Participation de Célestine

 

Il est mort ce matin, calmement, sans un bruit.

C'était mon compagnon de chambre et d'infortune.

Pour moi, qui ne pouvais regarder au-dehors,

De son lit, près de la fenêtre, il décrivait

les soleils chalumeaux des juillets infernaux ,

les floconnantes plumes des hivers neigeux,

quand la lumière étrangement baisse le ton.

Les brumes de novembre et les avril fleuris,

les chatoiements des blés aux soirs de messidor.

Je connaissais le monde à travers ses paroles,

et chaque jour le monde me semblait plus beau.

Des arcs en ciels de lunes traversaient nos nuits,

des parterres ornaient, de leur munificence,

la ruelle empierrée, le velours des pelouses

et le bonheur des jours, et les corolles tendres

les lézardes des murs et les chats ronronnants.

Grâce à lui, moi qui ne pouvais pas me mouvoir,

je trouvais la prison de mon corps moins sévère,

et j'ouvrais, en esprit, cette aimable fenêtre

sur les merveilles que mon ami me contait.

Il est mort ce matin, calmement, sans un bruit.

L'infirmière pleurait en lui fermant les yeux.

Il me disait le monde à travers la fenêtre

dis-je en pleurant aussi.Et pourtant cet ami

qui m'aida à tenir, qui m'aida à guérir

avait puisé au fond de sa nuit éternelle

pour éclairer ma vie.

Car il était aveugle.









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Fenêtre sans recours‏ (titisoorts)

 Lorsque tu éteins ta fenêtre
Un grand froid parcourt tout ton être
La nuit est là, maquillée de noir
Autour de toi, c'est le trou noir
 
Je sais bien que tu as plein d'amis  
Lorsque tu fermes ta fenêtre
Tu te sens seule mal et démunie
Ont tous tendance à disparaître
 
Et la nuit t'a eu par surprise
Sans que le silence se brise
Pour sembler être accompagné
il t'arrive de trop te parler
 
Imprégné par un grand silence
comme l'impression de malchance
en seule compagnie gris gris ton chat
En main "voici" et tout son vomi
 
Samedi pour toi, c'est la corvée
ton corps te dit" il faut bien manger"
Alors tu pars faire ton marché
Dos courbé, la tête dans tes souliers
 
Un grand merci d'avoir été là
Lorsque j'avais le moral bien bas
maintenant passe une bonne nuit
j't'embrasse et demain on finit...
 
Je sais bien que tu as plein d'amis
Lorsque tu fermes ta fenêtre
Tu te sens seule et démunie
Ont tous tendance à disparaître

 

 

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Sorti par la fenêtre (Captaine Lili)

La nuit est au bord de l’aube. 

Entre les gouttes, il se glisse. Il est sorti par la fenêtre.

Rejoindre sa belle endormie…

Il arrivera parfumé d’air sauvage.  Avec l’envie de se réchauffer.

Elle, elle offrira son corps.

Aux fenêtres, les volets seront clos.

Lorsqu’ils les ouvriront, le soleil sera là.

Vibrant.

Entrant de tous ses rayons par la fenêtre.

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Madame Sornette (Sebarjo)

 

Madame Sornette
En ouvrant sa fenêtre
Fit tomber son mari.

Elle était peut-être,
c'est vrai en espagnolette,
Mais elle en fut fort marri...

Car dans sa chute, son mari
Entraîna une bonne partie
De sa belle huisserie.

L'affaire fut vite réglée
Et la Sornette épargnée.
Elle fit réparer le bâti
Et changea le châssis.

On conclut au suicide,
Ignorant la maline.

Car c'était dans le vide,
Sans fenêtre à guillotine,
Que Monsieur, cet intrépide,
Ôta sa tête de lin-
Otte et sauta
Comme une mine,
Selon les médias,
Du haut de sa cuisine,
Rue des lilas.

Madame Sornette
En ouvrant sa fenêtre
Fit tomber un sourire,

Poussant la chansonnette
En envoyant paître
Tous ses souvenirs.

 

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Giulia (Vegas sur sarthe)

"Giulia? Giulia?"
Le regard perdu au delà des dernières lumières qui marquaient la pointe du Layet, la fillette n'entendait pas. Elle serra plus fort Bayroux son chat siamois comme pour l'étouffer.
Le ronronnement cessa et Giulia le rejeta vivement comme lui avait enseigné maman pour éviter le coup de griffe.
Papa ne supportait pas ces vilaines traces sur sa peau blanche; il la voulait parfaite, irréprochable, toute propre comme maman.
"Pas besoin de greffier ici" tonnait-il.
D'ailleurs depuis des semaines il occupait son temps à son nouveau joujou, un Karcher flambant neuf et la terrasse de Capo nègro n'avait jamais été si blanche... où plus aucun de ses propres jouets ne traînait.
Elle l'avait toujours considéré comme un grand enfant, lui qui avec sa bande jouait quotidiennement à Halloween à visage découvert - "trick or treat" comme on dit - lui qui piquait des colères terribles quand il perdait une partie.
Leur monde ressemblait à une grande cour de récréation dont elle ignorait tout des règles du jeu. "Ici" disait maman "on est à l'abri de la crise" et d'un sourire, Giulia était rassurée.
La crise soufflait parfois très fort sur les Maures et elle avait vu plus d'un voilier imprudent en difficulté.

Pour elle en septembre c'était l'entrée en primaire mais la mine grave des adversaires de papa sur la télé lui avait ôté toute envie d'y participer.
"Un jour tu t'envoleras" avait prédit maman.
"Comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, comme maman!"
Depuis que papa avait quitté le bahut il voyait moins tatie Angela, piquait autant de colères mais passait plus de temps au château de mamie même si elle le voyait peu à cause de ses virées au col de Canadel.
"Tu monteras très haut toi aussi" avait dit maman.
"Comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, comme maman!"
 
Au Sud la masse sombre de Port Cros s'étirait sous la lune et elle crut distinguer à sa pointe un feu clignotant, comme un appel.
Trois mois qu'elle était privée de son cher Diégo... trois mois que tatie Rachida - c'est ainsi qu'elle l'appelait - avait tapé du poing et fermé sa porte.
Une histoire de grands à laquelle elle n'avait rien compris comme toujours, malgré ces phrases apprises par coeur jour après jour : "Travailler tout plein pour gagner tout plein" et bien d'autres phrases qu'elle et Diégo s'amusaient à singer en haussant drôlement les épaules.
"Tu feras une bonne comédienne" avait ironisé maman.
"Comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, comme maman!"

Demain, Diégo aurait sept ans et elle ne supportait pas d'être séparée de celui à qui elle s'était promise sur la petite barque où ils s'isolaient loin des grands.
Elle crut distinguer au loin le tintement des élingues de la Marine du Lavandou... au château le mot Marine était banni sans qu'elle sut vraiment pourquoi et quand elle demandait, maman disait "Tu sauras quand tu seras grande"
"Grande comme papa?" avait elle questionné.
"Certes non, beaucoup plus ma chérie!" 
Contre le rebord de la fenêtre, une échelle de jardinier avait échappé au Karcher et lui tendait ses bras : elle les saisit et bascula sans trembler dans l'ombre complice du jardin.
L'air frais chargé de senteurs provençales lui fit du bien; elle l'aspira à pleins poumons comme un grand bol de liberté.
Au dessus d'elle, une voix feutrée minaudait : "Gigi, Gigi"
   

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Dans la cabane (MAP)

 

DSCF2802

 

Dans la cabane du trappeur

le chaud soleil a fait son nid

il entre, il sort, par la fenêtre

et prend  plaisir à s’y mirer

s’y admirer !

 

 

 

Le lac aussi est de la fête

et tous les arbres réunis !

Chaque soir leur image luit

en mille reflets chatoyants

si apaisants !

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La petite Rosine (Joye)

port-isaac-paintingPort Isaac par W. Atherton-Cathcart

 

La petite Rosine

Celle qui faisait si bonne mine

Avait des amies mesquines

Dans le port.

Elle, la perle fine,

Parmi toutes les voisines

Elle était bien la dauphine

De ce port.

 Mais son bien-être

Prit un grand sale coup,

Quand une lettre

Arriva au-dessous

D’la porte du jeune et joli prêtre

De ce port.

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

« Monsieur le curé,

La Rosine s’est égarée

Il faudra vite la sauver

De son sort !

Faut aller prier

Pour cette fille et ses péchés

Dans la nuit noir, et tous cachés,

Pendant qu’on dort ! »

 Le jeune prêtre

Entendant l’appel

Des péchés à commettre

Par la petite belle --

Fallait pas se soumettre

Au grand malheur champêtre

De ce port !

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Quelles nouvelles pénibles !

Alors le jeune prit sa Bible

Et s’en alla chez la cible

De ce port.

Mais il était faillible

Et vraiment bien trop sensible

À la beauté impossible

De ce port !

 Et  le jeune prêtre

Était tout prêt

À la remettre

Sur le bon sentier

En oubliant peut-être

La Parole de son Maître…

À ce port !

 http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

Le lendemain toutes les copines

De la pauvre petite Rosine

Attendaient, toutes malignes,

Faire du sport !

Mais la petite Rosine

Était quand même bien coquine :

Elle tomba sur une combine...

Ô heureux sort !

 Ce qui se passa

Je ne peux vous le dire

Mais je suis sûre

Que vous croirez le pire…

En oubliant peut-être

Que c’est bien par la fenêtre

Que l’on sort !

http://www.ueet.nasa.gov/StudentSite/images/history/seagull.gif

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Sortir par la fenêtre… (EVP)

Léo, entre en classe gentiment
Petit Léo n’est pas bien grand,
Ni très costaud, c’est évident,
Mais il comprend si rapidement.

Finit en cinq minutes chrono,
Divisions et leçon de Géo.
Alors il peut ouvrir la fenêtre,
Qui fait de l’air dans sa p’tite tête.

Oublier le monde droit et plat
Enfourcher son destrier blanc,
Tuer le dragon malfaisant.

Sauver la reine sous les vivats,
Batailler contre les méchants…
- Léo ! C’est à toi maintenant.

 

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C'est par la fenêtre que l'on sort... (Walrus)

C'est aussi, comme le fait très judicieusement remarquer Berthoise, par là que l'on entre.

Ça nous aurait quand même grandement simplifié la vie si l'architecte avait prévu une porte !


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