Septième Art (Célestine)

cél

Je pourrais vous dire c’est un homme tranquille. Vous expliquer que, bien sûr,  le facteur sonnera toujours deux fois, et que le train sifflera trois fois, avant que je me décide à faire le premier pas.  Mais qu’il m’a fait entrer, tout doucement, dès que je l’ai vu, dans la quatrième dimension. Qu’ avec l’eau, l’air, le feu, la terre, il est le cinquième élément qui manquait à mon souffle, à ma vie. Et que mon sixième sens ne me trompe jamais.

Je pourrais vous jurer que si, après sept ans de réflexion, ou même huit et demi, il me fermait la neuvième porte de son cœur et sa  poésie, je pourrais mourir de chagrin.

Je pourrais vous confier combien je m’en balance, des dix commandements, et que même douze hommes en colère ne m’empêcheront pas de me coller à lui comme une glu. De respirer son eau et de boire son air. Que là-haut, dans sa tour d’ivoire, en haut des trente-neuf marches, en soixante secondes chrono, il a fait de mon âme une plaine fertile et un lac insondable, et que cent jours à Palerme avec lui, c’est trop court.

Je pourrais vous raconter que dans ses bras, je plane à dix-mille au-dessus du sol, et qu’avec lui comme capitaine, je pourrais parcourir vingt mille lieues sous les mers.  Et qu’enfin, puisque je le dis, puisque je l’affirme,  même pour mille milliards de dollars, je ne renoncerais à mon amour pour lui.

Mais je ne vous dirai rien de tout cela.

Je l’aime, et quand on aime, on ne compte pas.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [51] - Permalien [#]
Tags :

La peur des nombres ? (Vanina)

Non, elle n’avait pas la peur des nombres, juste la peur d’un nombre, un classique dans le genre, le « 13 ». Pourtant elle était née un 13 octobre 1913 et disait toujours que s’il avait existé un treizième mois, elle serait née ce mois-là !

« Mère-grand » (comme j’aimais l’appeler) était notre grand-mère gâteau qui ne manquait pas de nous faire remarquer à mes frères et sœurs et moi-même qu’un hôtel digne de ce nom n’avait pas de chambre n°13 et qu’un building bien pensé passait du douzième au quatorzième étage…

Je me souviens qu’elle avait en mémoire des évènements douloureux liés au 13, mais je n’arrive pas à me souvenir lesquels, sauf qu’un de ses frères, que je ne pense pas avoir connu, était mort un 13.

Avant tout, disons-le, ma grand-mère nourrissait des superstitions liées à son métier, elle était danseuse étoile, artiste de scène. Le vert était une couleur « interdite » et lorsqu’elle faisait tomber son peigne par terre, elle tapait dessus trois fois du pied gauche (surtout pas le droit !) en disant « merde – merde - merde »…

Cela explique-t-il que mes superstitions ne s’arrêtent qu’à ce qui porte bonheur et qu’il m’est très rare de dire des gros mots ?

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Violette

Comme uNe OMBRE............ils le disent : toi qu'a un bottin dans la tête, c'est quoi au fait le numéro...je suis le bottin.....et Je me débrouille de recettes en recettes par sept, sept oeufs, septs cuillères, 7 minutes.....demain le  17, j'ai 17 ans, je suis née en 1917.........Mon compte est bon, il chantait "comptez comptez vos points, comptez les bien...." le bon nombre? c'est certainement le paquet de fromage où il y a au moins un sept, non? Puis comptez pour rien, en marchant , en tricotant, en rangeant......Comptez le temps derrière et devant, le temps avec et le temps sans, s'en approcher....chercher son nombre d'or.......sans encombre.....même pas peur...Sombre, je suis moN OMBRE....

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

Le zéro, est-il un nombre ? (Tata Béa)

ttb

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :


Tirez-lui la queue, il pondra des œufs ! (Adrienne)

Quand elle était petite, elle aimait beaucoup les chiffres.

Ceux qu’on récite avec fierté dans les tables de multiplication, six fois sept quarante-deux..

Ceux qu’on chantonne Un, deux, trois, nous irons au bois.

Ceux qu’on danse à la corde, 1,2,3,4,5,6,7, Violette à bicyclette.

Ceux qu’on décompte pour désigner le joueur, Un petit cochon pendu au plafond…

Ceux qu’on frappe joyeusement du pied en marchant, Un kilomètre à pied, ça use les souliers.

Mais aujourd’hui, ça a bien changé.

Elle a peur de lire le thermomètre. Peur d’y voir un zéro ou un chiffre en-dessous de zéro. Car il ne fait plus que dix degrés dans la maison, et quatre dans la salle de bains.

Elle a peur de lire les résultats de l’analyse de sang. Peur d’y voir des nombres trop élevés ou trop bas. Car ce n’est jamais le moment de tomber malade, et aujourd’hui moins que jamais.

Elle a peur de lire son courrier. Peur d’y voir les montants à payer. Car elle craint de ne plus y arriver, un jour ou l’autre.

 

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept,
Adrienne a fait des dettes !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags :

le nombre‏ (titisoorts)

un, c'est la liberté
un, seul à part agé
un, Dieu fier attitude
un, mort en solitude

je suis lorsque tu m'aimes
qu'un nombre de toi même
en corps l'éternité
l'ombre de mes années

deux, c'est vraiment super
deux, la fille au paire
deux, tu fais des ans vieux
deux, clos mes yeux aux pieux

je suis lorsque tu m'aimes
qu'un nombre de toi même
en corps l'éternité
l'ombre de mes années

trois, peur de l'addition
trois, dans la confusion
trois, c'est un accident
trois, l'amour descendant

je suis lorsque tu m'aimes
qu'un nombre de toi même
en corps l'éternité
l'ombre de mes années

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :

PEUR DES CHIFFRES (joye)‏

Monsieur Émile -Hercule Roussel serra son stylo violet et marqua soigneusement en haut de la copie :  Étant donné votre peur des chiffres, mademoiselle Martin,  je vous déconseille vivement de faire carrière comme ingénieure, ou même caissière.

Voilà, le baiser de mort aux ambitions ridicules d’encore une pétasse qui se retrouvait dans ses cours d’algèbre au collège Albert Camus à Bar-le-Baron.  Roussel eut toujours  envie de rire quand un enfant de treize ans lui déclara, le premier jour des cours qu’il voulait devenir ingénieure, ou physicienne, ou encore un truc ridicule. Mais Roussel restait professionnel, et se contenta  toujours d’une grimace condescendante et un « Ah bon ? » nec plus froid, avant de passer à la prochaine déclaration indigne.

Il était tout simplement  le meilleur  prof de maths à Bar-le-Baron,  alors,  il faisait toujours de la démolition des ados boutonneux un point d’honneur qu’il devait au monde des mathématiques.

Roussel se frotta les yeux, et regarda par la fenêtre du train qui l’emmenait à Paris, et plus précisément aux studios de France 3. Convoqué par une lettre signée personnellement par son idole, Bertrand Renard,  Roussel sut tout de suite que ce serait impossible de refuser une telle invitation - de partager sa supériorité en calcul à tout le pays - les mots restaient blasonnés sur son cœur, avec la signature à encre violette. Tiens, ce Renard était un original, comme lui-même.

Arrivé à la Gare de l’Est, le petit homme touchait nerveusement son papillon nœud qu’il avait sorti exprès pour cette grande occasion. Pas de quoi être nerveux, sa supériorité en chiffres lui permettrait de sortir victorieux même s’il ne trouvait pas toujours le mot le plus long …

Roussel se dirigea vers la sortie pour trouver un taxi. Ruineux, oui, mais le temps du parcours, il pouvait répéter un peu ce qu’il allait dire sur scène pour se présenter son génie au monde.

-          Eh ! Bonjour !  Monsieur Roussel ! Bonjour !

Se retournant, Roussel vit un groupe de jeunes. Il crut reconnaître vaguement le grand et puis la voix de Sévérine Martin, l’auteur de la copie qu’il avait corrigée dans le train. C’était probablement une coïncidence, il ne connaissait personne à Paris. Ce n’était pas à lui que ce groupe d’ados s’adressait.

-          Hein, monsieur Roussel, vous ne nous reconnaissez pas ?

La petite Sévérine se mit entre lui et la queue qu’on formait pour les taxis.

-          C’est bien vous, non, monsieur Roussel ?  lui dit-elle, d’une voix très forte.

-          Eh oui, bonjour. Excusez-moi,  je suis pressé. Bonne journée !

-          Vous allez où ?

-          C’est une question très indiscrète.  J’ai rendez-vous. Bonne journée !

-          Où ça ? Vous ne voulez pas venir avec nous ?  On va au XVe, on va prendre le RER.

-          Non, merci mademoiselle,  je prends un taxi, je vous ai bien dit que je suis pressé.

-          Okay, d’ac, bonne journée, monsieur ! Elle lui jeta un grand sourire et rejoignit son groupe de copains qui riaient fort.

Ils étaient sans doute tous saouls ! Roussel se dit que les parents de ces jeunes crétins ne devraient pas leur permettre de sortir à Paris le week-end. Ils devraient rester à la maison et faire leurs devoirs. Enfin, c’était son tour et il monta dans le taxi, et donna l’adresse.

Le chauffeur de taxi le regarda dans son rétroviseur.

-          7, Esplanade Henri de France ?

-          Oui, c’est ce que j’ai bien dit. C’est pour un tournage, alors, faites vite.

-          Un tournage ?

-          Oui, un tournage. Pour l’émission Les Chiffres et les Lettres. Vous ne connaissez pas, j’imagine.

-          Oh, si, je connais. Tout le monde connaît. Mais êtes-vous sûr que c’est aujourd’hui ?

-          Mais oui, je suis sûr. L’invitation a précisé aujourd’hui, le 17 mars.

-          Oui, très bien, monsieur. Mais cela m’étonne quand même qu’on tourne un dimanche.

Roussel ne daigna pas répondre. C’était évident que pour les invités exceptionnels comme lui-même qu’on prenne une date qui convenait à ses heures de cours, et il continua à le penser jusqu’à leur arrivée aux studios où tout était déserté, à part un groupe d’adolescents qui attendaient devant la grille.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags :

Même pas peur, zéro crainte ! (Anémone)


Même pas peur, zéro crainte!
Mon sang n'a fait qu'un tour,
Mais jamais deux sans trois:
Pas de cheveux en quatre.
Si j'en crois mes cinq sens,
Plus le numéro six,
Je tournerai sept fois ma langue
Et bien assise sur le grand huit
Je fêterai l'an neuf en grande pompe.

Je te l'ai dit dix fois
Sans agressivité (pas une onze):
Tu me fais la vie douze,
Mais c'est treize embêtant
Quand tu quatorzes tout le temps.
On se verra demain en quinze
Dans un tableau de Seize Anne
(Si d'ici là pas de dix-sept
Comme en quatorze-dix-huit).

Même pas peur, zéro crainte!
Les nombres ont d'habiles contraintes.
Le dos d'un chat qui fait ronron
Et le carré, tout tourne rond.
Allons, ne prends pas la tangente.
Je viens d'un monde parallèle
Où tout est bien numéroté,
Sans que pourtant rien ne se compte.

Tout y repose sur les nombres,
Et leur plus grande perfection
Est sans doute leur réserve.
Dans la musique, dans la neige.
Dans toute proportion.
Dans tout équilibre.
Partout, présence discrète
Et efficace régulation.

Ne prends rien au premier degré:
Plutôt comme un message chiffré.
Avec toi j'irai aux confins du monde.
Des kilomètres sans les compter.
Des baisers, des gestes d'amour:
Seul cela compte.
Mais est-ce que ça peut SE compter?
Si le niveau d'essence baisse,
J'irai à pied.
Si le niveau de sens augmente,
J'aurai gagné.

Au loto? Un gain de combien?
Non mais tu veux rire!
Le bonheur, est-ce que ça se compte?
La conscience, est-ce que ça se compte?
La plénitude, ça peut se compter?
Dis-moi: est-ce que ça se compte,
L'éternité?

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags :

Neige et ... (trainmusical)

Neige et

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :