05 septembre 2015

Ont joué à tire lyre

Flash

366

Laura ; Venise ; Fairywen ; Walrus ; Lorraine ;

Vegas sur sarthe ; EnlumériA ; Pascal ; joye ;

bongopinot ; Joe Krapov ;

 

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Valeur refuge (Joe Krapov)

Un serpent monétaire
A mordu Eurydice
Au talon de son chèque.

Orphée, petit porteur
D’une lyre élastique
Aux cordes en lacets
- C’est Rimbaud, trafiquant
De semelles et de vent
Qui les lui a offertes –
Descend pour présenter
Sa requête aux Enfers :
Il s’en va, comme on dit,
Se faire voir chez les Grecs.

Charon_by_Patenier

- Pour passer par ici,
Homme, il te faut payer !
Lui a lancé Caron
Sur la rive du Styx
En lui montrant sa barque
Usée par les années.
Pour le prix, c’est cent marks.

- Peut-on payer en lyre
Quand on vient d’Italie... ?

- Ici c’est un pays
De la zone « héros » !

- ...Ou faut-il convertir
Sa douleur en dollars,
en billets ou en vers,
En faire opéra-rock ?

DDS 366 orphee-le-plus-celebre-musicien-de-la-grece-antique-accompagne-de-sa-lyre_13173_w460

Silence dans l’errant.

Orphée saisit son plectre
Et frappe l’instrument
Et alors, plus va l’ut,
Plus la magie opère :
L’eau du fleuve s’écarte,
Il passe, soutenu
Par Charon un peu stone :

La musique adoucit
Les moeurs de tout passeur…

…A condition de n’être pas
Sur notre planète aujourd’hui

La descente aux Enfers
Continue chaque jour.

Ami(e)s, veillez sur vos amours !

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Une fête médiévale par bongopinot

bo01

 

Au loin un grand métier à tisser

Des étoffes et tapis joliment décorés

Il se prépare une fête médiévale

Sous un chaleureux soleil estival

 

 Assis sur une chaise il accorde sa lyre

Dans mes mains un livre que j'admire

Les sons de l’instrument arrivent à mes oreilles

Je m’évade entre ses notes et les mots d’un recueil

 

 Ce drôle d'instrument de musique à cordes pincées

Et connu depuis la nuit des temps, depuis l’antiquité,

Symbole de l'inspiration et du talent poétique

Avec ses notes si vite envolées, magnifiques et magiques

 

 Et ce Livre décrivant joliment le moyen âge

Et je tourne doucement et en rythme les pages

J’entends déjà troubadours, ménestrels, et jongleurs

Au dehors un spectacle de rues, grand seigneur 

 

Le riche passé historique de la Normandie

Pour partager un moment inoubliable et inouï

Le temps d'un week-end, une fête conviviale

Tout y est pour revivre l'époque médiévale.

 

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Kithara (par joye)

M57 est parmi les objets les plus connus du catalogue Messier. – Wikipedia

lyre

Appelez-moi M57, je vous expliquerai pourquoi.

Je pourrais vous parler des étoiles, mais je ne suis pas assez brillante.

Je pourrais vous parler de la musique, mais je n’ai pas assez noté.

Je pourrais vous expliquer pourquoi le gars sur la photo de la consigne est tout authentique, sauf pour son Samsung qu’on voit juste derrière lui sur la table, mais ce serait méchant et cynique, et aujourd’hui, je n’ai pas envie d’être méchante.

Non, aujourd’hui, j’ai envie de parler de tout sauf de cette image.

J’ai envie de parler des claques et des tracteurs et des cadavres des gamins cruellement rejetés sur la plage.

J’ai envie de parler des flots sur l’océan, des flots d’individus désespérés. Je veux parler des continents de plastique qui se trouvent sur la surface de l'eau, des continents où personne ne peut vivre mais où toute personne a vécu. J’ai envie de parler des montagnes disparues sous les pieds des hommes. Mais c’est trop triste. Peut-être quelqu’un d’autre pourrait-il en tisser de beaux vers fleuris, beaux comme des tapis, parsemés de l’espoir des rires. Pas moi.

J’ai envie de parler de la pluie et du beau temps. Tiens. L’automne arrive, doré. C’est la saison la plus épatante, la plus philosophique, la plus sage. L’automne ne nous ment pas, comme nous fait le printemps. Il ne nous punit pas, ne nous fiche pas de gelures et de brûlures comme font l’hiver et l’été. L’automne nous berce si nous le lui permettons. Et si l’on s’endort dans ses bras, on peut dormir pendant les mois  et les mois de neige et de glace, afin de se réveiller juste avant l’arrivée du printemps avec ses petites duplicités qu’on apprend à pardonner.

Mais aujourd’hui, je ne dors pas. Je ne pardonne pas, et je ne demande pas à être pardonnée.

Aujourd’hui, je veux rire et pleurer, parler et me taire. Je veux aimer et haïr, comme bon il me semble.

Aujourd’hui, je veux marcher, trébucher, tomber, me relever, et marcher encore en rêvant.

En fait, aujourd’hui, le monde entier vient vivre dans ma tête, tout sauf l’homme sur cette image, habillé comme au passé, avec son instrument et son smartphone.

Appelez-moi donc M-57,  car aujourd'hui, je suis bien la nébuleuse de la Lyre.

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La leçon de Musique (Pascal)


« Plus doux, les doigts, plus doux !... Jouer sur un instrument de musique, c’est comme prodiguer une caresse voluptueuse sur un corps de femme. C’est un frisson d’harmonie ineffable, un drame lyrique ; chacune des vibrations enfantées doit être un soupir séraphique, une transpiration équivoque, une collusion amoureuse, un murmure d’amants aux frôlements prometteurs. Ces mêmes vibrations doivent vous emporter sur un flot de sensations euphoriques. Soyez velours, larmes de troubadour…

Echangez avec votre instrument ; vous devez lui faire l’Amour, tel vous aimeriez tant  qu’on vous chérisse. Comme un écho charnel, c’est à cette seule initiative qu’il vous rendra le plaisir que vous lui apportez. Serrez votre instrument comme vous enlaceriez l’être aimé ; faites corps avec lui. Accaparez-vous de son encombrement, de ses formes, de sa chaleur, apportez la vôtre en échange communicant. Admettez l’instrument comme la partie la plus sensuelle de vous-même, une protubérance heureuse, l’arme jouissive de vos sensations les plus secrètes…  

Donnez-vous corps et âme à l’ouverture de la magie mélodieuse. Confessez-vous ; laissez-vous emporter par vos sentiments, chavirez, pleurez, riez, muez en philanthrope. Accordez-vous à la partition ; laissez-vous pénétrer par ces intenses fastes musiciens. Pendant ce temps d’accointance, défaites-vous du masque de la rigidité, des convenances, des préjugés et des ordonnances. Laissez libre cours à votre imagination ; osez l’Apothéose…  

Au diable, la technique indolore et ses confiteor de métronome ! Elle n’est pas la partie intime de l’Art. Elle est rationnelle et l’Art ne se nourrit pas de cette rigueur de gamme. L’Art s’improvise au toucher propice. La Musique, c’est un des plus beaux reflets de l’âme et chacun de ses instruments est une flèche tirée dans notre cœur. Dièses, bémols, soupirs, vous possédez entre les doigts toutes les émotions de votre lyre : dorénavant, elles seront les vôtres…  

Entendez-vous toquer cette clandestine sarabande effrénée à l’entrée de vos perceptions bouleversées ? Sentez-vous les parfums capiteux de ses effluves boisés ? L’entendez-vous soupirer ses notes déclinées ? Soyez séduit. Ça y est : vous êtes en Harmonie. Vous êtes un Tout, ensemble et unique ; vous êtes irrésistible, ultime, puissant et humble à la fois. Là, vous êtes dans le saint des saints du Merveilleux, tout à la fois instrument et musicien, prince et valet, amphitryon et convive, au banquet du Divin. Vous touchez le Ciel, vous tutoyez ses anges, vous frôlez ses étoiles, vous organisez ses nuages en un tumulte silencieux aux seuls caprices de vos dévotions musicales. L’Unisson est solitaire et grandiose ; il est le cerf-volant au vent de votre Mélodie, mais vous avez le pouvoir d’en tirer les ficelles en caressant les cordes de votre instrument…  
La Musique est en vous ; votre lyre n’est là que pour traduire vos plus intimes dissertations. Vous envisagez le Paradis, vous en voyez ses dimensions lumineuses. Subissez l’envoûtement magistral, mais gardez-en la maîtrise. Là, pendant l’office de la Félicité, offrez aux autres ce que vous aimeriez qu’on vous propose. C’est le secret du virtuose ; le maestro est et restera l’enfant prodigue de sa partition. D’un modeste concerto, d’un vague tempo, d’une noire, d’une blanche, il ne tient qu’a lui d’en créer des champs multicolores. Il est le dévoué peintre de la Musique. Plus qu’un récital, donnez à votre spectacle, donnez à votre opus, toute sa valeur sentimentale. Un instant, un instant seulement, vous verrez votre âme libérée, planant dans l’Extase, enfin à l’unisson de tous vos efforts récompensés…  
Donnez de l’amplitude, de la démesure, de l’ambition, à vos sensations intenables ; libérez-les de l’oppressante réalité, évoluez enfin dans la dimension subliminale, la tourmente euphorique, la songerie passionnelle…  

Maintenant, accordé entre le sol et le Ciel, considérez vos sens exacerbés, cette forme inouïe d’extase idyllique, comme le prolongement naturel de votre être. Oui, fermez les yeux, vous entendrez mieux… Plus doux, les doigts, plus doux… »

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Arpège mortel (EnlumériA)

J’étais perdu. Cela ne faisait aucun doute. Depuis combien de temps ? Quelques heures, quelques jours, quelle importance ? La soif ne me tenaillait pas trop, je me désaltérais dans des flaques ici et là. Je me nourrissais de baies sans trop savoir lesquelles choisir. Pour l’instant, mes intestins me laissaient en paix. C’était bon signe.

Cette forêt paraissait insondable, éternelle. Déjà, j’avais du mal à me souvenir des circonstances qui m’avaient poussé à me précipiter dans ce traquenard. Les hommes du duc étaient à mes trousses. Tout ça pour un pitoyable lapin cueilli au collet, croyez-vous ? Non, j’étais luthier de mon état, pas braconnier. J’ai juste été un peu trop soucieux de la beauté de la duchesse. Et cette vieille fripouille de duc ne supportait pas d’être cocue, même en rêve. Bref ! J’étais maudit pour un simple regard. Ma seule faute avait été d’offrir un luth à une noble dame.

Il régnait dans ces bois un silence étrange, inopportun. D’habitude, la forêt bruisse d’un millier de vies. Mais depuis quelques heures, je n’entendais plus que le bruit de mes pas. Je ne percevais même plus les aboiements lointains des chiens, de robustes lévriers irlandais, chasseurs de loup.

Je pris le temps de m’asseoir sur une souche, histoire de faire le point. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Il commençait à faire froid. Un lourd pressentiment me taraudait la poitrine. Je poussai un profond soupir en décidant que, par la barbe de Satan, ce ne serait pas le dernier. Il y eut comme un frémissement dans les frondaisons. Une sorte de gémissement ténu comme la respiration d’un poitrinaire. Au loin, un engoulevent poussa son chant lugubre. Je tendis l’oreille. Était-ce mon imagination ? J’entendais les lointains arpèges d’un luth.

Je me levai et je me faufilai à travers les taillis en direction de la musique. Je crapahutais comme ça quelques centaines de pas lorsque je distinguai une lueur jaunâtre un peu plus loin.

Je débouchai sur une clairière assez bien entretenue. De l’autre côté, je vis une petite estrade éclairée par des flambeaux. Un ménestrel accordait son instrument en marmonnant. À côté, un lapin embroché cuisait sur des braises. Une mule paissait tranquillement. Rien d’autre.

J’approchai lentement. Je ne comprenais pas vraiment cette mise en scène. J’interpelai le luthiste qui continuait de s’accorder sans prendre garde à ma présence. Sur les braises, le lapin commençait à sentir le brûlé.

Comme l’homme paraissait sourd à mes paroles, je haussai le ton, le blasphème au bord des lèvres. Derrière moi, il y eu un piétinement. Le luthiste jeta sur moi un regard absent. C’est seulement à cet instant que je reconnus l’instrument. Un rire féminin clair comme un ruisseau raisonna dans l’obscurité. Un ordre bref claqua. Le carreau d’arbalète m’atteignit en pleine poitrine. Celui-ci était orné d’une mince lanière de soie. J’eus à peine le temps de reconnaitre les couleurs de la duchesse avant de sombrer dans un puits sans fond.

 

Évreux, 1er septembre 2015

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Délire ou la lyre pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Arrivée dans l'ordre alphabétique entre le lynx et le lys, la lyre n'est pas un instrument comme les autres.
On confond souvent la lyre avec le barbitos, le barbiton, le barboton ou le baryton, bref! Rendons à Anacréon ce qui est à Anacréon, sinon autant confondre le violoncelle avec le violon.
A l'origine la caisse de résonance de la lyre était formée d'une carapace de tortue et comportait une fente dite tire-lyre destinée au pourliche (argot) ou bakchich (arabe).
On ignore encore comment des carapaces de tortue luth peuvent donner des lyres, alors que des carapaces de tortue lyre ne donnent pas de luths.
La lyre tient ses lettres de noblesse d'un certain Kakofonix d'origine grec et non pas du célèbre barde gaulois dit Assurancetourix baillonné d'origine.

Sappho - poétesse et homosexuelle née fort à propos à Mytilène sur l'île de Lesbos - était dit-on petite et noiraude; aussi afin de mieux séduire les jeunes filles se fit-elle construire une lyre, ce qui était plus pratique que de se faire accompagner d'un lynx ou d'un lys.
Sappho aimait les jeunes filles et aussi le bleu, le fameux bleu de Mytilène qui teinte les cocktails au Curaçao et donne bon goût aux crêpes Suzette mais qui s'en soucie?

Tout comme la lutte (ou luth), la lyre est d'origine gréco-romaine mais elle n'est pas pour autant reconnue aux Jeux Olympiques.
Très vite, Sappho en pinça pour cette lyre qu'elle tenait d'Hermès - célèbre facteur et Dieu du prêt-à-pincer -  qui avait pour particularité de sonner toujours deux fois.
Comme elle se rongeait les ongles, Sappho fit appel à un médiator qui l'aida à concevoir le plectre - un onglet en corne de bouc émasculé – qu'on utilise aussi pour le ukulélé, la balalaïkaka, le banjojo ou encore le sitartar.
Les premières démonstrations de lyre furent dévastatrices et donnèrent plus tard le mot: démolir.

Dans la mythologie grecque la muse de la lyre s'appelle Erato alors que la myre de la luse s'appelle Errata... qui voulait dire perdre son latin.
Errata signifie aujourd'hui coquille mais sans rapport avec la carapace de tortue.    
La lyre fut perfectionnée bien plus tard, sans doute trop tard pour Sappho qui prononça cette phrase bien connue: “Pourquoi viens-tu cithare?”
On trouve des cithares à dix cordes (ou instrument de discorde) et jusqu'à quinze cordes.
On trouve aussi des cithares sans cordes mais ça n'intéresse personne à part les collectionneurs de carapaces.
Une cithare à quarante six cordes s'appelle une harpe.
L'instrument national de la Grèce ancienne est la lyre-cithare; elle est déconseillée aux enfants à qui l'on ne manque pas de dire: “Tu ne devrais pas lyre-cithare”.
La lyre est un instrument en danger critique d'extinction tout comme la tortue luth, ce qui a fait dire au poète Shakespeare dans une formule culte à faire pâlir les foules en délire:
“Lyre ou pas lyre, c'est là la question” ... mais ceci est une autre histoire.

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LA HARPE (Lorraine)

            Il prit sa harpe et joua. Toute la Mésopotamie déferla dans le navire. L’homme ferma les yeux ; la forme éthérée de la Dame, déesse de la Nature, ondula, fugitive, impalpable, belle tout simplement.

            Elle est immortelle, il le sait, il l’a toujours su. Il a aimé ce pays dont les étincelles du soleil créent des myriades d’images et des divinités aux forces souveraines. Ils n’étaient pas cruels, les dieux d’alors, tels le croissant lunaire personnifiant le dieu Sin, ou le rocher incarnant le dieu de la montagne, ou encore l’arbre , dieu suprème de la forêt.

            Les soirs de douceur, les filles égrenaient à lèvres closes les mélopées qui peu à peu devenaient chants, houle, puissance, ivresse de vivre, amour. Il reconnaît l’odeur des bois où dansaient les elfes et les fées.

            Et le génie de la harpe le ramena brusquement des milliers d’années en arrière, là où il était né, au seuil de la cabane que sa mère balayait à gestes mesurés.

            Alors un bonheur infini l’envahit. Et il sut que tout était bien.

 

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Perplexe je suis ! (Walrus)

 

 C'est quoi ce barbu enrubanné ? On le croirait tout droit sorti de la nuit de mai, sauf que c'est une lyre et pas un luth son instrument et, côté baiser, je m'abstiendrai.

C'est pas l'Apollon du Belvédère (ou d'ailleurs) non plus, l'est toujours glabre et frisé et a une furieuse tendance à se balader à poil, le dieu à la lyre.

Alors ? Un aède grec ? Un poète romain ? Un barde celte ? Un troubadour ? Un trou vert reverdi, comme disait l'Ernestine de Tillieux ? Un griot ?

De toute façon, même en dehors du ruban et de la barbe, il est anachronique, ça se voit à son smartphone et à sa perforatrice, en bas à gauche.

Bref, on ne sait pas trop qui il est.

Mais on sait qu'il suit le conseil de Boileau dans son art qui n'a de poétique que le nom : "Vingt fois sur le métier (dans le coin de la tente) etc, etc" et on sait ce qu'il fait : il nous polit et repolit une ode en l'honneur de la plus américaine de nos contributrices dont c'est l'anniversaire aujourd'hui, j'ai nommé :

 

joye !

 

joye

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Participation de Fairywen

Retour à la Cour

Damon s’immobilisa sur le seuil de l’atelier. Rien n’avait changé depuis son départ. Assis sur un tabouret, l’artisan accordait un luth. Dans un coin, un métier à tisser montrait le début d’un ouvrage. Une couverture, ou peut-être un tapis. À ce stade, c’était difficile à dire.

— Alors ça y est, te voilà de retour ? lança l’homme en guise de bonjour.

— Comme tu vois.

— Et bien, quel enthousiasme…

— Je n’ai jamais beaucoup aimé présenter des excuses.

— Surtout quand tu sais que tu as eu tort, n’est-ce pas ?

Damon ne répondit pas, mais son expression était éloquente.

— Entre et assieds-toi, poursuivit l’homme en posant le luth. Tu veux en parler ?

— Il n’y a pas grand-chose à dire. J’ai fait ce que me dictait l’honneur, mais ma fierté a du mal à s’en remettre.

— C’est là ton problème. Tu as toujours été trop orgueilleux.

— Là, tout de suite, il ne reste plus grand-chose de mon orgueil.

— Tu as pourtant retrouvé ta place.

Un long silence suivit ces mots, puis Damon finit par avouer dans un soupir.

— J’ai renoncé à ma place d’héritier.

— Pardon ?

— Je dis que j’ai renoncé à ma place d’héritier.

— Pour une nouvelle… Qu’est-ce qui a bien pu te faire renoncer à ce qui te tenait le plus à cœur au monde ?

— Pas quoi.

Damon avala une gorgée d’alcool avant de reprendre avec un petit sourire.

— Qui.

— Tiens donc… Le bourreau des cœurs serait-il tombé amoureux ? Et comment s’appelle celle qui a réussi à te capturer dans ses filets ?

— Stella.

— La Sylve ?

— Tu la connais ?

— Bien sûr. Elle est fière, indépendante et ses pouvoirs sont immenses. Elle sait ?

— Oui.

— Et ?

— Nous nous unirons officiellement demain.

L’artisan sourit en leur versant un nouveau verre de vin.

— Voilà une union qui risque de ne pas être ennuyeuse… Où allez-vous vivre ?

— Où elle le voudra.

 

Deux jours plus tard, le couple quittait le royaume à bord de la vieille camionnette blanche, celle-là même qui avait emmené Damon vers son destin deux mois plus tôt. Cette fois, le jeune homme ne partait pas en banni. C’était volontairement qu’il avait choisi son exil, et chaque fois qu’il jetait un coup d’œil à la silhouette qui occupait le siège passager, il se disait qu’il avait pris la bonne décision.

Fairywen/Ysaline

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