27 octobre 2012

Ont forcé sur le champignon...

champignon

Venise ; Vegas sur sarthe ; Anémone ; MAP ; EVP ;

KatyL ; Sable du temps ; rsylvie ; Sebarjo ; Joye ;

titisoorts ; SklabeZ ; Célestine ;

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Toxique (Célestine)

Mon amitié pour cette fille avait poussé dans mon cœur comme un champignon. En un instant. Dès le premier regard.

Attirée par ses belles couleurs chatoyantes, je m'étais jetée à corps perdu dans la belle histoire qu'elle me tendait comme un miroir. Nous étions si bien accordées l'une à l'autre, nous nous disions des choses tellement fortes, tellement belles, tellement vraies !

Le tout début de notre histoire n'est qu'une suite d'émerveillements, de fou-rires en pluie d'été et de frissons de gaieté.  C'était elle. C'était moi. Rien ne semblait pouvoir nous atteindre...Ses yeux étaient mon maquillage, mes jambes portaient ses pantalons.

Et puis un jour, les premières piques au creux du ventre, les premiers symptômes apparurent. Toute à mon affection pour elle, qui ressemblait fort à de l'amour, mais qu'en savais-je ? je ne vis rien venir.  Je n'ai pas un naturel méfiant. Je n'y pris pas garde, n'écoutant même pas les conseils de mon entourage qui me suppliaient de la fuir en courant au triple galop. Étaient-ils donc jaloux pour vouloir me séparer de mon âme !

Ce n'est que bien plus tard que je me rendis compte qu'à son contact, mon teint virait chaque jour un peu plus au verdâtre et que des nausées abyssales finissaient par m'empêcher de respirer.

Sous ses beaux chapeaux rouges et blancs, ma belle amie me liquidait à petit feu plus sûrement qu'une amanite tue-mouche. Le parfum enivrant qu'elle laissait sur son passage avait des relents  fétides. Il était temps que je sauve ma peau de cet empoisonnement méthodique. Il était temps que je trouve l'antidote à cette indigeste relation.

 

Dans la forêt profonde des passions humaines, il est des gens très vénéneux. Ce sont des toxiques. Faites un grand détour si vous voulez vivre vieux.

 

 Célestine

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N’est pas mycologue qui veut ! (SklabeZ)

Papa adore les champignons, malheureusement, il ne s’y connaît pas trop. L’année dernière pourtant, il avait trouvé une méthode infaillible. On lui avait dit qu’il fallait mettre une cuillère en argent dans la poêle pendant la cuisson. Si elle ne change pas de couleur, on peut y aller sans crainte paraît-il... tu parles ! Nous avons tous été malades comme des chiens.

La plaisanterie nous a bien secoués, mais qu’importe, papa n’est pas du genre à renoncer comme ça. Il a passé toutes ses soirées d’hiver à potasser les planches du grand dictionnaire. Maintenant il les connaît par cœur, les comestibles, les vénéneux… et bolets et cèpes n’ont plus de secret pour lui. On allait voir ce qu’on allait voir !

Cette année, retour dans notre forêt préférée. Papa, maman et les enfants ont chacun leur petit panier. J’en ai trouvé un beau ! s’écrie le petit frère. Fais voir ! Bravo, dit papa, et prenant son air savant, c’est un Xerocomus communis, un bolet commun, quoi !

Ici il y en a un encore plus beau, crie la petite sœur, il a de jolies couleurs ! Ne touche pas à ça ! crie papa, c’est un poison !

La cueillette se poursuit sous la supervision du père. Il a l’air sûr de lui, comme ça, mais là, il vient d’en rejeter un qui est la copie conforme du premier validé. Moi j’ai l’impression qu’il est en train de tout mélanger mais il ne veut pas perdre la face. Maman l’a bien vu aussi. Au retour, dans la voiture elle lui dit : « on devrait s’arrêter chez l’épicière, son mari est un expert, il pourra nous donner son avis éclairé»

- Chez ce brigand ! Jamais de la vie, il va nous arnaquer !

- Allez mon Papounet, sois gentil, fais un effort, ça ne sert à rien de prendre des risques.

- mmmm !

En bougonnant, il met sa flèche de direction et gare la Peugeot 203 devant la petite épicerie de Madame Tamic.

Nous sortons tous les paniers du coffre et le père Tamic commence l’inspection détaillée de notre cueillette. Le premier n’est pas bon, « vénéneux ! » dit-il en le jetant dans son panier à lui. Le deuxième n’est pas mieux, vénéneux ! et ainsi de suite… Presque tous y passent, vénéneux ! vénéneux ! vénéneux !

- Ah non ! Pas celui-là quand-même, c'est un très beau cèpe l'interrompt mon père.

- Malheureux ! Ça un cèpe ? Mais vous allez vous empoisonner avec ça ! répondit le père Tamic en faisant un clin d'œil complice à sa femme.

Sur les quatre pleins paniers ramenés, nous n’avons récupéré que trois malheureux champignons tout rabougris. Le père Tamic a daigné nous les laisser en les qualifiant de comestibles. Avec ceux-là vous ne risquez rien dit-il à mon père d’un air goguenard.

Tu parles !

C’est vrai que c’est un sacré filou le père Tamic !

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Participation de titisoorts

 

champi

(cliquez !)

titisoorts

 

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Pardon (Joye)

Helvelle-crépue-Oreille-de-chat(merci à Google images pour l'image)

 

Je ne les ai pas vus venir,

Ces anges qui se sont glissés sous mes pas

Dans la nuit, dans les bois...

Leur chair luisante,

Le petit par devant, tenant son encensoir,

La grande portant l'Enfant.

Ensuite, le tambour,

Et l'oreille de chat tendue au fond du défilé.

Je ne l'ai pas vu venir

Ce petit pardon

Dans la nuit, dans les bois

De mon chagrin.

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Songeries champignonnières (Sebarjo)

Songeries

champignonnières

 

 

Souvenez-vous, il avait plu tout le week-end... et nous nous occupâmes comme nous pûmes, bercés par les marionnettes de Christophe...

Finalement, le miracle arriva. Après la pluie, le beau temps.

Quelques rayons de soleil épars nous chauffèrent l'échine ce lundi matin, jusque vers quatorze heures environ.

Et, après la pluie et le beau temps, les champignons.

Aussi dès que cela me fut possible, je chaussai mes bottes de survie et m'enfonçai dans l'épaisseur touffue de la forêt de Rennes. J'allais comme à la chasse - non aux papillons - mais aux champignons.

Et comme il avait plu plusieurs semaines durant précédant ce long week-end plus vieux de quelques jours, je fredonnai machinalement et incessamment cet air de Brassens :

 

alt : Noomiz

 

Au bout de deux ou trois kilomètres, mes lèvres épuisées formaient une sorte de cul-de-poule qui faisait le grand huit à moitié. Et surtout, j'avais suffisamment rempli mon panier de specimens assurément comestibles, se composant essentiellement de trois espèces aisément identifiables : coulemelles, petits violets et quelques bolets communs (ou pour les puristes : lépiotes, clitocybes améthystes et xerocomi communes). Nulle amanite panthère, nul tricholome tigré, nulle plutée couleur de lion et autres fongus félins félons n'y trouvèrent place. Et même si elle était plutôt savoureuse, la vesse-de-loup avait une bien trop grande gueule pour y loger !

J'en avais plein le panier mais également plein les bottes. Je ressentis un peu de lassitude et de fatigue, certainement dûes au manque d'exercice, au repos forcé par les récentes intempéries, poussant à l'enfermement et à l'immobilisme.

C'est alors que j'eus la chance et l'agréable surprise de trouver cette chaise pour cueilleur exténué ou promeneur bucolique :

 

chaise_pour_regarder_les_champignons__tataloeil_

 

 

Je m'assoupis quelques minutes réparatrices et, m'endormant finalement, me mis à rêver, sans pourtant avoir ingéré d'échantillons hallucinogènes, ces haïkus champignonesques :

 

 

 

Moucheron_champignon

 

Petit moucheron

Appuie sur le champignon

Vite, c'est l'automne !

 

 

panier_de_champignons

 

Les petits violets

couchés sur les coulemelles

Automne gourmet

 
 

La forêt de Rennes n'est peut-être pas aussi mystique et mythique que celle de Brocéliande, néanmoins, elle cache en sein bien des mystères !

 

 

La photographie de la chaise sylphide est de ©Tat' à l'oeil. Allez visiter son blog, cela vaut le détour !

 

 

alt : Noomiz

 

 

 

 

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"Histoire de champignon " (rsylvie)

 

C’est simple, il suffit de trouver une bonne douzaine de ces magnifiques spécimens rouges, tachetés de blanc, et le tour est joué. Enfin, c’est ce que pense chemin faisant, Violette, une des brillantes élèves de l’école Thaumaturge.

« Tomate !

Urges » !

Mugit une voix d’homme derrière la porte.

« Il me faut cet ingrédient, si nous voulons que la toile soit unique ».

D’un pas décidé, Odette quitte la pièce, s’empare d’un chandail et franchit le seuil de l’atelier pour se rendre quai des martyres, afin de trouver le précieux solanum lycopersicum.

« ….Bon, voilà….

Le décor est planté pour notre nouveau spectacle de fin d’année….

…. l’histoire de L’arc en ciel du bonheur...

Cette fois-ci, toutes les classes pourront y participer. De celle de mademoiselle Béatrice, à la section des petits de maternelle » explique la directrice du primaire, aux parents réunis pour l’occasion.

Assise sur un tronc d'arbre en bordure de lisière, Violette soulève d'une main fébrile, le tissus à carreaux qui recouvre son panier et en énumère le contenu.

  • 10 plumes de perroquet
  • 7 nageoires de poissons multicolores
  • 6 ailes de papillons
  • 4 toiles d’araignées

Mais toujours pas d'amanite !

Violette est contrariée, oui fortement contrariée. Plus d'une journée qu'elle cherche et rien, pas la moindre tue mouche. Violette est bien triste, et puis, elle est fatiguée. Alors ce n'est pas le moment de venir la chatouiller. Quand passe un loup au ventre rebondi. D'un bon, Violette est debout. L’œil vif, elle a perdu son air soucieux et contrariée. Soudain, elle éclate de rire et part dans la direction opposée.

Mercredi, c’est jour de marché.

Assise côté passager, à la droite du chauffeur, Odette, tout en serrant son sac, jette un coup d’œil en direction du plan. Elle va descendre à la prochaine station, se diriger vers le marché couvert et l’entendre dire : « Alors ma p’tite dame, qu’est-ce qu’il vous faut aujourd’hui ?

Comme d’habitude, 1de vos tomates bien rouge s’il vous plait ».

Le marchand n’est pas insensible au charme de la jeune femme. Depuis le temps qu’elle vient à son étale, il a eu tout loisir de l’observer et deviner qu’une bonne fée n’a pas dû se pencher sur le berceau de vie de cette dernière. Alors cette fois-ci c’est décidé, il va faire un geste.

De retour dans le bus Odette, jette un œil vers le précieux sac en papier, et là étonnement. Avec la jolie tomate, une belle pomme bien mure. Sans perdre de temps, elle croque à plein dents en faisant bien attention de savourer chaque bouchée, l’une après l’autre. Sortie du bus, le fruit terminé, elle jette ce qu’il en reste, puis continue son chemin.

Allez allez tout le monde dehors, c’est assez pour aujourd’hui…. Tout sourire des avancées de la pièce, Mademoiselle Béatrice, conduit les enfants vers la cours de récréation, afin de profiter des derniers après-midi de soleil.

« Le petit chaperon est bien venu ici », constate Violette. Mais pas la moindre trace de capuchon rouge. Ni dans la chambre de mère grand, ni dans le coffre du chasseur. Mais où le loup a-t-il pu mettre cette obsédante couleur vermeille ?

Contrariée l’adolescente sort de la vieille bâtisse, pour s’enfoncer dans les bois à la rechercher du précieux mycota, quand sur son chemin, un trognon de pomme !

Blanche neige, pense-t-elle soudain. Il me faut la rencontrer. Puisque je ne trouve pas de champignon, j’aurai au moins une bonne grosse pomme bien rouge. Et voilà Violette qui se remet en route, guidée par le sifflet des lutins de la forêt.

« T’en as mis du temps ! Donne » grogne Absinthinio.

Et d’un geste grave, il s’empare de la tomate

qu’il lance vers le mur, projetant ainsi des jets vermillons

 sur la toile meurtrie de couleurs artistiques.

« Toc toc toc…. Mais entrez donc »…

Et Violette de sourire en quittant la maisonnette.

Une bien grosse

Une bien rouge

Une bien brillante et grosse pomme rouge dans la poche.

…… bravo, bravo crient les parents, plus fiers les uns que les autres, des exploits réalisés par leurs chères têtes blonde,s docilement alignées les unes derrière les autres dans la salle communale du village, sous les regards complices de mademoiselle Béatrice, et la directrice de l’école primaire.  

 

…. Bref, tout cela pour vous dire,

que je ne suis jamais allée à la pêche aux champignons.

Enfin... Jamais, serait exagéré. J’y suis allée, 1 seule et bonne fois.

Seulement, je n’étais plus une petite fille.

J’avais déjà une bonne 20taine d’années.

Mais celui qui m’a aidé à retrouver mon chemin,

m’a prise pour une petite fille tant j’avais l’air égarée !

Et l’autre raison,

c’est que je n’avais trouvé aucun champignon pendant ma cueillette !

Mais cela est une autre histoire.

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Champignons (Sable du temps)

Satoko la petite Japonaise
aime les champignons,
ceux du grand livre ouvert sur ses genoux.
Elle les connaît  tous.
Le sourire aux lèvres
et les yeux fermés
elle récite
leurs noms étranges
aux senteurs de forêts.  
Coulemelle morille blanche
 pied bleu mousseron
rosé chanterelle
et autres bolets.
Sans oublier l'amanite
rouge et blanche.
ah non cruelle
pas toi dans mon panier d'osier !
Son esprit s'évade
vers ces contrées d'automne
aux prairies couvertes de rosée
 aux sous-bois odorants.
 Cueillette savoureuse
un jour peut-être ?
Satoko tout à son bonheur
rouvre le yeux
et regarde fascinée
le plus beau le plus extraordinaire
des champignons.
 Il n'est pas dans le livre
elle s'en souviendrait.
Quelle merveille !
 - « oooh j'ai chaud j'ai chaud qu'est-ce qui m'arriv...... » -
...
Hiroshima, 6 août 1945.

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Participation de KatyL

 

Les champignons

(clic)

 

Katy champi

 

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Une histoire de champignons (EVP)

  

Dans la forêt de Rambouillet

Peinait un tout petit mousseron,

Sur la mousse près d’un châtaignier,

A se hausser vers les rayons pâlichons,

D’un doux soleil, merveille.

 

A quelques feuilles de cet endroit,

Orgueilleusement se dressait

Un cèpe de bon aloi mais fier-à-bras,

Qui du petit mousseron, se gaussait,

Se moquait, ironisait.

 

La mousse te chatouille le chapeau,

Ridicule petit comestible,

Tu ne monteras pas plus haut,

Pour te voir il faudrait des lentilles,

Ou des lunettes, coquettes.

 

Regarde, moi je vis sur un grand pied,

Et mon chapeau : Une capeline !

Je suis un met fort recherché,

Mon goût est tout à fait sublime !

Magique, gastronomique.

 

Un froissement, deux grandes pattes

Qui s’approchent, un panier qui se pose,

Un couteau qui coupe le grand fat,

Dans le panier gît la belle chose.

Avec ses copains, dans le pétrin.

 

Petit mousseron ne veut plus se presser,

Pour devenir grand, il a bien le temps,

Un rayon d’or qui caresse le châtaignier,

C’est beau, et la mousse est si douce à présent,

Où il se tapit, tout petit.

 

Prenez garde à trop vous vanter,

Vous les grands, les puissants,

On vous coupera le pied,

Ou la tête, ça c’est vu, c’est courant

Craignez la révolution des moucherons !!

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