à la fortune du pot (par joye)

à la fortune du pot

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Arc-en-ciel (petitmoulin)


Si on te questionne
Réponds qu'après la pluie
Les couleurs se frôlent
Qu'elles cherchent une place
À égal rapprochement
De leur diversité
Qu'à mots buissonniers
Elles abreuvent la parole
Lavée de tout préjugé
Qu'au cœur même de l'obscur
Où se dressent des murs
Où s'ouvrent des abîmes
Elles ne renoncent pas

Si on te questionne
Réponds si tu le peux
Qu'au cœur même de l'obscur
Tu ne renonces pas

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Crapette le pique-assiette (EnlumériA)

 

Personne ne prenait le temps d’inviter Crapette à sa table. Personne, à vrai dire, n’en voyait l’utilité. Crapette s’invitait tout seul. Il n’avait besoin ni de l’autorisation ni de l’assentiment de qui que ce soit pour s’inviter chez les gens.

Crapette, de son vrai nom Léon Lavergogne – ça ne s’invente pas –, devait son surnom à ce jeu de cartes auquel il s’adonnait volontiers en trichant d’abondance.

Crapette était un échalas de près de deux mètres, sec comme un coup de trique et dégingandé comme un bonhomme en caoutchouc. Été comme hiver, il trimballait sa carcasse dans un imper mastic trop large pour lui, éternellement coiffé d’un chapeau melon autour duquel il avait noué un bandana. Dans le bandana, une plume de canard. Il mâchouillait toujours un cure-dent et s’exprimer comme s’il avait en permanence une douzaine de bubble-gums sous la langue.

Dans la journée, personne ne le voyait jamais ; sauf le dimanche, quand il allait faire son tiercé au Café de la Poste. Le reste du temps, il demeurait cloîtré chez lui. Une ancienne épicerie aménagée avec toilettes dans l’arrière-cour. Il y vivait avec pour seule compagnie un matou miteux mité qui rôdait sous les fenêtres des gens pour réclamer sa pitance moyennant un gros câlin. La bestiole n’avait pas de nom, les gens l’appelait Bouffechidor ; c’était tout. Et il suffisait de prononcer son nom pour qu’il surgisse de nulle part en se pourléchant les babines ; un peu comme son escogriffe de maître à l’heure de l’apéritif vespéral. C’est précisément à cette heure qu’il faisait bon d’éteindre les lumières et de se barricader chez soi. Juste après l’angélus, Crapette sortait de sa tanière, la tignasse en vrac sous son chapeau à plume et l’imperméable flottant au vent.

Campé sur la place de l’église, il humait l’air comme un chien d’arrêt et, après quelques secondes de réflexion, il choisissait sa proie. Vous, moi, monsieur le curé ou la mère Gobemiche. N’importe qui en fait. Crapette aimait tout le monde et personne. Crapette le pique-assiette se moquait même des minima sociaux. Il savait que, quoi qu’il arrive, il trouverait toujours une bonne âme – d’aucuns dirait un pauvre couillon – pour lui chauffer une gamelle et lui servir un verre de rouge.

À peine avait-il mis un pied chez vous, tout gesticulant et bredouillant, qu’il avait déjà glissé ses croquenots sous la table en réclamant une petite goutte de rouquin. Ensuite, il disait comme ça : « Qu’est-ce que ça sent bon chez vous. Vous aurez bien une assiette de soupe, une tranche de jambon à l’os ou un vieux bout de calendos pour un pauvre gars qu’à fait l’Algérie ? Hein ? Dame. À la fortune du pot, comme on dit par chez moi ».

Et vous, vous n’aviez qu’une hâte, c’est qu’il y retourne chez lui. Bon vent ! Camarade. On t’oubliera pas.

J’t’en fiche. À peine avait-il séché son gobelet qu’il en réclamait un autre ; pour l’autre jambe. L’autre jambe ? Tu parles. Dans le village, ces messieurs du Café de la Poste l’avaient surnommé le millepatte. C’est dire.

À la fin du souper, il vous proposait une partie de crapette à la bonne franquette puis finalement se ravisait pour quémander une gouttelette de gnôle. Il buvait cul-sec, poussait une grand haaa de satisfaction et s’en retournait comme il était venu. À cet instant précis, si vous jetiez un coup de d’œil par la fenêtre, vous pouviez presque croire qu’il faisait grand vent. Mais non. C’était juste sa démarche assaisonnée de vin rouge et boostée à la gnôle qui donnait cette impression.

Alors, subitement, vous vous mettiez à ricaner en vous demandant qui sera la prochaine dupe. À la fortune du pot, comme on dit du côté de chez moi. Hein ? Dame.

Évreux, le 18 mars 2016

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Si tu ne fais pô fortune, tu seras riche quand même de tes vagabondages (Joe Krapov)

poudrerie

A la fortune du pot-aux-roses, la lumerotte est allumée. Un vent de vérité est venu en tap-tap. De vigousses chafouins lèvent les coins du tapis. Quelques lanceurs d’alerte complètement fadas fouillent dans les placards, y cherchent des cadavres, ignorant qu’on en vend à la pelle chez le dépanneur le plus proche. C’est trop fort de ristrette ce temps de poudrerie ! Il drache du scandale, en veux-tu en voilà ! Plus aucun champagné ne se sent à l’abri ! Où donc a disparu l’épineuse protection de ces jardins secrets où nous cachions le pire de nos activités sous des pétales embaumants ?

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A la fortune du pot-de-vin j’arrose les notables, je soudoie le chafouin, corromps le champagné. Je joue le dépanneur en larges dessous de table, je fricote à tout va dans l’arrière-cuisine à la lueur des lumerottes, je fais dracher, et dru, les rétro-commissions, je suis à moi tout seul le lobby des ristrettes, il faudrait être fou pour répondre autre chose que noir à la question « What else ? ». Je roule dans la farine et dans mon vieux tap-tap les plus vigousses des enquêteurs du clan sceptique. Magie blanche, illusionnisme, rideau de fumée, poudre aux yeux, coke en stock et poudrerie : tout l’arsenal du marchand d’armes, je le destine à qui s’alarme. Nous avons les moyens de vous faire taire, cimenté six pieds sous terre. Même un sing think tank ne nous fait pas peur.

tap-tap1

A la fortune du pot d’échappement le tap-tap s’en va, peu vigousse, entame un tour du monde magique et mystérieux. Le chauffeur a bu son ristrette, a allumé ses lumerottes, le moteur tourne rond. Tous les fadas du bled sont montés à l’arrière. Pas un seul chafouin dans la bande. On a dévalisé Jojo le dépanneur et mis les victuailles en paniers sur le toit. On se sent plus puissants que le plus riche des champagnés du pays. Le bonheur en poudrerie étincelle sur tous les visages. C’est si bon de quitter le pays de la drache ou celui de la terre qui tremble pour gagner la contrée des rêves éveillés.

dépanneur

A la fortune du polochon volent les plumes du langage, une poudrerie de mots blancs semés au-delà du sommeil par des locuteurs si vigousses que mes oreilles résonnent encore. Il drache des carabistouilles dans les rues de Bruges-la-Morte. La Provence a fourni des félibres fadas, débordants de fadaises : le sous-préfet aux champs, couché dans le chafouin, s’entiche des dentelles du chapeau de Mireille. Aucun dépanneur québécois ne pourra jamais rien pour le tap-tap en panne de Dany Laferrière. Dans ce lit cot-conneux où je coince la bulle, si je suis le rêveur, je n’ai pas pour autant l’âme d’un champagné. Lorsque le réveil sonne, cette statue de sel de la francophonie s’effondre en poudrerie. Je me lève, m’habille et vais me consoler de cette nuit presque blanche en buvant le plus noir des ristrettes.

090426_107

A la fortune du poème j’emprunte un rond de poudrerie, un dollar bien vigousse de rimaille, une armada de billets « vers plus que fadas ». Je lui carotte des lumerottes, je le tape d’un ticket de tap-tap, je lui soustrais de quoi laper une ristrette à la buvette. La poésie n’est pas chafouine, elle se fait un honneur de jouer au dépanneur et s’il drache du rythme, si la musique me soûle et fait danser la foule je serai champagné, serpentin, cotillon, roi vaudou, fou du slam, danseur d’épithalame. Et je rembourserai le poème en liquide. Sur vos têtes étonnées drachera la plus humble et la plus envoûtante de mes forfanteries : assaut de fantaisie, char de corso fleuri, grosses tête en carton-pâte, carnaval de mots choisis, sonnets emplis de confettis, chapelet de krapoveries. Car j’aime, à la fin du poème, qu’il pleuve parfois des saucisses.


P.S. Si vous avez besoin d'un petit lexique pour les dix mots de la francophonie 2016, c'est ici !

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Deux ans déjà par bongopinot

bo

 

Ça fait deux ans que je suis au samedi-défi avec vous

Et j'attends avec impatience le samedi c'est fou

Pour lire, commenter vos billets, c'est un délice

C’est pour moi toutes les semaines comme un feu d’artifice

 

Dans ce décor de vert, de jaune, de rouge, de bleu

Je vous invite à ma table déguster un pot-au-feu

Persil, moutarde, verre de vin et belles pensées

Posés sur une nappe donneront des touches de gaieté

 

Vous recevoir sans cérémonie simplement entre amis

À la bonne franquette, c’est bien lorsqu’on est réunis

Et même si vous venez un jour à l'improviste

Ce sera à la fortune du pot, il n’y a pas lieu d’être égoïste

 

Un couvert peut être ajouté sans problème à toute heure

Pour déguster puis dialoguer sur ton d’humour ou de calembours

En mélangeant le tout on participera à une soirée réussie

Où bonheur, bonne humeur éclatent et jaillissent

 

En chanson, en vers, en mots, dans la douceur de l’instant

Pour oublier un peu les difficultés du temps présent

Des moments d’échange et de partage qui aident et sauvent

Une maison de l'amitié où l'arc-en-ciel et les nuages mauves

 

En petits pots de couleurs s’ouvrent sur un jardin de fleurs

Au milieu de ces parterres colorés, une petite demeure

Ouverte pour qui a besoin de se réchauffer le cœur

Mais, qui n'est visible que par les passionnés et les rêveurs.

 

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Trésor (MAP)

"Dans la mythologie irlandaise on parle du Leprechaun 

-un vieillard barbu roux qui habite

au pied d'un arc-en-ciel

 où il cache un pot ou un chaudron rempli d'or-"

Leprechaun_engraving_1900

Y'aurait-il la même chose en France ????

J'ai voulu en avoir le coeur net et lors d'une balade

à la campagne

quel ne fut pas mon étonnement en découvrant

ceci :

 

Double arc-en-ciel

Je me rapprochai pour mieux lire :

Poteau indicateur

 

C'est donc bien VRAI cette histoire là  !!!!!

Seulement voilà, le temps d'arriver au pied de

l'arc-en-ciel

le "Leprechaun" du coin  ayant fini de compter son or

était parti cacher son pot de l'autre côté de l'arc coloré !!!

Encore un coup d'un lutin de Fairywen sans doute !!!

:-D

 

 

 

 

 

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LE POT DE LA FORTUNE (Alain André)

aa

Mon pote PAUL, nous invite souvent à diner moi et mon épouse,  « à la fortune du pot », dit-il. A  voir le contenu du pot en question, tu te dis qu’il a effectivement dû faire fortune, ça,  on peut dire qu’il a du pot, PAUL !

Il y a des pots brillants et des poternes. 

Il a bossé comme un sourd toute sa vie, du coup, il est devenu sourd comme un pot. L’ORL le lui a bien dit : « Au point ou vous en êtes il est inutile de vous mettre un appareil, apprenez plutôt la langue des signes ! »

 Sacré vieux PAUL, mon pote âgé ! Avec lui, pas question de tourner autour du pot ! Quand il te demande de l’aide,  il faut se magner le popotin ! Et si tu lui caches quelque chose, il découvrira le pot aux roses !

 Mon pote Paul, il serait plutôt potache, un peu soupe au lait ( potage) peut-être ?  Il a tendance à être potomane ! Moi aussi je bois beaucoup d’eau mais uniquement avec le pastis.

Bon, ce n’est pas comme Pierre, il manque de pot Pierre, avec un nom de famille pareil : Il s’appelle PONS !  Pierre PONS !

J’ai rencontré un mec, ICHE il s’appelait.  Mon pote ICHE, ah, celui la ! Plutôt un habitué des salons !

Je me demande parfois  « ou cours-je » : - J’irai ou mes potes iront !

Enfin, pour tout dire, quand on manque de pot, il  faut avoir de bons potes fortunés, des qui sauront te faire la popote ! Mais s’il ne faut pas mettre toute sa fortune (ses sous) dans un même pot, en revanche, on peut faire des bonnes soupes dans des vieux pots de fortune, des vieux pots mais pas pourris !

 ( C’est malheureux, mais ça ne s’est pas vraiment arrangé avec le temps, mes jeux de mots pourris!)

 

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MAAAAP ! (2) (Walrus)

 

Y a pas à tourner autour du pot : j'ai pas bien compris la question !

S'agit-il

J'ai comme un doute et par conséquent, je ferai encore plus bref que d'ordinaire :

 

Je ne dirai rien !

 

 


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Pot à mots (Rêves de plume)

Augustine Michu se lève de sa chaise posée juste derrière le rideau de la fenêtre de la cuisine. Elle change sa blouse pour un gilet brodé et sort.
Depuis l'enterrement du père Henri, que de va et vient dans la maison d'en face. Et voilà que la petite Huguette lui a demandé de passer ... Touche-t-elle au but ?

Elle se souvient du jour où son Ernest était revenu hilare de chez le voisin .
"Sais tu ce que le père Henri m'a raconté ? Il aurait un magot qu'il prétend introuvable ... Ah la bonne blague !"
Mais Augustine l'avait cru et avait commencé à chercher.
Au début, tout avait été facile. Henri était presque aveugle. Il suffisait de mettre un objet hors de sa portée et de faire semblant de le chercher. "Votre Airomir ? Vous avez dû l'oublier dans la chambre, j' y vais "
Augustine avait ainsi fouillé une bonne partie de la maison jusqu'au jour où une aide ménagère , arrivée sur les entrefaits, l'avait appelée du salon. "Ne chercher plus madame Michu, il est sur la table.. il était sous votre nez .."
L'astuce avait fait long feu... "Inutile de chercher voisine, Angèle va arriver !"
Heureusement, elle avait été sollicitée pour la télé assistance de Henri et avait les clés de la maison. En choisissant bien ses horaires , elle avait pu finir l'exploration.. rien !!!!!!!!!!!
Ou plutôt une certitude, le magot ne pouvait être que dans l'inaccessible pot à gros sel au dessus de la porte. Elle avait vu Angèle le déplacer une fois ... Il était très lourd !
Mais comment amener un escabeau ? Elle n'avait jamais eu l'occasion.


Toc toc
" Ah madame Michu entrez !"
Augustine entre dans une maison presque vide avec un petit frisson.
"Oui cela fait drôle, hein ? Mais vous comprenez, nous voulons vendre assez vite, les charges courent ...
Voilà, vous avez été si gentille avec papa que nous souhaitons vous offrir un petit souvenir de sa part. Nous avons pensé à la grande soupière en étain."
Augustine a eu une hésitation. La grande soupière en étain, ce n'est pas rien.
Mais la curiosité et l'espoir l'emportent.
"C'est trop, murmure-t-elle, pour vous dire, ce qui me ferait vraiment plaisir, c'est le pot à gros sel au dessus de la porte, celui avec des roses "
" Comme vous voudrez, répond Huguette, un peu surprise. Je vais vous le descendre."
" Ne prenez pas cette peine, je vais le faire dit Augustine en approchant l'escabeau."
Il est lourd ce pot, très lourd. Mais il est dans les bras d'Augustine, posé contre son coeur.
Quitter la famille de Henri lui a semblé prendre un siècle mais ça y est.
Elle ouvre le pot aux roses .... des soldats de plomb cassés.
Et elle entend Ernest et Henri rigoler dans leur tombe !

 

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