Miroir (Djoe l'Indien)

Que cache le miroir des affres de la vie
Quand tout est morne et gris sous le couchant du soir,
Lorsque ne brille plus l'étincelle d'espoir
Et que le désespoir prend la place à l'envie ?

Que montre le miroir des âmes asservies
Par leur propre reflet, comme le repoussoir
De rêves trop parfaits, sinistre déversoir
du sombre dépotoir où sombre la survie ?

Mais voilons-le enfin, ce satané miroir
Qui le monde corrompt de son triste pouvoir
Projetant devant lui l'image poursuivie,

Aseptisée, sans grain, passée au polissoir
De songes d'idéal, chimère inassouvie
A ranger, inutile, au tréfonds d'un tiroir.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :

Le miroir coquin (Prudence Petitpas)

Chaque fois qu’elle se regarde dans un miroir

Son reflet lui lance un clin d’œil…

La première fois  l’a surprise,

L a deuxième fois elle fut prise

D’un fou rire devant sa mine.
La fois d’après elle grimaça

Le miroir alors se fâcha…

Il se mit à parler

Ce qui la fit reculer

Et ouvrir des yeux étonnés :

Pourquoi grimacer, reprit ce dernier

Je te lance des œillades

Je te montre que tu me plais

Et toi tu me railles

Comme si je n’existais…

Elle s’avance alors près du miroir

Plante ses grands yeux dans son regard

Et vois enfin tout cet amour

Que lui renvoie ses beaux atours…

« Est-ce moi qui m’aime ainsi »

Se dit-elle tout haut

Le miroir lui renvoie poli

Un clin d’œil si joli

Qu’alors elle lui sourit

Et retourne à sa vie !

Et l’on voit sur le miroir

Ces quelques mots s’aligner, puis partir en fumée…

« Sans estime de toi, comment veux-tu aimer ! »

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

L’homme au manteau gris (EnlumériA)

Le Merrygold Exotic Tearoom était un établissement de style colonial, décoré de plantes vertes surdimensionnées, de bouddhas désœuvrés et d’hilares poussahs chinois obèses jusqu’à la lippe. Une atmosphère feutrée de salon proustien saturait les lieux fréquentés par des dandys post-victoriens, des punks dilettantes et crunchy ainsi que de vieilles dames compassées de mode. Un fond musical discret laissait croire que le fantôme d’Éric Satie hantait l’endroit de sa présence éthérée. Les habitués y dégustaient des crumbles aux fruits rouges arrosés de thé noir Marco Polo ou bien des cheesecakes accompagnés de Darjeeling Himalaya. D’autres, plus austères, se contentaient de quelques financiers timidement humectés de café Bluemountain ou Bourbon pointu. Quant à moi, mes préférences s’orientaient plutôt pour un Gunpowder et quelques biscuits fins à la vanille de Madagascar.

Je me souviens qu’au milieu de cette faune interlope évoluait parfois un personnage étrange et déplacé perpétuellement vêtu d’un manteau gris. Oh, Dieu ! La tristesse et la médiocrité de cette dégaine ! Ne croyez pas que je méprise le gris, non. Il en existe de somptueux comme l’anthracite ou le pinchard, le gris de Payne, le gris souris, l’ardoise ou encore le gris perle. Certaine auteure américaine n’en a-t-elle pas récemment vanté cinquante nuances. Mais là, mes amis, que vous dire à propos de cette affligeante teinture qui telle une pollution visuelle encrassait mon calme regard jusqu’à l’écœurement.

Cet après-midi là, alors que je venais de m’installer à ma table habituelle et que je dépliais mon Monde Diplomatique à la page économique, je constatais sans plaisir que le sinistre acolyte perturbait une fois de plus la sérénité du salon. Il s’était installé au même endroit que d’habitude ; à quelques mètres de moi. Comme si, sous l’influence d’un bizarre caprice, il lui avait pris le désir insolite de m’incommoder par son incongruité.

Je fréquentais ce salon de thé depuis quelques temps déjà et je dois bien admettre qu’il était déjà là. À vrai dire, il était toujours là, quelque soit l’heure à laquelle je me présentais, ce chevalier à la triste figure me devançait systématiquement. D’aucuns d’entre vous, chers lecteurs, m’enjoindraient sans doute de changer de place. J’aurais pu en effet. J’ai essayé deux ou trois fois d’ailleurs ; sans succès. Cependant, quelqu’un pourrait-il m’expliquer en vertu de quelle règle devrais-je m’effacer devant cette offense aux bonnes mœurs.

J’en étais là de ma sombre méditation lorsque la serveuse, une accorte jeune blonde toute sucrée dans sa petite jupe noire et son chemisier en dentelles de Calais se présenta pour prendre ma commande. Comment vous décrire le charme ineffable qui se dégageait de sa personne. Si Dieu, dans son infinie clémence, avait jugé bon de personnifier la grâce ultime d’un coucher de soleil à l’aube du monde, il aurait façonné cette créature à partir du cristal le plus pur au lieu de l’argile d’où il avait extrait l’Adam primordial. Sa beauté toutefois ne l’autorisait pas à me toiser avec un tel dédain. Cette moue dédaigneuse qui profanait son visage ne lui seyait guère et me déplaisait fortement. Elle m’adressa une salutation glaciale puis me demanda d’une voix sèche et impatiente si j’avais fait mon choix.

Alors que je confirmais ma commande, finalement comme d’habitude, je remarquais avec soulagement que son regard lourd de mépris s’adressait en fait à l’homme au manteau gris.

— Ah ! Vous aussi vous avez remarqué cet individu, murmurai-je avec un bref sourire de connivence. Vous le connaissez, ce malencontreux personnage qui ose perturber par sa présence un établissement si raffiné ?

Elle haussa les épaules, comme par inadvertance. De son côté, l’homme au manteau gris jeta vers moi un regard perdu que j’esquivai aussitôt. Un frisson me parcourut. Où avais-je déjà rencontré cet homme ?

— De qui parlez-vous encore ? demanda-t-elle enfin. Je ne comprends pas.

— Mais enfin ! De cet homme, là. Un peu plus loin. Ne me dites pas que vous n’avez vu à quel point il détonne dans ce salon. Je sais bien qu’il faut être tolérant, mais une telle médiocrité, une telle… — Les mots me manquaient — Même d’ici, j’ai l’impression qu’il empeste la naphtaline et le suint.

Comme prise d’une soudaine condescendance, elle me jeta un regard apitoyé et réitéra son incompréhension. Je sentis l’impatience me submerger.

— Mais enfin ! Vous ne voyez pas ? Ce type, avec le manteau gris, là !

Et je désignais avec véhémence, l’objet de ma rancœur. Elle se pencha enfin vers moi et me dit en articulant chaque syllabe :

— Ce qu’il y a là, monsieur, c’est un miroir. Eh ! Oh ! Monsieur. — Elle agitait sa main devant mes yeux — Vous comprenez ce que je dis où devrais-je vous le répéter à chacune de vos visites ?

Derrière moi, quelqu’un gloussa tandis qu’un autre chuchotait.

— Quelle tristesse. Le pauvre vieux ne reconnait même plus son reflet.

 

Évreux, le 6 janvier 2015

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

Le miroir (Krystel)

Miroir,oh mon beau miroir!

Qu’elle est donc cette vieille femme qui me scrute de son regard sombre et triste?

Les cernes sont soulignées par le Rimmel ,qui n’a pas résisté au rythme effréné de cette fin de matinée.

Mon visage au teint olive semble suspendu dans les profondeurs du miroir.

Sur mon front, je repousse une mèche blonde qui tente de s’échapper de mon chignon.

Une ébauche de sourire s’élance sur mes lèvres fines,comme si personne ne pouvait résister à l’emprise de ce grand réfléchisseur.

Sa tendre complaisance à mon égard efface en un instant toute mélancolie.

Quel ami sincère!Usant de son empathie,il se penche sur nos vies,reflète nos états d’âmes pour révéler nôtre inconscient à celui qui veut bien voir.

Derrière moi,une voix impatiente s’élève: «Mais enfin Maryléne,que faîtes-vous?»

Je fais un clin d’oeil à mon complice,et m’en retourne auprès de Blanche.

J’observe la carnation pâle de son joli minois,encadré par ses longs cheveux bruns,ses yeux noisettes m’interrogent.: «Si vous ne vous pressez pas ,m’implora-t-elle,je vais être en retard à ma séance!»

«Allons,la rassurais-je,vous avez rendez-vous à onze heure,nous avons le temps il n’est que dix heure.»

Elle haussa les épaules et pivota sur le bord de son lit,ses longues jambes nerveuses pendaient mollement.

Je me saisis de sa paire de baskets et la chaussait rapidement.

Elle se leva,dépliant son long et frêle corps,liane vacillante que je soutenais fermement.

Je l’accompagnais dans la salle de bain,pour elle, chaque pas est une épreuve d’équilibriste.

Elle s’assied face au miroir et mesure le chemin parcouru.

Ses mains fines se tendent vers ce destin perturbé,ses doigts s’immiscent dans le creux de la cicatrice qui orne sa tempe droite,sous la peau du crâne semble battre un coeur,fragile sans sa carapace osseuse.

Son apparence a tellement changé,ses petits anges oseront-ils l’enlacer,l’embrasser?

Calmement elle attrape sa brosse à cheveux.

Tenter un geste rationnel pour appréhender l’irrationnel.

Je pose une main amicale sur son épaule,je suis très impressionnée par son courage.

«Vous êtes une femme magnifique Blanche!»Murmurais-je.

Miroir,oh mon beau miroir,vous êtes donc cette femme qui veille sur moi!

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


Miroir par bongopinot

 

 bo01

 

 

Qu’il soit rond, carré

Rectangle ou ovale

Il vous offre votre reflet

Matin chagrin ou magistral

 

Pour vérifier votre tenue

Il est partout dans la maison

De forme et de style inattendus

On le suit à tort ou a raison

 

Il peut être décoratif

Style ancien ou baroque

Il n’a qu’un seul objectif

Etre Indispensable et pratique

 

On le trouve parfois dans un sac à main

De taille réduite portatif élégant

Entre le rouge lèvre et le parfum

Pour les beaux sourires intrigants

 

Ha ! Oui ! C’est un peu court

Pour un si magnifique miroir

Réfléchissez lumière du jour

Pour entrevoir dans mon couloir l’espoir

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Nhand

UN CERTAIN MIROIR

 

 

D'abord, tes yeux comme un miroir
Dans lequel je me vois sourire...
Sans un mot, tu sais me décrire
La fin de tout mon désespoir.
Je me découvre et m'envisage
Heureux pour le reste des jours,
J'entends s'accorder nos tambours ;
Nous parlent-ils d'un bon présage ?

Le temps court, les saisons se font
Au soleil leur petite place,
La pluie éreinte, le vent lasse,
Mais l'été revient vite, au fond.

D'ailleurs, je ne hais point l'automne,
Jusqu'à ce maudit lundi noir
Où je ne vois dans le miroir
Que l'ombre d'une autre personne...
Je m'étais presque trouvé beau,
Voici mes charmes obsolètes,
Ce n'est plus moi que tu reflètes ;
Ta flamme change de flambeau !

Les saisons vont, le temps décampe,
Un cafard infernal, bavard,
Saigne et prend mon cœur pour buvard ;
Autant que j'éteigne la lampe !

Et puis, soudain, le désespoir,
Par enchantement, se défile
À nouveau lorsque se profile
L'éclat retrouvé du miroir...

 

 

LOGO NH-PF

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

De l'autre côté du miroir (Walrus)

Si l'on se met à réfléchir, à spéculer même, sur les réflexions spéculaires, on tombe vite sur les gros mots et les expressions douteuses : chiralité, énantiomorphisme, diastéréoisomères, dextrogire, mélange racémique, nomencalture Cahn-Ingold-Prelog, j'en passe et de meilleures... si, si !

 

Enantiomere-3D

 

On en viendrait peut-être même à se demander si ce mec que l'on contemple de l'autre côté du miroir et qui prend notre droite pour sa gauche, a aussi ses composants biologiques inversés ? Sa vitamine C est-elle de l'acide D-(-)-ascorbique alors que la nôtre est l'acide L-(+)-ascorbique* ?

Question oiseuse s'il en est, puisque, comme chacun sait, les images spéculaires sont virtuelles.

Le mec de l'autre côté du miroir n'existe pas, n'en déplaise à Alice et à l'Ange Heurtebise.

 


* (5R)-5-[(1S)-1,2-dihydroxyéthyl]-3,4-dihydroxyfuran-2-one
si l'on se réfère à la nomenclature évoquée ci-dessus

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags :

Matière à réflexion (Vegas sur sarthe)

Qu'on se souvienne ou pas qu'on appelait, Blanche laCappuccetto Rosso ou encore la Petite Cape Rouge, toujours est-il qu'elle était partie chercher ingrédient ou deux pour sa marâtre impatiente de confectionner le traditionnel masque de beauté de Cesare Frangipani à base de frangipane et de beurre en pot.

Ainsi donc chaque matin le miroir de la marâtre - son royal smartfaune- lui donnait des nouvelles fraîches de ses sujets ainsi que des nouvelles fraîches du temps qu'il fait et des recettes de beauté pour rester fraîche jour après jour car il y avait des applications pour tout ça.

Smartfaune, Ô mon beau smartfaune, dis-moi qui est la plus gironde?” interrogeait tactilement chaque matin la marâtre puisqu'elle avait un doigt pour ça.
Le miroir était trop poli pour être honnête et la marâtre trop imbue d'elle-même, fière et vaniteuse et aussi trop bête et méchante pour réfléchir autant qu'un miroir.
C'est le miroir qui se mire dans la reine et pas le contraire se répétait-elle, mais si le royal
smartfaune ne répondait pas à cette question c'est qu'il n'y avait pas encore d'application pour ça et la marâtre fulminait chaque matin depuis que le conte existait.

Le roi Merlin - dit l'enchanteur et par qui les envies prennent vie - l'avait maintes fois prévenue: “Ô marâtre! Ce smartfaune dernier cri “Made in Empire du Milieu” vous perdra. Vous en deviendrez esclave, vous en oublierez le héraut qui sonne, le crieur qui crie, le bonimenteur qui bonimente, la cire qui cachette en cachette, le coursier qui course, l'oiseau qui touite au printemps et aussi les...”

Ô toi dont les envies prennent vie quand pour d'autres c'est fastoche” fulmina la marâtre “tu disais déjà ça pour ma quenouille sans fil, mes loups Boutin de sept lieues, mon épilateur Excalibur, ma lampe halogène de chez Aladin mais aucune des catastrophes que tu m'as prophétisée ne s'est jamais produite!!”

Lorsqu'il était désenchanté l'enchanteur se transformait parfois en cerf vidé et c'est ce qu'il fit.
Comme il regagnait ses bois - ce qui est une bonne chose pour un cerf, même vidé - le royal
smartfaune se mit à émettre une troublante musique.

Smartfaune, Ô mon beau smartfaune, quel air me joues-tu? Dis-moi tout, car je suis la marâtre et je dois tout savoir!” ordonna la marâtre.

Ô marâtre, puisque vous voulez tout savoir j'ai la puce qui sautoie, la mémoire qui flanchoie et aussi la batterie qui merdoie” répondit le smartfaune qui se sentaitde moins en moins royal.
C'est pas cool” répondit la marâtre désabusée et, du doigt qu'elle avait pour ça elle s'empressa de poster un courriel à l'Empire du Milieu avant que son smartfaune ne se pâme.

A mille sept cent lieues de là - soit huit mille kilomètres car la lieue était à 6.47 kilomètres à cette époque - un philosophe de l'Empire du Milieu, affecté au service après-vente déchiffrait entre deux parties de mikado un étrange courriel venu du château de Stauffenburg en Basse Saxe.
Avec celui de Harry Potter, celui de la Belle, celui de la princesse Kaguya et celui de Shrek, ça commençait à faire beaucoup de problèmes autour du merveilleux
smartfaune dernier cri “Made in Empire du Milieu”!

Avec toute la philosophie propre aux sujets de l'Empire du Milieu, il estima que cette marâtre se prenait le chou pour peu de choses et se contenta de lui renvoyer un lien wiki vers Freud et Jung accompagné d'un coupon de réduction sur l'achat d'une horloge * comtoise connectée...

 

A dix lieues de là, Blanche - qu'on appelait toujours Cappuccetto Rosso ou encore la Petite Cape Rouge - croisa un cerf vidé qui ruminait dans sa barbe mais elle se garda bien de le questionner, de peur d'être hors sujet.
Elle se rendait tout droit chez sa great-mother-fucker, sans passer par la case Départ, sans recevoir vingt mille sequins, sans ces foutus miroirs que tout le royaume avait reçu en étrennes... et elle se dit que c'était bien.

 

* l'horloge comtoise est celle qu'on trouve dans les contes (connectée ou pas)

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Lilou

Miroir, mon beau miroir

Je te hais,  oui je te hais !!!!

Toi mon compagnon de tous les jours, et même de tous les instants, aujourd’hui je te hais ! Oui je te hais.

Tu oses me demander pourquoi ! Tu as un culot phénoménal de te présenter à moi comme cela ce matin….

Mais revenons en arrière d’une cinquantaine d’année. C’est trop ! Alors disons quarante-cinq ans. Je t’ai rencontré et, pour la première fois on me rendait ce que je montrais avec une fidélité exemplaire. Tu étais indéfectible ; chaque jour je te posais la même question : suis-je belle et la plus belle ? Oui me répondais-tu, tu es la plus belle. Tu prenais soin de moi comme je prenais soin de toi ; oui bien sûr tu n’aimais pas que je t’asperge de détergent, ta vue se brouillait mais c’était pour mieux te contempler mon cher miroir. Tu me disais que j’avais une mèche de cheveux de travers, tu me consolais quand je pleurais avec des mots parfois durs : attention tu as les yeux gonflés et rouges. Tu me raillais quand le maquillage était un peu trop accentué avec des couleurs de caméléon et tu te souviens encore de cette horrible robe que ma mère avait voulu me faire porter pour le bal des anciennes de l’école. Quel fou rire !

Puis, je me mis à t’emmener partout. Tu étais dans mon sac et cela me rassurait ; fallait bien repoudrer le nez et remettre un peu de rouge pour donner bonne mine.

Une fois cependant tu m’as dit : « tu toujours aussi  belle mais attention, trois belles jeunes filles qui te ressemblent, te rattrapent et bientôt tu seras coiffée sur le poteau d’arrivée ». Je n’étais pas jalouse, elles étaient un peu moi les demoiselles.

Et puis le temps inexorable  passait et plus il temps passait plus tu devenais grognon. Tu te mis à faire grise mine. Je t’ai demandé si c’était mes ridules qui te gênaient. Tu m’as bredouillé une réponse comme on fait une pirouette et je me suis mise à chanter : Ah ! Je ris de me voir si belle en ce miroir ! Tout en me tartinant de sérums de jeunesse et de crème anti rides, d’antis radicaux libres, d’anti vieillissement de jour et de nuit.

Rien n’y fit et aujourd’hui, je te découvre aussi craquelé qu’un tableau de Bruegel !

Miroir, je te hais, hélas tu ne peux rien contre la fuite du temps, mais tu réfléchis bien !

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :