08 septembre 2012

Ont écrit leur propre version

21012102

Lorraine ; Venise ; Joye ; Vegas sur sarthe ;

EVP ; Sebarjo ; Anémone ; Célestine ; MAP ;

Joe Krapov ; Adrienne ;

 

 

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Canicule (Adrienne)

- Viens voir ! dit-elle dès que j’ai franchi sa porte. Viens voir ce que j’ai prévu d’emporter.

Pas le temps de poser mon sac, d’ôter ma veste, de boire un verre d’eau. Dans la chambre d’amis, un tas de robes, de jupes, de blouses, de pantalons et de lingerie sont étalés.

- Tout ça ? lui dis-je, mais ça n’entrera jamais dans ta valise !

Nous passons ainsi toute une après-midi à faire le tri, à combiner les couleurs, à faire des aller-retour de l’armoire au canapé et du lit à la penderie. Tout l’appartement est plein de vêtements.

- Regarde, lui dis-je en lui montrant l’écran de l’ordinateur. Tu vois le temps qu’il fait, en Toscane ? 36° ! Je t’assure que tu n’auras besoin ni de ces pulls, ni de cette veste.

***

- Tout de même, me dis-je en rentrant chez moi, 36° ! Est-ce vraiment une bonne idée d’emmener une personne de bientôt 79 ans en Toscane en pleine canicule ?

J’en doutais de plus en plus et pensais ombre, sieste, piscine… et précautions à prendre.

***

Devinez qui n’en pouvait plus au plus fort de la chaleur ? Qui avait envie de s’asseoir sur un banc sous un arbre ? De souffler quelques minutes ?

Moi.

- Et maintenant, me dit-elle alors que nous sortions de table en plein cagnard, qu’est-ce qu’on fait ?

Je lui montre l’arbre, le banc…

- Ah ! non, non ! fait-elle avec énergie. Moi je ne suis pas venue en Toscane pour me reposer !

***

- Tu sais, me dit-elle le troisième jour, tu sais où je voudrais encore aller aussi ?

Je la regarde, il y a plus d’appréhension que de curiosité dans mon regard, j’en suis consciente.

- En Espagne ! Mais pas à la côte, hein ! pour visiter des villes !

Ce jour-là , à Madrid, il faisait 43°. J’ai vérifié.

Elle m’enterrera, ma mère.

Adrienne

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Rue de l'Etuve (Joe Krapov)

En toute impunité j’ai volé des images,

Braqué mon appareil sur un monde inconnu

Et je dois avouer que j’ai été ému

De les voir poser tous devant le personnage

 

Innocent qui s’épand sans cesse devant tous.

Nul ne s’est étonné de mon long mitraillage.

Prenant la pose ou pas devant le noir grillage,

Ils avaient l’air très sage et peu faisaient les fous.

 

Et je repense encore au rituel étrange

Du portrait à l’endroit où l’on fait la vidange,

De la joie éprouvée à œuvrer au grand jour.

 

Photographe de rue, j’ai dans mon escarcelle

Des visages humains qui font grandir l’amour

Que j’avais déjà pour les amants de Bruxelles !

  

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Rencontre (MAP)

 

En juillet, à la campagne, lors de la promenade du gentil toutou de la famille,

une rencontre tout à fait sympathique

que je vous conte en images :

 

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Emerveillement quotidien (Anémone)


Ces derniers mois j'ai investi ma nouvelle demeure.
Plus qu'un épisode de l'été, c'en est un de ma vie.
J'ai expérimenté de vivre davantage en relation avec les autres.
Et en même temps, je suis devenue plus autonome. De mes compagnons de route, j'ai appris beaucoup, et apprendrai encore.
J'ai écrit chaque semaine malgré un emploi du temps très chargé.
J'ai renoué avec l'activité de l'esprit en me tournant à nouveau vers les livres. J'ai essayé de mieux penser.
Mais j'ai aussi construit toute seule mon premier potager.
J'ai reçu des amis. J'ai cuisiné. Fait des promenades. Eté invitée.
J'ai exploré toujours plus l'amour, l'amitié.
L'équilibre s'est fait entre planifications parfois contraignantes et imprévus solaires.
Pour nombre d'éclats de rire, j'ai connu devant les difficultés quelques pétages de plombs, quelques larmes, quelques colères.
La mosaïque sur mes murs à commencé à se ramifier.
Un barbecue est en train de se transformer en fontaine.
Parmi toutes ces choses et bien d'autres, si je devais détailler, j'aurais du mal à choisir.
Alors je demande aujourd'hui une faveur: celle de pouvoir entourer d'un ruban comme un bouquet, comme un bilan, l'ensemble du vécu de ces journées. Elles forment dans leur convergence diversifiée et dans mon coeur un tout indissocié.
Et si je dois vraiment opter pour un événement insolite, surprenant et particulier, j'élirai pour cette période la plume blanche tombée sur nos assiettes juste avant l'été. La semaine où cadeau reçu et plume immaculée étaient à l'honneur dans nos textes. Présent reçu avec gratitude. Pur symbole d'émerveillement quotidien.

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Participation de Sebarjo

 

Un dernier jour de vacances

 

 

Un_dernier_jour_de_vacances

 

  

Dans la cour flottait une odeur de pain grillé. Non. Brûlé. Et puis non. Soyons honnêtes, n'ayons pas peur des mots.

Dans la cour flottait une odeur de pain trop grillé parce qu'il avait cramé. Et en beauté. Une incinération terrible.

L'odeur flottante, écoeurante, étouffante, qui fleurait lourdement, s'échappait au dehors par l'embrasure béante des volets laissés ouverts. Et pour cause. A l'intérieur, on aurait pu faire un stage « premiers secours » de désenfumage. Une fumée blanche et épaisse envahissait toute la maison. Elle déposait pour des années à venir, son odeur pestilentielle dans les moindres recoins de chaque pièce. On s'était tous réfugié dehors, assis autour de la vieille table en fer forgé bien entamée par la rouille , à côté de l'arrosoir en zinc déglingué qui avait quand même servi à calmer les ardeurs du grille-pain, alors qu'il prenait littéralement feu. Il était temps car des flammes d'une hauteur déraisonnable avaient commencé à faire fondre la hotte qui avait formé, sous l'effet hallucinatoire de la chaleur, des sortes de stalactites plastifiées collant aux plaques électriques...

S'il n'y avait eu que ça, je me dirais : « on s'en sort plutôt bien, il n'y a que la baraque qui est foutue ! ... On a rien, on est entier !

Plus de pain grillé. Plus de petit déj', là dans ce décor idyllique. On aurait pu se croire dans une pub où tout est toujours parfait, si tout avait bien marché. Il y a cette chanson débile qui tourne en boucle dans ma tête « l''ami du petit déjeuner, l'ami Rico... » et m... !

Pas de café non plus. Coincé au fond du coffre avec les filtres, bien rangé, prêt à partir. Bien sûr, j'aurais pu tout redéfaire pour refaire, ça ne m'aurait pris que deux heures ! Oui bien sûr. Mais je l'avais déjà fait au lever. Une fois suffit ! A l'aurore, parce qu'on voulait partir tôt. J'avais tout déballé. Et là, c'était à cause du lave-vaisselle.

Hier soir, dernier jour de vacances. Impeccable, le ménage est fait, tout est nickel, l'évier qui brille nous éblouit presque. On se couche content, tout heureux, l'air con-con et satisfait, bercé par l'idée qu'on va retrouver son chez-soi le lendemain soir, avec ses petites affaires bien à leur place. On a même chargé la voiture, on est peinard pour demain. Avant de m'allonger avec mon livre tranquillement, je mets le lave-vaisselle en route : Lavage intensif 70° (y'a quand même une vaisselle de trois jours là-dedans !), départ différé 3 heures (pour pouvoir s'endormir sans supporter ses ronronnements alambiqués). 

Au réveil, avant la fumée épaisse du grille-pain, douche froide. Ce maudit lave-vaisselle n'a pas tourné. Je m'énerve dessus pour essayer de le faire redémarrer à tout prix, lorsque, crac ! La catastrophe. Le bouton marche/arrêt s'enfonce comme dans du beurre dans la façade polypropylenisée ! Y'a plus le choix, faut tout se taper à la main. Problème, le produit vaisselle est bien rangé dans le coffre et comme par hasard... bien au fond, bien en-dessous d'un bordel monstre ! Un petit sac étanche où on a mis des produits qui pourraient par malheur couler, donc bien isolés au cas où, dans un petit casier caché lui-même sous le tapis du coffre. On avait pourtant penser à tout. Je vide toute la voiture, je prends le produit vaisselle et passe toute l'argenterie en inox et la faïence en verre véritable en revue. Une tonne. Le lave-vaisselle était chargé à bloc. Ma femme essuie, les enfants rangent. L'union fait la force, on ne met que trente-six minutes. Une fois fini, je range tout. Ouf ! Je fourre tout en vrac comme un forcené parce que j'ai envie de boire un bon café et d'y tremper des toasts confiturés. Les enfants sont adorables, ils s'occupent de mes tartines. Je m'installe sur une chaise dehors en chantonnant ce qui désormais me harcèle, tout heureux tout guilleret. C'est là que la fameuse odeur a commencé à flotter...

Maintenant que tout a disjoncté, la famille et le compteur électrique à la fois, on attend. Pour l'état des lieux. Pour rendre les clés et laisser le chèque de garantie...

Jamais je n'aurais cru que ce dernier jour de vacances me semblerait aussi long...plus long que tout le reste du mois d'août.

Enfin, on a de la chance, il y a du soleil...

 

 

 



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Etranges hères : (EVP)

C’était bizarre ces vacances, bizarre autant qu’étrange.
D’autant plus étrange que j’avais passé une frontière.
C’était étrange d’être à l’étranger.
Les gens ne comprenaient pas ma langue qui était pourtant du bon français.
Ils parlaient avec des sons bizarres.
Ils mangeaient des choses différentes à des horaires incongrus.
Leurs télévisions ne parlaient même pas d’un Président normal, ni de tweet bizarre,
Ah si ! Il me semble qu’ils parlaient de crise quand même !
Mais :
Il y avait des amoureux qui se bécotaient  sur les bancs, comme chez nous.
Des vieux qui se racontaient leurs jeunesses, comme chez nous.
Des voisines qui s’invectivaient, comme chez nous.
Des jeunes qui chahutaient, comme chez nous.
Des mamans qui grondaient leurs chenapans, comme chez nous.
Des amants qui se quittaient en pleurant, comme chez nous.
Des amis qui se retrouvaient, comme chez nous.
Des cortèges en liesse qui suivaient les jeunes mariés, comme chez nous.
D’autres, en pleurs, qui suivaient le corbillard…
C’est vraiment bizarre…Les étrangers sont comme nous !!

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Hugh (Vegas sur sarthe)

Après avoir quitté Pierce Ferry Road et ses longueurs monotones, j'abordais Diamond Bar Road non sans appréhension tant je me souvenais des quinze derniers miles dans la chaleur, la poussière et les chaos de cette route sans nom où l'on croit perdre l'essieu arrière à chaque virage.
Si j'avais pu dire deux mots à celui qui décida un jour qu'un mile vaut un kilomètre six cent!!
Diamond Bar n'avait rien d'une rivière de diamant ni d'une rivière tout court avec son chemin pierreux, sinueux, parsemé de roches, bordé de cactus et d'arbres de Joshua aussi j'atteignis l'immense plateau avec soulagement sans avoir eu aucune envie de dépasser la limite des quinze miles à l'heure. J'allais enfin revoir ce cher...
L'effort de conduite avait dû troubler mon esprit car sur le plateau il n'y avait rien que le plateau, sans aucune faille.Il avait disparu!
Le Grand Canyon avait disparu!
Là où aurait dû se tenir l'immense tente du Visitors Center il n'y avait qu'un tipi avec un indien accroupi devant l'entrée.
Comment quatre cent kilomètres de failles avaient ils pu s'évanouir et où pouvait bien couler désormais le Colorado?

L'homme portait le costume typique des Hualapai et il saurait m'expliquer ce qui se passe ici.
Je m'accroupis à sa hauteur et le saluai: "Hugh!"
"Non pas Hugues, moi c'est Arnold"
"Euh... excuse me Arnold. Qu'est-il arrivé au Grand Canyon?"
"Sold... vendu"
"Hein? What?"
"On l'a vendu"
"Qui a bien pu acheter une merveille pareille et où l'a t on emmené?"
"Emmené? Personne ne l'a emmené. Il est encore là dessous"
"Dessous quoi?"
J'ai senti que je l'agaçais.
"Sous le plateau artificiel recouvert de terre... tout est là comme avant"
"Mais on ne voit plus rien! ça sert à quoi de venir ici si on ne voit pas le Canyon?"
"On n'a plus de raisons de le voir puisqu'il ne nous appartient plus"
"Pourquoi l'avoir vendu?"
"Tu poses beaucoup de questions, gringo"
"Pas Gringo, appelle-moi Marcel"
"Well, Marcel, si tu étais de ma tribu où la moitié crève la dalle et l'autre moitié picole du mauvais whisky toute la journée tu comprendrais qu'on ait vendu ce machin pour survivre..."
"Et je suppose que vous l'avez vendu aux chinois comme toujours!"
"Non, pas aux chinois cette fois mais à un homme d'affaire de Las Vegas"
"Et il en fait quoi cet homme d'affaires?"
"Il utilise le Colorado pour faire tourner les génératrices qui alimentent Casinoland"
"Casinoland?"
"La ville casino géante qui vit là dessous - la plus grande mégapole au monde - avec des dizaines de milliers de machines à sous qui rapportent dix pour cent à mes frères Hualapai"
"Vous avez une drôle de conception des merveilles de la nature!!"
"Chez nous on dit : Tu ne peux pas juger un homme sans avoir marché deux lunes d'affilée dans ses mocassins"
"Euh... non merci, je vais garder mes Nike... Arnold"
"Hugh!"
"Ah? C'est Hugues? J'y comprends rien. Alors Bye Hugues"


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L'ÉTÉ 2012 : Ce qui m'a marquée le plus (Joye)

 

L'extrait de musique vient de "Birdland Bounce" par John Reischman, interprété par Travellers.

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Vacances (Venise)

J’étais sur l’île de Vivera qui avait la forme d’une feuille de laurier flottant sur la mer Adriatique. Le soleil frappait fort.

Mon dieu donne moi aujourd'hui de quoi manger.

Je regardais fixement le bout de l’hameçon. Je mangeais ainsi des petits bouts de calamars tout droit sortis d’une mer d’huile.

C’est vrai qu’en ouvrant grand les yeux sous l’eau le spectacle était garanti.

Mais depuis le naufrage du bateau de croisière, j’ ne pouvais plus méditer.

J’avais échoué ici un collier de coquillage autour du cou. Voilà ce qui restait de mon dernier tour de piste. Vacances aux iles marquise. Alors depuis j’improvise, tous les matins je me mets sur mon trente-et-un, me passe un fil dentaire de bananier, m’épile sous les bras, en vue de la visite inopinée d’un hélico qui viendrait à mon secour.

Mais je vois que je fais le poireau depuis plus de deux semaines dans ce territoire interdit. J’ai franchi les premiers obstacles pour ma survie, mais mon humeur ondoyante me pousse au second naufrage celui de désespérer.

 

Venise210

 

J’envoie donc cette bouteille à la mer vers un défiant qui viendrait me ramener sur le rivage je sais mes vacances ont foiré.

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