la porte (par joye)

 

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Devant cette porte, le tout a commencé.

Alors j’ai dit Son nom ;  j’ai crié « Ouvre-moi ! »

Silence lourd et froid a raillé mon émoi.

Là, où j’ai dû prier pour qu’on me fasse entrer.

 

Inouï qu’elle s’ouvre sans devoir castagner.

La porte verrouillée quand je suis aux abois,

Car Celui derrière ne lève pas le doigt.

Dieu est comme la porte qui n’a pas de poignée.

 

Ce Dieu des hommes craint le pillage des séquestres.

Ces hommes de Dieu, pareil, marmonnent leurs crédos,

Ils n’ont pas écouté mes cris assourdissants.

 

Là, j’ai fait ma prière au Dieu des hommes terrestres,

Ceux qui laissent souffrir, ceux qui me tournent le dos.

Le bois de leurs portes est trempé dans le sang.

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Une fuite d'huile (Joe Krapov)

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Extrait du journal intime de Delphine Durand :

C’est devan sette porte que tout a comancé.

C’est devan sette porte que tout a comancé à foarer !

Déjà Madame Rochet (c’est Manman) avait perdu la clé du garage. Monsieur Durand (c’est Papa) a sorti son paspartou, il a crochté la cérure en disant « Sézame ouvre-toi » et la porte s’est ouverte. Mon papa, il pourait être un roi de la kambriole si qu’il voudrait !

Ensuite la berline était pas très belle. Une caisse verte avec des roues jaunes citron. Hiper kitsch, super esbrouffe.

- C’est quand même une six-chevaus, a dit M. Durand (c’est papa). Avec ça on devrait trasser.

Mais le pire c’est quand on a sorti du cofre une robe de Marie-Thérèse (c’est ma sœur) et qu’on a comandé que je l’enfile. Alors j’ai pleuré. Un garson sa s’habille pas en fille quand mème ! Mème pour partir en vacances ! Madame Rochet (Manman) qui fait gouvernante maintenant a dit :

- Un garson sa pleure pas, non plus !

Elle m’a filé deux tartes et j’ai arété de pleuré. J’avais compris qu’il ne fallait pas « tiscuté ».

- A partir de maintenant tu t’apèles Delfine et tu te tais, jawohl ?

Alors j’ai obéi et j’ai fait du boudin pendan tout le voyage vers chez Tonton Léopold.

Quand on part en vacances, dans la famille, on voyage de nuit parce que… « Parce qu’on fa loin et que les enfants torme tans la foiture. Ca fatike moins le cocher et on n’est pas oplichés t’infenter tes cheux à la con pour les okupper ».

Pourtant sette année, même en partant de nuit, Papa et Manman ont mis le paqué, kestion distractions. C’est carément le carnaval !

Louise-Elisabeth, notre gouvernante, c’est déguisé en barone russe ! Madame de Korff qu’on doit l’apelé ! Elle s’y croit un maksimum ! Elle a pris un air pinsé, mis sa plus belle robe et elle a exijé d’avoir la place du milieu dans le sens de la marche « sinon je vomi » ! Bonjour l’anbianse !

Marie-Thérèse et moi nous sommes les filles de la barone. Monsieur Durand (c’est papa) est son valet de chanbre. Tante Elisabète, qu’il faut apeler Rosalie, est la dame de companie de la barone Russkoff. Manman, qu’il faut apeler Madame Rochet, est notre gouvernante. C’est d’un drole, ce jeu !

- On est inconito, nous a espliqué Papa, enfin, M. Durand. Persone doit savoir qu’on va chez Tonton Léopold alors on dit qu’on retourne chez nous à Franquefort.
- C’est quoi alors notre nom ? Korff ou Inconito ? j’ai demender.
- Inconito, sa veut dire ni vu ni connu je t’embrouille » a répondu Marie-Thérèse qui a bien voulu, elle, qu’on la rebatise Marinette.
- Et pourquoi nos domestics ont une livrée jaune aujourd’hui ?
- Ca fait aussi partie de l’inconito.
- C’est très voyant, je trouve, l’inconito.
- Arète de jacacer, Delfine. Il est deux heures du matin. Vous avez le droi de dormire, les enfans.

J’ai fermé les zyeux et j’ai fait çamblan de roupiller. Mais j'ai pas dormi. Trop eksité ! Il y a eu un long silence et puis papa a dit :

- Nous avons déjà une heure et demi de retar sur l’orair prévu. Qu’avé-vous fichu entre minuit dix et 0 h 35 ? On s’est inkiétés !
- J’ai cherché tu pin pour faire tes santouiches aux petits. Pas troufé un poulancher t’oufer. Ils font quoi la nuit ? Des patars ?
- Des patars ? Ah, des bâtards ! A 5 heures, pas à deux. Quand Paris s’éveille.
- Che n’ai que te la prioche racisse.
- Comme moi ! a plaizanté Papa en tapant sur sa beudène.

Après j’ai dormi vraiment. J’ai levé un œuil à Bondy à 2 h 30. Manman est allé dehor embracer Monsieur Aksel qui nous avait acompaniés à coté et devait retourné à Paris.

A quatre heures le cabriolaid des femmes de chanbre nous a rejoint à Claye-Sully. Elles sont folles de roulé tête au vent !

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A dix heures du matin on s’est arétés à Viels-Maison, à l’Auberge du Surgelé, tenue par François Picard depuis trois générations.

Après Chantrix, à 14 h 30, la voiture a failli vercé par deux fois car les chevaus se sont afalés. A l’intérieur de la berline je me suis mis du verni sur les ongles et Marinette m’a mis du rouge aux lèvres. Puis j’ai comancé un journal intime dans lequel je raconte le voyage des Inconito chez Tonton Léopold qui est devenu la barone de Korff et qui habite le pays des saucices de Franquefort où les markizes porte des choucroutes.

A 16 heures, à Châlons-en-Champagne, M. Durand (c’est papa) n’arétait pas de pesté :

- Quatre heures de retard ! Quatre heures de retard !

Mme Rochet (Manman) a dit :

- Fous les hommes, en foyache il n’y a que la moyenne qui conte !

A 19 h 55 on s’est arétés pour manger à Sainte-Ménehould. Après je sais pus. J’ai dormi beaucou. On n’est pas allés plus loin que La Varenne où nous avons trouvé le pont de l’Aire baré par des gardes fransaises. Ils nous ont dit qu’on ne pouvé pas prendre la fille de l’Aire alors on a fait demi-tour.

***


Tant pis pour Tonton Léopold mais moi je suis contan quand même : depuis qu’elle n’est plus Marinette, Marie-Thérèse m’a prêté des poupées et je m’amuse bocou à les habillé et les déshabillé.

Papa lui n’est pas contan. Il n’a pas apressié qu’on l’assignat de nouveau à rézidance.

- Quand on hapite les Tuileris, il n’arife que tes tuiles ! » a dit Manman.

Papa a jeté le journal du matin à la poubèle. J’ai eu le temps quand même de lire le gros titre : « Une fuite d’huiles ! ».

Pourquoi il a mis un s à « huile » ? Il est nul en ortograffe, ce Jean-Paul Marat ! 

 

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Un jour extraordinaire par bongopinot

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Un petit manoir à l'extérieur de la ville

Où vivent tranquillement et sans histoire

Un couple charmant et leurs trois filles

Avec leur chat tigré et leur chien noir

 

Dans cette après-midi grise de novembre

Tout ce petit monde s’affaire sans bruit

Les enfants jouent à la poupée dans la salle sombre

Le père et la mère discutent admirant leurs filles si jolies

 

Dans la soirée après le dîner tout le monde se retrouve

Et, devant le feu, la mère fait la lecture à ses enfants,

Le père lui, lit le journal ; un soir agréable de guimauve

Pendant qu’au dehors arrive un vent impressionnant

 

Au dehors une obscurité ténébreuse et glaciale

Suivie d’un bruit sourd venant de la porte d'entrée

Le père alla ouvrir comme dans un cérémonial

Et c’est, devant cette porte que tout a commencé

 

Le père, tout d’abord ne vit rien ni personne à la porte

Il pensa que le vent lui jouait un mauvais tour

Lorsqu’il entendit de petits cris comme un râle

Et là, à ses pieds il aperçut un couffin de velours

 

Vite il entra pour réchauffer le bébé frigorifié

Ils s’en occupèrent et très vite ils l’adoptèrent

Cet enfant atteint de trisomie qui avait été rejeté

Ce petit être si fragile, différent des autres

 

Grandit entouré de tous et on voit ce petit garçon,

Marchant fièrement au bras de ses grandes sœurs

Avec ses yeux en amande, sa petite bouille de poupon

Et son rire qui donne tous les jours du bonheur

 

Cet enfant recueilli nourri et ensuite adopté

Lui l'enfant rejeté par peur du regard des autres

Cet enfant là, leur donna tous les jours la force de continuer

Cet enfant qui ne demandait rien d'autre qu'un peu d'amour.

 

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LA PORTE DE L’AURORE (EnlumériA)

 

Il y eut d’abord un flash blanc et aussitôt après une brûlure atroce et l’impression d’une myriade de tenailles ardentes mordant chaque muscle, broyant chaque os.

Puis un silence démentiel et le noir de l’abysse.

Combien de temps demeura-t-il ainsi, dans ce néant inconcevable ? Souffrant mille morts, il tombait sans fin sans parvenir à comprendre dans quelle direction il allait. Une lueur au loin, comme une chandelle dans la nuit attira son attention. La sensation de chute prit fin. La souffrance s’éteignit. Il était allongé sur quelque chose qui ressemblait à de la caillasse. Une nuit épaisse et poisseuse l’entourait. Il se releva tant bien mal, un peu sonné, mais conscient. Une brutale bourrasque vint dissoudre le néant dans lequel il stagnait. Dans la nouvelle lumière crépusculaire, il se tenait debout devant une porte. Une stupide porte en bois.

Il ne comprenait rien. Où était passé la porte d’or promise par le guide ? Un doute l’envahit. Il s’efforça de l’enfouir au plus profond de son être. Le doute est l’arme favorite de Satan.

Une aube timide se leva. Tout était calme. Reprenant confiance, il s’approcha de la porte. C’était une très ancienne porte usée par le vent des siècles. Il frappa trois coups discrets comme pour ne pas déranger et attendit. Rien ne se produisit. Il frappa de nouveau, un peu plus fort.

Un rire cristallin résonna. Le rire nubile et pur d’une très jeune fille. D’une vierge.

Un sentiment de soulagement le réconforta. Le guide n’avait pas menti. Il avait triomphé. En actionnant le dispositif, il avait démontré sa bravoure de guerrier sacré. Il avait terrassé la mécréance et la mort.

La porte s’ouvrit lentement ; sans bruit. Il devina plus qu’il ne vit une aurore dorée. Une très jeune femme à la chevelure d’argent se faufila dans l’entrebâillement. Dieu qu’elle était belle. Elle le regardait avec une infinie tendresse. Lui fit un autre pas. Son cœur battait la chamade, mais il sentait une joie intense l’envahir. C’est alors qu’elle prononça quelques mots. Il fronça les sourcils. Ne venait-elle pas de lui demander de regarder derrière lui. Il obtempéra et sursauta. Une foule innombrable se tenait à quelque distance. Ceux des premiers rangs, horriblement mutilés, dégoulinants de sang, l’observaient avec un lourd regard de reproche. Les autres, derrière, semblaient de plus en plus flous et fantomatiques au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient.

Il se tourna vers l’ange en balbutiant une question sans queue ni tête.

L’ange posa une main d’albâtre sur son épaule.

« Ô Mon petit, mon tout petit, qu’as-tu fait ? Ceux que tu vois là sont ceux dont tu as détruit l’existence par ton geste insensé. Les autres sont les enfants et les petits enfants, la descendance qu’ils n’auront jamais. Ceux qui ne verront jamais le jour à cause de ta sottise. N’as-tu pas lu le Livre ? N’as-tu pas compris le sens des mots ? Ô Mon petit, mon tout petit, maintenant, tu dois subir le châtiment. Ce n’est qu’à ce prix que tu pourras un jour franchir la Porte de l’Aurore. »

Lui tenta quelques mots sans suite, mais il comprit qu’il était trop tard. Qu’il n’y avait de pardon possible qu’après avoir expié.

« Tu devras revivre chaque mort, chaque agonie. Tu ressentiras la douleur de ceux dont tu as détruit l’existence jusqu’à ce que les générations s’éteignent, ô mon petit, mon enfant ».

Une larme douce comme une perle fine roula sur la joue de l’ange.

L’obscurité retomba sur lui et une douleur insensée broya son corps en une myriade de fragments. Un bref instant d’immobilité ponctué par un hurlement d’épouvante et cet embrasement qui le consumerait encore et encore ; jusqu’à la fin des temps. Jusqu’au pardon final.

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Participation de Laura

 

J’ai oublié mon vélo à la porte
De mes rêves de poète qui m’emportent
Loin du travail qui m’insupporte
Mais qui inexorablement me rapporte

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Quelle peur ! (MAP)

 C'est devant cette porte que tout a commencé, je m'en souviens d'autant plus qu'après cet événement ma cheville m'a longtemps fait souffrir et qu'elle en est restée fragilisée ! Ah ces pavés inégaux !!!

 

Pavés

 

Détalant devant une forme monstrueuse qui m'était apparue -une sorte d'extra-terrestre entièrement revêtu d'une combinaison blanche et d'un énorme casque carré ne laissant deviner qu'un visage fantomatique à demi caché par un fin grillage serré- j'avais trébuché sur ces maudits pavés !

 Cet  horrible monstre se rapprochait d'un pas lourd et il était armé d'un  appareil métallique dont il dirigeait la pointe vers moi !

Du bec de cet objet terrifiant sortait une fumée blanche crachotante !!!!!! 

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J'avais 6 ans !

Je venais de la ville et je n'avais jamais vu un apiculteur revenant d'enfumer ses ruches pour prélever ce bon miel qui fait toujours mon régal !!!!!

Apiculteur

MIEL

 

 

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LA PORTE DE L’AMOUR (Alain André)

 

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Cette porte de la façade de la vieille maison attira mon regard. Je garai ma pollueuse ambulante qui toussait et crachait un gaz pestilentiel et maussade. Dix pas poussifs me traînèrent devant une porte joliment décorée d’une sculpture sur son linteau : Deux têtes se faisant un baiser : « La maison de l’amour »

Située dans une ruelle tortueuse inondée de pipi de chats et de crottes de chiens amenés là par des gens sans figure, des gens que j’exècre depuis longtemps : Je déteste cette humanité qui pue et souille tout sur son passage, je la déteste cette humanité froide et irresponsable !

La porte de l’amour ? Pourrait-elle m’amener à aimer ?

J’en avais bien besoin !  Dans ce monde immense, sec, sans amour, perdu dans les miasmes d’une société qui n’est plus faite pour moi, Je me délitais lentement, je transpirais la peur et la haine de l’autre.

Vieillir, encore, ronger mon frein, ignorer mes voisins qui se débattent dans la fange et l’abjection...

Vivre ? Peut-être pourrai-je encore y parvenir, tant bien que mal, mais y prendre du plaisir ?

Apprendre à aimer, d’accord, mais qui ? …Et qu’est-ce que l’amour ? Enfin ! Qui aime qui, dans ce monde perdu ? Dans ce monde ou seul le fric est indispensable ? Un monde sans pitié, ou tout est achetable, payable à l’avance, un monde ou les putes sont reines et les voyous encensés ! De l’amour ? Ha ! De l’envie, oui, du désir, des besoins basiques, du plaisir frelaté, de la jouissance tarifée, des copains d’apéro, des clopes aspirées sans goût, du vin aigre siroté par des vieilles bouches avides et parcheminées !

Qui pourrait me montrer le chemin pour aimer et être aimé ? Qui saurait me dire les mots qui comptent dans ce monde ingrat qui nous enterre ?

Vous voyez dans quel état d’esprit j’étais ce jour là 

 « Je décide de passer cette porte joliment ornée de deux têtes amoureuses. Je sonne, un carillon me répond, tinte joyeusement puis la porte s’ouvre en silence : Blanc ! Tout est blanc, limpide, lumineux !  Quelques pas plus loin, une douce musique me guide et m’amène devant une porte entrouverte. Une douce musique s’en échappe, un parfum suave m’enveloppe, est-ce le paradis ? J’’entre dans une pièce décorée de couleurs pastel, une très jolie femme d’une merveilleuse gentillesse m’accueille en souriant. Depuis combien de temps ne m’a t’on pas sourit ? Sans me demander des sous ? « Bienvenu, Monsieur, vous êtes ici pour aimer, et surtout pour vous faire aimer, vous trouverez le programme des cours dans ce livret qui vous est offert. Le livret ne comprenait, en fait,  qu’une seule page, un seul paragraphe :

                          TU AS POUSSE LA PORTE QUI VA TE MENER A L’AMOUR !

                     Tu as bien fait ! Suis maintenant ces conseils simples et faciles :

Avant tout, Avant de tenter d’aimer, il te faut commencer par t’aimer toi-même : Commence par te pardonner. Dis-toi que tu dois pardonner tes erreurs, sinon, personne ne le fera à ta place, et tu ne pourras pas pardonner celles des autres. Rappelle toi : Si tu ne t’aimes pas, personne ne t’aimera non plus. »

 J’eus beau sonner et tambouriner sur cette foutue porte, personne ne m’ouvrit, j’avais fait un rêve éveillé en contemplant le bas relief du linteau. Le songe n’aura duré que quelques secondes, mais je compris ce jour là quelque chose d’essentiel !

Rien ne serait plus jamais pareil dans ma vie. J’ai, depuis, appris à aimer les gens. J’ai décidé d’accorder mon pardon aux autres humains.

« Sauf à  ces enfoirés qui font déféquer et uriner leurs chiens devant ma porte ! »

 

Alain André    ( ou  « BILLETS DURS » sur canalblog ).

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Derrière la grille du « LOBCIN » (KatyL)

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L’air était doux en cette fin d’automne, le ciel était d’or, les feuilles de mille couleurs du jaune au rouge en passant par le brun et l’orange éclatant s’écrasaient sous mes pieds dans un bruissement sec mais léger, j’avançai en levant la tête pour essayer de suivre  les oiseaux qui virevoltaient autour de moi.

Je traversais le parc de ma maison « du LOBCIN » insouciante, heureuse emplie de ce bien -être qu’il est presque impossible de décrire tant le bonheur est simple et donne une respiration, une marche, une attitude, un regard…En tout cas une rectitude.

Je cueillais quelques branches couvertes de baies rouges, et de longues herbes qui ondoyaient sous la caresse du vent, pour en faire un bouquet lorsque je rentrerais, j’allais jusque ma grille d’entrée pour y ajouter des branches rouges qui se trouvaient juste derrière et quelques fleurs d’automne pour parfaire ma composition.

J’étais  à la hauteur des deux colonnes en stuc face à l’entrée du parc, que j’avais ramené de chez un pépiniériste (qui vendait beaucoup de décors majestueux de jardin) je les avais fait poser là, face à cette allée pour donner à mes massifs de fleurs une sorte de majesté, il me restait 3 marches à descendre, sur chacune d’elle j’avais disposé des pots anciens de buis taillés en boule, que j’effleurais à chaque passage.

Lorsque soudain, arrivée à ma grille d’entrée je vis une silhouette, un homme était là me regardant sans doute depuis un moment sans aucune gêne un petit carnet à la main et semblait prendre quelques notes.

-« Bonjour lui dis-je vous cherchez quelque chose ? En quoi puis-je vous aider ? »

-« Vous êtes la propriétaire de cette maison et son magnifique parc ? »

-« Oui en effet !»

-« Je m’appelle Didier Lurczinski  je suis écrivain, dit-il en me tendant une main ferme et me regardant droit dans les yeux, je passe très souvent par ici je me gare plus haut pour venir à pieds admirer cette grille et le parc avec ses deux colonnes à l’entrée, et je vous avoue que cet endroit m’attire, je voulais percer le mystère des personnes résidant ici, j’ai toujours eu envie de pousser la grille, mais il n’y a aucun nom, aucune sonnette, même pas de boîte aux lettres » !

- « Le facteur ne passe pas j’ai une boîte à la poste, je ne voulais pas défigurer mon mur, la sonnette n’est pas utile, les amis ont tous un portable et me préviennent de leur passage prévu ou imprévu et je viens ouvrir, je ne pourrais pas entendre, ma propriété est top loin de cette porte, et de toute façon à pieds il me faut une bonne demi-heure de marche pour y parvenir, tous ceux qui me connaissent le savent, c’est pourquoi la famille proche et quelques rares amies ont une clé de cette grille pour entrer,  j’en ai fait faire 7 ! »

-« Tout cela me semble à la fois très symbolique et mystérieux, je ne suis pas étonné, d’ailleurs j’avais bâti tout un roman déjà sur la propriété et ses éventuels habitants, voudriez- vous le lire ? Car si tel est le cas je vais chercher des copies dans ma voiture et je vous les donne de suite, votre avis m’intéresse. »

-« Oh oui dis-je » à la fois amusée et perplexe….et je vis partir cet homme grand, fort, au regard bleu lumineux qui m’a plu tout de suite vers la route ombragée… Il arriva à la hauteur d’une voiture rouge vif, de style rétro sport vieille époque magnifiquement entretenue et rutilante, j’étais ravie et pour mieux la voir je fis le même chemin que lui. Arrivée à sa hauteur je ne pus m’empêcher de caresser la carrosserie de ce véhicule de collection pendant qu’il fouillait dans une sacoche pour y extraire les documents qu’il voulait me remettre.

Lorsqu’il releva la tête, il me vit à ses côtés avec un large sourire et me tendit une grosse pochette très épaisse.

-« Vous avez mes coordonnées dedans dit-il, je vous laisse lire tranquillement et vous me ferez signe lorsque vous désirerez en parler avec moi. Au fait puis-je vous demander votre prénom et votre nom de famille si cela ne vous semble pas indiscret que je le sache lorsque vous me téléphonerez ? »

-« Je me nomme Katy Duncan, je ne manquerai pas de vous téléphoner mais pas avant quelques jours car je suis artiste-peintre et je suis en pleine production créative en ce moment, la nature me parle tant en cette saison, je vous téléphone promis ! Et je vous inviterai autour d’un chocolat gourmand si vous aimez le chocolat !»

Je lui tendis ma main qu’il prit dans les deux siennes chaudement, ne me quittant pas des yeux, il dit :

« Alors à tout bientôt Katy »

Il remonta dans sa voiture d’époque, le moteur malgré le temps se mit  à vrombir de suite, j’étais fascinée par la beauté du véhicule et le regard de son conducteur….

Je remontai la route pour retourner à ma grille, je repris mon bouquet de baies en mains auquel j’ajoutai les branches rougeoyantes et les fleurs qui m’avaient fait faire ce chemin et cette belle rencontre.

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Participation de Fairywen

Une porte s’est ouverte

Aujourd’hui je vais vous raconter un conte de fées, un vrai conte de fées. À l’origine j’avais prévu d’inventer une nouvelle histoire merveilleuse – si toutefois mes histoires ne sont que des histoires et pas une autre réalité… –, mais samedi, en allant voir mes chevaux à l’écurie, j’ai vu un conte de fées, sous la forme d’un jeune étalon de trait et d’un ânon, ensemble dans le box à côté de celui de mon poney.

Je ne connais pas les détails de leur histoire, juste les grandes lignes. Ils reviennent tous les deux du couloir de la mort. Je ne sais pas pourquoi, je sais juste comment. Une dame s’est retrouvée chez un maquignon, elle a vu le poulain et l’a racheté. Au moment de partir, elle a vu l’ânon et il lui a fait tellement de peine qu’elle l’a acheté aussi, puis elle les a amenés tous les deux dans notre petite écurie.

Ils ne sont pas maigres – normal, ils devaient être vendus pour leur viande –, mais ils sont sales et effrayés. Leurs sabots sont bien trop longs, et l’étalon, bien que jeune, n’a presque plus de dents. Je n’ai pas fait de photos, ils font trop mal au cœur. Samedi, ils se sont laissé amadouer par un bout de pain, l’ânon étant bien plus méfiant que son compagnon. Dimanche, quand je suis retournée à l’écurie, ils étaient dehors et découvraient une merveille : un pré. Je suis restée longtemps avec eux, et si l’ânon est resté prudent, l’étalon a découvert les caresses, et j’ai vu la peur et la tristesse quitter en partie son œil si doux.

 

Je ne sais même pas s’ils ont un nom, mais vendredi 18 mars 2016, une porte s’est ouverte pour eux.

Défi 395 du samedi 19 mars 2016

 

 

 

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