09 avril 2016

Photo prise par Clémence le 12 avril dans les Alpilles

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Carte de visite (par joye)

windmillBonjour !

Permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Vermeer et je suis le plus grand moulin à vent opérationnel aux États-Unis.

J'utilise seulement le vent pour faire mon travail. Ici, en Iowa, on a tout plein de vent, c'est dire ! C'est vrai que mes soeurs éoliennes dans cet État fournissent plus d'électricité que dans n'importe quel autre État, y compris le Texas !

Alors moi, je n'utilise aucune électricité, car je suis construit d'après un  modèle qui date des années 1850, la même époque des immigrés qui se sont établis dans cette région.

Quand on a décidé de me faire construire, les Néerlandais européens ont refusé de démonter et envoyer un moulin de chez eux, alors, les Néerlandais iowaniens ont fait construire mes parties aux Pays-Bas par un maître et puis m’ont fait reconstruire ici.

Six jours sur sept, je mouds du blé pour faire la farine qu’on utilise à la pâtisserie dans la ville où j’habite. Le dimanche, je me repose comme tous les autres habitants ! Ma ville s’appelle Pella, et comme je vous l'ai déjà dit,  elle se trouve en Iowa (pas très loin de chez votre amie joye en fait). Tellement fière de son héritage néerlandaise, la ville de Pella m’a fait ériger en 2002, pour $3.5 millions.

Depuis quatorze ans, je vis dans la rue First au numéro 714.

Voilà sans doute pourquoi je m’appelle Vermeer, je porte le nom de la société agro-industrielle qui a dû payer mon voyage depuis l’Europe.

Si vous décidez un jour de venir me voir, du haut de mes 41 mètres, je pourrai vous fournir une vue spectaculaire des environs, de Pella, de son canal, de son architecture néerlandaise, et de ses 28.000 tulipes.

En espérant donc vous recevoir un jour, je vous envoie de très bons baisers de l'Iowa !

- V. Windmill

P.-S. : Merci à WikiCommons pour la photo que vous voyez ici. Joye était trop pressée pour aller chercher les siennes.

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Le Pinceau, le Plectre et la Plume (EnlumériA)

 

     Il avait failli s’endormir dans sa soupe. Il sursauta en réalisant que mourir noyé dans une assiette de soupe de poisson ferait désordre dans les annales de la famille. Il avait trop forcé sur le Lexomil et le Bourgogne Passe-tout-grain. Il se leva et d’une démarche approximative, alla dans la cuisine se préparer du café fort. Il avait un problème à régler d’urgence s’il ne voulait pas sombrer dans la démence. À la deuxième tasse, il commença à se réveiller ; à la troisième, il était d’attaque.

     Il était un tout jeune sexagénaire, sans le sexe ; ça c’était de l’histoire ancienne. Il avait cependant trois maîtresses exigeantes. Trois sauvageonnes intraitables qui virevoltaient dans sa vie, créant d’ingérables turbulences dans son esprit tripolaire. La peinture, la musique et l’écriture. Tel un chevalier décharné et pathétique, il tentait de dompter trois moulins mus par des vents désordonnés. Le vacarme des grandes ailes de toiles tourbillonnantes s’atténuait parfois dans la ouate des anxiolytiques et des crus de Bourgogne.

     C’est alors que la Dame de l’Est se manifesta. Une muse aussi douce que rayonnante qui avait un jour tenté de l’inspirer et de prendre soin de lui. Lui, pétri d’orgueil et de suffisance, il n’avait pas voulu entendre l’appel.

     Cette fois-ci, il posa sa question et se jura d’écouter. La blonde égérie donna son avis. Un avis tranché, sans appel.

     Lui, apaisé, abandonna sa superbe et ses moulins capricieux. Cette fois, il décida d'écouter la parole de l’oracle. Son choix était fait, l’égérie était fée. Fin du premier acte.

 

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Le vent (petitmoulin)


Ici
Le vent ne parlait plus
L'arbre se taisait
Un cerf-volant gisait
Sur ses couleurs
Ventre vide
Ailes clouées à l'immobile
Le moulin languissait
Tel un oiseau transi
Qui guette le printemps

Là-bas
Si près d'ici
Le vent fermait la vague
Sur le naufrage
Du dernier lambeau de rêve
Et s'il avait le temps
Il essuyait les larmes
Des survivants

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LES MOULINS, AVANT ! (Alain André)


Avant, le meunier moulait le grain qu’on lui donnait à moudre dans son moulin à vent. Après quoi, sa femme, Madeleine moulait le grain moulu dans ses moules, des moules à madeleines, ses moules à elle,  tandis que le meunier moulu continuait à moudre le grain qu’on lui donnait à moudre, dans son moulin à ailes. Moudre du grain avec sa meule mue par les ailes de son moulin à vent était sa fierté. Il se disait : je moudrais tant qu’il y aura du vent, et du grain à moudre ! Et sa Madeleine moulerait ses madeleines avec fierté dans ses moules tant qu’elle aurait de la farine moulue par son mari meunier !
 Puis les gros bonnets inventèrent les minoteries à vapeur.
Or, il n’est pas sage d’être à voile et à…
C’est ainsi que les meuniers se retrouvèrent  roulés dans la farine.
Et  aujourd’hui,  comble de l’ironie,  on  installe des moulins à vent modernes que l’on  appelle des éoliennes pour produire le courant qui fera fonctionner les minoteries et les fours pour que les bonnes  Madeleine puissent faire cuire leurs bonnes madeleines! Et que je puisse m’en régaler en dégustant, bien sûr, une bonne bouteille de Moulin à vent°.  
Mais voilà :
Quand le ciel est trop clément,
Crois tu que c’était mieux avant ?
Quand il n’y a pas de vent
Tu te retrouves sans courant !
Poil aux dents !

(°) Un des dix grands crus de Beaujolais, peut-être le meilleur ?

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Participation de Rêves de plume

 

Elle court dans l'allée du jardin
Ses yeux fixent l'horizon
Son sourire en dit long
Dans sa main, un moulin !

Elle fait de l'air
Ecoute le cliquetis
Puis quand son souffle s'altère
Stoppe sa course, et rit !

 

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Renaissance (Électre)


Le ciel est bleu et pur, seulement parsemé de quelques nuages qui
passent paresseusement. Des graminées se balancent nonchalamment au
vent. Un chêne vert laisse apercevoir son feuillage. Tout est calme.

Tout est calme... bien trop calme. Il faudrait du vent, un vent
déchaîné, un vent à décorner les boeufs, pas cette brise de printemps
qui ne courbe que les herbes... Alphonse (c'est son nom) se désole en
son for(t) intérieur.

Il a essayé de s'habituer à sa nouvelle vie sédentaire : "profitez du
paysage !" qu'on lui avait dit. "Regardez les oiseaux !" Et puis "vous
ne souffrirez plus des articulations !"

C'est vrai qu'il en avait souffert, de ses articulations. À en grincer
des dents avec des bruits effroyables, surtout par grand vent. À en
maudire le meunier et ses mules (surtout celle qui lui gardait un vieux
coup de pied en réserve). Mais maintenant qu'il ne bougeait plus, il
était triste. Il se sentait inutile. Et puis tous ces gens qui passaient
et le photographiaient en trouvant qu'il faisait très "couleur locale".
"Regarde chéri comme c'est bucolique". Je t'en ficherai, moi, des
bucoliques. Quand ce n'étaient pas des hordes de touristes armés
d'appareils qui se photographiaient avec lui sans même prendre la peine
de demander, comme s'il n'avait plus son mot à dire.

Ce qu'il aurait voulu que quelqu'un le prenne au sérieux, rien qu'une
fois. Lui, l'ancien géant. Le seigneur de la colline en passant auprès
duquel tous se courbaient de crainte et de respect. Lui qui faisait
marcher le village, autrefois, dans ce pays sans eau. Il avait entendu
dire il y a longtemps qu'un homme, en Espagne, l'aurait pris au sérieux.
Un homme un peu fou, mais est-ce que le vent ne rend pas tous les hommes
fous ? Il attendait cet homme avec patience et obstination. Il
l'attendait malgré les chaînes de métal qui le maintenaient cloué au sol
"pour le protéger". Depuis quand protège-t-on du vent ceux qui lui ont
voué leur vie?

Le temps passait dans cette attente. Il regardait grandir auprès de lui
ce chêne qu'il avait connu tout gland. Il espérait aussi en cette
association qui pour une fois ne se consacrait pas qu'au patrimoine - et
puis quelle rapport avec la patrie, dites-moi bien ? Il les avait vu
rôder autour de lui, palabrer entre eux sur ses installations, et
repartir avec des mesures et des croquis. Il avait entendu parler de
farine. Depuis, il espérait. S'il ne pouvait pas se battre contre
l'Espagnol qui ne venait pas, peut-être pourrait-il reprendre ses
anciens offices. Il y avait eu des mules - d'autres, qui avaient l'air
mieux nourries que la rancunière. Quelques touristes protestaient car
ils avaient construit une baraque à proximité, et que celle-ci ne
faisait pas bien sur les photos. Trop moderne. Pourtant, elle était en
pierre elle aussi - pas si vénérables que les siennes, mais des pierres
tout de même, celles qu'ils avaient sorties du champ où ils avaient déjà
commencé à planter des céréales. Son ami le chêne lui demandait parfois
s'ils avaient l'intention d'utiliser ses glands - il aurait bien voulu
contribuer au bonheur de son ami, lui qui était parfois fatigué de
n'être qu'un abri à pique-niques. Mais à ce qu'il semblait, ce n'était
pas encore revenu à la mode. Il y aurait sans doute du petit épeautre,
qui était de plus en plus connu et apprécié. Du kamut peut-être. Le
nouveau boulanger était dans l'air du temps - c'est-à-dire dans l'air
d'antan.

Alphonse rêve. Il attend, observant le paysage du haut de sa colline,
que vienne sa renaissance et le moment où il pourra enfin déployer ses
ailes au grand vent.

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Mes moulins (Laura)

Comme la roue qui brise
L’eau du bief de mon enfance
Et entraînait naguère 
Le moulin des jouets de la guerre.
Comme la campagne flamande
Qui se donne aux âmes patientes. 
Comme les moulins de Rembrandt
Dans un paysage de Hollande. 
Comme les « Lettres de Mon moulin » 
Que Daudet écrivit de Fontvieille, 
Je découvre les paysages
Que font vibrer les vents.
Tu fais tourner de ton nom 
Tous les moulins de mon cœur
7 avril 2016

Les moulins de mon coeur de Michel Legrand:
http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2016/04/04/michel-legrand-plays-and-sings-les-moulins-de-mon-coeur-1969-5784056.html

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Le feu follet (Pascal)


C’est pendant la troisième mi-temps qu’il se déclare en apothéose. Il est alors un feu follet insaisissable. Quand on l’attend du côté des vestiaires, il est au bord du stade ; quand on croit l’avoir vu à la buvette, il discute dans les tribunes avec quelques supporters. Tantôt exubérant, tantôt réservé, il semble mû de part ses seuls instincts d’Amitié. A leur passage, il confesse les joueurs ; disponible à chaque instant, il y partage le bon, ignore l’hypocrisie, recrache le mauvais, en laissant ses empreintes de générosité au monde qui l’entoure ; attachant, il est père pour les uns, ami pour les autres et frère pour le reste.

A sa seule cause d’humanité flagrante, de chacun, il gère le bon et le mauvais, le bien et le mal, la vérité et le mensonge. C’est son affaire, son devoir, son bienfait à l’humanité ; on dirait qu’il s’en occupe, qu’il le distille avec sa foi, qu’il le transforme et qu’il le redistribue sans compter en qualités. Interface entre le staff et les joueurs, il est un baume stimulant, un gourou astringent, un Ami de chaque instant, un directeur de conscience, un soigneur spirituel. Il a ses réponses adaptées pour chacun, il ne blâme jamais et n’a pas de conclusions couperet ; il souffre avec l’un, il rit avec l’autre, il soulage les bobos, il tempère les ego, il détend les atmosphères. Il va de l’un à l’autre en toute liberté, en toute sérénité ; rien ne le commande que son seul allant de philanthropie.

Sans discernement, il profère ses encouragements comme le ferait un prédicateur avec sa bonne parole. D’une façon biblique, il aime son prochain, sans même s’en apercevoir.
Tour à tour entremetteur, confident, compère, confesseur, il rassure, il parlemente, il acquiesce, il admet, il console, il approuve, il défend. Dans son arsenal de Générosité, il a sa caresse dans le dos, sa bise fraternelle, sa chaude poignée de main, sa tape convenue sur l’épaule, son regard amical, celui qui laisse passer tous ses messages, l’embrassade émue, le silence connivent. Oui, Il regarde chacun de ses interlocuteurs dans les yeux et son regard voit bien plus loin que leurs brillements de pupilles.
Confesseur, il cerne les âmes, il en extrait le meilleur ; il est le confident des prières, l’apôtre des messes basses, l’éminence grise des vestiaires. C’est l’impromptu volontaire, le désigné au hasard, mais il est toujours là au bon moment. Enfin, il absout tout avec une bière, un rire, un bon mot, un motus, une clope.

Pitre, il est une entorse saine à l’académisme ; libre comme le vent, il se fout bien de l’empirisme, du protocole et des conventions ; il perçoit à l’instinct, il répond à l’envi, il ose sans façon. Il passe partout ; c’est le sésame des âmes, un courant d’air bienvenu, une solution de désenclavement, un briseur de tensions. Altruiste, opportun, charitable, il est un trait d’union optimiste entre les uns et les autres ; il est un démineur de conflit, un joker contre l’adversité, une entité remarquable. Il fédère, il apaise, il atermoie, il ranime les volontés et les organise dans le même sens ; ses seuls intérêts humanistes débordent pour les  autres. Rebelle et obéissant, clandestin et reconnu, apôtre et assaillant, il va de l’un à l’autre avec la même audace sereine ; il n’appartient à personne mais il se dévoue pour tous.

Comme une pommade d’enchantement, il a un mot d’apaisement pour le blessé, un encouragement pour le vaincu, un conseil pour le promu, un compliment pour le lauréat. Indépendant, réfractaire à toute règle, opposé à toute loi, il a ses tournures de phrase, ses répliques, ses colères utiles. Sous la bannière des damiers, il unifie, il éteint les feux de jalousie, ignore les comportements personnels, prend sous son aile les plus « fragiles » et simplifie la vie de tous.
Sans préjugés, il n’appartient à aucune caste, à aucune famille, à aucune religion, qu’à celle du Rugby ; il discute avec le président de club ou le petit ramasseur de ballon avec la même indulgence, la même verve, la même exaltation.

Pétri de charisme, il n’a de devoirs à rendre à personne, que ceux de l’Amitié et de l’Altruisme qu’il prodigue généreusement à son entourage. Il est là où on ne l’attend pas et absent là où on l’attend. Naturellement, devant lui, les portes s’ouvrent, les visages se détendent, les sourires reviennent ; la vie est forcément plus douce. Il a toujours la réflexion sésame, le mot approprié, la répartie adroite, à l’interlocuteur du moment.
Jamais il ne s’épuise, jamais il ne se lasse, jamais il ne s’éteint. Il est un moulin fédérateur à tous les vents des hypothétiques discordes, à toutes les tourmentes de l’ombrage, et quand ses pales s’emballent, c’est pour moudre l’hostilité en poudre de bienveillance, la méchanceté en humanité, l’opprobre en considération et la tricherie en franchise.

Parfois, il s’ennuie ; comme un lion en cage, il tourne en rond, il tergiverse, il dérange. C’est quand les êtres, qu’il côtoie, ne peuvent digresser à leur bêtise inflexible ; il semble s’user contre ces montagnes rugueuses mais par un de ses stratagèmes, une de ses facéties, une de ses cabrioles d’allocutaire, il amadoue le rocher pour retrouver une terre amicale plus pétrissable. Dans le noir du stade éteint, il est un feu follet brillant et les âmes confiantes viennent se coller contre lui pour retrouver un peu de chaleur humaine. Il est un être extraordinaire, tout en pudeur, tout en contraste, rempli de Charité, et je suis content que la Vie ait pu me le faire rencontrer.  

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