04 septembre 2010

Le porteur n'est pas commode, il préfère le bonheur-du-jour (Défi#3) (Joe Krapov)

7 h : 7 heures ? Oser me réveiller à 7 heures du mat’ un dimanche de vacances ? Ca va pas, non ?

8 h : Rasé de frais, l’esprit un peu plus clair, le Dimanche-Ouest-France dans le sac à dos et le croissant au beurre rendu au bout des orteils, j’admets qu’on l’avait bien prévue, cette équipée sauvage dans Nantes.

8 h 05 : La petite Peugeot est pleine à craquer. Assis à la place du mort bien qu'ignorant tout du bridge over troubled water, je suis même obligé de poser mes pieds sur un carton plat. J’espère que ce n’est pas un truc fragile, à l’intérieur !

1008229_0329 h 30 : La cliente, Mlle Fifille, est chez elle, rue Dumoulin, en compagnie de M. Fiston, venu prêter main forte. Il arbore un tee-shirt de geek qui lui va bien au teint.

9 h 45 : Evidemment, dans la rue des Kébabs, il n’y a pas de place pour stationner ! Heureusement, à gauche un peu plus loin on en trouve une dans la rue du Gus maffieux.

10 h : On a fini de crapahuter là-haut le premier chargement. 4 étages sans ascenseur ! On retourne rue Dumoulin en laissant des tréteaux sur la place de stationnement « pour ne pas qu’on nous la pique » dixit Madame Epouse. Moi je crains plutôt qu’on ne nous embarque les tréteaux !

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10 h 15 : Mais c’est quoi ces cartons ? Elle a jamais déménagé ou quoi l'étudiante ? La mini-chaîne avec ses deux baffles dans un carton même pas scotché au fond, elle a vraiment pas peur ! Faiche, comme on dit chez Claire Bretécher ! (Madame Wiki m’apprendra plus tard que cette native du bélier est née… à Nantes !).

10 h 30 : 1er étage : 10 marches, un coude, 10 marches ; 2e étage : 13 marches, un coude, 11 marches ; 3e étage : 6 marches, un coude, 7 marches ; 4e étage : 6 marches, un coude, 9 marches plus étroites et plus raides que les autres ! Ils ont vraiment tout fait pour qu’on se casse la gueule, les architectes nantais ! Mais les Rennais résistent !

11 h : Comme il n’y a que deux places dans la voiture, je laisse madame Epouse et M. Fiston faire la navette en caisse ( !) et je marche du studio à l’ex-piaule. Sur mon chemin, je trouve moyen de repérer une voiture décorée d’un fer à cheval et une boutique de coiffure qui s’appelle « Je reviens de suite » !

11 h 30 : Arrêt des hostilités pour cause d’estomac dans les talons. Les clients m’emmènent dans un « Routiers » où on avait bien tortoré la dernière fois qu’on avait fait du transbordement à Nantes.

12 h : En général les Routiers sont sympas mais plus celui-ci ! Le Gasthaus a changé de nom, de cuistot, de carte et de tarifs ! Je n’ai pas retrouvé ma pizza « Pescatore » et la « Rosa » tiédasse avec ses feuilles d’épinards crus décorées de trois gouttes de crème fraîche, c’est limite du foutage de gueule bobo, non ?

13 h : C’est aussi une drôle d’idée que d’installer la terrasse entre la piste cyclable et les rails du tramway : chaque fois que le bestiau passe, on n’entend plus ce qu’on mange !

13 h 30 : Le café gourmand est très bien ! A 6,50 euros, il peut ! Si je reviens ici, je ne commanderai que1008229_034 ça et un verre d’eau du robico parce que la carafe de rosé de Provence de 50 cl à 16 euros, ça donne envie d’aller faire bouffer au bistrotier sa baisse de TVA à 5,5% non répercutée au client !

13 h 45 : Comment ça, « L'addition est pour toi » ? Elle se paie ma tronche, la cliente, ou quoi ? Madame Epouse me fait valoir que le Bon Dieu me le rendra. Je me vois, tiens, en train de demander des comptes ou des contes à Ludivine ! Soit disant que Mlle Fifille et moi on serait parents à la mode de Bretagne ! Mais à ce tarif-là, on deviendra jamais riches non plus ! Déjà qu’on paie le loyer !

1008229_035bis14 h : On retourne au turbin, ce malgré l’ambiance « Millionnaires du dimanche ». En route on croise le Maneken pis, des bateaux sur l’Erdre, des orchestres qui font leur balance. Car non seulement on bosse un dimanche mais en plus on rate la Fête de la musique locale ! Consolons-nous : Favet Neptunus Eunti ! Neptune favorise ceux qui marchent !

15 h : Un transporteur au prénom espagnol est venu renforcer l’équipe avec sa Citroën Saxo. Il ne reste plus que le canapé, heureusement démonté, et le futon en trois morceaux. 2 voyages seront suffisants.

16 h : C’est fini. Après un peu de nettoyage dans l’ancien gourbi, on rentre à Rennes sous ce soleil radieux qui vient toujours narguer le monde l’avant-veille du retour au boulot !

17 h 30 : Je vide une demi-bouteille de limonade !

18 h : Pourquoi j’ai une soudaine envie de m’endormir dans mon bain, moi ?

19 h 30 : Pour le dîner, une bière blanche me suffit. Je suis encore en train de digérer la pizza et le verre de rosé bio de luxe ! (Le lendemain, je retrouverai dans ma poche de veste le ticket de la brasserie Paul à Rouen où la même prestation nous a été facturée 7,80 €, soit moitié moins cher !)

21 h : Bonheur-du-jour ! Seul devant mon ordinateur, j’ai enfin réfuté le coup. 6… f5 dans le gambit Morra de la défense sicilienne ! Je le savais que c’était un coup foireux  mais je me cassais les dents depuis vendredi sur cette partie d’échecs au niveau 6. Je vous donne la solution, elle vaut le jus, je trouve !

dds_2010_ete_9_gambit_morra1. e4  c5 2. d4  cxd4 3. c3  dxc3 4. Nxc3  e6 5. Bc4  f5 6. exf5  exf5 7. Qb3  Nf6 8. Bf7+  Ke7 9. Nf3  Nc6 10. o-o  d6 11. Re1+  Kd7 12. Nb5  Qb6 13. Be3  Qa6 14. Bc5  Na5 15. Qe6+  Kd8 16. Qe2  Ne4 17. Rad1  Nc6 18. Bc4  Qa4 19. Bxd6  Bxd6 20. Nxd6  Nxd6 21. Rxd6+  Kc7 22. Bb5  Qxa2 23. Red1  f4 24. Qc2  Kb8 25. Bxc6  bxc6 26. Ne5  Bb7 27. Nxc6+  Bxc6 28. Qxc6  Qa5 29. R6d5  Qb6 30. Rb5  Qxb5 31. Qxb5+  Kc7 32. Rd7+  Kc8 33. Qb7+

Comment ? Ca ne parle à personne, ici, ce charabia ? Même pas le sacrifice de fou au 14e coup ? Tant pis, je jubile quand même !


22 h : Finalement j’ai bien fait de poser le lundi 30 comme jour de congé avant de reprendre le travail mardi. Peut-être, par un coup de chance insoupçonné m’arrivera-t-il demain une espèce de miracle qui me fera sortir de la catégorie « Fous contemplaintifs de la 44e D.B.D.B.* » ?

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28 août 2010

Défi #3 : Miss Ter (Flo)

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Les congés payés font également partis d’un emploi du temps. Je ne suis pas certaine que vous parviendrez à me suivre et pourtant je m’essaye depuis le début et en suis à 10 jets. Vous décrire 10 heures qui s’écoulent heure par heure, c’est un peu vous dépeindre des heures qui se suivent sans rythme militaire. Alors en découvrir un métier s’avérera difficile parce que chaque fonction fait au moins une pause annuelle de 5 semaines (3+2).

 

Décrire un matin levé et ensoleillé depuis deux heures, un petit déjeuner solitaire ( confiture maison), le choix d’un défi ( le troisième de son existence) sans trop compter dans la matinée, bercée par les cigales à sentir une mèche de cheveux contre la joue que le vent pousse comme une caresse et à humer l’air marin sur une chaise longue en plein soleil. Il est 11 heures. Je vais me faire un café.

11h30 :Je viens de me rendre compte que mes trois ânesses ont mangé le dessin de F et M : en lambeaux les morceaux de 0 à 9 (…). Chronos et Géo se sont accordés pour donner des signes réels dans le Mont de Flo par la déchirure des univers alentours : disparition de la clef de sol, de la perle nacrée et sombrée du Yin et du Yang cachée dans un infini en huit sous forme de coquillage. Seule la paix demeure en son entier (exit toutefois le mouton : il ne reste que la tête). Ces signes qui rappellent la séparation de deux univers qui ne faisaient qu’un. Un Nord et un Sud. J’ai choisi le défi #3 : Miss Ter. La Miss et le trois qui sont en moi sonnent sur le « Terre-Terre » comme un tertiaire, une note supplémentaire dans l’atmosphère. Il doit certainement être midi. Je vais chercher ce journal intime qui me suit et qui s’était déjà imaginé en journée programmée.

12h05 : je relis cette journée du mardi.

12h30 : Je vais la prendre en photo ( j’aurai comme ça répondu au défi en évitant de me mettre les admi-e-s à dos). Plus besoin de l’écrire puisque c’est déjà fait. Je gagne du temps. Je relis un double trois (33 ans)…Je vais aussi prendre le dessin « tourbillon et stagnation » en photo en son entier avant qu’il ne se retrouve en mille morceaux… Le zéro s’est incrusté… mais il peut être invisible… Ainsi l’équation devient : « 3=E » : « La somme des Ter en leur contraire, (trois-très-3) est l’existence » : c’est le principe absolu de notre mystère.

13h15 : Repas : salade de tomates au basilic. Je sors 3 assiettes au lieu de 2 ( !)

14h00 à 15h00 : épilation d’entretien, bain de soleil et rafraîchissement dans l’eau douce aux poissons rouge du bassin du sud.

15h à 16h00 : transfert des photos et photoshop

16h à 17h00 : Le soleil est caché par de hauts nuages cotonneux. Reprise de photos et réduction des tailles

17h00 à 18h00 : illustration du texte

18h00 à 19h00 : traitement de texte

19h00 : relecture…FIN.

 

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17 juillet 2010

CHAPITRE II-2- : L’été (Flo)

Employer son temps, même en été, c’est tentant pour ne pas dire reposant.

 

Les maux de Flo et Olivier, les chaînes et défis…, il y eut quelques moments pour le dire…au moins cents dans mes souvenirs.

 

Quelques uns se sont égarés ou arrêtés à la gare du Nord pas très loin d’un Paris criminel qui guettait (à en foutre les foies…presque).

 

(Flo /Elle)/ (moi/je) : « Je goûte peut-être mon dernier été dans le Nord. Dès Août, je vivrai le choc thermique et les bassins du Sud » /…/ Olivier l’a mise K.O. « Elle » = « l’ »/…/. Un temps de repos est nécessaire pour rebondir et attaquer le deuxième round…

 

Nous nous sommes un jour, toutes et tous plongé-e-s dans des histoires héroïques, avec notre personnage à moins que ce ne soit dans un Océans, l’air au vent, libre de toute contrainte, à explorer des coins autrefois oubliés, des coins fraîcheurs comme cette grotte  que cachait la forêt luxuriante contemplée.

 

Surtout si l’été est chaud !

 

« Allo Cité

Allume c’t’été

Altruisme Si chaud

Alter si gros

Alerte Cigalles

Alphonse s’y gare »

 

Défis #1 ; #3 ;# 101 ( ;-)

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10 juillet 2010

Chapître I - Défi n°3, L’emploi du temps.. (Fafa)

- Lieutenant !

- Oui qu’est-ce qu’il y a ?

- Un appel d’un vigile qui signale un véhicule abandonné dans le parking souterrain qu’il surveille.

- Et alors ?

- Ben et alors il faut aller contrôler...

- Contrôler quoi, j’y comprends que dalle Durand, de quoi tu m’parles ?

- Ben quand une voiture est « abandonnée » (il marqua ces guillemets d’un double aller retour rapide de l’index et du majeur de chaque main comme si son ton n’y suffisait pas), il faut qu’on aille enquêter sur place pour s’assurer du pourquoi et du comment, voiture volée, accident du proprio, et caetera...

- Et c’est à moi de m’y coller ? Y a pas quelqu’un d’autre, un bleu ?

- Désolé Lieutenant mais pour enquêter il faut un OPJ et vous êtes le seul dispo ce soir, le gardien ne put retenir un léger sourire, tiens, autant pour les bleus.

 

A peine arrivé sur place, le parking était situé au sous-sol d’un immeuble de bureau dans la zone du pôle technologique, le vigile lui sauta littéralement dessus.

 

 - C’est moi qui a découvert le véhicule suspecte Inspecteur !

 - Bonjour, LIEUTENANT François Roste, où se trouve la voiture ?

 

Le vigile guida le lieutenant jusqu’à la place numérotée deux cent trente six au deuxième sous-sol, il aurait put le suivre les yeux fermés tant il exhalait l’aftershave bon marché à plein nez.

On se serait cru dans un épisode particulièrement mauvais de Plus Belle La Vie, des kilomètres de rubalise rouge et blanche étaient tendus entre les piliers, les conduites d’eau usée et les chemins de câbles électriques à tel point qu’il fallut quasiment que le lieutenant passe dessous à plat ventre pour approcher de l’étrange voiture stationnée derrière.

Encore un qui s’est fait bouler du concours de gardien de la paix et qui s’est consolé en trouvant une place de vigile, la bombe lacrymo c’est moins classe que le Sig Sauer mais ils ont l’uniforme se lamenta-t-il silencieusement.

 

 - C’est quoi comme marque ?

 - J’sais pas, j’connais pas, une étrangère à coup sûr, lâcha le vigile avec une pointe de mépris, moi j’dis qu’on devrait retirer la nationalité française à tous ceux qu’achètent pas franç....

 - Elle est fermée ?

 - J’en sais rien moi, j’ai touché à rien en vous attendant...

 

Le lieutenant enfila un gant jetable, saisit la poignée du bout des doigts, ouvrit la portière conducteur et se pencha à l’intérieur. L’habitacle embaumait comme le rayon cosmétique d’un Monoprix !

 

 - Ouais, rien touché... Vous n’auriez pas vu un truc intéressant des fois par une vitre ? Ca m’éviterait de perdre mon temps à chercher...

 - Ben c’t à dire, i’s’pourrait bien qu’il y ait un agenda dans la boîte à gants, ma femme c’est toujours là qu’elle le range le sien quand on prend la Fuego...

 - Merci, allez m’attendre dans votre...

 - P.C., c’est notre P.C. comme qui dirait, j’ai du café chaud si vous voulez ?

 - Merci, je verrai plus tard.

 

Le lieutenant ouvrit la boîte à gants qui sans surprise contenait un agenda. Bon, qu’est-ce qu’il y a d’intéressant là-dedans ? Pas de nom, pas d’adresse ni de téléphone ni au début ni à la fin bien sûr, bon, huit, neuf, ah ! samedi 10 juillet.

 

09h15 Teinturier
09h30 Appeler Uwe Schröder
10h00 Ernst aux incubateurs / vérifier tension échantillon de référence
12h30 Déjeuner avec Estrosi
15h00 Ernst vérifier MEP cartouche réacteur
16h15 Poubelle salle de pause
16h30 Teinturier
17h00 VOYELLE

 

Ça m'a l'air d'être du beau linge mon client. Je vais peut-être pas taper Cricri tout de suite, en demandant au vigile ou au gardien à l'entrée dans le hall de l'immeuble, y en a bien un des deux qui connaîtra le sieur Ernst, c'est pas si courant comme patronyme.

 

Le lieutenant se dirigea vers le « P.C. » où l’attendait le vigile.

 

 - Re. Est-ce que par hasard vous connaîtriez un dénommé Ernst ? Il doit travailler avec le ou la propriétaire de la voiture.

 - Nan, désolé mais ça m’dit rien ce blase. Vous savez, les gens sont pas très loquaces en général, c’est à peine si ils me voient. Mais heureusement que j’suis là pour surveiller parce que des fois y a quand même des trucs pas clairs dans les parkings souterrains...

 - OK, merci quand même. Il doit y avoir un gardien là-haut pour les bureaux ?

 - Ouais, c’est Roro ! Robert Francis en fait, mais comme on est pote je l’appelle Roro vous voyez. Vous voulez lui parler ?

 - J’aimerai bien oui. Où est-ce que je peux le trouver ?

 

Après un bon quart d’heure d’indications ponctuées d’anecdotes toutes plus « savoureuses » les unes que les autres, le lieutenant finit pas avoir un plan complet de l’immeuble et savoir qu’il suffisait de prendre l’escalier en face du bocal du vigile pour trouver juste en face de la porte le bureau du gardien.

 

Celui-ci, sans doute consciencieusement prévenu par téléphone par le vigile, attendait le lieutenant un énorme cahier dans les mains.

 

 - Bonjour Capitaine, Robert Francis, j’suis l’gardien. Nono m’a appelé pour me dire que vous cherchez Ernst c’est ça ?

 - Bonjour, LIEUTENANT Roste, oui c’est ça, vous le connaissez ?

 - Pour sûr que j’le connais, j’connais tout l’monde ici. Tenez, regardez ! Et il tendit le grand cahier à spirales au lieutenant. Ernst Moritz Arndt, il bosse chez B.N.G, Bioengineering for New Generations. Ils ont un demi étage rien que pour eux, au huitième. Vous pouvez prendre l’ascenseur là-bas si vous voulez.

 - Merci bien. Vous savez ce qu’ils fabriquent ?

 - J’ai pas trop bien compris, ils sont pas très causant sur le boulot.

 - Encore merci Monsieur Francis, je vais voir ça avec eux directement, bonne journée.

 - Appelez moi Roro Capitaine, à vot’ disposition.

 

Le lieutenant se dirigea vers l’ascenseur indiqué en essayant de traduire le nom de la société. Bioengineering ? j’aurais mieux fait de bosser un peu plus mon anglais moi...

 

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29 mars 2008

Emploi du temps - Miss-Ter

Huit heures... Le marteau heurte les demi sphères moulées dans le métal et déchire le silence du petit matin...

A tâtons, ses doigts malhabiles, engourdis de sommeil, parviennent à stopper la sonnerie stridente. Sa masse osseuse jaillit du lit, enfile des charentaises et se dirige vers la cuisine... Il fait chanter le café noir sur le gaz et rince rapidement un bol qu’il extraie d’un amas de vaisselle grasse... Dix tasses et quelques sans filtres plus tard, il a enfin l’illusion de supporter le poids du monde.

Neuf heures. Il est revenu dans la chambre, a ouvert les fenêtres pour laisser l’air humide envahir son deux pièces. Les célibataires sont à la fois compositeurs, chefs d'orchestre et exécutants de symphonies méticuleuses : l’eau de la douche qui s’infiltre dans tous les recoins de sa personne, l'hésitation de la lame qui cherche un poil rebelle dans un repli du cou, le froissement soyeux du noeud de cravate, le frottement du chiffon sur le cuir usé des chaussures en rythment les cadences.

Dix heures, il boutonne son pardessus, ferme sa serviette en cuir noir, bistrée et culottée par des années de bons et loyaux services, et, en fermant à double tour la porte du palier, pose un cadenas sur l'intime. La cage d'escalier conserve la mémoire des ronflements et l'odeur rance des nuits de vieillards. Au rez-de-chaussée, la concierge catarrheuse grommelle en traînant deux poubelles vides sur un sol douteux. Il s'appuie sur le lourd battant de fer forgé et de verre dépoli.

Son véhicule l’attend fidèlement comme chaque matin. Au son de Beethoven, il se dirige avec languison vers son travail.

Onze heures, sa rêverie est brisée ; dans la densité poisseuse de la brume du jour, le bâtiment se dresse face à lui. Routinier, il gare sa berline sur un emplacement qu’il s’est réservé. Rapidement, il jette un coup d'œil aux panneaux d'information, prend son courrier et « blablatte » avec un collègue devant la machine à café. Ce matin, celle-ci ne sert que des cappucinos, une boisson « chimiricolorée » qui ne lui permet pas de sortir de sa léthargie.

Midi sonne.... dans la cohue, les cris et les rires, il tente de rejoindre son « antre » de travail : une pièce aux stores déchirés, une peinture d’un vieux jaune défraîchi, un bureau sur lequel s’entassent papiers et livres.... le vide se remplit d’une armée tumultueuse, bruyante et joyeuse. Les livres claquent sur le bois des tables de travail gravées par d'innombrables hiéroglyphes. Mais au fil des heures, les yeux sont ternes et les mines chiffonnées, tous sont transportés dans une torpeur nauséeuse. Deux heures passent (désolée Val... mais heure par heure, c’est long !....), interrompues par une cloche qui annonce l’heure du déjeuner....

Quatorze heures, il se dirige avec lenteur vers la salle de restaurant et s’installe au milieu de ses semblables. Il les écoute d’une oreille distraite et attend que la logorrhée se tarisse. Perdu dans ses pensées, il perçoit quelques sons, des ébauches de mots qu’il ne saurait déchiffrer. Le vacarme des discussions enveloppe son esprit, le cerne d’une enceinte de non-sens. Dans son assiette, la purée de pois chiches coagulée achève sa longue descente dans l'enfer de la fécule. Il sort respirer sous l'arcade, seule la braise de sa cigarette révèle sa présence.

Quinze heures, d’un pas lent, il entame les deux dernières heures (eh ! oui Val.... encore deux heures d’un coup !...) de sa journée. Des minutes qui s'émiettent, s'effritent dans un ennui implacable. Une journée agonisante comme les autres. Il est usé, lassé..... Les ans ne passent pas impunément…. Aujourd'hui pour lui, les marches sont plus hautes, les caractères d'imprimerie plus petits et son visage dans le regard des autres plus marqué. Sa voix tremble, le regard est perdu mais il continue à égrainer impassiblement son discours face à une assemblée apathique. Enfin, c’est terminé, il ramasse ses affaires et sa lassitude dans le tohubohu de la sortie.

Dix sept heures, il reprend le chemin du retour dans une brouillasse encore plus épaisse, retrouve le même emplacement qu’il avait quitté le matin. Avant de s’engouffrer dans l’immeuble qui sent le chou et le graillon, il remonte le boulevard englué dans la brume. Il se récite sa journée, une parenthèse de plus dans sa vie et les passants le considèrent de cet oeil goguenard que l'on jette aux débris urbains qui soliloquent et se donnent en spectacle. Encroûté dans ses habitudes, il entre chez son traiteur et choisit de la langue de veau qui croupit dans une sauce gribiche solidifiée...

Dix huit heures, il est de retour chez lui, pose sur la table de formica le plat préparé et mange sans véritable appétit. L’assiette sale est allée rejoindre ses semblables dans la cuvette débordante. Il s’installe dans l’unique fauteuil aussi craquelé que sa carapace, autour de lui, des livres et des journaux éparpillés, des couches de vêtements. Il sort des feuilles de sa sacoche, quelques niaiseries de plus qu’il va devoir lire.... Il se prend à rêver : encore quelques mois et ce sera fini.

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Un metier d'homme - J-F & V

8h : J’arrive dans mon petit salon de bois vernis et cuir bordeaux qui a pignon sur rue. Avant toute chose, je vérifie la propreté du lieu. L’hygiène dans mon métier, c’est indispensable !

8h30 : Mon premier habitué entre. Toujours ponctuel ! Depuis des années, il vient 6 jours sur 7. Je l’installe dans « son » fauteuil. Il est toujours curieux des préparatifs. Chacun de mes gestes est observé, analysé. Dès les premiers soins, il se détend, il se cale bien confortablement et s’abandonne. Il sait pourtant qu’il est à ma merci. Ma technique est celle du très très près. Pendant les soins, j’entame une conversation virile. Conversation n’est pas le bon mot. Monologue serait plus juste car dans la position où se trouve mon fidèle client, il peut difficilement me répondre !

8h50 : Mon habitué a payé. Il est parti direction la brasserie à deux pas d’ici. Deuxième rite de sa journée : prendre un petit crème en lisant le journal. Lorsque mon carnet de rendez-vous m’en laisse le temps, il m’arrive de l’accompagner pour refaire le monde. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, alors je balais. Vous savez : l’hygiène dans mon métier … c’est indispensable. 

9h : J’accueille mon rendez-vous suivant. C’est la première fois qu’il vient. Comment sera-t-il ? Craintif ? Nerveux ? Confiant ?... Nous faisons connaissance. C’est un tout jeune homme et demain il se rend à un mariage. Mon métier, plutôt rare, mais bien dans l’ère du temps, c’est aussi de l’esthétique ! Dans la société actuelle, l’aspect extérieur est un critère social important !

9h15 : Je prépare mes pots, m’active autour de ce nouveau client, lorsqu’un chaland entre. Je finis l’acte en cours et interroge l’homme :
- Que puis-je pour le monsieur ?
- J’aurais besoin d’un débroussaillage, m’explique-t-il accompagnant sa phrase d’une gestuelle imagée. Vous auriez une petite place pour moi, entre deux ?
Un petit mot à mon client qui attend sagement dans le fauteuil et je me rends à mon bureau pour consulter mon emploi du temps :
- Mon client de 16h30 s’est désisté, 16h30, ça vous convient ?
- Parfait.
- Je peux avoir votre nom !?
- Impérial, me répond l’homme et il ajoute avec un clin d’œil en se dirigeant vers la sortie, c’est de circonstance !

J’accueille, je prépare, je soigne, j’esthétise, je cause, j’encaisse bien sûr : ainsi se passe ma matinée.

12h45 : Grand ménage : vous savez l’hygiène…

13h : Pause déjeuner : je vais au bistro du coin. Christiane, la serveuse, et Rolande, la patronne, sont aux petits soins pour moi : je suis un habitué de ces dames, j’ai ma petite table réservée dans le fond de la salle.

14h : Retour au salon. Je prépare ma sacoche et je prends mon agenda. Je me rends au domicile de mon premier client de l’après-midi. Dans la rue, il m’est déjà arrivé que l’on m’appelle docteur !
Mon premier patient est un homme très âgé quasi grabataire. Mon arrivée est toujours source de joie. Il se sent si seul ! Si mon travail est apprécié, ma compagnie l’est encore plus ! L’hygiène, l’esthétique : je vous en ai déjà parlé !?
Mon « im-patient » suivant comme j’aime à l’appeler est un jeune chef d’entreprise. Dynamique, toujours entre deux rendez-vous. Il n’a pas de temps à perdre, mais il sait que les soins que j’apporte lui sont indispensables. Si j’osais, je vous dirais que parfois j’ai l’impression de lui faire l’effet d’une masseuse thaïlandaise…

16h : Je suis de retour au salon. Mon habitué est déjà là. Je réédite des gestes mille fois répétés : j’installe le sieur dans le fauteuil, protège ses vêtements d’une large blouse blanche. Je prépare mes accessoires, mes pots : baumes, huiles. La serviette « plus blanche que blanche » posée sur l’avant bras, je commence les soins.
Les clients s’enchaînent toutes les demi heure. Il faut prendre le temps, savoir les écouter. Ils doivent se sentir bien.

17h20 : Une donzelle entre. Sans cesser de m’occuper de mon client, j’y vais de mon : « La petite Dame s’est perdue ? »
Mais non, la briseuse d’intimité vient prendre un rendez-vous pour son mari ! Ici c’est un lieu dédié aux hommes, un sanctuaire de la masculinité ! Je n’aime pas que ces dames y stationnent. A peine le rendez-vous noté, je la reconduis illico presto vers la sortie.

17h45 : Eponge, serpillière, c’est le balai ménager. Vous savez ?... L’hygiène dans mon métier… 

Si mes parents avaient anticipé, ils m’auraient appelé Figaro…
Je manie blaireau, ciseau et rasoir, moi le barbier de cette ville.

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Agenda - Brigou

8h : Je prends connaissance que la nuit dernière a été calme. Le veilleur a noté sur le cahier « RAS ».

9 h : Pendant que les réveils s’échelonnent et que tous semblent déjeuner tranquillement, je peux lire les dernières observations annotées par mes collègues.

10 h : Le rythme s’accélère. Certains doivent se rendre impérativement à leurs rendez-vous hebdomadaires, d’autres à leurs activités sportives.

11 h : Ma collège vient faire la doublure. Nous en profitons pour réunir le groupe afin d’aborder quelques points importants des règles de vie et évoquer notre futur camp aux vacances de printemps.

12 h : C’est l’heure de passer à table. Ceux qui sont de service vont chercher les plats en cuisine.

13 h : Chacun a rejoint sa chambre et pendant ce moment de calme, j’en profite avec ma collègue pour boire un café et échanger sur le planning horaire pour ces quinze prochains jours.

14 h : Rassemblement du groupe dans le salon pour organiser l’après-midi.

15 h : Départ pour une randonnée, pour certains c’est la fête pour d’autres c’est l’activité non choisie mais qui a été retenue à l’unanimité.

16 h : Il est temps de s’arrêter et de sortir le goûter des sacs à dos.

17 h : Retour à l’établissement, chacun vaque à ses occupations. Bientôt ce sera l’heure de la douche !

18 h : J’ai fini pour aujourd’hui. Ma collègue va assurer seule cette fin de journée et soirée. Je souhaite au groupe une bonne semaine car pour ma part je serais absente quelques jours, il me reste des congés trimestriels à prendre.

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Quelle journee! - Val

8h00 . Enfilage de la nouvelle blouse blanche pour essais. 

9h00. Faire tester le nouvel anneau et le retardateur en spray et recueillir l’avis du testeur. Noter scrupuleusement les réponses.

10h00. Préparer la réunion de 17h00 avec la cliente chez elle et lui proposer quelques poudres magiques.

11h00. Commander la nouvelle collection en édition limitée rose fluo.

12h00. Déjeuner avec une amie. Dessert : Boules pistache vanille.

13h00. Faire prendre le bain aux canards.

14h00. Sortir mon pinceau blush de ma trousse à … maquillage !

15h00. M’exercer à promouvoir le nouveau jeu de société.

16h00. Gouter la nouvelle crème parfum fraise et le nouvel œuf de Pâques.

17h00. Arrivée chez la cliente avec mes valises.

18h00. Fin de la journée. Retour et massage( bien mérité)aux huiles essentielles.

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Emploi du temps - Janeczka

8h00 Le reveil sonne une premiere fois.
8h15 Le reveil sonne une deuxieme fois.
8h30 Petit dejeuner a moitie reveillee.
8h50 Aller au boulot - encore a la bourre.
9h10 Arrivee au bureau.
9h15 Premier cafe.
9h40 Travail.
10h00 Tour des blogs.
11h25 Deuxieme cafe.
11h30 Simultanement, appel telephonique d'une collegue dans un autre departement.
12h30 Pause dejeuner.
13h30 De retour au bureau.
13h40 Troisieme cafe.
14h00 Poster billet sur blog perso.
14h25 Petit tour sur MySpace/Fesses Bouc/ YouTube.
14h45 En parallele, tchatter avec les copines sur MSN.
15h20 Nouveau record au Solitaire.
15h30 Demineur: perdu - gagne - perdu!
15h45 Encore un peu de travail.
16h00 Pause gouter.
16h20 Quatrieme cafe.
16h40 Un Freecell pour se detendre.
17h00 Nouveau defi sur les jeux en ligne.
17h20 Encore un peu de travail.
17h30 Rentrer a la maison.
17h55 Enfin rentree apres etre coincee dans quelques bouchons.
18h00 Je m'installe sur l'ordi.

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Defi #3

Rédiger un emploi du temps sur une journée (disons de 8h00 à 18h00), renseigné heure par heure, d’un personnage exerçant le métier de votre choix.

Le côté amusant serait que vous ne révéliez pas sa profession et qu’on doive la deviner ;).

Posté par Janeczka à 12:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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