Si-lence (Lise)

Mon doigt s'est posé
Sur les ailes du temps
Léger et frémissant.

Et les si, un à un,
Sont tombés dans l'instant
En un bruit fracassant.

Quand plus rien n'a bougé
Je me suis réveillé
Tout entier habité.

Par la vie installée
Berçant l'éternité
Au creux de mes pensées.

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Le poids des non-dits – dégâts collatéraux (SklabeZ)

Son père lui avait dit : "Ma fille ! Ne t'avise pas de faire défiler les garçons à la maison ! Choisis bien ton chéri et ne te trompe pas, le premier sera le dernier ! Je n'en accepterai pas d'autre."

 

Eh oui ! Son père était comme ça ! Une espèce de despote qui régnait en maître absolu sur la maisonnée. Sa discrète épouse et sa fille, unique, lui étaient totalement inféodées.

 

Pas facile, la vie avec un tel tyran, mais comme ils tenaient un commerce, ils voyaient beaucoup de monde et les journées leurs semblaient, malgré tout, supportables.

 

Un jour, quatre jeunes cadres dynamiques et pleins de vie, accompagnés de leur patron débarquent chez eux. Le boss avait tenu à les inviter dans cette brasserie où il avait ses habitudes.

 

Le plus jeune des quatre attira tout de suite l’attention de la fille du maître des lieux. Elle était fascinée et ne le quittait plus des yeux. Lui était mal à l’aise d'être ainsi observé, il lui adressa un timide sourire.

 

Le lendemain, après le travail, le jeune est revenu, seul. Elle lui souhaite la bienvenue, il s’installe et passe commande. Elle ne se sent pas bien, le trouble l'envahit et ses gestes sont empruntés. Il ne peut s'empêcher de la suivre des yeux. Le courant passe…

 

Le soir, à la fermeture, elle dit à son père : « C’est lui ! C’est lui que je veux ! »

 

Il revient de plus en plus souvent, consommer son eau gazeuse ou son expresso. Elle se rend parfois à la sortie de son travail pour le ramener chez elle, ou plutôt chez son père. Quelques mois après, il quitte la petite chambre qu’il louait chez un particulier et vient s’installer chez elle. Il fait maintenant partie de la famille. Le tyran l’a accepté.

 

Il fait maintenant partie de la famille et il a remarqué qu’elle avait pour son père un regard étrange, un mélange de crainte et d’admiration. Il a aussi remarqué qu’elle ne mangeait pratiquement rien. Il lui en a fait la remarque plusieurs fois. Pour lui faire plaisir, elle s’efforce de grignoter ou fait semblant. Il se dit qu’il l’aidera à se débarrasser de cette mauvaise habitude. Pas un problème pour lui, il se sent tellement fort ! Les mois passent… on parle de mariage.

 

Ils se sont mariés lors d’une belle journée de juillet. Ils se sont mariés, émancipés et ont construit leur propre nid, un peu à l’écart, mais pas trop loin quand même. Pendant que lui travaille, elle, rend souvent visite à ses parents et continue de les aider dans le commerce. Tout va bien.

 

Tout va bien mais elle ne mange toujours pas beaucoup. En fait, elle mange de moins en moins. Elle mange de moins en moins, mais elle s’arrondit. Elle est enceinte. Elle appréhende, mais ils sont heureux tous les deux. Un petit garçon fait bientôt son apparition. Il est accueilli comme un prince. Son grand-père, le tyran, est fier. Le deuxième prénom du petit est le sien. Il est fier, il est fier et il est fou, fou de son petit-fils.

 

Les jours passent, elle est à nouveau enceinte. La santé du papy-tyran se dégrade rapidement, mais il a son petit-fils près de lui et ça le réconforte. Il ne verra pas le deuxième enfant de sa fille, le mal qui le rongeait l’a foudroyé.

 

Sa fille est abattue, anéantie, détruite. Le jour des obsèques il a fallu plusieurs personnes pour la maîtriser. Une véritable crise d’hystérie. Elle voulait rejoindre le tyran, dans sa fosse. Ce jour-là, tout a basculé. Il a découvert qu’elle était amoureuse de son père. Le choc !

 

Elle prend ses distances avec son mari. Elle le fait passer du statut d’époux à celui de père… de père de remplacement. Ne voulant pas rajouter à sa douleur, il accepte, par amour.

 

Le deuxième enfant est ensuite arrivé. Un beau bébé, un garçon. Elle n’a manifesté aucune joie. Elle n’a jamais accepté ce petit garçon que son papa à elle n’a pas connu. Elle ne le connait pas non plus. Elle n’a d’yeux que pour l’aîné, le chéri du tyran. Elle aime toujours son mari, son mari que son père avait adoubé et accepté. Elle l’aime toujours, mais plus comme avant, elle l’aime comme on peut aimer un père.

 

Elle est maintenant très perturbée.

Délicatement et avec grande patience, il essaye de l’aider. Le soir, côte à côte sur leur lit, ils parlent, ils parlent encore, pendant toute la nuit, pendant des nuits entières...

Il essaye de démêler l’écheveau.

Petit à petit elle se confie. Il sent qu’elle va bientôt se libérer, briser ses chaînes qui l’étouffent. Il en découvre un peu plus tous les jours. Il a ainsi appris qu’elle est anorexique et boulimique depuis toujours. Pour ne pas décevoir son père, elle ne garde pas ses aliments, elle se fait vomir depuis ses quatorze ans. Depuis que son tyran de père lui a dit qu’il n’aimait pas les gros et encore moins les grosses.

Il comprend maintenant pourquoi, elle peut encore enfiler ses jeans d’adolescente. Il comprend de plus en plus, mais il ne comprend pas pourquoi elle se refuse à lui depuis la mort de son père.

Et pourtant si, il le comprend, il le comprend même très bien, trop bien. Il se doute qu’il s’est passé quelque chose entre son père et elle... il y a longtemps. Un drame comme il en arrive quelquefois dans les familles et que l'on cache sous une chape de plomb. Il a bien essayé de le lui faire dire, pour l’aider, pour exorciser cet enfer, pour qu’elle se libère de ce poids.

Plusieurs fois, gentiment et patiemment encouragée, elle a failli le faire.

Elle a failli le dire… elle allait le dire et, au moment de le faire, stop ! Marche arrière toute ! Pour elle, sortir de cet enfer qu'elle a fini par accepter, c’est sauter dans l’inconnu. Elle préfère rester avec ses démons et ses cauchemars.

Lui ne saura jamais.

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Minéral (Célestine)

desert

 



rup pur
niol   loin
elbas   sable
riopse   espoir
regayov   voyager
snoissap    passions
selarénim   minérales
serueirétni    intérieures
selbignarfni    infrangibles
selbaroxeni   inexorables
sriopseséd    désespoirs
ssessuoces   secousses
eisénérf   frénésie
semsaps   spasmes
ednom   monde
...tuhc   chut ...
...hhc chh...
..hc ch..


 

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The Sound of silence (Joe Krapov)

Ca c'est ballot alors !

Le père Noël vient de m'apporter, en avance,

une guitare à douze cordes pour que je puisse faire

deux fois plus de bruit...

 

111124__001 111124__002 111124__003 111124__004

 

...et voilà qu'on m'impose le silence !

 

Et bien tant pis pour vous, ou tant mieux :

j'ai respecté la consigne !

 

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Trop de silence (Sebarjo)

Il y a trop de silence
Entre nous dans cette maison.
On n'est pourtant pas en vacances,
Mais on a l'air plutôt con,
Pour te dire qu'il n'y a vraiment aucun bruit,
On entend même le voisin qui fait pipi.
 

La machine à laver qui glougloute,
Le robinet du lavabo qui goutte,
Les lames du parquet qui parfois craquent,
Mon ventre qui gargouille parce qu'il est patraque.
 

Mais il y a des enfants, des enfants qui jouent dehors,
Pour eux le silence n'est vraiment pas d'or,
Les bruits sont rois, ils se déchaînent,
Les cris de joie sont ceux qu'ils sèment.


Pala pata pala papa tam
Et pala pata pala papa tam,
Ce sont les bruits que ne feront jamais plus,
Nos chers enfants qui ont disparu
De notre sweet home soudainement nu.
 

Il y a trop de silence
Entre nous dans cette maison.
On n'est pas en vacances,
Mais on a l'air plutôt con,
Pour te dire qu'il n'y a vraiment aucun bruit,
On entend même le voisin qui fait pipi.

 

Mais il y a des enfants, des enfants qui jouent dehors,
Pour eux le silence n'est vraiment pas d'or,
Les bruits sont rois, ils se déchaînent,
Les cris de joie sont ceux qu'ils sèment.

 


Et pour écouter la chanson :

 

 

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C’est quoi le silence ? (Lilou)

Un bruit que l’on cache avec douceur sous un voile soyeux et opaque comme un objet précieux puisque l’on dit si souvent que le silence est en or.

Serait-ce des lèvres cousues comme pour  empêcher des « paroles impures » ou bien un moyen de surmonter la douleur ou la peur qui monte au creux du ventre comme une vague tout à tout brûlante et glacée.

Non je veux croire que le silence est le bonheur que l’on tait pour pouvoir toujours le garder.

Mais je crois que c’est aussi ce souvenir.

Lorsque nous chahutions un peu trop mon frère et moi, nous entendions la voix rocailleuse de ma grand-mère qui avait du mal à supporter les cris d’enfants dire :

« Silence, la queue du chat danse. »

En enfants bien élevés, nous nous taisions immédiatement ; nous avions accepté cette formule sans chercher  des explications,  le ton de notre aïeule était suffisamment éloquent pour comprendre que nous devions nous taire avant que la fessée ne tombe. La première fois, après un moment de calme, nous avons cherché où était le chat. Bien sûr dans cette grande maison froide et immense nul chat ne pénétrait ; il aurait d’ailleurs été mal reçu.

Plus tard en voyant évoluer notre divin Minet, nous avons compris que le chat malgré sa domesticité relative avait conservé un instinct de chasseur et que cet appendice préhensile s’activait en rythme précis lorsqu’il guettait sa proie ou lorsqu’il s’énervait.

Mais pourquoi s’en prendre au chat ?

 

j'offre en prime un poème.( clic)

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Secret (Vanina)

Et si je vous disais tous les maux du silence
Les rêves impossibles, cette sourde impuissance
Et ma voix qui murmure comme un bateau brisé
Aux rochers de son cœur, aux espoirs contrariés.

Pause…

Et si je vous disais tous les mots du silence
Les rêves accomplis, cette sourde puissance
Et ma voix qui résonne tel la nef attendue
Aux rochers de son coeur, aux espoirs aperçus.

Et si je vous disais...
J’édifie le présent sur l’abîme passé...

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Participation de KatyL

Katy169

LA LOI DU SILENCE

 

Eva se lève et sa tête lui tourne, elle a encore pleuré une partie de la nuit et toujours pour la même raison : « LUI » !

Elle en a assez de ne rien dire à personne, tout le monde croit que son couple est formidable, elle s’est toujours tue, depuis plusieurs années il est enfermé dans son corps et dans sa tête, pour des raisons familiales indépendantes d’elle, mais qui lui on rendu la vie impossible, il la fait souffrir alors qu’elle n’est pas la cause de sa dépression, et qu’elle fait tout pour le soutenir.

Pourquoi se taire ???

Est-ce à cause de sa peur du quand dira-t-on ?? Ou plutôt d’une forme de pudeur ? Ou bien parce qu’elle aime s’inventer des belles histoires  et qu’elle préfère faire envie que pitié ?? Ou bien parce qu’un jour il a dit :
-« tu n’as pas à parler de nos affaires aux autres, tout le monde fait semblant, tout le monde vit des histoires de couple plus ou moins merdiques, regarde autour de nous, combien de gens ont l’air heureux ? Combien de gens semblent s’aimer ? Combien de gens s’embrassent ? »
-« sans doute dit Eva, nous ne sommes pas obligés de grossir les statistiques, peut-être pourrais-tu faire un effort ou un pas vers moi, cela serait si simple et NOUS nous serions heureux au moins !! Cela te semble impossible ? »
-« je ne peux pas me forcer à t’embrasser, je n’ai pas de déclic, je n’y pense pas, et ce n’est pas obligatoire non ? »
-« vu comme cela c’est sûr, pas d’obligation là dedans mais un besoin, moi j’ai besoin de tes bras de tes lèvres et de sentir ta peau de temps en temps, je n’ai besoin d’aucun déclic particulier , je te regarde, je t’aime tout me parait simple, j’ai envie de t’aimer et de te le montrer de temps en temps, je dirais même souvent, mais ton air renfrogné et tes bras fermés, ce bloc que tu fais en permanence, ces rejets de ma personne

…/…, tu sais que cela me fait souffrir, on pourrait en parler au moins »
-« en parler à qui ? »
-« tous les deux, ou à un psy ou à quelqu’un d’autre de nos amis ou famille pour ouvrir un dialogue »
-« t’es givrée ma pauvre fille ! Tout le monde s’en fout ! Et puis je ne suis pas malade, je suis comme je suis c’est à prendre ou à laisser »

 Katy1692

-« mais enfin chéri, tu étais différent avant tu aimais les câlins, tu étais fantastique je t’assure, tu me manques beaucoup, la tendresse pour un couple c’est bien de temps en temps non ? »
-« j’en ai pas besoin moi ! On ne peut pas vivre tout le temps comme des jeunes de 20 ans en lune de miel !»
-« Non, ce n’est pas ce que je te demande du tout dit-elle. Bon,  écoute, on va parler par image, pour nous,  tu verrais quelles solutions à ma souffrance et à  ton indifférence permanente ? »
-« je vois deux portes dit-il, une ouverte et je pars et on en parle plus, l’autre est ouverte mais tu ne me casses plus les pieds, je suis ainsi et c’est tout ! Je ne sais pas quand je pourrai être à nouveau câlin et avoir envie de toi, je reste ainsi et voilà ! je n’y peux rien !»
-« non dit Eva , il y a une troisième porte , celle où nous pourrions nous retrouver tous les deux exactement comme avant « amoureux », pour cela il faut sans doute parler et parler , comprendre pourquoi tu t’es bloqué à double tour, et comment en sortir de manière à être heureux tout simplement »
-« les femmes vous êtes trop compliquées, vous voulez tout, je fais le jardin et je passe l’aspirateur, en voilà des preuves d’amour !! »
-« Je ne crois pas dit Eva, cela,  c’est un coup de main, le partage du travail ou des loisirs, aimer c’est autre chose »
-« des loisirs on en a, on fait plein de choses ensemble NON ? Tu me fatigues ! Si je ne t’aimais pas je ne ferais pas cela, et tais-toi ! On a trop parlé j’écoute la télé, il y a des résultats sportifs, ça m’intéresse plus que ton mur des lamentations ! »

Eva alla dans la cuisine et se mit à cuisiner encore un bon petit plat, mit une jolie table, arrangea les fleurs.. Elle soupira beaucoup….Puis elle dessina un cœur qu’elle mit à côté du bouquet pour lui…Ensuite elle alla dans la salle de bain se mettre une retouche de maquillage de manière à être lumineuse en face de lui à table, et elle lui dit :
-« le repas est  prêt chéri »

Il vint s’assoir, ne vit pas qu’Eva s’était remaquillée, mais il vit le cœur, il sourit, la regarda et dit ceci :
-« tu es une vraie gamine !! A quoi ça sert ces trucs-là, les autres femmes ne font pas cela, elles ne demandent pas de bisous non plus, avance et cesse de te poser des questions et de m’en poser  »

Elle savait qu’elle avait perdu une fois de plus la bataille qu’aucun mot n’était arrivé à son cœur fermé, qu’il fallait encore se taire et se taire….les femmes l’ont fait pendant tant de siècles !
Mais Eva était une combattante et elle savait qu’elle reviendrait avec d’autres mots pour essayer d’ouvrir son cœur et ses bras, car elle savait l’odeur du bonheur et voulait le retrouver avec lui, et personne d’autre.

Katy1693

 

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Un doigt sur des lèvres (Walrus)

J'aimerais que ce soit le mien sur les tiennes...

Comment ça, "Lesquelles ?"
Chut, enfin !
Nous ne sommes pas seuls ici...

 

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