Une histoire de marche‏ (Djoe L'indien)

Malgré la brume qui nageait entre les arbres, j'étais parti me promener cette après-midi là. Ce n'était pas un épais brouillard, juste un voile opalescent qui flottait sur la campagne. Le paysage était lumineux, peut-être un peu moins coloré qu'à son habitude...

J'ai suivi longtemps la rivière, bien plus loin que de coutume, et découvrais un paysage inconnu. L'eau chantait doucement, un héron s'enfuyait à mon approche,. Inlassablement, pour se poser un peu plus avant. Quelques passereaux changeaient d'arbre ou se cachaient plus profondément sous les feuilles. Le bruissement des insectes ronronnait au dessus des bosquets fleuris. C'est alors que s'offrit à ma vue, entre deux branches, cet objet métallique,  plus ou moins indéterminé puisque je n'en voyais qu'une petite partie.

Pénétrant le taillis, je me suis approché et découvris ce qui semblait être un escalier à vis. Objet fort incongru en ce lieu puisque rien ne laissait soupçonner la moindre parcelle d'utilité à sa présence ! Même pas quelques pierres alentours qui auraient pu faire croire que jadis une maison se trouvait ici. Il n'était pas couché à terre mais bien vertical, pointant vers le ciel comme s'il servait à grimper sur les nuages. Et il semblait étonnamment stable. Assez en tout cas pour que l'idée de me hasarder dessus naisse dans mon esprit.

 

Lorsque mon pied fut sur la première marche, un petit panneau se dessina sur le montant central , que je n'avais pas vu jusqu'à présent ; je m'approchai et pus déchiffrer le message suivant : "Attention, cet escalier est sans fin !". "Quel plaisantin a pu avoir l'idée d'inscrire un truc aussi idiot ?", me demandai-je en commençant à monter.

En quelques enjambées j'avais parcouru le tour de vis qui montait à la cime. C'est alors qu'apparut un second panonceau : "Pourtant, on vous avait prévenu !". Perplexe, j'en profitais pour admirer la vue... Qui contre toute attente s'était volatilisée. Ce n'était pas le brouillard qui avait épaissi, non, c'était simplement le paysage qui avait disparu ! Il ne restait que l'escalier, flottant dans un univers sans couleur ni dimension.

 

Je suis redescendu, un soupçon de panique naissante rendait mes jambes un peu moins sûres qu'à la montée. Chose qui ne s'arrangeât pas lorsque je vis les premières marches disparaître ! A vue de nez, il allait falloir grimper si je ne voulais pas me perdre dans le vide. Ce que je commençais assez rapidement. Combien de temps allais-je endurer ce supplice ? Qui donc était derrière tout ça ? Je savais bien que j'aurais mieux fait d'arrêter de fumer depuis longtemps...

Au fur et à mesure que je montais, les marches qui disparaissaient en bas apparaissaient en haut, ce qui laissait présager quelques heures (jours ?) (semaines ?) (...) plutôt sportives ! Je veux bien avouer que le soupçon de panique augmentait proportionnellement au nombre de tours effectués, qui commençait à être conséquent après la première heure. J’aperçus une pancarte qui disait "La sortie est en haut !". Réconfortant, aucun doute là-dessus. Le plaisantin avait oublié le petit rire sardonique et ce n'était pas plus mal.

 

Je ne sais combien de temps j'ai continué ; les jambes commençaient à être douloureuses, les cuisses me tiraillaient. Le souffle allait à peu près, la montée n'est pas très rapide. Je me serais bien assis cinq minutes mais il me semblait que ce ne serait pas une très bonne idée. Un petit écriteau m'informa alors : "Il faut oser...". Je ne voyais pas trop ce que cela voulait dire et continuais à monter, encore et encore, je ne sais combien de temps. J'avais perdu toute notion du temps. Une marche = une éternité, à quelques siècles près.

C'est alors que j'ai compris (ou osai le croire), que la sortie était après la marche du haut, qu'il suffisait de la dépasser. Après être parvenu à l'atteindre, bien sûr ! Chose que j'ai tout de même réussi à faire, sans trop savoir dire si j'y avais passé un mois ou dix ans.

 

Je me suis alors retrouvé au milieu du bois, assez courbaturé pour me dire que je n'avais pas dû tout rêver. L'escalier avait disparu...

Depuis ce jour, je hais les escalier !

J'ai même fait raser l'étage de la maison pour aménager de plein pied...

Après les trois jours passés au lit, bien sûr !

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L’escalier de secours (Prudence Petitpas)

pp1

On y était presque, mon frère m’avait parlé d’un terrain vague où l’on pouvait trouver le trésor du siècle, j’avoue que du haut de mes 10 ans, je n’y avais pas vraiment cru, mais il fut si persuasif ce soir là que j’acceptai de le suivre… après avoir couru en sortant de la maison sans nous retourner de peur d’entendre notre mère nous rappeler : vos devoirs, vous n’avez pas fait vos devoirs, rentrez les enfants vous sortirez plus tard… mais nos oreilles restèrent sourdes à ces appels et nos petites jambes nous emportaient tout droit vers l’aventure. Il fallu traverser la grande route, et là mon frère, qui se prenait pour le grand, alors qu’il avait tout juste 12 ans, me prit solennellement la main et regardant à droite à gauche, puis de nouveau à droite comme nous avait appris papa lors de la leçon « je traverse prudemment une route », il me tira en avant et nous la traversâmes en courant. J’avais bien vu qu’une voiture arrivait sur notre gauche, mais heureusement, la traction ferme et rude de mon frère nous évita un accident… Ouf, nous étions enfin de l’autre côté, je commençai à trouver l’aventure un peu dangereuse et ne put m’empêcher de râler : dis, tu ne crois pas qu’il vaut mieux revenir chez nous, là… maman va être furieuse et…. Mais il ne me laissa pas continuer, il partit devant moi en courant et en me lançant : retourne à la maison, si tu es une poule mouillée, moi, je vais voir le trésor. Un temps d’arrêt et je compris que si je ne voulais pas passer pour une dégonflée et me retrouver seule sur ce chemin inconnu, j’avais l’obligation de le suivre et de continuer en avant notre course. Après quelques traversées de champs où il fallut enjamber les sillons de nos petites gambettes, nous arrivâmes essoufflés devant une sorte de hangar ! je me pliai en deux pour reprendre de l’air, haletante, le cœur battant à mille à l’heure, je ne savais que penser de cette excursion et encore moins si ce trésor en valait la peine. Mon frère, remis plus vite et tout excité, me montra sur notre droite un vieil escalier tout rouillé : c’est là, me dit il, il faut monter ce grand colimaçon et le trésor est là-haut. Je levai les yeux sur cet escalator vieux comme grand-père et sceptique, je refusai de monter : mais ce n’est qu’un escalier de secours qui va nulle part, on ne risque que de tomber de là-haut, argumentai-je. Tu as vraiment peur de tout, reprit mon frère, tout en haut, au bout à la dernière marche, je te dis que nous découvrirons le plus beau trésor du monde… il faisait déjà presque nuit, le crépuscule commençait sa descente sur la plaine et je ne voyais pas d’autre solution que d’écouter mon frère, monter ces grandes marches, voir ce trésor et rentrer enfin à la maison avec l’espoir que maman ne se fâchera pas trop fort.

Nous commençâmes l’ascension, mon frère devant montant joyeusement les marches, et moi derrière, n’osant regarder ni en bas, ni en l’air et me rappelant que même sur une balançoire, j’avais déjà le vertige. Il arriva le premier à la cime de l’escalier, s’assit sur la dernière marche, celle qui donnait dans le vide et me héla, viens vite, regarde, le trésor est là… je montais enfin le dernier cran de ce monstre de fer et prudemment, je trouvai une place près de lui. Il mit son bras sur mes épaules, en geste de protection, je posai alors ma tête dans le creux de son cou et les larmes aux yeux je regardai le trésor… un disque d’or descendait sur la plaine et de notre perchoir nous assistions à l’étalage de ses rayons, au foisonnement de ses couleurs, à l’embrasement de la région… et quand mon frère pointa du doigt, une petite maison au milieu de nulle part, je reconnu notre demeure et mon sourire s’agrandit lorsqu’un rayon d’or caressa le toit de notre foyer et fit briller comme un astre ce tout petit logis.
- tu vois on habite dans une étoile et tous les soirs, cette étoile dit bonsoir au soleil… c’est ça notre trésor, me murmura mon frère. Je me serrai un peu plus dans ses bras, riant, pleurant devant la beauté de ce cadre qui n’était autre que le foyer où nous vivions avec papa et maman. Que du bonheur, quel beau trésor, me dis-je… et si on  retournait dans notre étoile avant la nuit, glissai-je à l’oreille de mon grand frère !

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vite un palier pour palier‏ (titisoorts)

Je monte cet escalier
surtout pas d'un pas pressé
j'aurais pu prendre à tort
le must des escalators

la marche, je fais un pas
je sens que çà ne va pas
j'ai repris du riz à tort
la marche du dinosaure

Je croyais les monter vite
pour moi comme un mérite
sur un rythme dans le truc
dansant sur la marche turque

C'est un escalier Eiffel
au nord de Paris dit elle
pas du tout de l'antarctique
je suis en marche nordique

Et puis je reprends mes pas
fatigué, un deux , un deux
d'un pas vraiment très austère
sur la marche militaire

il faut bien aller en haut
Ho! ce n'est pas l'échafaud
Je continue comme ivre
c'était la marche à suivre

Comme disait Clemenceau
le mieux c'est avant le haut
tout çà pour l'assaut final
c'est bon la marche nuptiale

Elle est déjà en haut
moi rouge, un cachalot
je ne suis plus vraiment leste
c'était la marche funeste

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Un ami d'autrefois (Joe Krapov)

Très longtemps la musique a été mon issue de secours. Oh bien sûr, il n’y avait pas le feu à l’hôtel, non. Juste le besoin, comme pour tout adolescent, de s’ouvrir au monde. Et c’est justement à ce moment-là que j’ai découvert « Kevin Ayers and the Whole world », un voisin d’Angleterre avec une voix grave et des musiques sucrées.

Le premier album de lui que j’ai écouté est en fait le deuxième de ses opera (je savais le latin à l’époque : un opus, des opera !). Il s’intitule « Shooting at the moon ». C’est peut-être important pour la suite. Il contient le rigolo « May i ? » aux paroles chantées en français :


« J’étais perdu dans la rue
Fatigué et mal au cul
J’ai vu un petit café avec une fille dedans
Et je lui disai [sic] (c’est ainsi, je savais toujours le latin !) :
Puis-je
M’asseoir auprès de toi, te regarder ?
J’aimerais bien la compagnie de ton sourire ».

 

DDS 234 kevin-ayers-joy-of-a-toy retouchée

Kevin Ayers a été le premier bassiste du groupe Soft Machine. Le premier de ses albums solo a pour nom « Joy of a toy ». Maintenant que je suis devenu un peu le « toy of a Joye » (LOL ! LOL Coxhill, même !) ce titre me fait bien rire, tout comme certaines de ses chansons : « Oleh Oleh Bandu Bandong » « Stop this train» et les très jolies « The lady Rachel » et « Girl on a swing ».

Si l’escalier de secours de MAP peut être utilisé en tant que piédestal, on y positionnera bien volontiers l’imperturbable guitariste Mike Oldfield qui, avant de pondre son célèbre « Tubular bells », fit ses débuts au sein du Whole world. On entend sur le troisième album de Kevin, « Whatevershebringswesing » un très beau solo de guitare sur le titre homonyme. D’autres n’ont pas démérité par la suite : Steve Hillage et Ollie Halsall n'étaient pas rien non plus !

Enfin nous arrivons au chef-d’œuvre de l’homme, là où l’escalier mène au ciel (comme les monte-en-l’air, j’ai tendance à emprunter les issues de secours à l’envers !). Le 4e album est sorti en 1973 et s’intitule « Bananamour » !

 

DDS 234 Kevin Ayers bananamour grand

 

Rien que la photo à l’intérieur de la pochette vaut le déplacement et certaines des paroles de ces hymnes m’accompagnent toujours : extrayons par exemple ceci de « Shouting in a bucket blues » :

"Lovers come and lovers go
but friends are hard to find
Yes I can count all mine
on one finger"

« Les amours vont, les amours viennent
Mais pour trouver l’ami on a bien plus de peine
Moi je peux compter les miens
Sur un seul doigt de ma main »

et cela de "Interview" : 


DDS234

"I have been called a down
Yes you may write that down
And for a little money
I am extremely funny.

You ask me how I do my act
This is my reply
I climb up on a ladder
And announce that I will fly."

"On dit de moi qu’je suis un clown
C’est vrai qu’pour épater Poupoune
Et gagner des comm’s sympathiques
Je suis extrêmement comique

Vous m’demandez de vous dire quelle
Est ma r’cette pour faire rigoler ?
C’est simple : je grimpe sur une échelle
Et j’annonce que j’vais m’envoler !"

La traduction est un peu stupé-samedidé-fiante mais l’image est bien vue. Moi aussi chaque semaine je monte sur l’échelle et… j’en redescends tout de suite à cause de mon acrophobie !
Si « je m’voyais déjà en haut de l’affiche : en dix fois plus gros que n’importe qui mon nom s’étalerait », ben c’est raté ! C'est moi qui m'étale ! Escabeauté le désir de gloriole !

Pour terminer, et pour revenir à « tirer dans la lune » révélons la véritable nature de cet escalier de secours : c’est en fait un observatoire pour admirer, depuis la région de Nancy, « la lune des Caraïbes qui brille toute la nuit » !

Merci à toi, Kevin Ayers, qui nous as soutenus et nous accompagnes encore pendant que l’hôtel brûle. Yes, we have no mañanas mais… Vive la banane !

 

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Défi 234 !‏ (Porphyre)

2, 3, 4,encore 1785 marches …...234, encore 1555 marches.........1789 je suis enfin arrivé au sommet de la Dame de fer !

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Plus haut (MAP)

Je tourne, tourne

je m'élève

tourne ma tête

mon pied se lève

 

Les marches en fer

réel enfer

mon pied divague

et je zigzague

 

Plus haut, je veux monter plus haut !

 

Mais pourquoi était-ce interdit ?

 

Bien sûr ce n’est pas très facile

Mais je ne puis abandonner

 

Je tourne, tourne

Je m’élève

Tourne ma tête

Mon pied se lève …

 

La rampe m’aide

Je m’y agrippe !

..................................

Peu à peu ma peur se dissipe

Devant mon effort elle cède !

 

Plus haut je veux monter plus haut !

 

J’arrive bientôt au sommet

Je tourne, tourne

Je m’élève …

 

J’ai voulu y grimper de nuit

Pour me rapprocher des étoiles !

 

Mais pourquoi était-ce interdit ?

………………………………..

« Cet

         escalier

                       n’est

                                pas

                                    F

                                       I

                                           N

                                                I  !!!!! »

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Je suis (Vanina)

 


              Je suis les escales liées de ta vie

Escalier V

 

   

 

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La capricieuse tombe de l’escalier (KatyL)

Elle était très belle et très occupée d’elle-même.

Elle avait deux amoureux avec qui elle jouait à faire la belle, deux  soupirants sous son balcon, qui lui déclamaient des poèmes et qui espéraient avec cet escalier de jardin qui menait droit à sa chambre, un soir de pouvoir y entrer.

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Le bas de cet escalier était barré par une chainette, et la belle leur disait tour à tour, vous monterez lorsque j’aurai reçu les plus beaux cadeaux qui soient, en fleurs poésies et billets doux, en cadeaux et bijoux….et nos deux prétendants ne savaient plus quoi faire pour elle et pour arriver jusque son lit !

Un soir excédé l’un d’eux proposa à son rival de boire un verre et ils décidèrent ensemble de démonter la nuit cet escalier. Ce qu’ils firent, le déplaçant jusque dans un terrain vague.

Le lendemain matin la belle croyant trouver ses cadeaux, tomba sur un balcon vide et, son escalier avait disparu !!!! Elle n’en croyait pas ses yeux !! les deux hommes cachés dans le jardin et devenus des amis,  riaient à perdre haleine..

Notre belle resta vexée, mais elle comprit la leçon que les deux amoureux lui avaient donnée.

Elle se remit au chant et s’entrainait à la danse de salon, elle était devenue modeste et  ne faisait plus « marcher » les garçons.

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 Le chef d’orchestre la remarqua, et lui fit la cour assidument, mais elle restait de marbre comme figée en haut d’un escalier, il voulait à tout prix que cette femme si belle et si modeste, si sage et réservée, fut sienne.

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Il décida de l’inviter chez lui un soir. Elle accepta.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il la fit monter par un escalier de rêve, le haut était garni de fleurs, il débouchait sur une pièce où le beau chef d’orchestre avait pris soin de mettre une table divine et raffinée, et comble de l’enchantement avait fait venir pour elle tout l’orchestre.

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Elle comprit ses erreurs, sa vanité, eut honte de son passé et comprit que seule la modestie, la sincérité, et l’intérêt envers autrui pouvait la conduire à cet escalier du bonheur.

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 Elle était tombée de l’escalier de la prétention

Et elle montait l’escalier de l’espoir.

 
 

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Ooooh ! (Walrus)

Un escalier à vice !

...  de forme en tout cas...

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