19 avril 2014

Participation d'Epamine

ep01

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Minuscule ! (EnlumériA)

Ratatiné sur sa chaise comme un vieux salsifis tout sec, le petit homme se tenait de guingois. C’était comme si l’ensemble de son approximative anatomie avait été revisité par un origamiste malveillant. Ses yeux cernés racontaient qu’un sommeil réparateur l’avait déserté ses nuits depuis des lustres.

— Cela fait longtemps que vous souffrez de ces douleurs ? demanda le médecin.

Le petit homme répondit par le truchement d’un imperceptible murmure. Il s’exprimait comme à regret. On aurait dit qu’il ne voulait pas faire le moindre bruit.

— Depuis que je suis arrivé à Paris. Il y a six mois.

— Parlez plus fort. Personne ne va vous manger. Déshabillez-vous, s’il vous plaît.

Le petit homme se leva avec précaution, non sans avoir jeté un regard craintif autour de lui. Ses gestes étaient lents, furtifs, exaspérants. Le médecin, qui pourtant en avait vu d’autre, fut impressionné par sa maigreur et la lividité de sa peau encombrée çà et là de multiples ecchymoses. 

— Par tous les dieux ! Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Quelqu’un vous a frappé ? Tournez-vous pour voir. Aïe ! C’est bien ce que je craignais.

Le petit homme baissa les yeux, comme pour s’excuser d’exister.

— Il ne faut pas rester comme ça, continua le médecin. Je vais vous prescrire des soins, mais ce qu’il faudrait surtout, c’est avertir la police.

— Oh non, bredouilla le petit homme. Ce n’est pas ce que vous croyez.

Le médecin examina rapidement l’homoncule. Tension trop élevée. Langue chargée. Fond d’œil ? Un désastre. Et le cœur ? Le stéthoscope raconta que celui-ci n’avait aucun sens du rythme.

— Bon ! Je vais vous prescrire un fortifiant et des tranquillisants. Et puis quelque chose pour soulager la douleur. Mais racontez-moi ce qui vous arrive. Tous ces bleus, c’est quoi ?

— Je me cogne, docteur.

Le médecin leva les yeux de l’ordonnance qu’il rédigeait et scruta son patient d’un air sceptique.

— Vous vous cognez ? Où ? Dans quoi ?

— Dans les meubles. Contre le plafond. Les murs. Un peu partout.

— Un peu partout ? Vous avez une mauvaise vue ?

— Non, ma vue est excellente. C’est simplement que je vis dans un studio.

— Désolé, je ne vois pas.

— Un studio minuscule.

— Minuscule.

— Trois mètres carrés, sous les toits. Juste la place de mettre une couchette, une petite table et un tabouret. La télévision est posée par terre. Pour la toilette, ben… c’est dans l’évier, sous la mansarde. Je ne peux me tenir debout que près de la porte. Pas de place. Je me cogne partout.

— Ah bah oui, je vois ! Mais vous ne pouvez pas chercher quelque chose de plus grand ?

— Plus grand ce serait trop cher pour moi.

— Oui. Je suppose que vous payez un loyer… minuscule.

Là, le petit homme sortit de ses gonds.

— Non, docteur. Mon loyer, il est MAJUSCULE !

 

 

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Mpolitique (par joye)

Minuscule et Majuscule

Formèrent un petit groupuscule

Voulant bien qu’on se bouscule

Devant leur vaseux opuscule.

minuscule et majuscule jpeg

Mijuscul’ fit Manuscule

Pour éclairer le crépuscule,

Et Manujiscul’ prit pont-bascule

Pour fair' le poids du corpuscule.

flip

Fallait bien que ça bascule,

Quand l’un perdit son grand oscule.

L’autre cria « Ça m’émascule ! »

Et ça mit fin au groupuscule.

strike

Moralité :

Les sujets d’un principicule

Sont mieux sans Manu-Majiscule.

ouf

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Vacances (MAP)

   AH ! Enfin les vacances ! OUF !!!

Même si je ne suis qu'une petite ouvrière

j'ai mis suffisamment de sous de côté

pour me payer un séjour "ESCALADE"

 dans un lieu idyllique et botanique

comme j'en ai toujours rêvé !!!

Voulez-vous que je vous mette

au parfum ?

Eh bien voilà : admirez la prouesse !

"En plein effort" !!!

 

La p'tite fourmi et le coeur de pivoine - Copie

 

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Participation de Fairywen

 

Tout petits.

Samedi dernier, je réfléchissais au thème des Défis du Samedi tout en allant à la ferme voir mes chevaux. J'avais élaboré différentes hypothèses, toutes assez séduisantes, lorsque tout à coup, en arrivant à l'écurie, le texte s'est imposé de lui-même, car à côté de mon cheval, j'ai découvert cette scène :

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

des tout petits, minuscules cochons nés durant la nuit en train de téter leur énorme maman...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

Alors plutôt qu'une histoire, et bien que je n'ai qu'un vieux portable comme appareil photo, j'ai décidé de vous faire partager ça via un petit reportage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

 

Comme mon portable me permet quand même d'égayer un peu les photos, je me suis amusée...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

Ceci dit, je vois venir vos remarques...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

 

"Pourquoi tu n'utilises pas photoshop ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

Parce que je n'ai qu'un tout petit ordinateur portable pas assez puissant pour ce genre de logiciels !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

Mais revenons à nos moutons... euh... nos cochons !!

Le lendemain, la deuxième maman avait mis bas, mais étant donné qu'elle est un tantinet agressive, je n'ai qu'une photo...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

Et pour finir revoilà la première portée...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Défi 294 du samedi 12 avril 2014

 

 

 

... qui fait de beaux rêves !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'était Fairywen, en direct de la ferme, pour les Défiants du Samedi !!

 

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Mia (Pascal)

Bonjour Mamy, laisse-moi tout te raconter :

Je m’appelle Mia !...

Je suis un peu en avance mais j’ai tellement entendu des douceurs, si près de mon ventre protecteur, qu’il a fallu que je découvre le monde et ses auteurs !

Poussez-vous !... C’est moi que voilà !... Ben dis donc, c’est tout beau ici… Ils ont tous des sourires ravis et il n’y a que moi qui pleure, ce n’est pas juste ! Mais arrête de me taper sur les fesses, toi ! Et alors, pour un peu, je penserais que tu y prends goût !

Papa ? Maman ? Oui, ils sont là, je reconnais leurs voix. Oh, c’est grand ici…

Alors, c’est la Fête de la Vie ?!... Mon Histoire commence ici ?!...

Mais ne pleure pas, Papa ! Hé oui, voilà une deuxième femme dans ta vie ! Il va falloir que tu recalcules tous tes baisers en partage équitable ! Te voilà bien nanti avec mon équipée du jour ! C’est drôle, je suis toute nue avec plein de monde autour… Et ma pudeur alors ?!...

Mais oui, je vais inspirer ! Je vais avoir affreusement mal en dépliant mes petits poumons pour la première fois ! Alors, je ne suis pas pressée et arrête de me taper sur les fesses parce que mon Papa te regarde maintenant avec sévérité !

J’ai deux mois d’avance ! J’ai deux mois de Vie en plus sur l’horloge du Temps ! J’ai de la chance, je vais en profiter chaque seconde !

Et encore du monde ! Mais c’est un véritable hall de gare ici ! Et c’est quoi tout ce matériel ?!... Alors, d’un côté, on me coupe le cordon ombilical et de l’autre on me rajoute toute une tuyauterie verticale ! Oui, bonjour !... Oui, risettes et encore risettes !... Moi, je m’appelle Mia !... Vous arrivez à temps, je viens juste de sortir de ma Maman !...

Hé Papa ?... C’est toi le photographe ? Alors, je suis une star !... Mais oui, je vais inspirer ! Il fait froid chez vous !... De trente-sept degrés, me voilà à vingt-cinq degrés, je suis inscrite pour ma première jaunisse !... Me voilà toute bleue ! Je suis une petite fille pourtant !

Et voilà mon premier bijou, c’est mon bracelet !... Je suis belle ?... Mais oui, je suis belle, mon Papa me dévore des yeux ! Il a l’air tout fier de sa performance... Et c’est quoi, cette cage ?... Une couveuse ?... Maman ?! Maman ?!... Tu viens avec moi ?!... J’ai deux mois d’avance et me voilà dans la danse !

Mais oui, je vais respirer ! Je ne vais pas rater ma chance ! Ben non, tu ne peux pas rentrer avec moi, c’est trop petit !... Alors, c’est toi qui caressais mon ventre… Tu es encore plus belle que dans mes pensées. Je suis bien sur toi et j’aime tes histoires. J’entends ta respiration et les battements de ton cœur, c’est reposant. Tu sais, j’étais pressée de venir dans le Monde. Vous m’avez tellement souhaitée que je ne voulais pas prendre de retard sur votre bonheur. On va bien s’amuser toutes les deux. Tu vas encore jouer à la poupée et moi, je te promets, je serai bien sage.
Alors, ils veulent me mettre dans cette grande boîte vitrée ? C’est pour me tenir au chaud ? Tu as vu le bonnet qu’ils ont placé sur ma tête ?!... Je suis à la mode ? Je suis sûre que ma Mamy va m’en tricoter un plus joli !

Mais oui je respire mais… je respire doucement…

J’apprécie chaque seconde parce que ce sont les premières. Ils peuvent mettre les tubes dans mon nez, ce n’est pas grave. Même pas mal !... Surtout, ne t’inquiète pas Maman, je vais bien !... Tu as remarqué comme j’ai une belle mine ? On dirait que j’ai du maquillage rose sur les lèvres ! Tu as vu Papa comme il a l’air malin avec son équipement d’apprenti docteur ?... Il n’arrête pas de me regarder, il doit soupeser et commencer à réaliser tout mon petit poids sur la balance de son existence. C’est mon Papa et j’ai de la chance ! J’ai bien fait d’arriver aujourd’hui… Encore du monde !...  

Bonjour, je m’appelle Mia ! C’est moi que voilà ! Oui, oui entrez, aujourd’hui, c’est jour de Fête ! Alors, c’est comme ça le Monde ? C’est grand et je suis toute petite, toute minuscule… Ils me montrent tous leurs dents avec leurs grands sourires de festin ! Quoi ? Je suis belle à croquer ? Ils ont envie de me manger tout cru ?...

Maman ? Maman ?... C’est une belle Aventure, la Vie ?... Mais tu pleures aussi ?!...
Elles sont belles tes larmes, je me vois dedans… Alors, tout le monde pleure ici ! Attention ! On va vous mettre un bracelet, un bonnet et des tuyaux dans le nez !... Papa, il est rigolo avec son masque de Zorro !... Déjà, il me fait rire !...

Bonjour, je m’appelle Mia et je suis en avance ! Vous avez un kilo quatre cent quarante grammes de bébé sur la balance ! Voilà votre challenge pour m’emmener jusqu’à ma première danse !

Maman ? Maman ? Ils viennent me prendre mais ne t’inquiète pas ! Regarde, moi, je n’ai pas peur enfin, pas trop… Cambrai Valenciennes, c’est plus loin qu’un cordon ombilical… Je vais m’appliquer et faire tout ce qu’on me demande ! A l’heure du repas, je demanderai du rab de biberon ! A l’heure de la sieste, je dormirai deux fois plus ! A l’heure des visites, je ne saurai faire que des grands sourires !

Maman ? Maman ? Il y a deux grands costauds en blouse blanche qui m’emportent avec la couveuse ! Bonjour, je m’appelle Mia et j’ai deux mois d’avance ! Vous êtes mes accompagnateurs ?!... Tu vois Maman ?! Je les ai mis dans ma poche ! Ils sourient comme des soleils de printemps ! Le charme, c’est inné !... ou alors, c’est mon bonnet…

Ne t’inquiète de rien, Maman. Aujourd’hui ma vie va en roulant, demain elle ira en marchant et puis, très vite, en courant !... Papa viendra me voir pour te donner des bonnes nouvelles ! On va se revoir bientôt, tu me manques déjà !... Au revoir Maman !...

Bonjour ! Bonjour, les gens du couloir ! Je m’appelle Mia et j’ai deux mois d’avance…

Mamy ? Mamy ?... Je vais dormir un peu… Je suis fatiguée de ma naissance… N’oublie pas de tricoter mon bonnet…

Je t’embrasse Mamy !...

Mia.

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Minuscule recul (Tracy)

Minuscule

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MINUSCULE (Lorraine)

On est toujours le minuscule de quelqu’un. Moi, je suis le minuscule d‘Alexandre. Le Grand, Ce n’est pas à moi qu’il dira : « Retire-toi de mon soleil », je ne lui fais pas d’ombre, je suis son ombre ! Je trottine derrière lui ou à côté, je passe ses troupes en revue, j’ai le même casque d’airain, la même armure, la même silhouette, mais en minuscule. J’étais accroché à sa taille quand il montait le cheval Bucéphale. Et, pendant les années où il eut Aristote pour précepteur, j’étais présent.

 De même quand sa mère lui assura qu’il était le fils de Zeus.. Un peu incrédule, soit. Etre minuscule ne veut pas dire être niais ! Mais lui, il la crut. Et il exigea bientôt d’être considéré comme un dieu. Sa sœur Cléopâtre tenta de l’en dissuader, par jalousie, je pense.

Quels souvenirs ! Alexandre et moi nous nous battîmes bravement sur les champs de bataille, nous volâmes de conquête en conquête. Nous réunîmes de nombreux pays sous notre domination juste et florissante. Au prix de pas mal d’assassinats ? Je ne m’en souviens pas, c’est si loin ! Et puis, je n’étais pas Alexandre le Grand, simplement son minuscule. Un minuscule qu’on n’a pas réussi à enterrer. Et qui depuis erre par le monde et s’est tant et tant amenuisé qu’aujourd’hui il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Un  minuscule de plus en plus minuscule. Autant dire : rien, une ombre, un souffle, une consigne…

 

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Assez de rimes en cule (Vegas sur sarthe)

C'est pas ma faute à moi si je suis minuscule
j'ai beau gesticuler, partout on me bouscule
je n'ai pas de moyens, de nom à particule
je suis un moins que rien, j'habite en vésicule.
Gastro-entérologues, c'est sur moi qu'ils spéculent
on me montre du doigt, en me nommant calcul
on voudrait me chasser alors on inocule
d'affreux médicaments, des tas de molécules.
Si je survis à ça, je veux qu'on me flocule
j'aimerais tant nager au sein d'un groupuscule
oublier mon statut de pauvre animalcule.
Marre de ces moqueries et de ces rimes en cule
bientôt ça va barder pour votre matricule
vous verrez de quoi sont capables les minus...

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MINUSCULE (Venise)

Le TEMPS m’avait dit

« je ne te donnerai pas une minute de plus »

Avec ton encre fraiche tu auras beau chanter mon haleine d’acacia

Pas une heure, pas un jour même pas une seconde tu ne négocieras avec moi.

Ma petite âme odorante légère montait déjà dans ce ciel grand ouvert. 

Quand un nuage dans sa course folle fut pris de pitié pour moi

Tu es trop crédule lui rétorqua le TEMPS

C’est son heure, elle est déjà inscrite au bas du tableau

Mes paupières de poupées éclairaient le petit matin

J’étais si minuscule dans ce grand univers, un nid d’hirondelle dans une galaxie chauffée à blanc

Je ne disposais alors que d’une seconde pour voler à la vie ces bracelets d’étoiles, ces fou-rire d’enfants, une seconde pour entendre derrière ce mur d’hôpital la voix du nourrisson qui venait à la vie.

Et dans un dernier égarement j’ai crayonné ma nouvelle adresse : sous l’amandier en fleur

 

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