Avenue Louise, arrêt vers la Ville (Pivoine).

 

" ... Je sortais de chez moi, j'arpentais l'avenue, j'atteignais la halte sous les marronniers, à l’Abbaye, les fleurs d'avril se dépêchaient d'éclore, j'attendais sur le banc de pierre. Le tramway jaune primerose galopait sur les rails, nous étions dix, vingt, cinquante, pressés de rejoindre le travail, l'école, l'université, l'amoureux ou l'amoureuse, et j'étais ce tramway-là. J’étais son attente.

J'étais son oeil unique comme celui d'un Cyclope de légende, j'étais la porte mécanique et le ruban vert élastique, j'étais le crissement dans les feuilles et le parfum des marrons brûlés, j'étais le mica de la tablette où larguer mon cahier de grec et Platon, j'étais une bande de jeunes qui riait et refaisait le monde, je plaisantais et déplaçais mon humour de ligne en ligne, 32, 90, 23, 94… J'étais des heures plus graves à traverser les banlieues populeuses; j'étais un vieux tram du musée de Woluwé et j'arpentais la ville, tous les dimanches matins.

Les brocantes étalaient leurs trésors et les pains saucisses grésillaient sur des barbecues champêtres. La kriek et la gueuze embaumaient l'air, couleur cerise de Schaerbeek et bulles d'ambre -avec une perle vivante au milieu de la mousse et un goût de miel dans la gorge.

J'étais un tramway bruxellois et l'or, et la pierre, et le rail à voie normale, j'étais la voix aérienne, le dépôt d'antan près du Bois de la Cambre, le Vicinal vert et rouge, la rame dernier cri, la superbe installation de chrome, électronique et mise au goût du jour…

Et, par cette sorte de métamorphose qui n’en finissait plus de tinter dans mes oreilles, ding ! Arrêt s’il vous plaît ! Ding-ding !! En avant ! ! Ding-ding-ding : marche arrière !!! J'étais devenue la motrice articulée où l'on peut rêver, aimer, se poser et contempler les parcs, les humains, les bibliothèques et les Palais enfouis de Bruxelles.

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L'Amoureuse (Célestine)


Mesdames, messieurs, venez vivre
Une aventure extraordinaire,
Venez vous métamorphoser,
Vous transmuter en quelque objet !
Un objet mythique ou précieux
Ce sont des sensations uniques,
Une expérience inoubliable
Que choisirez-vous, messieurs dames
Dans ce vaste choix fabuleux ?
Laissez-vous aller, choisissez
La plume de Tennessee Williams ?
Les lunettes de John Lennon ?
Le livre rouge de Mao ?
La culotte de Madonna ?
Mais oui, messieurs
Mais oui, mesdames
La pomme de Guillaume Tell !
Ou la rose du Petit Prince…
La pipe de Sherlock Holmes,
La casquette du Père Bugeaud,
L’épée d’Arthur ou de Gauvain,
Et la barbe de Charlemagne !

Choisissez, messieurs et mesdames
En quel objet vous transformer !

Le bonimenteur peut crier
Moi je ne souhaite qu’une chose
Devenir ce crayon à papier
Que tu mordilles tendrement
En écrivant…

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Permanente autant que possible (Anémone)‏

Permanente autant que possible
Et non réduite à un objet,
Je suis celle qui te laisse libre,
Unie chaque jour à tes projets.
 
 
Mon ciment tient tes murs droits.
Ma charpente soutient ton toit.
Je te réchauffe et te nourris,
En moi tu aimes et te construis.

Ton art, ton devenir, tes livres
Dans l'harmonie résident ici.
Ce qui fait ton élan de vivre
M'habite aussi.

Ta clé ouvre ma porte,
Ou est-ce le contraire?
En tout cas ta présence m'apporte

Toute la saveur de la terre.

Tu m'as choisie pour logis.
Pour notre essor à toi et moi.
Et je rends grâce d'être ton nid
Fertile et débordant de joie.

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Bésicles (Zigmund)

Drôle d'idée que celle de se transformer en un objet ou de s'identifier à lui...

J'hésite un peu quand même : et si la transformation devenait définitive hein ?

Mon stylo plume qui glisse  encore sur le papier avant d'origamiser la lettre popur un parent lointain non connecté, a déjà raconté son histoire. 20110701-P2

Mon basson bien aimé si souvent maltraité ? il s'est déjà exprimé pour dire nos déaccords.basson

Mon épée de tai chi ? mon sabre ? mon éventail de combat ? Ils sont  bien trop guerriers, je suis loin d'être un expert et exhiber des armes en cette période serait mal vu.sabre

Et puis je suis tombé sur la série "B Siclas"*.Sans titre 5

Il s'agit de la collection de lunettes de ma compagne. D'abord j'y ai mis du mien dans ces lunettes, puisque c'est moi qui  ai soigneusement déterminé la puissance des verres. Quand elle a admis, il y a plusieurs années, qu'il lui faudrait porter une correction optique, Gabrielle a dit : d'accord je veux bien, mais je veux une monture originale.

Chez l'opticien, elle a jetté son dévolu sur la plus belle monture du présentoir, en déclarant : "entre cette monture et moi commence une histoire d'amour !" Bien qu'un peu jaloux, j'ai du reconnaitre qu'elle n'avait pas tort : toutes les autres montures faisaient pâle figure à côté de celle qui avait trouvé grâce à ses yeux.

Depuis, tous les 3 ans, après un rapide contrôle chez moi, elle se rendait chez l'opticien du coin pour voir les nouveautés de la marque et revenait fière de sa nouvelle acquisition. Néanmoins les précédentes montures restaient "en secours" au cas où l'histoire d'amour du moment se brise.

Gabrielle a malheureusement du stopper sa collection ... On raconte que cette marque a fait faillite après que le patron de la branche française ait mis les voiles avec la caisse et  il ne s'est plus trouvé de monture originale qui accroche le regard de ma compagne. Alors elle chouchoute au maximum ses protégées pour qu'elles durent longtemps en attendant peut être, un jour, un nouveau coup de foudre.

Je voudrais être les lunettes de Gabrielle, celles qui lui permettent de voir le monde, peut être pas plus beau, mais tellement plus net. J'aime quand elle les enlève un moment pour les essuyer délicatement, j'aime quand elle se pince le nez à l'endroit où les patins ont marqué son nez. Mes branches caressent doucement  ses oreilles. Et si parfois elle enlève ses lunettes, pendant un court instant, elle coince une branche dans son chemisier...alors oui,  mon choix de transmutation s'arrête définitivement sur cet objet qui ne la quitte pas.

 * J'ai du changer le nom rigolo de ces lunettes  histoire de m'éviter un procès parce que le monde de l'optique est sans pitié. 

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99 dragons : exercices de style. X, Acrostiche (Joe Krapov et Mademoiselle Zell)

DDS188 Ascalon 3Avant tout, il me faut remercier monsieur Gaston, l'inventeur de l'âge de fer. A ce qu'on m'a rapporté, c'était un homme très courageux et il aidait beaucoup sa femme en faisant les courses au mammouth ou en pêchant à la canne-bière la sardine qui bouchait le port de ce qui deviendrait Massilia.

Sinon, je remercie bien le dragon. Sans lui je ne serais pas entrée dans la légende en même temps que dans son lard. Sa connaissance approfondie du métier de cracheur de feu, son goût du chantage affectif, sa cruauté naturelle, son appétit carnassier, tout cela a fait de lui un adversaire redoutable qui s'est très bien défendu mais moi, l'épée Ascalon d'Ashkelon, quand on me cherche, on me trouve !

Chevaliers du royaume de Silène, je vous suis redevable également. Ce sont votre lâcheté, votre couardise, votre manque de courage qui nous ont permis, à Georges et moi, de rester seuls sans concurrence sur le champ de bataille de l'Héroïsme. Ce n'est pas pour dire, mais maintenant que vous êtes devenus chrétiens, il va falloir vous bouger un peu le fion si vous ne voulez pas que les touareg qui vous entourent vous reprennent ce bout de désert où on se demande bien ce que vous glandiez jusqu'à présent !

Aux brebis que je n'ai pu sauver, je demande pardon mais mon maître et moi nous n'avons pas été prévenus à temps du massacre dont vous avez été victimes. A ce qu'il paraît, cette hécatombe fut la plus belle de tous les temps. Alors pour éviter ça la prochaine fois, notez bien le numéro de téléphone de Jojo et appelez-nous.

Loin de moi la pensée d'oublier le professionnel de la profession, le gars Georges de Lydda, celui qui s'escrime depuis des années à faire entrer la foi de Notre Seigneur Jésus-Christ et les valeurs de son Eglise dans les têtes bornées de ces rois serviles, de ces gueux à gueules de métèques et de ces papillons de jeunesse échappés du naufrage d'Alexandrie pour tomber amoureux d'Alexandra. Le temps de vivre dignement est arrivé, à vous de le prendre, hommes au cœur blessé, sinon ce sera le requiem pour n'importe où dans vos hamacs !

On n'oubliera pas non plus de remercier la princesse, si blanche, si pure qui a apporté une note de féminité dans un univers d'une rare violence, mais moi, je n'y peux rien, j'aime ça, le sang qui coule, surtout si c'est moi qui pique le patient.

Nous sommes donc ravies, ma ravissante poignée et moi de recevoir ce « César de l'épée la plus valeureuse de la Chrétienté ». Nous savons très bien que, malheureusement, le temps ne travaille pas en notre faveur. Nous serons détrônées un jour, pour ce qui est de la célébrité, par la grande, l'immense Excalibur, par l'artillerie du général Mac Arthur, les mousquetons, les canons, la bombe à neutron mais c'est la vie et j'aurai eu la satisfaction auparavant, grâce à cette récompense que vous m'attribuez, d'être moi-même, d'une certaine manière, adoubée !

***

L’épée sort de scène avec le fourreau qui lui a été remis par le roi de Silène qui a fait le déplacement. Elle est saluée par un tonnerre d’applaudissements du public. Entre alors le nominé suivant, l’avion Rafale de Marcel Dassault. Comme il a oublié de mettre un bémol à son prix et à sa vitesse supersonique, il traverse la salle en volant, ressort en laissant deux énormes brèches dans les parois du bâtiment qui, déstabilisé dans ses fondations, s’effondre sur les spectateurs et acteurs de cette cérémonie des Césars militaires. Ainsi commencent les premiers sévices subis par le valeureux Saint-Georges qui aboutiront à son interminable et indicible martyre et plus tard à sa canonisation.

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CORDON siouplé ! (MAP)

 

Devenir de vin

à la vue d'une bouteille

quel plaisir divin !

 

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Makel (Titisoorts)

 
 
 
Dés la naissance, j'ai ressenti ce paysage dur et rocailleux, le vent tout d'abord au printemps me caressait, puis parfois, me mordait de sa température glaciale. Il faisait partie de moi je respirais le vent, il m'atteignait jusqu'au coeur. Je grandissais heureux au milieu des miens. Je suis un Mespilus germanica, c'est comme cela que les savants m'appellent, je suis tout bonnement un néflier, un néflier du pays Basques s'il vous plait. Vous, je ne vous connaissais pas, les humains. Puis un jour, un homme est venu, je n'ai pas bien compris, mon coeur s'ouvrait à cet inconnu. Il s'est approché, à choisi une branche, puis m'a incisé, des coupures sur tout le corps, des traces sur ma chair tendre et dure à la fois puis il m'a laissé là tout étonné et secoué. Je m'en souviens encore c'était le printemps. Le vent de mai me soulageait de ses caresses. Le temps que je cicatrise et c'était déjà l'hiver. Depuis ce jour tant de rêves parcouraient ma sève, tant de tourments avec une impression hors nature, le tatoué, le scarifié c'est moi. Tant de questions. La réponse m'est venue l'hiver suivant. L'homme est revenu, m'a sectionné, m'a séparé, laissant une grande partie de moi même dans ma chère montagne. Triste, je me suis retrouvé dans un panier, avec tant d'autres comme moi. La punition continuait, on m'a amené dans une petite maison ou un atelier, sombre. Puis ensuite, nous sommes passés au four, pour faire ressortir nos tatouages en reliefs. Déposé sur une étagère, on m'a laissé là pendant, pas dix jours, pas dix mois mais dix ans. D'abord la séparation ensuite l'enfermement, mais qu' ai je donc fait ? Enfermé avec mes compagnons d'infortune, nous refaisions le monde nous rêvions de nos montagnes à nous raconter nos destins, il nous arrivait même de comparer nos tatouages. Le temps s'écoulait, simplement, quelques fois dérangé par la venue de l'homme qui nous triait, les tordus d'un côté, les biens droits posés délicatement dans un panier. Je compris qu'il valait mieux se tenir droit comme un i. Et un jour, ce fut mon tour, pourvu qu'il me pose délicatement dans le bon panier, l'homme avait vieilli. A partir de là, je suis passé entre plusieurs mains. Tout d'abord on m'a habillé d'argent. En partant du bas, une pointe, suivi d 'un martelement sur une feuille d'argent, inscrivant le nom du fabricant, ainsi que sa ville. J'avais fier allure. Plus haut le nom du proprietaire ainsi que sa devise inscrite en basque. Pour ma part : "il est bon, pour aller loin, de s'apercevoir des appuis que nous offre la vie". J'ai même eu droit au niveau du pommeau à du cuir ainsi qu'à une lame, cachée, pour armer le bras de mon propriétaire. Je vais pouvoir être donné de génération en génération, et peut être qu'à chaque marche, je retrouverai ma montagne, la respiration du vent jusqu'a mon coeur. Makila je serai. 
 
Makila

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Comme une feuille (Lise)

Comme une feuille au vent léger
Capte l'air en transparence agitée,
Frémit, ondule et semble s'animer.
 
Se laisse porter, transporter
Et aussitôt le souffle passé
Retrouve sa tranquilité.
 
Comme une feuille au vent léger
Ma pensée flotte sur mes idées
Vibre, croise l'autre et se tait.
 

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Défi 188 (KatyL)

J’ai voulu devenir ce petit lapin

 

Pour vous souhaiter à vous tous mes  amis défiants

De JOYEUSES Pâques

Ou tout simplement pour ceux qui ne fêtent pas les Pâques vous envoyer un petit signe d’affection

 

Katy1881Katy1882 

 

Avec  toute ma tendresse.                       KatyL

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