07 août 2010

Ceci n’est pas une blague belge (Adrienne Magritte)

Défi n°16 (22 juin 2008) proposé par Teb : Serez-vous capables de truffer votre texte (sur la réalité quotidienne) de la répétition d'une même phrase ?

 

Il leur faut du pain même avec leurs frites

Ils sont fous ces Français !

et ils mangent des frites avec de la moutarde

Ils sont fous ces Français !

Pour la douche ils demandent une serviette

Ils sont fous ces Français !

et pour la vaisselle un torchon[1]

Ils sont fous ces Français !

Ils mettent la Wallonie au nord et la Flandre au sud et savent à peine nommer deux ou trois villes mais ils me demandent d’où je suis en Belgique

Ils sont fous ces Français !

Quand je leur dis « Bétauvenne ? » ou « Philippe Air Vaigue[2] ? » ils me répondent que c’est un grand honneur que l’on fait aux étrangers de prononcer leur nom à la française

Ils sont fous ces Français !

Ils me disent « on dirait pas qu’t’es Belge, t’as pas l’accent » parce qu’ils pensent qu’on parle tous comme Coluche, non mais dites une fois !

Ils sont fous ces Français !

Ils se gondolent avec des blagues belges mais m’assurent qu’ils nous aiment bien, « on a beaucoup de sympathie pour les Belges »

Ils sont fous ces Français !

 

Signé Adrienne, qui a eu du mal cet été à supporter les blagues belges qu’on racontait derrière son dos mais qu’elle entendait quand même !

et allez donc voir ce qu'en pense Philippe Geluck: http://www.kletandko.be/images/stories/a6/KK180-Philippe-Geluck.jpg

Sans rancune?

 

sourireadri2 

                           

 

 


 

[1] Chez nous la serviette c’est pour se frotter la bouche et le torchon pour frotter par terre sourireadri1

 

[2] Philippe Herreweghe http://www.collegiumvocale.com/fr/biografiephilippeherreweghe.php

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17 juillet 2010

« C’est ta chance », chante Goldman. (Captaine Lili)

Défi 16 – consigne soufflée par Teb.

La vie quotidienne s'enlise dans de petites habitudes.

Un œil neuf (lequel ?) ne nous permettrait-il pas d'y voir comme autant d'événements exceptionnels.

Serez-vous capables (c'est un défi, rappelons-le) de truffer votre texte de la répétition (choisissez la périodicité) d'une même phrase ?

Me réveiller.

La douleur est là.

Allumer l’ordi comme on ouvre une fenêtre.

Enfiler un vêtement. Descendre l’escalier.

Traverser la rue. Lever les yeux vers la colline et le ciel.

La douleur est là.

Le pain frais aussi.

Le tartiner de miel. Boire un thé.

La douleur est là.

Un tour dans la salle de bain. Après, c’est l’aventure.

La douleur est là. Cette phrase-là rythme mon quotidien.

C’est la douleur qui met les points sur les i que je dessine.

Je vais d’escales en ports : kiné deux fois dans la semaine, danse orientale une fois, l’amoureux au téléphone certains soirs.

Mais la douleur est là, peu importe ce que je brode, ce que je crée, ce que je chante.

C’est toujours la surprise. L’aventure au bout des neurones, au gré du cerveau qui dicte les signaux.

La douleur est là.

Alors j’invente. Je cherche. J’explore les possibles des impossibles.

Et je me frotte à l’impossible des possibles.

C’est selon. Selon les jours, selon les heures.

La douleur est là. Et m’offre un quotidien pas banal.

« C’est ta chance », chante Goldman.

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28 juin 2008

La vie quotidienne (Tiphaine)

Six heures trente, le réveil sonne.

Six heures trente, ma main s’abat sur lui.

Six heures trente-sept, le réveil sonne.

Six heures trente-sept, ma main lourde s’abat sur lui.

Six heures quarante-quatre, le réveil sonne.

Six heures quarante-quatre, ma main lourde s’abat rageusement sur lui.

Six heures cinquante et une, le réveil sonne.

Six heures cinquante et une, il est mort.

Trois coups auront suffi.

Plus personne ne m’empêchera désormais de rêver en paix.

Six heures cinquante-deux, j’éteins l’alarme du réveil.

Six heures cinquante-trois, je dors.

Seule.

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A premiere vue - Janeczka

Je n'arrive pas a mettre la main dessus ce matin.
Pourtant, je le mets toujours pres du lavabo, la veille au soir. Ce n'est pas mon genre de perdre quelque chose!
'Mon oeil!' me dites-vous.
C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit!!

Je l'avais pose la, pret a le rincer (comme un dentier, cela s'entretient), mais il a disparu!
Un de mes yeux preferes, en plus! le droit!
C'est que je ne l'ai pas eu a l'oeil, mon oeil! j'ai du debourser pas mal! c'est mon ami Wang qui m'a propose d'en racheter un.
'Ca te dirait, un oeil neuf?' A vue de nez, pourquoi pas? mais avec son accent, j'ai compris 'nouilles 'n' oeufs'! j'ai cru qu'il me parlait d'une recette cantonaise 'rock 'n' rock'!
'Mon oeil!' me dites-vous encore. Croyez-moi si vous voulez. Je fais fi de la loi du Talion.

Et maintenant, cet oeil, je l'ai perdu! c'est que j'y tiens! comme a la prunelle de mes yeux! et je n'ai aucune idee d'ou il peut etre. C'est que, malheureusement, je n'ai pas le don de double-vue!!

*    *    *

Mon oeil! mais que fait-il la?

oeil

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En plein dans le mille (Papistache)

Sept heures trente. Monsieur Lanoir ouvre les contrevents fatigués de sa maison dont le crépi lépreux s’effrite en larges squames hideux. 


Sept heures trente et une. Le long bonhomme voûté pousse la porte d’entrée ; le carillon chinois lance dans le matin clair ses cinq notes aigrelettes.

Sept heures trente et une et vingt secondes. La porte se referme doucement. Monsieur Lanoir mesure tous ses gestes.

Sept heures trente-deux. Trois galets de la terrasse, épris de liberté, sont replacés dans leur alvéole respective ; un coup de talon les enfonce jusqu’au prochain  désir d’émancipation.

Sept heures trente-trois. Le méticuleux propriétaire des lieux fait face à son portail. Une allée de vingt-deux mètres et trente-huit centimètres. Sa main droite plonge dans la poche de son caban râpé ; elle en tire un lourd trousseau de clés disparates.

Sept heures trente-trois et neuf secondes. Monsieur Lanoir inspire profondément l'air humide du petit matin. Il se concentre, se repasse mentalement le film des instants qui l'attendent.

Sept heures trente-quatre. Bras légèrement fléchi mais fermement pointé vers le portail, le sexagénaire amorce le premier des trente-sept pas qui vont le conduire au seuil du portail clos. Clos, comme les yeux de Monsieur Lanoir.

Un, deux, trois, quatre... mentalement, Monsieur Lanoir compte, comme chaque matin, les pas qui le rapprochent de la serrure, ...trente-trois, trente-quatre, trente-cinq, trente-six, trente-sept. La clé vient s’emboîter exactement dans la fente du cylindre de laiton huilé à la perfection. Exactement ! Pas un centimètre trop haut ou trop bas, exactement dans la fente !

Le 25 févier 1996, il avait neigé. Le comptable débonnaire avait mal apprécié la hauteur de la couche de neige et la clé était venue heurter le barillet un demi-centimètre trop haut. Il avait dû recommencer une seconde fois. La journée n’avait apporté que des désagréments.

Sept heures trente-cinq. Monsieur Lanoir s’en retourne vers l’entrée de sa demeure, dissimulant un sourire de satisfaction derrière son épaisse moustache blanche.

— Épouse-Jamais-Lasse, j’ai ouvert le portail !
— J’arrive, lui répond une douce voix au timbre égal, j’éteins la lumière de la cuisine. Douze, onze, dix, neuf...

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Retour à domicile (Pandora)

Elle pose son gros sac sur le paillasson et y fouille pour y trouver les clés de la porte d’entrée. Elle cherche du bout des doigts la consistance molle de l’animal en peluche qui fait office de porte clé et finit enfin par trouver ce qu’elle cherche. Elle sort le gros trousseau, récompense de sa pêche miraculeuse, et met la clé dans la serrure pour entrer dans son intérieur douillet. Elle balance ses chaussures du bout des pieds en les envoyant voler à l’autre bout de l’entrée et pose un peu brutalement son sac et son ordinateur portable. Le calme et le silence de la pièce la reposent déjà. Elle se dirige vers le répondeur pour regarder si la petite lumière rouge des messages clignote, lui signalant que quelqu’un a pensé à elle aujourd’hui…

[Elle pose … ce qu’elle cherche.] Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure et se dépêche d’entrer chez elle en posant brutalement ses affaires. Il lui reste à peine une heure avant qu’il n’arrive et elle ne veut pas le décevoir, elle veut l’étonner. Elle a acheté des petites choses épicées et exotiques à manger et les sacs regorgent de surgelés tout prêts pour l’épater. Il faut juste qu’elle n’oublie pas de jeter les emballages …

[Elle pose … ce qu’elle cherche.]Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure et pose ses affaires dans l’entrée. Une douce musique baigne l’appartement et elle sent les effluves de ce qui sera le repas de ce soir. Il sort de la cuisine, un tablier blanc serré autour de ses hanches étroites, déguisé en chef cuisinier …

[Elle pose … ce qu’elle cherche.]Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure et se précipite en courant vers la salle de bains la main sur la bouche, il était moins une. Elle va acheter un sac plus petit, elle en a marre de perdre à chaque fois tellement de temps pour chercher ses clés… Vivement que ce fichu premier trimestre se termine, on l’avait prévenue, mais elle espérait vraiment que son début de grossesse serait moins pénible…

[Elle pose … ce qu’elle cherche.]Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure dans le petit cosy le petit bébé s’agite et gazouille. Elle le regarde et lui sourit : ça y est bébé, on est arrivé à la maison et tourne la clé en poussant la porte. Elle rentre avec son petit trésor qu’elle dépose dans le salon avant d’aller rechercher le reste des affaires. « Voilà mon amour, maman va s’occuper de toi»….

[Elle pose … ce qu’elle cherche.]Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure mais elle n’a pas le temps de tourner la clé que la porte s’ouvre déjà : « Maman, on est rentrés, regarde ce que papa nous a acheté au zoo ». Des jouets jonchent le sol et elle entend crier le petit dernier depuis le salon, des enfants excités qui annoncent une soirée agitée…

[Elle pose … ce qu’elle cherche.]Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure mais elle sait que personne ne l’attend ce soir, les enfants sont chez leur père ce week-end. Garde alternée. Elle est restée le plus longtemps possible au bureau mais il faut bien rentrer et affronter le silence et la solitude. Elle qui il n’y a pas si longtemps rêvait tellement de ces moments de calme ne sait pas quoi en faire ce soir. Ce qui a été son nid douillet n’a plus rien d’apaisant…

[Elle pose … ce qu’elle cherche.]Elle sort le gros trousseau récompense de sa pêche miraculeuse et met la clé dans la serrure pour rentrer ce soir, un soir comme les autres, un nouveau soir. Une nouvelle page blanche à remplir pleine de possibilités, de promesses et d’espoir. Pour qui le veut. Et elle le veut…

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Départ (Fabeli)

Je suis venue te dire que je m’en vais.

Pour les chaussettes sales que tu laisses traîner ?

Pour le balai que tu n’as jamais voulu passer ?

Pour les mégots en vrac dans les cendriers ?

Non.

Je suis venue te dire que je m’en vais

Pour bousculer les habitudes et brouiller les années

Pour les 2 sucres dans le café et les géraniums sur la même fenêtre

Pour l’amour du samedi soir et le poulet du dimanche midi

Pour toutes ces vacances à l’île de Ré et tous ces repas de quartier

Je suis venue te dire que je m’en vais

Pour donner à mon cœur de nouvelles lois

Je suis venue te dire que je m’en vais

Pour ouvrir les yeux sur d’autres premières fois.

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Allez (Joye)

Allez, bonjour.

Vous allez bien ?  Moi, ça va aller.

J’allais sortir mes plus beaux mots pour confectionner une ribambelle de répétions, mais il me manquait le mot qui tue, qui s’insère doucement dans une kyrielle, qui se glisse et se love dans des vers sans qu’on s’en aperçoive, une sorte d’assassin verbal, discret, allant de victime en victime, suave, sûr de lui, un mot de la fine…

Je me disais, allez, va, tu peux ! Même si c’est juste un pis-aller.

Et allez hop ! comme ça, j’ai eu mon idée, j’y allais de tout cœur

Allez, viens, laisse-toi aller, ça ira, ça ira…

Déjà les gants de soie assoiffée de mon assassin, mon tueur à gages, mon guet-à-penser,

allant de victime en victime, suave, sûr de lui, de la suite dans ses idées, s’approchent de vous, jamais vous n’aurez pensé qu’il allait jusque là…halant de l’avant, beau, discret, ubiquiste, orbicole mais discret, sûr de lui, hâlé, à l’heure, et fin…

Vous allez bien ? Moi, ça va aller.

Allez, au revoir.

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Il n’y a qu’au mois de juin…(Joe Krapov)

Voici le mois de juin !

C’est le mois où tout change.

Le soleil vient enfin

Et l’on sourit aux anges.

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

Au festival de Robinson

Des théâtreux et des fanfares

S’en viennent charmer les pinsons

Et les badauds de Saint-Grégoire.

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

A la Fête du jeu, place du Parlement,

Le jeu d’échecs à l’infini

Vient déposer sur le tapis

Sa dramaturgie noir et blanc.

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

Les clowns ont envahi la Maison de quartier :

Villejean a donné un « Renc’art » aux acteurs.

Chacun présente ici ses travaux d’atelier

Et j’ai passé ailleurs de plus mauvais quarts d’heure !

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

Qui ne va pas fêter ce mois-ci une union,

Un mariage de sœur, de nièce ou de voisin ?

La voiture emballée dans le tulle à foison

On klaxonne et le roi n’est pas notre cousin !

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

Puis c’est le 21 et l’on sort sa guitare

Les résidents du centre adorent cette liesse :

Ils rient de voir ces décibels en ce miroir

De la variété des sons… et des ivresses !

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

Il y aura aussi d’autres festivités,

Quelques pots de départ, un repas d’inventaire,

Des parts de kouign-amann plus ou moins feuilleté

Pour célébrer l’été et des anniversaires

Il n’y a qu’au mois de juin

Que l’on vit bien

Dans ce putain de patelin !

Et si aigri, ronchon, jouant le misanthrope,

Tu préfères marcher loin des fêtes humaines

Seul parmi des senteurs de sève ou d’héliotrope,

Les roses du Thabor alors seront tes reines.

C’est qu’on vit vraiment bien

Au mois de juin

A Rennes !

Quant aux onze autres mois

Merci, ça va.

C’était pas mal non plus

Et j’ai bien survécu !

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Rush hour (Caro_ Carito)

Mais où ai-je pu le fourrer ? Je m’en veux, je m’en veux, je m’en veux.

Bon quel jour sommes-nous ? Samedi. Donc, jour de marché. CQFD. Un papier, un crayon, une liste. Où l’ai-je mis, je l’ai fourré quelque part, je ne vais jamais m’en sortir sans lui.

Et les enfants, les enfants, nonnnnnn ! Je suis sûre que je suis en train d’oublier un truc. Allons cocotte un effort, cette dame, la maman de bidule. Elle t’a appelée. Mais pourquoi ? un anniversaire, une piscine, aller le chercher à l’école… Mais qu’est-ce que j’ai entre mes oreilles, le vide intersidéral, je n’arrive à me souvenir de rien. Si seulement je pouvais remettre la main dessus. Mais où diantre ai-je pu le fourrer ?

Quoi chéri ? Si je sais où tu as rangé le dernier avis d’imposition ? Mais c’est contagieux, ma parole, c’est toi qui m’a refilé le virus ! Non, n’insiste pas ; je suis déjà assez énervée comme ça. Quoi je pète un câble depuis une heure ? Comment, tout le monde est sur les nerfs à cause de moi ? Oui je sais le petit déjeuner n’est même pas prêt, mais tu sais où se trouve chocolat et brioches non ? Tu ne veux pas que je tienne la main non plus ? Quoi, quoi ? Oui c’est mieux faîtes comme vous voulez, manger sans moi. Ahhhh, je suis en train de devenir folle. Quoi ta déclaration, j’en sais rien, je te l’ai dit. Je ne l’ai pas vue. Oui. Non.  Ok, si je la vois, je te l’envoie fissa. Ouais par chronopost tant qu’on y est. Quoi c’est le dernier jour sinon  on paye une amende. Mais que veux-tu que j’y fasse, Tu vois bien que j’ai d’autres chats à fouetter… Quoi ? Non, je ne l’ai  toujours pas trouvé. Oui, j’ai regardé dans mon bureau et je me demande où j’ai bien pu le ranger.

Allez respire, réfléchis ma fille, du calme. Une gorgée de café. On se concentre sur ses neurones. Bien sûr, tu es en train d’oublier plein de trucs. Tiens, note vite fait, il faut que tu appelles la boutique de Déco des Lys, ils m’ont laissé un message. Aïe, le cadeau de la fête des pères pour mon paps et zut l’anniversaire d’Ode. Ce n’est pas possible, comment vais-je faire sans lui ? Il faut que je le retrouve, j’ai toute ma vie dessus. Calme toi trace pas à pas ta journée. Où a-t-il pu se glisser ? Dans la voiture. J’ai déjà regardé trois fois. Bureau. J’ai même retrouvé un vieux chèque égaré. Non, je ne vois toujours pas où j’ai bien pu le mettre.

J’en ai marre, ils n’auraient jamais dû me l’offrir. L’autre, la version préhistorique, acheté chez Quo Vadis, sans bip ni rien, je le retrouvais toujours et ça ne me demandait pour l’ouvrir qu’un effort manuel.

Il y a un truc que j’oublie, un truc important. Oui, samedi. Qu’est-ce que je fais le samedi. La messe, non d’ailleurs, même pas le dimanche. La kermesse c’était la semaine passée ; Le gâteau pour la fête de l’école de musique, il faut que je le fasse demain. Mais oui, c’est le défi du samedi et non, horreur enfer et damnation ! Mon texte je ne l’ai pas envoyé, je l’avais tapé sur mon i-phone et je l’ai paumé ! Que je m’en souvienne. Un truc du style…

Je regarde l’heure, mon pote l’i-phone me dit qu’il est temps de sortir le linge parce qu’il fait beau. Et il me dit pendant que je jette un coup d’œil à son écran lumineux. Right in time, il me faut démarrer le roastbeef…

C’est raté… J’ai tout raté. J’ai paumé mon bébé et j’ai oublié d’envoyer mon texte…

Posté par valecrit à 09:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
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