Participation de Sarah

Non, je ne me souviens pas

 

Je suis née sans mémoire. Non, vraiment, je ne me souviens pas.

Je ne me souviens pas de mes cris quand je courrais à la mort, ni des bruits assourdissant des obus qui tombaient par milliers, et encore moins de cet autre blessé qui appelait sa maman.

Je ne me souviens pas du froid qui glaçait chaque partie de mon corps, ni de la chaleur étouffante des mois d'été, et encore moins de la boue dans laquelle je m'enlisais jusqu'à la taille.

Je ne me souviens pas de la faim, ni de la gnôle pour donner du courage ou réchauffer ou juste oublier, et encore moins de ses rats qui nous entouraient.

Je ne me souviens pas de la peur, ni de mes mains qui tremblaient si fort autour de mon arme, et encore moins de ce vide dans ma tête au moment de l'assaut.

Je ne me souviens pas de l'odeur de la mort qui trainait partout et nous collait à la chair, ni du sang de mon ami sur mes vêtements, et encore moins de l'horreur qui nous étreignait quand on marchait sur un corps.

Je ne me souviens pas de la folie meurtrière qui prenait le dessus sur ma raison, ni de mes cauchemars chaque nuit, et encore moins de la folie de mon compagnon qui répétait sans cesse les mêmes mots.

Je ne me souviens pas des jours à l'arrière comme une parenthèse de vie dans la mort, ni des lettres où l'on écrit rien car l'horreur ne s'écrit pas, et encore moins de cette photo cachée là où battait mon cœur.

Je ne me souviens pas du soit disant retour à une vie foutue qu'on ne retrouve en fait jamais, ni de mon silence sur l'irracontable, et encore moins de ces êtres aimés devenus des étrangers.

Non vraiment, je ne me souviens pas. Je suis née amnésique de l'horreur, moi qui n'ait jamais connue cette guerre. Je ne me souviens de rien.

Et pourtant, je reste figée devant ces nécropoles géantes que ni mes yeux, ni mon appareil photo ne peuvent saisir en une fois.

Et pourtant, mon ventre se retourne à chaque trou d'obus encore encré dans le sol.

Et pourtant, ces forêts à jamais empoisonnées, ces routes droites, ces noms de tranchées me provoquent des cauchemars.

Et pourtant, je frémis aux nombres, aux informations dispensées dans les musées ou à l'école.

Et pourtant, le mot guerre provoque en moi un chamboulement inattendu. Le chamboulement d'une connaissance inconsciente héritée à ma naissance, d'une mémoire collective inscrite génétiquement, d'une angoisse vide qui coule dans mes veines.

Et pourtant, n'est-ce pas un peu mon visage sur ces vieilles photos ?

Et là je reste, amnésique, bouleversée par le souvenir prégnant d'une mémoire effacée.

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Frou frou (Emma)

 

Marceline, c'est moi, ta petite Camille,
que tu appelles "ma douce".
Je te trouve fort jolie, aujourd’hui, avec ta "petite laine".

Vers quel monde englouti plonge ton regard vide ?
Quand parfois tu souris,  en m'appelant "madame",
je me prends d’espérer :
peut-être qu'en déblayant tous ces gravats qui bloquent le passage vers  ton âme,
tu vas soudain surgir :
"Coucou je t'ai bien eue, j'étais là-haut cachée, tout au fond du grenier."

 Et quand le vieux Socrate vient soulever ta main, de sa truffe fidèle,
tes doigts, sur le poil doux savent encore la caresse.
Tu n'es pas si loin, dis, tu t'es juste absentée ?

Tu tournes les pages du livre de photos que je t'ai apporté.
Te voilà en mariée…
Et lui, là, cet étranger, il était ta chaleur, et tu étais sa flamme.

Encore cette musique censée sans doute stimuler la mémoire …
Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou, de l'homme trouble l'âme.

Si tu étais ici, Marceline chérie,
cela te ferait rire, toi que j'entends encore chanter
en m'apprenant les pas du rock and roll :
One, two, three o'clock, four o'clock, rock,
Five, six, seven o'clock, eight o'clock, rock…

Marceline, je t'en prie, ne me laisse pas seule frissonner au soleil… 

 

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Lost and Found (par joye)

220px-Lost

Un jour, j’allai voir s’il l’on avait retrouvé ma mémoire au bureau des objets trouvés. Je pris un numéro et j’attendis mon tour. L’homme au guichet était jeune, mais patient. Il ressemblait à un acteur, mais je ne pus pas dire lequel parce que, malheureusement, j’avais perdu ma mémoire. Enfin, il appela mon numéro, et je lui expliquai mon problème.

-          Ah, vous avez donc perdu votre mémoire…Pouvez-vous me la décrire ?

-          Euh…c'est...c’était…euh, je ne sais plus.

-          Voyons, madame, de quelle couleur était-elle ?

-          Bleue. Euh non, parfois bleue, parfois rouge.

-          Bleu clair ? Rouge de colère ?

-          Oui et oui.

-          Je vois. Et quelle forme avait-elle ? Rectangulaire ?

-          Euh…plutôt ronde. Avec parfois des bords pointus.

-          Bien, j’en prends note. Et les dimensions ? Courte ou longue ?

-          Les deux, monsieur.

-          Et la taille générale.,, Grande ? Moyenne ?

-          Grande, très grande. Très très grande. Énorme, quoi.

-          Et…était-elle lourde ?

-          Elle faisait le poids, oui.

-          Ah ! Bien !  Et de quelle capacité ?

-          Waouh, ça, alors...bon, pour être honnête, moitié vide, moitié pleine.

-          Ah yes, bon…et sa consistance ?

-          Ni dure ni molle.

-          Je mets « flexible » ?

-          Ouais ! Flexible ! Parfait !

-          Et son apparence…terne ou brillante ?

-          Ah brillante, oui, brillante, mais là, je suis confuse…

-          Oh non, non, non, madame, pas de confusion, vous constatez, tout simplement.

-          Très bien, merci. Alors, bon, l’a-t-on retrouvée ?

-          J’ai juste encore une case à cocher, madame…de quelle matière était-elle ?

-          Matière ? Comme sciences, maths, langues modernes ?

-          Non, madame, en quoi était votre mémoire ? Verre ? Plastique ? Fer ? Caoutchouc ?

-          Caoutchouc !

-          Vous en êtes certaine ?

-          Euh…non…mais enfin ! Dites-moi, est-ce que ma mémoire a été retrouvée ?

-          Ah non, désolé, madame. Si nous avions retrouvé un tel objet, cela se saurait !

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Souvenirs, souvenirs (Joe Krapov)

 

J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien…
Où sont passées mes pantoufles ?
Qu'est-ce que j'ai fait de mes clés, mes lunettes et mes papiers, mon veston, mon lorgnon, mon étui d'accordéon ?
Oui je sais, je perds tout mais c'que j'veux pas c'est qu'on se moque de moi !
Oh ! Hé ! Hein ! Bon !

Et d’abord
Qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il a, qui c'est celui-là ?
Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ?
Que reste-t-il de nos amours ?
Où sont les femmes ?
Z’avez pas vu Mirza ?
Où sont tous mes amants ?
Qui suis-je ?
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Mais qu’est-ce que t’as mis dans le café ?
Où vas-tu, Basile ?
Dis, quand reviendras-tu ?

Et d’abord
C’est quand qu’on va où ?
Où c’est que j’ai mis mon flingue ?
Qui a tué Devy Moore ?
Qui a le droit ?
As-tu vu la casquette, la casquette, la casquette du père Bugeaud ?
Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ?
Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
Quoi, ma gueule ? Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
Comment te dire adieu ?

***

Mémoire, que serais-je sans toi ? Heureusement que tu es là ! Je me souviens encore, fort heureusement, d’un tas de choses fort utiles :

"Vercingétorix, né sous Louis-Philippe, battit les Chinois un soir à Roncevaux. C’est lui qui lança la mode des slips et pour ça mourut sur un échafaud. Il faisait "Zip" quand il roulait, "Bap" quand il tournait, "Brrr" quand il marchait. Je ne sais pas ce que c'était et je crois que je ne le saurai jamais. Il n’y a plus d’après à Saint-Germain des Prés !"

Et je m’en fous ! Parce qu’à part ces interrogations non-existentielles, tout va très bien madame la Marquise ! Je me rappelle très bien que le prénom d’Alzheimer était Marcel et que mon oncle Walrus n’aime pas les œuvres d’Alois Proust !
 

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Participation d'Alain André

MYPAD

 

« En ce temps là…

Qu’est-ce donc le sujet du défi, déjà ?

En ce temps,

C’était…

Zut ! »

- Mac  Chéri ! 

 - Oui, my pad ? 

- t’as pas des soucis de mémoire ? »

- Si ! Comment tu le sais ? »

- Je vois ça dans ton Icore 5, ton disque dur est encore plein ! 

- Et qu’est-ce tu fous dans mon cerveau ? 

- Ben, j’voulais connaitre tes pensées, mais c’est pas la joie, la d’dans ! Pas étonnant, c’est pas que tu perds la  mémoire, c’est que t’en a plus du tout ! Plus un neurone de libre, oh, pardon, plus un octet ! 

-Ouais, ben, pisque t’y es, tu pourrais m’aider à faire le ménage ? 

-Bien sûr, mon Mac adoré !   Tiens, je vois tes fichiers…Bon, le fichier « soucis domestiques », t’en as encore besoin ? Pasque il fait un max de mégas ! 

-Ben non, fais « blouk » sur « delete » !

-Et le fichier ennuis du passé ? La, c’est carrément des gigas !

-Ouais, mais ça va prendre du temps à effacer, non ?

-Pas grave, mon chou, t’as qu’a penser à moi pendant ce temps !

-J’peux à peine penser à moi, alors…

- Ben, pense à toi, moi, j’ m’en gratte !... Et le fichier «  souvenirs d’enfance ?

-Ah, non ! çui la, t’y touches pas !

-Rohhh !...Si c’est pas meugnon, ça ! Les souvenirs du p’tit Mac , Hi Hi ! P’tit Mac à deux jours, juste formaté aux jeux vidéo…P’tit Mac à trois mois, plein des comptes du ménage… P’tit Mac à 1 an, boulot,  boulot, bouh ! Et à trois ans…

-T’as pas intérêt à les lire sinon je te « blouk » :  « close session » !

-Ouais, toujours pareil, hein ? La mémoire sélective !  « Close session » ! Et si j’te fais Reboot ! Hein ? Qu’est-ce t’en penses ?

-Si tu fais ça, j’ te botte l’interface !

-Et ce fichier, là : « Gros chagrins, grosses déprimes »

-Ah ! celui la, si tu pouvais le supprimer ! …  c’est pas de la tarte, il prend presque toute la mémoire disque !

-Oui mais, je peux pas y accéder, il est en « read only memory » !

-La poisse !

 

Et puis, pour le fun, un petit essai d’enregistrement et montage .

Bon, je suis loin d’être au point sur windows movie maker, mais ça commence à venir…

Chanson : Paroles et musique de Lény Escudéro, piètrement interprété , et accompagné tant bien que mal à la guitare par moi-même !

La Simone :

 

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N'oublie pas... (Clémence)


J'ai la mémoire qui flanche
J'avais oublié que les roses sont roses
Et que ce sont les copains d'abord…

Il me semblait bien que j'avais encore oublié ...
Qu'il y avait la rencontre avec les copains des pointus
Qu'il y avait un défi à relever avant samedi...

Mais avant tout,
Il est une chose que je ne puis oublier…
Les hommes, les femmes et les enfants qui sont dans la détresse...

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Les fleurs des dunes (Pascal)


Main dans la main, nos doigts tressés pendant nos promenades sur la plage, nos baisers ardents aux couchers du soleil pour qu’il revienne vite illuminer notre Amour, nos roulades dans les frissons du sable, nos rires comme des ressacs insatiables, tout ce Bonheur en feu d’artifice, j’ai tout oublié…  
La pureté de son teint, le satin de sa peau, ses grains de beauté, ceux que je poursuivais avec une assiduité d’explorateur, tels des jeux de piste, des îles de cases trésors, aux succès de toutes mes prétentions de chercheur de son corps, j’ai tout oublié…  
Ses postures callipyges, le galbe de ses jambes, la finesse de ses chevilles, et même ses doigts de pied que je butinais tel un frelon ivre dans un bouquet de violettes, j’ai tout oublié…  
Le goût de sa bouche, entre menthol et chair fraîche, entre dentifrice et Peter Stuyvesant, entre champagne et petit matin, les pétillements de sa salive, la blancheur de sa peau, de ses dents, de ses cuisses, le velours de ses avant-bras, le duvet de son ventre, ses jambes soigneusement épilées, j’ai tout oublié…  
Ses grimaces enjouées, ses ongles aiguisés, le poisson rouge tatoué qui somnolait sur son omoplate comme s’il attendait mon permis de chasse, sa voix, ses chansons, les intonations de ses colères, les silences de ses désirs, ses râles et ses trémolos de cantatrice exaltée en pâmoison, j’ai tout oublié…  

Et ses cheveux que j’emprisonnais dans ma main conquérante mais qui s’échappaient toujours entre mes doigts comme des cascades indomptables ! Et ses cheveux de belle moisson, aux parfums capiteux de chardon, de bleuet et de dune sauvage ! Et ses cheveux de feu qu’elle mordait avec une grande barrette noire pour que je puisse déposer des baisers fiévreux dans son cou, comme des offrandes d’amoureux, je les ai oubliés aussi…  

Assez ! J’ai tout oublié de ses yeux ! Non ! Je n’ai plus aucun souvenir de la couleur de ses prunelles ! Peut-être verte, peut-être bleue, peut-être un peu les deux, je ne sais plus. Je me souviens seulement que j’allais m’y baigner pendant des heures, hypnotisé jusqu’à l’âme, planant entre ciel et mer comme un oiseau migrateur trouvant enfin sa terre promise, mais rien n’est sûr…  

Et ses boucles d’oreilles ! Ses boucles d’oreilles aux pendentifs aphrodisiaques ! Quand sa tête disait non, ces fausses ingénues, elles disaient oui ! Moi ? Moi, j’étais propulsé aux nues, tourneboulé jusqu’à mes rêves les plus vertigineux, pendant ces oscillations paradisiaques ! J’étais dans le mouvement du monde ! Le jour, la nuit, l’été, l’hiver, c’était le temps des cerises qui battait la chamade dans mes tempes !...   
Et, à bout de respiration, toutes nos joutes buccales, tous nos duels de langues, tous nos soupirs de madrigal pour reprendre seulement le souffle heureux de nous dire « je t’aime » à la même chorale !...
Et ses poignets si fins, et ses bras si menus, et ses épaules si tendres, et ses lèvres si amoureuses ! Non ! J’ai tout oublié ! La rondeur de son genou, la musique de ses hanches, la générosité de sa poitrine, et Marie la Médaillée ne sachant plus à quel sein se vouer entre Amour et Volupté : je n’en sais plus rien !...

Arrêtez de me torturer avec vos questionnements d’inquisiteur ! Je vous répète que j’ai tout oublié !...


Bien sûr, j’ai dû mordiller sa nuque, j’ai dû regarder courir ses frissons, j’ai dû écouter les battements de son cœur, mais je n’en ai nulle souvenance ! Oui, j’ai dû m’affoler entre ses cuisses, chercher des cadences d’unisson, mourir un instant à l’Agonie de l’Amour, et repartir au combat, la baïonnette au canon, l’âme conquérante et le cœur en étendard ! Oui ! Un million de fois, j‘ai dû regrimper sur ses barricades en lui scandant des « je t’aime » à répétition ! Oui, elle m’a tailladé avec ses griffes, elle m’a saigné avec ses dents, elle m’a brûlé avec ses regards brasillant, comme si le diable était dans son corps !
Furieuse, elle m’a insulté avec les mots divinement obscènes d’un dictionnaire pour amants complices ! Mais je ne suis sûr de rien ; les reflets obsédants de ma mémoire enjolivent des réalités qui n’ont jamais existé…  
Je ne sais plus rien de la pluie de ses larmes, à la récompense de la Félicité Grandiose,  quand elle cachait son corps et ses tremblements incessants sous le drap d’une pudeur retrouvée ; tous les baisers tendresse qu’elle collait en chapelet sur ma poitrine pour me récompenser de mes efforts de hardiesse, toutes ses caresses de maîtresse assouvie, toutes ses…

Arrêtez ! Mais arrêtez donc de remuer le couteau dans mon cœur !... Demandez plutôt aux chardons, aux bleuets et à toutes les fleurs des dunes…

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Gouffre (petitmoulin)


Au premier geste vers l'oubli
Tu étais assis
Au bord  du gouffre.
Derrière ton masque
Taché de larmes
Furtives
Tu savais, n'est-ce pas ?
Quand un à un
Les mots fuyaient
Tu savais, n'est-ce pas ?
Quand les semaines
Et les jours et les heures
Décroisaient le temps
Quand les chemins de nulle part
Fermaient leurs horizons
Quand tu contemplais les objets
Sans nom ni usage
Tu savais encore, n'est-ce pas ?
Quand tu regardais tes filles
Une vaine interrogation
Au fond des yeux
Quand tu restais figé
Devant le grand Amour de ta vie
Bonjour Madame
Tu ne savais plus, n'est-ce pas ?
Quand tu déambules
Dans des couloirs
De cri et de silence
Que tu ne cherches plus rien
Mémoire de cendres
Frôlant d'autres mémoires de cendres
Tu ne sais pas, n'est-ce pas ?
Tu ne sais pas
Qu'elle est assise
Au bord de ton gouffre
Que derrière son masque
Taché de larmes
Elle sait
Que sa main tendue
N'arrive plus jusqu'à toi.

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Ah ! là là par bongopinot

 

Source: Externe



J’ai perdu la mémoire
Au fond d’un arrosoir
J’arrose donc tous les soirs
Pour au moins l’apercevoir

Depuis qu’elle est partie
Bonjour tous les ennuis
Et pour la retrouver
C’est galère assurée

Je ne reconnais plus personne
Et tout ça m’empoisonne
Je ne sais plus où je travaille
Alors je reste au bercail

Je ne retrouve plus mes affaires
Et je deviens amère
Y a-t-il quelque chose à faire
Car tout ça est un calvaire


J’essaie de me rappeler
Ma mémoire est brouillée
Le passé, le présent
Se mélangent c’est navrant

Je ne reconnais plus les fleurs
Ni leurs noms ni leurs odeurs
Je glisse dans le délire
Je ne pourrai bientôt plus écrire

J’ai plus de mots à mon histoire
J’ai pourtant sondé tous les tiroirs
Je ne sais plus ce que je cherche
J’ai mis les mains dans mes poches


Mon frigo est en détresse
J’ai oublié de faire les courses
Je ne vais plus à mes rendez-vous
Je reste prostrée dans le flou

J’ai perdu la mémoire
Je traine mon désespoir
Lorsqu’un soir par hasard
Je suis tombée dans l’arrosoir

J’ai retrouvé la mémoire
Mais c’est un peu le bazar
Je vais ranger tous les tiroirs
Et reprendre ma trajectoire

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