10 janvier 2009

Sac de patates et Baskets Roses (Camille)

Les histoires d'amours ça paraît bien souvent mièvre quand ça nous concerne pas.
 
Je n'ai pas l'âge d'avoir les mots assez affinés pour paraître à portée des plus endurcis. Paraît-il qu'il faut avoir l'âge pour avoir vécu. Dans ce sens-là, 22 ans, ce n'est sûrement pas assez d'âge.

   

basketroseSurtout quand je vais vous dire que mon histoire à moi commence avec un sac de patates. Ce n'est pas sérieux. Pourtant il est arrivé, dans ce minuscule appartement, ses yeux cherchant quelque chose. Moi, je ne pouvais voir que lui. Ce jour-là, on devait se ressembler un peu. J'étais habillée tout en blanc et les cheveux longs attachés comme une petite fille. La seule chose qui prouvait que je n'étais pas une gamine sage, c'était mes baskets roses. Elle était là, ma malice. Sage, moi ? Regardez plutôt mes chaussures et mon sourire. Ai-je l'air d'un ange ?
Lui aurait pu avoir l'air aussi. Un tee-shirt blanc bien repassé et la stature bien droite. Mais regardez ses cheveux. Il leur a peut-ête chuchoté avant de partir de faire ce qu'ils avaient envie. C'est l'impression qu'ils donnent. Et comme moi, son sourire. Prenez-vous une porte dans la figure que ça vous ferait le même effet. En plus doux malgré tout.
 
Nous n'aurions pu jamais nous revoir. Il n'était pas malicieux avec les filles. Il a fallu que j'y mette du mien. Je n'avais rien à perdre. J'ai pris ma malice à deux mains. J'ai chuchoté à ma copine de me donner son adresse. Quelques jours plus tard. Je m'asseyais dans ce grand appartement que j'habitais à l'époque. Avec des grandes baies vitrées qui surplombaient Besançon. Et j'ai écrit. J'ai écrit une lettre qui ne me ressemblait pas vraiment. Ou alors qui donnait tout de moi. Il n'existait comme souvenir que ce sourire et ses yeux qui n'avaient pas de couleurs. Tout pouvait encore être gommé. Je n'avais rien à perdre.
 
    Je n'ai rien perdu. Mes mots et moi, on avait tout gagné.
 
    Mes malices amoureuses ont toujours été mes mots. ça ne voit pas beaucoup. Mais ça laisse beaucoup plus de traces.

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A la puissance cinq (Papistache)

Fanette — c’est ma fille— aime se nicher sur mes genoux. Elle a deux ans, trois ans, j’ai oublié.
Je m’étonne :
— Mais, mais, comment es-tu arrivée sur mes genoux  ? Je ne t’ai pas senti t’y glisser !
Fanette exulte. Désormais, elle va s’ingénier, des années durant, à surprendre son papa. Elle s’approche en catimini, le frôle, s’installe sur ses genoux et il s’ahurit :
— Mais, mais, comment es-tu arrivée sur mes genoux ?
Rires, caresses, câlins !
Le jeu se reproduit encore et encore.

***


Fanette a grandi, beaucoup, trop ! Un jour—elle a terminé ses études maintenant— elle évoque ces merveilleux souvenirs. Moi, quintuple imbécile, j’avoue que je surjouais la scène. Fanette accuse le coup ; elle y croyait encore !

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Amante, poétesse, prédatrice (Pivoine)

Cette fois, je le sais, j’en suis sûre, c’est lui que j’aime, je l’aime 
à la folie ! Je l’aime et je l’aurai.

Même si des fois, je doute, je l’aurai, je le veux. Parce que nous
sommes faits l’un pour l’autre. Ne me demandez pas comment je le sais,
ni pourquoi je le pense, c’est comme ça, je le sens, je l’ai toujours
su. Dès que je l’ai vu. Je suis égoïste je le sais. Juste aujourd’hui!
Pour la première fois de ma vie, je ne me préoccupe ni des conséquences
de mes actes, ni des autres, ces autres! –Je les redoute simplement,
seront-ils des amis ou des ennemis? S’ils nous surveillent… Que sais-je
moi?

Chaque mercredi matin, il vient à la ville en train. Je le sais parce
qu’un jour, il m’a demandé de le raccompagner jusqu’à la gare. Alors,
voilà le stratagème que j’ai imaginé. Je me lève à l’aurore, moi qui ai
toujours été une lève-tard, moi qui redoute l’hiver, les aubes grises,
la pluie qui fouette les frontons de la Grand-Place et les dorures du
Baroque comme les pavés glissants… Moi qui hais l’hiver, je suis là,
sortie des voyageurs, chaque mercredi matin, cachée derrière une colonne
Morris.

Facile ! Je connais à peu près l’horaire de son train, je surveille
l’arrivée des navetteurs, - cela me donne le vertige, tous ces hommes,
toutes ces femmes à la face pâle et inexpressive, accrochés à leur
serviette de travail, en imperméable beige, tous ces gens inodores,
incolores et silencieux, se peut-il qu’ils aient une vie de passion
comme moi, comme lui? Si j’arrive à mes fins? Moi, l’amante, la poétesse
et la prédatrice?

Le voilà. Dès qu’il sort du tunnel, dès qu’il se détache de ce tsunami
humain, je m’en vais légèrement, droit devant moi, vers la Grand-Place,
il ne peut pas savoir, j’ai quelques mètres d’avance sur lui et c’est
lui qui m’aperçoit, et c’est lui qui se hâte et c’est lui qui m’appelle
et je me retourne, faussement surprise. Et nous nous regardons, nous
nous disons bonjour, on s’embrasse, on se tutoie, on fait quelques pas,
on y va, la matinée est belle, la journée sera bonne, qu’il pleuve,
qu’il vente qu’il neige, je m’en fous, aujourd’hui, la Reine! C’est moi!

***

J'aurai vu l'or et la gloire
L'orgueilleux chant de l'histoire
Et nos pas et notre joie
Bleuir au front de ces maisons
Aujourd'hui solitaires


J'aurai vu toutes les heures
Et l'aurore et sa douceur
Et l'attente dans l'hiver
Rougir un coin de ces maisons
Aujourd'hui silencieuses


J'aurai reçu pour demain
D'une voix et d'une main
Ma cité comme un bijou
Blotti dans la nuit revenue
Aujourd'hui souveraine


J'aurai peint ces souvenirs
En un trait en un soupir
Et leur tain fidèle et sûr
Qui resplendit dès aujourd'hui
En deux miroirs

.Embrasés


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Mes préférés (Val)

J’avais eu envie de vous dire que je n’ai jamais rusé en amour. Jamais ! J’en étais persuadée jusqu’à ce soir. Pour moi, c’était clair, je n’avais jamais manœuvré de manière à me retrouver inopinément dans les bras d’un garçon. J’ai trop de retenue pour ce genre de chose. Et puis.. je n’y ai jamais songé !

Il ne faut peut-être jamais dire jamais, même lorsque ce « jamais » fait référence au passé.

J’ai foré profond, et j’ai trouvé l’or noir qui fera l’affaire. Malice souterraine presque inconsciente, en réalité. Mais, à bien y réfléchir, et avec le recul, la ruse s’apparente tout de même à une malice…hem … amoureuse ? Le mot m’égratigne un peu la gorge tout de même. Vous jugerez.

L’entreprise dans laquelle j’étais salariée employait une majorité d’hommes. Des jeunes, des plus anciens, des beaux, des moins beaux, des prévenants, des mufles… des hommes, quoi ! Beaucoup d’hommes… pour le peu de femmes que comptait l’effectif. On dira 5%. Pas plus.

J’y étais comme un coq en pâte. On peut même dire comme un coq dans la basse-cour. Un homme qui fréquente un univers d’hommes, il apprécie bien souvent l’exotisme d’une collègue femelle. Pas pour lui conter fleurette, mais simplement pour le dépaysement. Enfin, là-bas, c’était comme ça. Jamais je n’ai bu un café toute seule !

Mon chef (j’étais son assistante) n’avait que des besoins ponctuels (quand je dis besoins ponctuels, j’entends … des services d’une assistante, ne vous méprenez pas !). Aussi, j’étais assez libre de mon temps lorsqu’il était occupé, ou absent, ou qu’il n’avait tout simplement pas besoin de moi…

J’avais des consignes, bien évidemment, mais plutôt souples : moduler mon temps de travail entre les différents services selon les besoins.

Bureau d’études, service après vente, magasin, service commercial… j’avais le choix. Ou quasi. Aucun n’était vraiment débordé, aucun ne refusait mon aide non plus. Et puis du temps, je devais tout de même en accorder un peu partout, donc partager,  mais j’avais le choix du créneau horaire.

Eh bien, je ne vous dirai pas pourquoi j’estimais que les magasiniers étaient des gens vraiment très débordés à qui il fallait prêter main forte une bonne partie de la journée. 

Je ne vous dirai pas non plus pourquoi j’allais bosser « là-haut » chaque soir après seize heures et pas en milieu de journée.

Enfin, je ne vous dirai pas pourquoi je me suis portée volontaire pour l’inventaire alors que j’étais en congé.  Dix heures à compter des vis et des boulons, un trente et un décembre, quand on est pas obligée…c’est charmant…l’année suivante, j’ai récidivé.

Ne vous montez aucun scénario ! Je n’ai jamais attendu ni espéré quoi que ce soit de l’un d’eux (d’ailleurs, j’ai affiché un ventre tout rond là-bas, et ensuite je déposais un bébé chez la nounou chaque matin avant de m’y rendre). J’aimais juste leur compagnie, parce qu’ils étaient mes préférés.

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Opportunisme ;-)) (Teb)

, Allo? Grand Chêne … J’aurais besoin de quelques conseils éclairés pour la rénovation de notre structure de L. B….. ; peux tu m’y accompagner et me donner ton avis ???

 

' Avec plaisir… je passe te chercher samedi après midi ???

 

Teb, en raccrochant : « Yesssss »

 

 

 

 (l’anecdote date un peu ;-))

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Les ruses amoureuses (Jujube)

Comment faire, en 1967, quand l’élu se révèle tunisien alors que le rendez-vous était fixé à Jérusalem entre deux copines aventureuses ? La copine devenue chaperon veut bien suivre en Tunisie. Mais les parents de l’amoureuse ont eu déjà bien des difficultés à accorder une permission pour Israël ! Et comment motiver ce brusque revirement sans compromettre le secret des amours ? Voilà six mois que ce voyage se préparait, au mépris des tempêtes du désert !

Qu’à cela ne tienne ! Rassemblons une documentation variée et conséquente sur la vie en kiboutz. Quelques amis de là-bas nous feront parvenir des cartes postales vierges… Et nous voilà, à deux pas de la digne cathédrale, en train de rédiger des textes exaltés sur la culture de l’avocat, des pamplemousses, sur les divertissements nombreux, l’esprit convivial des communautés que nous rencontrons. Nous renvoyons tout cela sous enveloppe aux amis israêliens qui posteront aux dates indiquées. Ce qu’ils font ponctuellement.

 L’ennui est que l’amoureuse oublie son dispositif ingénieux pour adresser des cartes postales de Monastir à ses cousines, dont la mère lit la correspondance : qu’est-ce que cette ubiquité ? Sa sœur lui a donné de récentes nouvelles venues d’Israël ! Elle en fait état aux parents, lesquels vont voir les parents du chaperon, lesquels s’affolent, ne sachant plus si leur propre fille est vraiment en Tunisie, et lancent un avis de recherche… bien vite abouti.

 Retour assez penaud.

 C’est compliqué, mais cela finit simplement : ils se sont mariés, elle était leur témoin.

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Un secret (Berthoise)

 

Est-ce que je vous l'ai déjà dit ? Non, il y a des secrets qu'on dévoile difficilement.

Il en est qu'on raconte rapidement en marchant dans les bois, en attendant le train, ou dans les rayons en poussant son chariot. Il y en a qu'on fait vivre aux fins de repas quand l'ambiance est aux rires. Ces choses-là sont légères, on les oublie rapidement. Mais il y a d'autres secrets, des.. dont on n'est pas bien fier, qu'on chuchote à l'oreille, imposant le silence.

Je vais vous dire des choses, vous ne les répèterez pas.

Je ne fus pas toujours bien sage. Il fut un temps où j'aimais trouver dans mon lit, un amant quelqu'il fut, pourvu qu'il fut ardent et toujours différent.

En ces temps éloignés, je savais me faire belle. J'employais les onguents, utilisais les fards, et jouais des parfums. J'allais à la ville le soir, et en fin de semaine, pour chercher le bel homme qui saurait m'enchanter. J'avais appris les danses, celles qui ensorcellent. Je savais les pas qui font venir les amis. Après mes folles nuits, ivre de musique, et rompue par les charmes, je rentrais à l'aurore, pour reprendre la route qui mène au droit chemin. Je croyais, fille folle, que je menais la danse, que je tenais ces hommes comme aux creux de mes mains.

Je me trompais, bien sûr, vous l'avez deviné.

Celui que j'aperçus ce soir-là me conquit. Il avait des airs pour lesquels je fondais. Il me laissa venir, jouant l'indifférent, il aiguisa ma soif, et provoqua ma fin. Il joua mon propre jeu, affûta les mêmes armes. Et je devins la proie, ayant été chasseur.

Je ne regrette en rien

ma défaite cuisante.

J'ai perdu, je l'avoue,

au jeu des amourettes.

Il demanda ma main.

Je dis oui, rougissante.

Il devint mon époux.

Jamais je ne regrette.

Moralité :

Méfiez-vous, jeunes filles, des amours sans lendemain

Écoutez les conseils d'une qui se croyait libre.

Si vous voulez garder les atouts dans vos mains

Restez sagement chez vous et lisez un bon livre.

 

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Premier amour, à bicyclette… (Tilleul)


J’avais douze ans… lui aussi ! Il était le plus beau de l’école des garçons…

Comment m’a-t-il repérée ? L’amour a ses secrets…

A cette époque, chaque jour après la classe, je montrais beaucoup d’assiduité pour vite terminer mes devoirs scolaires et partir…

" Où vas-tu encore ? " me demandait maman…

" Je vais faire un petit tour à vélo ! "… Lui, il n’avait pas de bicyclette, alors, il m’attendait devant sa maison en shootant dans un ballon…

" Salut ! Ca va ? Je ne savais pas que tu serais dehors… Quelle coïncidence ! " Il me glissait alors dans la poche, une feuille de cahier pliée en huit et je repartais… Je découvrais son gentil message un peu plus loin… Il aurait été gêné de me voir lire devant lui. Nous rougissions tous les deux et ne savions que dire… c’est sans doute pour cela que nous l’écrivions… je ne gardais jamais ses lettres… J’avais trop peur que quelqu’un ne découvre mon secret… Si maman avait su où j’allais tous les jours, peut-être m’aurait-elle privée de sortie… ?

Il est parti interne dans une autre école… je ne l’ai plus jamais revu.

Même pas un bisou ! Nos mains se sont-elles jamais touchées… ? C’était un amour par écrit… J

Il y a cinq ans, j’étais dans un magasin quand j’ai senti une main sur mon épaule…

" Salut ! Ca va ? Tu fais encore du vélo ? "

" Et toi, tu joues toujours au foot ? "

J’ai un peu rougi, lui aussi… A son épouse, il a dit " je te présente mon premier amour… "


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À malin, malin et demi (Walrus)

Si je puis me montrer malicieux dans mes écrits, j'ai été tout au long de ma jeunesse, et suis resté aujourd'hui, un garçon sans malice.

J'ai beau me torturer l'esprit, je ne retrouve dans mes souvenirs, anciens ou récents, aucune occasion où j'aurais usé d'un quelconque subterfuge destiné à me rendre intéressant auprès des filles (ni des garçons d'ailleurs).

Par ailleurs une conquête, fruit d'artifices, est-elle une conquête ?

Non, il s'installe au fond de vous cette lancinante certitude : ce n'est pas vous qu'on aime, c'est cet autre que vous avez bâti et dont vous ne savez que trop bien qu'il ne vous ressemble pas.

Bien sûr, je pourrais faire preuve d'imagination et vous torcher une histoire au délicieux goût de vécu, mais la consigne est formelle :

"Et vous, quelles sont ou ont été vos malices amoureuses ???"

Il ne se trouve là aucune place pour l'imagination. On exige la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, crue et nue, question d'émoustiller le lecteur !

Et s'il y a au monde une chose que je respecte, c'est la consigne !

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rsylvie

Et vous, quelles sont ou ont été vos malices amoureuses 

C’était au temps où la publicité était encore autorisée sur les chaînes publiques !
alors en …3 actes voici… 

 



« ‘EMMATOUGRIS » !


Acte 1 : plantons le décor

Elle était toujours fourrée chez la vieille dame aux chats. C’est vrai que sa maman ne voulait pas d’animaux. Et surtout pas dans la maison. Alors, elle partait, pas très loin, à quelques centaines de mètres de la bâtisse. De toute façon, il n’y avait rien à craindre. Dans le village, tout le monde connaissait la vieille fille. Celle que l’on respectait, mais dont on riait sous cape. Vous imaginez, plus d’une dizaine de chats dans sa maison, et alentours. Alors forcément cela entrainait non le respect mais la plaisanterie.
La fillette s’en moquait. De toute façon à son âge, l’on n’a que faire des commérages. Alors petite Sylvie a passé tous ses jeudis, et bon nombre de vacances avec Emma, à donner à manger, soigner, courir après ses chats. Car tous étaient les siens. A cet âge, il suffit de fermer les yeux pour ….. Et en plus quand ils viennent se frotter sur les jambes en ronronnant de plaisir. Un régal pour le cœur de la petite fille unique, bien seule dans son hameau.
Il y a en avait des noirs, des gouttières, des roux blancs, mais surtout beaucoup de gris. C’est pourquoi un jour que son père lui demandait ce qu’elle comptait faire de son samedi après-midi.

C’est tout naturellement que Sylvie répondit :

-«  aller voir EM’MATOUgris ». 

Ce qui dans la tête de l’adolescente voulait simplement dire.

Aller voir EMMA et ses MATOUS GRIS !

Vous l’aurez compris c’est une histoire d’amour féline.


Elle a toujours aimé les chats. Et ces derniers le lui rendent bien. Chez elle, trône fièrement sur le rebord de la table de travail de la cuisine, ou le canapé, ou le lit, … un magnifique chat noir du nom de BAGHERA. Seulement le félin se fait vieux. Et oui, déjà 16 ans. D’autant plus qu’il ne s’est pas économisé. Courses folles dans la campagne… pas un souriceau qu’il soit de la ville ou des champs, ne lui résiste…. cache-cache coussins… partie de chat (bien évidemment). Il est si fatigué qu’il lui est maintenant difficile de sauter pour atteindre la gamelle (qui l’attend en hauteur, faute au chien trop gourmand qui fini tout c’qui traîne !). et puis il ne voit plus grand chose.

Vous l'aurez compris, le chat bien mal en point est comme l’on dit, sur le déclin.

TaratataTATATATAtata

….. pub !

Acte 2 : présentons les acteurs

Nous sommes fin 2007. Elle s’en va offrir ses vœux à sa grande amie (tant par la taille 1M82, que le cœur… elle est pour elle comme une sœur), et par la même occasion donner les étraînes à sa filleule, qui n’est autre que Ludivine la fille jumelle de cette dernière. Quand elle ouvre la porte de leur maison, et tombe en amour avec un ravissant petit chaton de quelques semaines. Que la barbarie de la vie a laissé, inerte sur la route, la gueule en sang, accidenté par un engin diabolique, qui ne s’est même pas aperçu de l’incident.

Sans même prendre le temps de biser qui que ce soit, Sylvie s’empare du chaton, et tout le reste de la visite, petit moteur ne la quitte pas d’une semelle.

tu veux pas un p’tit chat ? »

-« voyons Anne-Marie, ce n’est pas possible nous avons déjà Baghéra, et tu connais Bichon, l’est pas vraiment chaud pour agrandir le cheptel » !

Il est vrai, que la maison est déjà bien remplie avec le chien Nougat, le chat Baghéra, la gerbille M’oiselle Tiusse de Sébastien, Messieurs Maurice et Martin les poissons rouge de Justine, et enfin Loustique et Museau les deux octodons de Juliette…. Alors un autre chat ? Il n’en est pas vraiment question ! Et en général, je sais pas chez vous, mais ici, quand l’homme avec un grand H, n’est pas d’accord, on évite la contrariété.

Mais cette fois, allé savoir pourquoi, la Sylvie s’est sentie l’humeur taquine.

et de répondre  aux questions de son amie, de façon peu persuasive ?

Toujours est-il qu’elle n’a pas vraiment dit oui.

Mais surtout pas dit NON. Juste quelques bafouilles du genre :

Bichon ferait sur’ment les gros yeux

mais Juliette serait tellement heureuse,,,,,,

Sous-entendu, et moi donc » !

TaratataTATATATAtata

….. pub !



Acte 3 : serait peut-être temps de conter l’histoire 

Vous ai-je dit que ces deux là, s’entendent comme LARONNES en FOIRE !

Plus que des amies, des sœurs tant elles sont complices. Et il y a des choses que l’on n’a pas besoin de se dire. On le ressent tout naturellement. Anne-marie a compris que Sylvie avait besoin d’un p’tit coup de main, pour introduire la peluche grise en ses mures.

Alors elle n’a pas hésité, à se faire Mère Noël. Ainsi je vais vous conter l’histoire de Canaille, une petite gouttière grise. 

Le 2 janvier 2008 nous étions tous dans le salon quand…

-"Tiens on sonne à la porte. Mais qui cela peut-il bien être ?

ho ! Mais c’est ma grande amie Anne-Marie, quelle surprise » !

Fait une voix de quiche, qui ne cesse de faire des clins d’œil à l’assistance médusée.

La suite,
la suite …..
 

La suite….
D’un gros paquet
, qu’elle tend à mon épousé après l’avoir d’abord appâté

avec une boite de délicieux chocolats…sort une petite boule de poil,

à laquelle ne peut résister toute la famille sauf….

Sauf Paternel, qui devant les yeux de cocker de sa fille, dit OUI pour le chat.

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