01 février 2014

Le soir, sur la lande (Epamine)

Touzeil a écrit :

Le soir les menhirs

se racontent des histoires

à dormir debout.

 

…et pendant la journée, ils roupillent. Si, si! Moi je vous le dis!

 

La plupart des menhirs n'ont pas besoin qu'un conteur les endorme avec des fariboles. Que nenni ! Ils se contentent de compter les moutons noirs d'Ouessant qui viennent brouter les bruyères et les ajoncs de la lande et, la peau de pierre de leurs paupières devenant de plus en plus lourde, ils s'endorment comme des masses aux premières lueurs du jour.

 

Mais pour tous les autres, pour les insomniaques, pour les rebelles du roupillon et les allergiques de la sieste, arrivent chaque nuit, entre deux et quatre heures du matin, quelques korrigans facétieux répondant aux noms de Menec, Toul-chigan, Kermarion, Manio, Kerlescan et Petit Menec qui entraînent des centaines de géants de pierre dans les bras de Morphée en les berçant d'illusions.

 

Ils installent les petits menhirs en cromlech, font parfois un feu au milieu du cercle, puis glissent, par malice, dans leurs oreilles de granit, moult billevesées et mille et une coquecigrues, que les menhirets s'empressent d'aller répéter à leurs aînés avant de piquer du nez. Détail qui a son importance : quand on est menhir et qu'on pique du nez, on reste debout! Quand on est dolmen, c'est autre chose !

 

Et pour être sûrs que les petits comme les grands mégalithes dormiront bien sagement toute la journée dans leur mégalitherie verticale, à ces nombreuses histoires soporifiques, les farfadets de la lande aiment ajouter quelques fadaises sur le pape légendaire qui fait recette dans le secteur.

 

Quel pape, me direz-vous ? Un soi-disant pape qui, dans les premiers temps de l'ère chrétienne, aurait pétrifié des centaines de soldats romains sur la lande de Carnac alors qu'ils s'avançaient vers lui, bien alignés, dans le but évident de le trucider et de le précipiter à la mer. Juste avant de transformer ses poursuivants en mégalithes, Cornely, c'était son nom, se serait caché dans l'oreille d'un des deux bœufs qui portaient son bagage afin de se soustraire à la vue des centurions! Faudrait le voir pour le croire, pas vrai ?

 

En écoutant et en se racontant inlassablement tous ces contes à dormir debout, les gros cailloux se mettent à rêver de batailles, de gloire et de lauriers et finissent par s'endormir, les pieds dans les bruyères en fleurs…

 

 

Hep! Tu dors, l'ami ?

Alors, j'ai réussi le défi!

ep01

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Participation de Venise

Le train s’arrêtait et Lewis Carroll m’invitait à monter avec lui dans le wagon.

Alice  se penchait à la fenêtre et me faisait signe comme si mon visage lui était familier..

Le lapin toujours en retard arrivait  par la voie ferrée  tout essoufflé  en me criant de monter immédiatement.

J’expliquais alors à tous que mon travail me retenait  sur le quai de la gare parce que j’étais un magistrat important et que  les hommes avaient besoin de lois pour vivre ensemble.

Lewis haussait les épaules et me murmurait à l’oreille tu ferais mieux de grimper à un châtaigner avant l’arrivée de l’’ogre.

Les jours passaient jusqu’à ce qu’un  matin à l’occasion d’un voyage professionnel je pris le train.

Tout allait bien jusqu’à ce que le contrôleur vienne me réclamer mon ticket.J’avais perdu celui-ci et pris de panique je commençais à négocier avec lui le billet de train en lui proposant des fourmis pour son déjeuner .

Des fourmis qui sautent   sur nos têtes et nos bras lui dis-je en riant .Le voyage était long et la voie ferrée   allait rarement dans la direction indiquée.

Par la fenêtre je vis un mammouth entre lyon et st Étienne  ça m’a flanqué la frousse

Je pensais à ma journée de travail qui m’attendait et les valises serrées contre moi je regardais la voie qui défilait.

Qui m’attendrait à l’autre bout de la gare ? Le substitut du procureur comme à son habitude ou le juge d’instruction qui m’avait fait  venir jusqu’à lui pour une sombre affaire de crime. ?

Je descendais du train quand sur la voie ferrée des enfants cagoulés nous jetaient des cailloux C’est le petit poucet cria Lewis Carroll à l’autre bout de la voie ferrée .

Il en veut à la terre entière Ses parents l’ont abandonné pour une fois qu’il peut se payer un juge il ne va pas se gêner !!

Ve1

Je pris deux  galets en pleine poire C’est fou le nombre de petit poucets qui trainent dans nos villes, vous ne pouvez pas vous imaginer !

Pour le retour instinctivement mon nez flaira le danger .Je pris donc l’avion jusqu’à ce qu’un méchant volcan ouvre sa gueule en plein  vol.Volcan sur ma droite  dit le pilote.

A ce moment là des dizaines de choses défilèrent dans mon esprit

Je n’étais pas du genre à me jeter à l’eau et à devoir étrangler des requins Je pris conscience de mon erreur j’aurai du prendre le bateau

Allez  voir le pilote et lui dire que l’avion c’est démodé c’est une aberration sociale et en soi carrément dangereuse pour le pilote Quand l’avion se posa miraculeusement au sol la vie me parut raisonnable et acceptable, dans tous ses aspects.Les crimes, les assassinats, les séismes, les cambriolages, les crises de foie et mon mal de dos s’inscrivirent dans une progression d’une logique cosmique Un cheval m’attendait sur la piste d’envol pour rentrer chez moi .Je regardais le cheval et je restais étrangement calme et confiant

 

Cela a commencé  à se gâter quand le cheval s’est cabré en plein milieu de la voie ferrée

Toutes mes craintes innées et parfaitement légitimes s’abattirent sur moi en une bouffée d’effroi.

En quelques minutes sans que je pige quelque chose à la situation j’étais dans une chambre d’hôpital qui donnait sur le chemin de fer .Ces conteurs dit le médecin tous des mauviettes !!

 

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La valise (Stella No.)

Il était une fois une jeune femme très banale qui rêvait d’un peu d’aventure. Elle se nommait Stella et ne faisait rien qui ne sorte de l’ordinaire. L’adage « métro – boulot – dodo » lui convenait tout à fait, bien qu’en réalité, elle prenait le bus, était étudiante et dormait très tard car passait ses soirées à réviser.

Quoi qu’il en soit, Stella était une grande rêveuse. Elle croyait au prince charmant, aux sorciers et aux vampires. Elle lisait Harry Potter en retenant les formules magiques et connaissait toutes les répliques de Twilight. Chaque nuit, elle s’imaginait princesse, guerrière ou espionne. Chaque nuit, elle sauvait des gens et se battait contre les méchants. Le matin venu, Stella s’éveillait avec la désagréable sensation que les rêves étaient bien plus satisfaisants que la réalité.

C’est ainsi que chaque soir en attendant le bus, elle s’amusait à imaginer l’aventure qu’elle vivrait avant de s’endormir. Stella était persuadée qu’en construisant une histoire, elle avait des chances d’en imprégner ses rêves.

Ce jour-là, elle patientait près de l’arrêt de bus en créant un monde fabuleux peuplé de métamorphes et d’elfes quand un jeune homme en costume l’interrompit :

-          Veuillez m’excuser, mademoiselle.

-          Oui ?

-          Pourriez-vous garder un œil sur ma valise s’il vous plait ? Je dois faire un saut au distributeur automatique et j’irai plus vite si je ne suis pas encombré. Ça vous ennuie ?

-          Heu… oui, non, pas du tout. Je jetterai un œil.

-          Merci, j’en ai pour cinq minutes.

Stella avait été un peu interloqué par cette demande et n’avait pas vraiment réfléchi avant d’accepter. Sur le coup de la surprise, elle avait accepté de veiller sur la valise d’un inconnu. Tandis qu’il s’éloignait d’une démarche étrangement sautillante, elle prenait conscience de ce que cela représentait comme risque. Son esprit fantasque commençait à échafauder différentes théories : et si il était un terroriste et qu’une bombe se cachait dans la valise ?

« Voyons, Stella, se morigéna-t-elle, comme si des terroristes allaient faire exploser une bombe dans une petite ville lambda ! ».

Et si en fait, il y avait de la drogue dans cette valise ?

« Un trafiquant ne laisserait pas sa marchandise comme ça à une inconnue ! »

Et si, il y avait un trésor dans cette valise ?

« Et alors quoi ? Tu deviendrais gardienne d’un trésor, c’est ça ? Pauvre fille, si c’était le cas, tu serais accusée de recèle et tu serais dans de beaux draps ! ».

Agacée contre elle-même, Stella secoua légèrement la tête et scruta la direction vers laquelle l’homme était parti. Personne. Haussant légèrement les épaules, elle regarda l’heure : le bus n’allait plus tarder à présent. Si l’homme ne revenait pas, elle monterait dans le bus. Tant pis pour sa valise !

Mais lorsque le bus passa, Stella ne put se résoudre à laisser la valise ainsi. L’homme lui avait confié et lui avait promis de revenir vite. Il le fallait. Ou alors… c’est que quelque chose d’inhabituel était en train de se passer dans la vie si ordinaire de Stella.

Trois bus eurent le temps de s’arrêter près d’elle avant qu’elle n’empoigne la valise et la ramène chez elle. Stella savait qu’elle prenait des risques mais elle était persuadée qu’elle ne devait pas s’en séparer.

Elle tira le lourd bagage jusqu’à son immeuble et gravit péniblement les quatre étages. Une fois entrée dans son appartement, Stella accomplit un rituel quotidien : les clés dans la coupe à fruits, le manteau sur la patère, les ballerines jetées sur le sol, le sac à main sur le canapé et enfin, pour la première fois de sa vie, elle se trouva face à un objet étranger sans savoir qu’en faire.

Stella tourna autour de la valise, scrutant ses moindres recoins. Il n’y avait pas de cadenas. Un simple fermoir classique. Et si elle n’était pas fermée ? Peut-être trouverait-elle les coordonnées de l’homme en costume ? Peut-être comprendrait-elle pourquoi elle ne parvenait pas à se détacher de l’objet ?

S’agenouillant sur le sol, Stella posa doucement la main sur le bagage. Une petite secousse la traversa de part en part, tandis qu’une douce chaleur irradiait ses doigts. Un observateur extérieur se serait surement interrogé face à l’état quasi hypnotique dans lequel semblait se trouver la jeune femme.

Stella finit par se sortir de cet état cathartique et ouvrit la valise. Cette dernière n’était pas verrouillée et malgré sa lourdeur, elle ne contenait qu’un petit globe en verre. Stella saisit délicatement le précieux objet et le porta à la hauteur de ses yeux. Elle l’approcha très près afin de pouvoir distinguer ce qu’elle contenait.

En plissant légèrement les yeux, elle put apercevoir la réplique d’un village moyenâgeux, avec son château, ses villageois et un dragon. Stella était presque sûre de le voir bouger tellement la miniature était réaliste. Elle pouvait deviner la fumée des cheminées et entendre les murmures du peuple se pressant sur la place du marché. Elle pouvait sentir l’odeur de viande rôtie mêlée au crottin des chevaux. Elle pouvait souffrir du froid de la neige qui recouvrait le village. Une lueur la fit porter son regard sur la plus haute de tour du château. Sur un balcon de pierre, un homme en robe noire tenait entre ses mains un grand parchemin. En plissant plus encore les yeux, Stella put déchiffrer une inscription étonnante : « Bienvenue dans ton nouveau monde, Enchanteresse ». C’est alors que la lueur grossit tant et si bien que Stella se sentit absorber dans sa puissance et sa chaleur.

Le lendemain matin, la jeune femme s’éveilla sur le sol de son appartement. Ouvrant péniblement les yeux, elle se souvint du rêve étrange qu’elle avait fait cette nuit-là. Elle s’était transportée par magie dans un royaume médiéval où un vieux sorcier avait tenté de lui faire croire qu’elle était l’enchanteresse dont une oracle avait prédit l’arrivée pour sauver le royaume de l’empereur noir, un mage sombre et puissant qui semait la destruction sur son passage. Stella avait tenté de convaincre le sorcier de son erreur, sans résultat. Elle s’était alors décider à fuir courant  dans la neige sans jamais trouver son chemin.

Elle se sentait épuisée : c’était bien la première fois que son rêve lui avait semblé si réel. Stella voulut prendre appui sur ses mains pour se relever lorsqu’elle se rendit compte de deux choses. La première, c’est qu’elle tenait toujours la boule en verre dans la main. Et la seconde, c’est que ses chaussettes et son pantalon étaient recouverts de neige. Alors, elle porta de nouveau la boule à son visage et son regard s’accrocha aussitôt à l’homme sur le balcon de la tour. Cette fois, sur son parchemin était inscrit : « Nous t’attendons, Enchanteresse ».

 

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SISSI (par joye)

J’adorais mon oncle Walter. C’était un homme rond et confortable, avec d’énormes favoris et de belles moustaches grises qui cachaient ses dents de bonheur quand il parlait. Oncle Walter sentait vaguement le tabac et le soleil, il riait beaucoup, il me permettait de m’asseoir à ses genoux et fouiller dans les poches de sa veste tweed pour des chewing-gums ou parfois des bonbons. Je savais que j’en retrouverais toujours dans la poche sur son cœur.

Sa femme, tante Lorette, était morte. Il disait parfois qu’elle était morte parce qu’elle ne voulait plus vivre. Comme je ne doutais jamais de sa parole, je croyais que tante Lorette ne voulait vraiment plus vivre. J’étais toujours un peu triste pour elle pendant un instant ou deux, avant de me jeter sur les genoux de mon oncle afin de pouvoir fouiller dans ses poches.

Tonton et moi étions donc de grands amis, et dans la plus grande complicité, jusqu’au jour de mes six ans. Tonton arriva à la maison, rasé, peigné et ne sentant plus le tabac. Je pus remarquer ses dents de bonheur. La veste tweed avait été remplacée par une veste de laine noire. Je me disais que cela allait me gratter à chaque fois que je me mettais à la recherche des bonbons égarés dans ses poches, mais cela ne m’inquiétait pas plus que ça.

Quand Tonton avait fini de causer avec maman et papa, il s’assit devant la cheminée. Je reconnus mon moment, et je m’approchais de lui en courant.

-          Stop ! dit mon oncle, mettant sa paume ouverte devant moi.

Je heurtai contre sa main avec ma poitrine.

-          Hein ? Tonton, je ne peux pas m’asseoir sur tes genoux ?

-          Non.

-          Mais, comment vais-je pouvoir chercher mes bonbons ?

-          Je n’ai pas de bonbons.

Je le regardais bien, comme maman me regardait quand j’avais de la fièvre. Mais il n’avait pas l’air malade.

-          Tu dis ça pour rigoler ! dis-je, mais ma voix tremblait un peu.

Je contemplais un monde sans ses bonbons. D’un coup, je pensai à ma tante Lorette qui n’avait plus voulu vivre.

-          Non, non, je suis sérieux. Tu ne peux plus fouiller dans mes poches.

-          Et pourquoi pas ? demandai-je.

-          Parce que j’ai acheté une vipère et à partir de désormais, je la garderai dans cette poche sur mon cœur. Tu ne pourras plus jamais y mettre les mains, parce que Sissi te mordra, et sa morsure est mortelle.

Je lui fis des yeux très ronds.

-          Une vipère, mais tu plaisantes, tu n’as pas de vip…

Sans attendre que je termine ma phrase, Oncle Walter produit de la poche sur son cœur une petite vipère verte. Si je n’avais pas été si déçue, si je n’avais pas compris qu’elle prenait ma place dans le cœur de mon oncle, j’aurais volontiers admis qu’elle était belle, et que c’était chouette de voir une vipère de si près.

-          Nièce, je te présente Sissi von Proutbottle.  Sissi, voici ma nièce.

Sissi sortit rapidement sa petite langue fourchue pour me saluer. Il y avait comme une lueur maligne dans son œil jaunâtre. Elle me souriait, mais son sourire me fit froid dans le dos. Mon oncle la remit dans sa poche et nous passâmes encore une demi-heure ensemble, moi, mon oncle, et Sissi, mais c’était très étrange, je me sentais tout drôle, exilée de ses genoux et de son cœur.

Deux ou trois semaines plus tard, mon oncle passa à la maison. C’était moi qui ouvris la porte parce que maman pétrissait le pain et papa était au boulot.

-          Tonton ! criai-je.

J’étais tellement ravie de le voir que je lui sautai au cou avant qu’il puisse m’arrêter.

-          Tsss !  Idiote !  Il t'avait prévenue, me siffla Sissi.

Et puis je sentis la piqûre fatale de ses crochets sur le lobe de mon oreille droite.

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25 janvier 2014

Défi #283

Et si vous nous écriviez un

CONTE à DORMIR DEBOUT ?

Conte à dormir debout

à adresser à samedidefi@gmail.com

A vos plumes !

Et à tout bientôt !

 

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