12 avril 2014

La Libellule et le Doryphore (Célestine)

 

libellule

 

Au départ, ils sont si différents que l'on se demande ce qu'ils pourraient bien avoir à se dire.

Une qui est toute en douceur, en délicatesse, un corps qui danse sous le charmant désordre des dentelles, un don certain pour le bonheur, une grâce singulière, elle volette de fleur en fleur, légère et court vêtue. 

Un qui aurait plutôt la grâce d'un diplodocus ou l'air plein de dédain d'un dromadaire, le cheveu embroussaillé, le réveil difficile et l'œil ombrageux. Causant comme une pioche. Avec un mépris affirmé pour tout déballage intempestif de sentiments. 

Au demeurant, pas de danger qu'ils se rencontrent. Elle est libellule, il est doryphore, lui c'est l'ours et elle la poupée.

Mais c'est compter sans Cupidon et son arsenal de flèches assassines. Un petit débrouillard, celui-ci!  Il adore quand il y a du défi, du doute, de la difficulté. Il aime acoquiner les âmes de façon improbable dans ce dédale d'individualités.

Ça y est, vingt dieux, il leur en a décoché deux, tout pile dans le cœur, un vrai boulot de dingue! D'une précision drastique. C'est drôle comme ça le rend radieux, les métamorphoses de l'amour! C'est gagné! La belle volage interloquée, entrouvre ses ailes, le bougon célibataire endouci, sort de son cocon. C'est l'échange des fluides: elle devient doryphulle, il devient libellore. L'amour, ça vous change une bestiole!

Y a plus qu'à les laisser se découvrir, se désirer, mêler tendrement leur pâte dentifrice et leur mousse à raser...l'éternelle et folle histoire du monde se joue, là, dans cet échange de regards où l'on entend soudain comme un éclair blanc exploser et distiller l'amour dans le ciel crépusculaire... Le déclin du disque solaire qui s'effondre sur la ville annonce une nuit délicieuse.

Pendant ce temps, le sale petit bonhomme est déjà reparti décalquer d'autres irréductibles avec son arc en bandoulière et son bandeau sur l'oeil. La désillusion viendra peut-être. La distance...le divorce peut-être...Cupidon s'en fout. Il s'en bat les élytres. Il ne gèrera pas. Pas que ça à faire, non plus. Et puis quoi encore? Le SAV, c'est pas son rayon.

 

doryphore

 

 

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Mes métamorphoses (KatyL)

 

k01 A ma naissance

k02 Adolescente en jeune-fille « fleur bleue » romanesque, libre, rêveuse…

k03 Jeune fille poète et peintre un peu chanteuse et danseuse aimant la nature, les pièces de théâtre !!! Et rêvant du  prince charmant !

k04 Femme à cheval (sagittaire) et le 1er amour au galop !

k05 Et deux garçons plus tard transformation en maman

k06 Puis le temps des larmes,k07

Femme pluie de pleurs !!....

k08 Et la chrysalide décide de voler de ses propres ailes, Femme libre !

k09 Le temps du renouveau de la création totale

Femme Artiste qui apporte son « savoir » aux autres

k10 Le temps des difficultés il faut se battre Femme lionne !

 

k11k12

La bataille de la vie nous oblige à sortir parfois les griffes.( les miennes ne sont pas acérées)

Mais très vite la lionne est repartie pour laisser place à :

k13 Une femme mûrie par la vie et les émotions, devenue sereine, et qui aime faire de sa vie un art de vivre et de son art , sa vie !

katyL

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Les deux royaumes (Célestine)

cél

Il était une fois deux royaumes jumeaux, perdus au  fond d'une verte vallée. Les rois de ces deux royaumes étaient frères. Hélas, comme il advient parfois dans les meilleures familles, ces deux frères ne s'entendaient pas du tout. L'un était bon et bienveillant, l'autre méchant et hargneux.

Le roi gentil s'appelait Kipermé. Son frère se nommait Kidéfan.

Il courait les pires bruits sur le royaume de Kidéfan.

Mais ce n'étaient pas que des bruits. Là-bas, la terreur régnait, à cause du caractère innommable et irascible du souverain. Celui-ci, en effet, passait son temps à défendre, à interdire, arrosant son royaume de décrets liberticides, au gré de ses caprices, et ses sujets n'avaient plus le droit de rien faire. Défense de manger des pommes ! Défense de porter des vêtements bleus ! Défense cueillir les fleurs rouges !Obligation par ci! Interdiction par là ! Ce n'était pas une vie. Les gens se regardaient en chiens de fusil, et la suspicion et la crainte engluaient le royaume.

Dans le royaume de Kipermé, au contraire, les habitants étaient heureux et respectueux les uns des autres.

Quand le roi promulguait une loi, c'était toujours pour permettre quelque chose, pour ajouter un droit à ses sujets. Par exemple, jusque là, par une absurde tradition séculaire, seuls les marchands avaient le droit de traverser la ville de nuit. Mais c'est beau, une ville, la nuit. Le roi décida donc que tout le monde aurait ce droit, et les habitants firent une grande fête pour remercier leur généreux monarque. Quelques marchands essayèrent bien de râler contre cette loi qui leur paraissait anormale « vu que l'on avait toujours fait comme ça » et qu'ils se sentaient dépossédés d'un privilège ancestral. Ils organisèrent des défilés contre les promenades nocturnes pour tous » mais l'on fit comprendre aux rouspéteurs que cela ne leur enlèverait rien de permettre aux autres ce qui leur était déjà acquis, à eux.

« Que ceux qui veulent interdire ce droit aux autres s'en aillent au royaume d'à côté ! » dit le roi Kipermé d'une voix ferme.

Bien des années plus tard, l'on retrouva les descendants de Kipermé et de Kidéfan dans un royaume merveilleux dont j'ai oublié le nom, si ce n'est qu'il commence par F. Les premiers œuvraient toujours pour que chacun puisse se sentir reconnu malgré ses différences. Les seconds livraient toujours la même guerre aux premiers, voulant aligner tout le monde sous la même toise, reprenant même, ces derniers temps, pas mal de poil de la bête. Une bête puante et multiforme, nommée selon les moments, obscurantisme, ou intolérance, ou encore intégrisme.Et en voiture Simone, et en avant Guingamp...

Et les habitants, qui s'étaient habitués à la liberté depuis quelque générations, avaient l'impression de marcher sur la tête : car ce conte à dormir debout semblait ne jamais avoir de fin...

N'en cherchez donc pas : jusqu'à la fin des temps, les descendants du roi Kidéfan voudront imposer aux autres leur façon de penser...c'est dans leur nature.


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Petit conte pour ne pas dormir debout (Électre)

Pourquoi dit-on que mes histoires sont à dormir debout, alors que je les rêve éveillée ? Si je dors debout, je préfère aller me coucher, pas d'histoires, au lit ! Si je rêve éveillée je ne sais plus bien si je rêve, ou si je suis éveillée... quelle histoire !  Parfois je rêve au lit, et parfois même que je lis en rêve, et quand je m'en aperçois, dans un demi-sommeil je me raconte des histoires...

Est-ce ma faute s'ils ne voient pas
la marmotte géante qui glisse dans les nuages
les boules de gui comme les lampions d'un sabbat
et les enseignes s'animer au-dessus de la boulangerie ?

Il était un conte.

C'était un vieux comte, avec un M tout ce qu'il y a de plus aristocratique, une barbe en pointe et une fraise apprivoisée. Il aimait parler à sa fraise des heures durant en lissant sa barbe, ce qui ennuyait, à la longue, sa femme, qui lui disait souvent "ramène pas ta fraise !". Il lui donnait généreusement à manger (à sa fraise) car elle récupérait tout ce que la barbe avait laissé échapper. Celle-là aussi était bien nourrie, une barbe rousse du plus bel effet. Parfois elle entrait en guerre contre la fraise, surtout lorsqu'il y avait de la crème en jeu : la barbe et la fraise adoraient la crème. Le fils du comte aussi, mais il préférait la barbe à papa à la fraise, car elle lui était plus sympathique (et même si son précepteur lui répétait jusqu'à la nausée "la barbe DE papa !"). Il n'y avait pas souvent droit (à la barbe en question) : c'était surtout lorsque le comte le faisait sauter sur ses genoux (et là il pouvait en attraper un peu).

Le reste du temps le comte aimait beaucoup l'emmener se promener dans sa papamobile. C'était une sorte de voiture à pédales entièrement vitrée, qui permettait de se promener sous la pluie sans perdre de vue le paysage. Il y avait même un essuie-glace sur le toit pour y voir un peu mieux en cas d'eau. Il fallait juste faire attention aux flaques, sinon ça devenait vite du pédalo : mais dans ces cas-là le comte devenait grand capitaine, et l'emmenait faire des voyages le long du cours. Mais même s'ils étaient sur le cours, son fils trouvait ces voyages plutôt longs, car malheureusement, quand il pleut jusqu'au coude, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent -- même pas un bout de fromage ! -- et le fils du comte était gourmand.

Le comte, outre sa fraise, sa barbe et sa papamobile, avait aussi deux maux ; le principal était ses gros maux de tête, qui lui faisaient dire des mots grossiers, que depuis on a appelés simplement "gros". Son fils les écoutait avec attention et apprenait les plus rigolos, comme "anacoluthe" et "analphabète", qu'il s'amusait ensuite à répéter à sa nourrice qui n'avait pas la moindre idée de ce que pût être une anacoluthe et qui, même si elle essayait de lui raconter des histoires, était effectivement analphabète.

Son second mâle était un jeune chien, qui n'en faisait qu'à sa tête, surtout depuis que le vieux chien s'était résolu à le laisser agir à sa guise, sous la surveillance du grand duc qui nichait dans l'arbre au-dessus d'eux. Il tentait de rappeler le chien à l'ordre par des "hou hou" qu'il croyait effrayants, mais le jeune chien qui était un peu dur d'oreille croyait qu'il devait faire attention à ne pas aller se fourrer dans le houx, ou qu'on lui demandait où il était, et comme l'oiseau ne comprenait pas ce qu'il disait, cela ne faisait pas beaucoup avancer leur histoire.

Et le troisième (car il y en avait trois) était sa lavandière, qui était chargée de faire respecter l'étiquette. Le comte avait horreur de l'étiquette, qui le grattait affreusement, et lui faisait dire des mots comme "barbiturique" ou "archiduchesse". En plus il n'avait pas la patience de trier, et se serait toujours retrouvé, si sa lavandière n'y eût pris garde, avec des chemises roses et des pantalons rouge pâle. "L'étiquette, Monsieur le comte, l'étiquette ! Est-ce vous qui faites les comptes dans cette maison ? Savez-vous combien de chemises vous avez déjà rosi ?" lui reprochait la lavandière, qui sentait la lavande un peu défraîchie. Le comte, lui, rougissait, s'excusait et retournait à ses anémones.

Car il avait un jardin de fleurs, qu'il aimait entretenir (il y cultivait aussi les fraises, car il fallait les changer de temps en temps quand elles étaient délavées). Il appelait les fleurs par leur petit nom, même les fleurs sauvages, qui ne le restaient pas longtemps tant il leur parlait avec douceur. Sa fraise d'élection, dans ces moments-là, était un peu jalouse, car elle n'aimait pas partager celui autour du cou duquel elle s'était une fois enroulée, d'un seul coup d'un seul. C'est à la suite d'une longue bataille entre les fraises et les hommes que, par la suite, ce furent les fraises que l'on mit en roulés. Mais en ce temps-là hommes et fraises vivaient en harmonie, sauf lorsque la fraise piquait une crise de jalousie, ce qu'elle faisait spécialement lorsqu'elle était derrière la fenêtre de l'appartement du comte. Dans ces cas-là elle devenait aussi fermée qu'un volet, ébouriffait ses fronces, et le comte avait bien de la peine à respirer, ce qui l'éloignait de la fenêtre à la plus grande satisfaction de la fraise. Par mimétisme sans doute, le comte prit l'habitude lui aussi, lorsqu'il était en colère, de froncer les sourcils, et depuis, beaucoup de gens ont suivi son exemple.

Le comte, au moment où nous le rencontrons, était malheureusement sur sa faim, car il était devenu très gourmand avec l'âge. Nous espérons cependant que ce ne sera pas le cas du lecteur,  et quant à nous nous ne mangerons pas notre chapeau, mais entonnerons pour la fin cette comptine que nous empruntons pour l'occasion à notre conteur préféré :

Autrefois je rêvais, veillé
par une lavandière qui se méfiait
du rouge et des fraises,
et qu'il ne fallait pas faire rosir.

Il faut dire pour être exacts que la lavandière ne se méfiait pas tant que ça du rouge, à part celui qu'on trouvait sur les pantalons de soldat du comte. Si elle avait été au cinéma, elle aurait su que ce rouge ne s'appelait pas rouge mais Garance, mais ça, c'est une autre histoire.

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A qui faut-il s'adresser pour devenir Belge d'honneur ? (Joe Krapov)

La pire chose qui puisse arriver à un libraire est survenue. C’est une histoire qu’on pourrait mettre dans nos tablettes si les tablettes n’étaient pas elles-mêmes entrées dans l’histoire et n’avaient pas absorbé tout le contenu de l’échoppe tenue par ce couple de libraires suisses si bien apparié.

Sans que nul ne pipe mot, le monde du numérique s’est abattu sur eux à la vitesse de la vérole sur le Bas-Empire romain. Fin du papier, fini de ramer, les clients se sont fait la paire et, sans rime ni raison, se sont mis à aimer cette vamp avariée au sein refait à neuf : Miss Amazon, déesse impérieuse et impérialiste, parée des attributs de la modernité, des pantoufles de vair de Cendrillon au bal, fournisseuse officielle de bonheur dans le pré connecté du village mondial.

Habiter la Suisse ne préserve pas du malheur d’être chocolat. On a donc prié Rémi et Marie, nos libraires, de mettre la clé sous la porte, de plier boutique. Ils ont dû quitter leur repaire d’amoureux des livres, ont été virés comme des malpropres par le pape du mercantilisme qui, en prime, a transformé leur local dédié à la culture livresque en boutique de vente de smartphones. Mon Dieu ! Comme ce monde est âpre, qui vous prive d’un seul coup de ce qui vous rendait si humain, ivre de contacts, de partages, de repères communs avec tous ces clients devenus des amis.

Heureusement le maire de Bâle s’est ému de leur sort. Ila bien vu à la tête de la mariée et à la tronche d’intello binoclard du marchand de livres que toute reconversion était râpée d’avance pour eux, qu’il ne fallait pas penser les faire riper sur quoi que ce soit d’autre dans un monde où Nabila est une star et les Stentors disques de platine.

Dans sa ligne de mire, il y avait justement le « Zoo du dessous du réel » qu’il avait récemment inauguré.

- Vous y serez nourris, logés, blanchis, vous n’aurez rien à faire qu’être là tout le jour. Vous pourrez jouer au rami ou lire vos satanés bouquins ».

Il y a pire dans le genre : périr en mer, commettre un impair et se retrouver les quatre fers en l’air dans la prairie avec un troupeau de bisons qui vous passe dessus (ces bestiaux ne sont pas très futés). Alors Rémi et Marie ont accepté cette situation de pensionnaires du zoo de Bâle. Ils y ont pris leurs habitudes.

plonk-libraire réduit
(Cette illustration est signée Plonk et Replonk)

Quelquefois, pour se changer de la lecture et de la conversation à travers les barreaux avec les visiteurs en troupeau, Rémi va s’asseoir sur son pneu-rocking-chair avec une grille de mots croisés. C’est le cas aujourd’hui et bien qu’il ne pleuve pas, qu’il n’ait pas eu à mettre son imper, il sèche sur le 3 vertical.
- En six lettres, Marie ? « Bandard fou d’avant Moebius » ?
Marie vient se pencher derrière lui et elle lui répond :
- PRIAPE !
- Ah mais oui, bien sûr ! Comment ai-je pu ne pas y penser ? Est-ce que tu peux m’aider aussi pour le VI horizontal ? « Comte à dormir debout » ? J’ai pensé à « somnambule » mais ça ne rentre pas : il n’y a que sept lettres.
- Je ne vois pas pour l’instant. Mais tu ne la trouves pas bizarre, la solution de la grille de la semaine dernière ?
- Qu’est-ce qu’elle a ?
- Tous les mots ont l’air d’être composés avec les lettres d’un seul mot plus long.

Rémi observe la liste :
VAMP PIRE  EMPIRE VRAI VIRER VAIR VARIER PRIE PRIME MARIE APRE RAPE RIME RAME MARIEE REPAIRE REPERE PRE PIPE PAPE PARE MIRE IMPER PAIRE MAIRE PRIAPE PRAIRIE APPARIE PIPER RIPER RAMI ARRIVER MEME IMPAIR PAPIER AIMER PERIR AVARIEE AIME IVRE PRIVE AMI MER
- C’est quoi, ce truc ?
- Ce sont des dérivations de VAMPIRE et du coup j’ai trouvé ton VI horizontal. « Comte à dormir debout », c’est DRACULA !
- T’es trop forte, Marie !

Et, bien que Suisse, en remerciement, il lui chante une chanson belge du groupe Sttellla.

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raconte (titisoorts)

Tout jeune déjà, il se réveillait au milieu d'un champs, en plein milieu d'une pièce, alors qu'il se croyait au fond de son lit, en train de rêver. Des rêves, si intenses, qu'il avait la sensation de les vivre réellement. Alors, ses parents inquiets, sont allés voir des docteurs, des scientifiques, des sorciers, des charlatans. Tout y était passé, que leur fils était dérangé, envoûté. Subissant cette médecine, au gré des années, il se sentait fatigué, bien plus par ses traitements qui d'ailleurs ne donnaient rien que par ses nuits éreintantes. C'est bien plus tard, qu'il arrêta tout. Triste de la disparition de ses parents, il avait besoin de se poser, de se libérer, de briser ses chaînes. Après avoir congédié tous ses médecins qui ne lui avaient apporté que souffrance et désespoir. Il ne garda que ses plus fidèles serviteurs. C'est  mon histoire ensuite qui  n'est pas banale !  J'ai des terres à perte de vue, j'habite un grand château. J'ai des domestiques pour le ménage, la cuisine, et surtout Georges. Un des plus fidèle, qui à la particularité de ne travailler que la nuit. J'ai été obligé, une nuit, je me suis réveillé tout près d'une falaise, le bruit de la mer en furie m'avait heureusement ouvert les yeux. Donc, Georges, me suit, comme un bon samaritain, me surveille, et ne me réveille que lorsque je suis en danger. Mais le mieux, c'est qu'il me raconte mes escapades. Une des plus folles qu'il m'ait raconté  est celle où, dès le saut du lit, je partis dans l'atelier prendre une pelle. Après quelques kilomètres dans la forêt, dos à un grand arbre, je me mis à compter les pas, puis j'y plantai la pelle. Ensuite, dos à un rocher, je me remis à compter mes pas. Au croisement des deux lignes imaginaires , je me mis à creuser. Un trou, puis plus loin un autre, jusqu'à heurter ma pelle sur un objet. Un coffre enchaîné, encadenassé. Mes escapades nocturnes, ont commencé à faire du bruit au village d'en bas. Les surnoms que l'on m'a infligé: le monstre du château, le vampire du manoir, une légende commençait à se construire autour de moi. Au fil de l'histoire et du temps, certains de mes ancêtres étaient respectés dans la région et d'autres craints. Je repense notamment à un qui fit la richesse de la famille.
Georges, m'expliqua qu'une fois avoir découvert le coffre, je suis reparti au château. Dans l'entrée, il y avait au pieds de l'escalier, un immense portrait de cette ancêtre, avec à son cou une chaîne, la même que sur le coffre. Je pris un couteau, pour inciser la toile à la base de la chaîne et derrière celle ci, il y avait une clé. Retour vers le coffre, et tout le long du voyage, je répétais continuellement "Aron ha'Edout, Aron ha'Edout ", je compris bien plus tard le sens de ses mots. Le coffre était en or, le propitiatoire surmonté de deux chérubins en or massif, leurs ailes se rejoignaient. J'ai introduis la clé, le cadenas s'ouvrit. A l'intérieur, il y avait les tables de la loi, j'avais dans les mains l'oeuvre de dieu, les dix commandements.
Quelle découverte.
Je ne suis pas un Dieu. Ce n'est pas un exploit, ceci n'est que le résultat de mes nuits agitées. Au bout du conte, je ne suis qu'un comte. Un comte à dormir debout.

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Un haïku à dormir debout (Sebarjo)

 

 

Une voix si douce

Lit : il était une fois

Bercé, je m'endors.

 

 

 

 

 

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Participation de Flo

flo     Défi #283 : Un conte à dormir debout en sept chapitres.

 

Chapitre 1 : C’est à CONTES dans les Alpes-Maritimes que toutes les histoires se narrent
Chapitre 2 : ou plutôt, se marrent d’elles-mêmes. Avec toute cette pluviométrie, c’est normal car ces lignes, qui se racontent et se rencontrent, coulent à flots.
Chapitre 3 : Elle aimerait tant dormir debout comme Opi. Elle, c’est la petite fille. Et, Opi c’est son ânesse.
Chapitre 4 : Il paraît qu’un os se coince au niveau du carpe et du tarse. Ainsi toute la masse corporelle de l’equus caballus repose-t-elle sur les pattes avant et arrière. Toutes les nuits, Opi dort debout.
Chapitre 5 : La petite fille décide de faire pareil. Elle rejoint Opi sous la véranda. Elle se positionne à ses côtés. Pendant qu’Opi baille et ferme tranquillement ses yeux de velours, la petite fille la contemple du coin de l’œil.
Chapitre 6 : Elle lutte invinciblement pour rester debout. Mais Dame nuit et Sieur marchand de sable la font vaciller contre la peau de l’animal. Elle avait trouvé son équilibre, tout son poids contre son amie pour enfin dormir debout.
Chapitre 7 : Elle ne rêva ni des écus ni de peau d’âne. Son cœur gros comme ça se ressourçait comme jamais à refaire son plein d’amour.

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