19 septembre 2015

Ont coiffé leur casquette

Flash

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Venise ; Fairywen ; Vegas sur sarthe ; Pascal ;

Électre ; bongopinot ; Emma ; Walrus ; JAK ;

Joe Krapov ; joye ;

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J'avais que ça en tête (par joye)

Messieurs-Dames, bienvenue à la visite de Mon Cerveau. Je serai votre guide pour la visite. Faites attention lors de la visite. Je vous préviens que certains passages seront glissants et d'autres gluants. Nous commencerons par montant la moelle épinière et puis nous ferons le tour du lieu. Et, s'il vous plaît, pas de flash qui peut  provoquer la migraine. Croyez-moi, vous ne voulez pas être là, s’il en arrive une. Êtes-vous prêts ? Très bien, suivez-moi…

…Nous voici au  bulbe rachidien, qui s’appelle aussi le medulla oblongata. Non, madame, ce n’est pas une allusion à Rachida Dati, non. Vous noterez ici beaucoup de petits noyaux impliqués dans un grand nombre de fonctions motrices.  Eh oui, monsieur, certains ressemblent plus à des cacahuètes que des noyaux. Excellente observation qui vaut bien son pesant, monsieur…

Passons ensuite dans le diencéphale. Oui, là-bas, c’est l'hypothalamus. Vous voyez encore beaucoup de petites cacahuètes…euh, pardon…noyaux. Chaque noyau contrôle une fonction essentielle, comme l’éveil, le sommeil, la faim…Oui, c’est vrai, mademoiselle, ces deux dernières parties sont bien plus grandes que les autres ici, sans doute parce qu’il est presque quatre heures de l’après-midi… C’est ici aussi que les hormones sont libérées. Ah, non, monsieur, ce n’est pas comme la libération des ôtages par l’Isil, non, pas exactement. Ah oui, violent parfois, c’est vrai, surtout dans l’adolescence…

Là, c’est le thalamus qui fonctionne de coordinateur des relais entre les deux hémisphères, et au-dessous de nous, se trouve la zona incerta, qui semble jouer un rôle dans plusieurs comportements élémentaires comme la faim, la soif, la défécation et la copulationOh, tu veux savoir ce que sont la défécation et la copulation, ma petite ? Eh bien, après la visite, tu peux demander à ta mamy – oh, ce n’est pas ta mamy, c’est ta maman ? Ah, pardon…Eh bien, oui, madame…je vous en prie, madame…le numéro de mon supérieur ? Oui, oui, je peux vous le fournir à la fin de la visite…Mais je vous en prie, Madame…

Allez, en avançant, vous voyez le cervelet joue un rôle majeur dans les mouvements. Faites bien attention de ne pas vous approcher trop, car l’aire du tectum dirige le mouvement des yeux. Vous risquez de vous faire bousculer très fort si la maîtresse de ces lieux est en train de regarder un match de ping-pong.

Nous allons maintenant nous diriger vers l'hippocampe, lieu encore mal compris en termes de fonction. Pardon ? Non, non, tu ne vois pas d’hippopotame parce que…non, les hippopotames ne font pas de camping et surtout pas au cer…ah, mais là, attention ! Où elle est allée, ta maman ?  Hein ? Elle t’a dit qu’elle allait libérer des hormones avec ton papa et donc, ils sont retournés au zona ?  Oh…non, rien…juste un petit mal au cerveau…Un incident ? Non, non, monsieur, tout ira bien, non, je sais que ton gamin ne donne pas de coups de pied dans le tibia exprès, ah ? c'est un tic nerveux ? Ouille !...non, non, juste un petit bleu, c’est rien du tout…non, pas nécessaire que vous examiniez ma jambe, non, monsieur, non, j'y tiens...

Messieurs-Dames, je suis désolée de devoir vous dire que nous devrons couper à court notre visite.  Merci infiniment de m’avoir suivie, mais je suis obligée de vous demander de retrouver la sortie vous-mêmes. Je tiens à remercier mon copain Wiki qui m'a aidée ave cette présentations, et ..exceptionnellement, je vous prie…non, je vous en supplie… d'oublier le guide. Au revoir et bonne journée !

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Quand c'est flou c'est qu'il y a un loup (Joe Krapov)

 

DDS 368 IMG_1271331028913

Je ne suis pas carrée d’épaules,
Ni Nord, ni Sud, ni magnétiques
Mais je n’ai cure des boussoles
Dans les mondes labyrinthiques.

Je ne suis pas comme la marquise
Chez qui tout brille, tout étincelle,
Qui sort de chez elle à cinq heures
Ni comme le petit Marcel.
Ca me laisse comme la banquise
Qu’ il se couche ou pas de bonne heure.

DDS 368 1532828-7

A l’insomnie seul dans sa turne,
Aux sympathies pour le dais vil
Dont je ne suis que peu friande
Je préfère la vie nocturne,
Le dédale des rues des villes
La marche des guides gourmandes.

Rennes a été mon territoire
Et d’avoir été la première
A explorer ses décalages
Ne me rend pas pour ça plus fière ;
Cela n’a rien de méritoire :
J’ai toujours aimé les voyages.

DDS 368 Théodore_Chassériau_003

Si je ne suis pas Parisienne
Est-ce que cela gêne ? Ou peine ?
Car j’ai au Louvre deux conseurs
- Nous sommes, en vérité, cousines,
Chère Adèle et très douce Aline ! -
Et j’ai travaillé des années
Dans un musée dont je connais
Les coins et les recoins par cœur.

Il faut une tenue spéciale ?
Je n’ suis pas la femme aux bijoux
Mais j’aime assez à en porter.
J’adore le camée ovale,
Le rose est un atout en tout
Et j'apprécie fort l’églantier.

DDS 368 Yin Xin -chasseriau_les deux seours , 2002, (130x97cm) - copie

J’ai même voyagé dans le Temps,
Traversé des siècles d’histoire
Quand j’étais universitaire
Pour aller…

***

- Je vous arrête tout de suite, Mademoiselle Chassériau. J’ai l’impression que nous avons un malentendu sur le sens du mot « visite ».
- Vous ne cherchez pas une guide touristique ?
- Pas vraiment. Il s’agit en fait de faire une livraison de galettes et de pots de beurre à une dame qui habite une maison abandonnée à l’autre bout de la forêt. Une ancienne fée en fauteuil roulant. Si cette situation vous intéresse, il faudra que vous endossiez le costume rouge de notre compagnie. Le job consiste à rendre visite à une mère-grand.

DDS 368 clindoeil - Copie

Isaure Chassériau a été tellement estomaquée par ce quiproquo qu’elle est retournée vivre dans son tableau d’où, peut-être, elle n’aurait jamais dû sortir.

DDS 368 isauredisparait2 - Copie

 

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Participation de JAK

Curriculum vitæ

 de 

 Jak Jarjille

Rue des égarées

st Jean de Kukulle

 

http://melimelojarjille.canalblog.com/

 

 

Objectifs

 En dire plus qu’il n’en faut sur ce que vous ne devez surtout pas savoir

Cursus

Parcours du combattant autodidacte

 Tellement de choses que vous en seriez époustouflés  inénarrables sur le net

Expérience

Presque nulle, surtout rêveuse  et procrastinée

Compétences

 Plein en surabondance   j’ai fait le plein de la plénitude

 

--------------

 

 

 

Ma lettre de motivation  

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St jean de Kukule  18 9 2015

à

Mossieur  le dirlo  Walrus

De chez sam’défi

 

Je vous adresse ma candidature pour le poste que vous recherchez, car je pense que je vous deviendrai vite indispensable.

J’ai mis ci-dessus tout ce qui me concerne, et je tiens à vous signaler que j’ai en sus une belle casquette, cela vous évitera des frais supplémentaires pour fournitures à votre personnel.

J’ose espérer que vous me  lirez  avec toute l’attention bienveillante   qui vous est coutumière, et que vous aurez l’aimable amabilité de me prendre à l’essai.

Votre future dévouée guide de la visite

J@k

 

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Vocation (Walrus)

Sur la rive droite de la Loire (à la limite de l'Afrique donc),

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dans un petit bourg calme,

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il était guide au chäteau.

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Il l'était depuis bien des années, si bien qu'en ces lieux, plus rien n'avait de secret pour lui.

Il connaissait le moindre détail sur tout :

tapisseries,

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peintures,

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statues,

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meubles,

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carrelages,

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conduits de cheminées,

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escaliers dérobés ou non,

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ruines au fond du parc,

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Rien ne lui échappait, rien !

Ni la profondeur jusqu'à laquelle plongeait le tuyau de la pompe,

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ni même le nombre des mailles du treillis qui empêchait de se pencher aux meurtrières des tours.

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Avec les années, sa réputation avait grandi au point qu'on le citait dans les brochures touristiques et qu'on venait d'un peu partout pour assister à ses visites. Même Walrus, pourtant branché kilomètres et moyenne horaire, avait fait un crochet sur sa route vers l'Algarve pour venir voir ça, c'est vous dire !

Puis, un beau jour, comme pour beaucoup de stars, le succès lui est monté à la tête, que dis-je, au turban !

On l'a retrouvé accroché à la décoration faîtière de la grosse tour ronde,

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il criait à la foule ébahie "Je suis le guide suprême, l'Ayatollah des châteaux de la Loire !"

Les pompiers étant impuissants en raison de la hauteur, il a fallu que la brigade spéciale d'intervention le neutralise, l'hélitreuille et le ramène au sol.

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Après cet exploit, il a été interné mais a réussi à s'enfuir. Aux dernières nouvelles, il sévirait dans une mosquée clandestine de Molenbeek-Saint-Jean.

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N'oubliez pas le guide, s'il vous plait (Emma)


- Nous arrivons dans la partie la plus moderne du château  Braunschild. Attention à la marche. Pas de photo s'il vous plait.

La salle Karlsberg, dite aussi "la salle ronde", a été la pièce à boire au 16e siècle, puis le boudoir des plaisirs de la comtesse Marguerite, plus connue sous le nom de "Margot la sanglante".
Entièrement restaurée il y a quelques années par Caroline de Braunschild, actuelle propriétaire du château, et  épouse du précédent ministre de la culture,  elle est dédiée cet été  à l'exposition des œuvres de son neveu Charles Markus Emmanuel von Karlsberg, qui signe "Aegnor".
Aegnor  est  un artiste météore, qui voua seulement quatre  mois de sa vie à la peinture, avant de fonder le  groupe  de rap tubulaire  "glauque néant".
On se prend à rêver aux œuvres picturales  qu'il aurait pu encore donner à l'humanité, si une cure de désintoxication n'avait tué dans l'œuf son inspiration.
Hélas, il laisse seulement quatre tableaux.
Mais quels tableaux !!!!

- En effet, Monsieur, on ne voit rien.
- Comment Madame, vous êtes claustrophobe ? Laissez-moi vous guider vers la sortie.
Non Madame, je ne profite pas de l'obscurité.

-Marcel, c'est quand tu veux pour le  projo !

Je perçois votre surprise : le mur est nu, et noir. Conformément au vœu de l'artiste, les  œuvres sont accrochées au plafond, vous pouvez donc vous installer dans les transats que je désigne avec ma torche.
Tout le monde est allongé ? Bien.
Cette scénographie voulue par Karlsberg symbolise l'art planant au-dessus du vide de nos existences.
Ce n'est pas la seule originalité de l'artiste : de même que la salle est ronde, vous pouvez constater qu'aucun de ces tableaux n'est rectangulaire, Karlsberg haïssait les angles.
Au centre, l'œuvre majeure de l'artiste : "la petite baigneuse". Il s'agit d'un anneau d'un diamètre de 2 mètres, entièrement vert sombre, le célèbre "vert Karlsberg".
Entièrement vert sombre croyez- vous ?  Regardez bien, il y a un tout petit point blanc.

- Marcel, plus haut, le projo !

Il s'agit d'une amibe. La petite baigneuse est en fait notre ancêtre, la petite baigneuse des origines de la vie, qui flotte dans l'océan primordial dont la forme en anneau figure le temps, d'un temps qui n'aurait  ni début ni fin. Notons qu'à l'époque l'artiste se proclamait "seigneur des anneaux".
D'une toute autre facture est le tableau qui fait suite au précédent dans la chronologie de l'œuvre. Il s'agit de "la fugue du violon" que vous avez peut-être du mal à distinguer, il est évident qu'un  violon qui a  fugué n'est de facto plus visible.
 Ne reste que son étui que vous ne pouvez pas voir non plus, puisqu'il se trouve au fond du puits où il s'est jeté par désespoir ;  mais le puits est nettement évoqué par sa margelle.

- Marcel, redresse !

Ce petit cercle argenté d'environ dix centimètres est en effet la margelle du puits où repose pour l'éternité l'étui du violon.
Les plus grands psychanalystes se sont penchés sur cette œuvre dérangeante. Dans le numéro spécial de "Gala" consacré aux artistes à particule, Gérard Miller croit en trouver la racine dans l'horreur que Charles Markus Emmanuel conçut enfant pour  la décoration de sa chambre. Il s'agissait de tableaux de Chagall dont les  violonistes hantèrent longtemps ses cauchemars.
"Ecarlate", que le projecteur illumine maintenant, est encore plus énigmatique. Les replis de ce gigantesque boudin rouge peuvent tout aussi bien évoquer une flaque de sang, ou des boyaux, qu'un fantasme de bouche siliconée.
Hélas, Gérard Miller n'est pas encore parvenu à  la période rouge de Karlsberg.
Le dernier tableau exprime toute la violence de  la fin de la courte carrière de l'artiste : JAMAIS PLUS. Il s'agit d'une page de son agenda écrite au crayon bille bleu, marouflée sur assiette en bois de la forêt noire. L'émotion à l'état pur.

Je vous laisse savourer encore quelques minutes avant de rallumer la lumière ; après  quoi vous pourrez parcourir librement la  roseraie et le jardin de simples.
N'oubliez pas le guide s'il vous plait."

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Suivez le guide par bongopinot

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Allez ! Venez amis défiants venez

Suivez mes pas à travers la ville

Un endroit atypique mais pas hostile

Faites-moi confiance, laissez-vous guider

 

 Préparez vos jambes car ici mes amis

Rien n’est plat et une multitude d’escaliers,

Envahissent ce lieu pour y voir un paysage à tomber

On y va, allez emboitez-moi le pas, c’est parti

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 On arrive tout d’abord sur la place du marché

Regardez sur votre gauche une belle fontaine

Ce petit village à l’ambiance paisible et sereine

Nous fait découvrir tous ses passages voûtés

 

 Une balade agréable comme éloignée de toute agitation

Ses escaliers tortueux, la beauté de ses vieilles maisons

Les vestiges de ses remparts et son vieux pont

Tout est réuni pour décupler notre imagination

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 Et marche après marche escaliers après escaliers

On débouche à l’entrée d’un majestueux sentier

Émerveillez-vous devant ce trésor de nature boisé

Nous voilà arrivés enfin à la mer des rochers

 

 Profitez de la vue féerique un chaos de calcaire

Façonné par le temps par le vent par la pluie

Ces géants de pierres fantastiques et inouïes

Un  paysage qui pourrait  sembler "lunaire"

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  Voilà chers amis défiants maintenant la visite est finie

Il y a bien d’autres choses encore à découvrir

Dans ce village médiéval où il fait bon vivre

Des spectacles, des expositions, des galeries

 

 J'espère que la visite vous a plu

Pour moi ce fut quelques jours de rêve

Dans ce petit coin du Gard appelé Sauve

Où l'on ne trouve que l'essentiel le reste étant superflu

 

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Participation d'Électre

- Un guide pour la visite ? Oui, c'est bien ici... Vous voulez le poste ? Dites-moi quelles sont vos compétences. Sérieux - oui, enfin, non, est-ce vraiment une qualité ? Vous voyez, pour une visite de ce genre, ce n'est pas sûr que... enfin nous verrons bien, je note, continuez. ... Vous parlez ? Oui, nous l'espérons, encore que... Bien ? C'est encore mieux, mais qu'entendez-vous par bien ? Ah, je vois... oui, c'est une vision des choses... poursuivons, si vous le voulez bien, nous verrons. ... Vous mettez les gens à l'aise. Oui, pourquoi pas. Mais vous savez, étant donné le genre de visite... ce n'est pas nécessaire de... enfin, pas trop, un peu naturellement, mais pas excessivement, c'est comme le sérieux, point trop n'en faut... vous avez des références, dites-vous ? Oui, c'est intéressant... ah, c'est original... dites-donc, on voit que vous avez de l'expérience... mais l'expérience n'est pas, enfin, voyez-vous, pas ce que nous recherchons en priorité, même si naturellement... point trop n'en faut... naturellement si vous étiez sans aucune expérience... encore que... la fraîcheur, parfois... trop d'expérience, surtout si vous me dites que vous êtes sérieux... oui, j'entends, pas sérieux-sérieux, mais enfin sérieux tout de même... oui... vous viendriez étudier le bâtiment toute une semaine ? Vous savez, nous avons de la documentation, on ne vous demande pas de... vous ne voudriez tout de même pas... non, je n'insinue rien, mais voyez-vous... non, je n'ai pas peur que vous veniez, mais c'est-à-dire, vous ne pourriez pas non plus... mais si vous y tenez, et à condition que cela soit fait en dehors de vos heures de travail... oui, nous avons un historien, votre rôle à vous serait un peu différent, voyez-vous... une semaine, de toute façon, ça ne sera pas possible, nous avons besoin d'un guide avant... écoutez, je ne pense pas que vous fassiez l'affaire... mais si vous insistez, venez demain pour un essai... comment ? comme vous le seriez le jour dit. Si, c'est important, ils ne sont pas aveugles tout de même ! Non, vous ne serez pas le seul... nous choisirons la personne qui nous convaincra lors de l'essai... à demain. L'employé raccrocha le téléphone et soupira à destination de son collègue du bureau d'à côté: - Mais pourquoi ne lisent-ils jamais l'annonce jusqu'au bout ? - Peut-être que c'est écrit trop petit ? - Oui, je sais, mais ça me permet de vérifier qu'en plus ils ne soient pas aveugles... et puis, au moins, ils téléphonent... - Tu es sûr que tu n'aurais pas des réponses plus pertinentes s'ils le savaient déjà ? - C'est que je n'ose pas... je ne voudrais pas que mes collègues se moquent... - Oui mais ça t'éviterait les coups de téléphones de ce genre, comme la scoute de l'autre jour... - Guide, pas scoute, guide, c'est le féminin. - Oui, enfin tu me comprends: on a quand même besoin de quelqu'un pour dimanche... tu sais bien que tôt ou tard la fille va le laisser s'enfuir, s'il n'est plus là, que fait-on ? C'est qu'il faudra attendre au moins une semaine ou deux qu'il en rentre un autre... - On devrait peut-être changer la fille ? - Tu rigoles, c'est la fille du patron ! Tu penses s'il serait d'accord ! - C'est quand même tous les mois pareil... le bourreau ne sait plus quoi faire de ses cordes, il en avait commandé pour toute l'année et la petite lui sape le boulot... - Eh, qu'est-ce que tu veux, son père lui passe tout... et puis ils promettent, tous, alors le père se dit qu'il y en a un qui finira par revenir... elle s'attache si facilement... elle ne veut entendre parler de personne d'autre... et son père, que veux-tu, il voudrait faire son bonheur, c'est bien normal après tout... - Y a bien le Jeannot qui soupire après... - On dit qu'il va finir par se faire attraper rien que pour qu'elle le regarde... mais c'est qu'il faut quand même faire quelque chose de gros, alors ça pèse sur la conscience... - Oh, de gros, voler des pommes ou du pain ça suffit presque, tout dépend de l'entregent du commerçant... si le Jeannot s'arrangeait avec le père... - Oui, mais c'est risqué, s'il ne lui plaît pas ? J'aimerais pas trop laisser mon cou entre les cordes à Jojo, surtout qu'il chôme depuis un moment que ça doit lui démanger... - Enfin, c'est encore pas celui-là qui conviendra. Drôle de job quand même, hein ? Mais depuis que les bâtiments nationaux doivent proposer des visites ludiques pour le grand public adaptées aux handicapés... - Eh, que veux-tu, c'est bien normal, non ? - Oui, je sais, mais on aurait pu faire plusieurs visites différentes, plutôt que de tout regrouper en une seule... - Ah ça, le patron... Les deux employés se replongèrent dans leurs dossiers. Sur le bureau du premier on pouvait lire le papillon de l'annonce, qui comportait en grosses lettres la mention

RECHERCHE GUIDE

suivie de la précision

S'ADRESSER AU BUREAU DE LA PRISON DE NANTES

en plissant les yeux, on pouvait lire tout en bas de la feuille, en caractères assez petits

VISITE TRAGI-COMIQUE DANSÉE À DESTINATION DES SOURDS-MUETS

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Le Musée de la Chaussure (Pascal)


« Entrez, entrez, mesdames et messieurs ! Merci d’essuyer vos pieds !... Venez visiter le musée de la Chaussure de Romans ! Venez découvrir les ustensiles d’antan, les parfums de peausserie, les formes, les plans ! Dans nos rivières, la Martinette, la Savasse, sans relâche, on tannait le cuir pour alimenter nos grandes usines de godasses !

Mesdames et messieurs, je suis la bonne pointure pour vous guider dans ce glorieux passé et, de moi, vous ne pourrez plus vous lasser !... De la semelle jusqu’aux œillets, de l’empeigne jusqu’au talon, de la trépointe jusqu’aux coutures, vous saurez tout de nos chaussures ! Hé oui, madame ; tel que vous me voyez, j’ai passé quarante ans comme ouvrier chez Jourdan. Si j’avais porté toutes les chaussures qui sont passées entre mes mains… Devant nos établis, on languissait tous la fin de la semelle, non… la fin de la semaine. Excusez, déformation professionnelle…

Mesdames et messieurs, admirez les outils ! Les alênes, les cardes, les marteaux à battre ! Appréciez cet assortiment de brosses à reluire ainsi que sa palette de boîtes de cirage ! Ici, nous avons les sabots d’Hélène, encore tout crottés ; on dit qu’elle est passée par la Lorraine. Là, regardez sur cette étagère ! Une paire de bottes de sept lieues commandée par Charles Perrault lui-même ! Ici, des escarpins jusqu’aux souliers vernis : c’est la commande d’un cul de jatte qui nous est restée sur les bras. A la grande époque, nous avons même chaussé tous les enfants des colonies de vacances de la région ! Encore aujourd’hui, si vous passez par Sainte-Eulalie, les échos des grands goulets du Vercors vous raconteront joyeusement leurs : « Un kilomètre à pied, ça use, ça use, un kilomètre à pied, ça use nos souliers… Deux kilomètres à pied… » C’était nos petits essayeurs !...

Ne vous bousculez pas ! Tout le monde trouvera chaussure à son pied ! Ici, nous avons toute une collection de trous dans les chaussures et, de ce côté, c’est la symphonie des semelles en bois ! Vous pouvez admirer, pêle-mêle, la mule du pape Pie VI, une chaussure de verre, les baskets de Noah quand il a gagné Rolland Garros, les Moon boots de Killy, les sandales de l’Abbé Pierre, les chaussures à crampons de Jean-Pierre Rives, les talons aiguilles de Marilyn quand elle a chanté : « Happy Birthday, my président » à Kennedy. Le musée de Westminster nous a prêté la paire de chaussures du prince Charles, celle d’apparat, quand il reçoit en grande pompe. Là, nous avons des chaussons de Brad Pitt, des souliers bicolores signés Coco Chanel, une ballerine de danseur étoile, oui, Noureev. Ici, tout un stock de semelles qu’on pensait ne pas mettre à l’étalage, des Converse concaves, des Clark convexes, les santiags de Clint Eastwood, les terriblement usagées chaussures de sport de Forrest Gump, les espadrilles en couleur de BB quand elle a joué : « Et Dieu créa la femme ». Et là, voyez les babouches d’Aladin, les tongs du Dalaï Lama, les claquettes de Fred Astaire, les mocassins du dernier des Mohicans, les galoches de Gavroche, les spartiates de Ben-Hur, les John Lobb de James Bond !...

Ici, nous avons des souliers de héros, des groles de pénitent, des brodequins de soldat, des chaussures à bascule, des petits souliers de timide, des squelettes de plage, des croquenots de croque-notes, des ribouis de bandit. Là, des chaussures d’enterrement ; on les appelle aussi des pompes funèbres… Ho, mais aux gargouillis de vos ventres, je sens que vous avez l’estomac dans les talons ! Allez donc déjeuner, en face, chez l’Ami Tatane ! Sa femme est charentaise ! Je vous recommande ses pâtes au gaz, ses pieds paquets et ses chaussons aux pommes ! Bon appétit !...

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Le fil d'Ariane (Vegas sur sarthe)


L'autre jour je décide d'aller visiter les Catacombes dont l'entrée était signalée par un panneau “Visite guidée”, le dépliant promettait un voyage hors du temps et justement j'en avais à revendre.
J'avise un préposé - légitimement le cul préposé sur un tabouret - et lui demande où se trouve le guide.
Il me répond “Cest moi”.
Je lui demande à quelle heure est la prochaine visite et il me répond “C'est commencé”.
Je m'excuse de l'interrompre, je lui demande s'il compte faire la visite assis et il me répond: “Je reste assis parce que j'ai été formé au Père Lachaise... mais vous pouvez utiliser un audioguide”.
Je lui demande ce qu'est un audioguide, il me montre un truc en disant “Voilà c'est ça, c'est un baladeur”.
Je lui répond que je ne veux pas me balader mais vraiment visiter, il me tend malgré tout le baladeur et ajoute: “Surtout, mettez bien le casque!”
Je réalise que les plafonds doivent être très bas et lui demande s'ils sont assurés en cas d'accident, il se contente de me tendre une carte.
Je lui demande si c'est l'attestation d'assurance, il me répond: “Non, c'est une carte de visite attestant que je fais des visites”.
En effet, sur la carte de visite il est écrit : Eugène Duroutard, guide-conférencier, spécialiste outre-tombe.

Ainsi c'est lui, le fameux guide Duroutard?
Je m'équipe du baladeur et du casque mais rien ne se passe, ce que je fais remarquer à celui que j'appellerai Eugène - les Catacombes créent une étonnante intimité - et il me répond: “Il faut vous brancher sur un fil”
En effet, de longs fils relient les baladeurs de mes voisins qui s'éloignent dans la galerie comme une toile d'araignée géante...
Incrédule je branche le mien, Eugène me dit, goguenard:”Vous connaissez le fil d'Ariane? Et ben c'est pareil, vous êtes filoguidé. Personne ne se perd si personne ne perd le fil de la visite”
J'hésite à demander si le fil est assez long mais voilà que ça cause dans mon casque... en italien!
Je signale à Eugène que je ne connais guère que è pericoloso sporgersi et O sole mio, il me répond:”Ca ne va pas vous aider ici, faites donc la visite radioguidée... sans fil”
Je ne demande pas mieux pourvu que ça parle français. On est quand même chez Louis XVI!
Il me présente l'engin et dit, très fier:” C'est le dernier cri... celui qui est équipé d'un GPS”
L'expression “dernier cri” ne me rassure pas, surtout dans ce lieu macabre mais j'applaudis à l'idée d'être géolocalisable par GPS.
Il me répond:”Le GPS c'est pour Guide Person Search, ça permet juste au visiteur de localiser le guide”
Je lui fais remarquer que je sais parfaitement que le guide est sur un tabouret et qu'il n'en bougera pas mais il répond que j'aurai un autre discours quand je serai perdu au fond d'un boyau.

Je lui rend son machin dernier cri et lui demande à tout hasard s'il y a quelque chose de mieux que le radioguidage.
Eugène a un sourire radieux et me désigne une sorte d'engin volant qui stationne au-dessus de nos têtes :”Ca c'est le dronoguide, la visite guidée par drone!”
Je demande si c'est fiable et il me répond, indigné:”Si ça a marché au Kosovo, pourquoi ça ne marcherait pas ici?” et il ajoute “à cent euros la demi-heure, y a pas mieux”.

J'ai visité les Catacombes sur le site officiel de la Ville de Paris, j'ai parcouru les deux kilomètres en trois minutes et deux clics de souris... et j'ai oublié le guide, s'il vous plait!

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