22, rue Huyghens (par joye)

Le frisson du bruit d’un rythme allait lire - puis déchirer - l’espace entre les couleurs du caprice de mon langage et le pont que je traversai pour aller à ma rencontre improbable avec la mystérieuse Fabienne-Claire...

-          Chapeau, me fit-elle, enfin.

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Une rencontre improbable par bongopinot

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Comme un caprice une lubie
Je prends des cours de guitare
Et je traverse la forêt endormie
Pour me rendre à ma leçon rue de la gare
 
Et l’espace d’un instant
Je crus soudain la voir
Et ce fut déroutant
J’étais sur un pont, il faisait noir
 
J’entendis d’abord un bruit
Comme un rythme régulier
Et des frissons je ressentis
C'était la peur qui fait plier

 Puis je vis des étoiles de lumière
Devant mes yeux apeurés
Elles ont fait déchirer sur l’heure
Toutes les images du passé
 
D’un coup je hurle mais plus de son
Arrive à moi une intempérie de langage  
Et sans réfléchir je me mis à lire ma partition
Pour contrôler ma terreur et trouver du courage

En une fraction de seconde mon calme est revenu
Elle était là devant moi de couleurs sel et poivre
je l'ai admirée et tout de suite reconnue
C'était elle... la licorne comme dans mes livres    

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Participation de Nhand

Ô STUPEUR !

 

 

Je le croise au détour d'un pont,
Un de ces ponts que, par caprice,
Le destin vous fait emprunter
À l'heure qu'il juge propice.

Son saisissement me répond ;
Sur sa grimace, je peux lire
Qu'un frisson vient de l'affecter,
Qu'il se demande s'il délire...

J'en suis moi-même tout hagard,
À m'en déchirer le regard !

Plus un bruit ne rythme la ville,
Hormis celui des mots manquants ;
Nous ne parlons que le langage
De nos silences éloquents.

J'avais l'espace de mon île,
Ses couleurs, son unicité...
Il n'était qu'à moi, ce visage,
Mais ce n'est plus la vérité.

Non, mon sens de la fantaisie
N'aurait pas conçu ce sosie !

 

 

LOGO NH-PF

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Rencontre inquiétante (JAK)

Tard après une dernière partie de tarot, je rentrais chez moi en longeant  la rue de l’Eternité. L’hiver sinistre n’en finissait plus et plombait  le coté funèbre du lieu

Près du pont,  je le  vis.  Les socques usés,   il glissait sans bruit  sur les pavés, il semblait être gouverné par son  caprice de l’instant, avançant au rythme  d’  un bâton noueux  pointé d’une ferraille à trois dents, avec lequel il faisait des pirouettes qui déchiraient son ombre.

Sa tignasse couverte d’une toque aux couleurs zinzolin (violet tirant sur le pourpre)   était illuminée  par les éclairs qui venaient lacérer  l’espace d’un instant, son visage inquiétant

 

J’avais des frissons en l’entendant  prononcer  un langage inconnu, avec des mots martelés  qui décuplaient  mon effroi et mon angoisse.

Il approchait promptement de moi et je pouvais  lire dans ses yeux phosphorescents, une  convoitise, qui n’avait rien de romantique !

 Ce soir aux cartes, j’avais trop souvent sorti l’arcane XV,

 

Maintenant, me faisant face, était le diable en personne.

 

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Barbe et pinceau (EnlumériA)


Psychiquement parlant, Jules Baudouin ne s’en était pas trop mal sorti, de la Grande Guerre. Mais physiquement, c’était une autre paire de manches. En fait, comme il aimait à le répéter, il était « revenu de la guerre avec une jambe qu’il avait perdue. »
Jules usait de l’autodérision avec bonheur et se montrait friand de ces absurdités stylistiques qui font le charme de notre belle langue. Grâce à son humour un peu décalé et sa finesse d’esprit, Jules avait su se préserver d’affres belliqueuses propres à déchirer l’âme des plus coriaces.
C’est à l’hôpital de campagne qu’il avait commencé à dessiner quelques croquis par-ci, par-là ; pour s’occuper l’esprit et tenter d’oublier la douleur lancinante qui le harcelait nuit et jour. Petit à petit, son crayon timide s’était enhardi. De retour dans ses foyers, il décida de tâter de la couleur. Cédant à son caprice malgré la précarité de ses finances, et au grand dam de son entourage, il utilisa les quatre sous qui lui restaient pour s’équiper de l’attirail complet du peintre du dimanche. Puis, trouvant l’atmosphère de Rouen étouffante, il exila son désœuvrement et sa jambe de bois aux portes du Vexin, chez l’oncle Eugène ; un veuf néophyte et sexagénaire, qu’un peu de réconfort sauverait momentanément d’une soudaine appétence pour le calva local.
Cet après-midi-là, Jules avait installé son chevalet sur la berge de l’Epte, tout près du petit pont de bois. Il n’y avait pas un bruit. Juste le chant des insectes dans les hautes herbes et le frisson de l’eau rafraîchissant la bouteille de blanc qu’il avait mise au frais dans un trou d’écrevisses.
Son tableau et la journée s’avançaient de conserve vers leur conclusion rougeoyante lorsque Jules vit arriver un étrange bonhomme à la démarche sénatoriale. Avec sa longue barbe de patriarche biblique, sa veste de drap sombre et son drôle de petit chapeau blanc, le promeneur semblait tout droit sorti d’un conte de Maupassant.
Lorsqu’il fut à quelques pas, l’inconnu s’arrêta pour bourrer une longue pipe de bruyère avec minutie. Lorsqu’il en eut tiré quelques bouffées, il se décida enfin à saluer Jules avec un je-ne-sais-quoi de malice sous le chapeau. Jules lui rendit son salut d’un bref signe de tête et se remit à l’ouvrage. La lumière changeait vite à cette heure et il ne laisserait pas cet importun lui gâcher son paysage.
— Vous vous débrouillez pas mal, l’ami.
— Je me débrouille, répondit Jules en songeant que le fâcheux était… « bien parti pour rester ». Assez satisfait de cette amusante répartie mentale, il décida qu’après tout, un peu d’amabilité ne lui coûterait pas plus cher qu’un coup de Muscadet.
— Un petit verre de vin blanc, l’ami, fit-il en attrapant la bouteille avec une aisance assez surprenante pour un unijambiste.
L’autre accepta l’invitation avec un hochement de tête entendu. Il but son verre cul-sec en ponctuant la dernière gorgée par un petit claquement de langue agaçant. Puis, pris d’une soudaine inspiration, il leva l’index à la manière de celui qui va dévoiler un secret sans précédent et dit :
— Regardez, là – Du bout de sa canne, il pointa la toile – Ici ! Je serais vous, j’y ajouterais une ou deux touches de jaune de cadmium et là… voyez, juste sous de cette branche, un léger glacis de vermillon. Pour le contraste. Le contraste, c’est le rythme d’un tableau. Et surtout, n’oubliez jamais que la peinture est un langage à lire avec le cœur, l’ami. Pas seulement avec les yeux.
Jules s’efforça de ne pas montrer l’agacement qui le gagnait. De quoi se mêlait-il, ce vieux fou ?
— Vous croyez ? répondit-il assez fraîchement.
— Oui, l’ami, j’en suis même certain. Attendez ! Vous permettez ?
Et sans attendre une quelconque permission, le bonhomme s’empara d’une brosse et asséna quelques touches nerveuses sur la toile de Jules.
— Vous voyez ? Regardez l’espace qui apparait maintenant, comme par magie.
De mauvaise grâce, Jules dut bien reconnaître que les conseils du bonhomme s’avéraient judicieux.
Il allait dire quelque chose, lorsque la voix de rogomme de l’oncle Eugène se fit entendre.
— Heu là ! M’sieur Claude. Vous voilà comme qui dirait à donner des leçons au n’veu.
Monsieur Claude s’esclaffa du rire jovial de celui que le doute n’habite pas.
— Ce n’est rien, l’Eugène. Juste un petit coup de main en passant. Il se débrouille très bien votre neveu. Bon, allez. Ce n’est pas que je m’ennuie, mais on m’attend. Bien le bonsoir. Et merci encore pour le verre.
Sur ce, le vénérable barbu reprit son chemin en sifflotant une rengaine de monsieur Chevalier.
Jules haussa les épaules.
— Non mais, tu l’as vu celui-là ? Comme si j’avais besoin de ses conseils. Franchement ! Pour qui il se prend, ton monsieur Claude ? Il ferait mieux d’en faire des pinceaux, de sa barbe !
L’oncle Eugène but une rasade de Muscadet à même le goulot, se torcha les lèvres d’un revers de manche et dit :
— Ben ! Y s’prend pour ce qu’il est et y pourrait t’en remontrer bien davantage, m’sieur Claude. Il habite de l’autre côté de l’eau, la grande maison, un peu plus haut. – L’oncle Eugène dévisagea un instant son neveu d’un air matois – Nom ded’zo ! Tu l’as pas reconnu ?
— Non. J’aurais dû ?
L’oncle Eugène se fendit d’un sourire large comme un cul d’âne.
— Bah dis ! T’es rien nigaud, toi. C’est Claude Monet !

Évreux, 28 janvier 2015

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Rencontre improbable ( petitmoulin )

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Sur le pont (Krystel)

Une brume hivernale épaisse, flotte sur la forêt tourangelle.

Tout l’espace semble engloutit dans une masse cotonneuse et froide.

Les premières lueurs du jour tentent une percée timide, mais les caprices de Dame Nature ne permettent pas aux rayons du soleil de

déchirer son dense manteau.

Cela n’empêche pas les hôtes de ce bois, de poursuivre paisiblement le cours de leur existence.

Au détour d’un chemin, à l’abri des regards, une laie étendue sur la mousse allaite ses petits.

Ils mettent du coeur à l’ouvrage, manifestant leur plaisir par des grognements rythmés par les gorgées de lait chaud.

La tête massive de la mère se redressa, un bruit venait de l’alerter, rapidement elle se remit sur ses pattes, sur le qui-vive!

Les marcassins devenus silencieux, se rapprochèrent de leur mère en tremblant.

Trouant le mur brumeux, un jeune fox-terrier surgit aboyant furieusement, sur sa proie énorme prête à en découdre.

Les soies hérissées, sa queue pinceau dressée, on pouvait lire dans son regard noir la colère.

Elle chargea son agresseur d’un pas lourd, le piétina, lui assenant un coup mortel.

La bataille fût brève, la robe blanche mouchetée de tâches de sang, le chien s’écroula sur le sol, un frisson parcourait son échine, le

souffle coupé, il agonisait.

Le danger n’était pas pour autant complètement écarté, la laie savait par expérience que la meute devait être sur ses traces, il fallait fuir!

Nul besoin de langage , pour faire comprendre aux marcassins la nécessité de jeter toutes leurs forces dans une course effrénée, traverser

des cours d’eau, enjamber des fossés, galoper dans des champs encore et encore.

Complètement désorientée la laie et ses petits s’approchèrent de la civilisation, d’habitations, d’un village, l’écho de leurs sabots jusque là

sourd, résonnait sur l’asphalte.

Deux faisceaux lumineux couleur blanc froid, transpercèrent le rideau opaque, éclairant faiblement le pont et ses occupants!

En l’espace d’une seconde, par les caprices de la destinée, dans un bruit monstrueux de tôles déchirées, telle une poupée de chiffon, la

conductrice fût secouée aux rythmes des soubresauts du véhicule, qui s’immobilisa dans un parapet luisant du pont.

Un long frisson traversa son corps, langage probable de l’onde de choc, dans ses yeux immenses on pouvait lire la stupeur!

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Participation de Venise

 

Il fallait bien que je m'y attende

le taux d’échec des kangourous  au saut de clôture est extrêmement élevé et les espaces australiens fourmillent de clôtures meurtrières.

Ce kangourou là était particulièrement incompétent car dans sa chute en avant il s'était emmêle ses pattes arrière dans les fils de fer .

Sous son poids les fils remontèrent encore plus haut et l'animal se retrouvait  pied et poing liés .

 

Quand je le vis je roulais à folle allure en direction de Sydney Un frisson me parcouru le dos .

En m'approchant je sentis que son rythme cardiaque  s'accélérait. Il avait l'air franchement ridicule avec ses jambes en l'air et la tête pleine de bruit.

Je m'approchai de lui pour réfléchir au problème . Il n’avait qu’une façon de le soulager sans que les fils déchirent  sa peau .J'exerçais une pression sur les fils de fer pour soulever le kangourou.  Mais il pesait une tonne . Il me fixait d'un regard totalement inexpressif comme pour me dire “désolé-je ne parle pas ta langue” . Faut dire qu'ils ressemblent aux moutons car ils ont comme eux une gamme très restreinte d' expressions significatives .

Gardez à l'esprit que je n'avais jamais vu la couleur d'un kangourou dans mon pays natal  .je décidais de trancher  le câble avec mon coupe à boulon ramassé sur le pont de bois

Allez mon vieux  c'est pas le moment de faire des caprices lui dis-je énergiquement . A ma grande surprise il passa ses deux bras autour de mon coup . Puis il sauta sur le pont et j'ai pu lire furtivement dans ses yeux noisettes son étonnement .

 

 

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Improbable rencontre (Emma)

Je le reconnais, c'est un caprice, une folie, (tout mon livret A y est passé), mais aussitôt que je l'ai vue enfin en vente sur le site Ming-geek, j'ai illico, pour pouvoir l'acquérir, renoncé sans barguigner à l'imprimante 3 D que je convoitais depuis 2 ans.
Enfin ! Enfin la machine à écrire ! à écrire toute seule veux-je dire ! Une aubaine pour qui commence à avoir du mal à se renouveler sur les sites d'écriture !
Un principe tout simple ! Basé sur 2 constats :

1 plus personne n'a le temps de lire, vive le simple et le concis.
2 le langage courant n'utilise qu'environ 600 mots, fastoche à enrouler dans un algorithme, à ce qu'il paraît. Lequel se déroule pour générer des textes.

Je l'ai reçu hier, mon robot écrivain*, et j'ai déchiré les cartons avec fébrilité.

La machine elle-même est un peu voyante, avec une notice en 122 langues volumineuse bien qu’écrite en police 5 sur papier bible.

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Design un peu vintage, je trouve, avec sur le ventre une petite gueule plate d'imprimante A5, et au dos un écran tactile offrant des options genre machine à café (long, court…) et synthé (rythme, ambiances, violons, romance, gore…).
D'autres plus techniques : nombre (de mots, signes, espaces), et genre (météo -météo ?-, sonnet, nouvelle, pub… Et 48 sortes de haïkus).

Il y a aussi, et c'est ce qui m'a séduite, une fonction joker dans laquelle on peut taper les mots qu'on veut, carrément.
J'ai choisi mon titre : "Improbable rencontre", et dans la catégorie "romance courte ", (moins de 150 mots), j'ai choisi au pif les options

Couleur : gris ardoise
Bruit : cornemuse
Décor : pont
Ambiance : frisson

Go !
10 secondes plus tard, voilà ce que la machine m'a recraché par sa petite gueule ventrale :


Terre brûlée au vent des landes de pierre, devant le loch couleur de schiste tendre et feuilleté, gris ou noir, utilisé pour les toits, gisait (gisait.?) un château délabré où, tandis qu'en contre-bas, sur le pont-levis, la cornemuse d'un jardinier mélancolique déchirait le soir et nos tympans sur un rythme obsédant, je me pelotonnais sous un rêche tartan - faute de chauffage moderne - contre Lord Angus Mc Donald, 12e du nom, propriétaire du lieu et guide bilingue en haute saison, tarifs sur demande.
Un frisson me parcourut, que je reliai tout d'abord à des tentatives de digestion de la panse de brebis farcie à peine décongelée que nous avions eue au dîner, mais Angus me rassura :
"Ce n'est que le fantôme de mon oncle Archibald qui effectue sa ronde".

Je restai perplexe.

Ce n'est pas avec ça, pensai-je amèrement, que je vais gagner le remboursement de mes frais d'inscription au concours de nouvelles de l'écho du Bas Poitou.

Dire qu'avec l'imprimante 3D j'aurais pu reproduire à l'infini mon porte-clés Schrek !!!!

De toute évidence la machine algorithmique communiquait sournoisement avec YouTube et Google, ce que j'aurais pu faire toute seule sans écluser mon livret A…
C'est décidé, demain je mets la machine-à-écrire-toute-seule sur le bon coin.
Mais avant je vais lui proposer des jokers bien pourris "samovar, gourgandine, limule, et…ectropion".


Non mais !
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 *http://www.leblogducommunicant2-0.com/2014/07/26/journalisme-algorithme-laurent-delahousse-est-il-condamne-a-etre-remplace-par-un-robot/

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