21 septembre 2013

Êtrange (Minuitdixhuit)

Nos regards se sont croisés dans le grand hall de l'aéroport de Madrid et j'ai tout de suite ressenti la violence d'un éclair dans ma poitrine. Mon attention avait été attirée par son accent brésilien de Maracaibo quand elle avait tenté de parler espagnol. Je lui ai proposé en bégayant mon portugais : Quer que lhe traga um copo? Vous voulez que j'aille vous chercher un verre ? Elle m'a répondu en souriant, oui, ça serait plus commode pour moi ! Elle avait la jambe gauche plâtrée de la cheville à la hanche. La conversation s’est alors entamée simplement.

- Comment cela vous est-il arrivé ?

- J’ai manqué mon atterrissage...

- Vous êtes pilote ? Elle a ri : Non ! Je suis avion ! C’est un peu handicapant, ça explique l’aéroport...

J'ai fait semblant de comprendre une plaisanterie en souriant bêtement.

La suite a été un long échange qui est devenu intime et qui a duré les deux heures d'attente de nos correspondances : Elle, pour Los Angeles, moi pour Lisbonne.

J'étais complètement aimanté par la grâce de ses paroles, de ses gestes, de ses sourires. Et je sentais, aussi, que ma présence la troublait. Elle m’a demandé mon prénom :

- Miguel…

- Ouah ! Un nom d’archange !

Elle - elle m'avait avoué également son prénom – m’a complimenté sur le petit tatouage, l’envol d’un beija-flor, qui gravait mon épaule gauche. Elle a voulu me montrer le sien, une colombe aux ailes déployées, au-dessus de son plâtre, en remontant sa légère jupe blanche jusqu'à l'aine, en découvrant un peu la troublante vision d'une lingerie rose, peau d'ange brodée de ciel.

Et puis un haut-parleur nasillard et sans âme a annoncé le vol pour sa destination. J'ai crispé un mouvement sombre des sourcils, elle a pincé un sourire triste sur sa bouche. Je l’ai aidée à se lever. Pour seul bagage, elle portait un sac à dos qui me semblait bien léger et qu’elle avait gardé tout ce temps. Je l'ai accompagnée, elle, blottie sur mon épaule, claudiquant, jusqu'à sa porte. Nous avons échangé nos numéros de portable et j'ai senti son souffle et l'électricité d'un baiser furtif sur mes lèvres quand elle s'est séparée de moi. Puis, sans respirer pour ne pas perdre son parfum, j'ai suivi les ailes blanches d’une ascension qui s'estompait dans le ciel.

On a appelé un retardataire sur le vol de Lisbonne et j'ai embarqué précipitamment.

Le sommeil de la nuit qui a suivi mon arrivée a été extrêmement agité. Elle me rejoignait dans ma chambre et lentement dégrafait son chemisier blanc après avoir ouvert et déposé son sac à dos dans un déploiement de soie lumineuse tandis que sa jupe s'évanouissait sur le parquet. Puis ses mains glissaient le long de ses hanches et la dentelle rose que j'avais entraperçue roulait lentement pour m'offrir tous les secrets du désir. La suite, je l’ai encore dans le cœur quand je rêve les yeux ouverts sur ma réalité ordinaire.

Au matin, je me suis réveillé épuisé comme dans un rêve achevé qui continuerait de vouloir être… Dans les draps, j'ai trouvé quelques petites plumes fines que j'ai pensé échappées de mon oreiller. J'ai frotté mes yeux et dans le frisson de lumière que les persiennes me diffusaient j'ai aperçu une dentelle rose brodée de ciel, au pied du lit…

Et puis mon portable a esquinté Mozart avec « La musique des Anges » pour m'annoncer un SMS :

« Bi1 ariV a LA. Mer6 pr tt et pr ce rêve +++. ExQz le Dzordr 2 mes duV ds T draps. J x ke G oublié kL ke choz 2 roz chez toi. Mais toi J t’oublie pas. BJnho, arkanj MigL. A+. Angéla »*

……………………………………………………………………………………………………………………………………

*Je suis bien arrivée à Los Angeles. Merci pour tout et pour ce rêve merveilleux. Excuse-moi pour le désordre de mes duvets dans tes draps. Je crois que j'ai oublié quelque chose de rose chez toi. Mais toi je ne t'oublie pas. Beijinho, archange Miguel. A +. Angéla.

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Troubles de la réalité (Hime Chan)

« C'est moi, je suis rentré ! »

Laura, 5 ans, se précipite dans mes bras.

« Coucou mon papounet ! »

Ses jolies couettes brunes dansent sur son crâne. Eva passe la tête depuis la porte de la cuisine.

« Bonsoir, Chris, passé une bonne journée ? »

Je l'embrasse :

« Épuisante... Tu as fait à manger ? je demande, un peu étonné vu que ma femme n'est pas exactement une fée du logis...

  • Oui, il y avait des restes dans le frigo et je suis rentrée tôt du boulot.

  • C'est super, parce que là j'ai vraiment pas la force de cuisiner... tiens, Camille, tu es là ! Ça s'est bien passé à l'école aujourd'hui ?

  • Comme d'habitude... Nathan a pas arrêté de se moquer de moi. »

Ma petite Camille... Beaucoup trop sérieuse pour ses 7 ans et demi. Du coup, les autres enfants ne la laissent pas tranquille, et elle n'arrive pas à s'intégrer dans sa classe. Les enseignants envisagent de lui faire sauter une classe mais je ne pense pas que ça arrangera les choses.

« Léa ne t'a pas défendue ?

  • Non, elle a pas eu besoin.

  • Pourquoi ?

  • J'ai fait un croche patte à Nathan et il est tombé dans le couloir. Tout le monde a rigolé et il a arrêté. »

Je souris discrètement. Au moins, elle sait se défendre ! Mais je ne peux pas l'encourager...

« Tu sais, c'est pas très gentil les croches pattes.

  • Je sais.

  • Tu ne le referas pas, d'accord ?

  • Moui... »

Pas sûr qu'elle m'obéisse... Enfin bon, le sujet est clos. Je vide le lave-vaisselle pendant que mes deux filles adorées mettent la table. Puis nous nous installons tous ensemble et lorsque Eva pose la casserole sur le dessous de plat, Laura s'écrie :

« Miam, c'est prêt ! »

Mais elle déchante bien vite :

« Oh non, maman, encore des haricots verts ! » gémit-elle.

Je ris. Incorrigible !

 

« J'ai bien mangé, moi ! Je murmure à Laura pendant que j'essuie les casseroles

  • Moi aussi mais il ne faut pas le dire à maman sinon elle va croire que j'aime les haricots » me répond-elle en fronçant les sourcils.

Eva a très bien entendu nos messes basses, mais elle ne relève pas.

« Allez les filles, lavage de dents illico presto ! »

Elles obéissent sans protester (pour une fois!). De mon côté, j'entre dans le salon. Je me pose dans le canapé et prends la télécommande. Camille et Laura vont se coucher, elles me font toutes les deux un câlin et je leur souhaite bonne nuit. Soudain, alors que la plus petite se frotte les paupières en baillant, l'aînée plante ses iris bleus dans les miens et m'annonce mécaniquement :

« Contrôle du rythme cardiaque. Tension normale. Régulation de l'activité cérébrale. »

Les yeux agrandis de stupeur, je la regarde partir dans le couloir. Je me tourne ensuite vers Eva. Elle semble parfaitement indifférente, crayon dans une main, carnet à dessins dans l'autre.

« Tu as entendu ? Je demande. Elle se moque de moi ou quoi ? Camille raconte des trucs bizarres...

  • Elle t'a juste dit bonne nuit, je ne vois pas ce qu'il y a de bizarre ! » répond-elle en haussant les épaules.

Alors pourquoi est ce que j'ai entendu cette voix métallique et cette phrase sans queue ni tête ?

 

Après le film (complètement nul, d'ailleurs), je me suis couché. Je suis maintenant étendu sur le dos, fixant le plafond comme si j'allai y trouver des réponses. Je n'arrive pas à dormir. Je repense aux paroles de Camille. Je sais qu'elle est différente des autres petites filles et qu'elle a du mal à se mêler aux autres, mais irait-elle jusqu'à raconter n'importe quoi pour se faire remarquer ? Non, ça ne lui ressemble pas. Ou alors c'est moi qui divague. Le surmenage peut être. Oui, ça doit être ça. Enfin, je vais quand même pas ressasser ça toute la nuit. Allez, au dodo !

 

« Bip ! Bip ! Bip ! »

Tout est froid et glacé autour de moi. Un bruit singulier, un bourdonnement ininterrompu se répand dans mes oreilles. Où suis-je ? Une phrase tourne en boucle dans ma tête :

« Erreur de fonctionnement du matériel... Erreur de fonctionnement du matériel... Er... »

Je repose sur une surface métallique, et des aiguilles de givre s'enfoncent dans ma peau, dans mon corps, m'affaiblissent comme autant de sangsues. Je suis faible, si faible que je ne peux même pas ouvrir les yeux. Et ces mains, ces mains sans chaleur et sans douceur qui manipulent mes membres comme ceux d'une poupée. Au... secours... J'ai si... si peur... Au secours... Au secours... AU SECOURS !

 

« Chris, ça va ? Qu'est ce qu'il se passe ? Chris ! »

Le visage rassurant et inquiet d'Eva est penché vers moi.

« Tu as fait un cauchemar ?

  • Ou... oui... juste... juste un cauchemar. C'était juste un cauchemar. »

J'essuie mon front couvert de sueur, et Eva m'entoure de ses bras, me serrant contre son cœur. J'en ai encore le souffle coupé. Bon sang, mais c'était quoi ce cauchemar ?!

 

Voilà quelques jours déjà que j'ai fait ce rêve traumatisant. La vie a repris son cours, et pourtant je sens que quelque chose a radicalement changé. Je n'arrive pas à trouver exactement quoi... Les collègues me trouvent de plus en plus mal. Je ne sais pas ce que j'ai. Eva essaye de me soutenir, mais en ce moment elle est sur un énorme projet, et elle est souvent en déplacement. Laura réclame sa mère, et Camille se fait tabasser par un petit con de sa classe. Tout part en vrille. La mécanique parfaitement huilée de ma vie est en train de foutre le camp ! Comme si ce cauchemar était la base de tout... Je ne comprends vraiment plus rien. Hier soir, j'ai eu une très longue absence. Camille me racontait sa journée. Je l'entendais, mais c'est comme si ce qu'elle disait n'avait aucun sens. Comme si elle parlait une autre langue. Et puis je suis fatigué... fatigué... En ce moment je suis à mon bureau, devant mon ordinateur. Je tape sans y penser le compte rendu de ma dernière réunion. J'en peux plus... J'ai même plus la force d'appuyer sur les touches, bon sang ! L'épuisement est comme une immense chape de plomb qui s'abat sur mes épaules d'un seul coup. Ma tête dodeline, ma vue se trouble, et je m'écroule sur le clavier.

 

Encore ce froid intense qui me gèle de l'intérieur. Mes os sont lourds et douloureux. Les mêmes bruits de machines, les mêmes mains qui m'auscultent. A... Arrêtez-ça ! J'ai trop... trop mal... froid, trop froid...

« Tension faible. Température basse. »

Une voix, celle de Dieu ? Je crois en Dieu. En cette puissance qui nous guide tous. Sans qu'on le sache. Alors pourquoi cet être supérieur que je pensais bon me fait-il subir une telle torture ? Je vous en supplie... faites que ça s'arrête...

 

Je me réveille lentement, contrairement à la dernière fois. Mais je suis aussi traumatisé. Mon front couvert de sueur. Mes mains qui tremblent. Vacillant, je me lève et m'abats sur le matelas. Il est déjà 2 heures du matin. Voilà 3 heures que je dors sur mon clavier. Et je suis encore très fatigué. Mais je sais que le sommeil ne viendra pas cette nuit. J'ai trop peur. Les minutes défilent. Elles prennent tout leur temps, comme si c'était leur devoir de rallonger mon supplice. Je fixe l'étendue blanche de mon plafond. D'où peut bien venir ce rêve ? Qu'est ce qui l'a provoqué ? Et pourquoi revient-il ? Je n'ai jamais eu les mêmes cauchemars récurrents que ma femme. Alors pourquoi maintenant ? Qu'est ce que ce rêve a de spécial ? Je n'en ai strictement aucune idée. Tout ce que je sais, c'est qu'il reviendra.

 

Deux semaines. Deux semaines que je reste chez moi, au lit toute la journée, abattu de fatigue et de terreur. Deux semaines que je fais cette ignoble rêve toutes les nuits. Toutes les nuits. Eva est inquiète. Laura et Camille aussi. J'ai un congé maladie de trois semaines pour l'instant. Je me sens tellement mal... je ne suis plus un enfant qu'un mauvais songe empêche de dormir. Mais celui-ci est trop présent. Trop réaliste. Il est là. Je le sens dans ma tête mais aussi dans mes tripes. Il rôde à chaque fois que mes paupières faiblissent, et lorsque je ferme les yeux il me prend à la gorge. Au fur et à mesure, des éléments se sont rajoutés : l'odeur de l'éther, la sensation d'avoir un tube dans la gorge, une douleur au niveau de l'estomac, une perpétuelle envie de vomir. Mais jamais d'images. Je suis aveugle. Parfois, lorsque je fixe le mur en face de mon lit, ma vue se trouble et je distingue une sorte de vitre... Des visages flous et aux contours mal définis apparaissent de temps en temps dans mon champ de vision, et j'entends des suites de chiffres qui n'ont aucun sens pour moi : 75, 81, 64... Je suis exténué. J'essaye de ne pas dormir. Même les somnifères qui devraient me procurer un peu de sérénité sont inefficaces. Il me hante. Maupassant faisait-il le même genre de rêve ? La lecture de la nouvelle « Le Horla » m'a semblé une biographie de ce que je ressens. Peut-être vais-je devoir attendre qu'il se présente à moi comme au narrateur. Mais ma chambre n'a pas de fenêtres... je divague. Tout le temps. Je chantonne des airs sans queue ni tête. Et puis il y a Camille. Elle me parle encore de choses insensées. La dernière fois, c'était :

« Réparation des éléments informatiques en cours. »

Je suis désespéré. J'ai l'impression qu'il n'y a plus aucune issue. Ou plutôt qu'il n'y en a qu'une seule, que je n'emprunterai pas. Je suis trop lâche et trop courageux. La porte claque dans l'entrée. Tiens, Eva et les filles sont de retour.

 

Laura se précipite dans mes bras.

« Coucou ! »

Elle babille joyeusement. Mais mon cerveau a décroché au troisième mot. Je me contente de sourire tout en ne comprenant rien du tout. Elle s'installe avec moi sur le lit, et discute ainsi pendant un quart d'heure. Quelle langue parle-t-elle ? On dirait... un mélange de français et d'espagnol... j'entends Eva qui s'active dans la cuisine. Puis c'est comme un bouchon qui saute dans mes oreilles, et la question de ma petite dernière m'interpelle.

« Papa, comment tu as rencontré Maman ? »

Je m'apprête à répondre posément lorsqu'un trouble se fait dans ma mémoire. Et je ne sais plus. Je ne sais plus rien. En fait, je ne me rappelle plus de rien avant la rentrée de cette année. C'est comme si mes souvenirs partent en fumée. Mais la vérité est bien plus horrible et, si elle m'était restée cachée tout ce temps, elle me heurte maintenant en plein poitrine avec la force d'un bulldozer. Ces événements que j'aurais dû vivre, ces moments incroyables... Ils n'ont jamais existé. La vie de Christopher Ariel commence le 3 septembre 2013. Camille se tiens très droite dans l'encadrure de la porte. Ses yeux me transpercent. Ses lèvres ne remuent même pas lorsque sa voix mécanique m'explose les tympans.

« Sujet défaillant. Arrêt de la procédure de rêve artificiel. »

La vie de Christopher Ariel commence le 3 septembre 2013... et s'achève ici.

 

Mes yeux s'ouvrent. Je suis allongé sur une surface de métal froide. Plusieurs machines clignotent autour de moi. Je détourne brusquement le regard. Je ne veux pas voir les tubes de plastique plantés dans mes veines. Des électrodes tiraillent la peau de mon crâne rasé. Un immonde câble sort de ma nuque. Je le sens sous mes doigts gourds. Alors... c'était ça, le rêve ? Toute ma vie ? Et ça... c'est la réalité ? Si je le pouvais, je pleurerais. Mais mes globes oculaires restent secs. Tout n'était qu'un immense songe, créé de toutes pièces par l'ordinateur qui analysent mes réactions à côté de moi. Oui, maintenant je me souviens de ces scientifiques qui sont venus chez moi. « C'est un expérience révolutionnaire, vous savez ! Vous serez le premier à découvrir la vie de vos rêves ! » me disaient-il. De mes rêves, c'est le cas de le dire ! Ça ne sera jamais rien de plus qu'une horrible fantasmagorie. Je ne comprends pas comment j'ai pu accepter un existence aussi fragile, qui peut disparaître au moindre doute, à la moindre défaillance électronique. Je tourne la tête et regarde à travers la paroi de plexiglas du cylindre dans lequel je suis emprisonné. Il y en a d'autres que moi, à l'infini... Alignés sur des tables de métal comme autant de rats de laboratoire. Ils m'avaient menti. Alors c'est cela, le futur de la race humaine ? Rêver sa vie, jusqu'à ce qu'elle se brise à cause d'un bug ? Pitoyables. Nous sommes tout simplement pitoyables. Trop lâches pour vivre pleinement, sans leurre, sans écran qui nous cache l'ultime vérité. Quelles drogues coulent dans nos veines à présent ? Quels produits hallucinogènes ? Sommes-nous si faibles et trop vulnérables face à la nature qu'il faut nous garder à l'abri dans des prisons stériles et désinfectés ? Sommes-nous si fragiles qu'ils nous enferment pour éviter le moindre choc ? Tout ça me dégoûte. Je voudrais pouvoir m'enfuir loin, très loin, trouver une autre vie avec une autre Eva, une autre Laura, une autre Camille... peut-on aimer une illusion ? Avant, j'aurais peut-être fermement répondu non. Maintenant je hurle OUI, à pleins poumons dans le silence de ma tête. Mais déjà deux blouses blanches s'approchent de ma cellule. Je referme les yeux.

« Il est éveillé, professeur. » dit l'un d'eux.

Sa voix, indifférente et froide, me donne des frissons. La réponse est tout aussi glacée.

« Son rêve n'a pas fonctionné ?

  • Non. Son cerveau a refusé le programme. Et ses pensées actuelles vont à l'encontre des règles de l'expérience. »

Je voudrais crier. Crier à m'en briser les cordes vocales. Parce que je sais parfaitement ce qui était marqué sur ce foutu contrat qu'ils m'ont fait signer.

« Il ne nous sera plus d'aucune utilité, alors. Bien. Entamez la procédure d'incinération. »

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Non mais je rêve! (Vegas sur sarthe)

Cabinet du docteur Chimaire, spécialiste en interprétation des rêves
 
“Que puis-je pour vous Monsieur Platon?”
“Et bien voyez-vous docteur, je...”
“Oui je vois, je vois déjà... encore cette foutue maladie du siècle Monsieur Platon, où chacun croit pouvoir se réfugier dans ses rêves pour survivre à l'atroce réalité de...”
“Non docteur, la réalité m'intéresse peu car je rêve en permanence. Je rêve la nuit et puis la journée, je rêve éveillé. En fait je rêve tout le...”
“Non mais je rêve!”
“Euh... Non docteur, c'est moi...”
“D'accord. Laissez-moi vous expliquer quelque chose Monsieur Platon. Le problème avec les rêves c'est qu'ils sont faits pour être rêvés la nuit et non pas pour être réalisés le jour, ou alors... comment dire... éventuellement à plusieurs. Quand on rêve seul, ce n'est qu'un rêve mais à plusieurs c'est déjà presque une réalité. (Je ne sais plus qui a dit ça mais j'adore le dire)”
“A plusieurs dites-vous? J'ai bien quelques fantasmes de temps à autre...”
“Restons sérieux Monsieur Platon. Je ne m'occupe que de bonne rêverie, des rêves de qualité, des songes d'une nuit d'été à la rigueur, bref de ces assemblages subconscients d'images ou d'idées qui...”
“Et ça sert à quoi tout ça docteur? J'ai déjà un métier de rêve, une voiture de rêve, une femme de rêve, des amis de rêve et...”
“Je comprends - encore qu'une femme de rêve soit rarement compatible avec des amis de rêve - toutes ces choses de rêve que vous possédez sont trop réelles et vous ne parvenez pas à vous en détacher pour vivre pleinement vos vrais rêves!”
“Euh... Non docteur, c'est plutôt que toutes ces choses de rêve me coûtent une fortune à l'année et que paradoxalement mon banquier est plutôt du genre réaliste”
“Paradoxal! Vous avez de ces mots! Qui est le spécialiste ici? Et avez-vous songé à changer de banquier?”
“Oh, j'ai un vieux rêve récurrent, je rêve que je l'assassine!”
“C'est une bonne chose Monsieur Platon, une bonne chose. Et combien de fois l'avez-vous déjà assassiné... en rêve bien sûr?”
“Huit ou dix fois, guère plus... il se méfie maintenant vous savez; il m'envoie son assistante, une sacrée garce!”
“Humm... Je vois. Vous jouez au loto Monsieur Platon?”
“Euh... non, pour quoi faire?”
“Parce que - croyez-en ma longue expérience - le 22 et le 43 réussissent bien aux rêveurs de meurtre et que voilà l'occasion rêvée - si je peux me permettre - de solutionner vos problèmes matériels”
“Je vous remercie du conseil, docteur Chimaire. Je n'aurais pas cru que ce serait si facile à régler”
“J'ai tellement l'habitude Monsieur Platon. C'est en effet facile à régler, trois cent cinquante euros”
 

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Participation de KatyL

Rêve ou réalité ?

Je dormais profondément sur un canapé rouge au pied de mon lit à baldaquin blanc, enroulée dans des draps de dentelles.

Ma fenêtre grande ouverte, donnant sur le jardin, c’était l’été, et il faisait si chaud la nuit.

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Brusquement je fus réveillée par un bruissement d’aile qui vint frôler ma joue, je regardai autour de moi et je vis une pie qui était couchée au pied de mon lit et semblait étourdie par son atterrissage les ailes prises dans le tissu.

Elle semblait fatiguée, et elle baissait sa petite tête vers le sol.

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Je lui parlai comme s’il s’agissait d’une personne.

-« bonjour jolie pie, tu viens me rendre visite, ne t’inquiète pas je suis l’amie des oiseaux, repose toi un peu et je t’aiderai à repartir, je vais aller te chercher un peu d’eau »

Je revins rapidement, elle but quelques gorgées et me regarda d’un air apaisé, elle s’endormit un peu dans mes rubans, je ne bougeai pas pour ne pas la réveiller, je restai près d’elle comme on veille un enfant.

Puis elle s’étira et sembla me dire :

 - « j’aimerais repartir, si veux-tu bien m’aider ?»

Je la pris dans mes bras elle se laissa faire, je me penchai à mon balcon pour l’aider dans son vol, mais elle semblait tétanisée et rien ne se produisit.

Elle me regarda d’un regard étrange comme si elle avait un message à me délivrer du genre :-« aide moi fais quelque chose s’il-te-plaît»

Je retournai au balcon mais cette fois je montai sur une chaise pour lui donner encore plus d’aisance, elle me caressa la joue et prit son envol avec une grâce infinie, elle passa plusieurs fois devant moi comme pour me saluer.

J’étais si heureuse d’avoir aidé cet oiseau.

Je m’apprêtai en hâte à sortir pour aller voir mon ami l’oiselier qui demeurait non loin de chez moi et lui raconter cette aventure.

Il m’écouta avec beaucoup d’attention et à la fin de mon récit me dit :

-« cette pie n’est pas venue chez toi par hasard, elle est arrivée à la fin d’un cycle, elle part en messagère du ciel vers une destination connue d’elle seule, moi je sais où et pourquoi car je comprends leur langage » !

Je m’exclamai :-« mais dis-moi tout ! Je veux tout savoir ! »

-« En fait elles sont les gardiennes de l’entrée du paradis pour tous les oiseaux qui meurent, elles les accompagnent jusqu’aux jardins de couleurs  un peu comme ceux que tu peins.

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Toi qui es artiste peintre tu as développé une sensibilité proche de la leur et tu voles par-dessus les nuages si souvent dans ta vie, tu nourris tous les oiseaux qui passent en ton jardin depuis toujours, tu es donc leur amie, cette pie devait porter un nom gravé sur son aile, as-tu eu le temps de lire son nom ? »

-«  oui en effet je n’ai rien compris à ce nom mais sur son aile était gravé le nom de « LAUDT ».

-«  Laudt est son nom alors me dit-il »

Je rentrai chez moi tout légère et aérienne cette découverte m’enchantait je pensai il me raconte une histoire mais c’est si joli, en même temps j’étais perplexe car j’avais bien vu ce nom gravé, qu’est-ce que cela signifiait ? »

Le soir encore je pensais si fort à elle je l’appelais de mes vœux pour quelle me rende à nouveau visite, si elle le voulait.

Un instant entre rêve et réalité je fus emportée par des oiseaux dans un endroit inconnu de moi ; Là, des centaines de pies étaient posées sur des lits moelleux et elles semblaient en léthargie mais vivantes, elles avaient toutes un nom gravé par ordre alphabétique sous leurs petits nids.

 Je cherchais à « L »pour trouver LAUDT et en effet je la trouvai, je la reconnu de suite, son regard limpide entra jusque mon âme.

Elle me dit :

-« bonjour tu es venue , je t’ai envoyé chercher car je voulais te dire merci et t’expliquer pourquoi j’étais venue chez toi, je suis l’oiseau de ton ange gardien, et en même temps tu vois que notre espèce a un travail à accomplir ici au paradis, nous sommes chargés d’accueillir tous les oiseaux qui quittent la terre, mais toi, lorsque tu mourras et que tu quitteras la terre, j’enverrai les oiseaux te chercher pour que tu sois plus sereine, car tu nous a nourris toute ta vie, ainsi nous rendrons ton parcours au paradis plus léger, il sera enchanté par nos chants ; Et  lorsque tu vas te réveiller

Tu ne sauras plus très bien si c’était un rêve ou la réalité, mais je te le dis,  ceci est la réalité et arrivera »

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Participation de JAK

J’ai rêvé d’un amour

http://www.chansons-net.com/class-O/BO205.html

Extrait par Alibert et Jenny Helian

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JAK’accro à samedidéfi ….mais en vacances

Défi 264 16/09/2013

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Bonne question votre honneur ! (Walrus)

I hear those voices that will not be drowned

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Participation de Venise

J’avais déposé sur ma table une batterie de dictionnaires qui auraient dû m’aider à trouver

        L’origine des  rêve s. Mais c’est le tableau ‘la pêche la nuit à ANTIBES de PICASSO  qui piqua ma curiosité.

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 La plage était dépeuplée quand quatre visiteurs inconnus s’approchèrent. L’un deux me chuchota à l’oreille : »les rêves ne se trouvent pas dans la trigonométrie !!!

Les vérités éternelles sont d’un ennui de plomb me murmura l’autre.

C’est  la sonnerie de téléphone qui me réveilla brutalement .Tu as manqué le passage qui te concerne as tu achevé le tableau une nuit de pêche à ANTIBES. Non il pleuvait sur la mer je n’ai pu terminer la toile .il n’y a pas de convalescence quant on rêve me dit le mystérieux visiteur qui tenait une gouge à la main.

Je ressentis comme jamais cette angoisse crépusculaire éprouvée enfant au terme de certaines journées de jeux à perdre haleine. Je me retrouvais soudain comme une idiote devant un portail clos .

 

Mais que faites vous ici dans cette tenue me demanda Picasso le peintre en chemise de nuit ?

Sans réponse je m’arrangeai  pour me présenter à lui. Il me regarda en souriant et me dit : » ce serait très dangereux pour vous de rester ici ».

Un peu désemparée je proposais d’appeler la police. PICASSO  ressemblait à un astro- physicien en pleine transe

Nous sommes au bord des secrets ultimes dits il  Le mur du réel est prêt à être franchi

Éblouie  je l levais la tête et cru voir les nuages d’Hiroshima et de Nagasaki.*

Pour me défendre de mes rêves j’ai veillé jusqu’au matin au pied de la bibliothèque où dormaient les dictionnaires.

C’est  ridicule d’être impressionné par nos visiteurs de songes toute fois j’associe ces personnages à des symptômes. A peine à nouveau enlisé dans le sommeil  des sensations pénible au niveau du plexus je me réveillai  à nouveau il ne faut pas trop longtemps rêver

seule me dit mon psychiatre  faites comme moi mettez vous à la peinture et finissait ce tableau inachevé de Picasso la pêche la nuit à ANTIBES .


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si rêve était réalité (par joye)

 

Si rêve était réalité,
avec ton homme, tu partirais
tous les deux allant voyager
jusqu'au bout du monde

si rêve était réalité
contre son coeur, tu dormirais
vous deux restant bien épatés
jusqu'à la fin du monde

hélas, la vie n'est pas comme ça
et sans lui tu continueras
rêvant vos rêves tout pleins de joie

et puisque vos rêves étaient réels
il aimera sa petite belle
toujours dans ton coeur, il dormira
jusqu'à la fin du monde

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14 septembre 2013

Défi #264

Rêve ou réalité ?

-Défi proposé par notre amie KatyL-

 

Rêve K

 

Merci de nous faire rêver et de partager vos interrogations

 sur la source de nos rêves à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt

 

 

 

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