Rêve de fringues (Célestine)

J’ai fait un rêve idiot et amusant.

-Tiens, d’habitude, les rêves sont plutôt étranges et pénétrants…

-Oui, mais celui-là était vraiment saugrenu et poilant. Enfin, je crois que c’était un rêve…en fait je ne sais plus trop…J’étais dans ma chambre et je regardais mon armoire entrouverte avec cet air de songe vague et distant que l’on prend quand on ne sait plus ce que l’on est venu faire là, tu vois…

-ah oui ! Ça m’arrive souvent : il suffit de revenir à son point de départ…

-Là n’est pas la question. Le fait est que j’ai entendu distinctement mes vêtements parler. Ils tenaient un étrange conciliabule.

-Ils te passaient un savon ?

-Non pourquoi ?

-Eh, con, s’il y a bulle, y’a savon ! Ha ha!

-Bon si tu m’interromps tout le temps...Tu ne veux pas savoir, pour mes fringues ?

-Ah oui , alors, qu’est-ce qu’elles disaient ?

-Voila, tout a commencé comme ça, avec le pull en cachemire, tout rose de plaisir, qui disait d’un ton feutré : «  J’aime l’envelopper à même la peau. Elle est si douce ! J’aime mouler ses petits seins ronds et pointus au bout

-Hé hé ! Il commence bien, ton rêve !

-Attends, laisse-moi raconter la suite !

« Peuh ! Disaient les chaussettes, tu as le beau rôle ! Si tu crois que c’est drôle pour nous…Elle nous sort du tiroir pour nous enfermer aussitôt dans les chaussures ! Sans compter que, enfin…vous voyez bien… à la fin de la journée…hum…nous ne sommes plus dans de la première fraîcheur! »

« Moi, dit une petite robe noire décolletée en panne de velours, j’adore l’accompagner car elle m’emmène dans des endroits brillants et colorés, pleins de bulles et de musique. Mais je finis souvent roulée en boule sur un tapis… »

Puis les tee-shirts ont râlé que je ne les portais pas assez, et que je n’en avais que pour les petits hauts à bretelles, les robes à fleurs qui virevoltent et les chemisiers en satin.

Les jeans ont pris ma défense en affirmant qu’ils étaient indissociables des tee-shirts en question…Bref, le ton est monté, les manteaux s’en sont mêlés…Et plus le ciré pleurait, plus les mitaines applaudissaient... les foulards s’agitaient, les caracos caracolaient, c’était un joli bazar dans mon armoire… Un corsaire haranguait les pantalons, pendant que le bustier bombait le torse.

-Et alors ? Et alors ?

-Alors…je me suis réveillée, et j’ai retrouvé pourquoi j’étais là, plantée devant mon dressing : j’avais une soirée, il fallait que je m’habille. Et  je me souviens aussi de ce que j’ai pensé à ce moment-là !

-Ah oui ? Quoi ?

-J’AI RIEN A ME METTRE !

cél

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [41] - Permalien [#]
Tags :

Sans chemise, sans pantalon (Joe Krapov)

J’écris le slam de l’homme en slip qui slalome rue d’Isly en gueulant aux passants qu’il lui faut du müesli pour aller à Oslo.130706 437

J’écris le slam du type en kilt qui joue aux osselets et plante la phacélie au cimetière d’Elseneur et réclame un cheval pour fuir à tout jamais ce royaume pourri brûlé par le Gulf stream et l’orchestre des vents à tout jamais mauvais.

J’écris le slam du string de Lady Godiva qui jouait du violon tout près du Papyrus, immeuble de bureaux de la rue de Lorient et le soleil se lève et jamais ne se couche et les dancings fermés ne rêvent plus de pluie depuis je ne sais plus, disons comme Aragon depuis que je me suis séparé de mon premier slip aéré dont tout le monde se contrefiche.

J’écris le slam de la madone du sleeping Paris-Méditerranée qui en gare de Sète cherche son terminus près de la tombe à Georges mais ne la trouve pas. Ce qu’elle a sur le cul est garni de dentelle mais le poète est mort et ne peut plus bander toute son énergie pour attirer la belle. Ah la la ! Quel gâchis ! Elle qui justement cherchait une moustache parce que c’est meilleur, le slam, avec du poil. 

DDS 261 magritte

J’écris le slam du gars d’Oslo dont le slogan est « tous au slow à l’élastique » et sur son pagne est dessiné un plan de campagne finlandaise où les bergers sur des échasses gardent les moutons des nuages coincés au chambranle des portes.

J’écris, vous l’aurez deviné, le slam du réchauffement climatique, de l’industrie textile restée sur le carreau car il n’est plus besoin de porter de chemise, la cravate est tombée et nous errons pieds nus sous quarante degrés partout sur nos gamelles. Un reste de pudeur fait que d’aucuns portent encore un kilt en Elseneur, un caleçon rue d’Isly, un bermuda au Triangle à Rennes, un string en Slovaquie, un slip au Vatican pour voir son Eminence.

J’écris le slam de l’archiduc mort à Sarajevo le même jour que moi enfin le même jour quarante années plus tard où moi j’ai vu le jour pour la première fois. Il y avait encore de l’eau tombant du ciel et nous portions alors d’affreuses barboteuses. Je me souviens encore de ce siècle passé, le slam n’existait pas et l’on se demandait dans les chansons d’alors si les chemises de l’archiduchesse étaient bien sèches * et l’on avait projet d’aller pendre son linge sur la ligne Siegfried pour voir si l’antisLASH VOLAIT DES VACHES QUI RIT. C’était guerre contre paix.

Loin des réclames de la lessive, hors du temps qui délave tout « cause you know that time, time fades away » j’écris le slam des lessivés qui en ont pris plein les gencives, des gnons, des champignons, des hallucinations, de la science-fiction et des coups de bâton et qui slamment ici leur dernière salive et crachent pour demain des salves de noyaux d’olive avant que ne se pratique une explosion d’ogive en grand bouquet final de l’évaporation d’une espèce de monde assez chic, assez chié, asséché à jamais.

  *

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

La petite robe à pois (MCL)

MCL

 

Je venais à peine d’avoir treize ans le jour où elle a disparu. Elle est partie sans laisser d’adresse, sans explication, pas même un mot d’adieu. Moi qui n’avais jamais connu mon père je me retrouvais orpheline, à l’âge où j’avais le plus besoin du soutien et de l’écoute d’une mère aimante. Je vouais un amour sans bornes et une immense admiration à cette femme qui m’avait mise au monde et élevée seule. Elle n’était pas comme les autres mères. Mes copines enviaient cette complicité qui nous unissait, nos confidences et nos éclats de rire. Je fus placée dans une famille d’accueil, loin du quartier où j’avais passé mon enfance et, hormis une photographie, je ne fus pas autorisée à emporter le moindre objet qui pourrait me la rappeler, pas même cette jolie robe qu’elle sortait quelquefois pour évoquer l’époque de sa splendeur, de sa jeunesse heureuse et insouciante. « C’est pour ton bien », avait prétendu l’assistante sociale, mais je n’en croyais pas un traître mot. Les Meyer, chez qui j’allais habiter, ne voulaient pas de complications. A présent, j’allais marcher droit. J’allais devoir respecter de nouvelles règles, leurs règles. J’étais destinée à une vie monotone, à devenir une gamine ordinaire qui resterait dans le rang, mais c’était sans compter sur mon imagination et mon goût immodéré pour les rêves. Dès que j’en avais l’occasion, je m’enfermais dans ma chambre. Allongée sur le lit, je fermais les yeux et je la revoyais, la petite robe réalisée sur mesure par les mains habiles d’une grande couturière. L’organza dans lequel elle avait été taillée la rendait aérienne, presque impalpable. Son corsage à fines bretelles était orné de minuscules boutons ciselés et, à partir de la taille, soulignée avec grâce d’un ruban noir, plusieurs volants superposés s’évasaient en corolle. C’est exactement avec ces mots que ma mère la décrivait, je me rappelais encore ses paroles. Je l’écoutais bouche bée lorsqu’elle me racontait la somptueuse soirée à laquelle elle avait alors été invitée. Ce bal prestigieux où on ne voyait qu’elle, virevoltant au son d’une douce musique, dans les bras de son promis. Fillette rêveuse, je m’enivrais de ces souvenirs que je m’étais appropriés.

A ma majorité, le notaire m’informa que je pouvais récupérer ce qui restait des affaires de ma mère. Tout avait été vendu pour rembourser les dettes qu’elle avait contractées. On me remit une malle ancienne et un cahier à spirales sur lequel était inscrit « Journal » en lettres capitales. C’est dans cette malle que ma mère rangeait les objets qui lui étaient le plus précieux. Tout au fond, emballée dans du papier de soie, je découvris avec émotion la petite robe noire à pois blanc. Elle était telle que dans mon souvenir. Elle avait quelque chose d’intemporel qui m’intriguait. Qu’est-ce qui avait poussée ma mère à se faire faire ce vêtement un peu suranné en plein milieu des années 80 ? C’est en feuilletant le journal que je trouvais la réponse et bien plus encore.

Samedi 18 mai 1985

Aujourd’hui, j’ai dégoté une ravissante petite robe dans la boutique de troc de la place Wilson. Comme toujours, j’ai été incapable de résister. Dès que je l’ai enfilée, dans la cabine d’essayage, j’ai su qu’elle était faite pour moi. C’est quand j’ai franchi le seuil de la boutique, serrant fébrilement le sac de papier, que j’ai compris que je venais de commettre une erreur. Même si je l’ai acquise pour un prix très raisonnable, je sais très bien que je n’aurai jamais l’occasion de la porter.

Vendredi 24 mai 1985

Ce soir, je suis allée au restaurant avec Charlie. Il m’a invitée. J’avais l’intention de porter ma petite robe noire, car elle me va à ravir. Je n’ai pas pu. Au dernier moment, je l’ai enlevée pour mettre mon éternelle jupe plissée et mon gilet bleu marine. A part l’admirer, accrochée à un cintre, je n’ai pas réussi à franchir le pas. Moi qui croyais qu’elle était faite pour moi, j’ai à présent le sentiment de ne pas être faite  pour elle. Elle est bien trop belle. Je ne la mérite pas.

Lundi 3 juin 1985

Je sors de ma séance hebdomadaire avec le docteur Grimal. Il m’a encore parlé d’achat compulsif, de tendance autodestructrice. Il prétend que ma dépression s’est aggravée alors que je ne ressens rien de tel. La petite robe en serait la représentation flagrante. J’ai décidé de la remiser là où je range tous ces objets inutiles auxquels je n’ai pas pu résister. Je la ressortirai uniquement pour les grandes occasions.

Je poursuivis ma lecture d’une traite, jusqu’au bout. En refermant le journal, je réalisai que je ne connaissais pas ma mère. Les mots que je venais de lire étaient ceux d’une personne qui m’était totalement inconnue. Je découvrais que la femme enjouée qu’elle était m’avait caché des pans entiers de sa vie. Était-elle une affabulatrice ou avait-elle sciemment enjolivé les choses pour me rendre la vie plus belle ? Les séances de psychothérapie, son incapacité à faire face aux difficultés et, pire encore, sa décision de tout quitter un jour pour m’offrir une autre destinée, toutes ces nouvelles venaient de tomber comme un couperet. Ce don qu’elle m’avait fait treize ans auparavant , elle ne s’était plus senti capable de l’assumer. Aujourd’hui, je venais d’avoir dix huit ans, c’était mon anniversaire et en guise de cadeau je venais de recevoir de terribles révélations. Comment se faisait-il que personne n’ait su ? Si seulement quelqu’un avait pu lire ce journal, il y aurait eu une enquête. Je me fis deux promesses, la première étant de tout mettre en œuvre pour retrouver ma mère. La seconde allait être réalisée dès ce soir. C’était ma soirée d’anniversaire et j’avais invité mes amis. J’étais autorisée à les recevoir à la maison, en l’absence de mes parents adoptifs qui s’étaient éclipsés pour le week-end. A vingt heures, lorsque je descendis les marches de l’escalier pour rejoindre mes invités, toutes les têtes se levèrent. J’avais revêtu pour l’occasion la petite robe noire à pois blancs, en hommage à ma mère, cette robe qu’elle n’avait jamais osé porter parce qu’elle était trop belle. Et elle était vraiment belle, je pouvais le sentir dans le silence religieux qui régnait. Je pouvais le lire dans les regards fascinés levés vers moi.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

Dans ma salopette (Sebarjo)

 

 

Dans ma salopette

Je suis bien tranquille

Rien ne m'y inquiète

Tout est si facile

 

J'y passe mes journées

A ne rien faire

Dans mon atelier

Je suis si pépère.

 

Dans ma salopette...

 

Dans ma salopette

J'me sens hydrophile

J'suis comme dans une couette

J'suis thermolactyl

 

J'y lis des gazettes

J'suis bibliophile

Des odes, des saynètes

Des romans débiles

 

Dans ma salopette...

 

Dans ma salopette

J'ai vraiment du style

Elle fait perdre la tête

J'ai du sex-appeal

 

Tous les jours c'est fête

Je chante O Brazil

Sans stress en paillettes

En strass je défile

 

Dans ma salopette...

 

Dans ma salopette

Je suis bien tranquille

Jamais rien ne m'inquiète

Tout est si facile

 

J'y passe mes journées

Juste à roupiller

Elle est si douillette

Ça c'est vraiment chouette

 

Dans ma salopette...

Dans ma salopette...

 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :


La tunique verte (Hime Chan)

Il était donc une séance de théâtre. Il était donc un exercice où nous étions 6 personnes à parler. 3 personnes inventaient une histoire, et 3 autres relataient leur passé. J'étais... eh bien à vous de deviner ! Le but était de parler d'un souvenir de rentrée. Les autres, en face de nous, devait séparer le vrai du faux. Je me lançai donc, en deuxième position, enfin je crois.

« En fait, c'était pour ma rentrée en 5ème. J'étais allée faire des courses avec ma mère, on avait acheté tout un tas de vêtements, etc... Mais elle m'avait obligée à prendre une espèce de tunique verte, informe, avec des broderies bizarres dessus, que j'avais tout de suite détestée mais qu'elle adorait. J'ai quand même cédé. Du coup, pour la rentrée, je me suis retrouvée avec ça sur le dos. La honte de ma vie... Je pensais que tout le monde allait se moquer de moi ! En fait, personne ne s'intéressait à ma tunique, mais bon... J'étais quand même très énervée ! »

Voilà l'histoire. A la fin de l'exercice (où il était aussi question d'une salopette, mais dans un autre style), mes camarades ont donc tenté de deviner si je mentais ou pas. Eh bien, pour tout vous dire... je n'ai pas du tout l'intention de vous filer la réponse ! Donc à vous de deviner...

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :

Trouvaille (joye)

Défi n° 262 :  Écrire un truc à propos des fringues.

Entendu, chers maîtres défiants, murmurai-je, avant de laisser danser mes doigts sur le petit clavier du Gateway.

Tip-tip-tip…

ODE À LA CHAUSSETTE

Ô chaussette de laine, tricotée pour mon pied !

Tu nous entraînes, grave, des orteils au talon !

Ô chaussette de haine, quand l'hiver est tout près...

 

D’un coup, j’entendis une petite voix assourdie…

-          Hou ! Dis donc ! C’est de la dauuuuuuuuuuuuu-beux !

-          Hein ? Qui parle ? Quelqu’un est là ?

-          Yep ! Moi ! revint la voix.

-          Mais t’es où ??? 

Je commençai à m’inquiéter.

-          Ici !

Je constatai alors sous mon bureau le bout de couleur corail de mon gros orteil sortant par un trou dans ma chaussette usée.

-          Euh, c’est toi qui parles, mon gros orteil ?

-          Bin non, un orteil qui parle, quelle idée ! Je suis ta chaussette ! Tu fumes d'la moquette ou quoi ?

-          Rien ! je ne vis pas dans le Colorado, tu sais.

-          Pffrt, toi et les infos, si tu pensais un peu plus au quotidien, tu n’aurais pas de trous dans tes chaussettes douteuses. Ton truc est nec plus menteur !

-          Certes, mais tais-toi un peu, je ne veux pas qu’on sache que mes chaussettes sont trouées !

-          Pourquoi pas ? Tu es censée écrire à propos de tes fringues, non ?

-          Euh, si, en quelque sorte…

-          Et tu ne vas pas parler de ton soutif ?

-          Non ! Pourquoi ?

-          Passe que cela plairait aux voyeurs dans la galerie.

-          Non, je ne crois pas, c’est trop personnel…

-          Bof, tu sais, c’est bonnet blanc, blanc bonnet…

-          OH !

-          Bin, parle de ta culotte alors.

-          OH ! C’est pire ! Absolument trop embarrassant !

-          Oh, si, vas-y, chiche ! fais-leur un beau Freudian slip ! Ça va les é-pa-ter !

-          OH !  Tu ne vas pas te taire, hein, la chaussette ?

-          Bin, tu vois, même moi, je suis culottée !

-          OH ! Je te préviens, tais-toi ou…

-          Ou quoi ? Parce que je viens de te prouver qu' il y a pire que les trous dans les chaussettes !

-          Finalement, t’as raison. Merci pour tes conseils, ma chaussette !

-          Très bien, tu vas recommencer ton sonnet et à propos de tes souvêt’s ? Un peu de hou-là-là pour égayer leur samedi ?

-          Non, hein ! 

-          Bin, pourquoi ?

-          Parce que, grâce à toi et ton audace, mon texte est déjà terminé.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags :

Bonjour à tous ! (Stella NO.)

Aujourd’hui, je vais tricher un peu pour ce défi et réécrire quelque peu un article que j’ai posté sur mon blog cet été. Je suis en effet intriguée depuis toujours par un phénomène inexpliqué : La chaussure du bord de route.

N'avez-vous jamais remarqué ces chaussures esseulées? Ne vous êtes-vous jamais demandés d'où elles provenaient? Ou encore pourquoi elles sont systématiquement seules? N'avez-vous jamais rêvé d'une invasion de chaussures mutantes?

Hé bien moi, oui!!! Ce mystère m'intrigue et m'interpelle. Pourquoi y a-t-il des chaussures seules sur le bord des routes?

C’est pourquoi j’ai échafaudé différentes théories farfelues sur le sujet.

Ne seraient-elles pas en faire des chaussures espionnes? Dispersées ça et là, observant les voitures et leurs conducteurs. Elles seraient ainsi des balises d'observation extraterrestre dissimulées. Après tout quoi de mieux qu'une chaussure puisqu'il y en a des milliards sur terre.

Ou encore ne seraient-elles pas une nouvelle forme d'exécution? Elles sont usées jusqu'à la corde, n'est-ce pas? Comme si des personnes avaient été désintégrées sur place et qu’il ne restait de leur passage qu'une chaussure, unique survivante et témoin du drame.  

S’agiraient-ils plutôt d’avachis maladroits? Des imbéciles qui roulent en voiture, un pied par la fenêtre (le passager, hein, pas le conducteur) et perdraient leur chaussure à cause de la vitesse ?

Une autre théorie qui me plait bien : Une secte dont le but serait d'abandonner des chaussures une par une, ça et là, afin que des nouilles comme moi se posent des questions et en parlent sur leur blog? J'imagine aisément leur organisation secrète avec des forums secrets où les partisans évoqueraient leurs prochains attentats: "alors ma prochaine mission est de larguer une espadrille noire sur le bord de la A1 juste avant la sortie du Parc Astérix", "super, Secretshoes! Pour ma part, j'ai prévu de balancer un escarpin rouge accroché à une converse par dessus le fil électrique face à La Poste". Peut-être pourrais-je les infiltrer afin de satisfaire à ma curiosité ?

De façon plus terre à terre, ne serait-ce pas plutôt une blague à la con? Genre y'a un lot d’imbéciles qui s'amusent à balancer la chaussure de leur pote en roulant. Trop drôle, vraiment trop drôle… je n’aimerais pas avoir ce type de « potes ».

Dans un genre plus hippie, on a aussi la théorie des "épatés de la vie" qui découvrent lors d'une randonnée que ça serait vachement plus chouette de vivre en marchant pieds nus? Ca tient la route, tant qu’ils n'ont pas testé les gravillons et l'asphalte brulante! Et puis, zut, on est dans une époque d'écologie alors plutôt que de balancer ses chaussures, autant les faire recycler ou encore les déposer dans les containers d'Emaüs. En plus, on trouve souvent une seule chaussure donc j'ai du mal à imaginer que le mec continue à marcher clopin-clopant: un pied nu, un pied chaussé. Remarquez que du coup, quand le sol est chaud, on peut marcher à cloche-pied. C'est sportif, mais c'est plausible.

Il pourrait s’agir aussi d’un rassemblement de contestataires? Genre pour militer contre la disparition du tapis de souris, y'a des gars qui remplissent leur bagnole de vieilles chaussures et les balancent le long des routes. Les gars, ça serait plus clair si vous laissiez un petit mot avec les chaussures!!! 

Je me dis aussi que La chaussure du bord de route pourrait être un témoin direct d’une vieille  superstition? Il parait que "dans le temps", les mariées lançaient une chaussure à leurs demoiselles d'honneur, celle qui l'attrapait était sensée se marier dans l'année. Il s'agit donc peut-être de chaussures abandonnées par des demoiselles d'honneur qui ne se sont pas mariées? Enfin non… ça ne tient pas la route car il y a aussi des chaussures masculines. Par ailleurs, de nos jours, on balance plutôt un bouquet de fleurs, ça fait moins mal quand tu te le prends dans la tronche…

Mon côté enfantin me dit que l’explication est plutôt à trouver dans les histoires fantastiques. Celle-ci s’intitulerait Shoes Story. Peut-être que comme dans Toy Story où les jouets s'animent, les chaussures ont une vie en dehors de nos pieds! Peut-être que parfois elles en ont marre de vivre à deux. Comme dans tous les couples il y a des hauts et des bas, et puis elles ne se voient pas souvent: quand l'une est devant, l'autre est derrière et vice versa. C'est pas évident de s'entendre dans ces conditions… Peut-être aussi que parfois, elles ne supportent plus leur boulot si ingrat: odeur, humidité, ongles mal coupés, griffures, coups, pluie, boue… Y'a de quoi péter les plombs et tenter une fugue. Mais souvent, le plus dur est de revenir et certaines échouent lamentablement sur le bord des routes. Triste histoire… Toy Story c'est plus sympa quand même.

Pour terminer dans mes théories sérieuses sur le sujet, il y a aussi celle liée à la désinvolture de l'humanité. L'être humain n'est-il pas tout simplement négligent? Jeter ses vieilles chaussures sur la route, comme certains jettent leurs papiers, leur chewing-gum ou leurs emballages McDo. L'être humain, dans toute sa splendeur, égocentré au possible, insensible aux effets à long terme de ses actes. "D'autres répareront mes erreurs" ou "D'autres feront à ma place". Illusion de l'invulnérabilité. Quel bel effet de groupe!

Finalement, la Chaussure du bord de route serait un bon thème de recherche en psychosociologie!

Ste

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

La petite robe déshabillée (JAK)

jak1

jak2

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Venise

C’est à la saint-frusquin que j’irai donner mes fripes

Alors vêtu d’un Alpaga je ferai oublier ma pelure d’oignon

Qui avait mis les flics sur mon paletot, histoire de me

défringuer.

Ils m’ont bien cravaté ces oiseaux de malheur afin de

me jeter comme une limace dans ce vieux bistrot tout

dézingué.

J’suis débraillé et mon falzar mal épinglé baille au petit matin.

Mon galurin squatté par des moineaux se réchauffe au son de

l’accordéon.

C’est là que je la vis avec son tablier en soie mousseline

bordée de dentelles en fuseau.

Et sous son corsage moiré gris, deux petits seins à la coque

vous dis-je !!!

Un bijou cette fille-là qui descendait l’avenue à moitié nue.

Émoustillé par ton reflet, je défroissais ma chemise et tes

hanches comme un violon

Répondaient à mon accordéon.

J’en ai vu des belles prunes, mais comme toi sous ton châle

de soie

Même l’aveugle écoutait monter les murmures sous ton

passage.

Tes sandales bleues te donnaient un port de reine..

Bon j’arrête là because censure il faudra une pétition pour la

suite !!

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :