

O comme ras l’opéra (Garnier, Bastille, Winfrey, c’est au choix)

P comme ras le pépère (amer, ne fût-ce sur mer)

Q comme ras la quiddité (quiddité ? je veux un café, moi)

R comme ras la rascasse (noble poisson épineux d’Épinay épicé, tout)

S comme ras le sacerdoce (pas facile de le placer, çui-lô, y’en suis toute fière, moi)

T comme ras la tarentule (onde anse ?)

U comme ras l’uvula (gargarisons avant de sortir, la grippe est de saison)

V comme rah ! le Vegas !  (quelle plume !)

W comme ras le week-end en wagon en Wallonie (voui, je garde l’espoir)

X comme ras l’abscisse (car x-axis en angloesisch)

Y comme ras le yak (y a photo, yak à regarder en haut)

Z comme ras le zizi et le zazou (passque, à la fin, faut z’y faire)

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,


Participation de Thérèse


« Ah mais non, ça n'est plus possible ! C'est quoi cette histoire d'adopter un deuxième chien ? Tu crois que tu n'en as pas encore assez ? Mais ça va devenir une vraie ménagerie chez toi ! Deux chats, deux cochons d'inde et maintenant deux chiens ! Non mais franchement, ça ne va plus du tout ! »

« Mais maman, c'est pour dissuader les voleurs. Ça fait plusieurs nuits qu'on entend de drôles de bruits. L'autre fois, on a eu tellement peur qu'on n'a pas fermé l’œil. Et puis l'autre matin, on a retrouvé le grillage du jardin qui était baissé. On a téléphoné aux flics mais tu sais comment ils sont : ils nous ont pris pour des barjots. Ah si ! Ils ont quand même pris la peine de se déplacer quand on les a rappelés une deuxième fois ; ils ont inspecté les lieux et tout ça pour nous dire "Faut pas vous inquiéter, c'est sûrement des chats. Mais n'hésitez pas à rappeler si ça se reproduit !". Ben oui bien sûr, des chats qui essaient d'ouvrir les volets des fenêtres et la porte, des chats assez gros pour rabaisser le grillage, et qui ont même trouvé le moyen de casser le détecteur de mouvements de la lampe au-dessus de la porte. D'ailleurs, tu as pu le constater toi-même ! On a même dû remplacer la lampe. »

« Ah oui, et tu crois qu'avec un deuxième chien, ça va résoudre le problème ? »  

« Avec un deuxième chien, je me sentirai plus en sécurité ! Et puis ça reviendra moins cher que l'agence de sécurité qu'on avait contactée. Ils sont venus nous établir un devis mais laisse tomber, c'est même pas la peine d'y penser...»

« Ecoute, ma fille, il va falloir trouver une solution. Là, je ne vais plus pouvoir continuer à t'aider. Tu te rends compte !? Le crédit de ta voiture, ton loyer, sans compter tous les à-côtés que je te paye. Tous les mois j'ai la boule au ventre. C'est pas compliqué, tes fins de mois commencent dès le début du mois, c'est un cercle vicieux. Ce n'est pas avec le mince pécule que te verse Pôle emploi que  vous allez arriver à vous en sortir à deux. Tu as pensé aux frais de véto supplémentaires et à l'achat des croquettes ? Je suis toujours à me demander comment je vais m'en sortir le mois suivant. A force de t'aider financièrement, mes maigres économies fondent comme neige au soleil. »

« Et puis ton copain, qu'est-ce qu'il attend pour se trouver un boulot ? Il n'a même pas touché le RSA le mois dernier... »

« Il attend une réponse pour sa formation d'agent de sécurité. »

« Ah ben, à mon avis, il peut attendre longtemps. J'ai pas l'impression qu'il se bouge beaucoup. Tu ne trouves pas que tu t'es fait avoir, sur ce coup-là ? Mais quelle idée aussi d'avoir quitté l'autre pour te remettre avec un qui n'a pas le sou ! Et ses leçons de code de la route, elles avancent au moins ? Je me demande vraiment s'il cherche à s'en sortir !...
Tu sais, ma fille, c'est bien beau, l'amour. C'est très bien aussi d'avoir des rêves mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie. Et là, il va vraiment falloir trouver un moyen parce que vous êtes en train de me foutre sur la paille, tous les deux. »

« Oui Maman, je sais, je suis désolée de t'imposer tout ça. Je sais combien je te dois mais il y a toujours quelque chose qui se met en travers de notre chemin. Quand je pense qu'il y en a qui font des gosses rien que pour avoir les allocs… Je trouve ça scandaleux. Moi aussi, j'en voudrais bien, des enfants, mais pas comme ça ! Je ferai un bébé quand on aura une situation stable, pas avant ! »
Et la voilà qui éclate en sanglots…

« Oh non ma Pitchoune, ne pleure pas. Allez, ça va s'arranger, ne t'en fais pas. Je suis sûre que vous allez finir par vous en sortir. »

Ainsi conversaient une mère fatiguée et sa fille désabusée.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Y a des jours comme ça (Pascal)


Y a des jours comme ça, la coupe est pleine, le ras le bol général s’installe, et celui-là plus qu’un autre, l’aigreur, la contrariété, la peine, l’impuissance, le dégoût, le cynisme, le remplissent inexorablement d’une Amertume sidérale…  

Je suis allé voir mon pote d’enfance aujourd’hui ; voilà plus de cinquante ans qu’on se fréquente. Ce n’est pas brillant, il se morfond au fond de ses draps d’hôpital avec son cancer en évidence ; son dernier AVC l’a laissé complètement déglingué. Je ne sais pas s’il me reconnaît vraiment ; il a perdu toute sa faconde, sa hardiesse, son allant, sa gueule de conquérant sans peur et sans reproche, celle qu’il mettait en avant quand il défendait la veuve et l’orphelin. Quand il ouvre la bouche, ses lèvres se déchirent en se décollant mais c’est à peine s’il grimace pendant ce pénible contretemps. Il me parle par signes parce que la moitié de sa figure est encore paralysée ; c’est juste pour me réclamer une crème, un spray rafraîchissant, la télécommande de la pompe à morphine. Je sais qu’il me comprend ; quand je lui ai parlé de Léonard Cohen, ses yeux se sont mis à se remplir et je peux vous jurer que ses larmes brûlantes étaient du pur extrait de jouvence.
De tous les discours qu’on a eus ensemble, ces grands discours exaltés sur le monde, sur la bonne Méthode, sur les filles, sur l’honneur, le courage, le meilleur, la pêche, la Mort, etc, il ne reste plus rien ; il cherche seulement à sauver sa peau avec ses restes d’instinct de survie.
Il m’a réclamé son portable, il était sur la table de nuit. Il a pianoté dessus pendant un bon moment ; l’écran restait désespérément éteint et je suis sûr qu’il voyait sa terrible gueule de naufragé dans le reflet de l’appareil. Il est resté un bon quart d’heure à le tripoter nerveusement comme s’il ne connaissait plus le sésame de son ouverture. En désespoir de cause, en autre dépit, il l’a rejeté à côté de lui. C’était encore la fin du monde dans ses yeux. La batterie était à plat, je l’ai mise en charge derrière son oreiller…

Sur le lit d’à côté, un souffreteux reculait sa dernière heure à coups de toux caverneuse et de crachats incessants. A chaque assaut de la Camarde ravageuse, toute sa carcasse tressautait comme s’il était criblé de balles au peloton de son exécution morbide ; ses râles prolongeaient la sentence et tout recommençait…

Alors, c’est comme cela, la fin ? Au tri sélectif, à la Porte de Sortie, chacun doit montrer ses faiblesses comme le passeport obligatoire vers l’Eternité tourmenteuse ?... Toi, mon ami, c’est cancer, détresse respiratoire, chimio, radiothérapie, infection de la sonde gastrique, de la sonde urinaire, AVC, paralysie, et j’en oublie…
Au top cinquante des emmerdes, t’as gagné le gros lot. T’es en haut de l’affiche, t’as à peine soixante ans, t’es plus maigre qu’un pensionnaire d’Auschwitz après quatre ans de régime, tu ne tiens plus debout ; t’es plus moribond que ce pauvre clampin anonyme qui se meurt dans le lit d’à côté…  

Tout à coup, un infirmier est entré dans la chambre ; la prise de sang habituelle était à l’ordre d’une nouvelle bataille. En livrée de sans cœur, comme si la Déchéance était l’ordinaire ici, il oeuvrait tout à sa besogne de piqûre brûlante. Mais regarde ses mains, ses poignets, ses bras, c’est tout bleu, c’est tout noir ! C’était un véritable bourreau, ce bonhomme ! A force de la fréquenter, blindé, il se foutait bien de la détresse humaine en général et de mon pote en particulier. Il l’a ajusté, l’a planté, l’a aspiré plus que par la veine qui coulait mal dans sa seringue. Mon pote me regardait désespérément comme s’il recevait son injection létale…

Mon Ami de toujours, tu aurais pu attendre encore quelques années ; tu aurais profité d’Alzheimer, de Parkinson, tu aurais oublié ta dignité, tes diplômes et tes décorations, au fil du temps. Pour soigner ta solitude, tu aurais pris un chien, un chat ; ils t’auraient donné la force d’exister seulement pour que tu ailles les promener dans la rue ou acheter leur bouffe. Tu n’auras même pas le temps de boire tes meilleures bouteilles de vin, de devenir acariâtre, ombrageux, organique. Tu te rends compte ? Tu vas rater les épisodes des Feux de l’Amour, ta dernière dent, les progrès de tes petits-enfants, la prothèse de hanche, les gâteaux d’anniversaire, le diabète, la prostate, la canne, les rhumatismes, etc.
Ta baraque n’est même pas finie de payer ; toute ta vie, t’as trimé pour avoir le plaisir de tondre ton carré de pelouse, t’as économisé plus qu’un rapiat pour ton bout de piscine et tu n’as jamais trempé le cul dedans. C’est con, à quelques mois près, c’était la timbale de la retraite ; laborieux, depuis quarante ans, tu pensais la décrocher mais t’as seulement chopé le cancer en remerciement. En y repensant, cette retraite, c’est comme le pompon rouge qu’on agitait devant nos yeux sur les chevaux de bois. Tes considérations d’avenir, le Portugal comme havre de paix, loin de cette France qu’on ne reconnaît plus, ta pension acceptable, c’était ton leitmotiv, ton flambeau, ton avenir…

Dans le couloir, quelqu’un gueulait ; c’était forcément un humain parce que j’étais dans un hôpital. Je ne sais pas si c’était une femme ou un enfant ; ces cris étaient ceux d’un animal blessé ; soumis à l’inquisition incisive de la Douleur, il couinait fort comme s’il avait laissé sa jambe dans un piège découpant. C’était pathétique et tragique ; j’aurais voulu être sourd pour ne rien entendre…

Si tu savais comme j’ai l’air con, assis sur cette chaise de visiteur, avec cette bonne santé à la proue de ma gueule de visiteur paumé ; il me semble que je ne suis pas partie prenante dans cette sale aventure, que je t’ai abandonné, que je t’ai laissé seul affronter cette âpre bagarre perdue d’avance. Parfois, je voudrais avoir le cancer et être allongé sur le pieu d’à côté pour partager cette sinistre misère ; on combattrait ensemble ce mauvais purgatoire, on aurait nos fidèles armes d’Amitié pour contrer cette fatalité ; c’est sûr, à deux, on vaincrait cette Faucheuse insolente ! On partagerait la Souffrance, on s’encouragerait, elle deviendrait supportable…  
Tu te souviens ? J’étais l’épuisette de la grosse truite que tu attrapais, tu étais le preux tireur de notre équipe de pétanque ; aux échecs, tu me laissais gagner, à l’apéro, tu me laissais le dernier glaçon, pendant nos escapades adolescentes, tu me laissais piloter ta mobylette ; je pourrais remplir des pages et des pages de toute notre Amitié partageuse.
Depuis longtemps, « je sais qu’elles l’ont toutes en long » et, aujourd’hui, j’ai honte de m’être battu contre toi, un jour de jeunesse, à cause des mêmes filles…

Mon pote était plongé dans la contemplation cathodique d’un Barnaby ; il regardait les images qui bougeaient et j’avais l’impression qu’il voulait courir avec l’inspecteur, embrasser l’actrice, boire cette bière, conduire cette voiture, visiter cette demeure, se tremper sous la pluie du feuilleton…

Toi, c’est dans la Douleur que tu quittes ta Vie.  Il fallait choisir entre la maladie brutale, assassine, désolante, et la longévité dans la vieillesse prudente mais dégénérescente. Comme d’habitude, tu es passé devant ; tu as pris le pire pour m’en éviter la Souffrance.
Comme quand on était gamins, à chaque embrouille, ici aussi, on dirait que tu es passé devant, que tu l’as fait exprès, pour m’éviter ce mauvais coup du sort. Aussi, chier dans des couches, ce n’est pas pour toi, ton ego en prendrait trop dans la gueule.
Dehors, c’est le grand soleil ; je ne comprends pas ses manœuvres hypocrites. C’est toi qui pars et c’est moi qui suis glacé. Dans ce dehors, il court plein de gens vers leurs obscures occupations ; malheureusement,  tu sais, comme moi, que le monde est rempli de cons mais, à cette seconde, ils sont tellement mieux portants que toi…  

Son portable était chargé ; son bout de sourire était déjà une victoire. Quand il a enfin trouvé comment envoyer un texto à sa fille, un de ces mots la réclamant encore et encore  à son chevet, son téléphone lui a échappé des mains et il a explosé sur le sol. Dans ses yeux immenses de chien battu, c’était la panique, c’était pire qu’une mauvaise prise de sang, une sanguinaire ; je voulais être aveugle pour ne plus rien voir…
Je me souviens des morceaux épars qui crissaient sous mon pas quand j’ai voulu récupérer son portable. Notre Dieu miséricordieux, celui du catéchisme, de la communion et du mariage, n’était manifestement pas dans cette chambre…

Je voulais arracher toutes ces perfs, le prendre dans mes bras, le soulever de son linceul, nous enfuir dans les couloirs, retrouver ma bagnole et descendre ensemble jusqu’à la mer. Je l’aurais installé sur le sable, face à l’horizon ; comme une émouvante symphonie de plage, on aurait écouté les vagues et le chuchotement du ressac avec juste assez de brise marine pour qu’elle cache nos larmes d’Amis connivents. Avec un peu de chance, on aurait profité du coucher de soleil, de ses effets étincelants, de ses chimères dansant au bout de la mer et, la nuit venue, on aurait vu briller notre bonne étoile, on l’aurait comparée, on l’aurait astiquée avec nos meilleurs soupirs…

Allez, il me semble déborder de la marge du sujet en cours ; je vais arrêter là, parce qu’ici, ce n’est pas le bureau des pleurs. Oui, y a des jours comme ça, la coupe est pleine, le ras le bol général s’installe, et celui-là plus qu’un autre, l’aigreur, la contrariété, la peine, l’impuissance, le dégoût, le cynisme, le remplissent inexorablement d’Amertume…

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Participation de Venise


Je venais de terminer les examens
Il me fallait absolument une cure d’espace.
Mais je ne savais toujours pas où celles-ci me mèneraient.
Botaniste, ornithologue ?
Gardien de phare me séduisait!!

C’était bien la peine de faire 7 ans d’études me disait mon père, pour tout laisser tomber  
« Ton ras le bol m’afflige «

L’horoscope est en plein essor papa je vais me tailler la part du roi, et bâtir un fief immense au cœur de la ville avec cette activité .
Un seul remède à ton ras le bol m’avait dit un ami
L’alcool.

C‘est vrai - je cherchais la disgrâce .
Alors j’ai pensé à écumer les océans à la recherche d’un désir, je voulais tout effacer de ce que j’aurais pu être et repartir à zéro.
J’ai fait peau neuve, et je me suis souvenu de cet adage de lao Tseu.

« Un voyage fut il de milles lieues débute toujours sous votre chaussure .

 

ve01

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

Réveil de léthargie (JAK)


Certains matins vous assaillent, on ne sait bien pourquoi
On se lève du pied gauche j01

 
Se sentant mal dans ses  j02


Les yeux bouchés, on ne voit plus la vie en  
j03



Tempo insoutenable, overdose de désastre

Le café de coutume stimulant, déborde de la tasse, et le beurre tartiné reste rigide et froid
On regarde les infos.
Déployée, installée la sinistrose envahit notre écran.
La météo elle-même affiche son alarmisme, les prévisions catastrophiques se dessinent en vague déferlante


Dès lors le plus urgent
j04aux yeux du supplicié,
Retomber illico dans les bras de Morphée
Sous une couette chaude  
j05


Attendre que demain  soit un jour différent.
Et qu’à nouveau   le soleil
j06illumine la vie.


Ce renoncement, ce retour au ventre maternel, ce repli sur soi-même, seul semble salvateur, faisant alors   tourner le monde en mode déraisonnable.
Il suffirait pourtant……
Sur cette terre   aimée cependant houspillée
 Que les hommes, réagissent et prennent leur destinée en mains.
Ce serait peut-être une potion magique pour palier   au ras le bol général.
LE remède placébo !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Rien ne va plus (Vegas sur sarthe)

 
Oui, y'a des jours comme ça
où y'a trop d'piment dans l'harissa
où les samoussa sentent le pissat
où la métisse d'iBiza
ne s'appelle plus Melissa

Oui, y'a des jours comme ça
on croit qu'ça va couci-couça
on s'exilerait aux USA
eux viendraient là et vice-versa

Et y'a des jours comme si
y'avait plus de démocratie
plus d'aspirine en pharmacie
et plus de départs à Roissy

Oui, y'a des jours comme si
on ne riait plus d'Omar Sy
y'avait plus d'suisses en Helvétie
plus rien en nous de Tennessee

Alors on prie pour qu'il y ait
du vrai piment, de l'antillais
du vrai pastis, du Marseillais
dans nos bourses des gros billets

en attendant qu'un jour on voie
des muets avec des portevoix
des vélos à pédales wah-wah
la dame de Haute-Savoie
et notre reine de l'Iowa...

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,