Magie étincelante (Célestine)

Je me suis calé les fesses dans l’herbe tendre, avec deux trois épaisseurs quand même.Tous mes schtroumpfs autour de moi.

L’air de la montagne est frais, le soir, même en juin. On claque vite des dents à attendre sans bouger le spectacle stellaire. Un voyage saisissant, qui change à tout jamais celui qui a la chance de le faire.

Une demi-lune splendide monte à l’est. Toute en ombres et lumières, en nuances et en cratères. Le crépuscule s’effondre, remplacé par symphonie de diamant et de velours.

-Maîtresse, maîtresse ! Regarde !  La reine Casse-les-Pieds !

Je souris…c’est ainsi que l’animateur d’astronomie leur a présenté  Cassiopée. Difficile d’imaginer une reine dans ce simple

W !

  

-Maîtresse, maîtresse ! La grande Casserole !

Mais où ça, une maîtresse d'école ? Je suis la fée des étoiles, voyons, et je répands ma magie blanche dans vos yeux, par la vertu de mon stylo-laser qui scintille de son rayon vert.

 La couleur grenadine d’Antarès la Rouge annonce déjà le Scorpion et sa forme gracile qui raviront les observateurs de l’été.

 

Au-dessus de vos têtes, presque au zénith, le Bouvier a la forme d’un gigantesque cerf-volant, et la Couronne Boréale est à ses côtés un diadème précieux.

 

A leur âge, les enfants, s’ils ne sont pas encore sensibles à la magique fureur étincelante et glacée de l’univers et à sa dimension philosophique, se laissent emporter par les légendes qu’ils se récitent comme des psalmistes. Des histoires de reines déchues, de héros mythologiques aux pouvoirs insensés, de bêtes étranges ou monstrueuses, dragon, centaure, cheval ailé.

-Maîtresse, maîtresse ! Montrez-nous le Cygne !   le Dauphin ! Et le Triangle des Belles de l’été, Altaïr, Vega et Deneb!

Et la fée des étoiles reprend inlassablement sa baguette, pour graver dans le coeur de ses élèves un peu de la passion qu'elle éprouve, et de cette étrange sérénité qui l'envahit.

En même temps que la conscience soudain très aiguë de la vanité de toute chose sur terre.  Comme nous sommes seuls, éperdument seuls dans un univers hostile de gaz, de glace et de poussière! Perdus et éperdus sur notre point bleu pâle...

Elle voudrait tant trouver la paix dans la contemplation de ces nuits somptueuses, et refuser avec énergie la vieillesse, la peur, la mort  et l'oubli et toutes ces petites idées bizarres qui viennent parfois lui grignoter l'âme comme des termites!

 

Alors elle lance un grand cri silencieux à ses doutes,  et retourne en riant vers la joie des enfants. Comme une fée.

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [54] - Permalien [#]
Tags :

Un secret bien gardé ! (MAP)

Couvercle fermé

Dedans mon chaudron magique

Je  cache un secret !

.

.

.

.

.

 

Un secret magique

 

 

 

 

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags :

Magie (par joye)

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Nhand

Participation de Nhand (défi#301)

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [31] - Permalien [#]
Tags :


Tour de force d'une musarde (JAK)

 

defi 300 la boutique magique

 

Tour de force d’une musarde

 

Chouette aujourd’hui, c’est du boulevard sur Sam’ défi

Le magasin là bas au bout de l’avenue nous offre d’office le texte de notre billet.

 C’est consigné en gros sur sa vitrine...

On y fait une cure  de magie et ca dans tous les styles.

On aide les débutants  avec du matériel ad hoc.

Même les amateurs y sont sollicités

Alors je ne parle pas de tous les passionnés.

Quand aux professionnels qu’ils aillent voir ailleurs.

 Ici c’est la boutique des mages- bricoleurs

 Qu’on les laisse en paix escamoter, charmer, illusionner

 En qu’en un  tour de passe-passe  d’mél magique,

 La consigne 302 vous apparaisse ici.

                                                                 J@cadi’scourt

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

Oups pardon. (Tracy)

J'y suis rentrée par inadvertance comme lorsqu'on ouvre la porte des toilettes d'un restaurant et qu'un homme,les mains chargées de son avenir, nous regarde étonné. Oups pardon.
Je me fondais un peu dans le paysage. Faut dire que j'étais encore en pyjama. Je pensais pas que je rentrerais là. D'ailleurs, je pensais pas que j'allais sortir de chez moi.

J'y suis rentrée avec fracas comme lorsque j'ai cassé le vase de maman et qu'elle m'a répétée, les mains chargées à pêtrir la pâte que j'étais maladroite. Oups pardon.
J'ai avancé avec crainte. Faut pas oublier qu'on est pas ici pour rigoler. La magie c'est sérieux. J'ai été victime d'un sort. Faut me croire vous savez.

J'y suis rentrée inconsciente comme lorsqu'un bébé pousse son premier cri et qu'on le regarde, les mains crispées et entremêlées, paniqué à l'idée qu'il lui manque un doigt de pied. Oups pardon.
J'aime pas comment on me regarde. Moi je fais pas de la magie vous savez. J'ai juste été victime d'un sort. Je viens ici pour comprendre. On m'a dit que c'est bien de comprendre ce qui nous arrive.

J'y suis rentrée sur la pointe des pieds comme lorsque je me lève la nuit pour un bout de chocolat et qu'une main chargée de souvenirs m'intercepte dans ma quête. Oups pardon.
J'ai bien compris. Comment ça la magie ça n'existe pas ? Mais si regardez, je ne vois plus rien. Mais si écoutez, mon coeur bat. Mais si sentez, je suis en émoi.

J'y suis rentrée le coeur plein d'espoir comme lorsque j'ai cru en lui et que les mains chargées de violence. Oups pardon.
Je vous l'ai bien dit, regardez ! Ecoutez ! Ecoutez ! Je ne sais plus parler. Il me manque des bouts à. Mais si écoutez ! Regardez ! Sentez ! J'ai le coeur qui palpite.

J'y suis rentrée pour tout changer comme lorsque le changement c'est maintenant et que, levant la main pour prendre la parole... Euh le chant, je mens ? Oups pardon.
Je vous l'avez bien dit. Plus aucune cohérence. Donnez-moi cette baguette que je retrouve mes esprits. Mais si ça marche. Har.ry.Pot.ter. Hey les gars ? Qui est-ce qui bosse dans un magasin de magie ?

J'y suis rentrée en souriant comme lorsque tu me prenais dans tes bras et que, la main sur mon sein, tu me disais que tu ne serais plus. Oups pardon.
Je le vois bien. Vous vous riez de moi ! Je m'en fiche, tout ce que j'avais à perdre, je l'ai déjà perdu.

J'y suis rentrée en pleurant comme lorsque j'ai compris que ce n'était qu'illusion et que d'un coup de baguette magique, lovée dans ta main, tu as disparu. Oups pardon.
Je sens plus rien. Ca empire, les mecs. Vous avez pas une tite potion sous la main, là ? Je pense que le moment est propice à la chose, vous comprenez.

Puis je suis sortie, l'air de rien comme lorsque je suis passée au-dessus de cette bouche de métro et qu'un homme, le téléphone à la main, m'a regardé d'un air étonné. Oups pardon.
Puis vous savez, c'est la vie hein ! Vous croyez pas à la magie, vous y croyez pas. C'est comme tout. Pour que ça fonctionne, faut y croire.

plop

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

La Boutique de la Magie (Mauleskine)

La boutique de la magie est au n°8 de ma rue, entre la Pharmacie Possion et la Cordonnerie Septlieues, qui, elles aussi, font miroiter leurs miracles aux passants.
La Boutique de la Magie affiche une vitrine vide. La porte est fermée et la lumière éteinte.
L'homme qui tient commerce est simple et frêle, gris, un peu mou.
Il semble n'avoir aucune ambition, et encore moins de marchandise à vendre.
Il ne recherche pas le client et méprise le profit.
Il refuse tout argent et substitut, et n'entretient pas la conversation.
A celui qui, par erreur, pousse sa porte, il ne demande ni n'offre rien.
Il attend. Au plus curieux, il explique en quelques mots que ce vide est indispensable à la vraie magie et que ceux qui font croire le contraire sont des crieurs de foire.
Il appartient donc au client de demander.
Car dans la Boutique de la Magie, tout peut être demandé, mais rien n'est acquis. Encore faut-il savoir formuler son souhait.
Ainsi, une timide jeune fille pâle peut-elle obtenir une modification subtile de la coloration de ses joues. Il lui faudra évoquer la mélancolie des soleils couchants.
L'enfant délaissé obtiendra réconfort et chaleur s'il trouve les mots de caramel et de citron, de lait et de café, pour décrire la mère dont il rêve.
L'idiot sera fait poète s'il se trompe de plume et réclame celle de l'oiseau.
La trapéziste prise de vertige sera promue funambule, si elle propose de payer en pelotes de lin. L'homme lui fera cadeau du parapluie si elle lui délivre une larme, qu'il conservera au bout du comptoir dans un minuscule flacon.
Au vieillard qui viendra chercher la compagnie et un peu de conversation, il offrira en sus d'un canari, le don d'entendre les gouttes de pluie et les sanglots des cantatrices (ce où qu'elles soient).
Aux malfoutus, il distribue ce qu'ils demandent : élégance, lunettes d'or, queues de pies, hauts-de-forme, canes d'ébène, pochettes de soie et lavallières à petits pois.
Au chat, au rat et à l'oiseau, il donne du temps, et de la distance, sans qu'ils aient même à exiger.
Le petit homme simple ne demande jamais rien pour lui-même. Si ce n'est à la nuit tombée. Dans le vide propice de la boutique sombre, il fait surgir des lucioles du tout petit flacon et convoque à la parade la timide, l'enfant délaissé, le vieillard béat, l'idiot écrivain, un paralytique sur un monocycle (qui n'avait rien demandé!) et la vertigineuse sur son fil, les malfoutus, le chat, l'oiseau, enfin le rat, qui vous dispersera bien vite toute cette petite troupe à la fin de la fête.
Car sa magie est une magie de fête foraine, et quand toutes les boutiques sont fermées, au n°8 de ma rue, seule la Boutique de la Magie diffuse encore sa lueur de lampion et son parfum de caramel et de citron.
Quand toutes les boutiques sont enfin fermées, toute ma rue n'est que magie.  

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags :

La cure de repos d'Isaure Chassériau (Joe Krapov)

DDS 301 100117_081

Situé en lisière d’un bois, l'hôpital psychiatrique était un vaste complexe gris comme notre immeuble. La procédure d’admission dans l’établissement fut relativement simple. On enregistra son nom et son prénom, Chassériau Isaure, sa date de naissance, 1er avril 1818 et les raisons de son admission pour une cure de repos : « hallucinations inexplicables ». On lui donna une chambre agréable avec une fenêtre sans barreaux. Elle se mit tout de suite à la fenêtre, contempla l'immensité bleue du ciel et ne rêva plus de sortir pour partir à la recherche de « sa ville idéale».

Dans un cahier à petits carreaux, elle se mit à noter ses rêves, à parler de ce monde à elle qui l’avait envahie et lui avait fait perdre le sens des convenances nécessaires à la vie bourgeoise en cet an de grâce 1845. Dans le premier cahier elle parle d’un établissement nommé « Le vieux Saint-Etienne », sis rue de Dinan dans une ville nommée Rennes-en-Délires. Derrière le comptoir de ce mastroquet imaginaire, il y avait le patron, un type nommé Camille Cinq-Sens, son « oncle », chez qui passer un samedi sans rire relevait du défi pur et simple. Là en effet se réunissaient de drôles de clients qui jouaient aux cartes en philosophant à haute voix sous forme de « brèves de comptoir » ou de dialogues plus ou moins absurdes.

- Il ne faut pas oublier que dans « Brèves de comptoir, il y a « toir » !
- Et il faut songer que c’est hasardeux d’aller à Thouars !
- J’y suis allé, moi, l’année où j’ai participé au Festival des jeux de Parthenay. Il y avait une jolie fontaine à laquelle il ne fallait pas dire « je ne boirai pas deux tonneaux ».
- Tout ça, c’est une histoire de capacité. Pour un poète ne pas avoir de capacité en droit est moins gênant qu’avoir une incapacité en vers !
- Et contre tous !

D’autres fois Camille Cinq-Sens, Jacques-Henri Casanova et Jean-Emile Rabatjoie s’asseyaient autour d’une table et découpaient des images dans des magazines illustrés.

DDS 301071209_rococo_chanteur_aveugle_480jpg

- Encore un que les clients du coiffeur ne liront pas, disait l’un en jetant le périodique désossé dans la grande corbeille amenée à cet effet !
- Ils ne risqueront pas, c’est un « Télérama ». Je l’ai piqué chez le dentiste.
- Dis donc, il y a longtemps qu’on n’a rien découpé avec les carrés verts ?
- Ah oui, le jeu des douze images en 4x4 ! Mais ça c’est pour écrire et là vous découpez pour que je puisse faire des collages.

D’autres jours, il y avait des animations musicales dans l’établissement. Un guitariste et un accordéoniste venaient s’exciter sur « La Java bleue », « Tel qu’il est » ou « Quitte-moi pendant la coupe du monde » et sur leurs instruments respectifs tandis que deux chanteuses blondes et une rousse papotaient plus qu’elles ne vocalisaient. De toute façon les deux musiciens russes, Krapov et Kaïrakovsky, n’en finissaient jamais de ne pas se mettre d’accord sur la tonalité du morceau, le nombre de croches que le pianiste à bretelles modifiait sur la partition commise par le gratteux à ceinture sur Noteworthy Composer.
- C’est des noires ! Rechante- le pour voir!
- Chanter c’est pour écouter, c’est pas pour voir !

Cette équipe-là, plus jeune, avait un travail et de ce fait ils semblaient plus épuisés et épuisants que les papys découpeurs et fendeurs de cœur.
- Un jour, je serai libre à jamais ! lançait parfois Joe Krapov. J'ai fait tout le chemin qui va de l'école au collège, du collège au lycée, du lycée à la fac, de la fac au travail, j'ai changé plusieurs fois de boîte et pour la première fois on me laissera sortir pour ne plus revenir. Je ne sais pas ce que j'aurai gagné. Un aller simple pour un voyage chez Kirikou l'Ankou ? Le droit de réécrire en phrases courtes la « Recherche du Temps perdu » ? Ou le plaisir du temps retrouvé et des apprentissages aussi tardifs que les vendanges ? Apprendre la sculpture, le dessin animé image par image avec des statuettes en pâte à modeler, faire du théâtre et jouer avec une robe et des chaussures à talons hauts un rôle travesti ? J’ai toujours rêvé d’interpréter le répertoire de Fréhel avec une perruque de Sabine Azéma, un collier de perles et du rouge aux lèvres !
- Maintenant que ce sont des femmes à barbe qui remportent le concours de chant de l’Eurovision, tu peux faire ce que tu veux, tu ne surprendras plus personne ! De toute façon, en Ille-et-Vilaine, tout le monde s’en fout de la musique. Le plus important, c’est de bagouler avec sa voisine et avec une galette-saucisse à la main !
- Je sais ! Je sais ! Je sais que je ne suis pas là pour surprendre le monde mais j’avoue que le monde, lui, me surprend ! Avant on avait le droit de cracher dans la soupe : elle était vraiment mauvaise. Maintenant il n’y en a plus assez pour tout le monde et plus personne ne dit rien. Pire que ça, les gens s’en vont élire des cracheurs professionnels qui seront payés onze mille euros par mois pour foutre le feu à la cuisine !
- Arrête donc de parler de tes glaires, Krapov, on va passer à table d’ici peu, nous ! l’interrompt Camille.
- C’est sûr qu’avant, c’était mieux, commente Kaïrakovsky. Je me souviens que Gabriel, mon frère, piquait des pinces à linge à maman. Il s'en servait pour attacher un bout de carton sur le cadre de son vélo. A chaque tour de roue, cela faisait un bruit de pétarade. Il jouait à faire de la mobylette en gueulant par-dessus ça comme un Apache jusqu'au carrefour. Mais c'est vrai qu'on est devenus tous un peu fous depuis la disparition d'Isaure Chassériau.
- La dernière fois qu'on a eu de ses nouvelles elle était dans le petit village de pêcheurs de Trentemoult, près de Nantes.
- Est-ce qu’elle s’habillait toujours en rose ?
- Paraîtrait que non.

L’oncle Camille s’immisçait volontiers dans la conversation du Club des cinq.

- Avant ça, il y a d'abord eu un autre événement, majeur, primordial en ce qui nous concerne. Nous avons refusé de lire « La Bicyclette bleue » et nous avons préféré fréquenter les filles des forges, dont la fameuse Régine, celle qui avait un boa. Il faut toujours préférer la vie aux livres car les jouissances sont plus diverses et l’exercice ça ne fait pas plus de mal aux gens que de manger cinq fruits ou légumes par jour, même si chez nous c’était plutôt bidoche, patates et charcutaille, histoire d’alimenter sans le savoir notre taux de cholestérock’n’roll !
- Moi je n’en ai pas eu longtemps de cette maladie-là ! répond Krapov. J’ai supprimé le beurre et l’argent du beurre c’est Marina B. qui le dépense quand elle promène son QI sur les remparts de Varsovie ou son quant-à-soi sur les ramblas de Barcelone. Mais c’est vrai, quand Isaure est partie de chez nous, j’ai bien profité de ses archives pour alimenter un site web nommé Rennes-en-Délires. Il fallait faire montre de fantaisie, visiter la cité avec un regard neuf, y piocher de quoi rire ou sourire, réécrire l'histoire de cette ville d'art et de bizarre qu’est Rennes.

***

Isaure neige

Elle prit vite ses habitudes à l’hôpital. Le personnel était gentil et l’effet des cachets qu’on lui donnait ne se faisait sentir que le soir. Comme si, dans la journée, les infirmières s’étaient trompées de médicament. Ou bien, comme quand, après une longue marche, on a les endorphines qui travaillent encore et on se sent prêt à embrayer sur un autre exercice physique.

Comment se faisait-il qu’elle soit autant inspirée ? Au fil des jours les cahiers, car il lui en fallut plusieurs, se remplissaient. D’où venaient tous ces personnages bavards qui coupaient la parole à sa plume, avec lesquels elle semblait tout à fait complice alors que d’habitude, le regard presque éteint, l’apparence toujours réservée, elle semblait posée là, discrète et immobile, comme une cousine de province en visite à Paris, comme si elle était habitée par la peur de déranger un grain de poussière de la surface du monde, comme si elle veillait à ce que, du bouquet d’églantines de sa coiffure, aucune fleur ne tombât jamais ?

- J’ai la réponse, ricanait l’oncle Camille. C’est comme quand ils m’ont donné du Fludex pour mon hypertension. C’était marqué sur la notice ! Ca faisait le même effet que l’EPO en intraveineuse à un cycliste qui planque du fric en Suisse et qui regarde le Tourmalet et Isaac et l’Aubisque de homard les yeux dans les yeux en disant que, sans mentir, c’est Zigomar et Pussomar qui m’ont tuer ! Tes cachets, ma pauvre Isaure, ce sont eux qui font tout le boulot ! Comme le chapeau d’Amélie Nothomb. Retire-le lui et il n’y a plus d’écrivaine. Ou comme celui de Neil Young ! A croire qu’ils dorment avec la nuit ! Des chapeaux de magiciens dont il sort des lapins à profusion et certains ne valent pas un pet.
- Putain ! Et il s’y connaît l’oncle en cuniculiculture !
- En même temps, dit une des deux blondes, ca doit pas être top d’épouser un presti-digi-tâteur ! On ne doit avoir droit qu’à des coïts furtifs !

Fallait-il y voir un signe du destin? Lorsque la nuit tombait les nuages s'assombrissaient, leurs formes devenaient inquiétantes et un enfant apeuré ou un être trop imaginatif y auraient vu peut-être 99 dragons aux aguets attendant Saint-Georges de pied ferme, la gueule prête à cracher le feu. Quand ses paupières devenaient lourdes, Isaure, apaisée, sereine, reposait la plume dans l’encrier et allait se mettre au lit. Elle s’endormait alors très vite et toutes les nuits, elle rêvait qu’elle allait visiter un musée. Elle passait devant une chasse au tigre, des oiseaux hollandais, une jeune mère et son nouveau-né, une scène biblique et lorsqu’elle arrivait devant le tableau ovale avec le magasin de magie, elle entrait dans le tableau, poussait la porte  et elle oubliait tout.

 

DDS 301 isaure et la boutique de magie

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

La marchande de BONHEUR (KatyL)

ka01

J’adore ma boutique arrangée avec goût, on y trouve de tout, du bonheur en paillettes pour en jeter plein les yeux de ceux qui ont perdu cette étincelle au fond du regard, du plaisir à donner pour des nuits sans fin à des gens qui passent des nuits blanches à ruminer leurs défaites, des délices pour papilles qui ont trop fumé et qui ne savent plus la douceur des choses, des fleurs odoriférantes qui répandent un parfum si exceptionnel pour  ceux dont le nez a perdu toute sensibilité , des crèmes de jouvence au bleuet, des poudres à rendre un homme (avachi par des années de football à la télé) fou de sa femme au point qu’elle croira avoir à faire à Apollon lui-même descendu de l’Olympe pour la combler d’amour.

J’ai mis toutes ces poudres dans des flacons anciens aux couleurs si belles.

Ah ! j’en étais là dans mes pensées caressant mon chat noir, lorsqu’elle a ouvert la porte de ma boutique.

ka02

Mademoiselle Barbara Zemotte n’était pas petite (comme son nom ne l’indique pas) mais juste dans la moyenne, presque laide, car mal fagotée jogging et gros baskets !! et la coiffure !! Une passe partout ! Et c’était bien là son drame, pensez donc dans une société où la beauté est critère à tous les coins de rues !

Elle entra timidement et me dit de sa voix cassée.

-« Bonjour Madame Vénus, je suis venue dans votre boutique de magie car il parait que vous connaissez tous les secrets du bonheur et que pour chaque cas vous trouvez la solution. »

-«  quel est votre souci majeur Barbara vous permettez que je vous prénomme Barbara depuis le temps que je vous vois passer devant ma boutique sans jamais en ouvrir la porte, j’ai demandé à notre voisin Tartan Pion qui vous étiez et il m’a tout dit de vous, alors que désirez-vous Barbara ? »

-« voilà, je voudrais être jolie, être désirée et être aimée par un homme qui ne me regarde pas et que j’aime en secret, que pouvez-vous faire pour moi ? »

-« tout mon enfant je peux tout si vous suivez mes conseils à la lettre, ici c’est un magasin de magie

Je suis magicienne et j’offre du Bonheur mais il faut le chercher ce bonheur ça ne vient pas tout seul »

-«  je suivrai tout ce que vous me direz dit-elle en reniflant dans un mouchoir déjà bien froissé ! »

-« asseyez-vous là, déjà vos cheveux il faut faire quelque chose, cette coiffure à la brosse avec une couleur grisaille ! On va commencer par la tête, avalez cette poudre de blond vénitien recueillie sur les toits de Venise avec un grand verre d’eau ! »

ka03

Elle but et au bout de 5 mn ses cheveux se mirent à pousser dans un reflet de champ de blés en été c’en était un enchantement, du coup tout son visage se détendit et elle rajeunit de 10 ans !

 ka04

Barbara lui dit merci avec ses grands yeux tout embués de reconnaissance.

Maintenant passons à vos habits , elle alla fouiller dans une grande malle à trésors où elle avait des robes à couper le souffle du plus mufle et du plus imbécile d’homme qui ne veut rien voir, et elle étala une robe rose de taffetas avec des petites fleurs en ruban cousues au bord de l’ourlet avec une délicatesse digne d’une petite main de chez « DOIR », des chaussures à talons assortis, un jupon en tulle pour ébouriffer la tenue, des rubans dans les cheveux, Barbara était transformée.

ka05

Mais ce n’était pas tout il fallait s’attaquer à l’état d’esprit il fallait qu’elle se voit belle, qu’elle y croie et surtout qu’elle sache émoustiller ce godelureau dont elle était amoureuse, d’ailleurs Vénus s’occuperait de ce Monsieur plus tard !

Elle lui versa au creux de l’épaule là ou des saillies si féminines ne peuvent que toucher le cœur des plus irréductibles, une lotion d’eau de violette de sa composition qui devait rendre Barbara enfin sûre d’elle, et faire succomber le nigaud.

Aussitôt la lotion coulante entre les seins charnus de Barbara elle sentit un frisson inconnu lui parcourir le ventre, sa tête se mit à lui raconter des choses que les oreilles chastes ne peuvent entendre sans en rougir de plaisir.

Vénus s’approcha et vit que ses lotions et ingrédients faisaient leur effet, les yeux de Barbara étaient devenus des paillettes et ses joues devinrent roses comme une corolle qui s’étire au jardin des amours, et dont les lèvres gonflèrent dans un frémissement divin qui reçoit le baiser.

-« bon ce n’est pas tout ma petite Barbara il va falloir que votre Monsieur au fait comment se prénomme-t-il ? Il me faut son prénom pour faire agir mes potions sur lui, avez-vous une photo de lui ?

-« oui la voici il s’appelle Achille ! »

Vénus prit la photo entre ses mains elle le trouvait bien falot et entreprit de faire un travail assez poussé sur cette image, elle émit quelques sons aigus et chanta la barcarole à l’envers histoire de réveiller le terne personnage qu’elle avait sous les yeux, et comme par magie la photographie renvoya un Achille sûr de lui souriant et bellâtre.

Barbara en était toute émue comme une jeune jouvencelle qui se rend au bal un samedi soir.

Vénus lui dit de mettre cette photo dans son corsage tout près de son cœur et de réciter en rentrant chez elle une poésie de Ronsard, puis elle donna à Barbara des gélules de sa composition contenant gingembre et ginseng,  paprika et poivre vert, et autres plantes dont elle avait le secret et qui devaient redonner vigueur à ce piètre amoureux, elle recommanda à Barbara d’aller le voir ce soir prétextant de lui demander un livre de Stephen KING et tandis qu’il la ferait entrer et lui demanderait si elle veut  boire un verre, de lui verser ces poudres dans le sien sans qu’il s’en aperçoive.

Ce qui fut dit fut fait.

Barbara maintenant déambule aux bras de son Adonis d’Achille qui fait le paon tout fier d’avoir cette donzelle si chaude et voluptueuse à son bras, étonné de ses propres prouesses !

Et ils coulèrent des nuits heureuses à rendre jaloux cupidon, et tous les siens, grâce à Melle Vénus et sa boutique de magie.

ka06

                                                     

Moralité : si vous voyez une boutique de magie ! ENTREZ et demandez la marchande de bonheur!!!

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [44] - Permalien [#]
Tags :