30 novembre 2013

Se sont enfoncés dans les bois

Flash

101107-0017

Venise ; Lorraine ; Vegas sur sarthe ; tiniak ; EVP ;

JAK ; MAP ; joye ; KatyL ; Électre ; Sergio ; Joe

Krapov ; MCL ; titisoorts ; Hime Chan ; Pivoine ;

Célestine ;

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Décret Municipal (Célestine)

On savait déjà que le Maire de la petite ville de Sassent-la-Rose aimait beaucoup la propreté, mais là, vraiment, son dernier décret municipal dépasse les bornes et jette un froid sur toute la commune. Désormais, en automne, les arbres ne seront plus autorisés à laisser négligemment tomber leurs feuilles mortes sur le sol. Depuis que les platanes de ma rue, en bons citoyens, traversent la chaussée à tout bout de champ, les bras chargés de feuilles, pour aller les déverser dans les containers prévus à cet effet, la circulation est devenue difficile! Et on ne compte plus les troncs d'arbres qui percutent violemment des automobiles. Les sapins, eux, sont au bord de la crise de nerfs. Leurs aiguilles leur filent entre les doigts. Les saules n'arrêtent pas de pleurer, Le mélèze est mal à l'aise, le marronnier marronne dans son coin. «Hêtre ou ne pas hêtre? » se demande le chêne. Seul le bouleau s'y met, alors vraiment, non, trop d'amendes! Trop de prunes! Aux prochaines élections, monsieur le Maire, les électeurs vont vous montrer de quel bois ils se chauffent!

 

cél

 

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Participation de Pivoine

Récolte d'automne



PREMIERE :

Impressions d'octobre...

Conversations multicolores

Le velours cramoisi se relève, les trois coups retentissent.

Trois amours en un automne

Egalent le feu la glace

Et l'arbre nu.

(Parc Solvay, La Hulpe, Brabant wallon)



***



DEUXIEME :

Comme la grippe connaît des pics de fièvre,

Des douleurs profuses et des réveils à l'eau de Cologne,

L'amour a ses décollages de fusée, ses atonies de sensations

Et ses abîmes démultipliés, comme des miroirs...



Maison d'Erasme, Anderlecht.



***



TROISIEME :

Champignon Bon pasteur Bon beurre Belles couleurs

Automne Mot menteur

Amour Et saule pleureur ...



Parc Solvay, La Hulpe, Brabant wallon



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Les feuilles d'Hime Chan

     Écrire. Pour tout faire sortir. Écrire. Comme un besoin vital, comme un échappatoire miraculeux. Pour me tirer de ce blues intense où je suis chaque automne. Le monde part en vrille, et moi je suis là, perdue avec les feuilles d'automne, mes feuilles d'automne à moi. Des pages et des pages remplies de lignes serrées, remplies de mots et d'images, remplie de sons et d'émotions. Ma rébellion à moi, c'est ma plume. Lorsque tout se couvre d'or et de rubis, lorsque seules les épines font face au froid qui arrive, lorsque les arbres chevauchent les vents, l'univers est sombre et glacé. Mais vaillamment, ou peut être lâchement, mon cœur résiste. Il se gorge de la beauté des gens et de la saison qui l'entoure. Il essaye de rester là. Parfois il s'en va un peu vers d'autres contrées, mais toujours il revient, et toujours il se tient près au combat. Crayon ou clavier en main, je sais comment m'en sortir. Mais si l'on m'ôtait ma flamme ?

 

     Le blues est blanc, quand le cœur broie du noir... Voilà ce qu'il chuchote près de mon âme. À quoi ressemblaient donc ses feuilles d'automne, lui qui comprend si bien ma détresse ? Comment exprimer ce que je ressens si le cri ne s'échappe jamais de ma poitrine ? Je voudrais pouvoir partir, m'envoler, mais la déprime est là, comme un poids qui m'attire vers le fond... Alors je ne sais pas si je me noie dans la lucidité ou si ce sont mes illusions qui me brouille la vue et m'étouffent de leur impossible rêve. Écrire. Juste pour oublier que tout est laid en moi et que je ne suis pas ce que j'aimerais être. S'inventer un nouveau monde pour se perdre en chemin, dans les méandres de la musique et des mots. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle... et les miennes tombent à mes pieds lorsque je hurle.

 

     Ma litanie est sans fin, rien ne pourra plus m'arrêter... Car l'amertume est là. Car je suis là. Comme un enfant qui découvre la vie, qui emmêle son corps et tombe. Je ne suis qu'un nœud de pensées confuses et désordonnées, enroulées autour de leur propre détresse. Je ne suis qu'un espoir et une douleur, une flamme tremblotante qui menace de s'éteindre. Je ne suis qu'une mélodie douce et triste qui se cherche en elle-même. Je ne suis qu'une poignée de poussière s'envolant dans le désert de sa fascination. Je suis deux yeux innocents qui se posent sur le monde et s'effraient de ce qu'ils y voient. Je ne suis qu'un tas de feuilles désespérément vivantes.

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liberté! liberté! (titisoorts)

Il y a des rêves qui n'ont pas de limites. Il y a des rêves qui malgrés les évidences, malgrés les renoncements, que l'on croyait morts au fond de nous. Il suffit qu'une simple lueur nous les fasses resurgir, remontés à la surface, et que vous reprenez en pleine face. Je vais vous racontez l'histoire d'un de ses rêves qui va en travers de vous essayer d'exister en plein jour.

 
-" Allez maman, laisses moi partir, allez"
Maman erable était bouleversé, jamais un de ses enfants n'avaient été si pressé de quitter le nid, n'avait cette enthousiasme au fond de lui.
-" Ecoutes, ce n'est pas encore le moment, profites du paysage. Regardes ou tu vies. Ouvres tes yeux. Tu n'es pas bien au milieu de tes frères et soeurs. Tu ne risques rien ici. Nous sommes là ensemble, à nous protéger mutuellement contre le soleil brûlant, une famille quoi.Et moi qui t'aime, qui te nourrit de ma sève, à te faire grandir à te rendre magnifique. Tu sais la vie, grandir auprès de sa famille, je t'es vu naître le jour du printemps, je m'en souviens encore. Ensuite l'été fut venu, tu découvrais la vie, tu ressentais tu touchais la nature du bout de tes sensations. Et bientôt tu commenceras à changer de couleur. Le dessus de ta peau va se tacheté, tes marques de vieillesses. Tu te détacheras de moi, triste, je te regarderais mourir à mes pieds pour perpétuer notre famille. 
-" Oui,  tu m'as déjà raconté cette histoire" dis l'enfant feuille en soupirant.
-" Je te dis çà pour te protéger, j'ai peur pour toi. Tu veux finir sur un trottoir, loin de nous? Il se fait tard maintenant, à demain. Nous ne sommes qu'au début de l'automne".
-" Oui maman, bonne nuit". L'enfant feuille s'est endormit avec ses rêves et ses envies, rêva beaucoup cette nuit. Une nuit comme les autres, enfin pas tout à fait.
Le vent se leva dans la nuit. Il soufflait par rafales. Cela réveilla la feuille qui rêvait de voyage, de vols. Et de la pensée à l'acte, de la folle pensée à l'acte fou, il décida, au lieu de se recroqueviller dans le sens du vent, comme lui avait appris sa maman. L'enfant feuille se gonfla, se redressa et fit face au vent. "Emmènes moi, disait la feuille emmènes moi vers mes rêves". Et le vent souffla fort, la feuille résista, fit front, puis se détacha sous l'effort. Cela réveilla maman arbre, elle ressentit ce détachement se manque et vit son enfant feuille, encore vert encore jeune s'élever vers le ciel et on entendit loin dans le vent "liberté liberté yaouh!"
Maman arbre souriait, sa chair a prit son envol et elle ferma les yeux heureuse d'un amour mélancolique. Si vous levez les yeux dans le ciel de votre ville, vous pourrez voir une feuille avec la banane, si vous tendez l'oreille vous entendrez
" liberté ! liberté! yahou!"

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La fuite (MCL)

 

MCL

 

D’habitude, j’aime les couleurs flamboyantes de l’automne, la lumière magique qui filtre à travers les branches, mais ce qui me ravit le plus c’est le craquement des feuilles mortes sous mes pas.  Ce bruissement a toujours eu un effet apaisant sur moi. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, je donnerais tout pour une forêt dense, des arbres feuillus bien verts et surtout le silence d’un tapis de mousse et d’herbe tendre. A chaque pas, à la moindre brindille écrasée, je sursaute, le cœur battant. Je jette un coup d’œil par dessus mon épaule. Je ne les vois pas, mais je sais qu’ils sont à mes trousses. Je sens la sueur qui dégouline dans mon dos. La peur suinte par tous mes pores. J’ignore qui ils sont ni pourquoi ils me pourchassent. J’ai même oublié depuis combien de temps je cours dans ces sous-bois. Mon seul souvenir est cette petite route de campagne et la grosse berline noire qui me suivait. C’est au moment où j’ai dû faire une embardée pour éviter le ravin que j’ai compris qu’ils en avaient après moi. J’ai accéléré au mépris des limitations de vitesse et, dès que l’automobile a disparu de mon rétroviseur, j’ai bifurqué sur un chemin de terre. Je crois qu’ils ne m’ont pas vue, mais j’ai préféré ne pas reprendre la route. La voiture est restée cachée derrière un talus, à l’abri des regards. Je ne sais pas où cela me mènera mais je dois fuir à travers bois.

La peur au ventre, je continue à courir. Le souffle me manque, ma gorge est sèche malgré l’humidité qui commence à tomber. Le ciel s’assombrit. Bientôt il fera nuit. La fatigue qui me gagne peu à peu me fait trébucher à plusieurs reprises. Soudain, au loin, je perçois des lueurs, comme si la ville était tout près. J’ai vaguement conscience qu’elle ne devrait pas se trouver là, pourtant c’est bien un réverbère qui m’apparait, répandant son halo de lumière dans une ruelle sombre. Quelque chose ne tourne pas rond. J’ai l’impression qu’il s’agit d’un rêve, un cauchemar dont je ne parviens pas à émerger. Le danger est palpable, tout proche. Pour autant, j’ai le sentiment que je n’ai plus rien à craindre. La bise mordante ne me transperce plus. Une douce chaleur m’envahit progressivement. C’est comme si mes sens percevaient des sensations contradictoires. Je fais des efforts pour aller vers cette chaleur réconfortante qui me procure un sentiment de sécurité. J’essaie de faire le vide dans ma tête car je suis en train de comprendre que j’ai tout imaginé. J’ai beau à présent en avoir la certitude, je peine à remonter à la surface, à revenir à la réalité. Chaque fois, c’est un peu plus difficile. Un dernier effort. Un cri rauque monte de ma gorge, un cri de désespoir.

— Ma chérie, réveille-toi. Ce n’est qu’un mauvais rêve !

Je m’assois dans le lit complètement hébétée, en nage. Toujours ce même rêve qui revient, ces mystérieux poursuivants, dont je ne vois jamais le visage, dont j'ignore tout. Ce sont juste des silhouettes, des ombres malfaisantes. Au fil du temps, elles s’approchent de plus en plus près. Le danger est imminent. Et chaque fois, j’ai de plus en plus de mal à me réveiller. Je raconte mon rêve à Paul, des sanglots dans la voix. J’ai peur.

— Ne cherche pas à fuir. Au contraire, tu dois les affronter.

C’est décidé, la prochaine fois je les attends. Je dois savoir. C’est le seul moyen de vaincre mes démons. Mais si ce jour-là je ne me réveillais pas...

 

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La Chanson de Prévert (Joe Krapov)

Sur la fin de sa vie, Beethoven avait tellement les feuilles mortes (1) qu'il croyait qu'il était peintre et qu'il s'appelait Serge Gainsbourg !

(1) : en argot les feuilles sont les oreilles. Autant dire qu'il avait les portugaises ensablées comme sur l'image ci- dessous :

 

DDS 274 Beethoven aux feuilles mortes

 

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Feuille d’automne - suite au défi 271 - (Sergio)

Elle était la devant ses yeux, magnifique, éblouissante .Elle était la première chose et la seule qu’il voyait depuis qu’il avait décidé de rouvrir les yeux.

Ce fut une souffrance atroce de se forcer à mettre en mouvement vers le haut ses paupières brulées, craquelées. Mais il fallait qu’il voit, qu’il se raccroche à quelque chose Apres ce qu’il venait de vivre il devait s’arrimer à quelque chose de beau .

Il ne fut pas déçu. Elle était la devant lui, tout prêt de son visage et dans sa merveilleuse simplicité elle lui tendait les bras semblant lui dire « regarde-moi, oublie »

C’est ce qu’il avait fait .Oubliées les horribles minutes précédentes, oubliés cet instant où dans le train qui le ramenait chez lui il avait vu les deux cabas à carreaux blancs & bleus oubliés par les deux africains et presque en même temps que cette lecture prémonitoire un terrible flash, blanc à l’extrême et comme une expansion de l’univers dans un assourdissant hurlement cataclysmique. Il avait été projeté au travers de la vitre du wagon puis avait traversé le grillage bordant la voie et un enchevêtrement d’arbres, de ronces et de lianes. Il avait été éructé comme si l’explosion le vomissait tel un aliment indésirable. Son dos et ses vêtements avaient été lacérés. Au passage forcé au travers du grillage, sa peau et des muscles avaient été arrachés. Il avait atterri durement dans ce sous-bois, dans ce creux remplis de feuilles mortes.

 Il s’était recroquevillé en position fœtale ne pouvant même plus hurler de douleur tant il était dans un halo flottant, assourdi comme hors de ce lieu .Il avait mentalement fait le tour de son corps.

Aucune information ne put le rassurer. Chaque centimètre de peau, chaque articulation, chaque extrémité lui envoyait des signaux alarmants. A chaque aspiration il avait l’impression d’ingérer du verre pilé.

La petite feuille morte, si fragile lui sauva la vie.

Elle était désormais sa seule amie. Il suivit ses conseils.

Il se retira entièrement dans sa boite crânienne, tout au fond de lui-même dans un endroit secret que lui seul connaissait. Il avait déjà pratiqué cela, certes en des moments moins pénibles pour s’échapper dans des réunions familiales ou professionnelles. Il était présent à n’en point douter, écoutant doctement des surdéveloppés de l’Ego pérorer, physiquement mais déjà il était ailleurs.

Sa position couchée latérale lui donnait une vision verticale de son amie. Elle représentait presque l’ensemble de son champ de vision. Sans ses lunettes perdues dans la tourmente il ne possédait plus que la vision de prêt. Ce qu’il voyait le réconfortait. Il se concentra sur cette feuille et une vision apaisante lui vint à l’esprit, ce qui ne manqua pas de l’étonner au vu de la froideur de leur relation depuis bien longtemps, mais ………..

Cette feuille, bienveillante, souriante presque dans son bel habit de soie mordoré, avançant ses deux bras dans un élan protecteur lui rappela un tableau qu’il avait vu dans sa jeunesse, au bras de son père au musée des beaux-arts de Lyon : La vierge à l’enfant. Elle était devant lui, prête à le prendre dans ses bras maternels et l’envelopper dans un linge immaculé. Elle lui souriait, apaisée. Son visage rond, bienveillant lui apportait un refuge.

Peut-être étais ce aussi les effets des analgésiques puissants que son cerveau, dans un réflexe programmé fabriquait en grande quantité. Dès l’atterrissage, si l’on peut dire, son hypothalamus avait libéré massivement des opioïdes dans l’espace inter-neurone afin d’amortir les signaux de la douleur qui remontaient de toute part puis injecté des endorphines. Pour le moment c’était la seule solution qui s’offrait à lui. Durer, simplement durer. Il ne pouvait supprimer l’origine du mal mais bâillonnait les messagers.

Sa vierge parée de feuilles mortes faisaient la même chose. Elle l’exfiltrait de la zone de cauchemar. Il n’était plus la, il flottait dans une zone inatteignable.

Au bout d’u temps qu’il ne pouvait définir, il entendit une voie bizarre, étouffée, évoluant dans un registre hertzien ultra bas et comme exaaaaagéééééément raaaaaleeentiiiie .Il ressentit plus qu’il ne sentit réellement, au travers de sa forteresse, des bruissements, des pas sourd autour de lui .il ressentait dans son corps la vibration sourde du choc des semelles sur le sol autour de lui.

Il sut que les secours étaient là.

Il ouvrit les yeux et vit la petite feuille qui lui souriait.

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Participation d'Électre

Il s'agit d'une récolte de la fin octobre, pile un mois... qui sait ce qu'elles sont devenues depuis, les feuilles d'automne ? Il faudra retourner au bord de l'Arno pour savoir...

***

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Un arbre au vent battant des feuilles pour un instant Ajourne son envol

***

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Feuilles d'automne par-dessus le fleuve se parent pour la dernière saison

Feuilles d'automne se ramassant sentent l'appel du vent

Feuilles d'automne prenant leur élan tombent en tourbillonnant

On les ramassera à la pelle au râteau au soufflet On les ramassera sur les quais sur les trottoirs dans les jardins On les laissera recouvrir colchiques défleuries champignons pourris On les laissera engraisser la terre pour une prochaine année On les oubliera sans vergogne jusqu'à ce que vienne le prochain automne

Alors on se souviendra de leur robe de l'enchantement de leurs couleurs fauve cannelle caramel mordoré noisette terre de sienne aurore mandarine safran bouton d'or maïs orpiment des châtaignes enfouies de leur sournois glissement précipitant les imprudents sur un tapis d'automne.

***

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Amoureuses de l'été qui s'achève deux feuilles frileuses à l'appel du vent résistent, ramassées l'une sur l'autre pensant qu'en forme de nid, ou bien de chauve-souris elles sauront bien tromper le vent.

Le vent y a cru : il a tout emporté tout autour sauf elles. Il n'y a plus que l'eau eau boueuse qui par les jours de chaleur évoque un fleuve tropical.

La chaleur est bien loin et l'eau bien froide. Tenir encore un peu Tenir jusqu'à demain Tenir jusqu'au printemps prochain Sans plus de sève Sans plus d'éclat Au prochain coup de vent L'apothéose Le dernier tourbillon.

***

Deux feuilles mortes manquent à l'appel.

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argenteuil (par joye)

 

Argenteuil
sous les feuilles
à l'accueil
de mon deuil

larme à l'oeil
comme un cercueil
sur le seuil
de mon orgueil

j'entendais le pin-pon
de ce côté du petit pont
d'Argenteuil

Vingt-deux ans
c'était quand
je marchais encore devant

coeur géant
tout dedans
moitié femme, moitié enfant

Entends-tu le pin-pon
de l'autr' côté du petit pont
d'Argenteuil

Argenteuil
J'étais ta voisine
Argenteuil
On s'aimait en sourdine

Et les feuilles
d'Argenteuil
que je garde dans un recueil

larme à l'oeil
je fais mon deuil
sans vraiment que tu le veuilles

et j'entends le pin-pon
de ce côté du petit pont
d'Argenteuil

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