En haut des marches (Célestine)

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©Jean-Jacques Sempé

 

Sur ses petits chemins transversaux, bien loin des routes nationales, elle rêvait toujours d' escapades au ciel turquoise et aux nuages orange, aux aiguilles de pins cembros, des aiguilles douces crissant sous les pieds sans blesser les orteils. Elle mettrait sa petite robe d'étoiles et ses espadrilles de satin bleu. Elle ne demanderait rien d'autre que de sentir des gouttes de rosée au coin de ses yeux, de suivre des chemins de soleil tortueux au bord des falaises noires, d'enfouir ses narines dans l'odeur du foin coupé. Le décor tremblerait dans la chaleur de mai.
   Elle désirait goûter la vie comme on trempe ses doigts gourmands dans la confiture de mûre.Comme on se glisse voluptueusement dans l'espace indicible entre les heures et les minutes. Elle rêvait de sentir ainsi vibrer celui qui l'enlèverait, un prince, un bûcheron, un troubadour, un Cyrano, un chevalier des champs de blé ou de luzerne, quand elle s'accrocherait, en fermant les yeux, avec un petit rire de souris blanche, comme à un rocher, à son corps tendu vers l'espace. Blottie sur le porte-bagage de la douceur de vivre, elle arrondirait les bras en parenthèses. Juste un instant d'éternité. Leurs mains se chercheraient. Leurs doigts se chercheraient. Le vent chuchoterait à leurs cheveux.
   Les astres et les fleurs se troubleraient de tant de bonheur. 
Ils trouveraient un escalier herbeux et sauvage, et le coeur palpitant tout en haut des marches, il l'embrasserait et l'éblouissement de ce baiser unique ferait pâlir les nébuleuses et les éclipses de lune.

 Infiniment. 

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Arcanes de l'âme (Djoe l'Indien)


Derrière l'escalier se cache le mystère
De tes yeux de jasmin et tes couettes de blé,
Des couleurs que le vent d'un ballet endiablé
Vola à ton sourire au parfum légendaire

Sur la plus haute marche apparaît, droit, Cerbère,
Fier gardien de ton âme ; et mes yeux éplorés
Ne savent plus que faire, et j'ai beau implorer
L'accès à ton jardin rien ne sait le distraire...

Quel est donc ce secret de nuages voilé
Qui tant pèse à ton coeur que tu vis en recluse ?
Libère donc Cerbère et descends les degrés,

Sème derrière toi tout ce dont on t'accuse,
Cueille au bord du sentier les couleurs du printemps
Et laisse l'escalier s'éteindre sous le temps.           

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Des chemins, des sentiers et des rues où l'on marche (Joe Krapov)

23 lignes pour évoquer les chemins et sentiers sur lesquels j’ai marché ? Pour dire toutes les rues que j’ai arpentées ? Mais on me demande carrément l’impossible, là ! Même mon disque dur externe qui sert de mémoire d’appoint à mon unique neurone proteste alors que mes boîtes de photos et de diapos trépignent dans leur placard : « Fais nous prendre l’air, cela fait des années que tu dois faire la liste des endroits où vous êtes allés ! ».

Autre réticence : cette évocation de la marche effrénée du photographe-poète n’est-elle pas un peu trop personnelle ? Ne relève-t-elle pas plutôt de l’épanchement sur un blog que de l’inscription dans un Défi, fût-il aussi peu futile que ne l’est celui du samedi ?

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Et puis qui s’intéresse, dans nos cités plus qu’agitées, aux douceurs de la Suisse normande, aux mystères du Yeun Elez, aux joies maritimes du GR 34, aux curiosités touristiques de la Rance vers Pleudihen, aux sentiers des douaniers de Belle-ïle, Jersey, Guernesey, Noirmoutier ? Qui veut encore longer la Loire ou le canal de Nantes à Brest ? Qui veut faire le long parcours austère dans le sable, l’impérissable tour du splendide Marquenterre ? N’ai-je pas déjà montré abondamment les rues de Bruxelles, Nancy, Lyon, Strasbourg, Nantes ou Rennes ?

Non, vraiment, pour causer dans les salons, pour être à la page aujourd’hui, il faut avoir joué les trottins bien puritains, bien purotins, derrière le popotin de la Christine Boutin, avoir marché, sévère et purgatif, derrière le dargif pas forcément jojo ni toujours impavide (d’un pas vide) de Frigide Barjot. Et cela, en vérité, je vous le dis, c’est véritablement impossible pour moi. Sans compter, mais cela nous éloigne de la bonne marche de cette chronique, que je me fiche comme de ma première paire de chaussures de randonnée de la façon dont au mois d’août à Knokke-le-Zoute, Georges et Roger s’empapaoutent. Et de plus les séances de gymnastique au lit (astique, hola, asticot las ! Unique au lit fut Nicolas nous dit Carla) de Véronique et Davina me broutent quelque peu (et pourtant mon rêve secret, quand je serai grand, est d’épouser une lesbienne) surtout quand Véro tique devant Davina tendue et que Claude François me recommande de marcher droit .

Bref chacun est libre de prendre son pied sur les marches ou dans la marge. « Moi je préfère la marche à pied »,  comme chantait Salvador. Et bien souvent, comme ajoutait Goldman, « Je marche seul »  ou alors accompagné de ces fabuleuses Bretonnes qui m’ont converti à cette activité que je trouvais jadis ingrate et que je juge désormais fondamentale.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, je dois avouer que j’ai longtemps traîné les pieds en ronchonnant derrière leurs jolies fesses, me demandant à quoi rimait ce genre de messe dont elles raffolent. Marcher dans la campagne, quelquefois sous la pluie, effectuer un circuit, une boucle, me semblait marcher pour marcher et je me demandais souvent, sous ma pèlerine, en nage : « Par Saint-Jacques, que composent-elles ? ».

Maintenant c’est moi qui vais devant, qui mène la marche, le Canon Ixus HS 220 ne quittant plus ma menotte droite, heureux de laisser loin derrière moi tous ceux qui causent dans les salons. Je les préviens ainsi que vous car pour finir cette chronique je vais une fois de plus blasphémer :

« Quand je marche au-dessus des vanités humaines
Je me sens comme Dieu arpentant ses domaines ».

Ite missa est ! Et vive la Bretagne !

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La marche suspendue‏ (titisoorts)

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Je suis devant cette image, un escalier moitié sauvage où l'homme à structuré la montée. Combien de marches, m'ont amené jusqu'ici. Combien de vues avec la question à bout de force,  cuisses endolories par l'effort,  "mais il y a quoi après ?" Une vue aussi magnifique soit elle, un soleil plus radieux, un vent plus violent, une mer ,un lac, mon imagination est resserrée par le halètement de mon souffle. Et si je n'étais pas pressé,  et si je profitais du moment présent . Je m'arrête, au milieu des marches,  je respire un bon coup, je ressens l'air me parcourir la gorge, le corps parcouru comme par une vague qui viendrait m'apaiser inlassablement. Je ressens le soleil me réchauffer le corps, le vent me caresser les joues, j'entends plusieurs oiseaux différents chanter, je suis tout simplement bien. Non, je n'ais pas envie d'aller voir derrière cette montée. J'aperçois de nombreux insectes courir sous mes jambes, certains que j'aurais pu écraser si j'avais forcé l'allure. Un peu comme dans la vie, poussez vous, l'homme arrive. Pourquoi ne pas simplement grimper ces quelques marches, pourquoi de telles questions? Mon horloge biologique est-elle en train de se dérégler ou bien de se réveiller. Serait il temps pour moi de m'arrêter de courir, de ne plus chercher au delà des montagnes, des efforts, une fuite en avant, une soif de pouvoir de devoir, de toujours chercher les trésors loin, alors qu'il suffit de s'asseoir sur ces marches, et suivre la marche. La pleine conscience, où je suis, ce que j'entends, ce que je ressens mais qui es-tu vraiment et que fais-tu de ta vie? Une fois les questions posées, je reste quelques instants tranquille, des instants rien qu'à moi puis je me relève, décidé de monter ces marches, un pas en avant, continuer malgré la remontée d'émotion.

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Dans les nuages (MAP)

Au-delà des marches

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En haut de l’escalier (Cavalier)

 

 Quelques fleurs séchées

 

Dans la maison ancienne en haut de l’escalier,

Sauge, hibiscus en fleur, marjolaine et mélisse,

Chantent le four à pain à l’ombre du grenier,

Du moulin à café vers le geste qui glisse…

 

Mélusine, merveille, au brouillard de la mer,

Voilà que des ruisseaux, de l’herbe et des prairies,

Tu fécondes l’encens au sortir de l’hiver :

Cannelle sur copal, muscade en féeries…

 

Fleure tous ces parfums du profond des vallées,

Aux forêts des oiseaux, au creux du Yeun Elez,

Aux détours des chemins, des routes étoilées…

 

Exhale dans mon cœur l’inflorescente Breizh,

Sur le puits disparu du chêne centenaire,

La douceur de l’Izel, sur le bois et la pierre…

 

 

La maison Cornec

                             

 

 

On consultera avec un intérêt certain :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yeun_Elez

http://fr.wiktionary.org/wiki/Breizh-Izel

http://ecomusee-monts-arree.fr/la-maison-cornec-2/

 

Et voilà comment une petite promenade dominicale, et la rencontre d’une faiseuse d’encens jolie, jeune mélusine bretonnante tournant son moulin à café odorant, en haut d’un escalier de pierres, peuvent donner un petit poème…

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Participation d'Anémone

Marcher, aller au-delà de ce qui n'est pas nécessaire.
Comme le dit Nicolas Bouvier: se défaire.
Pour mieux se retrouver, perdre ses repères.
Le mystère au coin de la rue.
L'aventure au bout du chemin.
Se dépouiller pour s'enrichir.
La découverte de soi au travers d'un parfum.
Le monde révélé dans un brin d'herbe, une poignée de sable fin.
Chaque sentier comme microcosme
D'un réseau capillaire.
Apprendre l'humilité, la lenteur.
La saveur du vent, la musique des pierres.
Faire converger l'esprit avec la chair.
Se relier au ciel en même temps qu'à la terre.
Aller bien au-delà des mots.
Etre marché, comme quand on danse on est dansé.
Marcher, bien au-delà du faire.
Et s'élever au-delà
De la marche elle-même.

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Trop vite… (Prudence Petitpas)

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Trop vite…

Descendre en route de ce train trop rapide, est ce possible ? Juste pour un moment se dérouiller les jambes et s’arrêter juste le temps de reprendre son souffle, est-ce trop demander à la vie ? Peut-on avoir droit à un répit ?

Si oui, où faut-il le demander, où doit-on le réclamer ? Dis-moi, où faut-il signer pour avoir droit à ce congé, en bas de quelle page pleine de gribouillis, dois-je griffonner mon grigri ?

Juste un moment de délice, un moment de surprise calme et tranquille, sans stress, sans rien de rapide, un coton de douceur, dans cette vie de brute et de folies…veux-tu le vivre avec moi, veux-tu toi aussi cette pause sur cette page ? ce retour en arrière, ce come back sur nos vie, ce voyage voler à la vie, ces minutes qui pour d’autres n’existent pas , n’ont même pas vus le jour, n’ont pas pu survivre au mouvement trop rapide de nos vies… ces quelques jours dérobés au brouillard, avec cette poudre aux yeux, ils n’y verront que du feu, mais nous on sait, nous on se rappelle, nous on a apprit qu’il est possible de changer le cours des choses, juste un temps, juste un peu, sans voler plus qu’il ne faut aux choses établies, aux principes installés de certains qui ne peuvent savoir comment fuir cette folie, jouir vraiment de la vie jusqu’au bout de la nuit…

Alors si tu me suis, assis-toi sur le sentier, pose ta plume et viens danser, pose ta tête de l’autre côté, roule ta bosse dans le fossé. Arrête-toi et  réduit la distance entre nous, souris-moi simplement comme un fou, cherche comment surgir du néant, donnons nous le temps d’avoir envie d’attendre que la vie ne s’arrête avant qu’elle ne soit prête. Juste un moment entre parenthèse, en se disant que le reste est foutaise…alors en avant marche pour cet arrêt sur image…

 

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Participation de Droufn



 
« Bonjour Monsieur le concierge, pouvez-vous m'indiquer comment prendre l'escalier?
- Eh bien ce n'est pas bien compliqué, il suffit de suivre les marches
- Ah d'accord, vous m'en conseillez une en particulier?
- Celle du haut est la mieux placée
- Mais, si elle est en haut, comment vais-je y arriver?
- En prenant l'ascenseur
- Bien, merci Monsieur.. »

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